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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 10 octobre 2024 25 min

Présentation du budget 2025, liens entre le RN et la macronie, excuse de minorité, congrès du PS... "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Olivier Faure. Bonjour à tous les deux et bonjour à ceux qui nous écoutent.

0:07
Olivier Faure

C'est aujourd'hui qu'est présenté le budget pour l'année prochaine. L'objectif, vous le connaissez, 60 milliards d'efforts avec réduction de la dépense publique et des hausses d'impôts pour les plus fortunés et les grandes entreprises.

0:16
Présentateur

Déjà sur l'orientation, est-ce que vous validez ? Que voulez-vous que je valide ? Moi, je suis évidemment favorable à l'idée qu'il faille faire des économies. Je suis favorable à l'idée qu'il faille aussi aller chercher la ressource fiscale là où elle existe, c'est-à-dire que pendant 7 ans, les grandes fortunes et les grandes entreprises ont été épargnées. Et donc, il est logique que désormais, alors qu'on s'aperçoit que la situation est proprement catastrophique, ce n'est pas moi qui le dis, c'est le Premier ministre, eh bien, il faut évidemment pallier cette situation. Et comment est-ce qu'on la pallie ? Là, effectivement, on a des désaccords profonds avec le Premier ministre.

0:50
Olivier Faure

Sur les impôts, puisque vous en parlez, des hausses ciblées, exceptionnelles, temporaires, c'est ce qu'annonce le gouvernement. Est-ce que vous, votre volonté, c'est d'élargir l'assiette ?

1:00
Présentateur

Mais ce n'est pas d'élargir l'assiette, c'est de faire en sorte que celles et ceux qui peuvent payer, payent.

1:04
Olivier Faure

Vous parlez de qui ?

1:05
Présentateur

Je parle des grandes fortunes, des multinationales qui se sont beaucoup enrichies. Mais ce n'est pas ce qu'il y a dans le budget ? Dans le budget, il y a 300 grandes entreprises et puis une contribution minimale pour les plus riches. D'abord, on ne connaît pas complètement l'épure de ce budget, mais ce que je comprends très bien, c'est que vous venez de le dire, il s'agit pour le Premier ministre de taxer les grandes fortunes et leurs entreprises de manière limitée et temporaire. En revanche, pour tous les autres, pour vous, pour ceux qui nous écoutent, ce ne sera pas limité, ce ne sera pas temporaire.

Et on le voit arriver touche par touche, parce que le Premier ministre n'a jamais annoncé, lors du discours de politique générale, ce qu'il allait faire. Mais on voit bien que ce sont maintenant les retraités qui vont payer. On va désindexer leurs pensions.

1:48
Olivier Faure

C'est un décalage de 6 mois.

1:50
Présentateur

Ça veut dire qu'on désindexe, parce que si vous indexez sur 6 mois, ça veut dire que vous n'indexez pas sur l'année. Donc ça veut dire que vous ne suivez plus le cours de l'inflation.

1:57
Olivier Faure

Mais vous connaissez l'argument du gouvernement, c'est que les dernières hausses, la revalorisation des retraites, ont été plus importantes que l'inflation.

2:04
Présentateur

Non, mais il n'y a pas d'argument qui tienne. La réalité, c'est que ce gouvernement a fait un choix de faire payer d'abord les retraités. Il veut faire maintenant faire payer les malades, faire en sorte que le reste à charge sur les consultations médicales soit de 4 euros. Il va augmenter la taxe sur l'électricité, et qui va rapporter 4 milliards. Donc vous voyez bien qu'on est sur une trajectoire qui n'est pas du tout une trajectoire pour les plus riches, qui est une trajectoire pour tous les autres, et pour eux, ce ne sera pas temporaire. Et je pourrais y rajouter le fait que les chômeurs vont aussi trinquer, puisque la réforme de l'assurance chômage est à nouveau sur la table.

Donc on a là, en réalité, une espèce de paravent commode qui est de dire, « Oui, oui, on va quand même s'occuper des plus riches ». Ça, c'est un an, et c'est une fois, et c'est 20 milliards. Et ensuite, vous avez pour les autres des mesures qui ne seront absolument pas temporaires, et qui vont réduire, restreindre ce qu'est le modèle social français.

2:53
Invité

On va rentrer un petit peu dans le détail justement du modèle social. Vous évoquiez la santé, Olivier Faure, et France Info a pu consulter les pistes qui concernent précisément le budget de la sécurité sociale. Il y a cette confirmation, notamment la modification de l'indemnisation des R.A.M. maladie est bien sur la table. Est-ce que vous vous y opposez ?

3:10
Présentateur

Oui, parce qu'il y a d'autres moyens et d'autres façons de faire. Nous avons hier fait la proposition, donc, de 49 milliards que nous pouvons trouver sur des recettes supplémentaires. Et là-dessus, nous verrons si le Premier ministre est, comme il l'a annoncé, apte au compromis, ou s'il est, lui, dans une forme de « tout mon projet, rien que mon projet ». Et donc, on en va voir s'il est prête.

3:32
Olivier Faure

Alors, c'est quoi les 49 milliards d'économies chez vous ?

3:34
Présentateur

Les 49 milliards, les économies sont simples à trouver, enfin simples. Vous avez aujourd'hui des effets d'aubaine qui sont massifs. Vous avez aujourd'hui des exonérations de cotisations patronales, enfin qui vont jusqu'à 3 SMIC et demi. Tout le monde sait, toutes les études économiques le prouvent, il n'y a aucun effet bénéfique ni sur l'emploi, ni sur les salaires, ni sur la compétitivité, au-delà de 2 SMIC.

3:58
Invité

C'est pas ce que dit le président du MEDEF ce matin, Patrick Martin, dans les échos, dit, voilà, si on bouge tout ça, ce sont des centaines de milliers de postes qui peuvent être détruits.

4:06
Présentateur

Mais d'ailleurs, on ne parle pas de la même chose, parce que ce que veut faire le gouvernement, si j'ai bien compris, et vous me corrigerez si vous avez des ressources, des sources que je n'ai pas, mais ce qu'il veut faire, lui, c'est supprimer des cotisations au niveau du SMIC. Nous, ce qu'on dit, c'est exactement l'inverse, c'est-à-dire qu'il y a un moment, au niveau du SMIC, ça peut se justifier par le fait qu'il y a des emplois à protéger, parce que s'ils étaient à des coûts plus élevés, ils pourraient disparaître.

En revanche, au-delà de 2 SMIC, on est sur des emplois qui n'ont absolument aucune menace, sur lesquels ne pèse aucune menace, et dont on pourrait supprimer les exos de cotisation, ce qui permettrait, là, de retrouver 8 milliards.

4:42
Invité

Ce qui coûterait de l'argent aux entreprises, alors que ces emplois ne sont pas forcément menacés, si on entend, en tout cas, ce que dit Patrick Martin, il pourrait l'être demain.

4:50
Présentateur

Mais vous avez, chaque année, vous vous rendez compte que les aides aux entreprises, c'est 200 milliards d'euros. Là, je vous propose de reprendre 8 milliards d'euros. Est-ce que vous pensez sincèrement que ça ne pourra pas se faire ? Est-ce que vous pensez vraiment que ça n'est pas tenable ? On a aujourd'hui un patronat qui hurle avant d'avoir mal, c'est sa nature, et c'est une façon de bonne guerre. Mais la réalité, c'est que tout ça n'a aucun sens. Vous avez, et si on prend simplement les cadeaux fiscaux qui ont été réalisés depuis 7 ans, c'est 62 milliards par an, selon la Cour des comptes, qui ont été offerts aux grandes fortunes, aux grandes entreprises.

Là, nous, nous proposons de reprendre 49 milliards. Moi, si on m'explique que pendant 7 ans, on me donne la possibilité d'avoir, en fait, la récupération de 62 milliards, et qu'au bout de 7 ans, on me reprend 49 milliards, mais qu'on me laisse le reste, j'estime que je serais très heureux. Et donc, on a là une approche qui est une approche idéologique de la part du gouvernement et de la part du pouvoir, qui ne veut pas lâcher...

5:47
Olivier Faure

Votre approche aussi, elle est différente, parce que vous vous dites quoi ? Vous dites qu'il ne faut pas rogner sur les dépenses, en tout cas moins, mais en revanche, il faut taxer, taxer davantage les plus riches, les plus fortunés, avec le risque, quoi, qu'elles s'en aillent, ces grandes fortunes ?

6:00
Présentateur

Écoutez, elles ne s'en iront pas, c'est une histoire qu'on nous raconte à chaque fois.

6:03
Olivier Faure

Vous vous rendez compte que... Que ça a la compétitivité des grandes entreprises aussi ?

6:05
Présentateur

C'est-à-dire, braqueur, rendez-vous compte que les 500 familles les plus riches de France ont, en 7 ans, doublé le montant de leur fortune. Doublé. Elles sont passées de 600 milliards à 1200 milliards. Et là, on propose de leur prendre, nous, 49 milliards. Mais vous pensez qu'elles ne le peuvent pas ? Vous pensez vraiment que si vous aviez... Enfin, si vous venez au super, super loto, et qu'on vous donne 600 milliards, et que je vous dis, je vous en reprends 49, vous allez me dire quoi ? Vous allez me dire, bon, écoutez, c'est de l'argent de poche. Donc, ok, prenez. Parce que vous êtes généreuse, et parce que vous avez envie de contribuer à la...

6:39
Olivier Faure

C'est parce que c'est ce qu'ils disent, eux, hein. C'est parce que... Le civisme, c'est quoi ?

6:43
Présentateur

Non, mais le civisme, c'est quoi ? On ne peut pas demander aux Français, à chaque fois, de se serrer la ceinture. Ils n'arrêtent pas de le faire. En revanche, ceux qui ont tout, qui vont s'acheter quoi ? Un yacht de plus ? Un hôtel particulier de plus ? Une île au bout du monde ? Qu'est-ce qu'ils vont faire de plus avec cet argent ? Donc, moi, ce que je dis simplement, c'est qu'à un moment...

6:58
Invité

Vous savez bien, ce que dit le MEDEF, c'est qu'il y a des entreprises. Il n'y a pas forcément des grandes fortunes.

7:04
Présentateur

Ce que dit le MEDEF, c'est... Mais quelles sont les entreprises que nous nous visons ? Nous visons des entreprises qui font plus d'un milliard d'euros de chiffre.

7:10
Olivier Faure

Comme le gouvernement. Pareil. Comme le gouvernement, c'est la même chose.

7:12
Présentateur

Le gouvernement, c'est temporaire. Et le gouvernement, c'est sur des...

7:16
Olivier Faure

Donc, c'est là-dessus que vous allez jouer.

7:17
Présentateur

C'est temporaire aussi, parce que ce n'est pas à vous qu'on va l'apprendre. Ce gouvernement, il est là, il est instable. Peut-être temporaire. Enfin, la réalité, c'est qu'il a déjà annoncé, y compris le fait que s'il devait rester, ce serait temporaire.

7:29
Olivier Faure

Olivier Faure, la France a l'hérité.

7:30
Présentateur

Je reviendrai même au fait que, moi, je veux bien que... Enfin, pourquoi est-ce qu'on protège toujours les plus riches ? Est-ce qu'on ne protège pas les Français dans leur grande majorité ? Pourquoi est-ce qu'on ne dit pas qu'il y a un problème pour l'école ? Il y a un problème pour l'hôpital ? Il y a un problème pour notre sécurité ?

Et donc, ça suppose qu'on ait des services publics qui fonctionnent et que ça n'est pas possible de dire, pour les gens qui sont les plus riches et qui sont très contents de trouver un hôpital performant, qui sont très contents qu'on les protège avec des policiers, qui sont très contents aussi d'avoir des enfants qui vont dans les meilleures écoles du monde, et bien, ça suppose que derrière, on les finance.

8:01
Olivier Faure

Parce qu'il y a quand même l'état de fait. L'état de fait, c'est que la France a le niveau de dépense publique le plus important de la zone euro et pour moitié, il s'agit de dépense sociale. La question qui se pose au fond, là, aussi... Qu'est-ce que vous voulez faire, alors ? Je vous pose la question. Est-ce qu'on ne pourrait pas avoir le même modèle social, mais moins cher ?

8:17
Présentateur

Oui, mais je ne sais pas. Je vous pose la question. Qu'est-ce qu'on fait moins cher ? On ne paye plus les infirmières, on ne paye plus les médecins, on ne paye plus les aides-soignantes, on ne paye plus les sages-femmes. Qu'est-ce qu'on fait ? En fait, on dit que tous ces gens-là ont la vocation, donc finalement, on va se reposer sur le fait que ce sont des gens qui ont une forme d'humanité supplémentaire, et on dit, écoutez, vous n'allez le faire pour rien.

8:37
Olivier Faure

Mais là, vous prenez l'exemple des infirmières, et évidemment, tout le monde est d'accord avec vous, on n'a pas envie d'avoir moins de soignants dans le pays. En revanche, la Cour des comptes, par exemple, parle des fonctionnaires, de la fonction publique territoriale. Il faudrait supprimer 100 000 postes. Là-dessus, vous dites quoi, vous ?

8:51
Présentateur

Mais qu'ils me disent où on les prend, parce qu'en fait, vous voulez que désormais, on n'ait plus dans les collectivités locales, ceux qui s'occupent... Enfin, vous voyez, moi, je vois, comme disent les gens, pour faire un passeport, pour faire une carte d'identité, c'est de plus en plus long parce qu'il y a de moins en moins de monde. Et qu'est-ce que vous voulez faire pour entretenir nos paysages, nos jardins, etc. ? Vous voulez qu'on arrête tout ?

9:12
Invité

Mais Olivier Faure, si on regarde nos voisins, qui ont eux aussi des services publics, qui, pour certains, fonctionnent bien, avec un taux de prélèvement obligatoire qui est moindre, une dépense publique qui est moindre, où est-ce que ça cloche en France ?

9:27
Présentateur

Mais quand vous allez chez le médecin aux Etats-Unis... Non, je ne parle pas des Etats-Unis. Mais même... Non, non, parce qu'on se dit toujours les Etats-Unis, ce n'est pas du tout le même modèle social. Un modèle social comparable. Mais un modèle social comparable, ils ne sont pas totalement comparables. Si vous comparez ce qui doit être comparé à prestations égales, en réalité, ce que nous faisons aujourd'hui en France coûte moins cher que ce qui se fait ailleurs parce que quand vous ne l'avez pas par le public, vous êtes obligés de passer par le privé. Et si vous prenez une assurance plutôt que d'avoir la sécurité sociale, ça vous coûte plus cher.

Simplement, il y a ceux qui peuvent le faire parce qu'ils sont suffisamment riches pour le faire, alors que le modèle social français, c'est d'avoir mutualisé les risques et de faire en sorte que tout le monde puisse avoir accès à la santé, aux accidents du travail, etc., que les accidents de la vie, les principaux accidents de la vie, le chômage, etc., soient indemnisés de la même façon pour tout le monde pour permettre justement que nous soyons au moins égaux devant le risque et parfois le malheur.

10:18
Olivier Faure

Donc globalement, vous allez dire non à tous les rabotages sur les dépenses publiques ?

10:22
Présentateur

Mais tout ce qui fragilise les Françaises et les Français, oui, je serais compte parce qu'il y a d'autres moyens de faire. Si on n'avait aucun moyen, je vous dirais...

10:29
Olivier Faure

La taxation, c'est ce que vous dites.

10:30
Présentateur

Oui, mais quand moi je vous dis que par exemple sur l'impôt sur les grandes fortunes qui a été supprimé par Emmanuel Macron, on pourrait revenir et faire en sorte que nous récoltions 15 milliards là-dessus. Le gouvernement serait impas,

10:43
Invité

puisqu'il dit voilà... Mais il serait impas, mais il fait... Une taxe animal de 20%.

10:46
Présentateur

Un pas temporaire et tout petit. Et tout petit pas. Moi ce que je dis, c'est que quand même quand vous avez des gens... Enfin, je ne vais pas répéter ce que j'ai dit, mais les 500 plus grandes fortunes aujourd'hui qui ont gagné 600 milliards en 7 ans, est-ce que vous pensez vraiment qu'elles ne peuvent pas donner 15 milliards par an ? Mais moi je vous dis que si.

11:00
Olivier Faure

Tous ces efforts là aujourd'hui qui doivent être faits s'inscrivent dans une trajectoire qui nous est aussi imposée par l'Union Européenne, puisqu'on fait l'objet d'une procédure pour déficit excessif. La trajectoire du gouvernement, elle est simple, c'est atteindre les 3% de déficit en 2029. Vous êtes d'accord avec ça ? Il faut atteindre cet effort-là ?

11:19
Présentateur

Il faut qu'il y ait une trajectoire qui soit fixée. Et c'est bien de se dire qu'on ne vit pas à crédit. Simplement...

11:25
Olivier Faure

Et c'est quand même incroyable ce que vous dites là ce matin, parce que vous avez fait campagne pendant les législatives sur plus de dépenses. Vous alliez creuser davantage la dette. Ce n'est pas vrai.

11:35
Présentateur

Avec 500 milliards...

11:36
Invité

Si, ben si, c'était votre projet.

11:37
Présentateur

On a dit que tout ce qu'on fixait comme nouvelles dépenses serait compensé par de nouvelles recettes.

11:43
Invité

Il y avait 50 milliards de dépenses en plus dans votre projet.

11:45
Présentateur

Mais rappelez-vous, il y avait 300 économistes qui ont travaillé avec nous, une prix Nobel d'économie, parmi les plus grands économistes de France, et nous avions à chaque fois qu'il y avait une dépense nouvelle, une recette nouvelle. Et donc, c'est la raison pour laquelle nous n'avons jamais, nous, cherché à creuser les déficits. Qui a creusé les déficits et qui a creusé la dette en France ? C'est le président Macron et ses gouvernements successifs. Pourquoi ? Parce que la dette, elle n'est pas tombée du ciel. Elle n'est pas arrivée par hasard. Elle est arrivée parce qu'ils ont fait des cadeaux fiscaux aux plus riches et qui ont creusé, en fait, qui ont creusé la dette de l'État.

C'est simple, comme si vous-même, on vous dit qu'on vous supprime la matière de votre salaire, forcément, si vous avez des contraintes, vous avez un emprunt, etc., et que tous les mois, vous payez la même chose, forcément, à la fin, vous avez des dettes supplémentaires.

12:32
Olivier Faure

Donc, juste, on ne touche pas aux dépenses publiques. Et juste une dernière question, parce que chacun fait ses propositions. Gérald Darmanin, notamment, propose... Mais si on touche

12:38
Présentateur

à des dépenses publiques, tout à l'heure, je vous ai parlé des adégements de cotisation, c'est une dépense publique. Et donc là, on peut y revenir. Sur le crédit impôt recherche qui bénéficie aujourd'hui à des entreprises, y compris, qui délocalisent leurs recherches, il n'y a pas de raison, quand même, de continuer à les financer. Pourquoi est-ce qu'on finance des grands groupes qui peuvent financer leurs recherches sans problème ? Et moi, je suis pour que on concentre l'effort de recherche, enfin, l'aide à la recherche des entreprises sur les entreprises moyennes et petites.

En revanche, pour les très grosses, il n'y a aucune raison de monter au-delà d'un plafond qu'il faut fixer et que nous avons fixé à un niveau de 500 millions. Voilà. Donc ça, ça permet d'avancer. Le 830 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Braclia.

13:19
Invité

Et avec Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, on parle de ce qui se passe à l'Assemblée. Cette motion de censure, d'abord, contre le gouvernement Barnier qui avait été déposé par le nouveau Front Populaire qui a été rejeté avant-hier. Qu'est-ce que vous cherchiez à démontrer ?

13:31
Présentateur

D'abord, dire où nous sommes. Nous sommes dans l'opposition et il y avait un hold-up électoral qui a été réalisé. Il était nécessaire de le souligner, de le rappeler et ensuite de montrer qui est dans la majorité et qui est dans l'opposition.

13:45
Invité

Vous voulez dire que le RN est dans la majorité ? C'était ça l'idée ?

13:47
Présentateur

C'est un soutien sans participation. Mais chacun l'a compris. Le RN qui était présenté jusqu'ici comme le principal opposant à Emmanuel Macron. Et on allait voir ce qu'on allait voir et ils étaient l'alternative. Chacun comprendra aujourd'hui que le RN n'est pas l'alternative. Il est devenu la béquille du macronisme. Et donc, j'espère que toutes celles et ceux qui, jusqu'ici, ont fait le choix du Rassemblement National comprendront qu'avec le RN, ils auront la même politique qu'avec Emmanuel Macron sur le plan économique et ils auront Retailleau plus-plus si c'est possible avec le RN.

C'est tout ce qui va changer parce que la réalité c'est qu'ils vont voter, ils vont laisser passer le budget. Ils vont laisser passer le budget de la sécu et donc vous verrez bien qu'à ce moment-là,

14:30
Olivier Faure

toutes les mesures... Vous pensez qu'ils ne vont pas voter contre ?

14:33
Présentateur

Autrement, ils vont s'assurer. D'ailleurs,

14:34
Olivier Faure

s'il y a un vote parce que peut-être qu'il y aura 49-3.

14:36
Présentateur

Oui, mais ils ne s'assureront pas. Ils ont fait le choix de laisser vivre ce gouvernement. Ne pas s'assurer, c'est approuvé. Écoutez, il y a un moment où si vous ne voulez pas, vous dites que vous ne voulez pas. Là, pour l'instant, ce qu'on comprend, c'est qu'au nom de la courtoisie, c'est ce que dit Marine Le Pen,

14:52
Olivier Faure

on ne déstabilise pas.

14:54
Présentateur

Enfin, il y avait d'autres possibilités. Il y avait la possibilité de dire la même chose avec le Fonds populaire. Elle aurait pu dire écoutez, je ne veux pas déstabiliser. Ce n'est pas ce qu'elle a fait. Alors même que nous n'étions pas encore au gouvernement, elle avait déjà annoncé qu'elle censurerait et que de toute façon, il n'avait aucune possibilité pour que le Fonds populaire gouverne selon elle. Olivier Faure,

15:13
Olivier Faure

il y a deux lectures quand même à ce qui s'est passé. Il y a celle que vous faites, le gouvernement ne tient que par la volonté du Rassemblement national. Puis il y a une autre lecture, le nouveau Fonds populaire n'a pas de majorité parce que la motion de censure n'est pas passée, la présidence de l'Assemblée, vous ne l'avez pas obtenue et donc en creux, ça renforce une nouvelle fois le gouvernement Barnier.

15:31
Présentateur

Non, c'est sûr que quand il y a la droite et l'extrême droite,

15:35
Olivier Faure

il vous l'a rappelé hier.

15:36
Présentateur

Si vous voulez me faire dire que la droite et l'extrême droite, ça fait plus que le Fonds populaire, je vous donne le point. Il n'y a pas de problème. Droite plus extrême droite, ça fait largement plus que le Fonds populaire. Si l'extrême droite n'était pas en soutien, alors là, on est dans une situation très différente. Et moi, ce que je dis, c'est que l'extrême droite a fait un choix. Il est clair. Il y avait une possibilité pour aller vers plus de justice fiscale, plus de justice sociale, plus de justice climatique. L'extrême droite a dit avant même que le président nomme, c'est hors de question que le Fonds populaire gouverne.

Et elle avait le choix aussi pour dire qu'elle ne voulait pas de Michel Barnier. Elle a dit non, non, Michel Barnier, ça va. On y va. Donc ceux qui voulaient nous expliquer que jusqu'ici, l'extrême droite était en contradiction complète avec la Macronie, eh bien ceux-là doivent reconnaître aujourd'hui que ça n'est pas le cas et qu'ils sont prêts à avaliser, y compris des mesures, celles que vous venez d'annoncer. Vous vous rendez compte que les Français vont payer désormais 4 euros de plus quand ils iront chez le médecin. Il y a des gens qui se soigneront moins ou plus parce qu'ils ne peuvent pas l'assumer. Olivier Frémorat qui le propose, qui l'accepte.

16:38
Invité

La vie politique est décidément bien compliquée à l'Assemblée en ce moment. La députée LFI, Aurélie Trouvé, a été élue hier à la présidence de la Commission des Affaires économiques sur fond de division des macronistes et de LR. C'est une victoire pour la gauche ?

16:53
Présentateur

C'est une victoire. En tout cas, c'est satisfaisant de savoir que c'est le Front populaire qui récupère cette présidence de la Commission des Affaires économiques. LFI qui préside

17:01
Invité

deux des commissions vraiment importantes de l'Assemblée, Finance et Affaires économiques, ça n'aurait pas été logique que l'une des deux au moins revienne au PS ?

17:09
Présentateur

Oui, simplement, vous avez bien compris que ça n'était pas tout à fait prévu et qu'il n'y avait pas en réalité au départ d'assurance sur le fait qu'Aurélie Trouvé puisse devenir la présidente de cette commission. Par ailleurs, je veux rassurer le médecin tout de suite, la réalité de la présidence d'une commission, c'est qu'on maîtrise l'ordre du jour, on ne maîtrise pas les votes et donc il n'y a pas non plus un changement capital. Donc nous allons utiliser ces commissions pour faire en sorte que la vérité puisse apparaître sur le plan économique, sur le plan budgétaire, que nous puissions avoir les données qui parfois nous manquent parce qu'elles nous sont cachées.

Oui, ça c'est des moyens supplémentaires pour pouvoir faire apparaître la vérité mais ça ne dit pas ce que sera la politique de la France. Hélas !

17:53
Olivier Faure

Olivier Faure, le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau a reçu une vingtaine de préfet mardi pour parler immigration. Il va leur envoyer dans quelques jours deux circulaires qui visent à remplacer la circulaire valse qui permet la régularisation des sans-papiers pour des raisons de travail ou de vie familiale en France. Il veut la modifier cette circulaire valse. Comment vous réagissez ?

18:16
Présentateur

Je ne sais que dire. Un peu d'humanité ne nuit pas. Il ne s'agit pas de régulariser tous les sans-papiers. Il s'agit de dire qu'il y a des gens qui sont dans une situation qui justifient le fait qu'ils soient régularisés. On parle là de familles, de travailleurs, de gens qui ont leur vie en France.

18:34
Olivier Faure

C'est 30 000 personnes chaque année. Lui, il pose la question au ministre de l'Intérieur. Il y a aujourd'hui pratiquement un demi-million d'étrangers en situation régulière qui sont au chômage. Qu'est-ce qu'on en fait ? On continue de fermer les yeux sur le travail clandestin ? C'est une autre question aussi qu'il pose.

18:50
Présentateur

Mais vous savez très bien que le travail clandestin, il est en réalité l'œuvre de patrons peu regardants et qui l'utilisent notamment dans les travaux publics, etc. et qui cherchent à faire de l'argent avec des gens qui sont des proies faciles parce que précisément elles sont sans droit.

19:06
Olivier Faure

Mais dans ces cas-là, ce n'est pas le rôle

19:07
Présentateur

de l'État d'intervenir ? Dans ces cas-là, ce qu'il faut revendiquer, c'est l'inverse, c'est de régulariser les gens qui travaillent et qui sont sans papier parce que ça leur donne des droits et la possibilité de se défendre. Et ça n'en fait pas une main d'œuvre corvéable à Merci. Mais Bruno Retailleau a fait un choix, celui de s'aligner sur l'extrême droite. Et on comprend, c'est la seule raison pour laquelle on peut comprendre que Marine Le Pen s'aligne aussi sur ce gouvernement. C'est que Bruno Retailleau est en réalité la marionnette de l'extrême droite. Il est celui qui aujourd'hui cherche sur tous les terrains à satisfaire ce qu'elle a toujours dit.

J'ai écouté, j'ai lu ce qu'il a dit dans Le Parisien de ce matin où il explique qu'il veut même y compris remettre la loi immigration qui a été censurée par le Conseil constitutionnel. Et c'est là qu'on comprend ce qu'il dit quand il dit qu'il est contre l'état de droit. C'est que lui-même, alors qu'il sait que cette loi a été censurée par le Conseil constitutionnel, il dit qu'il faudrait y revenir. Dans cette loi, il y avait notamment la préférence nationale. Mais ça veut dire qu'il a effectivement une volonté. Et cette volonté, c'est celle qui est exprimée de tout temps par l'extrême droite qui a toujours cherché à opposer le concept de souveraineté populaire au concept d'état de droit.

Alors l'état de droit, c'est quoi ? C'est ce qui protège chacun d'entre nous, y compris quand on est minoritaire. Là, la démocratie, ce n'est pas simplement de dire que celui qui a la majorité peut tout faire contre tous les autres. Olivier Faure. Ça veut dire qu'il y a des règles, des principes, des valeurs qui nous gouvernent et qu'il doit être respecté quelle que soit la majorité.

20:31
Invité

Olivier Faure, sur un autre sujet, la délinquance des mineurs, Didier Migaud, garde des Sceaux, qui fut député socialiste dans une autre vie, envisage d'écarter ce qu'on appelle l'excuse de minorité pour des faits d'extrême violence. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?

20:45
Présentateur

Oui, je pense que c'est une possibilité qu'il faut envisager. Quand on a des... Enfin, je vois ce qui s'est passé à Marseille avec ce très jeune homme, tueur à gage, 14 ans. Bon, évidemment, il y a un moment où on se dit que ça n'est pas tout à fait commun et on ne va pas le mettre simplement avec un bracelet électronique ou le placer en centre fermé. Il y a un moment où il y a quand même des gens qui présentent une dangerosité telle que ça suppose qu'on prenne garde.

Alors après, ce qu'il faut, ce n'est pas simplement condamner, il faut aussi aider à la réinsertion parce qu'on peut imaginer qu'à 14 ans, on n'était pas complètement formé et qu'il est possible de récupérer, je l'espère en tout cas, ces jeunes gens. Et donc, ça suppose qu'il y a un accompagnement et qu'on ne réduise pas les crédits, notamment de la protection judiciaire de la jeunesse qui est en train de se faire. Les 500 millions dont Didier Migaud va être privé, ils sont justement destinés à la réinsertion de ces jeunes. Mais donc, si vous entendez bien, en tout cas,

21:42
Invité

si Didier Migaud présente un texte en ce sens, le nouveau Front Populaire ou en tout cas, le Parti Socialiste le votera.

21:48
Présentateur

Je demande à voir ce que sera le texte, il ne sera certainement pas uniquement ça. Mais je dis qu'effectivement, pour des crimes très graves, pour les crimes sexuels, pour des crimes de sang, l'excuse aux minorités se justifie moins.

22:03
Olivier Faure

Olivier Faure, vous comptez vos jours à la tête du Parti Socialiste ? Parce qu'en ce moment, vous avez plein d'amis.

22:08
Présentateur

Je les compte, ça fait six ans.

22:09
Olivier Faure

Oui. Il y en a plusieurs dans vos parties qui valent votre tête, à commencer par François Hollande. Est-ce que vous l'avez appelé pour en discuter, franchement ?

22:17
Présentateur

On s'est croisés hier, on en parlait, comme toujours. En fait, on est des êtres courtois, civils. Et vous savez, vous connaissez Cyrano de Bajorac, et donc cette phrase qu'Edmond Rostand fait dire à son héros, on n'abdique pas l'honneur d'être une cible. Voilà.

22:31
Invité

Mais vous l'avez pris comment ? Vous avez été surpris ? Bien, bien, bien.

22:34
Présentateur

Vous avez été surpris par cette... Mais ça fait six ans que les mêmes...

22:38
Olivier Faure

Il ne pouvait pas rester à la tête du Parti Socialiste.

22:40
Présentateur

Mais oui, mais il l'a déjà dit au dernier congrès, il l'avait déjà dit avant, ça fait six ans que les mêmes disent la même chose et ils le disent. Pourquoi ? Parce qu'ils veulent prendre la tête du Parti Socialiste. Pourquoi ils veulent la prendre ? Précisément parce qu'on a réussi quelque chose. Si le Parti Socialiste c'était un cadavre, personne n'en voudrait. Simplement, et c'est facile à vérifier, on a doublé le nombre de nos parlementaires au Parlement européen, on a doublé le nombre de nos parlementaires à l'Assemblée, nous sommes le deuxième groupe au Sénat, bref...

23:09
Invité

On rappelle que sur le Parlement, l'élection au Parlement européen, Raphaël Glucksmann n'est pas tout à fait sur la ligne, même s'il a soutenu en cycle de nouveau Front Populaire, c'était pas celle de Jean-Luc Mélenchon. Mais je ne suis pas non plus Jean-Luc Mélenchon,

23:20
Présentateur

j'ai peut-être échappé, mais je ne suis pas non plus Jean-Luc Mélenchon, jamais été Jean-Luc Mélenchon. Vous allez l'organiser ce congrès ou pas alors ? Et je vous rappelle que Raphaël Glucksmann, j'ai fait le choix à deux reprises de faire en sorte que ce soit lui la tête de liste contre François Hollande par exemple, qui considérait que c'était un bobo de Saint-Germain-des-Prés. Moi j'avais dit pas du tout, en fait c'est quelqu'un qui va défendre avec nous des valeurs, des principes, et j'ai fait cette campagne plus que quiconque soit socialiste, j'ai fait le tour de France outre-mer conclue. Oui mais alors du coup, juste la question du congrès, ce congrès va avoir lieu ?

Il aura lieu en 2025 comme prévu par les... Début 2025 ? Soyons clairs, je ne vais pas maintenant déclencher un congrès en plein débat budgétaire. Vous vous rendez compte que les Français, on vient de parler de sujets extrêmement graves et là on dirait pendant les 6-7 prochains mois, on va se regarder le nombril, on va se taper dessus pour des motifs qui sont parfois très ésotériques.

24:10
Olivier Faure

Il y a le budget aujourd'hui mais il y a un risque de nouvelles dissolutions dans un an. D'ailleurs, peut-être que vous préparez déjà les législatives.

24:17
Présentateur

On se fera en sorte que le congrès gêne le moins possible et que les Français n'aient pas le sentiment que socialistes passent leur vie en congrès. Nous avons fait un congrès il y a un an et demi et puis un an auparavant. Est-ce que vous connaissez beaucoup de partis qui font des congrès tous les ans ? Ça n'existe pas. Donc on a besoin aussi à un moment, après des gens qui ont fait les militantes et les militants socialistes, ils ont fait deux campagnes électorales au cours de l'année.

Je crois qu'ils ont aussi envie non pas seulement de souffler mais de se dire que ce qui compte c'est d'abord de parler aux Françaises et aux Français plutôt que de se parler à nous-mêmes sur des bases dont on ne comprend pas toujours le sens parce que j'ai compris qu'il y avait beaucoup de gens qui voulaient ma place mais qu'est-ce qu'ils voulaient à ma place ? Ça, c'est pas clair.

24:54
Invité

Merci Olivier Faure. Vous étiez l'invité de France Info ce matin. Je vous laisse en compagnie de Salia Braclia et Renaud Deli les informer dans deux minutes.