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interviewBLAST (sur YouTube)· 12 octobre 2021 28 min

FAILLITE DES MÉDIAS : UNE MENACE POUR LA DÉMOCRATIE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

comment ce personnage qui enchaîne les frags news et les propos haineux en est-il arrivé là surtout quelle est la responsabilité des médias dans son ascension les médias qui parlent de zemmour pour dénoncer la couverture médiatique de zemmour pour ce qu'on est en train de faire sa médiation pour ses forêts à besse pour la belle on avait dit qu'on ne prononcerait pas le mot 2 et nancy ce soir c'est une épidémie dans les médias épidémie à laquelle d'ailleurs on a participé nous mêmes je pense que du coup maintenant ce qu'il faut faire c'est ne plus parler de zemmour comme phénomène médiatique mais allez déconstruire le discours de zemmour vous le problème ce n'est pas les journalistes qui n'en serait pas indépendant c'est qu'on ne le laisse pas les journalistes faire leur travail de manière indépendante vincent bolloré partout il avance il détruit les rédactions et chats dans un pays démocratique c'est une alerte rouge peut pas les abandonner c'est à dire on peut pas alors on ne peut pas dire bah c'est news bfm c'est fini la solution aller du côté des médias indépendants heureusement qu'il ya des médias indépendants mais fait grève un améliorer la qualité et l'indépendance de l'information qui est donné à tous ceux qui regardent ces news bfm lci depuis plusieurs années un peu les mist défraie la chronique aujourd'hui certains horrifié d'autres emballé le voit déjà à l'elysée dès lors une question se pose comment ce personnage qui enchaîne les fakes news et les propos haineux en est-il arrivé là surtout quelle est la responsabilité des médias dans son ascension les médias semble soumis à leur propre piège à force de faire la course au buzz et à la petite phrase les voilà soumis en quelque sorte à eric zemmour devenu un sujet incontournable ce phénomène politico médiatique amène à une réflexion plus large sur le rôle des médias en démocratie et surtout sur leur modèle économique pour en discuter aujourd'hui j'accueille julia cagé julia cagé bonjour bonjour vous êtes économiste diplômé entre autres de harvard professeur à sciences po paris vous êtes spécialiste de l'économie des médias et du financement de la démocratie est un peu plus d'un an vous avez lancé l'association un bout du monde depuis devenu un au bout des médias mais on y reviendra alors avant de rentrer dans les détails j'aimerais qu'on pose un petit peu les bases sur les raisons de votre travail et de votre engagement pour vous quel est le rôle des médias en démocratie et surtout quel est le rôle des médias pendant cette campagne présidentielle ma le rôle des médias en démocratie les il est complètement centrale c'est très bête dit comme ça mais en fait la démocratie c'est non seulement une personne une voix mais c'est une personne informée une voix quand vous allez voter si votre vote n'est pas informée est informé par des médias complètement indépendant d'une certaine manière votre vote est complètement capturer et le problème qu'on a aujourd'hui pour cette campagne présidentielle qui se posent de plus en plus c'est celui de la qualité de l'information qui à disposition des citoyens c'est celui de l'indépendance de l'information et là quand même encore plus on va dire qu'au cours des présidentielles précédentes c'est celui d'un agenda médiatique qui viendraient s'imposer qu'il recentrerait en fait la campagne sur un certain nombre de thèmes la sécurité et l'immigration etc en mettant de côté parce qu'il fait partie des préoccupations majeures des français le changement climatique le pouvoir d'achat l'augmentation des salaires est là dedans en fait les citoyens ont un rôle crucial à gérer parce que les citoyens doivent aussi être demandeurs d'une information de qualité vous parlez beaucoup d'indépendance de l'information d'indépendants des médias pour vous aujourd'hui les médias en france ils ne sont pas indépendants l'information n'est pas indépendante ça dépend des dépens des médias ça dépend des journalistes il ya plusieurs types de problèmes dans l'ensemble je forme des étudiants quand je vois les étudiants qui sortent d'écoles ou qui décide d'aller faire du journalisme ils veulent tous pouvoir travailler en toute indépendance qu'en général c'est pas un problème des journalistes ça va être un problème des médias qui les embauchent de la structure actionnariale et de la structure capitalistique de ces médias puisque vous avez introduit sur zemmour le cas d'école aujourd'hui c'est bien sûr les médias qui ont été rachetées au cours des dernières années par vincent bolloré à travers vivant dit est le dernier en date étant europe 1 vous aviez des médias d'ailleurs qui n'était pas comme neutre politiquement europe 1 ça toujours été une radio plutôt de droit que nous les journalistes pouvaient bien faire leur travail et là vous avez un changement d'actionnaire et avec ce changement d'actionnaire qu'est ce qui se passe vous avez des journalistes qui sont mis à pied vous avez des licenciements vous avez une réduction aussi du nombre de journalistes ça c'est très important parce que c'est aussi ce qu'on a vu avec la transformation de itélé ans et news c'est à dire qu'on peut pas faire d'information on veut pas faire de journalisme sans journalistes ce qu'a inventé bolloré c'est la chaîne d'informations en continu sans information puisqu'il n'y a plus de journalistes donc on voit quand même qu'aujourd'hui il ya de vraies difficultés malheureusement pour les journalistes à faire leur travail dans de bonnes conditions et ce qu'il faut reconstruire ces conditions de travail des journalistes en toute indépendance alors vous le disais justement j'ai introduit sur cette question d'eric zemmour pour vous quelle est la responsabilité des médias dans cette ascension fulgurante en dehors de la tribune que lui a offert ses news parce qu'il n'est pas arrivé dès lors on doit examen d'accord mais bolloré lui a quand même donné du temps d'antenne comme eric zemmour n'avait jamais eu ensuite une responsabilité énorme de la part de l'ensemble des médias qui est de traiter d'eric zemmour matin midi et soir pour paradoxe est là eric zemmour n'est pas officiellement candidat il est éditorialiste politique et le conseil supérieur de l'audiovisuel demande que son temps de parole soit décompté comme un candidat à la présidentielle c'est assez inédit surtout que le csa rappelle régulièrement sa mission de défense du pluralisme et de la liberté éditoriale des médias l'impression vous vous branchez la télé sur absolument toutes les chaînes il n'ya plus qu'eric zemmour c'est à dire quand on a l'impression que la seule préoccupation des français savoir si zemmour ou sera ou non candidat à l'élection présidentielle après pour interroger les raisons pour lesquelles les médias font ça parce qu'on est en fait dans une course au buzz on est dans une course à l'audience et donc ils font le pari que de parler de zemmour ça va attirer l'audience il regarde à droite à gauche voit ce que font leurs concurrents plus leurs concurrents parle de zemmour plus ils vont parler de zemmour est en fait on se retrouve même là dans un espèce d'effet streisand complètement paradoxal c'est à dire même les médias qui parlent de zemmour pour dénoncer la couverture médiatique de zemmour tout ce qu'on est en train de faire c'est une question qu'on s'est posée la blesse pour la deux à fond là public 0 il faudrait bien sûr en parler sans doute beaucoup moins sachant qu'en plus il n'est pas encore candidat déclaré à la présidentielle sauf qu'à un moment donné là on a un peu franchi le seuil c'est à dire que pour le coup quand il n'était pas candidat quand il était même pas dans les sondages ou quand il était tout en basque comme bizarre non parler autant bon maintenant il ya des sondages qui le donnent à 16 km au niveau de marine le pen au delà du candidat des républicains là ça devient difficile de plus en parler et donc je pense que du coup maintenant ce qu'il faut faire c'est ne plus parler de zemmour comme phénomène médiatique mais allez déconstruire le discours de zemmour moi ce qui m'inquiète plutôt c'est quand je le vois sur différents plateaux on le laisse vous avez des journalistes qui le laisse déroulé mi déroule défaut d'information il sans contradiction il n'y a pas de contradiction en face là je pense qu'à un moment donné ok on ne peut pas l'ignorer il est à 16 dans les sondages mais on va faut lui envoyer des contradicteurs il faut pas lui envoyer un journaliste économique ne serait pas une une émission de la semaine dernière qui le laisse complètement déroulé absolument n'importe quoi envoyer lui est un économiste en face qui vient de lui faire vraiment la contradiction il faut aller sur le fond maintenant avec zemmour on l'a trop laissé faire le show sur la forme vous dites que ce qui provoque sa en partie finalement c'est aussi cette course à l'audience cette course au buzz en quoi est ce qu'elle est liée à la structure économique des médias bah elle est liée au fait que la plupart des médias aujourd'hui sont des médias purement à but lucratif ça se voit très bien sûr sur les chaînes d'information en continue après on peut interroger la le modèle économique de la presse papier et des sites d'information la réussite de bolloré au delà de la problématique éditorial c'est aussi une réussite économique qu'est ce qu'il a fait bolloré il a pris une chaise qui faisait du journalisme avec des journalistes et a fait partir les journalistes à la place une amie deux ou trois personnes qui viennent se taper dessus à 0 coûts qui sont soit des éditorialistes soit des intervenants externes qu'il a pris des espèces de leaders d'opinion ça ne coûte absolument rien il fait des plateaux comme ça ça a permis d'augmenter l'audience parce que c'est pas du tout exigeant et avec l'audience augmente et il a davantage de revenus publicitaires il faut interroger aujourd'hui le modèle économique de ces médias alors pour la télé pour la télé gratuite on n'a qu'une source principale de recettes c'est la publicité sauf qu'en fait la télé gratuite c'est pas un bien privé ce sont des fréquences audiovisuelles donc en fait c'est un bien public qui est donnée par l'état et le régulateur un certain nombre d'actionnaires je pense que ça ne vient pas avec assez de contrepartie aujourd'hui il ya déjà quelques règles qui sont définies et encadrées par les conventions qui sont signés entre le csa et les chaînes ce qui est clair c'est que ces règles sont complètement insuffisante et fait ensuite il ya un autre travail qui est pour le coup notre responsabilité à tous c'est qu'il faut qui est quand même une prise de conscience collective là vous êtes courageuse de faire une émission sur ce sujet là parce qu'en fait c'est quand même vrai que la plupart des citoyens ça ne les intéresse pas fondamentalement de palais dispose exposait question aux médias sauf qu'en fait le modèle économique des média ça a un impact direct sur la manière dont on est informé et ça ça les intéresse il faut juste réussir à faire le lien entre les deux est et quelles sont les conséquences sur la démocratie dessous elle de financement des médias il y en a plusieurs d'abord vous avez quand même de plus en plus de citoyens qui du fait de la désinformation croissante mais la désinformation à la fois en termes de fausses nouvelles fait que news et puis la désinformation parce qu'on a des chaînes d'information qui font de moins en moins d'informations qu'on est moins bien informés ne vont plus voter ça c'est quelque chose qu'on le connaît en sciences politiques depuis la nuit des temps c'est à dire plus les gens sont informés plus ils participent moins ils sont informés - il participe donc ça c'est la première chose ils sont moins bien informés ils ne vont plus voter sont moins ou pourront aussi des enjeux des campagnes ils ne vont plus voter vous avez des campagnes dont l'agenda médiatique édictées justement par un certain nombre de thèmes qui ne correspondent pas aux préférences des citoyens du coup ils ne vont plus voter et puis ça ça va aussi cette droitisation de l'ensemble de l'agenda médiatique se traduit directement quand même par une droitisation aussi de l'ensemble du spectre politique donc on a cet impact direct en fait des médias sur sur la qualité de notre débat démocratique et de notre vie politique et alors pour remédier à ces problèmes de structure économique et du coup cette influence parfois de négatif que peuvent avoir certains médias ou en tout cas le fait que certains médias ne remplissent pas leur rôle d'informateur tout simplement quelles sont les solutions qu est-ce que vous proposez justement notamment avec votre votre association à bout du monde d'une part je vous parlais d'un bout des médias puis d'autre part si vous me permettez je vous parlais des propositions qu'on a fait avec mon co auteur benoît lui est parce que ça ça paraît un peu du monde et c'est devenu un goût les médias un an plus tard on va commencer par un bout des médias alors d'accord un bout des médias c'est une association qu'on a mises en place pour lutter pour l'indépendance des médias avec cette idée essentielle qui est de remettre les journalistes et les citoyens au coeur de l'indépendance des médias parce que c'est vraiment important pour moi d'insister là dessus pour vous le problème ce n'est pas les journalistes qui vous n'en serait pas indépendant c'est qu'on ne laisse pas les journalistes faire leur travail de manière indépendante finalement en fait on a on a un problème fondamental qui est un problème de gouvernance des médias aujourd'hui vous avez cette célèbre formule mais bon elle reste malheureusement vrai 2,9 milliardaire possède l'équivalent de 90 % de l'audience on va tomber à huit milliardaires bien parce que lagardère est en train de sortir du jeu sera pas vraiment une meilleure nouvelle donc vous avez sept problèmes de concentration capitalistique et là dessus quand même c'est complètement en train de s'accélérer il faut être extrêmement précis on n'a jamais eu depuis 2010 autant de changements demain dans les médias que depuis les 6 12 derniers mois qu'est ce qui est à l'origine de ça alors bon d'abord il ya quand même quelques fondamentaux économiques c'est à dire que comme il y eut la crise de l'aco vide et un effondrement des recettes publicitaires il ya une fragilisation d'un certain nombre de titres dès que vous avez des fragilisation c'est plus simple de revendre et puis vous avez une recomposition du paysage médiatique avec un certain nombre d'acteurs qui sont extrêmement agressif donc vous avez la montée au capital enfin vous avez une au pair en fait un sur lagardère qui est fait par vincent bolloré à travers eux vivant dit il faut savoir que vincent bolloré vient également d'acquérir tous les titres de prisma médias c'est à dire le plus grand paul de la presse magazine en france vous avez à la fois une au pea sur europe 1 maintenant le jdd paris match on va pas en parler pendant des heures mais également le secteur de l'édition qui va être extrêmement fragilisée par part c'est au pea et puis d'un autre côté là quand même dans l'actualité récente vous la fusion annoncée entre tf1 et m6 alors on dit annoncé elle est prévue par le vendeur et l'acquéreur bien pour le coup un double problème un de pluralisme ça va poser des questions de pluralisme et deux de manque de concurrence parce que tf1 et m6 ça fait 75 % du marché publicitaire ce qui vient défier toutes les règles de la concurrence est là ce qui m'inquiète un peu c'est là la mise à pied on peut dire ça comme ça en tout cas le le fait que la présidente de l'autorité de la concurrence isabelle de silva qui était la seule justement avoir dit qu'elle allait regarder avec un oeil un petit peu honnête cette fusion est pas avoir adoubés cette fusion comme a pu le faire le gouvernement qui soit dit en passant ne devrait pas normalement s'exprimer sur cette fusion est ce que c'est les chaînes privées hier non pas parce que c'est des chaînes privées parce que vous avez eu en 2008 un transfert à l'autorité de la concurrence des problématiques liées justement aux questions de concurrence et de concentration avance à relever du gouvernement et justement on a créé une autorité de la concurrence ça dépendra la question n'est pas soit justement des questions traitées en toute indépendance et là en fait vous avez cette fusion extrêmement importante vous avez un deuxième dossier sur le bureau de l'autorité de la concurrence qui est loupé à de lagardère europe et a de vivant dit sur lagardère avec notamment le problème du secteur de l'édition et du jour au lendemain la le 15 octobre vous deviez avoir un renouvellement d'isabelle 10 y va et on nous dit ballet pas renouveler pas ça on voit partir et si de simples alors pour le coup le le choix de du président aulas président de l'autorité de la concurrence ça relève directement de l'elysée mais serait pas été problème enfin la présidente ou présidents sont pas systématiquement renouvelés en général le problème c'est que la ccc fait du jour au lendemain y'a pas il ya personne qui a été prévu et pas d'audition qui avait commencé c'était écrit en fait tout le monde était content de son travail tout le monde le reconnaît une rigueur une vraie compétence qui est toujours au lendemain on nous annonce a en plein milieu du dossier tf1 m6 et c'est vrai qu'en termes de pluralisme faut quand même vraiment vraiment s'interroger et donc du coup vous pour remédier à cette hyper concentration et à vous écouter on comprend que ça va pas en s'arrangeant les médias continuent à se concentrer dans les mains de moins en moins de personnes et c'est ça peut sembler effectivement inquiétant pour la démocratie et vous vous avez créé donc l'association un bout des médias est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus sur sur les fonctions tout simplement de cette association en fait on a trois fonctions différentes la première fonction c'est vraiment une fonction d'appui opérationnel et juridique à tous les journalistes qui seraient justement en individuellement d'ailleurs ou en rédaction empêché de travailler en toute indépendance par par leurs actionnaires on voit par exemple ce qui s'est passé récemment à europe 1 l'idée de pouvoir intervenir d'apporter une vraie aide juridique à ces médias là dans leur combat ou dans leur bras de fer face aux actionnaires si vraiment ça se pose c'est la première fonction la deuxième fonction aussi d'un point de vue opérationnel alors bon à blast ça s'est pas trop posé mais vous pouvez avoir des médias qui ont besoin de lever des fonds et notamment de lever des fonds en a levé par notre aide si je veux dire vous l'avez très ça n'avait très bien levé à venir demander un soutien à ben là mais de lever des fonds auprès du grand public par exemple et ça c'est comme des compétences assez spécifique et nouveau quand même apporter soutien opérationnel dans de nombreuses campagnes justement tournée par un actionnariat qui a un actionnariat de citoyens de salariés et de journalistes et enfin on a comme troisième raison d'être là la possibilité d'aller entrée au capital d des médias et ça veut dire quoi entrer au capital des médias ça veut dire faire entrer au capital des médias d'une part des citoyens et d'autre part des journalistes on est une association à but complètement non lucratif l'idée c'est d'avoir le plus grand nombre de membres de l'association si vous avez sur un bout du monde ou un bout des médias point org vous pouvez adhérer à l'association pour tout juste 5 euros l'idée c'est deux à la fois aussi d'avoir un travail de plaidoyer assez fort c'est à dire de dire aux citoyens d'une certaine manière vous avez aussi les médias que vous méritez donc plutôt que de dire qu'on ne fait plus confiance aux médias les journalistes tous pourris non intrinsèquement journaliste n'est pas pourri encore une fois quelqu'un qu'il devient journaliste il a envie d'un fort mais enfin c'est un métier qu'on choisisse j'ai passé comme pour être médecin vous vous êtes médecin parce que vous avez envie d'aller guérir les gens ci après vous n'avez pas les moyens de travailler à l'hôpital elle n'est ce pas parce que vous êtes un mauvais médecin faut interroger le financement de l'hôpital bah c'est un peu pareil pour les médias il faut interroger le financement des médias la gouvernance des médias ça c'est l'association d'une part d'autre part je pense que fondamentalement aujourd'hui c'est là dessus qu'on a écrit avec benoit huot dans l'information est un bien public fondamentalement aujourd'hui il faut revoir les règles qui régule le fonctionnement des médias donc d'une part on peut revoir les conditions d'attribution des aides à la presse et d'autre part les conventions qui relie le csa aux chaînes ça veut dire quoi je pense qu'il faut imposer des règles aujourd'hui les chaînes font plus ou moins ce qu'elles veulent dans leur rapport aux journalistes nous on dit faut une gouvernance paritaire c'est un actionnaire voulait mettre de l'argent voulait diffusée sur le canal 15 16 ou 17 bien très bien mais vous allez respecter un certain nombre de règles gouvernant ce conseil d'administration une moitié de représentants des salariés dont au moins deux tiers de journalistes choix du directeur et de la directrice de la rédaction très bien mais ce choix pour justement garantir l'indépendance des journalistes devra être validé par au moins 60% de la rédaction on donne de nouveaux droits aux journalistes et aux salariés changement d'actionnariat on donne aux journalistes aux salariés ce qu'on appelle un droit d'agrément c'est à dire qu'ils peuvent se prononcer en cas de changement d'actionnaire majoritaire et ça c'est un changement de la loi des médias alors oui c'est un changement de la loi vous avez le teint fois qu'on a régulier l'audiovisuel en france et en 1986 moi j'étais à peine né vous étiez même très loin des débuts de votre existence et internet n'existait pas du tout c'était en 1986 donc oui il est temps un tout petit peu de repenser de vraies règles qui encadrent aujourd'hui le fonctionnement de l'audiovisuel et pour le coup le gouvernement plutôt que de se préoccuper de la fusion tf1 m6 qui ne devrait pas encore une fois relevé de sa compétence pas moi qui le dit c'est la loi française ferait mieux de se préoccuper de réécrire la loi de 86 qui de fait n'est plus du tout adapté aujourd'hui si on reste jeune pour vous la garantir l'indépendance de l'information ça passe par trois axes aider les médias à se financer à partir de leur audience en partie revoir la loi en ce qui concerne les médias et puis rentrer au capital que ce soit de la part des journalistes des citoyens des grands médias moi quand je vous ai rencontrés il ya un an votre votre objectif principal ou en tout cas ce nom vous parliez c'était justement d'entrer au capital des grands médias de devenir actionnaire des grands médias aujourd'hui vous semblez avoir étayé un petit peu cette stratégie pour garantir l'indépendance des médias est ce que c'est parce que ça ne ça n'engage pas vraiment quand on parle simplement des grands médias non c'est en fait c'est même plus compliqué que ça pour être tout à fait honnête pour entrer au capital d'un média il faut que le média ouvre son capital et en fait quand même des actionnaires en place aujourd'hui qu'ils n'ont pas fait un investissement dans les médias uniquement pour des raisons économiques qui sont pas à la recherche d'investisseurs mais qui essaie de garder la main sur les médias qui sont acquis et donc à partir du moment vous n'avez pas de changement de mains capitalistique n'y a pas de place pour rentrer ça veut pas dire qu'on abandonne c'est cet objectif il va se poser sa s'est posé dans l'actualité récente s'est posée avant que l'association un bout des médias soit créé des cas où vous aviez un actionnaire je pense par exemple au nouveau magazine littéraire qui a été vendu du jour au lendemain parce par son actionnaire à lire contre l'avis et l'opinion des salariés d'ailleurs tous les journalistes sont ensuite partis à la fusion a tué comme il était écrit le nouveau magazine littéraire à ce moment là les salariés étaient prêts à le reprendre mais l'actionnaire voulait pas les salariés manquer de moyens bon là on aurait eu un goût des médias et quelques dizaines ou centaines de milliers d'euros on aurait pu en fait venir faire la bascule et permettre à ce journal de continuer à vivre et à employer des journalistes dans de bonnes conditions ce qui n'est absolument plus le cas pour les plus grands médias c'est vrai que si jamais il n'y a pas d'actions mises sur la table c'est dur de les acquérir bon nous on va pas aller dormir pendant ce temps là parce que on servira à rien puis c'est pas pour ça que la situation est pas en train de se dégrader donc on essaie de prendre l'ensemble des armes à notre disposition et puis on va faire au mieux pour avoir avec ces armes-là amélioré petit à petit la situation si un jour on peut aussi rentrer au capital d des grands media bar on le fera parce que c'est aussi notre raison d'être alors au vu de la situation dans les grands médias et également parce que je pense qu'il faut essayer le souligner de l'image peu glorieuses dont ils jouissent aujourd'hui parce que c'est il ya beaucoup de citoyens pour qui aujourd'hui les grands médias les médias dits traditionnels s'est un peu tous oui tous corrompus on veut même pas en entendre parler a encore moins entrer au capital de ces médias la même si c'était possible est ce que finalement la solution n'est pas dans les médias indépendants mais attendait aussi si je regarde vous c'est vraiment les deux qui sont si je regarde mes débuts à la fin du mois je suis jeune j'ai pas encore donné à glace mais je me méfie et remportèrent mediapart je suis abonnée au jour je penche pour les multiplier donc là une campagne qui est lancée par par médiacité je pense qu'il faut venir en appui à médiacité enfin je suis la première à défendre vraiment et très sincèrement les médias indépendants ensuite on parle de la démocratie là en fait on parle pas de vous et de moi et si on parlait de vous et de moi finalement avec un portefeuille de médias indépendants puis le fait qu on a aussi pas mal de moyens investir dans les médias on pourrait se rendre sans trouver très bien informé là on parle de 60 millions de français d'un certain ne regarde pas du tout les médias indépendants et mais surtout peut pas les abandonner c'est à dire on peut pas alors on ne peut pas dire bah c'est news bfm c'est fini la solution aller du côté des médias indépendants heureusement qu'il ya des médias indépendants mais ce crime un améliorer la qualité et l'indépendance de l'information qui est donné à tous ceux qui regardent ces news bfm lci et là il ya une énorme partie du combat qui se joue chez ces gens là alors il ya en partie un effet générationnel c'est à dire que c'est une population qui est un peu plus âgées mais il n'ya pas que un effet générationnel vous avez aussi toute une grande partie des jeunes qui vont s'informer uniquement avec l'audiovisuel privé ou avec des grands médias généralistes d'informations parce que les médias indépendants souffre aussi souvent mais parce qu'ils n'ont pas encore assez les moyens pour se développer ne pas être ils sont généralistes ne peuvent pas avoir une couverture exhaustive de l'information simplement parce que les rédactions au départ sont trop petites donc si vous voulez une couverture exhaustive de l'information il faut encore lire les grands quotidiens d'information et donc ce combat il faut le mener sur l'ensemble du spectre il faut soutenir les médias indépendants il faut pas qu'en soutenant les médias indépendants en fin de mois ce qui me fait peur parfois c'est que les médias indépendants se construisent sur un discours contre les médias qu'on pourrait appeler les médias plus traditionnels là où ils devraient aller apporter leur soutien et d'une certaine manière ce que je reprocherais aux médias indépendants c'est que quand il ya eu il ya quelques mois la grève à europe 1 et que les journalistes de robin haase qui font pas tous les jours se sont mobilisés le modèle qui est en train de gagner aujourd'hui celui qui cherche à produire donc pas d'information est là et la connaissance mais au contraire a créé les controverses des fractures à dresser une partie de la france contre l'autre et ont essayé de mobiliser autour de ce qui était en train de se passer il n'est pas non plus beaucoup de journalistes de médias indépendants parce que il ya parfois comme un manque de solidarité dans la profession on a l'impression que voilà moi j'ai pas de problème d'indépendance parce que je me suis battu pour et si mon voisin en a c'est parce qu'il a des problèmes dans son rapport avec l'actionnaire en fait c'est un problème qui est plus général et c'est vrai que pour aller mobiliser le grand public sur ces thèmes ça serait déjà bien d'arriver à mobiliser entièrement la profession de journaliste juste pour la petite histoire nous à brest on a signé des chômeurs est tombé sur les réseaux sociaux et voilà on a soutenu publiquement ses journalistes qu'ils agressent mais en tout cas une dernière petite question était pas des moindres c'est que finalement on a je veux pas être pessimiste mais on a un peu la sensation parfois en tout cas je pense qu'une partie des gens la sensation que c'est peine perdue et que la situation est tellement dégradée en ce qui concerne l'indépendance des médias on est à sept mois de la présidentielle que finalement changer les lois vous garantir enfin rentrer au capital des grands médias ça semble être de très belles idées sur le papier n'est que c'est irréalisable et finalement c'est trop tard qu'est ce que vous répondriez aux gens qui pensent comme ça bien sûr que c'est pas trop tard et puis en fait plus on le fera tard cercle où on va laisser cette concentration progresser tournera l'impression dans le futur que ce sera trop tard par contre là on a un bel agenda politique et la présidentielle donc fort sont les candidats à la présidentielle à prendre des engagements précis sur tous ces thèmes parce que sinon une fois qu'ils sont au pouvoir en général c'est comme les derniers à les réguler le secteur des médias donc je pense qu'il ya ce travail là et ça doit aussi venir de la base pourquoi on a aujourd'hui une prise de conscience de toutes les questions soient climatique soit d'inégalité entre les femmes et les hommes etc c'est pas parce que les politiques s'en sont emparés spontanément c'est parce que le monde qui a poussé vers ça il faut qu'on arrive à créer la même chose pour les médias c'est pas facile et de la pédagogie à faire mais ça semble essentiel et ce dont il faut que les gens se rendent compte est bon là il ya un travail encore une fois de pédagogie c'est que quand vous vous battez pour des médias indépendants vous ne vous battez pas pour une profession pour une corporation vous ne vous battez pas pour les journalistes il battait pour la qualité de l'information que vous consommez la qualité du débat démocratique en fait on se bat pour nous mêmes c'est un peu comme quand on se bat contre la malbouffe on se bat pour la qualité de la nourriture que l'on peut consommer à la c est exactement pareil est en démocratie c'est une bataille elle me semble absolument fondamental c'est la fin de cet entretien merci beaucoup d'avoir été avec mozilla kg si vous avez apprécié cette émission vous pouvez mettre un petit pouce bleuets la partager sur les différents réseaux sociaux sur youtube facebook twitter instagram ça nous aide beaucoup as ne vit que grâce à son audience donc si vous le pouvez abonnez vous faites un don sur blast tirer info.fr et moi je vous dis à bientôt [Musique] [Musique]