Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
speechyoutube.com· 6 avril 2025 39 min

Discours complet de Marine Le Pen à Paris

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

2:04
Marine Le Pen

de la démocratie et du droit que vous incarnez partout en France, et dont votre présence nombreuse et fervente témoigne aujourd'hui. Cible pour moi, et dans tous nos départements, être à nos côtés, cette décision à foulée et auquel je tiens par-dessus tout, mon peuple, votre ténacité, votre générosité, vous êtes formidables, Eric et Jordan, pour leurs paroles puissantes et amicales pour leur énergie et pour leur force de conviction, au moment où nous sommes engagés dans ce combat essentiel pour la vérité et la justice, ce combat également pour l'honneur de notre mouvement et les libertés démocratiques des Français.

Merci aux personnalités étrangères, chefs de gouvernement ou de partis qui se sont exprimés tout particulièrement à nos partenaires européens, membres du groupe des Patriotes pour l'Europe au Parlement européen. Merci aux centaines de députés européens et nationaux, aux locaux de France, qui ont fait entendre leur voix à cette occasion. Et bien sûr, un remerciement infini aux demi-millions de Français, électeurs ou non du Rassemblement national, qui par la signature immédiate de notre pétition, ont tenu à nous manifester et leur solidarité, vos soutiens, vos messages, vos ralliements, nous font chaud au cœur.

Ils sont pour nous, ils sont pour moi évidemment, une raison supplémentaire de ne rien lâcher. Et que chacun soit rassuré, je ne lâcherai rien. L'injustice est de la partialité. Que nous comprendre, vous le peuple de France, qui subissez chaque jour votre lot de dénigrement, de mépris, d'injustice. Vous livrez à toutes les insécurités sociales, physiques, maltraités dans votre propre pays, niés dans votre culture et dans votre identité. Irréductible est convaincue que le découragement, la soumission n'est pas envisageable, que le combat doit être mené. Ce qui nous unit, mes amis, c'est l'amour de la France, c'est l'amour de notre peuple.

Mais c'est aussi l'idée que nous nous faisons de ce qui est vrai et juste. C'est là le sens de notre engagement, l'âme de notre combat. Tout ce qui construit nos convictions forge notre détermination et conduit notre action. Comme vous, mes amis, nous sommes de ceux qui ne se résignent pas, qui ne s'inclinent pas, qui n'abdiquent pas, font que derrière les droits et les libertés que nous invoquons, nous défendons les droits et les libertés des Français, de tous les Français, et particulièrement des Français discriminés dans leur propre pays. C'est pourquoi nous croyons dans la politique.

Parce qu'elle peut, parce qu'elle doit combattre l'injustice, changer la vie, mais aussi affronter les forces du système, dont le seul projet est de se maintenir, quel qu'en soit le prix, quelle que soit la bassesse des moyens mis en œuvre pour y parvenir. Depuis mon plus jeune âge, je sais les vicissitudes de la politique. J'en connais les contraintes et les injustices. J'en connais la brutalité et même la violence. Je connais les blessures, mais je ne connais pas l'abandon. Je connais les souffrances qu'elles engendrent, mais je ne connais pas le désespoir. Je connais l'outrage, mais je ne connais pas le renoncement.

Comme opposants, nous avons appris très vite que le combat judiciaire qui pourrait être mené contre nous faisait partie intégrante du combat politique. Sur le long chemin qui conduit aux responsabilités, nous avons eu à subir tant de mensonges, tant de calomnies, tant de coups-bâts et d'attaques, tant de mauvais procès qu'il nous a fallu déjouer. Tant auraient renoncé à notre place. Mais nous, nous sommes toujours là. Et bien là ! Mes chers amis, les dirigeants des partis nationaux sont poursuivis. Comme dernièrement, notre ami Matteo Salvini, pour séquestration, rien que ça, pour avoir refusé de laisser accoster des migrants illégaux dans son pays.

Des candidats gênants sont interdits de concourir, comme en Roumanie. Beaucoup d'autres, d'ailleurs, sont victimes de campagnes de diffamation d'État sans pouvoir se défendre juridiquement. Comme vous, comme tous les militants cadres et élus de notre mouvement, je ne me suis jamais battue pour moi-même, pas pour des avantages ou des honneurs. Que vaut notre sort personnel par rapport à la cause que nous défendons ? Que vaut notre confort de vie quand c'est l'existence même de la France dont il s'agit ? En politique, et surtout dans l'opposition, les couronnes sont davantage faites d'épines que de lauriers.

Pour autant, nous avons de la politique une haute idée, car il n'existe pas d'activité plus noble, plus tournée vers les autres et la bienfaisante action publique que la politique. Le débat d'idées, la confrontation loyale des points de vue et la fédération des énergies à la recherche du bien commun, c'est cela pour nous, la politique. C'est pourquoi l'engagement militant nous semble si naturel, si estimable. Comme de très nombreux adhérents de partis et élus de tous bords, nous voyons l'engagement politique comme une sorte de sacerdoce, un sacerdoce laïque, mais auquel il faut beaucoup sacrifier.

Cet engagement politique nous apparaît être, dans la France et l'Europe d'aujourd'hui, un impératif absolu. Quand le pays s'affaisse et perd sa souveraineté, quand le peuple souffre, quand l'avenir collectif semble incertain, alors l'engagement n'est pas seulement une nécessité, c'est un devoir. Je continue à croire que la politique n'est pas ce que certains voudraient en faire, y compris avec des apparences légales et prétendument respectables. Un jeu pervers de persécution des opposants, de criminalisation des adversaires, la volonté de ruiner les partis d'opposition avec un seul objectif, garder le pouvoir alors que l'on mène le pays à la ruine et au chaos.

Et parce que l'activité politique est respectable et noble, elle doit être aussi respectée. Les élus ne sont pas des trophées de tableaux de chasse qu'il faudrait être accrochées sur je ne sais quel mur des cons, qui en va de la liberté politique dans le pays et donc de la conduite démocratique des affaires publiques. Il ne serait guère rassurant pour notre société que derrière la chasse à l'homme politique se cache l'objectif de dissuader les vocations à l'engagement public. Et c'est pourtant ce qui se profile dans notre pays qui est confronté aujourd'hui à une très grave crise de l'engagement politique que vous faites heureusement mentir.

On peut s'interroger, à part pour en faire des trophées sur un tableau de chasse, pourquoi ajouter l'humiliation aux poursuites, je pense, à cet ancien président de la République que nous avons pourtant largement combattu et contre lequel est requis la perte de ses droits familiaux ou cette année de prison avec l'objectif à peine dissimulé de faire de sa faute, si tant est qu'elle existe, un acte plus durement sanctionné que la plupart des crimes. Je pense à ces incriminations dont l'intitulé déshonorant sont bien éloigné des faits dont on nous demande de répondre.

L'humiliation, tout comme la vengeance ou le concept de tableau de chasse judiciaire, tout cela est à l'opposé de l'idée que je me fais de la justice. Tout cela me fait horreur. Je ne dis pas cela pour me dérober. Ce n'est ni dans ma nature, ni dans mes principes. Je le dis car c'est comme cela que je me suis présenté à l'automne dernier devant le tribunal, avec le respect que je crois dû à l'institution de la justice de notre pays. Je l'ai fait avec les arguments de droit et de raison qui me semblent me disculper totalement, ainsi que mes compagnons ou notre parti. Je l'ai fait avec la confiance qu'un justiciable est en droit de placer dans la justice d'un pays démocratique.

Cette affaire, je le rappelle, fut engagée à l'instigation de nos adversaires socialistes du Parlement européen, avec le bras lourdement armé d'institutions européennes, plus incline d'ailleurs à regarder la paille qui est dans l'œil de ses opposants que la poutre qui est dans celui de ses soutiens et même de ses membres ou dirigeants les plus hauts placés. Des affaires récentes de lourde corruption en témoignent d'ailleurs, le Catarget, des affaires pour lesquelles l'OLAF, cet organisme totalitaire de la Commission européenne, a préféré regarder ailleurs.

Ce service de police interne au Parlement européen, dont le fonctionnement et les pratiques sont contraires à tous les principes de droit, critiqués d'ailleurs à maintes reprises dans des rapports parlementaires notamment, concentre sa malsaine énergie à monter des dossiers contre les États, contre les fonctionnaires, cher Fabrice Légeri, tu sais de quoi je parle, ou les personnalités qui osent s'opposer à la brutalité autoritaire de l'Union européenne. Nous étions, dès le départ, vous le voyez, très éloignés des motivations de droit et d'une démarche judiciaire exempte de partialité politique.

Je n'hésite pas à souligner la dimension politique dans le procès qui nous est fait, car comme pour d'autres, ce qui aurait dû ne rester qu'un simple différent administratif avec les services du Parlement européen, s'est transformé en incrimination la plus sévère et la plus infamante possible.

Et si l'origine de ce procès fut politique, l'audience d'une partialité affolante le fut également, tout comme l'instruction confiée à une magistrate du syndicat de la magistrature, tout comme le réquisitoire dont j'ai tout de même la cruauté de rappeler, comme l'a rappelé Jordan, que démunie de toute preuve de charge dans un des aspects du dossier, le parquet a avoué, malgré cela, je ne me résous pas à demander la relaxe, ça me ferait trop mal. Et enfin, bien sûr, le jugement, dont l'argumentation a presque fait l'unanimité contre elle des juristes sérieux. C'est pourquoi il faut arrêter de nous reprocher de critiquer une décision de justice.

Ce n'est pas une décision de justice, c'est une décision politique. La vie politique, sans voie de recours possible, au nom d'un soi-disant trouble à l'ordre public démocratique, concept purement et simplement inventé pour l'occasion. Pardon, mais le principal et même l'unique trouble à l'ordre public démocratique, c'est bien celui qui consiste à empêcher l'unique souverain, le peuple, de s'exprimer. C'est pourquoi j'affirme que cette décision politique a non seulement bafoué l'état de droit, mais aussi l'état de démocratie. Alors que ce soit clair, nous ne mettons pas toute la justice dans le même sac.

Nous n'oublions pas qu'il y a des juges exemplaires qui font leur travail avec impartialité, respect des justiciables et soucis du droit. Nous condamnons, bien sûr, les insultes et les menaces contre les magistrats, tous les magistrats. Elles sont indignes et ne rendent pas service à la cause qui est résumée par un des plus beaux mots de notre langue, la justice. Vous avez compris ? Nous ne demandons pas d'être au-dessus des lois, mais pas au-dessous des lois. Nous ne sommes pas des sous-citoyens parce que nous aurions commis le crime aux yeux de certains d'avoir fait de la défense de la patrie et de sa souveraineté le combat de nos vies.

Les 13 millions d'électeurs qui nous font l'honneur de leur vote et de leur confiance ne sont pas des demi-citoyens qui devraient battre leur culpe pour leur hérésie, pas des justiciables de seconde zone à qui pourraient être déniés les droits élémentaires de citoyens ou de justiciables. Faut-il rappeler qu'ayant réuni plus de 37% des voix aux législatives et 31% aux européennes ? Nous sommes déjà privés de la moindre fonction, même symbolique, à l'Assemblée nationale ou au Parlement européen par ceux-là même qui donnent des leçons de démocratie matin, midi et soir.

Comment croire qu'en France, le pays des lumières et des droits de l'homme, on puisse gouverner en ayant recueilli 5% des voix et qu'on interdise de toute fonction un parti qui réunit 37% des suffrages ? Dans ces conditions, je le dis, notre combat est aussi un combat pour les droits civiques parce qu'il existe manifestement en France plusieurs catégories de citoyens. Imaginez, mes amis, que certains esprits chagrins et intolérants se sont même offusqués que nous puissions nous réunir aujourd'hui sur cette place dans la capitale de notre pays comme si le droit de réunion devait aussi nous être retiré.

Les mêmes, d'ailleurs, qui ne trouvent rien de scandaleux à manifester avec violence contre le résultat des élections, eh bien, il nous reproche avec des arguments aussi grossiers, coûte-ragents, aussi excessifs que ridicules de faire un meeting de soutien à la démocratie et d'exprimer notre indignation quand sont violés aussi, évidemment, les principes fondateurs de notre État de droit. À tous les Français que l'on veut intoxiquer, je veux dire que notre ligne de conduite ne sera jamais celle de la brutalisation, chère à d'autres formations politiques.

Mais c'est le pacifique du pasteur Martin Luther King pour les droits civiques des citoyens américains à l'époque, opprimés et privés de droits. Nous entendons, nous entendons pour cela inviter tous les Français épris de liberté à s'engager à nos côtés dans une résistance pacifique et démocratique, une résistance populaire et patriote. Nous allons continuer à lutter comme nous le faisons dans la discipline et la dignité, malgré les provocations qui ne manqueront pas d'intervenir et auxquelles, au désespoir de nos opposants, nous ne cèderons pas.

Malgré les fantasmes de nos adversaires, il n'y a chez nous aucun esprit de sédition, seulement la volonté inaltérable de défendre pour nous et pour tous les Français de métropole, d'outre-mer et du monde qui sont exclus ou se sentent exclus leurs droits, tous leurs droits. C'est justement parce que nous sommes attachés à l'État de droit que nous nous insurgeons contre son dévoiement, son instrumentalisation, non par les juges, mais par des juges qui ont décidé de faire de nos institutions les plus sacrées l'outil de leur idéologie avec un sentiment de toute puissance.

Personne, personne, et surtout pas les défenseurs du principe d'indépendance de la justice ne peut cautionner le fait que des magistrats sous couvert d'appartenance syndicale se tarquent de mener un combat militant ouvertement politique contre les patriotes, un combat ostensible et revendiqué dans un esprit de vengeance politique. A ce titre, le communiqué du syndicat de la magistrature rappelé par Jordan est en même temps éloquent et inquiétant. Personne, et surtout pas les défenseurs du principe d'indépendance de la justice ne peut cautionner le fait que des magistrats criminalisent les idées politiques souverainistes ou en fassent une circonstance aggravante.

Je rappelle l'argument insensé du tribunal. Je cite « L'atteinte aux intérêts de l'Union européenne revêt une gravité particulière dans la mesure où elle est portée non sans un certain cynisme, mais avec détermination par un parti politique qui revendique son opposition aux institutions européennes. » Cet argument marque le caractère éminemment politique de cette décision qu'un justiciable peut ne pas trembler à l'idée de se voir désormais appliquer la rétroactivité de loi, de réglementation européenne ou de jurisprudence comme ça a été le cas dans cette affaire parce que ces idées où son nom ne plaît pas à un juge dont l'impartialité est ainsi gravement questionnée.

La justice dans un pays de droit qui se respecte ne peut pas être une loterie, mes amis, et l'innocent doit l'attendre, pas la craindre. Pas davantage, les juges ne sont des législateurs qui se substituaient aux représentants du peuple démocratiquement élus. Chacun doit être à sa place et nous devons rappeler que le judiciaire n'est pas un pouvoir mais une autorité. Qui peut justifier qu'étant présumés innocents en ayant interjeté appel, nous puissions être malgré tout rendus inédits éligibles par le bon vouloir d'une décision dont les plus acharnés de nos adversaires peinent à justifier l'argumentation juridique de façade ?

Pire, que le droit à un recours effectif soit présenté dans cette décision pénale comme un privilège, un privilège dont nous devrions être privés alors qu'il est au contraire la quintessence du droit dans une démocratie mature. Qui peut se satisfaire que la France enterre le principe de double degré de juridiction qui est une garantie faisant partie des droits fondamentaux de tout justiciable dans un état de droit ? Ce principe se fonde sur la conviction raisonnable que des juges peuvent se tromper. Et c'est si vrai que près de la moitié des décisions de première instance sont réformées ou modifiées en appel.

qui peut enfin accepter l'effacement de notre modèle de justice dont nous étions à juste titre si fiers et dont je rappelle qu'elle reconnaît aux prévenus deux droits inaliénables. Le droit de se défendre, le droit de disposer d'une instruction à charge mais aussi à décharge. C'est-à-dire une procédure contradictoire qui recherche la vérité et non un système qui cherche à vous faire reconnaître par la menace de peine aggravée des incriminations dont vous êtes innocents.

Ah, je sais, l'avocate qui ne peut s'empêcher parfois, souvent, de se réveiller en moi ne se résout pas à ce que le simple fait de se défendre lors d'un procès puisse être retenu comme une prétendue preuve de la culpabilité et serve d'argument pour faire de nous des récidivistes en puissance. Cela n'est pas la justice. Ça s'appelle la chasse aux sorcières. Je ne peux me résoudre non plus avoir l'indispensable sérénité de la justice mise à mal par un jeu trouble de certains magistrats avec les médias. Comme si la justice pouvait être un levier d'un combat médiatique contre les politiques.

Et ce jeu trouble, il est allé jusqu'à adresser le jugement complet aux médias le soir même du délibéré alors que nos avocats, nous, ne l'ont eu que le lendemain. Ah, vous l'avez compris. Nous ne contestons pas la justice mais demandons que ces dévoiements indignes d'une démocratie cessent. dans cette incroyable inversion accusatoire, ce serait nous qui serions un danger pour la démocratie et l'état de droit. Je le dis et le redis solennellement ici. c'est nous qui sommes les plus fervents défenseurs, les plus ardents protecteurs de la démocratie et de l'état de droit.

Le spectacle lamentable que donne la France n'est pas à la hauteur des hautes institutions d'état qui a fait de notre pays une référence dans le monde. Elle n'est pas à la hauteur du message universel de la patrie des droits de l'homme, pas à la hauteur de son image de grande démocratie éclairée. Personne hors de nos frontières ne peut comprendre qu'aujourd'hui certains en France considèrent que l'expression démocratique du peuple souverain doit être encadrée, limitée dès lors qu'elle n'est pas conforme à leur vision. Or, l'article 3 de la constitution de notre constitution est clair. La souveraineté appartient au peuple qu'il exerce par ses représentants et par la voie du référendum.

C'est souvent la lignée à deux. La solution du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice. Ce rappel fondamental de notre constitution est salutaire face à ceux qui considèrent, je cite, le peuple souverain comme une menace pour l'ordre public démocratique. Les réactions provenant de l'étranger soulignent combien cette décision vient heurter le modèle. Le modèle que la France était aux yeux du monde, cette puissance de raison respectée sur la scène internationale pour son attachement au droit et à la justice à qui chaque nation peut parler en confiance d'égal à égal.

Toute la presse internationale, quelle que soit sa sensibilité politique, a exprimé son trouble voire son indignation à la suite de la décision du lundi 31 mars 2025, y compris même le très consensuel The Economist. Mais au-delà de nous, au-delà de moi, ce que nous défendons aujourd'hui et dans les mois qui viennent, c'est la liberté de tous, l'état de droit pour tous, l'égalité de traitement pour tous. Ce que nous défendons, ce sont les fondements de notre démocratie qui reposent depuis Montesquieu sur le principe de la séparation des pouvoirs.

Oui, je le dis, la justice ne peut s'ingérer dans la façon dont les élus conduisent leur mandat au service des Français d'Eliore, qu'il n'y a pas de corruption ou d'enrichissement personnel. Elle n'a pas non plus à choisir les candidats aux élections. Il y a des équilibres que notre pays doit retrouver s'il ne veut pas tomber dans un autre système que la démocratie car tous nos principes vacillent en réalité sur leur base.

Nous défendons aussi la présomption d'innocence qui, avec le secret de l'instruction doit manifestement être urgemment rétablie dans notre pays parce que lorsque les droits des justiciables disparaissent, lorsqu'ils sont quotidiennement bafoués par le tribunal médiatique, tous les citoyens sont concernés parce qu'ils sont tous potentiellement menacés. Nous ne sommes pas les seuls à nous en inquiéter. Des voix en dehors de notre mouvement et parfois venues de camps opposés au Rassemblement national se sont élevés pour souligner le caractère contestable et même fantasque des fondements juridiques de ce jugement. Leur honnêteté intellectuelle les honore.

Leur liberté d'esprit et leur courage honorent la France. Ces prises de position montrent que ce combat pour la justice, ce combat pour le droit n'est pas seulement le nôtre mais celui de la société tout entière, de l'institution elle-même, de la communauté judiciaire et bien sûr du chef de l'Etat garant du bon fonctionnement des institutions. Vous savez, la décision dont nous sommes victimes comme les décisions injustes qui frappent tant de justiciables en France soit par les délais soit par des résultats déroutants sont aussi le signe d'une érosion de nos institutions que l'on ressent dans les études d'opinion et qui démontrent une perte de confiance des Français dans leur justice.

Ce constat ne fait que renforcer notre détermination de voir l'Etat se redresser dans ses fondements. Or, il n'y a pas de redressement de l'Etat sans renouer avec une confiance populaire en la justice. La justice a un rôle essentiel et noble auquel je crois profondément. Par son exemplarité et son sens du bien commun, la justice, consciente de la portée de ses décisions et de son rôle social, doit rassurer et fédérer les citoyens. Nous lui en donnerons les moyens matériels et humains. À elle, sans attendre, de se livrer aussi à une introspection et de ne pas se couper du pays en s'enfermant encore davantage dans une logique corporatiste.

Je veux croire que cette affaire aura un effet positif et permettra une prise de conscience sur l'Etat de l'Etat de droit dans notre pays, sur la notion sacrée des droits de la défense, sur la place de la justice dans notre société, sur le droit du peuple à choisir ses représentants, c'est-à-dire, en un mot, sur la démocratie. Ceux qui tentent de nous soumettre ou de nous faire baisser la tête ne paraissent grands qu'à ceux qui sont déjà à genoux. Nous nous sommes debout pour la justice, pour le peuple et pour la France. Aujourd'hui, aujourd'hui est un jour historique, un jour où se lève avec joie et ferveur un grand mouvement en faveur de la liberté du peuple.

Cette aspiration à la protection, au respect, comme le refit des citoyens d'être traités en sujet, est irrépressible et, je le crois, irrésistible. Cette aspiration est la nôtre. C'est cela que nous défendons, envers et contre tout depuis des décennies. Et je crois profondément que nous sommes le seul mouvement à être assez solide et assez courageux pour mener ce combat. Alors, mes amis, n'oubliez jamais les raisons pour lesquelles il nous attaque si durement, avec tant de déloyauté. N'oubliez jamais qu'ils ne font cela que pour une seule raison. Nous sommes en train de gagner. Vous êtes en train de gagner !

34:09
Locuteur non identifié

N'oubliez jamais

34:26
Marine Le Pen

qu'ils sont pleinement conscients de l'immense vague que constituent d'élection en élection vos millions de bulletins de vote. N'oubliez jamais que nous sommes le parti des bâtisseurs, le parti des conquérants, le parti des amoureux infatigables de notre grande et belle nation. N'oubliez jamais que nous devons garder chevillé au corps et au cœur la seule cause, la plus belle cause qui vaille, la France. Citoyens de tous bords politiques, de toutes origines, de toutes confessions, doivent nous rejoindre pour conduire cette œuvre de redressement national et de refondation sociale.

J'ai besoin pour cela de votre persévérance, de votre courage, de votre combativité, de votre solidité, de votre espérance. Ce sera une formidable aventure politique et humaine. Ce sera pour chacun d'entre vous la plus haute mission de votre vie. Et lorsque la victoire viendra, ce sera pour la France l'aube de la renaissance. Vive la justice ! Vive la République ! Vive la France ! Attendez-moi, attendez-moi, attendez-moi, attendez-moi. Attendez-moi.