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interviewLe Média (sur YouTube)· 1 décembre 2024 15 min

TROP MUSULMAN POUR ÊTRE FLIC ? LE TÉMOIGNAGE RÉVOLTANT DE KARIM, ÉCARTÉ D'UN CONCOURS DE POLICE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

aujourd'hui nous revenons donc sur une affaire qui interroge profondément notre société sur la façon dont elle voit les musulmans c'est l'histoire d'un candidat au concours de la police mis à l'écart pour une raison troublante il aurait été jugé trop musulman après une longue bataille judiciaire le 25 octobre dernier Karim a remporté une victoire importante contre la préfecture de police devant la Cour administrative d'appel de Paris cette décision soulève de nombreuses questions comment une telle situation a-t-elle pu se produire quels sont les critères qui qui ont conduit à cette mise à l'écart et surtout que cela que cette enfin que dit cette affaire pardon du regard porté sur les situations sur les sitoyens de confessions musulmanes au sein des institutions publiques comme la police pour répondre à ces questions nous serons en visio avec Karim le poli le policier le candidat à policier au concours donc au cœur de cette affaire qui nous liva son témoignage son parcours et ainsi que son avocat cfen guzgz qui reviendra sur les enjeux juridiques de cette victoire bonjour Bour maître seen guesgz vous êtes avec nous bonjour bonjour oui je suis là cette victoire de votre votre client est-ce un est-ce que c'est un précédent juridique important et pourquoi alors c'est évidemment une jurisprudence importante un précédent puisque si vous voulez jusqu'à aujourd'hui la question de du signe de la trace de prière sur le front n'était pas débattu devant une juridiction administrative on savait pas où placer le le curseur euh évidemment du côté de la préfecture et du ministère de l'Intérieur qui lui est venu défendre le dossier pour le compte de la préfecture euh il était intolérable et inenvisageable de voir un candidat afficher cette trace qu'ils ont qualifié comme étant un signe de repli identitaire alors que et c'est ce que dit la cour administrative d'appel euh C trace elle apparaît elle n'apparaît que dans le re d'un exercice privé du du culte c'està-dire le candidat fait sa prière et c'est pas nécessairement un signe de REP communautaire ou de radicalisation puisqu'il était quasiment de il était quasiment question de cela dans la défense du ministère de l'Intérieur et fort heureusement ce que dit la cour administrative d'appel c'est que en lui-même le simple fait d'avoir ce signe sur le front n'est pas la démonstration que le policier risquerait dans le cadre de l'exercice de ses fonctions de ne pas respectecter l'obligation de neutralité la laïité telle qu'elle est imposé à l'ensemble des fonctionnaires donc oui c'est une jurisprudence importante qui s'applique d'abord pour les policiers mais qui s'applique à l'ensemble de la fonction publique d'État et territoriale et qui envoie un message clair sur cette question là donc il y avait déjà eu le débat sur la question de la barbe où là la jurisprudence est est est claire à partir du moment où on porte une barbe il y a pas de sujet si la barbe est plutôt bien entretenu et que la la personne présente un visage qui est disons qui est disons ouvert la question c'est si le candidat refuse ou le le fonctionnaire refuse de se tailler la barbe et qui dit que c'est pour quand je dis tailler la barbe c'est pas la rasé de prês mais disons faut qu'elle soit faut qu'elle soit propre euh où là il y a eu des précédents et une décision des cours administratives d'appel qui ont pu sanctionner notamment un médecin qui refusait ne serait-ce que de passer un coup de ciseau de dessus et là sur le le fond enfin sur la question de la tâche du front c'est la première fois qu'on a une telle jurisprudence faudrait préciser que dans ce dossier on a eu le Défenseur des droits euh qui est venu à l'appui de de mon client euh dénoncer le comportement de la police qui aa qualifié clairement dans son mémoire de situation de discrimination merci Maître guzgz on resta avec nous bien sûr je vais passer la parole à Karim Karim bonjour bonjour bonjour merci merci merci d'être merci d'être avec nous euh je vous en pris d'abord parce que je voulais que ce soit vous qui nous racontiez le début de de cette affaire euh donc j'aimerais que vous nous justement vous nous racontiez comment tout cela a a commencé pour que nos téléspectateurs et nos auditeurs comprennent un peu mieux ce qui s'est joué là en fait c'est très très simple tout d'abord je suis désolé je suis dehors donc ça risque de faire un petit peu de bruit en fait c'est très très simple j'ai j'ai envoyé ma candidature comme tout le monde j'ai passé mes tests écrits mes tests physiques qui ont été validés mon entretien devant un jurri euh ma visite médicale et ensuite bah l'enquête de moralité où tout le monde y passe forcément bon il y a pas de cadeau c'est pareil pour tout le monde je me présente à l'enquête de moralité la question qui m'est posée c'est euh euh quelle est la tâche que vous avez sur le front bah j'explique au policiers en fait bah c'est parce que je prie et que ça vient avec le temps tout simplement et je lu expplique bah c'est c'est pas quelque chose qui est lié à comment pe dire ça quelque chose de d'une prière asside du haut c'est vraiment quelque chose qui vient tout seul avec le temps vous avez des gens qu'on a pe plus sensible que d'autres il me dit d'accord pas de problème 6 mois après attend 6 mois après je reçois un courrier pour m'annoncer bah que du coup le préfet refusait de me donner son agrément parce que des éléments d'interrogation ont été soulevés cont au devoir de traer d'un policier donc dans le même courrier on me laisse le choix soit de saisir le trib fin soit de saisir le le préfet faire un recours donc je fais un recours devant le Préfet on lui envoyé en couré lui disant que voilà je comprenais pas la décision qui a été prise à mon encontre et que les éléments d'interrogation bah c'est pas suffisamment fr je peux pas savoir quel est réellement le motif du refus et donc on me répond de semaines après en me disant que au vu des éléments qui sont sur mon dossier bah en fait ça va pas fonctionner donc du coup bah je décide de de de saisir le tribunal le Trib administratif et donc du coup premier refus qui m' qui m'a pas été accordé malheureusement et le deuxième grâce au travail de mon avocat m'a donné raison et a PR a notifié que le fait qu' un jeune de mon âge cette tâche ça révélé un risque possible de repli identitaire et ils ont jamais justifié le replil identitaire puce que c'est très compliqué de justifier ça et donc du coup voilà un petit peu le grosso modo l'histoire et c'est commencé en 2021 c'était ça c'était ouais c'est ça exactement c'est ça ouais et comment vous avez vécu justement ce cette situation enfin sur le plan personnel franchement je l'ai très très mal vécu parce qu'en fait pour moi devenir policier ça a toujours été un rêve d'enfant je me suis jamais caché de vouloir devenir policier j'ai toujours oujours aimer ces métiers là servir son pays euh être au service de la population veiller au respect des lois tout simplement donc en fait imaginez-vous demain je sais pas vous voulez devenir euh bah vous avez la même chose que moi vous voulez devenir policier puis à la fin on vous dit un non puce que vous avez une tâche et parce que bah vos tâches ça peut être un risque de r identitaire enfin franchement je l'ai très mal vécu heureusement que bah j'ai pu rebondir parce que j'avais des gens autour de moi qui m'ont soutenu et que voilà je me laisse pas non plus euh abattre dès que j'ai dès que j'ai un échec j'ai quand même pu rebondir mais voilà c'est c'est très difficile et ça a été un soulagement pour moi le fait d'avoir eu gain de cause j'étais en fait ça vous en ave eu un un gros poids dans le dos en fait oui non j'imagine bien surtout que c'était comme vous le dites un rêve d'enfant est-ce que ça a des conséquences sur votre envie de devenir policier ou est-ce que cette affaire vous a finalement totalement écarté de de ce métier je en fait je suis un peu mitigé je vous dirais que bah ça me fait peur un peu parce que je me dis qu'aujourd'hui c'est une tâche qu'est-ce que ce sera plus tard et d'un côté je me dis bon benah voilà c'est toujours quelque chose j'ai toujours voulu faire depuis que je suis petit disons que moi je Seris prêt à repasser le concours mais je sais pas si le si le préfet me me donnera son agrément mais en tout cas euh enfin voilà je c'est un peu compliqué Imagineer demain que je vous tende la main et que et vous décidez de Me de me couper la main plutôt que de de de tenir main c'est un peu compliqué c'est c'est difficile de se prononcer je suis très mitigé je je peux le comprendre rester avec nous Karim maître guzgz euh est-ce que cette affaire révèle selon vous donc les mécanismes de discrimination ation qu'il y a au sein de la police et plus largement peut-être des institutions publiques françaises ah mais complètement puisque je vous l'ai dit dans ce dossier au-delà de la préfecture de police de Paris c'est le ministre de l'Intérieur qui est venu défendre personnellement ce dossier en expliquant à la cour administratif d'appel qui avait pas de place pour Karim au sein de la police nationale parce que si on si on acceptait sa présence on ferait rentrer du communautarisme au sein de la fonction ce n'est pas la première fois on a déjà vu des cas dans le cabinet euh que j'ai pu assister parfois des agents qui fonctionnent qui travaillent à l'aéroport qui se font écartés des ingénieurs qui travaillent dans des centrales nucléaires qui sont écarté parce que vous êtes partis au pèlerinage parce que vous avez gardé des attaches avec votre pays d'origine et cetera donc si vous voulez ce n'est que c'est un épiphénomène le cas de de de Karim euh mais fort heureusement cette jurisprudence là bien sûr elle nous aidera pour pour la suite et pour l'ensemble des des fonctionnaires et des candidats à la fonction publique Karim est-ce que vous avez le le sentiment que finalement votre foi votre religion est systématiquement assimilée à une menace à une incompatibilité avec là le maître guesgess vient de citer différents métiers mais là en l'occurrence c'était pour le métier de policier est-ce que vous avez ce sentiment là suite à cette affaire et peut-être même avant je sais pas bah j'ai envie de vous dire oui puisque visiblement on s'est appuyé sur une tâche pour justifier un refus en parlant d'un repli d'un repli identitaire donc oui forcément c'est ma foi qui est remise en cause euh je n'ai enfin voilà quand je je quand j'ai voulu devenir policier enfin je sais très bien qu'en étant fonctionnaire dans la fonction publique il faut savoir mettre sa religion de côté son opinion politique donc c'est quelque chose que je n'aurais pas eu de mal à le faire je le fais déjà au quotidien dans mon travail donc sur ça j'ai aucun souci et oui ça me enin je sais pas REP identitaire pour une tâche enfin c'est quand même très inquiétant je sais pas peut-être que c'est peut-être que ça arrive à d'autres personnes ils ont pas osé prendre la parole parteur mais moi voilà j'ai pas eu peur de prendre la parole parce que je savais que je n'étais pas du tout en tort et que c'était totalement légitime de ma part de saisir avocat et de cisir le tribunal euh maître guzgz au final est-ce que cette quel message cette victoire envoie-t-elle selon vous aux responsables politiques et aux institutions françaises aux forces de l'ordre qu'est-ce que cette victoire que vous venez d'obtenir envoie comme message et ben le message c'est qu'il faut distinguer euh l'islamité du risque du risque de radicalisme ou de risque de rupture de de du principe de laïicité que on peut tout à fait être euh fier d'être policier fier d'être d'être français tout en tout en pratiquant sa religion il s'agit pas de revendiquer le droit le droit d'être un policier musulman mais simplement un constat on a le droit de l'être euh et il faut pas que il ne faut pas que dans la fonction publique on est des politiques de discrimination institutionnelles comme celle qu'a subi clairement Karim puisque ce n'est pas une décision si vous voulez d'un d'un d'un d'un officier de police dans son coin dans un commissariat non c'est la Préfecture de Police de de Paris puis le ministre de l'Intérieur qui a soutenu qui a soutenu cette cette situation de discrimination et si on nait pas des organismes comme le le Défenseur des droits et des institutions judiciaires pour pour dire pour dire le le le le droit euh qu'est-ce qui quel message serait passé pour Karim et et pour et pour les autres candidats qui auraient pu être écartés mais en fait vous avez pas votre place en France on revient encore à la question de de l'intégration de de de l'assimilation et ça c'est c'est intolérable je veux dire qu'on est en 2024 euh notre société euh doit pouvoir accepter la la les différences et euh cette jurisprudence vraiment est là pour mettre un un point final à cette discrimination dernier mot je vous donne le mot de la fin Karim justement vous disez tout à l'heure cette décision vous a fait plaisir mais voilà que ressentez-vous suite à ça et et quels sont peut-être vos projets pour la suite peut-être pas policiers mais est-ce qu'il y a d'autres métiers que vous avez certainement envie de faire et et en espérant que cette fois-ci votre religion ne posera pas de problème moi que je voulais surtout souligner quelque chose qui est très important c'est que euh moi je n'ai pas de on va dire je n'ai pas de rancœur envers les policier c'est très important de le dire parce que je veux pas qu'on fasse d'amalgame il faut pas mettre tout le monde dans le même sac sinon on s'en sort pas malheureusement donc non moi je mets pas tout le monde dans le même sac est-ce que maintenant je vais repostuler pour devenir Gard policier franchement j'ai besoin de réflexion parce que cette décision elle m'a fait elle m'a fait peur elle m'a rendu triste et comme j'ai dit tout au début heureusement que j'ai des gens autour de moi qui ont pu me soutenir parce que sinon c'est très difficile surtout que je n'ai rien fait j'ai simplement comme je l'ai dit au début bah venir servir ma nation faire ce qui m'a ce que j'ai toujours voulu faire depuis que je suis petit en fait maintenant j'ai besoin de réflexion si je rentre pas au sein de au sein peêtre de la police peut-être que je ferai autre chose à côté je sais pas douanier gendarme ou peut-être que je repostulerai je porter une tené de policier je sais pas encore mais j'ai besoin de de de réflexion encore prendre un peu de temps c'est pas une décision qu'on prend la légère surtout pour ce type de de métier on représente la loi on représente on est là pour servir la population donc c'est pas mais c'est pas une décision que je prendrai à la légère en tout cas très bien merci beaucoup en tout cas Karim pour votre témoignage vous en prie je vous en prie merci à vous merci merci beaucoup maître guzgz pour également vos éclaircissements sur cette affaire je vous laisse avec un petit clip pour vous rappeler à quel point vos dons vos abonnements nous sont précieux et si on veut continuer à proposer ce type d'émission il faut forcément aider le médias à poursuivre son chemin et son combat tout de suite la situation politique est inédite urgente bonsoir à toutes et à tous bienvenue sur le média de directs par jour une situation de crise alimentaire sans précédent du terrain du reportage mais aussi de l'enquête le média est aujourd'hui la seule télévision résolument de gauche engagé et indépendante des pouvoirs financiers et politiques le média c'est 25 travailleurs qui produisent de l'information au quotidien nous devons faire plus pour cela nous devons nous développer développer la chaîne de télévision développer nos programmes notre présence sur le terrain enquêter sur les puissants qui nous gouvernent le tout en libre accès développer cette chaîne unique dans le paysage audiovisuel français implique de faire grandir nos équipes d'investir dans du matériel sans ça pas d'émission pas de reportage pas d'enquête et le champ libre pour les grands médias Macron son monde et l'extrême droitisation des débats menez cette bataille avec nous abonnez-vous au médiia à partir de 5 € par mois l'abonnement c'est notre moyen de financement le plus pérenne le plus solide être abonné c'est faire vivre une chaîne TV d'information indépendante et engagé accessible à toutes et tous en francophonie être abonné c'est faire vivre le pluralisme et le débat dans le très petit monde de la TV offrez-vous une alternative TV abonnez-vous le média reprenez goût à l'info [Musique]

TROP MUSULMAN POUR ÊTRE FLIC ? LE TÉMOIGNAGE RÉVOLTANT DE KARIM, ÉCARTÉ D'UN CONCOURS DE POLICE — Jean-Pierre Bataille · Pourquijevote