Christian Estrosi, maire de Nice : "La loi Solidarité et renouvellement urbain est complètement désuète"
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Questions et réponses
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- 1:54OuverteRéponse directe
Partagez-vous la déclaration de François Bayrou sur un sentiment de submersion migratoire ?
- 4:19OuverteRéponse directe
Est-ce une réalité que vous voyez à Nice, cette submersion du narcotrafic ?
- 7:27OuverteRéponse directe
Vous faites partie des 600 villes de France qui ne respectaient pas la loi SRU. Vous avez payé 7 millions d'euros d'amende en 2024. Est-ce que vous vous fixez l'objectif de remplir cette obligation ?
- 9:25OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous pouvez faire ? Les courses de côte ou les circuits ?
- 10:58OuverteRéponse directe
Est-ce qu'à 18 ans et demi, vous vous dites : 'Un jour, je ferai de la politique ?'
- 15:14OuverteRéponse directe
Vous arrivez en retard à l'examen du bac. Comment l'avez-vous vécu ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:23Locuteur non identifiéFait
« Nous avions une gestion de l'immigration dans notre pays qui était d'un laxisme absolu. »
- 2:31Locuteur non identifiéChiffre
« Il n'y a qu'à voir les obligations de quitter le territoire français qui sont prononcés, dont à peine 4 ou 5% sont appliqués chaque année. »
- 4:36Locuteur non identifiéFait
« Le narcotrafic, je l'assimile moi-même à du narcoterrorisme. »
- 5:13Locuteur non identifiéPromesse
« Je réclame depuis maintenant 5 à 6 ans des mesures très fermes : la création d'un parquet national anti-stupe. »
- 6:50Locuteur non identifiéFait
« Nous expulsons, ce qui ne se fait pas ailleurs, toute famille dans laquelle il y aurait un dealer qui serait récidiviste des logements sociaux. »
- 8:06Locuteur non identifiéFait
« Cette loi SRU est complètement désuète. »
- 8:31Locuteur non identifiéFait
« C'est même irresponsable. »
- 11:32Locuteur non identifiéFait
« Splendorini, épouse Estrosi, angélique, née à Umberthidé le 11 mai 1901 en Italie. »
- 12:33Locuteur non identifiéFait
« J'ai accompagné ma grand-mère par la main, j'avais 7 ans, 8 ans, dans les bureaux de vote, où elle me montrait le bulletin du général de Gaulle qu'elle mettait dans l'urne. »
- 13:24Locuteur non identifiéFait
« Nice est la première ville italienne de France et nous avons des liens de fraternité. »
- 13:34Locuteur non identifiéPromesse
« Je suis en train de construire la première euro-région franco-italienne ici du traité du Quirinal avec la capitale de la province voisine en Ligurie, Imperia, et la capitale de la province voisine du Piémont, Cuneo. »
- 17:40Locuteur non identifiéFait
« J'ai été élu plus jeune député de France en 1988, Benjamin de l'Assemblée nationale, j'avais 32 ans. »
- 32:23Locuteur non identifiéChiffre
« Nous avons réussi à faire baisser de 30% les émissions de pollution. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié79 %
- Présentateur14 %
- Christian Estrosi3 %
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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Sens Politique, l'émission qui prend le temps de connaître un invité pour décrypter avec lui son parcours, son engagement et sa personnalité au rythme de l'actualité. Les palmiers, la promenade des Anglais et la Soca. C'est ici, à Nice, que notre invité est né et a commencé sa carrière de sportif et de politique, pur produit de la méritocratie républicaine. Issu d'une famille d'immigrés italiens d'Ombry, son grand-père tient un manège sur la place Garibaldi. A 16 ans, il se passionne pour la moto et devient un champion de France dans les années 70.
Repéré alors par Jacques Médecin qui en fait son adjoint, il entre en politique par le local avant d'entamer une carrière nationale. Sans le bac, il est trois fois ministre sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, député pendant près de 30 ans, président du conseil départemental, régional et aujourd'hui maire de la ville. Dans son bureau, il a une oeuvre du peintre niçois Ben, « Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis » et une guitare dédicacée de Bono, le chanteur de U2 qui a une maison sur la côte. Longtemps sarkoziste, il est aujourd'hui vice-président d'Horizon, le parti d'Edouard Philippe et candidat à sa réélection à la mairie de Nice. Bonjour Christian Estrosi.
Bonjour.
Merci d'avoir accepté notre invitation et merci aux équipes d'Ici Azur qui nous accueillent ici à Nice. Vous êtes bien sur France Culture, nous sommes ensemble jusqu'à 13h30. La France est plongée dans un débat sémantique et moral depuis une semaine après les propos de François Bayrou, Premier ministre sur LCI lundi dernier, qui parle d'un sentiment de submersion migratoire qu'auraient les Français. Partagez-vous cette déclaration Christian Estrosi.
Nous sommes dans une période où chaque mot prononcé hystérise les débats. Naturellement, ce qu'a voulu exprimer François Bayrou, je le partage, j'ai toujours été de ceux qui considéraient que nous avions une gestion de l'immigration dans notre pays qui était d'un laxisme absolu. Il n'y a qu'à voir les obligations de quitter le territoire français qui sont prononcés, dont à peine 4 ou 5% sont appliqués chaque année, c'est-à-dire que vous avez 95 à 96% de ceux qui le reçoivent qui restent ici.
Et qu'on ne sait pas avoir une organisation suffisamment réactive pour apprécier qu'elle a la part de ceux pour lesquels il y aurait une légitimité à rester chez nous parce qu'ils seraient persécutés dans leur pays et qu'ils pourraient accéder à un statut de réfugié sous condition de bien vouloir faire un parcours républicain pour s'intégrer dans les règles de la République et de la citoyenneté et ceux qui doivent immédiatement être raccompagnés chez eux.
Donc François Béroux a voulu chercher un marqueur pour bien faire comprendre cela au moment où nous voyons que Bruno Retailleau et Gérald Darmanin, qui sont ces deux ministres en charge de ces sujets, veulent faire adopter par le Parlement prochainement un texte de loi qui nous rende plus efficace. Bon, après, tout n'est que prétexte aujourd'hui. Vous savez, on creuse, on creuse dans la politique française. On a l'impression de rentrer de nouveau, comme sous la Quatrième République, dans cette politique des partis, où il faut toujours être pour ce qui est contre et contre ce qui est pour. Ça me fait penser un peu au Schtroumf-Grognon.
Les partis politiques, pour moi, incarnent ça aujourd'hui. et plus la noblesse de la politique telle qu'elle a pu s'exprimer dans les grandes années où vous aviez, pour la gauche, un François Mitterrand, pour la droite, un De Gaulle, un Pompidou, un Giscard ou un Chirac.
Cette semaine, le Sénat parle, lui, d'une submersion en France du narcotrafic. Est-ce une réalité que vous voyez à Nice ?
Naturellement, nous la voyons de partout en France. Alors, je dirais qu'après, il y a les lieux où la volonté d'essayer de le contenir est plus forte et des lieux où il y a plus de laisser-aller. Le narcotrafic, je l'assimile moi-même à du narcoterrorisme. Tellement, aujourd'hui, la plus grande part de la criminalité dans notre pays provient du narcotrafic, gérée par des filières qui viennent de la région parisienne, qui viennent de Marseille, qui viennent chez nous, en tout cas pour une partie de Tunisie, gérée par des caïds qui se mettent toujours à l'abri et où on enrôle souvent des mineurs pour que la majorité pénale ne puisse pas s'appliquer à eux et qu'ils ne puissent pas être retenus.
Donc, voilà pourquoi je réclame depuis maintenant 5 à 6 ans des mesures très fermes. La création d'un parquet national anti-stupe, des sanctions particulières pour les dealers, pour les guetteurs, mais aussi pour les consommateurs. Et lorsque je vois qu'aujourd'hui, nous avons deux ministres de l'Intérieur et de la Justice qui sont sur la même longueur d'onde pour nous amener enfin une réponse à ce que, moi comme d'autres élus locaux autour de moi avec lesquels nous travaillons ensemble, parce qu'au fond, on parle toujours des dispositions nationales.
Pardon de dire ça, le Parlement c'est beau, mais aujourd'hui où il n'y a plus le cumul des mandats entre un exécutif local et un parlementaire comme j'ai pu l'exercer moi pendant près d'une vingtaine d'années, on voit bien que nous avons des parlementaires qui sont de plus en plus hors sol, là où le narcotrafic, ça s'exerce qu'on le veuille ou non, sur le domaine public que nous avons à administrer, nous les maires.
Voilà pourquoi j'estime que nous aurions besoin de beaucoup plus de décentralisation de pouvoir et si dans ma vie, il est peut-être mieux contenu qu'ailleurs, c'est que j'ai d'abord une police municipale qui est la plus importante de France, qui a obtenu la confiance du procureur de la République pour que nous puissions avoir une convention particulière en matière de lutte contre le narcotrafic, parce que nous expulsons, ce qui ne se fait pas ailleurs, toute famille dans laquelle il y aurait un dealer qui serait récidiviste des logements sociaux, parce que nous démolissons même, avec le soutien de l'agence pour la rénovation urbaine, les îlots dans lesquels il y a des points de deal qui sont structurés urbanistiquement, de telle sorte que ça favorise l'activité et à force, à force, à force de pousser les lignes et d'être soutenus en même temps par la mobilisation du ministère de l'Intérieur à nos côtés, eh bien nous le contenons peut-être mieux qu'ailleurs.
Christian Estrosi, justement, en parlant de logement social, vous faites partie des 600 villes de France qui ne respectaient pas la loi SRU. Vous avez payé en 2024 une amende de 7 millions d'euros. Est-ce que c'est un objectif que vous vous fixez, si vous êtes réélu à la mairie de Nice, de remplir cette obligation ?
Mon objectif, c'est de participer avec un grand nombre d'élus locaux à ce que le Parlement et les gouvernements ont à prendre des décisions à l'avenir, et les débats sont très engagés. Je sais que le Sénat a majoritairement fait des propositions extrêmement intéressantes à cet égard. Et donc cette loi SRU est complètement désuète. Comment peut-on imposer des quotas, quelle que soit votre géographie, que vous soyez dans la ruralité, que vous soyez en bord de mer, que vous soyez dans des parties en pleine ou au bord de zones inondables ? C'est pour qu'il y ait une forme de mixité sociale sans doute. Ça n'a aucun sens, aucun sens. C'est même irresponsable.
Et donc lorsqu'on ne peut pas, on ne peut pas. Et puis on ne peut pas nous dire d'un côté qu'il faut agir pour la transition écologique, perméabiliser les sols. Nous avons un réchauffement climatique dont nous voyons à Rennes, par exemple, ce que cela produit en matière de conséquences sur l'urbanisme. Et nous dire, construisez, construisez, construisez du logement social. Eh bien non, je ne ferai que ce que la raison, les météorologues, les juristes, les scientifiques qui sont autour de moi, en termes d'équilibre et de mixité, me disent ce que nous pouvons faire par rapport à ce réchauffement climatique où nous voulons nous montrer exemplaire ici au bord de la Méditerranée.
Allez, on va écouter une première archive sonore. Christian Estrosi, c'est la tradition de cette émission. Tendez l'oreille.
Christian Estrosi, 18 ans et demi, fut la révélation de ce tour de France moto.
Qu'est-ce que vous pouvez faire ? Les courses de côte ou les circuits ?
Ah, les circuits de vitesse. Pourquoi ? Parce que c'est beaucoup plus net. En course de côte, ma foi, ça se joue au dixième près. Le chronomètreur, pour un dixième, il peut se faire avoir. Alors qu'en circuit, c'est net. C'est le premier qui passe l'arrivée qui a gagné. En course de côte, il faut plus se défoncer au maximum sans trop chercher à prendre les trajectoires et à passer fort de partout. Alors qu'en circuit, il y a beaucoup plus de calculs et beaucoup plus de recherches et trajectoires.
Vous vous souvenez de cette interview, Christian Estrosi ? C'est votre première télé.
Oui, c'est ma première télé. Naturellement, c'est à la fois abusant et émouvant. Mais c'est bien que nous aurions, grâce à l'INA notamment, dans notre pays, la possibilité de retrouver un certain nombre d'archives. Je dois dire que j'en ai pas mal chez moi, sur cette période de ma vie, qui amusent beaucoup mes enfants et mes petits-enfants lorsqu'ils les regardent.
L'ORTF vit ses dernières heures. Vous avez les cheveux longs. C'est filmé en noir et blanc. Vous avez donc 18 ans et demi. On est le 22 mai 1974. On pourrait filer la métaphore sportive avec la politique. Christian Estrosi, on a déjà dû vous le demander plusieurs fois, le calcul de la stratégie pour le circuit, la victoire nette de la course de côte. Est-ce qu'à cette époque-là, vous vous dites, « Un jour, je ferai de la politique ? »
Non, pas du tout. Pas du tout, même si je suis très sensibilisé à la chose publique. D'abord parce que d'être d'une famille d'immigrés italiens, vous savez, j'ai toujours dans la poche intérieure de ma veste, qui est sur mon cœur, cette petite carte d'électeur que je vous montre, Splendorini, épouse Estrosi, angélique, née à Umberthidé le 11 mai 1901 en Italie. Et elle est signée le 12 septembre 1945 par Jacques Cotta, le maire de Nice de l'époque, père de Michel Cotta. Bon, donc ça a beaucoup de sens.
Et quand vous grandissez dans une famille comme ça, vous avez la fierté d'une grand-mère et d'un grand-père immigrés qui vous disent, avec leur fond d'accent italien, en parlant parfaitement français, tout comme mon père, naturellement, et mes parents parlaient parfaitement français, la fierté qu'ils avaient d'être dans un pays où un homme avait donné le droit de vote aux femmes en 1945. Donc, j'ai accompagné ma grand-mère par la main, j'avais 7 ans, 8 ans, dans les bureaux de vote, où elle me montrait le bulletin du général de Gaulle qu'elle mettait dans l'urne.
Et j'ai grandi un peu dans cet état d'esprit d'une famille modeste, d'une famille d'immigrés, d'une famille naturalisée, d'une famille où j'ai demandé à apprendre à parler italien en première langue puis en seconde langue au collège et on me l'a refusé. Et il m'a fallu des années pour comprendre pourquoi on me le refusait. On me l'a refusé lorsque j'ai eu 20 ans, 21 ans et que j'ai commencé à me poser des questions mais pourquoi mes parents et mes grands-parents ne voulaient pas que je parle italien ? Tout simplement parce qu'ils voulaient, eux, les immigrés, que je m'assimile. Non pas que je m'intègre, mais que je m'assimile.
Alors j'ai appris à parler italien par moi-même après parce que je suis beaucoup attaché aussi à ce pays dont nous sommes si proches à 20 kilomètres et je dis toujours que Nice est la première ville italienne de France et nous avons des liens de fraternité. D'ailleurs, je suis en train de construire la première euro-région franco-italienne ici du traité du Quirinal avec la capitale de la province voisine en Ligurie, Imperia et la capitale de la province voisine du Piémont, Cuneo. Le ministre des Affaires étrangères viendra bientôt l'officialiser à Nice.
Mais voilà, je voulais raconter ce petit épisode pour vous dire combien ça avait de sens d'avoir une idéologie au fond de moi, de me pencher sur les grandes heures de l'histoire de France. J'avais ce Fernand Nathan qu'on m'a offert où vous aviez toute l'histoire depuis la préhistoire avec les grandes heures de Vercingétorix, Clovis, Charlemagne, Charlemartel, etc.
Et j'ai relisé, j'ai relisé un grand ouvrage sur l'histoire de Napoléon et Bonaparte qui commençait par la bataille de Boules de Neige dans l'école de Brienne et tout cela a beaucoup dicté ma pensée pour pouvoir, lorsque j'étais sportif de haut niveau, faire partie de ceux qui ont souhaité s'engager aux côtés de Jacques Chirac lorsqu'il a fondé le RPR, non pas pour faire de la politique, mais pour soutenir l'idée que je me faisais de mon pays et de celui qui pouvait le mieux l'incarner en tant qu'héritier du général de Gaulle comme d'autres sportifs de haut niveau. Je pense à Guy Druth, à Mimoune, à Kiki Caron et à bien d'autres encore.
Un an plus tôt, avant cet archive qu'on vient d'entendre, de vous sur un circuit de moto, Christian Estrosi, on est en 1973, c'est l'année de votre bac. Vous êtes déjà un coureur de haut niveau. La veille de votre bac de philo, vous êtes au Grand Prix de Manicourt et vous arrivez en retard à l'examen.
J'arrive en retard à l'examen, oui. parce que j'y roule toute la nuit pour arriver à l'heure à 8h après avoir fait ma compétition la veille. Naturellement, celui qui était chargé de surveiller le bon déroulement des choses me dit, écoutez, on vous accepte même s'il est 8h10, 8h15 alors que depuis 8h tout le monde était sur sa copie. je regarde les trois sujets au tableau j'en prends un et naturellement, je me livrerai l'exercice mais pas très brillamment.
Vous ratez donc votre bac et cet épisode, c'est rare en politique vous voit un surnom ici sur la Côte d'Azur par vos opposants mais aussi par un biographe, le motodidacte. Est-ce que ça vous a fait de la peine ce surnom ? Est-ce que vous l'avez vécu comme du mépris social ?
Oui. Oui. Dans ma jeunesse politique lorsque je me suis engagé par des circonstances que je n'ai pas vraiment voulues puisque je vous le dis je n'étais pas du tout prédestiné à cela naturellement ça vous paraît assez réducteur pour vous humilier au fond on est dans une société où seul ceux qui auraient fait Sciences Po ou l'ENA auraient vocation à exercer des responsabilités publiques et vous qui avez pourtant porté les couleurs de votre pays fait sonner la Marseillaise sur tous les circuits du monde en montant sur la première marche du podium vous n'auriez pas droit à ce mérite. Bon.
Jusqu'au jour ou au contraire je me suis dit mais au fond c'est formidable c'est formidable que je puisse prendre le contre-pied et que mes adversaires mesurent que j'en fasse une référence pour dire à tous les enfants de France issus de quelques milieux sociaux de quelques origines de quelques cultures que ce soit vous savez vous êtes dans un pays où tout est possible le tout c'est de s'en donner du mal et d'ailleurs ça m'a poussé sans doute à beaucoup travailler vous savez lorsque j'ai été élu plus jeune député de France en 1988 Benjamin de l'Assemblée nationale j'avais 32 ans on m'a dit bon ben pour toi c'est la commission des affaires sociales parce que c'était le truc où on mettait les nouveaux arrivants qui n'avaient pas d'expérience j'ai dit non non non je fais la commission des lois et on m'a dit comment quelle expérience t'es pas avocat t'es pas juriste t'es pas je veux la commission des lois et je me suis mis à apprendre presque par coeur le code de procédure pénale le code pénal à travailler à fond et à être reconnu au fil des législatures comme un des meilleurs rapporteurs voire dépôt de proposition de loi qui aujourd'hui font encore référence et voilà je pense que il n'y a pas d'âge pour travailler franchir des étapes et en même temps avoir ce passé de la vie tout simplement qui fasse que vous savez quand dans les années 74 75 76 alors qu'il n'y a pas le téléphone il n'y a pas la communication vous parcourez le monde entier vous découvrez l'Amérique du Sud avec l'Argentine des colonels avec la dictature du Venezuela avec le rêve américain à Daytona en Floride ou que vous franchissez le rideau de fer pour aller courir en Tchécoslovaquie ou dans la Yougoslavie de Tito et bien ça vous apprend votre géopolitique ça vous apprend aussi beaucoup de choses que mes camarades du même âge n'ont pas appris à l'université au même moment
vous qui avez exercé des responsabilités nationales et locales Christian Estrosi comment la ville de Nice s'est-elle perçue à Paris et inversement
la politique est d'abord je sais que pour conquérir les galons qui ont été les miens à Paris il m'a fallu un peu tricher vous allez me dire comment ça tricher oui j'ai compris une chose c'est que de toute façon on ne pouvait pas convaincre un microcosme parisien dont font partie certains médias certains responsables publics et politiques et surtout la haute administration quand vous arrivez de votre province que la France est faite d'une grande diversité et qu'elle ne se pense pas que dans des bureaux parisiens ayant compris cela vous avez deux solutions si vous voulez exercer de très belles responsabilités et apporter beaucoup à votre pays c'est soit vous fondre dans leur moule sans y croire soit au contraire leur tenir tête et leur dire mais vous ne comprenez rien chez moi ça ne se passe pas du tout comme vous pensez c'est pas du tout la bureaucratie que vous exercez c'est pas du tout le regard que vous portez sur les autres régions et sur les autres territoires de France alors oui j'ai un peu triché j'ai fait semblant de penser comme eux en sachant que je ne pensais pas du tout comme eux
vous avez un exemple précis ?
oh oui en matière de de décentralisation par exemple j'ai eu la chance d'avoir un premier ministre lorsque j'étais parlementaire comme Jean-Pierre Raffarin qui lui aussi défendait ses régions ses provinces de France de la région qu'il présidait avant de devenir premier ministre où il a fait beaucoup de choses notamment du côté de Poitiers avec le Futuroscope dans le débat parlementaire j'ai bien compris que si on voulait arriver à obtenir sur la décentralisation de la gestion des voiries pour qu'elles deviennent de nationale à départementale ou régionale pour que sur l'attractivité des territoires en matière c'était le début de la couverture de téléphones immobiles voire de ce qu'on appelait la DSL en matière d'internet
heureusement qu'il y avait des élus locaux vous voulez dire à ce moment là au parlement
il y avait de grosses résistances parisiennes et heureusement un premier ministre d'abord qui comprenait cela et puis des élus comme moi qui n'étaient pas si nombreux que cela mais quand même et qui ont mené ce combat pour que nous puissions irriguer toute la France à ce moment là de ceux dont bénéficiaient simplement quelques départements de l'île de France
êtes-vous toujours un sarcosiste Christian Estrosi
je suis avant tout un gaulliste mais je dois dire que j'ai avec Nicolas Sarkozy un lien d'amitié l'amitié est une chose c'est pas parce qu'on est amis qu'on peut être convaincu qu'agir pour la France c'est agir comme ceci ou comme cela mais il se trouve qu'au-delà d'une amitié sincère et qui remonte puisque nous avons le même âge et nous sommes de la même génération les années 80 avec Nicolas Sarkozy nous avons toujours partagé les mêmes convictions pour notre pays et qu'il est celui de ma génération qui sans doute a été le dernier à montrer qu'on a besoin de chefs de gens pour décider et surtout une vision industrielle et de souveraineté pour notre pays qui correspond exactement à l'idée que je me fais du gaullisme et qu'il est sans doute celui à l'avoir dans notre génération le mieux porté
vous vous attendiez à ce qu'il soit condamné le 16 décembre dans l'affaire des écoutes en ce moment il est devant le tribunal correctionnel pour les soupçons de financement libyen de sa campagne comment vous vivez vous qui avez été au plus près de lui toutes ces affaires
je le vis mal parce que ça donne l'image d'une sorte d'acharnement je veux croire aujourd'hui parce que j'ai une totale confiance en l'homme parce que je l'ai vu travailler c'est la justice qui s'acharne parce que j'ai travaillé à ses côtés donc je ne porterai pas de jugement je ne veux pas le mettre en difficulté il se défend il a des conseils à ses côtés et j'aurais tort de m'exprimer sur un média public pour le mettre en difficulté là où je veux dire qu'au plan moral je connais son intégrité je connais son engagement pour notre pays et quand on a fait autant que ce qu'on a fait pour que la France garde encore à cette époque-là sa part de souveraineté et d'autorité sur notre planète et bien je dis que voilà il y a un moment où il y a de justes équilibres à trouver on est dans un environnement qui est dangereux où nous sommes tous à la merci de gens qui vous trahissent de gens qui mentent de gens qui montent de fausses informations donc vous ne faites pas
confiance en la justice sur ces affaires
mais je fais confiance vous savez il y a de bons et de mauvais magistrats il y a des magistrats honnêtes et des magistrats malhonnêtes il y a des dentistes honnêtes et des dentistes malhonnêtes il y a des médecins honnêtes et des médecins malhonnêtes il y a des hommes politiques honnêtes et des hommes politiques malhonnêtes magistrats c'est pas la seule profession D'ailleurs, je me demande pourquoi ça continuerait à être regardé comme la seule profession qui ne pourrait pas être jugée quand on commet une faute professionnelle. Or, aujourd'hui, j'ai le sentiment que c'est la profession qui serait un peu exonérée de tout, alors qu'elle doit se montrer la plus exemplaire.
Donc, je connais une immense majorité de magistrats qui sont extrêmement intègres et qui sont conscients du rôle qu'ils ont à jouer pour que tienne debout notre démocratie, notre république, la citoyenneté de chacun. Bon, et puis, même si je n'ai pas à juger...
On va écouter une deuxième archive sonore, Christian Estrosi, celle de votre meilleur ennemi. France Culture, Sens Politique, Astrid De Vilaine.
J'aimais beaucoup le Christian Estrosi d'hier. J'aime beaucoup moins le Christian Estrosi qui est dans la majorité aujourd'hui, après avoir été élu par les Républicains. Oui, mais il est clairement dans la majorité. Vous savez, il vient de recruter, par exemple, mon adversaire aux législatives, en marche, qui travaille désormais avec lui à la mairie. Le Premier ministre est venu vendredi à Nice. M. Estrosi lui a offert, d'ailleurs, des boutons de manchette. J'ai vu que le Premier ministre ne les portait pas, je lui ai dit hier, à l'Assemblée nationale, à titre anecdotique. Mais Nice Matin a titré l'histoire d'amour entre Christian Estrosi et le gouvernement.
Il a reçu, beaucoup plus grave, au-delà de l'anecdote, il a reçu M. Macron avant le premier tour de l'élection présidentielle. C'était un soutien très clair, c'était un peu un coup de poignard dans le dos à notre candidat. Donc, il y a une question de ligne politique. On ne peut pas être aux Républicains et en marche. Donc, il faut que Christian Estrosi choisisse, et je crois qu'il a choisi, en tout cas, en termes de positionnement et de fidélité à des valeurs et des convictions, que tout au long de... Et cette phrase le témoignait, tout au long d'une vie politique qu'on a suivi... Il vous a aidé, là, dans votre carrière politique. Et moi aussi, Jean-Jacques Bourdin.
C'est peut-être moins public, mais croyez-moi, je l'ai beaucoup aidé.
La voix de Eric Ciotti sur BFM TV face à Jean-Jacques Bourdin le 7 mars 2018. Alors, c'était un duel qui dépasse largement la ville de Nice. Eric Ciotti, qu'on vient d'entendre, se prépare à l'élection municipale de 2026. Ça va être un duel attendu entre vous, notamment parce que vous avez été très proche. En 1988, vous en parliez quand vous êtes député, il est votre assistant parlementaire. En 2008, il est sur votre liste quand vous remportez la mairie. Et en 2014, il est président de votre comité de soutien pour les municipales. Vous êtes réélu. Que s'est-il passé entre vous, Christian Astrosi ? Est-ce une différence de fond, interpersonnel ou les deux ?
Je pense que vous avez tout rappelé.
Ça vous fait de la peine ?
J'ai eu le temps de la peine, puis le temps de l'indifférence, maintenant. J'ai rien d'autre à dire. Moi, je n'ai pas d'ennemi. Je n'ai pas d'ennemi. Je n'aime pas le mot ennemi, parce que pour moi, la politique ne peut pas être la guerre. On doit avoir des différences d'appréciation. Bon, il se trouve que la personnalité dont vous parlez a souvent changé. L'appréciation, c'est le mot qu'on puisse dire.
C'est ce qui vous reproche aussi. Est-ce que la trahison, finalement...
Astrosi, Sarkozy, Fillon, Wauquiez, les Républicains... Aujourd'hui, on va dire son admiration pour Jean-Marie Le Pen.
Après, on pourrait dire pour vous ici, Christian Astrosi, Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy.
Non, non, non, non.
C'est ce qu'ils vous reprocheraient.
Oui, mais je ne rentre pas dans ce débat. Ça m'est égal. Je ne débats pas. Moi, je suis un homme d'action. Je ne suis pas un homme de commentaire. Et je ne parle pas des autres. Je respecte chacun. Et je n'ai aucun commentaire à faire. Être maire, ce n'est pas être un homme d'appareil politique. Aujourd'hui, je vois... Je comprends que certains se passionnent pour passer d'un appareil politique à un autre, etc. Ça n'est pas mon cas. Je suis gaulliste. Je l'ai toujours été.
Après, heureusement, pour les Niçois et les Niçois, que je veille, quels que soient les gouvernements et quels que soient les présidents de la République, en défendant mon idéal, celui du gaullisme, lorsque nous avons besoin d'une université, lorsqu'on a besoin d'agrandir notre hôpital, comme c'est le cas aujourd'hui, d'avoir le premier hôtel de police mutualisé de France entre police nationale et police municipale, j'entretienne avec les administrations et avec ceux qui gouvernent des relations normales entre le maire d'une grande ville et une administration. Ça ne m'empêche pas, ensuite, de garder mes convictions. Et moi, je ne bouge pas de convictions.
Mais je veille à avoir un débat raisonné, raisonnable avec chacun. Et je ne serais pas digne d'être maire d'une grande ville si j'étais en guerre permanente avec tout le monde.
Pourquoi vous vous présentez à votre réélection, Christian Estrosi ? Est-ce que c'est pour faire 24 ans comme votre mentor, Jacques Médecin ?
Quelle question ! J'ai aujourd'hui encore de très très beaux projets pour l'avenir de notre ville. Il y a une logique dans le fil conducteur de ce que j'aménage dans cette ville depuis 2008. En 2008, nous étions une belle grande ville de province, mais qui n'avait pas le retentissement et le rayonnement qu'elle a aujourd'hui. J'ai voulu qu'elle devienne une grande ville universitaire. On en a doublé le nombre. De 23 000, on est passé à 55 000 étudiants.
J'ai voulu que nous devenions non seulement une ville de tourisme choisie et pas subie, et que la culture, les vêtementsiels sportifs, de très haut niveau, nous permettent en même temps de nourrir notre économie, mais aussi, lorsque j'étais ministre de l'Industrie, permettre à ma ville de devenir un pôle industriel dans le numérique et dans la santé, qui attirent de très belles entreprises tournées vers l'innovation.
Vous voulez continuer votre action, c'est ça ?
Je ne sais pas que je veux continuer. Peut-être me poserai-je encore la question jusqu'au dernier moment. Aujourd'hui, ça y est, elle est sur une trajectoire. Il n'y avait pas de mobilité. On en a. Nous avons réussi à faire baisser de 30% les émissions de pollution, alors que nous avions une mauvaise réputation à cet égard. Nous sommes confrontés, alors que je vais recevoir le plus grand sommet de la planète, sur la protection des océans, au mois de juin prochain, avec les Nations Unies, à conduire des politiques de transition écologique pour ne pas nous retrouver dans la situation de Valence, de Raid et d'autres villes. Et j'ai à protéger ma population.
ayant engagé ces politiques, où je dirais que j'ai fait trois quarts du chemin, mais qu'il reste à accomplir encore des gestes forts et à veiller à ce que mon administration, qui est dotée de très grands ingénieurs, de très grands scientifiques, de grands administrateurs, ne soit pas déstabilisé. J'organiserai une transition tranquille le moment venu, lorsque nous aurons fini de mettre totalement en orbite notre ville sur une voie irréversible pour la protéger à tout jamais.
En 2032 ?
En 2032. Ou avant ? Je considère que j'ai encore beaucoup à faire. Nous avons les Jeux Olympiques d'hiver en 2030, où nous serons le pôle principal des Alpes. Et puis, nous verrons ensuite. Mais en tout cas, vous voyez, moi je n'ai jamais triché. Vous parliez de gens qui ont une ambition ici. Ils ont eu des ambitions pour tout. On veut être un jour président de la République, on veut être un jour député, on veut être un jour président de ceci, de cela.
Vous n'avez pas d'autres ambitions que la mairie de Nice, Christian Estrosi, parce que vous êtes quand même très engagé au parti d'Edouard Philippe.
Le jour où j'ai quitté le ministère de l'Industrie, c'était en 2010, à la fin de la crise des subprimes, qui a été la plus grave crise industrielle que la planète ait connue, et où je pense avoir apporté, notamment avec le Conseil national de l'industrie, le triplement du crédit impôt recherche, le sauvetage des filières automobiles et industrielles françaises, aussi dans la mode et le luxe.
Jean-Claude Mailly, qu'on a reçu à ce micro il y a un an maintenant, l'ancien syndicaliste de force ouvrière, dit que vous êtes le ministre de l'Industrie avec qui il a préféré travailler.
J'ai adoré travailler avec Jean-Claude Mailly. On a sauvé ensemble beaucoup d'emplois dans les usines, beaucoup, des milliers et des milliers. Donc, ça a été une étape très forte au service de mon pays. Mais, à partir de là, j'ai décidé de me consacrer à ma ville. Et j'ai toujours dit, aux Niçois et aux Niçois, ne pensez pas que j'ai d'autres ambitions que de vous servir.
Donc, si Edouard Philippe, hypothèse, est élu en 2027, vous n'irez pas dans son gouvernement ?
Je remercie, au fond, Edouard Philippe, puisqu'on a décidé tous les deux de travailler ensemble. Lui, qui a plutôt été de la filière Juppé, moi de la filière Sarkozy, au sein de l'UMP, puis des Républicains, que nous ayons additionné nos forces pour apporter une réflexion politique dans notre pays, pour regagner des parts de souveraineté importantes, apporter des réponses en matière de cohésion économique et sociale, et qu'il me confie, à ce titre, de présider le comité des maires. Des maires. Bon.
Ça veut dire que c'est un lieu qui nous permet de réfléchir, et si Edouard Philippe, demain, devait présider ou décider de notre pays, ce que je souhaite naturellement, nous aurons d'ici là fait un gros travail visionnaire, justement pour montrer que c'est à partir des territoires et de ce que font les maires, qu'il pourra accomplir un certain nombre de réformes dans notre pays, à partir de nos territoires, et apporter cette contribution à mon pays, tout en restant maire de Nice, c'est naturellement apporter le bon sens et l'intelligence des acteurs économiques et sociaux de nos territoires.
En 2008, c'est cette année-là que vous êtes élu maire de Nice, vous êtes aussi à la même époque secrétaire d'État aux Outre-mer, et vous défendez à Washington l'inscription du récif corallien de la Nouvelle-Calédonie au patrimoine mondial de l'UNESCO. Et des années plus tard, c'est Nice qui obtient, elle aussi, ce précieux label. Sens politique, l'archive de l'invité.
Chers membres de la Commission, nous allons adopter le texte paragraphe par paragraphe. Le paragraphe 1 est donc approuvé. Continuons. Le paragraphe 2 inscrinnit la ville de Villégiature d'hiver de la Révira française sur la liste du patrimoine mondial sur la base du critère 2. Approuvé ? Oui, approuvé. Correct. Continuons. En note de la déclaration provisoire suivante de valeurs universelles exceptionnelles, et nous avons les éléments en français. Agree ? Oui, d'accord. Oui, continuons.
Le nouveau paragraphe 4 demande à l'État parti de réviser les limites du bien afin qu'elles effleurent le cadre temporel historique compris entre 1760 et les années 1930 et la cartographie des attributs principaux qui expriment de manière significative l'échange d'influence principalement en relation avec l'évolution de l'architecture. Approuvé ? Approuvé ? Oui, approuvé. Merci et félicitations.
Le comité du patrimoine mondial de l'UNESCO en Chine pour sa 44e session le 28 juillet 2021. Merci à Jérôme et Christelle pour la traduction. Vous vous souvenez de ce moment, Christian Estrosi ?
Je dois dire que j'ai une émotion contenue en m'entendant quelques années plus tard, peut-être il y a 4 ans maintenant, ce classement. Nous étions en plein clovide, tous tenaient à Xiamen en Chine, donc je ne pouvais m'y rendre. Donc j'ai suivi cela depuis l'UNESCO à Paris. en visio. Voilà, ça a été un grand moment. Pourquoi ? Parce que je trouvais injuste qu'il y ait tant de choses classées à l'UNESCO et qui le méritent.
Des monuments, des parties de ville, la baie de Copacabana, Rio de Janeiro par exemple, alors que Nice est jumelé avec Rio et j'aime beaucoup la baie de Copacabana, mais sincèrement, lorsqu'on regarde l'arc de la baie des anges, on se dit mais qu'est-ce qui fait que l'un serait classé et l'autre ne le serait pas ? Vous dites même qu'il est dessiné au compas. On a l'impression effectivement qu'il y a un ange venu du ciel qui est venu tracer au compas ces 5 kilomètres de baies qui sont absolument splendides. Donc oui, j'ai voulu pendant près de 10 ans mener ce combat accompagné par l'ancien ministre de la Culture, mon ami Jean-Jacques Ayagon qui en a présidé le comité que je lui ai confié.
Ça a été une immense fierté, un aboutissement.
Et ça vous donne des obligations en tant que... En fait, ce n'est pas seulement un label touristique. Vous avez des choses à remplir.
Et c'est bien pour cela d'ailleurs que le jour où je ne serai plus maire puisqu'il ce jour arrivera, soit parce que la démocratie en aura décidé ainsi, soit parce que sera venu le temps où il faudra que je passe la main et où je le déciderai, eh bien aujourd'hui ce classement a créé des obligations telles qu'aucun de mes successeurs en termes d'urbanisme ne pourra remettre en cause ce que j'ai fait protéger en termes patrimonial à tout jamais sur près de 550 hectares de la ville.
Je veux rappeler que nous sommes une ville très cosmopolite que ce classement porte sur la période de la moitié du 18e siècle jusqu'aux années 39 où s'additionnent aux côtés des architectures baroques, les architectures victoriennes, belles époques, art déco.
Une dernière question, Christian, c'est ce qui fait
la beauté de notre vie aujourd'hui et qui la fait rayonner.
Elle nous est posée par Jean-Pierre, médecin à Nice. Pourquoi ne pas avoir fait de référendum local sur l'acropolis ? C'est un palais des congrès, une salle de spectacle construite sous Jacques Matin, médecin qui a été détruit pour faire place à une forêt urbaine.
Oui, tout simplement parce que vous savez, ce qui fait des fois notre pays, c'est qu'aujourd'hui, on n'a plus le courage de décider et de décider parce qu'on se dit tiens, il y a une opinion publique, si je fais ça, ça va mécontenter un tel, un tel. Quand vous avez des scientifiques, lorsque vous avez des médecins, je suis président du conseil de surveillance du CHU de Nice, qui vous disent, vous savez, dans ce périmètre-là, c'est sur 30 ans d'enquête épidémiologique, le lieu où vous avez le plus de maladies cardiovasculaires. C'est curieux, ce soit un médecin qui me pose cette question d'ailleurs.
Et que vous avez l'architecte des bâtiments de France qui dit, je ne suis pas là pour juger d'une architecture, mais d'une erreur d'urbanisme qui a coupé une ville en deux.
Merci, merci Christian Estrosi, maire de Nice, d'être venu dans Sens Politique, merci aux studios et aux équipes d'ICI Azur qui nous ont accueillis dans leurs locaux niçois de la place Grimaldi. Vous pouvez réécouter cette émission et toutes les autres sur franceculture.fr et sur l'application Radio France. Merci à Léa Varin qui m'a aidée à préparer cette émission, à la réalisation depuis Paris, Luc-Jean Reynaud, à les techniques ici à Nice, Alix Vernotte et à Paris, Ludovic Auger. À samedi prochain.
Christian Estrosi