Ukraine, Mali : ces dossiers qui bousculent Macron - Reportage #cdanslair 02.02.2022
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En déplacement dans le nord de la France cet après-midi, Emmanuel Macron continue d'entretenir le faux suspense autour de sa future probable candidature. Mais le chef de l'État refuse de se lancer officiellement alors que la crise entre l'Ukraine et la Russie s'éternise. Il le précise dans un entretien à la Voix du Nord. Je ne peux pas raisonnablement expliquer aux Français que je vais m'adonner à ce temps démocratique important, alors que je leur ai dit que je serai président jusqu'au bout et que nous avons une crise à la frontière ukrainienne qui menace notre sécurité collective. Le président annonce aussi qu'il se rendra en Allemagne dans quelques jours au sujet de la crise en Ukraine.
Macron à la manœuvre, Macron en quête d'unité, sans succès pour l'instant, malgré les tentatives répétées de faire front commun.
S'il devait y avoir une agression, la riposte sera là et le coût sera très élevé.
À Berlin, il y a une semaine, mais aussi au Parlement européen, mi-janvier, Emmanuel Macron insiste et veut placer le vieux continent au centre des négociations entre les États-Unis et la Russie.
Ces prochaines semaines doivent nous conduire à faire aboutir une proposition européenne, bâtissant un nouvel ordre de sécurité et de stabilité. Nous devons le construire entre Européens.
Le problème, c'est que sur la crise ukrainienne, les Européens sont divisés. Chacun sa route, chacun ses intérêts. Les Allemands, par exemple, ne se mouillent pas vraiment pour ne pas fâcher la Russie, dont elle dépend énergétiquement. À l'inverse, à l'Est, la Pologne demande la plus grande fermeté face à Moscou, envoie des munitions à l'Ukraine et tacle l'ambivalence de Berlin.
« Nos chers amis allemands, on ne peut pas d'une main signer des expressions de solidarité avec l'Ukraine et de l'autre certifier le gazoduc Nord Stream 2 avec la Russie. Ça ne va pas ensemble. »
Quant à la Hongrie, elle a choisi son camp, sans détour. Viktor Orban était en visite hier à Moscou pour afficher sa complicité avec son allié, Vladimir Poutine. « Je suis ici en mission pour maintenir la paix. Je voudrais vous assurer qu'aucun dirigeant de l'Union européenne ne souhaite la guerre et le conflit. » Pendant ce temps, les tensions à la frontière russo-ukrainienne s'accentuent. Les troupes russes sont toujours massées tout autour de l'Ukraine, y compris au sud, en Crimée, et au nord, en Biélorussie. De leur côté, les Ukrainiens testent leurs nouveaux missiles anti-chars, livrés par les Britanniques. Le danger est imminent, selon le Quai d'Orsay et le Pentagone.
« Nous pensons que Vladimir Poutine a suffisamment de ressources pour envahir maintenant s'il le veut. Il continue d'ailleurs d'accumuler ses ressources et options militaires. »
« Je ne vais pas vous cacher, la situation est très grave. C'est un danger clair et imminent. Mais, à cette heure, nous n'avons aucune information sur la volonté du président Poutine de passer à l'action. Et donc, l'heure est toujours à prioriser la désescalade. »
Mais les négociations ressemblent plus à un dialogue de sourds, avec Vladimir Poutine, imperturbable, qui accuse les Américains de vouloir provoquer la guerre. « Les États-Unis ont pour seul objectif de contenir la Russie. L'Ukraine n'est qu'un outil pour y parvenir. Cela peut être fait de différentes manières, et l'une d'entre elles est de nous entraîner dans un conflit armé. » Vladimir Poutine s'est entretenu une nouvelle fois au téléphone hier avec Emmanuel Macron pour évoquer une sortie de crise, le président français qui envisage un déplacement à Moscou dans les prochaines semaines.
Emmanuel Macron