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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 27 juin 2025 19 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesJusticeInstitutions & électionsSolidarités & famille

Sébastien Chenu : "Les éoliennes seront la ruine de notre économie !" (France 5)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 18:11OuverteÉludée

    La Défenseuse des droits propose la traçabilité des contrôles d'identité pour lutter contre le profilage racial. Est-ce que ça vous semble être une bonne proposition ?

  • 14:12OuverteRéponse directe

    Éclairez-nous sur les propos anciens de Caroline Parmentier dans 'Présent'.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:03InvitéChiffre
    « 9 milliards par an. »
  • 5:27InvitéFait
    « Le coût de l'immigration dont personne ne veut jamais parler, mais alors ça, c'est le tabou suprême. »
  • 11:30InvitéFait
    « L'ambition que nous souhaitons porter, c'est de guérir la France de cette maladie bureaucratique. »

Temps de parole

  • Invité80 %
  • Invité 210 %
  • Invité 33 %
  • Présentateur3 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

On voit François Bayrou qui essaye de faire une espèce d'exercice de replâtrage. Tout ça, c'est un peu du bricolage avec des mesures, vous l'avez dit, sur la pénibilité qui pourraient, on ne sait pas trop à quel niveau elles seraient applicables. Tout ça ne semble pas très sérieux, pour être très honnête. Et avec des partenaires qui, de toute façon, pour ceux qui sont restés, puisque la majorité des partenaires sociaux... Ceux qui sont restés représentent la majorité des salariés. Non, mais ceux qui sont restés, voilà, la moitié. Il y a la moitié qui sont partis, la moitié qui sont restés dans les partenaires. Mais eux étaient déjà d'accord sur le départ en retraite à partir de 64 ans.

Sur l'âge de départ en retraite, de l'ouverture des droits à 64 ans. Ils étaient déjà d'accord. La CFDT, Mme Léon l'avait indiqué avant. Non, ils sont arrivés à cet accord-là au terme des discussions. Mme Léon l'avait dit dès le début que si c'était ça à la base de départ, s'il y avait des mesures sur la pénibilité, alors elle accepterait. C'était au premier rang des manifestations contre la loi, la réforme banque de 2023. Quand le conclave s'est ouvert, la CFDT est partie du premier postulat en disant « Nous accepterions cette ouverture des droits à 64 ans en échange de gestes sur la pénibilité ». Je pense qu'ils ne serais pas d'accord avec votre résumé.

Oui, la réalité c'est qu'à la fin c'est exactement ce qui se passe. C'est-à-dire qu'ils sont d'accord avec ça. Donc ça veut dire que le dialogue était à la fois un peu biaisé, que là sur la fin on est un peu sur du bricolage, parce que François Bayrou, toujours pareil, il cherche à gagner du temps. C'est même un peu devenu le spécialiste, d'ailleurs avec un certain talent, parce qu'il amène tout ça, mais le rendez-vous, on va en parler, si vous le souhaitez, mais le rendez-vous c'est le budget pour nous. Parce que c'est là où on compte tout ça. Pardon, vous dénoncez l'enfumage, le flou, etc.

Je vous ai entendu l'autre matin sur France Inter, par exemple, je n'ai pas compris sur la pénibilité de quel côté vous êtes. Vous êtes côté syndicat ou côté patronat ? Écoutez, de quelque chose qui est très simple, quand vous travaillez très dur et que vous travaillez plus tôt, vous devez partir plus tôt. Vous êtes plutôt du côté des syndicats ? Oui, mais on l'a toujours dit, on a toujours considéré, on a toujours considéré, et je vais vous dire, en étant député de circonscription populaire, on rencontre beaucoup de gens dans les EHPAD, dans l'industrie, qui ont commencé à travailler avant le patronat.

Et donc nous avons considéré, nous avons toujours considéré que plus vous commencez tôt, plus vous faites des professions en réalité difficiles, et pas manuelles, plus vous devez pouvoir partir plus tôt. Donc ça c'est notre logique. Ce n'est pas la logique qui préside visiblement la proposition d'accord de François Beyrou, puisque on ne pourra pas avoir de départ anticipé. Ce sont juste des aménagements, il n'y aura pas d'accord là-dessus. Donc nous, on n'est pas d'accord avec ce modèle-là. Bien sûr que si, François Beyrou a ouvert la voie à ce qu'il puisse y avoir des départs anticipés, comme le réclame des syndicats. Mais pas de départ anticipé.

C'est ça qui fait tout le monde au Parlement. En tous les cas, on a ce désaccord très fort, parce que nous on pense qu'on doit pouvoir partir plus tôt. C'est-à-dire que vous savez quelle est notre logique. C'est avant 20 ans, vous avez vos 40 annuités, vous pouvez partir, et puis ensuite de façon glissante jusqu'à 62 ans avec 42 annuités. Ça c'est la logique. Cette logique-là, elle fait gagner des années, évidemment pour les travailleurs, en particulier pour les travailleurs à taux plein toujours, bien entendu. 9 milliards par an. Ah mais, alors si on parle du financement, bien sûr, parce que c'est un modèle de société différent.

Donc si on parle du financement, on a des modèles de financement différents. On a des modèles de financement qui reposent sur la nécessité de travailler les jeunes, de les faire entrer sur le marché du travail beaucoup plus tôt, de réindustrialiser le pays, d'avoir une politique de natalité. Enfin bref, tous les leviers qui n'ont pas du tout été activés à partir du moment où on n'a pas le même modèle de société. On ne propose pas le même modèle de société. Ça c'est une évidence. Mais ce que propose, si j'ai bien compris, le Premier ministre, c'est une réforme qui élargisse la prise en compte de la pénibilité. Une prise en compte élargie.

C'est cette réforme-là qu'il souhaite soumettre au Parlement à la rentrée. Oui, oui, enfin, ça c'est pas tranché encore, mais effectivement il... C'est plutôt dans cette direction-là. Ce sont des aménagements qu'il propose sur la pénibilité, des mesures d'aménagement. Enfin, pour les maires de famille, c'est pas anecdotique. Non, mais ça j'ai entendu, j'ai entendu ça. Mais ce n'est pas un changement d'orientation. Non. Nous on a considéré comme d'autres, comme des syndicats, comme une majorité de Français. Je rappelle qu'il y a une majorité de Français, et notamment parmi les actifs, qui ne sont pas d'accord avec cette réforme de retraite.

Donc nous, nous restons sur un modèle de société qui est fondamentalement différent, mais qui, je crois, est plus juste et probablement à la fin moins coûteux. Parce que la réforme Macron, pour l'instant, elle a coûté très cher. Vous accusez François Bayrou de tenter de gagner du temps. Vous pourriez résoudre cette solution en le censurant dès maintenant, en joignant vos votes à la motion de censure déposée par le Parti Socialiste. Pourquoi attendre le mot ? Parce qu'on a toujours dit, le rendez-vous c'est le budget. Donc, ce n'est pas trois mois de plus ou de moins qui, de toute façon, vont changer les choses.

Mais par contre, au moment du budget, on peut faire bouger peut-être le Premier ministre sur des choses. Souvenez-vous, quand on a censuré Michel Barnier, on a obtenu la fin de la désindexation des retraites, la fin de la hausse prévue de l'énergie, du coût de l'énergie, la fin de la hausse du tarif du gasoil non routier. Tout ça, on l'a obtenu parce qu'on a censuré Michel Barnier. Là, qu'allez-vous demander ? Nos lignes rouges, puisqu'on reprend toujours ce terme, mais enfin, on pourra peut-être en trouver un autre. Ce seront toujours des lignes qui visent à préserver le pouvoir d'achat des Français.

La France qui a travaillé, les retraités, la France qui travaille ou la France qui voudrait travailler ne doit pas être le curseur que fait bouger le gouvernement en matière d'économie. Il y a des économies à faire, on le sait, sur ce qu'on appelle le train de vie de l'État, ou plutôt l'organisation même de l'État. Ça va des agences, aux collectivités. Un autre modèle à imaginer, le coût de l'immigration dont personne ne veut jamais parler, mais alors ça, c'est le tabou suprême. On ne peut jamais demander d'efforts à ceux qui arrivent dans notre pays.

Écoutez, moi je considère qu'à partir du moment où on ose demander des efforts aux Français, on peut aussi se pencher sur des efforts qu'on pourrait demander à des gens qui arrivent dans notre pays. – Un sondage est là pour BFM, nous signale que 62% des électeurs du RN souhaitent une censure du gouvernement à l'issue de ce conclave. 10 points de plus que dans l'ensemble des Français, qui sont 52 à le demander. Mais vous leur dites quoi, vos électeurs ? Vous ne vous écoutent pas ? – Comme je l'ai dit moi-même à François Béroux, votre tour viendra.

Si vous persistez dans la logique qui est la vôtre, et on attend là les orientations, c'est au 15 juillet, les orientations budgétaires du Premier ministre, si cette logique est la même que tous les prédécesseurs, c'est-à-dire aller chercher l'argent dans la poche des Français, sauf sur les sujets que je vous ai cités, alors, eh bien oui, nous censurons, on l'a déjà fait. Vous savez, mais ce n'est pas une fin en soi, la censure. La censure, c'est intéressant quand on peut obtenir des choses pour les Français. Avec Michel Barnier, on a préservé les retraités, on a préservé les agriculteurs. Eh bien là, on cherchera à préserver encore une fois le pouvoir d'achat des Français.

– Les députés du groupe UDR, emmenés par Éric Ciotti, qui sont vos alliés, voulaient profiter d'une journée réservée à leur texte à l'Assemblée nationale pour faire adopter aujourd'hui une proposition de loi interdisant l'exécution immédiate des peines d'inéligibilité. Le 31 mars, on le rappelle, Marine Le Pen a été condamnée à une inéligibilité immédiate de 5 ans, elle a fait appel. Face à l'opposition, Éric Ciotti a fini par retirer son texte.

6:52
Présentateur

– Priver celle qui aujourd'hui est donnée favori dans tous les sondages pour devenir président de la République sur un simple principe de forme, c'est une question démocratique fondamentale, essentielle. Ce sont dans les régimes où la liberté n'est plus en place qu'on élimine les opposants. puisque nous prenons acte de ces dérives et de ces propos antidémocratiques, je retire ce texte.

7:25
Invité

– On ne change pas des règles de loi pendant le procès, a expliqué Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, qui s'est opposé à ce texte. C'est un peu ce que vous voulez faire Éric Ciotti ? – Non, je crois que c'est un texte, le texte que porte Éric Ciotti, il met le doigt sur quelque chose d'extrêmement ténu dans notre justice, c'est-à-dire la présomption d'innocence et les effets de cette présomption d'innocence.

Quand vous avez un juge de première instance qui peut empêcher, sous un prétexte politique, puisque la décision qui concerne Marine Le Pen, elle est très politique, elle est écrite comme telle, c'est-à-dire que ce n'est pas un prétexte juridique, c'est le trouble à l'ordre public démocratique. C'est-à-dire que ça n'existe pas, j'ai encore vérifié avant de venir vous voir, ça n'existe pas dans les codes de nos juridictions. Donc c'est un prétexte politique.

On considère qu'un juge de première instance ne peut pas empêcher, effectivement, un homme ou une femme politique, pour ces raisons-là, de se présenter devant les électeurs, et qu'on doit pouvoir avoir le deuxième degré, c'est-à-dire l'appel, sans avoir la suspension, l'exécution provisoire. – Comme ça existe depuis 30 ans, vous avez entendu que ça tombe sur Marine Le Pen, pour vous en soucier, quoi. – Mais il n'y a pas grand monde qui, en tous les cas, a subi ça. Marine Le Pen, elle est… – Ah bon ? – Oui, bien fait le coût, la petite barrage. – Non, mais justement, ce sont des très bons exemples, ce que vous donnez.

C'est-à-dire qu'il y a des élus qui, en plus, en deuxième juridiction, en appel, ont été remis, non pas dans leurs droits, mais dans leurs fonctions. – Brigitte Barrej, c'est pas le cas d'Hubert Falco. – Ça n'a pas été le cas d'Hubert Falco, mais c'était le cas de Brigitte Barrej, dont l'honneur a été manifestement… – Mère de Montauban. – Mère de Montauban a été atteinte. – Ce qui est intéressant de voir, c'est qu'en fait, il y a une hypocrisie totale là-dessus. Vous avez… Bon, alors, les LR n'étaient pas là, comme d'habitude, ils ne sont jamais là, parce qu'on entend toujours Wauquiez, Retailleau, rouler les mécaniques. Enfin, ils ne viennent jamais rien voter, les LR.

Je sors de l'Assemblée nationale, s'il y avait deux députés LR dans la journée, c'était bien le bout du monde. Et puis vous avez de l'autre côté, la gauche. Alors, c'est toujours pareil, c'est la gauche qui juge, c'est la gauche qui admoneste, si c'est la gauche morale qui donne des leçons, qui explique que Marine Le Pen est une vilaine, qu'elle a volé, etc. Enfin, il y a une présomption d'innocence. Mais elle ne vaut jamais pour les adversaires. Nous, on considère que la présomption d'innocence, c'est pour ça qu'on défend ce texte, elle doit valoir pour tout le monde. Donc, vous voyez, on est vraiment dans un bal des faux-culs.

Et derrière ça, je pense que c'est une atteinte à la présomption d'innocence qui est quand même un des piliers de notre droit. Marine Le Pen, elle semble avoir intégré, elle le dit d'ailleurs, « J'ai intégré l'hypothèse de ne pas pouvoir être candidate à la présidentielle de 2027 », raison pour laquelle elle a demandé à Jordan Bardella de se préparer à cette éventualité. Ça, c'est un discours qui nous semble nouveau chez Marine Le Pen, d'intégrer l'hypothèse qu'elle ne puisse pas être candidate, et qu'il y ait un plan B auquel il faut se préparer. Il faut intégrer toutes les choses dans la vie. Regardez, il y a peut-être un mercato au mois de juin.

– En général, vous devriez intégrer les uns et les autres, que pendant le mercato, on puisse vous sortir, ou vous puissiez vous-même avoir envie d'aller voir ailleurs. – Ça n'a pas d'importance d'une élection présidentielle, vous le reconnaissez quand même. – Jusque-là, Marine Le Pen, elle disait qu'il fallait qu'elle passe sous un camion pour que Jordan Bardella soit candidat. – Nous, ce qui compte, c'est quoi ? C'est que nos idées, elles arrivent au pouvoir. On veut arriver au pouvoir, on veut exercer ce pouvoir et mettre en place une autre politique. Voilà exactement notre souhait. On veut que ce soit avec Marine Le Pen.

Il ne vous a pas échappé que ça ne dépend pas totalement de nous aujourd'hui, puisqu'il y a cette décision de justice qui est pendante. Donc si on veut que nos idées soient portées, et que Marine Le Pen ne peut pas les porter, en responsabilité, comme disent souvent les macronistes avec ce phrasé, eh bien c'est Jordan Bardella qui prendra la relève. Eh bien il faut se préparer dans ces cas-là. Vous savez, on est des gens pragmatiques, on veut que nos idées soient au pouvoir, et finalement Marine Le Pen et Jordan Bardella, ils ne sont pas interchangeables, mais ils ont les mêmes idées.

Jordan Bardella justement qui a pris la parole mardi soir lors d'une réunion baptisée le Sommet des Libertés. C'est un sommet inédit, première édition, qui avait pour but de réunir les intellectuels et des politiques de droite libérale pour parler de sujets de fonds. Et Jordan Bardella, lui, a présenté un peu son programme et a parlé notamment d'économie. L'ambition que nous souhaitons porter, c'est de guérir la France de cette maladie bureaucratique.

Et c'est à ce prix-là, à ce prix de la liberté économique pour nos entreprises, de créer, d'innover, d'investir, d'embaucher, qu'on pourra évidemment demain générer de l'argent, générer des impôts, générer des cotisations qui nous permettront de réduire la voilure. Il n'y a pas de raison que tous les pays autour de nous y arrivent, sauf la 7e puissance économique mondiale. Jordan Bardella qui a donc un discours très libéral, mais il y a 15 jours, Marine Le Pen, elle, dénonçait une Union européenne justement ultra-libérale et marchande. Est-ce qu'ils ont la même vision du programme économique ? Oui, parce qu'en fait, c'est toujours pareil.

Quand Jordan Bardella, il a dit deux choses qui sont intéressantes dans l'extrait que vous venez de donner. Il dit, il faut lutter contre la bureaucratie. C'est ce qu'on entend à tous les étages de la société. Bien sûr, chez les chefs d'entreprise en premier, mais dans les services publics aussi, dans les hôpitaux, dans la police, dans la justice. On dit, on n'en peut plus de la bureaucratie. Je ne sais pas si c'est un discours libéral, mais c'est un discours pragmatique. Et puis, il dit autre chose, générer des impôts. Ça, c'est intéressant.

Parce que ça veut dire prélever, évidemment, une taxe, un impôt sur ceux qui produisent, sur ceux qui s'enrichissent, sur ceux qui créent de la richesse, pour le répartir. Avec ce modèle-là, moi, je suis d'accord. Parce que le problème de notre pays, c'est qu'on prélève beaucoup, beaucoup, puisqu'on paye beaucoup d'impôts dans notre pays. On répartit mal, tous les services publics sont exsangues, et on ouvre des guichets. C'est-à-dire, un coup, c'est un chèque pour payer de l'essence, un coup, c'est une mesure réparatrice ou un morceau de scotch qui est posé. Eh bien, je pense que ça, ça ne fait pas une politique économique. Nous, ce qu'on est en réalité, on est des pragmatiques.

On n'est pas, évidemment, des marxistes. On n'est pas des ultra-libéraux. L'Union européenne, c'est à ce côté ultra-libéral. On le voit dans les politiques qui sont venées. On est, je crois, à la rencontre de ces deux écoles de pensée, c'est-à-dire le pragmatisme. On se dit, si ça, ça marche très bien, il faut prélever, demander de la solidarité à ceux qui réussissent, mais il ne faut pas passer du mauvais côté. C'est-à-dire, le mauvais côté, c'est, ils se sauvent, ils s'en vont, et puis vous ne les avez plus comme contribuables. Donc, il faut trouver. On l'avait fait sur, par exemple, les sur-profits, les super-profits pendant le Covid.

Il y avait des entreprises, en particulier, tous les centres commerciaux, qui avaient fait des profits qui étaient paliés à leur force ou à leur modèle économique. C'est parce que les autres avaient fermé que tout le monde allait chercher de quoi se sustenter dans la grande distribution. On leur dit, on va vous demander un effort. Mais l'effort, il serait ramené dans le temps. Il durerait peut-être sur deux exercices, parce que si on le demande beaucoup plus longtemps, ils vont s'en aller. Donc, il faut être pragmatique, trouver les moyens de faire participer ceux qui réussissent à la solidarité, pour évidemment permettre au système, au secteur public de fonctionner.

Mais il ne s'agit pas d'étouffer. – À propos des idées du RN, je voudrais que vous nous éclairiez sur celle de votre collègue députée Caroline Parmentier. – Je m'y attendais. En général, vous êtes sans surprise, M. Cohen. – Je peux vous poser les questions, si vous préférez. – Mais cette petite question-là, je l'attendais. – Ce n'est pas une petite question.

Parce que quand on écrit pendant 30 ans, dans un quotidien qui s'appelait présent, il a disparu, ouvertement réactionnaire, antisémite, homophobe, qu'on dénonce l'avortement comme un génocide, le préservatif comme une tromperie criminelle, le lobby juif comme un fléau, qu'on déplore que le maréchal Pétain ait été sali et diabolisé, ce n'est pas un petit dossier. Bon, vous avez dit d'abord, dans une première réaction, je vous ai entendu, c'était sur LCP, vous avez dit que c'est des propos très anciens. Ben non, ce n'est pas très ancien, parce qu'elle a quitté présent, elle a rejoint le RN début 2019. Donc, ce n'est pas si ancien.

Et ensuite, vous avez dit, à France Inter, il y a quelques jours, vous avez dit, elle a changé. Et elle a changé, et on doit être fiers du fait qu'elle ait changé. Mais quand a-t-elle changé, et quand a-t-elle abjuré toutes ces idées ? Oui, quand elle nous a rejoints. En réalité, elle a rompu avec une logique, elle a rompu avec une forme de pensée politique qui nous combattait, et que nous combattons. Pas surtout. Pas surtout. Quand elle s'opposait au mariage homosexuel, pardon, c'était la ligne du Rassemblement National.

Attendez, je viens de l'UMP, moi j'ai fait toutes les manifs pour le mariage, des gens qui s'opposaient au mariage pour tous, à l'époque, il y en avait un paquet, et il n'y avait pas que Caroline Parmentier. Donc, vous vous souvenez parfaitement, j'imagine, de ce que Caroline Parmentier avait écrit, bien sûr, dans présent, à votre arrivée au Front National. Mais oui, parce qu'ils nous combattaient. Elle vous avait accusé d'homosexualisme, elle vous a dit, vous êtes un ennemi de nos valeurs. Mince. Et pourtant, je suis arrivé au Rassemblement National, bien avant elle, vous voyez. Donc, Caroline Parmentier, elle a rompu avec ça. Mais vous savez, des propos inacceptables.

Il y a beaucoup de gens qui en tiennent. Regardez, aujourd'hui, Emmanuel Duplessis, député écologiste, a attaqué Éric Ciotti, a attaqué la maman tétraplégique d'Éric Ciotti. Un propos qu'on n'avait jamais vu à l'Assemblée Nationale, c'est-à-dire aller chercher dans la vie privée d'un homme politique, sa mère qui est tétraplégique, après un AVC il y a 22 ans, pour en faire un argument politique. Nous, on ne joue pas à ça. On ne met jamais dans le débat public la vie privée des gens. Donc, des propos ignobles, il y en a beaucoup. Les propos de Caroline Parmentier étaient évidemment inacceptables, mais elle n'était pas avec nous. Elle nous combattait. Elle combattait, Marine Le Pen.

D'ailleurs, présent, on a des dizaines de procès. Je viens d'en gagner un contre Rivarol, espèce de journal pourri d'extrême droite. Il y a quelque temps, j'ai gagné un procès. Encore plus d'anticipité. Voilà. Donc, si vous voulez, on sait très bien qui nous combat. Présent, Rivarol, tous ces journaux-là n'ont jamais accepté la mue qu'a fait Marine Le Pen du Rassemblement National. Donc, on peut blanchir comme ça d'un coup ? Si demain, Alain Sera, le dieudonné, toc à la porte du RN, vous dites, vous avez changé, très bien, on vous accueille. Non, parce qu'il y a aussi un degré de sincérité. Moi, je crois en la sincérité de Caroline Parmentier. Je crois en sa sincérité. Je la côtoie.

Et d'ailleurs, regardez ce qu'elle produit comme travail en tant que députée, parce que c'est ça qui est intéressant. Quel est le travail qu'elle produit en tant que députée ? Il est irréprochable, en réalité. Donc, vous avez des gens qui tiennent des propos inacceptables. Il y en a eu tout au long de notre histoire politique. Et pas que dans les rangs de la droite ou du Rassemblement National. À gauche, il y a des choses inacceptables qui ont été écrites par des hommes et des femmes politiques durant l'histoire de notre pays. Et puis, je crois que c'est notre boulot, finalement, de faire revenir ces gens-là dans le champ républicain.

Si tout le monde pouvait avoir le même boulot, plutôt que, par exemple, la France insoumise qui accepte des propos inadmissibles aujourd'hui d'un certain nombre de ses membres, notamment sur l'antisémitisme, et qui les conserve avec eux. Nous, on considère que notre boulot, c'est de faire revenir les gens dans le champ républicain. C'est ça aussi sur quoi on peut être jugé.

17:49
Sébastien Chenu

Sébastien Chenu, vous avez vu sans doute que la Cour européenne des droits de l'homme a condamné la France pour un contrôle d'identité qualifié de discriminatoire. C'est la première fois que la France est condamnée dans un dossier de profilage racial. La Défenseuse des droits, Claire Hédon, propose la traçabilité des contrôles d'identité pour permettre aux personnes contrôlées d'exercer un recours. Est-ce que ça vous semble être une bonne proposition ?

18:13
Invité

C'est de la suradministration. Enfin, je veux dire, on n'a pas besoin de ça. Elle est dans son rôle. Oui, oui. On peut ne pas être d'accord avec elle, mais elle est dans son rôle de Défenseuse des droits. Je pense que la police de notre pays, elle est républicaine. Je le pense. Est-ce que dedans, il n'y a pas des gens, des moutons noirs ? Ça existe dans tous les boulots. D'où l'intérêt peut-être d'un contrôle pour la traçabilité. Oui, mais ça, c'est de la suradministration. Ça fait porter d'ailleurs une suspicion sur la police qui, sincèrement, n'a pas besoin de ça. Les policiers, ils ont plutôt besoin d'être soutenus, d'être encouragés, d'être mieux rémunérés, d'être mieux considérés.

Quand on voit les images, sincèrement, moi, je suis derrière la police de notre pays parce que j'ai confiance dans cette institution. J'ai confiance dans l'institution de la justice de mon pays. Et parfois, je suis en grave désaccord, comme je l'ai dit tout à l'heure, avec un certain nombre de décisions. Mais j'ai confiance dans nos institutions. Et je pense que tout ce qui vient, finalement, la contrôler, la suspecter, vient derrière la déstabiliser.

Sébastien Chenu : "Les éoliennes seront la ruine de notre économie !" (France 5) — Sébastien Chenu · Pourquijevote