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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 31 décembre 2025 7 minContradictoirePortrait personnel

"Les JO, c'est le Graal" : le skeletoneur Lucas Defayet vise une première participation aux Jeux olympiques

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0:00
Présentateur

Avec nos invités cette semaine à 6h21, on se projette vers le rêve olympique. Et ce rêve, ce matin, c'est le vôtre, Lucas De Fayet. Bonjour. Bonjour. Vous espérez devenir, dans un peu plus d'un mois, dans les Alpes italiennes, le premier Français, depuis 2010, à participer aux Jeux d'hiver en squelettone. Un mot d'abord, Lucas De Fayet, sur cette discipline terriblement spectaculaire. Je pense que certains de nos auditeurs ne la connaissent pas encore. Vous descendez un couloir de glace, un peu comme une piste de bobsleigh, sur une sorte de luge, la tête la première, à 130 ou 140 km heure. C'est ça, j'ai bien résumé ?

0:37
Invité

Oui, c'est ça. En fait, c'est exactement les mêmes pistes que les pistes de bobsleigh. C'est sur une luge avec deux patins en métal. On glisse la tête en avant et ça va jusqu'à 140, 141 km heure. C'est l'un des plus anciens sports de glisse, c'est ça ? C'est ça, ça a été inventé à Saint-Maurice. Ça s'appelait le Christa à l'époque. Oui, en Suisse donc. C'est ça.

1:05
Présentateur

Aujourd'hui, vous êtes numéro un Français. Quand j'ai lu vos portraits, notamment dans le journal Ouest France, il y a quelque chose qui m'a interpellé, c'est que vous venez de Rennes. Je crois que vous habitez encore une bonne partie de l'année à Rennes aujourd'hui. Oui. Comment un breton se retrouve à faire du skeleton ?

1:23
Invité

Du coup, je suis 50% breton, 50% savoyard. Ma mère est originaire de Rennes, moi je suis née à Rennes. Et puis mon père, lui, habite à La Plagne et travaille à la piste olympique de Bobsleigh à La Plagne. Donc c'est comme ça que j'ai commencé le skeleton pendant mes vacances scolaires quand j'allais chez mon père.

1:44
Présentateur

Aujourd'hui, c'est votre activité à temps plein ?

1:47
Invité

Oui, depuis trois ans, je me suis consacré à 100% au skeleton.

1:53
Présentateur

Et comment vous faites dans une discipline qui est quand même assez confidentielle ? J'imagine qu'il n'y a pas des tonnes de sponsors. Comment vous faites pour financer les déplacements, les hôtels, pour participer aux compétitions à travers le monde ?

2:08
Invité

C'est vrai que c'est assez compliqué la partie financement, parce que c'est une discipline qui n'a pas beaucoup de visibilité. La fédération m'aide beaucoup depuis trois ans, également mon club de La Plagne. Et j'ai quelques partenaires privés, du coup ça m'aide à financer une bonne partie de ma saison, mais ça ne suffit pas non plus à tout payer. Donc vous mettez de votre poche aussi ? Oui, c'est ça. Ma famille m'aide, et puis je m'aide de ma poche aussi.

2:37
Présentateur

Et tout est centré aujourd'hui, toute votre vie, vers cet objectif olympique ?

2:43
Invité

C'est ça. Du coup, j'ai loupé la qualification en 2022, pour les Jeux de Pékin. Et je me suis dit à ce moment-là qu'il fallait que j'arrête de travailler, parce que je concours face à des athlètes professionnels qui font ça à l'année. Donc maintenant, je m'entraîne toute l'année. J'ai progressé physiquement, et les résultats suivent également l'hiver. Donc là, j'ai une bonne chance de me qualifier en janvier.

3:14
Présentateur

J'imagine que c'est le Graal pour un athlète comme vous, semi-professionnel, on va dire, qui pratique son sport dans des conditions pas toujours faciles, on l'a dit. Une participation aux Jeux olympiques, ça viendrait couronner toutes ces années d'efforts ?

3:30
Invité

En fait, c'est plus qu'un sport. Pour moi, c'est plus une passion. Je suis vraiment passionné par cette discipline. Et c'est vrai que les Jeux olympiques, pour nous, c'est le Graal. Il n'y a pas plus haut. La Coupe du Monde, c'est bien. Les championnats du Monde, c'est bien aussi. Mais ce n'est pas du tout du niveau des Jeux olympiques. Donc c'est vrai que ce serait une expérience incroyable.

3:53
Présentateur

Quelles qualités physiques et peut-être surtout mentales il faut avoir pour pratiquer le squelettone ?

4:00
Invité

Physiquement, du coup, c'est surtout des qualités de sprinter. Donc il faut être très rapide sur les 35-40 mètres de poussée. Donc sur la première phase de poussée où on saute ensuite sur l'engin. On démarre debout, c'est ça ?

4:15
Présentateur

On sprint en poussant la luge et on saute ensuite.

4:20
Invité

Donc je tiens la luge avec une main, je sprint à côté et ensuite je saute dessus pour ensuite dévaler la piste et prendre les meilleures trajectoires possibles. Et après, mentalement, il y a une grosse préparation de visualisation de la piste, des trajectoires. Et du coup, il faut quand même essayer de rester lucide aussi par rapport au risque qui peut toujours arriver. Donc quand on descend à 140 kmh, la tête en avant sur une piste en glace.

4:53
Présentateur

Ce n'est pas évident, on l'a dit, à la fois de payer votre matériel, vos déplacements, etc. Et puis même en termes d'infrastructures en France, il n'y a pas beaucoup d'installations. Je crois qu'il y a une piste chez vous dans votre club de la Plagne, c'est ça ?

5:08
Invité

Oui, c'est ça. Du coup, c'est la piste des Jeux d'Alberville de 92. Donc on a la chance de pouvoir descendre dessus assez régulièrement l'hiver. Après l'été, on a aussi pas mal d'infrastructures qui nous permettent de nous entraîner sur la commune de la Plagne. Donc là-dessus, on a de la chance.

5:27
Présentateur

Donc hors glace, c'est ça ? C'est des pistes de descente avec des luges à roulettes, en fait, c'est ça ?

5:32
Invité

C'est ça, en fait, on a une piste de poussée, donc c'est juste la phase de poussée. Donc on a des rails et une luge avec des roulettes dessus. Et ça nous permet de nous entraîner, du coup, à la phase de poussée pour l'hiver.

5:48
Présentateur

On vous souhaite en tout cas de tout cœur de pouvoir vous qualifier de participer à ces Jeux Olympiques de Milan-Cortina à partir du 6 février. Il n'y aura pas de décalage horaire en plus pour vous. Donc potentiellement, ce sera l'occasion de vous faire connaître et d'être suivi par des millions de Français, sans doute ?

6:04
Invité

C'est ça. Et puis j'essaierai toujours de donner le meilleur de moi-même. Donc je serai très heureux de faire découvrir la discipline au plus grand nombre. Et puis en espérant que ça donne envie aussi à certains de venir essayer le squeletton de la Plagne.

6:18
Présentateur

Discipline qui vaut vraiment le coup d'œil. Je le dis à ceux qui nous écoutent ce matin sur France Inter. Merci beaucoup, Lucas De Fayet. Merci. Numéro 1 français en squelettonne et qu'on verra sans doute, en tout cas on l'espère, sur les pistes olympiques dans quelques semaines.