INFO BLAST - WEMBANYAMA EN NBA : LA CLAUSE SECRÈTE À 2 MILLIONS D'€
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il n'a que 18 ans et un avenir déjà tout tracé. Lebron James l'appelle l'extraterrestre. Le diamant du basket français, c'est Victor Wembanyama.
Victor Wembanyama, c'est un ovni. Un joueur comme on en voit, même pas qu'une fois comme génération, mais qu'une fois sur plusieurs générations. J'ai découvert que Victor Wembanyama allait devoir payer 1,2 million d'euros pour pouvoir jouer en NBA.
Salut, je m'appelle Xavier Monnier, je suis journaliste indépendant et j'ai mené pour Blast une enquête autour du phénomène Victor Wembanyama. Au cours de mes recherches, j'ai découvert que Victor Wembanyama allait devoir payer 1,2 million d'euros pour pouvoir jouer en NBA. Derrière cette clause un peu particulière, on retrouve la main de ces agents, l'agence Comsport, qui a tissé une immense toile au sein du basket français.
Victor Wembanyama, c'est un ovni. Un joueur, comme on en voit, même pas qu'une fois comme génération, mais qu'une fois sur plusieurs générations. C'est un gamin qui a 19 ans, qui mesure 2m19, 2m43 d'envergure, et qui a une motricité, une rapidité, une adresse au shoot, qui honnêtement, quand on parle avec des agents, des directeurs sportifs d'anciens joueurs, hallucinent de voir le niveau de ce jeune joueur.
Et c'est un niveau qui est tellement hallucinant que la NBA, pour la première fois de son histoire, a payé la Ligue Nationale de Basket pour avoir le droit de retransmettre tous les matchs de Victor Wembanyama dont le surnom, en France comme aux États-Unis, maintenant c'est Wemby. Wembanyama a été sélectionné en tant que numéro 1 de la draft NBA. La draft NBA, c'est une sorte de bourse des jeunes joueurs les plus talentueux où les clubs américains choisissent, selon un système assez complexe de loterie, qui ils vont engager.
Évidemment, celui que tous les clubs américains veulent engager, c'est celui qui est drafté en tant que numéro 1. Dans l'histoire, il y a eu des drafts numéro 1 célèbres. Magic Johnson, Shaquille O'Neal, Tim Duncan, Lebron James.
Pour la première fois de l'histoire, il va y avoir un Français, Victor Wembanyama. Les clubs américains, pour recruter un joueur à l'étranger, ne peuvent pas dépenser plus d'un certain montant qui est défini à l'avance dans la convention collective de la NBA. Ce montant pour l'année 2022-2023, il est autour de 825 000 à 850 000 dollars.
C'est un plafond qu'ils ne peuvent pas dépasser. Donc, on pouvait s'attendre à ce que le club qui va recruter Wembanyama verse seulement 800 et quelques mille dollars au club où évolue actuellement Victor Wembanyama, c'est-à-dire les Metropolitans 92 qui est un club commun à Boulogne-Billancourt et Levallois. Or, dans le contrat de Victor Wembanyama, ce que l'on a appris à Blast, de plusieurs sources différentes, que ce soit des sources internes aux institutions du basket et des sources externes, que ce soit des directeurs sportifs, des agents, des joueurs, c'est que la clause de Victor Wembanyama pour qu'il rejoigne la NBA, elle est de 2 millions d'euros.
C'est à dire que vous avez un écart d'1,2 million d'euros entre sa clause libératoire et ce que va payer le club américain. Et donc qui va payer la différence ? C'est Victor Wembanyama qui va devoir payer 1,2 millions d'euros à son club pour être libéré de son contrat et pour pouvoir aller jouer en NBA.
D'autant que les agents de Wembanyama sont réputés être les meilleurs agents de France et les plus influents. Et c'est là qu'on a une interrogation par rapport à pourquoi est-ce que l'agence Comsport, co-dirigée par Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, qui est de l'avis unanime la première agence sportive pour les basketteurs en France, a négocié une telle clause. L'agence Comsport, en fait c'est une très belle histoire.
C'est deux passionnés de basket, Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, qui sont tous les deux passionnés de basket, qui vont voir plein de matchs, qui jouent au basket aussi, donc qui se font des relations dans le milieu et qui créent une agence, une des premières agences sportives sur le basket en 95. Et petit à petit, ils bâtissent leur réseau, ils bâtissent leurs relations parce que Bouna Ndiaye connaît le basket, Jérémy Medjana aussi, ils ont du bagout. Et donc peu à peu, ils arrivent à se créer tout un relationnel dès 95.
Donc c'est une histoire où ça fait 25 ans qu'ils bâtissent leur relationnel, ils représentent des joueurs, ils ont créé des événements et ils ont eu cette intelligence, notamment Bouna Ndiaye, de travailler son réseau aux Etats-Unis pour arriver à placer des joueurs, des joueurs français aux Etats-Unis dont il est encore l’agent, que ce soit Nicolas Batum, que ce soit Evan Fournier, que ce soit Ian Mahinmi qui est désormais à la retraite. Et donc le fait qu'ils aient toutes ces relations, tous ces joueurs, qu'ils connaissent tous les entraîneurs, peu à peu, ils ont tissé une toile de relations dans le basket français qui était de plus en plus étendue et qui était, on va dire, qui les a placés en tant que numéro un. Mais ce à quoi on assiste depuis quelques années, et c'est ce que ce que j'ai appris au cours de mon enquête, c'est que la position numéro un ça leur suffit pas.
Non seulement ils veulent être numéro un, mais ils veulent être un peu hégémonique, c'est à dire assécher le marché. Et on voit ça parce qu'ils prennent, alors qu'ils ont des énormes stars qui leur prennent beaucoup de temps, ils prennent aussi des joueurs de, sans mépris aucun, mais de deuxième voire troisième zone pour essayer de ne pas rater un truc. Et donc en fait, Comsport fonctionne comme des longs filets dérivants où ils prennent tout le monde, au cas où il y en a un qui émerge de la tête, mais ils gèrent vraiment que les stars et donc les autres joueurs sont un peu délaissés.
Deuxième problème qui là est plus problématique, en fait, Comsport à beaucoup de joueurs. Il y a une particularité dans le basket français, c'est que vous avez un sélectionneur de l'équipe de France, Vincent Collet. Il n'est pas seulement sélectionneur de l'équipe de France, il est aussi entraîneur des Metropolitans de Boulogne-Billancourt, le club où évolue Victor Wembanyama de 2022 à 2023.
Et Vincent Collet, son agent c'est Comsport, le même agent que Victor Wembanyama. C'est pas tout, le fils de Vincent Collet, Florian Collet, il est employé de Comsport. Et là, donc, vous avez déjà un terrain propice aux soupçons, aux doutes, aux conflits d'intérêts potentiels.
À cela s'ajoute que des adjoints de Vincent Collet en équipe de France sont aussi de Comsport, sont aussi représentés ou proches de Comsport. Et des entraîneurs à l'INSEP, au pôle de formation de l'équipe de France, sont aussi étiquetés Comsport. Et donc vous vous dites qu'en fait ils ont tissé une telle toile dans le basket français, Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, qu'en fait tout ce beau monde leur sert de rabatteur pour signer des joueurs.
Sauf que au niveau de l'équité sportive à un moment on peut soupçonner que bon ben ils vont plutôt prendre des joueurs parce que c'est des joueurs Comsport à niveau égal ce qui pose un problème. Officiellement, jusqu'à l'année dernière, les agents n'avaient pas droit de cité au pôle espoir de l'équipe de France puisque les joueurs étaient mineurs et qu'on essayait un peu de les préserver. Étonnamment, tous les joueurs qui sortaient du pôle espoir, chaque fois, l'agent qu'ils prenaient, c'était Comsport parce que les entraîneurs, les formateurs qui étaient proches de Comsport, les orientaient naturellement vers Comsport.
Et ça pose d'autant plus un problème quand on regarde ce qui se passe dans le contrat de Victor Wembanyama, parce que, allez, dans l'absolu, c'est les meilleurs agents, donc les meilleurs jeunes vont vers eux, etc. Très bien. Mais si c'était les meilleurs agents, pourquoi ils font une clause aussi ubuesque et aussi baroque dans le contrat du meilleur joueur des 20 prochaines années, Comsport, Bouna Ndiaye, Jérémy Medjana.
Normalement, dans un monde cohérent, il n'accepte jamais que Victor Wembanyama signe un contrat avec les Metropolitans avec une clause de buy-out à plus de 2 millions d'euros. Ça n'existe jamais. Moi, j'en ai parlé avec d'autres agents, ils m'ont dit "moi je fais signer une clause comme ça à un de mes joueurs, je me vire moi-même.
C'est impossible. Là, vous jouez contre les intérêts de votre joueur. Et donc, c'est la question qu'on pose, et qu’on a posé naturellement à Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana.
Pardon d'insister, mais apparemment, selon mes informations, cette buy-out, elle est de près de 2 millions d'euros. Oui, comme je vous dis, je ne veux pas vous raconter des choses dont je ne suis pas...
Légalement, dans mon rôle, je ne peux pas diffuser les montants. Je suis désolé. Alors, écoutez, j'entends bien ce que vous dites, mais moi, en fait, je cherche des explications.
Pourquoi est-ce que cette buy-out est aussi élevée alors que les buy-out que payent les franchises NBA sont plafonnées et que selon mes informations c'est au-delà du plafond ? Comme je l'ai dit je ne peux pas commenter et je ne souhaite pas faire d'interview, je suis désolé monsieur. Je ne peux pas continuer l'appel, je suis désolé.
Il y a un vieux rêve de Comsport et notamment de Bouna Ndiaye depuis des années qui m'a été confirmé et qui a été confirmé très officiellement parce qu'il a donné des interviews là-dessus, il y a eu des articles. Bouna Ndiaye, il aimerait racheter une équipe ou participer au rachat d'une équipe. Il a essayé de racheter le Paris-Levallois en 2016 avec Nicolas Batum, ça a échoué.
Est-ce que cette clause est un premier pas pour racheter le club de Boulogne-Billancourt ? C'est une possibilité, une possibilité qui pose un problème parce que normalement un agent n'a pas le droit d'être propriétaire d'un club en France. On a une rupture d'équité sportive, d'autant que si cet agent a des entraîneurs ou des joueurs d'autres équipes sous contrat, on peut commencer à penser que les matchs ne vont pas être super clairs quand même.
L'une des autres possibilités, c'est on va dire une possibilité plus économique et financière, c'est pour Comsport de s'assurer un bas de laine. Les Metropolitains vont récupérer autour de 2 millions d'euros sur le transfert de Victor Wembanyama et il y a une zone grise dans le paiement des agents, c'est les commissions sur transfert qui peuvent être de l'ordre de 10% normalement, des fois ça peut monter jusqu'à 20%, mais la législation n'est pas claire là-dessus. La Fédération française de basket à l'instant T ne nous a pas répondu sur quelles étaient les règles qui encadraient les commissions sur les transferts.
Donc on peut penser qu'ils ont mis une une clause assez haute pour pouvoir toucher une partie de la commission et donc faire rentrer de l'argent frais chez Comsport. Victor Wembanyama, c'est un phénomène. Donc, qu'est-ce qui va se passer quand il va arriver aux États-Unis ?
Tous les agents américains vont essayer de l'avoir. Tous. Donc, que ce soient les agents de Lebron James, les anciens agents d’Iverson, les anciens agents de Kobe Bryant.
Donc, en fait, ils perdraient la poule aux œufs d'or. Le fait de mettre une clause si haut pour son transfert vers la NBA pour essayer de sécuriser une somme, c'est peut-être pas tout à fait idiot, mais c'est une des possibilités. On émet des hypothèses par rapport à cette clause libératoire qui est tout à fait exceptionnelle et incohérente dans le monde du basket.
Donc naturellement, j’ai contacté Comsport, Sans réponse. J'ai contacté la Fédération française de basket parce que c'est quand même leur joyau, Wembanyama, et pour discuter des réseaux Comsport en son sein et dans ses pôles de formation. Sans réponse.
Et j'ai contacté évidemment les Metropolitans de Boulogne-Billancourt, le club de Wembanyama qui va toucher cet argent. et la mairie de Boulogne-Billancourt qui possède à 100% le club. Et pour l'instant tout le monde a perdu sa langue.
Anthony Boulogne