VIDEO - Elie Barnavi, co-président du Livre sur la Place : "C'est un symbole très fort"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:34OuverteRéponse partielle
Quelle est l'atmosphère sur place alors que votre pays est en guerre ?
- 2:16OuverteRéponse directe
Était-ce compliqué à monter ce plateau avec Elie Barnavi et Elias Sambar ?
- 3:27OuverteRéponse directe
Vous défendez la création d'un État palestinien. Quand vous avez signé cette lettre en 2014, imaginiez-vous qu'il serait plus difficile de défendre cette position aujourd'hui ?
- 4:36FerméeRéponse directe
Pour vous, le gouvernement actuel est un gouvernement d'extrême droite ?
- 5:29OuverteRéponse directe
Quand vous êtes à Tel Aviv et que vous revendiquez cet État palestinien, on vous répond quoi ?
- 6:22OuverteRéponse directe
Comment ressentez-vous l'absence de nuance dans ce conflit ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:46Invité politiqueFait
« la date maintenant est obsédante. Le 7 octobre, évidemment. C'est le 27 octobre. »
- 4:02Invité politiqueFait
« cette lettre à laquelle vous faites allusion, ça s'appelait « L'appel à la raison ». »
- 4:36PrésentateurFait
« Pour vous, le gouvernement actuel, le gouvernement d'Italiennu, est un gouvernement d'extrême droite ? »
- 4:53Invité politiqueFait
« Vous avez suivi sans doute la tentative de coup d'État judiciaire de ce gouvernement. »
- 11:39PrésentateurChiffre
« La baisse des ventes de livres au premier semestre en France est de 6%. »
- 11:44PrésentateurFait
« s'il y a bien une chose qui disparaît en premier dans un régime fasciste tel qu'il soit, c'est la culture et c'est les livres qu'on brûle en premier. »
Temps de parole
- Invité politique50 %
- Présentateur22 %
- Présentateur 216 %
- ?9 %
- Présentateur 33 %
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Le
réveil 100% local,
ici
matin. Bientôt, 8h moins le quart, ce n'est pas un, mais deux invités que nous recevons ce matin à l'occasion de l'ouverture du livre sur la place, le grand salon littéraire de la rentrée à Nancy, Sarah Polachi, commissaire générale du livre sur la place, et Elie Barnavi, écrivain, historien et ancien diplomate israélien qui co-préside cette 48e édition, aux côtés de l'écrivain palestinien Elias Samba, il répond aux questions de Mathieu Barbier. Bonjour à tous les deux. Bonjour. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation aussitôt ce matin. Première question, elle est simple, M.
Barnavi, vous venez de Tel Aviv, vous étiez encore en Israël hier, quelle est l'atmosphère sur place alors que votre pays est en guerre
?
Vous savez, c'est très difficile de juger parce que ça dépend de quel côté de la barrique a donné. Mais dans l'ensemble, disons
que
l'atmosphère est plutôt sombre.
C
'est un pays en guerre depuis trois ans.
Et
on n'en voit pas la fin.
Et
si vous voulez, ça pèse sur les nerfs des gens, ça se sent.
Et
en même temps, Israël, surtout Tel Aviv, c'est un endroit très bizarre
parce
que les gens vivent comme si dans deux univers parallèles, comme si ça ne les concernait pas.
C
'est-à
-dire,
d'un côté, vous avez
des
cafés, les bars, les plages sont pleines.
Et
en même temps, ils vous disent, mais qu'est-ce qui va se passer demain ? C'est assez étrange.
On
vit dans un entre-deux. Et
pour
répondre plus clairement à votre question,
pour
moi personnellement et
pour
beaucoup de monde,
la
date maintenant est obsédante.
Le
7 octobre,
évidemment. C'est
le 27 octobre. Et on a vraiment l'impression
que
jamais le sort d'un
peuple
n'a autant dépendu d'une échéance électorale.
Oui. Parce que nous sommes aussi à trois ans, jour pour jour, bientôt, de
ce
qui s'est passé, on le sait, c'est épouvantable. Thurie Sarah Polacci, réunir, par les temps qui courent, si j'ose dire, dans un contexte international aussi fracassé, Elie Barnavi, écrivain israélien, Elias Sambar, écrivain palestinien, était-ce compliqué à monter ce plateau, comme on dit dans le métier ? Pas du tout. Pas du tout. Après, j'ai eu la chance de les rencontrer en mai dernier, dans le cadre d'un festival, de les entendre, de les interroger tous les deux. Et quand on a eu fini la rencontre, j'ai eu le sentiment qu'il fallait que je continue à dialoguer. Vous l'entendez ?
Quand on est avec Elie Barnavi, Elias Sambar, on a juste envie de continuer à les entendre et surtout de faire entendre ce qu'ils ont à dire à tout le monde. On leur a simplement envoyé une lettre d'invitation et tous les deux ont dit oui. Et moi, je suis juste extrêmement fière qu'ils soient ici à Nancy et qu'on puisse effectivement être à leur côté sur ce discours, un discours de paix. Parce que Elie Barnavi, tout comme Elias Sambar, je crois, ont grandi depuis vraiment tout jeune, entourés des guerres. Ils savent ce que la guerre fait aux hommes, puisque les parents d'Elie Barnavi ont été eux-mêmes touchés par ça. et ils n'ont fait qu'essayer de défendre la paix.
Et voilà, c'est vraiment une grande, grande chance de les avoir ici.
Vous
défendez la paix, vous défendez aussi, c'est important de le préciser dès maintenant, la création d'un État palestinien. Parce qu'en novembre 2014, vous aviez signé une lettre avec 660 autres intellectuels israéliens, une lettre pour demander la création immédiate d'un État d'Israël. Je précise que si votre français est parfait et meilleur que le mien, c'est que vous avez été ambassadeur de France entre 2000 et 2002. La question,
c
'est, quand vous avez signé cette lettre en 2014, vous imaginez-vous, 13 ans plus tard, qu'il serait encore plus difficile de défendre cette position chez vous, dans votre pays ?
En
fait, cette lettre à laquelle vous faites allusion, ça s'appelait « L'appel à la raison ». C'est une initiative, c'est moi qui n'ai plus une initiative, c'est surtout d
'un
colloque,
et
j'en avais assez d'écologues, vous savez, où on
parle de paix. Nous, si on France, on
connaît.
Voilà, et on se dit, voilà, il faut faire autre chose. Et donc, j'ai lancé cette initiative. Alors, ce que je pouvais imaginer, c'est que ça prendrait des annexes, ça serait compliqué. Ce que je ne pouvais pas imaginer, c'est le tournant qu'allait prendre la société et la politique israélienne. Ça, c'était
impossible
à prévoir. Ou du moins, je n'ai pas été capable de le prévoir.
Pour vous, le gouvernement actuel, le gouvernement d'Italiennu, est un gouvernement d'extrême droite, vous utilisez rien ce terme
? C
'est un gouvernement fasciste, pas un gouvernement d
'extrême
droite. Enfin, on n'est pas Mélanie,
c
'est même pas Le Pen. On est dans une autre dimension, vous savez. On nous menaçait.
Vous
avez suivi sans doute
la
tentative de coup d'État judiciaire de ce gouvernement.
Bien sûr. Donc, on nous menaçait
de devenir la Hongrie, mais ce n
'est pas la
Hongrie. La Hongrie, c
'est
la Hongrie plus la fondamentale religieuse, plus l'occupation.
On
est vraiment dans une autre dimension. Et ça, je ne pouvais pas imaginer. Je ne pouvais pas imaginer que
l
'on descende aussi bas,
que
la société politique israélienne devienne ce qu'elle est
devenue.
Et évidemment, pour moi
et mes
amis, c'est un crève-cœur absolu.
Mais quand vous êtes à Tel Aviv et que vous continuez à revendiquer
cet
État palestinien, on vous répond quoi
?
Dans les
gens
qui m'entourent, mes amis, nous sommes tous d'accord. Ça aussi, c'est l
'une
des caractéristiques de l'époque. On vit dans
des
sociétés fermées, si vous voulez. Je n'ai pas un seul ami
de
droite ou religieux, pas un seul.
Ce
qui est extraordinaire.
C
'est-à-dire que je vis parmi des gens qui pensent comme moi. Et quand une société est atomisée de cette manière, c'est extraordinairement dangereux. Ça peut conduire à la violence. Et ce que je crains le plus, c'est que ces élections nous conduisent, entre autres, à la violence. La violence, quand je parle de violence, c
'est
la violence physique.
C'est très intéressant ce que vous dites, parce que l'absence de nuance, on l'a aussi en France. On a l'impression que dans ce conflit, plus que dans n'importe quel autre, on est soit dans un camp, soit dans l'autre. Et on n'entend quasiment pas de propos nuancés. Et quand on est nuancé, on se fait attaquer d'un camp en disant on est pour l'autre. Comment vous le ressentez, vous
? Vous
savez, j'ai une tellement vieille habitude que je n'y fais même pas attention. Je dis ce que j'ai à dire. Et Dieu reconnaîtra les siens. Franchement,
ce
n'est pas une question qui m'inquiète. Je pense qu'il est important de dire des choses. Ici comme là-bas. Là-bas,
il y
a pas mal de gens qui disent ce que je dis. Beaucoup d'amis. Mais je tiens beaucoup en France, en Europe, à Bruxelles. Je tiens à dire un certain nombre de choses parce que, justement, le sens des nuances, le constat simplement qu'on n'est pas tous fait pareil, qu'on a besoin d'amis,
qu
'on a besoin... Tout ça, ça n'existe pas. On est confondus dans un même magma.
Vous
êtes israélien, donc vous êtes fasciste. Et donc, j
'ai
eu des expériences extrêmement désagréables.
Et
donc, pour moi, venir dans un endroit comme celui-ci, dans
un
lieu civilisé, un festival du livre, participer à un débat comme ce matin, c'est extraordinairement important.
Elie
Barnavi, écrivain historien, ancien diplomate israélien, invité d'ici l'orraine ce matin, avec Sarah Polatchi, commissaire générale du livre sur la place, qui se trouve dans quelques heures et pour trois jours, place de la carrière. Vous publiez le dictionnaire amoureux d'Israël. Et de son côté, Elias Sambar publie, lui, le dictionnaire amoureux de la Palestine. Vos maisons d'édition ont décidé de le publier ensemble. C'est un magnifique symbole.
Oui,
c'est formidable. Et je vais vous dire un peu plus, je vais vous faire un aveu. Allez-y. C'est aussi pour moi, bon, pour moi, c'est un geste d'amitié, parce que je connais
Elias,
on se connaît depuis 40 ans. Et on a vraiment un lien d'amitié très fort. Vous n
'êtes
pas d'accord sur tout,
mais vous discutez de tout. On est loin d'être d'accord sur tout. Mais on est d'accord sur l'essentiel. C'est-à-dire, l'essentiel pour moi, c'est quelque chose que j'ai entendu il
y
a longtemps déjà, une définition comme ça.
Il
disait, il y a deux sortes d'êtres humains.
Il
y
a
ce qui voit derrière
l
'ennemi l'homme, et ce qui voit derrière l'homme l'ennemi.
Et
nous voyons tous deux derrière l'ennemi l'homme. Et l'expression de ça, c'est que la première fois qu'on s'est vus déjà,
où
nous sommes aperçus tous les deux qu'on pouvait parler ensemble d'autre chose que du conflit. Ça,
c
'est capital.
On
peut parler des livres, on peut parler d
'art,
de cinéma, de tout ce que vous voulez. De sport, s
'ils
s'intéressaient au sport, je crois que ce n'est pas le cas d'Elias.
Et
donc,
c
'est un lien d'amitié
où
nous nous battons
de
positions qui sont différentes, parce que nos situations existentielles sont différentes, mais où nous faisons couple, parce que nous savons que nous nous sauverons ensemble, nous nous perdons ensemble.
Et
donc,
c
'était important pour... Alors, vous parliez de symboles, excusez-moi, je suis en train d'aller un peu partout, mais vous parliez de symboles, c'est un symbole très fort, parce que
ce
sont deux regards sur un même lieu.
Ce
sont deux regards culturels, politiques, sur un même lieu. Et en même temps, quand on lit les deux, vous apercevez que là encore, il y a des correspondances, il y a des liens possibles. Et donc, l'éditeur a une excellente idée de nous publier ensemble. À cause de tout ça, je comprends très bien qu'il est fait, mais en plus, pour moi, l'aveu que je voulais vous faire, c'est politiquement important, c'est un paratonner.
Publier
aujourd'hui un dictionnaire amoureux d'Israël,
c
'est casse-gueule.
Mais
quand vous le publiez en même temps qu'Elias, le dictionnaire amoureux de la Palestine,
ça
passe mieux. Donc, dans ce couple improbable, je crois que je profite de ce couple plus que lui.
En
quoi Sarah Polatchi, utiliser les mots et mots TS, permettent d'en savoir un peu plus sur les mots M-A-U-X
?
Depuis toujours, les écrivains ont dit les choses, ont pu mettre des mots sur parfois ce que nous n'arrivent pas à dire. Je crois qu'ils sont aussi. Et puis, ils sont ceux qui observent le monde et qui disent beaucoup. Et cette année, on a des écrivains de partout, du monde entier. On a aussi des Ukrainiens qui seront là, entre autres. Et je crois qu'ils ont beaucoup à nous... La littérature sert à tout, en fait. Elle sert à nous faire du bien. Elle sert aussi à nous remuer, à nous contredire. Et je crois qu'elle est plus que tout importante. Elle est aussi en difficulté. Il faut aussi le dire. Nous,
on
est heureux pour ce festival. Mais aujourd'hui, le monde ne va pas bien. Et le monde de la littérature non plus. Et on est là pour la défendre parce qu'elle est essentielle dans nos vies. La baisse des ventes de livres au premier semestre en France est de 6%.
Et
s'il y a bien une chose qui disparaît en premier dans un régime fasciste tel qu'il soit, c'est la culture et c'est les livres qu'on brûle en premier. Il faut quand même le rappeler. Merci beaucoup d'avoir été nos invités ce matin. Sarah Polatchi, commissaire générale du Livre sur la place. Et Libar Navi, écrivain historien et ancien diplomate israélien qui co-préside cette 48e édition qui restera dans l'histoire. Rien que pour ça, puisque vous êtes au côté de
l
'écrivain palestinien Elias Sambar. L'inauguration, c'est à quelle heure, place de la carrière ? Midi 15. Midi 15. C'est très précis. Bon festival à tous.
Merci beaucoup.