Contre-matinale #27 | La quotidienne du 3 novembre
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %Attaque 75 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 39:19OuverteRéponse directe
Comment es-tu tombé sur cette famille Gallicane ? Qui sont-ils ?
- 43:49OuverteRéponse directe
Où est-ce qu'ils recrutent, où se trouvent-ils et comment agissent-ils ?
- 46:01OuverteRéponse directe
Ils préparent à la fois les élections et la guerre ?
- 50:59OuverteRéponse directe
Tu nous expliques que ces extrémistes pro-Zemmour s'arment de manière légale avec la poudre noire ?
- 52:50OuverteRéponse directe
Mais est-ce qu'ils savent ce qu'ils font, ces industriels qui remettent au goût du jour ces armes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:37Locuteur non identifiéChiffre
« EDF, Engie et Total représentent 40% des cotisations du syndicat des énergies renouvelables. »
- 9:11Locuteur non identifiéFait
« Emmanuel Macron a augmenté le plafond d'émissions de CO2. »
- 32:17Locuteur non identifiéChiffre
« Il y a 1,5 million de jeunes dans ce pays qui ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation. »
- 33:11Locuteur non identifiéChiffre
« L'augmentation budgétaire réelle promise par le gouvernement n'est pas de 2,5 milliards mais de 550 millions. »
- 33:11Locuteur non identifiéChiffre
« n'est pas de 2,5 milliards, mais de 550 millions, un quart moins. »
- 33:27Locuteur non identifiéChiffre
« ce serait une superbe allocation de 500 euros en échange de 15 à 20 heures de formation ou d'accompagnement ou d'activité, c'est-à-dire environ 5 euros de l'heure. »
- 34:06Locuteur non identifiéChiffre
« le budget leur retire 400 millions d'euros de financement. »
- 40:01Locuteur non identifiéFait
« Ils sont armés principalement grâce à des armes obtenues en toute légalité. »
- 40:59Locuteur non identifiéFait
« J'avais traité de meuf de putainègre. Du coup, je me suis pris un mois de ban, normal. »
- 41:19Locuteur non identifiéFait
« je traite les bouignoules de celles bouignoules de merde. Du coup, je me reprends un mois et là, il m'y reste encore 7 jours à tirer. »
- 47:00Locuteur non identifiéFait
« les différents projets d'attentats qui ont été démantelés parce qu'il y a eu des projets d'attentats d'extrême droite en France. »
- 51:15Locuteur non identifiéFait
« Ils se sont trouvés un petit vitre juridique un trou dans la raquette de la législation prohibant les armes en France. »
- 51:41Locuteur non identifiéFait
« C'est un pistolet qui peut tuer qui a tué qui a tué dans l'histoire des centaines de milliers de personnes. »
- 51:55Locuteur non identifiéFait
« Ce pistolet là ce type d'arme il est autorisé en France parce qu'il y a des collectionneurs des férus d'histoire qui aiment ce genre d'arme. »
- 53:22Locuteur non identifiéFait
« Ils le savent parce que quand on vend ce type d'armes qui ne nécessite pas de permis de port d'armes en France pour avoir une arme il faut un permis de port noir c'est un peu contraignant. »
- 53:51Locuteur non identifiéFait
« il n'y a pas de fichier des propriétaires de ces armes ça veut dire que quelqu'un qui aurait été condamné et interdit de port d'armes il peut s'acheter cette arme-là demain. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié31 %
- Locuteur non identifié 230 %
- Présentateur29 %
- Locuteur non identifié 36 %
≈ 2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Salut à toutes et à tous et bienvenue sur le plateau du Média TV. Nous sommes le mercredi 3 novembre 2021 et le mercredi, c'est mon jour de repos. Mais aujourd'hui, je suis avec vous parce que je remplace au pied levé ma collègue Nadia qui est malade. On lui envoie tous nos ondes positives, bien entendu. Et de mon côté, j'ai un prétexte pour ne pas être tout à fait à la hauteur. Ce n'était pas prévu, je n'étais pas prêt. Merci à vous qui nous regardez en direct d'être là. Merci à vous aussi qui nous regardez en différé. Merci à vous, nos sociaux, abonnés et donateurs.
Et pour les autres qui veulent rejoindre la grande horde de nos soutiens, allez justement sur lemédiatv.fr et faites un geste si vous pouvez. La contre-matinale du Média, épisode 27, c'est parti. Aujourd'hui, c'est mercredi et les mercredis, c'est rendez-vous avec David Guiraud pour sa chronique hebdomadaire. David qui est avec moi sur le plateau. Bonjour David. Bonjour, ça va ? Alors, une petite idée de ce dont je vais parler aujourd'hui.
On va parler de jeunesse. Il y a eu quelques annonces toutes fraîches hier. Donc, on va décrypter ça et puis on va regarder ça.
Nos annonces bien fraîches. Dans quelques minutes, soyez au rendez-vous, partagez le lien pour permettre à plus de personnes d'être là en direct ou bien de regarder après. Soyez nos ambassadeurs sur les réseaux sociaux. C'est important. Juste avant la chronique de David, ce sera la minute citoyenne. Notre socio Serena sera avec moi au téléphone et rebondira sur notre dernier entretien avec le député Éric Coquerel autour de son livre « Lâchez-nous la dette ». Elle évoquera notamment les mécanismes via lesquels la dette s'auto-alimente.
Je m'entretiendrai en deuxième partie de matinée avec Mathieu Mollard, notre camarade Mathieu Mollard, rédacteur en chef du média indépendant Street Press, qui nous racontera une enquête glaçante qu'il a réalisée sur les soutiens armés et allumés d'Éric Zemmour. Il nous parlera aussi de la nouvelle newsletter de Street Press spécialisée sur la couverture de l'extrême droite et baptisée très clairement FAF. Mais avant tout ça, c'est l'heure de la titrologie. Après l'ouverture en grande pompe dimanche dernier de la COP26, elle continue de se dérouler à Glasgow et ce jusqu'au vendredi prochain.
Le monde titre d'ailleurs sur ce sommet COP26, après le constat d'urgence, l'appel à agir écrit à sa une le quotidien du soir, qui constate que peu de pays ont formulé de nouveaux engagements clairs à ce stade. Alors même que selon l'organisation météorologique mondiale, les sept dernières années devraient être les plus chaudes, jamais relevés. Pourquoi les choses sont-elles aussi compliquées ? Le climat sous emprise des lobbies, c'est le titre d'une enquête à plusieurs articles de Disclose, l'ONG du journalisme d'investigation. Des articles passionnants que je vous invite à lire, ils sont d'accès libre.
Il y a cet article qui explique comment Total, Engie et EDF, entreprises qui ont des intérêts dans les hydrocarbures et le nucléaire, noyautent le lobby des énergies renouvelables dont elles sont membres en raison de la diversification de leurs activités. Ce noyautage procède d'abord en se servant de l'arme financière. Selon l'enquête de Disclose, EDF, Engie et Total représentent 40% des cotisations du syndicat des énergies renouvelables. 40% des cotisations, 26% des voix EDF, Total et Engie ont, selon Disclose, une autre technique de noyautage. Ces groupes font adhérer leurs nombreuses filiales au SER, le syndicat des énergies renouvelables, ce qui accroît leur influence.
C'est très intéressant, il y a d'autres articles que je vous invite vraiment à lire. Disclose, c'est une initiative qui permet de faire vivre le journalisme d'investigation en dehors des gros médias qui, comme vous le savez, sont devenus quasiment allergiques à l'enquête. Et donc voilà, Disclose, ce sont des camarades à soutenir, si vous le pouvez. Il faut vraiment prendre l'habitude, justement, d'avoir un budget média indépendant si on veut sauver quelque chose de notre presse. Les unes du quotidien d'inspiration communiste, l'humanité et du quotidien économique cher à Bernard Arnault, les échos, entrent en résonance de manière assez particulière.
Les étudiants, enfin, s'écrit l'humain, qui explique que depuis le début de la pandémie, un étudiant sur deux saute des repas. Beaucoup retournent à l'aide alimentaire. L'heure est pourtant à la fête aux échos. Le CAC 40 bat le record de la bulle Internet. Peut-on lire à la une la bulle Internet ? C'était donc autour des années 2000. Le CAC 40, nous explique que les échos, a dépassé ce mardi son record historique de clôture datant de septembre 2000. Tiré par la performance boursière des champions mondiaux du luxe, le retour en force des banques et de l'industrie, il fait la course en tête des grands indices mondiaux cette année. La Bourse de Paris a grimpé de près de 25% en 2021.
Et pourtant, les étudiants, ils craignent. La double une de Libération attire aussi les regards. Libé publie un portrait de Sarah Knafou, présenté comme l'architecte de la candidature de Zemmour. Et Sarah Knafou est catégorique. Il n'y a plus de marche arrière possible. Mais nous dit encore Libé, en se fondant sur une expérience prometteuse qui a lieu à Toulouse, où un millier d'enfants du quartier pauvre du Mirail ont été répartis dans les collèges favorisés pour suivre leurs cours, une expérimentation sociale de proximité à l'ère de marché. Libé constate que malgré les réticences, les résultats sont là.
Mélanger les enfants de différentes classes sociales au-delà de la carte scolaire et donc de la ségrégation qu'elle peut induire, ça fonctionnerait à Toulouse. Il faut lire Libé pour en savoir plus. Dernière une, celle de l'opinion qui la consacre au nouveau favori du Congrès des Républicains devant Xavier Bertrand et Valérie Pécresse. Il s'agit du député européen, pardon, du commissaire européen Michel Barnier. Mais voilà, c'est presque fini pour la titrologie pour aujourd'hui, mais on voudrait aussi parler de la une des jours qui évoquent l'affaire Sarkozy, Nicolas Sarkozy, qui a été contraint à s'exprimer devant le tribunal sur la fameuse affaire des sondages de l'Élysée.
Il n'était pas obligé, puisqu'en gros, il s'est réfugié derrière l'immunité présidentielle, mais il a été cité par l'association Anticor à comparaitre comme témoin. Il a refusé par courrier avant d'y être contraint par le tribunal qui a délivré un mandat d'amener le visant. Il s'est donc pointé à l'audience, mais a refusé de s'exprimer en se servant d'arguments grandiloquents. Et les jours le citent. « Je n'ai pas à rendre compte, dit Nicolas Sarkozy, de la constitution de mon cabinet ou de ma façon de gouverner devant un tribunal, mais devant les Français, d'ailleurs, par le passé, j'ai été élu, j'ai été battu. » A-t-il affirmé ? Il a continué.
« Si je répondais à vos questions, la séparation des pouvoirs n'existerait plus. » Eh bien, voyons.
C'est bien trouvé, hein ? Non, franchement, c'est pas mal. Il y a un certain talent pour faire croire que les politiques doivent répondre uniquement aux élections, surtout quand on ne se présente plus. C'est quand même assez confortable, quoi. Après, sur les unes d'aujourd'hui, qu'est-ce que je retiens ? Il y en a plusieurs. Il y a la COP26. Quand même, on a Emmanuel Macron qui est arrivé, mais alors la bouche pleine d'éléments de langage, pleine de leçons à donner aux gens, mais il est arrivé à les poches complètement vides. Et il faut savoir quand même que c'est un multi-condamné qui s'exprime à la barre.
Parce que là, j'ai regardé rapidement tout à l'heure un peu les différentes condamnations de l'État français pour une action climatique, et ça commence à s'accumuler. Les épaules commencent à devenir lourdes. J'ai, par exemple, 3 février, l'État français condamné pour une action climatique par le tribunal administratif de Paris. 1er juillet, le Conseil d'État qui donne neuf mois à la France pour améliorer sa politique en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Et 4 août, le Conseil d'État encore qui donne 10 millions, enfin une carence de 10 millions d'euros à l'État français pour ses insuffisances en matière de lutte contre la pollution de l'air.
Donc ça, aujourd'hui, on en est là. Et on a, face à ça, un président de la République qui arrive et qui fait quoi ? Comme d'habitude, quand ça va mal, qui fraude. C'est-à-dire qu'en 2019, la France respecte, on nous dit, ses obligations en matière d'émissions de gaz à effet de serre, en matière d'émissions de CO2. Mais si elle la respecte, c'est parce qu'en fait, Emmanuel Macron a augmenté le plafond d'émissions de CO2. Donc forcément, c'est plus facile de respecter un plafond quand tu l'augmentes toi-même. Et par ailleurs, en ce moment, il y a quelque chose qui est en train de se jouer, qui a été révélé par Mediapart récemment. C'est cette histoire de taxonomie européenne.
C'est-à-dire qu'en fait, la taxonomie, c'est un peu compliqué, mais c'est quelque chose qui est en gros une classification des activités qui permet d'orienter un peu les flux financiers, notamment les flux bancaires, etc., au niveau européen. Et en fait, Emmanuel Macron est en train d'essayer de faire rentrer dans cette taxonomie-là, je crois que c'est le gaz et le nucléaire, pour en gros aider à orienter les investissements vers le gaz et le nucléaire. Et dans ce processus-là, il est dans ce qu'on appelle une alliance sale, parce qu'il est allié avec la Pologne, avec la Hongrie de Victor Orban, enfin vraiment toutes les pires, quoi, les pires en Europe.
– Qui essayent de faire valoir leurs intérêts charbonnés, si on peut dire. – Voilà, exactement. Et donc, on en est là aujourd'hui sur la COP. Ça, c'est ce que je retiens sur la COP. Après, bon, l'humanité, les étudiants, enfin, on va en parler dans quelques instants. Mais il y a aussi cette question de mixité sociale. Moi, je suis toujours partagé sur la mixité sociale, parce qu'on a souvent l'impression, alors je le dis tout de suite, j'en veux pas à Libération de faire ce papier, je trouve ça plutôt utile d'en parler.
Mais c'est vrai que dans la question de la mixité sociale, on arrive souvent à en conclure qu'en gros, les pauvres auraient besoin d'être un peu mêlés aux riches pour que ça se passe mieux. Et moi, je pars du principe que la première des priorités, c'est que les pauvres soient moins pauvres, quoi. En fait, c'est pas tant le fait de les envoyer dans des quartiers riches qui améliorent la chose, c'est de les emmener dans des endroits où les infrastructures, elles sont mieux développées, où en vérité, l'école fonctionne un peu mieux, où il y a moins d'enfants par classe.
Et ce qu'on aimerait, c'est au lieu de se dire forcément, même si ça peut être bien, un peu de mixité, mais c'est d'abord d'améliorer concrètement les conditions de vie des gens dans les quartiers défavorisés. C'est ça, pour moi, le but, plutôt que de se dire que les pauvres ont besoin des riches pour être civilisés, parce que parfois, il y a un peu cette musique, cette tonalité qui revient. Alors, encore une fois, c'est pas une critique à Libé, c'est juste souvent l'interprétation qui en est faite après.
Parce qu'effectivement, quand on met des gamins, par exemple, de quartier dans des écoles où ça va mieux, bah oui, ils ont plus de suivis, ils ont plus d'encadrement, ils ont une meilleure prise en charge, etc. Et forcément, ça se passe mieux. Mais voilà, attention, à ne pas se tromper sur la mixité sociale. La vérité, c'est qu'il y a un manque de moyens dans les quartiers pauvres. Et que c'est avant de se dire qu'il faut amener des riches dans les quartiers pauvres, c'est juste aider concrètement à résoudre leur situation.
Et aussi la question des enseignants, c'est-à-dire qu'on retrouve tendanciellement de meilleurs enseignants dans les quartiers les plus favorisés que dans les quartiers les moins favorisés.
De meilleurs enseignants, de meilleurs policiers, plus expérimentés. Parce que ce qui se passe aussi dans les quartiers, vis-à-vis des rapports avec la police, c'est qu'on envoie des gens qui sortent de formation. Tandis qu'il y a des endroits où on a des policiers beaucoup plus chauvronnés, beaucoup plus expérimentés aussi, beaucoup plus formés, qui sont dans les quartiers cools. Parce qu'avec leur carrière, justement, avec les avantages de carrière, ils arrivent à s'en extraire. Voilà, médecin, il y a tout plein de choses qui font qu'effectivement, on se retrouve en vérité avec souvent les gens les moins formés.
Il y a quelques profs, il faut le souligner quand même, qui par vocation restent. Par exemple, en Seine-Saint-Niouaude, qui décident de rester. Et ce n'est pas pour engranger des points pour après aller être muté en Bretagne, mais voilà, qui font ce taf-là. Mais c'est vrai qu'encore une fois, quand tout ça repose sur le sacrifice personnel, sur l'héroïsme personnel, c'est que la machine déraille un peu. Alors, en parlant de Bretagne,
un petit coucou à notre Cori, qui est le responsable de la communauté, qui est en relation avec les sociaux, qui est le membre de l'équipe qui est en relation avec les sociaux. On lui dit bonjour, parce qu'il nous écoute de Bretagne, où il est parti, après avoir vécu longtemps en région parisienne. Salut Cori. On appelle également une socio, justement, Serena, qui voulait nous parler de dette. Mais on en saura plus en l'écoutant. Bonjour Serena. Bonjour Serena, est-ce que tu nous entends ? Alors, pour l'instant, on n'entend pas Serena.
Si vous voulez, vous aussi, nous envoyer un message vocal, nous laisser un message vocal pour qu'on le diffuse, ou qu'on vous rappelle pour une intervention en directe, je vous donne le numéro, 01 48 37 33 20. C'est le numéro du répondeur du Média. Je répète, 01 48 37 33 20. Alors, on va essayer de reparler à Serena, notre socio, qui veut nous parler de dette. Bonjour Serena.
Bonjour.
Comment tu vas ?
Allô ?
Oui, est-ce que tu nous entends ?
Oui, oui, je vous entends.
Comment tu vas ?
Oui, oui, ça va bien, et vous ?
Ça va, on se réveille, le café est le meilleur ami du matinal.
Tu étais en train de me rendre compte qu'en fait, toi, tu as besoin de te réveiller tôt, genre deux, trois fois par semaine, mais l'équipe technique, c'est tous les jours.
Ah oui, bien sûr, l'équipe technique, c'est tous les jours, sauf le week-end. Il ne faut pas trop leur dire, sinon, ils vont nous montrer à quel point leur supériorité morale nous écrase. Alors, tu nous appelais parce que tu voulais nous parler de dette et rebondir, en fait, sur l'entretien que nous accordait Éric Coquerel, le député Éric Coquerel, qui a sorti un livre « Lâchez-nous la dette », où il parlait, justement, des mécanismes de la dette. Tu avais quelque chose à rajouter ?
Oui, voilà. En fait, j'ai trouvé super intéressant son interview, mais il expliquait un petit peu pourquoi est-ce que c'était intéressant de définancialiser la dette, mais sur le sujet, j'ai lu un article du Monde diplomatique du mois de septembre écrit par Frédéric Le Maire et ça m'a vraiment fracé en fait à quel point il semble, enfin, je ne suis pas une experte, mais de ce que j'ai compris, il semble que c'est plutôt la finance qui a besoin de la dette plutôt que nous.
Alors, nous, en tant que pays, nation, on a un petit peu moins besoin que la dette soit très haute, mais c'est justement la finance qui a besoin que la dette continue a augmenté et tout ça parce que, de ce que j'ai compris, tout ça a commencé à la fin des 30 glorieuses et un besoin d'éponger l'épargne des plus riches parce que, en gros, il y avait trop d'argent, les gens étaient trop riches et on ne savait pas quoi faire avec toute cette épargne, il n'y avait pas assez d'investissement qui était disponible et du coup, pour contrôler la passion, globalement, la finance a dit on va acheter de la dette pour placer l'épargne et comme ça, on règle ce problème-là.
Et en France, en fait, il y a eu, tout ça s'est accompagné, d'après l'article, de, mais je suis d'accord, de baisses d'impôts qui visaient de manière disproportionnée les épargnants. j'ai un peu réfléchi, du coup, et en fait, je pense que ce qu'ils veulent dire, c'est, enfin, si on parle de la forme des tronques glorieuses et pas genre de l'ère Macron où effectivement, là, c'est super flagrant, mais il y a plein de trucs, il y a, en fait, toutes les taxes qui ne sont pas mises en place graduellement et qui sont appliquées pareil pour tout le monde, genre, la CSV, mais je pense à la TVA qui est super injuste, en fait, comme taxe.
Et puis, en plus, globalement, c'est toutes les taxes qui ne sont pas impôts sur le revenu, qui sont super injustes et il y a aussi des pèses d'impôts que les riches s'accordent sous forme d'évasion fiscale. Donc, les plus riches, ils ont trouvé un moyen d'épargner toujours plus d'argent, soit sous forme de cadeau fiscal illégal, soit sous forme de vol au fisc, et du coup, ils l'ont utilisé pour ajouter à leur revenu par le paiement des intérêts de la dette. Donc, en fait, l'État leur fait un double cadeau. Donc, c'est un peu le ruissellement à l'envers.
Et en fait, de nos jours, ce qu'ils disent, c'est à partir du début des années 2000, en fait, les banques, elles ont eu de plus en plus besoin de la dette publique pour leur activité quotidienne. En gros, elles utilisent les titres de dette publique comme des garanties pour leurs transactions les plus risquées, ce qui leur permet en fait de faire baisser les taux d'intérêt auxquels elles sont soumises. C'est très intéressant en tout cas. Donc, elles ont de plus en plus de titres de dette et elles les utilisent pour pouvoir faire le plus de marge possible et pouvoir garantir des dividendes à deux chiffres à l'heure actionnaire. En gros, la dette, c'est le titre qui est le mieux noté au monde.
On se souvient que pendant la dernière crise financière, c'était super important qu'on soit noté A, A, A, A, A, A, A, etc. Et en fait, ils vont même jusqu'à acquérir des titres de dette françaises ou allemande à des taux négatifs. Donc, on voit à quel point c'est vital pour eux. Et du coup, la question, c'est qui a le plus besoin de la dette ? Et je pense que cet article-là, il donne au moins partiellement la réponse.
Est-ce que tu peux nous rappeler le titre de l'article pour que ceux qui nous écoutent un outil qui a accéléré la financiarisation, cette dette dont les créanciers raffolent ? C'est ça ?
Oui, je pense que c'est ça. En fait,
je le dis parce qu'on le voit à l'écran en réalité.
Ah, d'accord. Oui, parce que je l'avais envoyé normalement. Je ne suis pas assez fort pour rappeler des titres. Je n'ai pas en fait de moi la mienne. C'est un article qui est sorti au mois de septembre.
septembre 2021, page 17 de mon diplôme. Vous pouvez le lire sur Internet si vous êtes abonné ou acheté. Je ne pense pas que vous puissiez encore l'acheter. En tout cas, vous pouvez le lire sur Internet.
Super intéressant.
Merci beaucoup, Serena.
Merci.
Et bonne journée. Alors, David.
Ah, moi, c'est marrant parce que vous avez invité Eric. Moi, j'ai travaillé pour Eric pendant quatre ans. Donc, la dette, c'est quelque chose qui, je le sais, le préoccupe depuis pas mal de temps. Surtout, alors, il ne m'a pas filé l'ouvrage encore, Eric. Il faut l'acheter,
David, enfin.
Il va me l'envoyer. C'est vrai que je vais l'acheter. Si on peut peut-être le voir à l'écran pour le rappeler, ça fera un peu de pub.
On se lâche. Lâchez-nous la dette d'Eric Coquerel. C'était la petite minute promo improvisée.
Voilà. Ah bah oui, mais il ne fallait pas m'inviter. Non, mais en fait, ce qui est intéressant dans cette réflexion, alors, c'est intéressant ce qui a été dit par Serena, notamment le fait que, justement, on n'arrête pas de nous parler d'assistanage 24, ce sont les plus riches qui sont assistés par l'État et justement par des mécanismes d'exonération d'impôts en tout genre et il y en a plein, plein, plein. Enfin, il faut se plonger un peu dans le détail, mais il n'y a pas que le CICE. Il y a tout ce qu'on appelle les niches fiscales. Alors, c'est un jolino. à chaque fois, pour les riches, on trouve des jolinos. Pour les pauvres, c'est de l'assistanat.
Mais pour eux, c'est des niches fiscales, des petites choses où on peut se lever dans un petit coin comme ça, on a l'impression d'être un petit oiseau. C'est tout à fait charmant. Mais la vérité, c'est qu'en fait, il y en a plein dans ce pays qui sont des exonérations d'impôts en fait et donc des trous budgétaires pour l'État, concrètement, et qui par ailleurs, pour beaucoup d'entre elles, ont un impact sur l'environnement parce que c'est lié à des activités économiques qui n'est pas bon, qui ont un impact sur l'économie qui n'est pas dingue à part juste de permettre aux riches de moins payer.
Mais bon, moi, ce que je trouvais intéressant dans la démarche d'Éric, c'est de faire de la dette pas juste une question technique. C'est une bataille politique.
Le fait que Serena, justement, qui est citoyenne, s'en empare, diffuse des articles qui permettent de regarder tout ça d'un regard nouveau, c'est très intéressant. Ça montre que, quelque part, on peut aussi imposer les thèmes, disons, sociaux, économiques et en parler et permettre aux citoyens, donner aux citoyens d'en parler avec assurance. Mais parce que la politique, ce n'est pas dur, en fait.
Les sujets comme la dette, en général, quand on les voit arriver devant nous, on se dit, oula, bon, il y a plein de mécanismes, etc. Alors, c'est vrai, ça passe par plein de canaux différents, la dette, alors c'est un peu compliqué au premier abord, mais en fait, une fois qu'on brise un peu ce mur-là de la technicité, en fait, ce n'est pas dur. Il y a plein de choses qui ne sont pas difficiles à comprendre, plein de concepts, plein d'institutions qui, en vérité, avec un peu de boulot, quand on s'y intéresse un peu, ce ne sont pas des choses difficiles à maîtriser pour les citoyens. C'est les gens qui nous gouvernent qui essayent de dire que c'est technique. C'est toujours ça, en fait.
On se cache derrière la technicité pour faire comme s'il n'y avait pas de choix politique à faire, comme si tout ça était un résultat, quelque chose de mécanique, que la dette fallait gérer. Non. Tout ça est très politique et, en fait, le principal argument, je pense que soulève Eric dans son livre, parce qu'il m'en a parlé, c'est que c'est l'enjeu d'une bataille politique. C'est un chantage, en fait. C'est un chantage politique qui est fait sur les gens, qui passe par quoi ? Par la culpabilisation, pour dire, il faut que vous acceptez les politiques telles qu'elles sont aujourd'hui, celles qui réduisent nos services publics, parce que, soi-disant, on a trop de dettes.
Alors qu'en vérité, quand tu regardes dans le détail, la dette, on la doit à qui ? Pour une grande partie à la Banque Centrale Européenne. Et c'est quoi la Banque Centrale Européenne ? Bah, c'est les 14 ou 15, je ne sais plus, banques centrales des pays de l'État. En fait, c'est de la dette qu'on se doit à nous-mêmes. Et on est en train de se s'auto-enchaîner parce qu'on a des responsabilités.
On se doit cette dette à nous-mêmes parce que, préalablement, on a couvert le risque de celui qui nous a prêté aussi les riches et puis on s'est accroché à une dette à la veste. Et puis surtout,
on est... Enfin, nos responsables politiques, parce que ce n'est pas les gens, sont enchaînés par une idéologie qui est la suivante, c'est qu'une dette, ça se rembourse. Et en fait, une dette, ça se rembourse, ce n'est pas un argument technique. Tous les gens qui nous disent que tout ça, c'est des arguments techniques, c'est très technique, etc., en fait, ce sont les gens qui utilisent des codes moraux pour justifier leur truc. Une dette, ça se rembourse. Mais d'où une dette, ça se rembourse forcément.
Tous les jours dans le pays, il y a des grosses boîtes, par exemple, qui annulent ou qui restructurent une dette de leurs sous-traitants parce qu'ils se disent mais si je fais tout payer à mon sous-traitant, ils s'écroulent. Et je n'ai pas intérêt à ce que mon sous-traitant s'écroule parce que je n'ai pas envie d'avoir... Enfin voilà, tu as une relation de confiance, etc. Dans l'histoire de l'humanité, des annulations de dettes, il y en a eu plein. Je crois que c'est David Greber qui est un anthropologue qui est décédé il n'y a pas si longtemps qui a fait un travail sur ça, 3 000 ans d'histoire de la dette où en fait, bah oui, les dettes, ça s'annule.
En Rome antique, les dettes, elles s'annulaient parce qu'en Rome antique, en fait, quand tu étais criblé de dettes, tu pouvais devenir esclave. Donc, ils y allaient molo, quoi. Des fois, ils disaient, bon, ok, on annule une partie de la dette parce que sinon, tu deviens esclave. Donc, l'annulation de dettes, ça fait partie de l'histoire de l'humanité. Et encore, je ne reviens pas sur les événements les plus récents, l'Allemagne après la Seconde Guerre mondiale ou autre ou pendant la Guerre froide. Bon, parfois, ce n'est pas toujours bien d'annuler totalement la dette. Par ailleurs, mais... L'annulation de la dette, c'est très judéo-chrétien parce que c'est prévu dans la Bible.
Mais oui, mais c'est ça en fait, c'est moral. C'est-à-dire que c'est... Il faut le faire. Voilà ce qu'on nous dit. Il faut le faire. On appelle ça le jubilé.
Il faut passer... Je crois que tous les 7 fois 7 ans, vous avez le devoir d'annuler les dettes. Il faut passer au purgatoire.
C'est ça. C'est un argument moral. C'est ça qui est terrible là-dedans. C'est que... Et quand tu creuses un peu, moi, des fois, j'en ai eu sur les plateaux, ce qui est marrant, c'est de voir tous les gens qui se cachent derrière la technicité, tu te rends compte à quel point ils ne sont pas bons. Ils ne savent pas d'où vient la dette. Ils ne savent pas qui la détient. Ils ne savent pas à quelle échelle, etc. Il y en a plein sur les plateaux, des éditocrates ou autres, qui n'ont jamais bossé le sujet, mais qui se réfugient derrière cet argument de une dette, et ça se rembourse. C'est tout. C'est aussi simple que ça.
Allez, allons-y. Faisons monter la thématique de la dette, de la dette et de son chantage à l'occasion de cette campagne électorale. Au lieu de parler tout le temps des mêmes sujets nauséabonds. Alors, David, mon petit doigt me dit que tu as écouté Emmanuel Macron il n'y a pas longtemps et que tu en as été tout retourné.
Oh que oui. Eh bien, il y a des nouvelles qui sonnent comme des avertissements. Il y a des cadeaux, parfois, qui ont un goût de poison. C'est étrange. Il y a parfois des annonces qui ressemblent à des alertes. Et c'est le cas du fameux contrat d'engagement annoncé hier en grande pompe par Emmanuel Macron et Jean Castex, notre Premier ministre. Alors, Macron, il nous l'avait promis en juillet. Les yeux brillants ont pétillé au gouvernement d'annoncer qu'un revenu quasiment universel verrait de jour. On faisait à ce moment-là battre les tambours. Un million de jeunes concernés avec des plans déjà mis en place comme un jeune, une solution. Bref, plus personne à la rue.
Voilà ce qu'on nous sous-entendait. Alors, il y avait de quoi se réjouir, oui, mais je crois que, comme moi, beaucoup de Français ont arrêté d'entretenir des illusions sur la politique de Macron vis-à-vis des jeunes. Surtout quand on connaît la réalité de ce que fait ce gouvernement, non pas pour la jeunesse, mais à la jeunesse. Parce que la réalité, elle n'est pas loin en ce moment. Il suffit d'aller, par exemple, à Nanterre pour la connaître. À la fac de Nanterre, dans les bureaux du bâtiment Grappin, en ce moment, une occupation a lieu. En ce moment même, c'est l'occupation de ce qu'on appelle les sans-fac et leur soutien.
Les sans-fac, ce sont 60 jeunes qui n'ont toujours pas reçu d'affectation dans un cursus universitaire à Nanterre. Eh oui, bienvenue en France, ça se passe sous vos yeux. Moi qui croyais que la vocation d'un étudiant, c'était de... aller au hasard, d'étudier, eh ben non ! Il faut visiblement se battre dans ce pays pour arracher ce droit élémentaire. Rendez-vous compte, on parle de seulement 60 personnes pour une fac de 35 000 étudiants qui, après 7 semaines de cours, se voient toujours empêchés de pouvoir accéder à l'enseignement supérieur parce qu'il n'y aurait, on nous le dit, pas assez de place.
Les sans-fac et leur soutien, les syndicats sur place, notamment l'UNEF, ont beau proposer des compromis, des arrangements, la direction de l'université maintient qu'un campus de 35 000 personnes ne pourra pas accueillir 60 000 étudiants supplémentaires. Face à cet argument absurde, il ne reste donc qu'une solution aux jeunes, le rapport de force. Et voilà comment on se retrouve dans une situation où, alors que la jeunesse est présentée dans tous les discours comme une priorité, des jeunes se retrouvent à dormir par terre dans une fac pour pouvoir exercer leur droit à étudier ou au moins le réclamer. Alors, comment on en arrive dans ces situations-là ? Comment on en arrive là ?
Et qu'est-ce qui se joue avec ce fameux contrat d'engagement en ce moment ? Vous aurez remarqué, on est déjà passé d'un revenu d'engagement à un contrat d'engagement.
J'y reviendrai tout à l'heure.
Eh oui, ce n'est pas pareil, vous allez voir. Mais regardez déjà attentivement comment hier, lorsque le Premier ministre Jean Castex annonçait ce contrat, les mots ont été choisis. Regardez cette petite vidéo. face à la crise sanitaire. Face à la crise sanitaire qui n'était pas encore derrière nous et qui ne l'est toujours pas et plus encore face aux menaces qu'elles faisaient peser sur notre économie, notre objectif était simple, la jeunesse ne devait pas être la principale victime de cette crise. Il le dit avec son énergie habituelle, Jean Castex, vous avez bien entendu. Voilà l'objectif que se fixent ceux qui nous gouvernent.
Non pas d'éviter à la jeunesse de traverser la crise, non pas de la préserver de cette crise, non. Il faut simplement éviter qu'elle ne soit la principale victime de la crise. Mais quel objectif ambitieux ! La deuxième ou la troisième victime de la crise, c'est ok, mais on fera tout pour qu'elle ne soit pas la principale victime. Cette caractérisation qui ne veut pas d'ailleurs pas dire grand-chose. Bref, il y a dans ce genre de phrase une forme de renoncement terrible à transformer la vie des gens. Emmanuel Macron disait pourtant l'inverse en mai 2019, je le cite. Nous n'avons pas de politique à avoir pour la jeunesse.
On doit simplement essayer de faire le maximum pour que la jeunesse puisse choisir son avenir. C'était beau à l'époque. Eh bien en deux ans, ça a bien changé le macronisme. Là, on en fait de la politique. Regardez bien le dispositif bien politicard qui nous ont pondu. Déjà, comme je l'ai dit tout à l'heure, vous noterez qu'on ne parle plus de revenu d'engagement, on parle de contrat d'engagement. La guerre sociale commence souvent avec la guerre des mots. Ici, c'est le cas parce que dans un contrat, on a des obligations. Dans un contrat, on a, j'ai envie de dire, un patron. Dans un contrat, on peut être viré.
Voilà ce qu'on explique aux jeunes dans le fond, rien qu'avec le choix des mots et c'est ça qui est terrible. C'est qu'avant de parler de leurs droits, on va leur parler de leurs obligations. Avant de dire ce qu'ils méritent de recevoir, et j'insiste sur la notion de mérite, le mérite, c'est pas faire du Elon Musk, le mérite, c'est déjà de survivre dans l'océan de dépression et de misère sociale où ont âgé les étudiants pendant deux ans. Ça, c'est du mérite. Eh bien, avant de parler de ce qu'ils méritent, ne serait-ce qu'au regard de la situation, ces jeunes, on va leur parler de ce qu'on leur impose. Et ce discours, c'est pas un fait isolé.
Depuis deux ans, un arsenal de mots méprisants et insultants est déployé pour repousser la demande majoritaire des jeunes durant le Covid qui était l'extension du RSA aux 18-25 ans et son augmentation. Vous le connaissez, le mot principal, le mot mère, la matrice de toutes les insultes. La source, ce mot, c'est l'assistana. Pas d'assistana. La légende raconte qu'il suffit de répéter cette phrase dix fois pour devenir un authentique personnage de droite et à ce compte-là, Emmanuel Macron a pété les compteurs. Cette idée est répugnante, comme si un jeune attendait patiemment au coin du lit que les sous-sous lui tombent sur un coin de la tête pour continuer à ne rien faire.
Comme si les jeunes n'avaient aucun projet, aucune ambition, aucun rêve, aucune envie. Non, je vais me permettre de faire un léger rappel à ceux qui nous gouvernent de pourquoi les jeunes demandaient le RSA. Regardez cette vidéo. En un an, il n'y a rien qu'à bouger. Il n'y a rien qu'à bouger. C'est-à-dire que la précarité est exactement la même. Les étudiants sont toujours en grande difficulté, en très grave difficulté. Voilà. Ce n'est pas pour jouer aux jeux vidéo. Ce n'est pas pour ne rien foutre. Si les jeunes ont besoin d'argent, c'est juste comme le dit avec justesse l'humanité ce matin parce qu'ils ont faim. C'est pour manger cet argent.
Alors d'où leur vient cette idée aux gens qui nous gouvernent que l'argent donné aux jeunes, c'est pour les assister. Eh bien, fut un temps où mon grand-père répétait souvent un vieux dicton on juge les autres d'après soi-même. Je crois que c'est ça au fond. La vérité, c'est que c'est les gens du pouvoir qui sont assistés. C'est eux qui ne foutent rien. C'est eux qui n'ont rien prévu pendant la crise d'ailleurs et qui n'ont même pas été capables d'anticiper le fait que des jeunes feraient des centaines de mètres de queue pour avoir des paniers repas. Alors forcément, ils pensent que tout le monde est aussi flémarqueux. Ils ont un poil dans la main.
Oui, mais dans la main gauche parce que la droite, elle, elle fonctionne à merveille. Ils ont un poil dans la main du social. Ils sont tellement bons à rien, les ducobus qui nous gouvernent, qu'ils ont pensé que leur annonce ne serait pas examinée, qu'elle ne serait pas décortiquée sous un oeil un peu méfiant. Mais ce n'est pas de chance parce qu'il y a plein de gens qui se sont mis au boulot depuis hier. Et comme dirait le poète, c'est nul, c'est zéro, c'est nul. Regardez donc comment que c'est nul. Au départ, Emmanuel Macron nous parlait d'un million de jeunes concernés. C'était plutôt vers l'été. Sauf que, surprise, au final, ça concernera que 400 000 jeunes.
Double surprise, surprise dans la surprise, inception surprise. Même si c'était un million de jeunes, il y a 1,5 million de jeunes dans ce pays qui ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation. Avec ces annonces, on met donc d'office sur le carreau quasiment un million de jeunes. Quelle ambition ! Là, on pourrait se dire c'est bon, on croise tellement dans l'annualité qu'on pourrait trouver du pétrole, il faut arrêter. Eh ben non ! On part sur un record, Théo. Les étudiants ne seront pas concernés par cette initiative.
Jean Castex, va donc demander aux plus de 500 000 étudiants qui sont sous le seuil de pauvreté de faire comme dans Cologne Taillère, de prendre leur sac et leur flambeau et de dire au revoir à leurs petits camarades parce qu'ils quittent l'aventure. Et à ce stade-là, vous vous dites que c'est bon, c'est vraiment bien foutu de nous. Quand même, le gouvernement pose 2,5 milliards d'euros sur la table. Il l'a dit. Encore raté. Car cette annonce consiste en fait à s'ajouter à des choses, des dispositifs qui existent déjà, comme la garantie jeune gérée par l'émission locale.
Résultat des courses, l'augmentation budgétaire réelle promise par le gouvernement n'est pas de 2,5 milliards mais de 550 millions, un quart moins. Alors là, vous êtes censé commencer à vous énerver, à me dire mais David, quand même, les jeunes auront droit à une allocation. Et là, c'est le moment où je regarde avec des yeux grands ouverts et où je vous réponds en effet, ce serait une superbe allocation de 500 euros en échange de 15 à 20 heures de formation ou d'accompagnement ou d'activité, c'est-à-dire environ 5 euros de l'heure.
Alors moi, je ne recommande pas aux esprits les plus rigoureux qui refusent d'être à ce point-là pris pour des crétins de venir me défendre ça parce que je leur ajouterai qu'en plus, 500 euros, c'est le taux maximum et qu'il sera sûrement bien en dessous de cette réalité pour beaucoup de jeunes. Et je pourrais même enfoncer le clou en vous disant que s'ils n'acceptent pas les offres d'activité, les jeunes se verront retirer leurs primes puisque c'est un contrat. Je ne dis pas non plus que Pôle emploi n'aura probablement jamais les moyens d'accompagner ce dispositif puisque rien qu'en 2022, le budget leur retire 400 millions d'euros de financement.
Non, je ne voudrais pas être trop vilain de si bon matin. Alors, comment est-ce qu'on conclut avec un tel sac de nœuds ? On pourrait peut-être s'inspirer des mots de notre magnificence, notre absolu, notre président écouté. 20 ans en 2020, c'est dur. Donc, je ne donnerai jamais de leçon à nos jeunes parce que ce sont ceux qui honnêtement vivent un sacrifice terrible, des examens annulés, de l'angoisse pour les formations, de l'angoisse pour trouver le premier job. C'est dur, hein, monsieur le président ? C'est dur d'avoir 20 ans en 2020. Oui, c'est dur, mais c'est encore plus dur d'être pris pour des crétins. Mais je ne termine jamais mes éditos sur une petite touche d'espoir, quand même.
Et pour celui-ci, je reviens à mon sujet de départ, les sans-fac de Nanterre. Je vous le dis, ces sans-fac, ils vont gagner, à mon avis, parce qu'ils ont compris que face à ces gens, on n'obtient jamais rien en tendant la main, comme ça, en souriant gentiment, en disant, s'il vous plaît, aidez-nous. Dans ce pays qui est d'une violence sociale inouïe, brutale, on améliore nos vies en se battant, en gueulant, en luttant et en ne laissant rien passer. Et quand on se bat et qu'on s'accroche, on gagne, que leur lutte, j'espère, soit un exemple pour les jeunes, c'est ça que j'aimerais vous montrer.
Même parce que, même à quelques dizaines, au sommet d'une tour pendant un jour férié, à 22h, comme je les ai vus lundi, quand tout semble difficile, quand on se sent seul, il y a une chose qui peut soulever des montagnes. Cette chose-là, c'est la détermination. Et ça rend même un peu joyeux. Je vous laisse là-dessus regarder.
Alors, c'est toujours bien de terminer un moment de clarification comme celui-là par quelques images de bataille joyeuses et nous disons merci à David qui a quitté le plateau parce que j'accueille désormais sur le plateau notre camarade Mathieu Mollard. Bonjour. Bonjour Mathieu, tu es connu par nos habitués parce que tu présentes chez nous quand tu en as le temps l'émission Secrets d'Instruction. Tu es aussi et surtout le rédacteur en chef de notre média ami Street Press et tu es l'auteur d'une enquête glaçante sur des soutiens inquiétants d'Éric Zemmour qui prépare les élections mais aussi peut-être la guerre. On regarde un petit magnéto pour commencer.
La scène se passe dans une forêt de l'ouest de la France. Dans cette vidéo, on voit des militants d'extrême droite s'entraîner au tir sur des cibles soigneusement choisies. Trois caricatures racistes. Un noir, un musulman et un juif. Alors, qui sont ces tireurs ? Il s'agit d'un tout petit groupe baptisé la famille Gallicane. On trouve cette vidéo sur leur chaîne Telegram qui est publique. Ils y multiplient les blagues et commentaires racistes et les références à Hitler comme ce salut fasciste sur une photo de groupe. Ces membres, quelques dizaines de personnes selon nos estimations, prônent le rassemblement des différentes familles d'extrême droite.
À l'approche de l'élection présidentielle, il semble avoir un favori, Éric Zemmour. Des membres de la famille Gallicane ont rejoint les rangs de Génération Z, le mouvement de jeunesse qui fait campagne et colle des affiches pour le candidat d'extrême droite. Entre deux punchlines racistes, ils partagent sur leurs réseaux sociaux des conseils pour pêcher ou jardiner. Ils sont survivalistes, c'est-à-dire qu'ils s'entraînent à survivre et s'arment en prévision d'une catastrophe ou d'un effondrement de notre civilisation. Le chercheur Nicolas Lebourg nous explique pourquoi l'extrême droite française s'est convertie au survivalisme.
Il faut bien comprendre qu'en 1999, dans le contexte de la guerre du Kosovo, Guillaume Fay, un des grands théoriciens de cette extranjante française, dit qu'il y a la convergence des catastrophes qui arrivent et que les catastrophes économiques, géopolitiques, le choc des civilisations avec l'islam, tout ça va converger. Le pistolet à poudre noire est la seule arme que l'on peut acheter sans avoir de licence. Tandis qu'en France, pour acheter une arme, il faut déjà un certificat médical comme quoi on est apte à pratiquer le tir et à détenir une arme, ensuite une licence de la FFT et si on veut une arme de poing, il faut carrément en plus six mois de carnet de tir et détention préfectorale.
Pour un revolver à poudre noire, absolument pas. Il suffit d'aller dans une armurerie et d'acheter un revolver à poudre noire. On ne demande rien de plus. C'est une arme que tout le monde peut avoir, même si on est interdit d'arme et qu'on est un casier judiciaire parce qu'il n'y a aucune vérification au moment de la vente de l'arme. Ce qu'il nous explique est assez inquiétant. En clair, en France, il est possible de se procurer une arme à feu sans aucun contrôle. Ces pistolets noirs sont en vente dans toutes les armureries ou en accès libre en quelques clics sur Internet. Ils ne coûtent que 200 à 300 euros et pas besoin d'être connaisseur.
Il existe des dizaines de tutos sur YouTube pour apprendre à s'en servir.
Alors Mathieu, pour ceux qui viennent de nous rejoindre, je rappelle que tu es le rédacteur en chef de Street Press, un média ami, un média qui est très en pointe dans les enquêtes sur l'extrême droite. J'aimerais savoir comment tu es tombé sur cette famille gallicane ? Qui sont-ils ces membres de ce groupe l'extrême droite pro-Zemmour ? Et pourquoi tu dis qu'ils préparent les élections et aussi peut-être un peu la guerre ?
Alors c'est des militants antifascistes avec qui je suis en contact qui m'ont envoyé un message pour attirer mon attention sur ce groupuscule qui ne représente que quelques dizaines de membres. Ils ne sont pas nombreux mais ce n'est pas pour ça qu'ils ne sont pas dangereux et en fouillant sur leurs différents réseaux sociaux on découvre qu'ils sont armés. Qu'ils sont armés principalement grâce à des armes obtenues en toute légalité. Ça s'appelle des pistolets à poudre noire. On en parlera peut-être plus tard. Et des gens qui ont une idéologie raciste, une idéologie haineuse et qui en plus sont équipés d'armes, d'armes qui peuvent tuer et qui ont déjà tué par le passé.
C'est-à-dire que si on fait des recherches sur les pistolets à poudre noire sur Internet, on tombe sur des faits divers en France où ces armes tuent. Et petite nouveauté on va dire, ce matin grâce à un tweetos j'ai fouillé à nouveau sur les différents réseaux sociaux de ce groupuscule et je suis tombé sur une note vocale dans laquelle vous allez voir ils font clairement l'apologie d'un terroriste d'extrême droite. Donc on a des gens qui sont racistes, qui sont armés et qui font l'apologie d'un terrorisme d'extrême droite. Alors ça date de ce matin, c'est sur mon téléphone, on va tenter de l'écouter comme ça en direct. Ouais, je les collectionne et ouais, c'est sur Facebook.
Ça marche pas très bien. J'avais traité de meuf de putainègre. Du coup, je me suis pris un mois de ban, normal. Mon ban se lève et deux jours plus tard, après que ma sanction se soit levée, je traite les bouignoules de celles bouignoules de merde. Du coup, je me reprends un mois et là, il m'y reste encore 7 jours à tirer. Voilà. Après ça va, ils ont toujours pas ban, ma photo de couverture qui n'est autre que l'un des flingues qu'a utilisé Brunton Tarrant dans son attentat contre les mosquées en Nouvelle-Zélande. Pourtant, il y a quand même toutes les références, tu sais, tout ce qu'il avait marqué sur ses flingues, c'est bien affiché en grand.
Donc bon, quand même, toutes les références culturelles et historiques à certains personnages ayant pourfendu du bon bouignoules au cours de l'histoire, n'est-ce pas ? Voilà, vous l'avez entendu.
Ce sont des échanges sur des messageries.
Ce sont des échanges sur des messageries qui sont publiques, que tout le monde peut entendre si tant est qu'on sait regarder. Et là, c'est assez clair. C'est-à-dire qu'on a des gens armés qui font l'apologie d'un homme qui a tué
des fidèles d'une mosquée. à Christchurch au nom d'une théorie « Le Grand Remplacement ».
Au nom d'une théorie « Le Grand Remplacement » dont le principal publicitaire, Renaud Canemus, était encore invité ce week-end chez Bolloré à la télévision pour propager à des millions de personnes cette théorie conspirationniste, raciste et qui tire ses racines à l'extrêmement néo-nazi. Parce que la théorie du « Le Grand Remplacement » c'est l'idée qu'il y a la volonté d'une substitution de population, la population qui serait blanche de race pure, par une population racisée. C'est assez flou. Et cette théorie-là, elle trouve son origine, sa racine dans les théories fascistes où on a le même genre de théorie.
Dans le sujet que vous avez pu voir que j'ai fait pour Street Press, on a le spécialiste d'extrême droite Nicolas Lebourg qui allait voir son travail. C'est un intellectuel extrêmement intéressant, un des meilleurs chercheurs en France sur le sujet et allait voir. Il en parle, il a retracé dans différents articles et dans différents livres l'origine de cette théorie. Donc, je vous encourage à aller voir son travail.
Pour revenir à la famille Gali Kanseki exactement, où est-ce qu'il recrute, où est-ce qu'il se trouve sur les territoires et comment ils agissent en fait aujourd'hui ? Et comment ils se sont raccrochés au wagon Éric Zemmour ? Alors,
la famille Gali Kanse, comme je le disais tout à l'heure, c'est un tout petit groupe d'extrême droite. c'est difficile d'être plus précis que le mot extrême droite parce que à l'extrême droite, il y a des théoriciens, il y a des penseurs. Il ne faut pas croire que l'extrême droite, c'est que des esservelés qui ne lisent pas ou qui n'ont pas de théorie. Il y en a. On a parlé de Renaud Camus, c'est un théoricien de l'extrême droite. Eux, ils prennent des bouts d'idées, des marques, des symboles un peu partout à l'extrême droite. Après, l'autre chose, c'est qu'ils sont survivalistes.
Le survivalisme, c'est un mouvement qui vient des Etats-Unis où des gens ont peur d'un grand collapse, d'une catastrophe. Alors, elle pourrait être écologique, nucléaire et ici, liée à l'immigration. Et ils se préparent en vue de cette catastrophe. Sauf que ce mouvement-là, il est teinté d'extrême droite, d'idéologie d'extrême droite. Et en France, l'extrême droite est en train de se convertir ou l'extrême droite la plus radicale l'extrême droite violente est en train de se convertir au survivalisme. Ce n'est pas la première fois que des gens... J'étais venu sur ce plateau parler de Claude Hermand, trafiquant d'armes qui a vendu les armes qu'on servit dans l'attentat de l'hypercachère.
Lui aussi est un militant survivaliste. Et lui aussi est d'extrême droite. Donc, cette porosité entre l'extrême droite armée et le survivalisme, elle est de plus en plus importante. Les services de renseignement l'ont mis en avant dans différentes notes. Donc voilà, c'est ça la famille Gallicane. Et d'où viennent-ils ? Ils viennent de l'ouest de la France, Nantes, Châteauroux, différentes photos, différents éléments nous permettent d'affirmer ça. Et dans ces villes-là, ils ont rejoint les rangs de Génération Z, qui est le mouvement de jeunesse d'Éric Zemmour.
Ceux qui collent ses affiches, ceux qui font sa campagne, ils vont à ses meetings, ils se prennent en photo dans ses meetings, ils collent ses affiches, ils en font des vidéos. Ils font partie des soutiens actifs d'Éric Zemmour.
Ils préparent à la fois les élections et la guerre, c'est-à-dire ils ont une sorte de plan B. En tout cas, ils se donnent peut-être de la contenance, mais en tout cas, ils évoquent un plan B guerrier.
En tout cas, oui, ils sont armés, ils s'entraînent au combat, avec des armes à feu, mais aussi à la baston. Sur leur chaîne, on voit des photos où ils montent leur corps, torse nu, blessés parce qu'ils se battent. C'est des gens violents et dangereux et donc armés.
Ils prennent des photos où ils s'amusent à tirer sur des Juifs, des Arabes et des Noirs, c'est ça ? C'est ça,
des vidéos. On a vu un extrait dans notre vidéo. Ils s'entraînent à tirer sur des caricatures ouvertement racistes. C'est des gens qui aussi passent sous les radars. C'est ça qui est assez inquiétant. C'est que si on remonte ces dernières années en France, les différents projets d'attentats qui ont été démantelés parce qu'il y a eu des projets d'attentats d'extrême droite en France. Comme le disait Nicolas Lebourg, à l'échelle planétaire, le nombre d'attentats terroristes d'extrême droite a ces dernières années explosé. Et cette tendance-là n'épargne pas la France. Il y a depuis quelques années différents projets, l'OAS par exemple, qui ont été démantelés.
S'il n'y a pas eu d'attentats d'extrême droite, c'est parce que la police a réussi à les empêcher avant qu'ils tuent. Et malheureusement, il y a un risque certain d'attentats d'extrême droite en France. Et ce ne sont pas des gens qui sont directement affiliés à des groupes très médiatisés qui sont par ailleurs dangereux, dont il ne faut pas minimiser l'impact. Mais c'est des groupes qu'on découvre que même les gens qui suivent de très près l'extrême droite souvent ne connaissent pas du tout, qui regroupent quelques dizaines de membres, qui entre eux, comme des mini-cellules qui s'auto-radicalisent, qui s'arment et qui projettent
des attentats. Alors, vu de loin, on a l'impression que ces groupuscules ultra dont Marine Le Pen voulait s'affranchir plus ou moins, en tout cas, mettre le plus à la périphérie, Éric Zemmour ne se gêne pas pour les récupérer et ne se gêne pas pour les assumer. On parlait aussi de convergence entre génération identitaire qui est censée être dissous et la génération Zemmour. Est-ce qu'il y a quelque chose de cet ordre-là ? Du côté, on assume nos liens avec les groupuscules les plus extrémistes. De toute façon, on est quasiment protégé de la polémique médiatique par nos relais médiatiques.
Alors déjà, il y a une première chose que tu as bien notée et qui a été très bien documentée par une enquête la semaine dernière de Mediapart. C'est l'immense majorité des groupuscules radicaux et violents d'extrême droite soutiennent ou font campagne pour Éric Zemmour. par exemple, quelqu'un comme Daniel Conversano qui est un militant racialiste qui prône l'ethno-différentialisme, c'est-à-dire que les Blancs et les Noirs et les Arabes vivent séparés, ne se mélangent pas, qui défend une Europe raciale blanche qui a même quitté la France pour aller vivre en Europe de l'Est pour ne pas être au contact de populations métissées.
un militant complètement délirant fait activement campagne pour Éric Zemmour aujourd'hui. Cette toute l'extrême droite radicale s'est mise en ordre de combat derrière Éric Zemmour parce que Éric Zemmour assume notamment sur la question des musulmans et de l'islam un discours beaucoup plus violent et beaucoup plus radical que Marine Le Pen. Jusqu'à présent, Marine Le Pen a toujours dit que l'islam était compatible avec la République. Alors après, elle pouvait sous-entendre tout un tas de choses différentes. Gérald Darmanin lui a reproché d'être molle. Exactement. Éric Zemmour il ne dit pas ça.
Il dit l'islam est incompatible avec la République et malheureusement c'est une pensée que partage une partie non négligeable quasi majoritaire des Français. Donc, ils sont inspirés derrière lui et jusqu'à présent Éric Zemmour qui n'a pas de parti qui n'a pas de troupe et qui en a besoin pour coller ses affiches pour organiser ses meetings pour faire la sécurité de ses dédicaces. Il a besoin de militants et il aspire tous ces enfants perdus de l'extrême droite que Marine Le Pen a tenté de repousser et pour l'instant il ne les met pas à distance.
On a publié cette semaine la semaine dernière eu un article sur Street Press où on raconte comment un prêtre catholique à Lille s'est fait agresser par d'autres soutiens d'Éric Zemmour. Derrière Éric Zemmour on a les militants les plus radicaux de l'extrême droite française.
Alors, tu nous expliques que ces extrémistes pro-Zemmour s'arment de manière légale parce qu'ils utilisent ce que tu appelles ce qui est appelé la poudre noire. C'est quoi cette poudre noire et pourquoi ce n'est pas interdit ce type d'arme létale ?
Ils se sont trouvés un petit vitre juridique un trou dans la raquette de la législation prohibant les armes en France. Un pistolet à poudre noire c'est le type de pistolet qui était utilisé au XIXe siècle. C'est simple imaginez les cow-boys le bon vieux six coups on tire il y a un nuage de fumée qui sort dans les films c'est ça un pistolet à poudre noire. C'est un pistolet qui peut tuer qui a tué qui a tué dans l'histoire des centaines de milliers de personnes. C'est l'arme utilisée par exemple aux Etats-Unis pendant la guerre de sécession. Ce pistolet là ce type d'arme il est autorisé en France parce qu'il y a des collectionneurs des férus d'histoire qui aiment ce genre d'arme.
Et en plus de ça la législation elle dit un petit truc qui est très particulier c'est que sont autorisés ces pistolets anciens anciens mais aussi des pistolets fabriqués aujourd'hui qui reprennent cette technologie là.
Donc il y a des industriels notamment basés en Italie qui produisent des pistolets à poudre noire qui sont vendus sur internet ou dans des armureries je me suis rendu dans une armurerie pour en discuter avec un armurier il suffit de présenter une carte d'identité pour prouver qu'on a 18 ans et contre 150 200 300 euros on peut s'acheter un pistolet et après on regarde un tuto sur Youtube qui nous explique comment le charger c'est un peu technique ça se fait pas en deux secondes c'est le seul point faible de cette arme là
après on peut tirer. Mais est-ce qu'ils savent ce qu'ils font ces industriels qui remettent au goût du jour ces armes pour des raisons qui n'ont plus rien à voir avec la passion de la collection du collectionnisme ou je ne sais quoi ?
c'est difficile de croire qu'ils ne savent pas ce qu'ils font alors après est-ce qu'ils cherchent à armer l'extrême droite ? J'en sais rien je ne les connais pas et je ne suis pas sûr par contre est-ce qu'ils fournissent des armes pour des gens qui vont s'en servir au-delà de la collection du tir sportif ?
Ils le savent parce que quand on vend ce type d'armes qui ne nécessite pas de permis de port d'armes en France pour avoir une arme il faut un permis de port noir c'est un peu contraignant il faut s'inscrire dans un club il faut avoir une visite médicale il faut s'entraîner pendant une certaine période avant même de pouvoir acheter sa propre arme donc c'est assez contraignant celle-là il n'y a rien de tout ça et pire encore il n'y a pas de fichier des propriétaires de ces armes ça veut dire que quelqu'un qui aurait été condamné et interdit de port d'armes il peut s'acheter cette arme-là demain quelqu'un est condamné pour des faits de violence raciste comme malheureusement on voit trop souvent on ne peut pas aller voir dire tiens en plus de ce mec il a un pistolet il faudrait peut-être aller lui chercher et qu'il le remette à la police ça on ne peut pas le savoir on ne sait pas combien il y a d'armes de ce type en circulation en France ni qui les possède donc il y a un vide juridique et il y a des industriels qui par mercantilisme comme tout industriel se glissent dedans
on peut toujours imaginer qu'on peut légiférer mais même si on légifère disons l'historique ne sera pas disponible c'est sûr mais déjà
si on légifère on avancera et s'il y a des parlementaires je pense qu'en plus c'est un sujet si je suis sur le média vous imaginez quelles sont à peu près mes opinions politiques mais c'est un sujet qui peut dépasser une ligne politique très précise il y a je pense un intérêt à légiférer sur le sujet c'est un petit détail technique dans la législation qui peut boucher un trou dans la raquette et éviter qu'encore plus circulent des armes qui ont tué peuvent tuer
et vont continuer
à tuer
alors historiquement Street Press est disons très fort dans les enquêtes sur l'extrême droite sur ses liens avec des mouvements radicaux sur ses liens même avec les djihadistes on a parlé notamment de votre enquête qui a relié Claude Hermann un ancien militant d'extrême droite à toute la nébuleuse djihadiste
c'est lui qui a importé en France les armes qu'on servit à l'attentat de l'hypercacher il a fait de nombreuses années de prison pour ça et alors c'est une autre histoire mais que vous pouvez retrouver sur le média et sur Street Press et Claude Hermann au moment où il importait ses armes en plus d'être un militant néo-nazi connu et reconnu sur la place publique il était un digne pour la police c'est ce qui fait tout le sel si je puis me permettre de cette triste histoire
un digne pour la police militant néo-nazi fournisseur d'armes aux djihadistes ben dis donc c'est presque à vous rendre complotistes le matin alors donc vous êtes très fort là-dedans et justement dans la période de troublé que nous connaissons vous sortez vous créez une nouvelle newsletter qui s'appelle FAF est-ce que tout le monde parlait de FAF et comment on fait ce sera quoi son contenu et comment on fera pour s'abonner à la newsletter FAF de Street Press FAF FAF FAF
ça veut dire France au français c'est un acronyme que certains militants d'extrême droite revendiquent et qui voilà c'est l'idée de définir cette extrême droite qui l'extrême droite la plus radicale violente dont on vient de parler mais aussi l'extrême droite parlementaire celle qui tente de se faire élire Eric Zeroumour Marine Le Pen et on va aussi s'intéresser aux idées d'extrême droite dans le premier numéro de cette newsletter on raconte comment les républicains par exemple aujourd'hui réclament un référendum sur les questions d'immigration une idée tout droit à piocher dans le programme de Jean-Marie Le Pen d'il y a 10-15 ans voilà FAF c'est une newsletter hebdomadaire ou remplie d'infos exclusives inédites on a parlé de cette enquête mais par exemple dans le premier numéro de la newsletter sortie hier on raconte comment Najat Vallaud-Belkacem ancienne ministre socialiste s'est retrouvée dans assise à discuter avec un ancien soutien de Henri De Lesquin militant racialiste délirant qui voulait en son temps il y a quelques années interdire la musique nègre donc voilà c'est ce genre d'informations qu'on va vous raconter des décryptages aussi FAF c'est une newsletter entièrement gratuite comme tout ce que produit Street Press on a la même philosophie que le média c'est à dire qu'on pense que une info elle doit être partagée au plus grand nombre et que il n'y a pas seulement ceux qui ont les moyens qui doivent pouvoir accéder à cette information parce qu'on sait très bien que quand le quotidien il est difficile on va préférer se payer à manger ou s'offrir un petit plaisir parce qu'il n'y a pas que on a le droit aussi dans la vie de s'offrir des plaisirs même quand on a des moyens limités plutôt que s'acheter un journal ou payer un abonnement à un journal numérique donc la newsletter est entièrement gratuite il suffit d'aller sur notre site internet je crois que le lien est en commentaire sous cette vidéo vous allez sur n'importe quel article sur l'extrême droite il y a un pop-up qui s'ouvre ou en bas d'article il y a écrit rentrez votre adresse mail vous la rentrez et à partir de là chaque semaine vous aurez du contenu exclusif sur l'extrême droite l'idée aussi c'est de c'est de bien sûr décrypter mais aussi de donner des outils pour combattre cette extrême droite en expliquant qui elle est parce qu'à Street Press comme tu le disais on existe depuis plus de 10 ans depuis le départ on enquête on documente sur ce qu'est l'extrême droite pour rappeler qu'elle est dangereuse et pour donner des outils pour la combattre parce que encore plus aujourd'hui c'est très important
en gros Street Press fait le travail inverse de celui de CNews qui nous habitue à l'extrême droite qui la banalise comme d'autres médias mainstream malheureusement les médias indépendants sont aussi là pour nous rappeler ce que les autres veulent nous faire oublier l'extrême droite est là l'extrême droite gagne du terrain et face à son offensive il faut une riposte intellectuelle et c'est ce que Street Press fait avec cette newsletter FAF à laquelle nous vous convions à vous abonner c'est gratuit vous pouvez aussi partager quand vous recevez pour que personne ne dise qu'il ne savait pas au moment où les choses commençaient à tourner au vinaigre voilà la contre-matinale du média c'est fini pour aujourd'hui et on se retrouvera donc jeudi donc jeudi c'est-à-dire demain n'oubliez pas de nous faire des dons de devenir abonnés bref de vous impliquer nous avons besoin de vous vous êtes notre seule force à demain voilà
Merci.