Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewyoutube.com· 11 juin 2024 20 min

"Éric Ciotti, dehors!": l'interview de Xavier Bertrand, président LR des Haust-de-France

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. Merci d'être dans ce studio ce matin pour répondre à mes questions. Vous êtes le président LR de la région Hauts-de-France. D'abord, je voudrais savoir de quoi on parle. On va évidemment dans un instant essayer de comprendre. Éric Ciotti, tout seul, pas tout seul, le parti, pas le parti, mais le parti LR et les électeurs LR, c'est qui ? Dans votre région, Hauts-de-France, j'ai regardé. Vous avez vu combien il a fait Jordan Bardella ?

0:26
Xavier Bertrand

Dans la région ? Oui. Bien sûr, comme à chaque élection en dehors des régionales, il a fait 42,5% des voix.

0:33
Présentateur

42,5% des électeurs chez vous ont voté pour Jordan Bardella et pour François-Xavier Bellamy, c'est 6%.

0:41
Xavier Bertrand

Mais pourquoi ? C'est parce que le vote pour les extrêmes, c'est en quelque sorte le thermomètre de la colère, de l'exaspération et du désespoir des gens. C'est ça. Les extrêmes ne portent pas d'espoir. Ils sont le révélateur, justement, du désespoir. Et donc, ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'on a un rejet de la politique qui est menée depuis 7 ans. C'est ça, le sujet. Et d'ailleurs, je voudrais aller un peu plus loin. Vous savez, au moment des élections régionales, quand je gagne contre Marine Le Pen, quand je gagne à nouveau contre le Front National, je ne suis pas un magicien chez moi.

Mais les gens se disent qu'il se bat et il obtient des résultats, notamment sur l'emploi, avec les usines des batteries, ces milliers d'emplois. Vous voyez, c'est ça qui compte. C'est que la politique, ce n'est pas seulement les tambouilles. Ce n'est pas ceux qui sont prêts à abandonner leur valeur pour un poste de ministre. Mais précisément... C'est aussi pas seulement moi, je ne suis pas le seul. C'est aussi des élus locaux, c'est des parlementaires, nos candidats aux législatives, les sénateurs, qui sont aujourd'hui à se battre pour les gens. Ce n'est pas une fatalité de voir des politiques aller à la gamelle.

Ce n'est pas une fatalité de voir des dirigeants de partis politiques aller se coucher devant les extrêmes.

1:47
Présentateur

On va y revenir, justement, précisément dans un instant, la décision d'Éric Ciotti et la décision ou non des autres chez LR. Mais je vous repose la question. Au fond, de quoi on parle ? On parle d'élus qui se sont réunis hier. Mais est-ce que LR, ce n'est pas déjà fini ? Quand on voit que LR, globalement, avait fait 4,5% aux élections présidentielles. Et quand on voit que dans votre région, encore une fois, dans la région dont vous êtes président, Jordan Bardella fait 42,5% des voix. Pardon, mais on est assailli par les mouches.

2:17
Xavier Bertrand

Le plus important... LR, c'est important, c'est mon parti, ma famille politique. Le plus important, c'est la France. Le plus important, c'est les Français. Et au moment de ces élections législatives, ce que l'on doit bien comprendre, c'est qu'on a absolument besoin, besoin, de savoir aussi ce qu'on propose comme voix, comme espoir, comme solution aux problèmes des Français. Maintenant, vous voulez qu'on parle du parti, on va en parler rapidement.

2:39
Présentateur

Ah, il faut quand même comprendre. Est-ce que... Alors, je vais vous poser la question. Est-ce qu'Éric Ciotti est toujours, au moment où on se parle, président des Républicains ? Est-ce qu'il le sera encore ce soir ?

2:46
Xavier Bertrand

Éric Ciotti, dehors. Il a trahi. Il a trahi pour une circonscription. Il a trahi pour être ministre de Mme Le Pen. Dehors. Il doit quitter ses fonctions de président, pas seulement. Il ne doit plus être adhérent de LR.

2:58
Présentateur

Plus adhérent, c'est-à-dire qu'il est viré tout court, pas juste.

3:01
Xavier Bertrand

Mais comme on l'a fait. Mais regardez ce qui s'est passé. Rachida Dati rentre au gouvernement. Oh bon sang, dans la journée, elle a été mise dehors. Édouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Le Cornu. Oui, sauf que là, c'est le président. Ils ont été virés dans la journée.

3:14
Présentateur

C'est lui qui tient les statuts.

3:15
Xavier Bertrand

Mais alors, il faut aussi que chacun s'exprime. Je le fais clairement devant vous. Il faut que Laurent Wauquiez dise aussi Ciotti dehors, et pas seulement qu'il n'est plus président. Il faut que Gérard Larcher dise aussi la même chose. Il faut que chacun s'exprime. Et puis ensuite, il y a aussi des statuts. Mais je veux aller plus loin.

3:27
Présentateur

Vous trouvez qu'il se planque un peu là ? Notamment Laurent Wauquiez, il a dit qu'il serait candidat. Il a dit que ce n'était pas sa ligne.

3:34
Xavier Bertrand

Mais pas la ligne, ça ne suffit pas.

3:34
Présentateur

Il ne l'a pas dit d'ailleurs à un micro. Il a fait savoir que...

3:37
Xavier Bertrand

Mais pas la ligne, ce n'est pas suffisant. On ne va pas coexister, cohabiter au sein d'un mouvement politique qui est l'héritier de Chirac, l'héritier de Sarkozy. Et je ne remonte même pas au général de Gaulle. Et en disant, bon, écoutez, il y en a qui sont sur une ligne. Mais nous, notre ligne à nous, ce n'est pas celle-là. Ça va bien. À partir du moment où ils vont se coucher devant les extrêmes, c'est dehors, comme on l'a fait par le passé. Et il n'y a pas d'exception. Maintenant, il y a aussi les candidats qui seront investis ou soutenus par le Rassemblement national. Eux aussi, dehors.

4:05
Présentateur

Ça veut dire qu'à partir d'aujourd'hui, à partir d'aujourd'hui, il y aura des candidats avec... Mais avec quelle étiquette ? Enfin, pardon, on en est là. C'est-à-dire que les étiquettes, qui va les donner ? C'est le président de LR.

4:17
Xavier Bertrand

Non, mais attendez, on ne va pas se prendre la tête. Bah si, un peu quand même. Non, en politique, il faut de la clarté. Il faut de la vérité. Vous trouvez ça hyper clair ? Bah non, ils veulent aller avec le Rassemblement national, qu'ils y aillent. Mais donc, ils sont dehors et tout de suite. Et on engage immédiatement, dès aujourd'hui, les mesures pour les exclure du parti. Mais je veux aller plus loin dans la clarification. Je veux aller plus loin dans la clarification parce que je veux aussi que les adhérents de LR disent clairement ce qu'ils pensent de cet accord scélérat avec le Rassemblement national. Et pourquoi ? Parce que, je vous l'ai dit, le parti, c'est important.

Mais moins que la France et les Français. Et je veux que les Français qui vont voter pour les Républicains, pour nos super candidats, parce que les candidats qui vont se représenter notamment, et les autres, sont aussi porteurs de valeurs, les mêmes que celles que j'exprime. Ce sont ceux qui ont été courageux, qui n'ont jamais cédé aux sirènes de qui que ce soit, qui se sont fait élire en 2022 dans des conditions absolument difficiles et qui vont recommencer cette fois-là. Ils ont besoin de la clarté. Parce que vous savez ce que font aujourd'hui les candidats du Rassemblement national ? Vous savez ce qu'ils disent dans les médias ? Nous, on est candidats FN, RN et LR. Et puis quoi encore ?

Vous voyez cette tromperie qu'ils utilisent ? Tout simplement parce que certains ont trahi, il faut de la clarté. Et cette tromperie, c'est tout de suite.

5:32
Présentateur

Certains, c'est le président du parti.

5:34
Xavier Bertrand

Et alors ? Du coup, forcément, ça crée quand même une forme de confusion.

5:38
Présentateur

On l'a bien compris. Et que dites-vous aux électeurs ? Je voudrais que vous écoutiez tout de suite Joël, qui est en ligne avec nous. Bonjour Joël. Joël, si je comprends bien, vous habitez dans le Barin. Vous nous dites avoir toujours voté du côté des Républicains, LR. Et pour la première fois, dimanche, vous avez voté RN. Pourquoi Joël et Xavier Bertrand vous écoutent ? Bonjour monsieur.

6:00
Invité

Oui, bonjour madame de Valère. Bonjour monsieur Bertrand. Effectivement, encarté au RPR, électeur DLR depuis longtemps, j'ai voté dimanche au Rassemblement national parce que ça fait quelques temps que je pose une question sur le prix de l'énergie. Et personne n'est capable de me répondre, si ce n'est le RN. Alors la question est la suivante pour monsieur Bertrand. Avec quel bras de levier, le 7 juillet, allez-vous mettre un terme à 11,5% d'augmentation du prix du gaz ? Et comment allez-vous au niveau européen mettre un terme aux accords complètement délirants sur l'alignement du prix du gaz avec les centrales nucléaires à charbon des Allemands ?

6:35
Présentateur

Merci Joël. Xavier Bertrand, qu'est-ce que vous avez dit ?

6:38
Xavier Bertrand

Dès février monsieur, dès février, j'ai demandé, ce n'était pas sur votre plateau, c'est un autre plateau, est-ce qu'il n'y ait pas l'augmentation du prix du gaz qui était prévu ?

6:47
Présentateur

Elle a été annoncée, je précise, cette augmentation de 12% des prix du gaz, elle a été annoncée lundi.

6:51
Xavier Bertrand

Oui, non, attendez, dès février, on a déjà eu une première salve avec le gouvernement qui a dit « Non, non, on n'augmente pas les taxes, c'est le retour à la normale ». Là, encore une fois, j'avais dit « On n'augmente pas le prix du gaz ». Et là aussi, c'est exactement la même chose. Et il y a un moyen de jouer sans aller à l'Europe, monsieur, c'est les taxes. Ces taxes rentrent effectivement dans les poches de l'État. Donc ça, c'est national. Deuxième chose sur le marché de l'énergie, il y a un bras de fer qui est à faire.

Un bras de fer qui est à faire avec nos amis allemands pour obtenir, c'est aussi ce que j'avais demandé, à ce qu'il n'y ait pas seulement une dérogation pour les Espagnols, mais aussi pour la France. Mais vous savez, monsieur, il faut se battre dans la vie. C'est ce que je fais dans ma région. C'est ce que j'ai fait quand j'étais au gouvernement. C'est ce qu'il faut faire dans les instances. La plupart des gens aujourd'hui qui nous gouvernent, ils sont fatigués. Ils ne se battent plus pour les gens. Et c'est la raison pour laquelle aujourd'hui, vous vous dites « On les a essayés, il n'y a rien qui marche. Alors pourquoi pas essayer justement les extrêmes ? » C'est ça que j'entends.

Je ne suis pas sûr que vous soyez dit en allant voter. J'ai l'espoir que ça aille mieux avec Bardella. C'est tout simplement parce que vous en avez marre. Vous avez vos problèmes quotidiens et personne n'y apporte de solution. Parce que vous voyez, quand on avait dit le prix du gaz, ceux qui nous gouvernent, Bruno Le Maire était là hier, mais il ne sait pas ce que ça représente pour monsieur. Je ne connais pas votre vie. Je ne sais pas combien vous gagnez. Je ne sais pas combien vous payez de loyer, combien vous avez de salaire si vous avez des enfants ou pas. Ils n'y arrivent pas, les gens.

8:09
Présentateur

Mais vous pouvez nous donner quelques éléments, Joël. Je ne vais pas être indiscreté. Non, mais je veux dire, Joël, je pense que vous avez envie aussi de parler de votre situation.

8:16
Invité

Alors, comptez une tranche de 2 000 euros. Comptez le fait que je n'ai pas voté les extrêmes parce qu'ils proposent autre chose que ce qui m'intéresse. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est que quand je vais faire mes courses, je n'ai pas 20 % d'augmentation sur les pattes. Quand je paye la facture, je n'ai pas une augmentation totalement erratique d'un prix qui est complètement décorolé de la réalité. Et vous dites, vous avez proposé fausse battre. Mais je répète, le 7 juillet, s'il y a une proposition de loi, qui peut déposer cette proposition de loi ou le levier législatif pour mettre s'inédier fin à l'augmentation du prix du gaz ? Parce que le gouvernement actuel ne mettra pas fin.

8:55
Xavier Bertrand

Le gouvernement actuel ne changera rien. Les députés, les républicains, les députés aussi, l'IOT, c'est aussi un groupe avec des indépendants, avec des centristes, avec des élus d'outre-mer, seront sur cette logique. Plus on aura de voix pour nous, plus on aura d'élus, plus on peut imposer à M. Macron une cohabitation. Il n'y a pas de fatalité à avoir une cohabitation avec le Rassemblement national. Ça peut être une cohabitation avec les républicains et avec notamment les autres élus.

9:22
Présentateur

– Les macronistes vous tendent la main, Gérald Darmanin, un de vos anciens proches, qui dit au fond, nous pouvons travailler ensemble, il dit même qu'il ne demande rien en échange, mais qu'un certain nombre de républicains sont les bienvenus, dit-il, dans une sorte de grande coalition autour d'Emmanuel Macron. Que répondez-vous, Xavier Darmanin ?

9:38
Xavier Bertrand

– Mais c'est à ce monsieur qu'il faut qu'il pose la question. Parce qu'au final, si c'est pour dire, ça va continuer comme avant, mais ce monsieur, il va continuer à dire, vous n'avez rien compris à ma vie, vous n'avez rien compris à la vie. Le problème n'est pas de faire une alliance avec ceux qui nous ont amenés dans le mur depuis 7 ans. Vous savez, Apollines, ce qui est en train de se jouer en ce moment, c'est une révolte, c'est une révolte du peuple, des gens, contre ceux qui dirigent, certains diront les élites. La dernière fois qu'il y a eu ce cri, c'était en 2005 avec le référendum. Et depuis, élection après élection, ceux qui dirigent sont sourds.

Et qui est-ce qui a le plus besoin de l'État et de la politique ? Ce n'est pas ceux qui vont bien, ce n'est pas ceux qui ont des problèmes de fin de mois, c'est des gens qui veulent du pouvoir d'achat par le travail. C'est aussi tous ces oubliés. Regardez dans la ruralité, c'est des gens qui n'existent pas aux yeux de ceux qui nous gouvernent. Regardez ces invisibles. Quand on rentre ici, il y a les agents de sécurité. Quand vous arrivez le matin, tout est nettoyé ici. Il y a des gens qui sont levés à 5 heures du matin. Et ceux-là, aujourd'hui, ils ont des salaires de misère. Et ça ne progressera pas pendant leur carrière. Et puis il y a aussi autre chose, Apollines.

Il y a aussi les stigmatisés. Il y a des gens qui, aujourd'hui, par leur prénom, par leur couleur de peau, par leurs origines, qui se sentent stigmatisés. Eh bien, une chose est certaine, c'est que le 8 juillet, ça ne va pas s'arranger si c'est le Front National qui l'emporte. Parce qu'il faut savoir...

10:55
Présentateur

Vous vous adressez à qui, là ?

10:56
Xavier Bertrand

À tous ceux, aujourd'hui, qui ne se sentent plus reconnus dans la politique ou par les politiques. Tous ceux qui disent « Mais bon sang, j'existe, moi, je vis. » Quand est-ce que vous allez prendre conscience dans le confort de vos responsabilités que vous devez vous battre pour nous, pour la France et pour les Français ? Et ça, c'est plus important que les querelles de chapelle.

11:12
Présentateur

Xavier Bertrand, Emmanuel Macron tiendra une conférence de presse tout à l'heure, à 11h. Il rentre dans l'arène. Est-ce que c'est son rôle ?

11:20
Xavier Bertrand

Mais il n'a rien compris. C'est lui le fauteur de troubles, depuis des années. C'est lui qui, avec les Européennes, en s'engageant autant, nous a mis dans ses... À chaque fois qu'il a parlé, il a donné un point au Rassemblement National. À chaque fois. Il ne s'en rend pas compte. Et là, en décidant de précipiter les choses... Attendez, je suis sûr d'une chose. Il pense qu'il a raison. Et il pense qu'il va les gagner, ces élections. Mais je le dis, M. Darmanin, qui nous tend la main, dit plutôt au président de la République de prendre conscience qu'être chef de l'État, c'est un peu être comme un père de famille. C'est de chercher à apaiser, à protéger. Regardez les élections européennes.

Les Français disaient sécurité, immigration, pouvoir d'achat, santé, logement. On veut des logements. On a besoin de se loger. Et le président, il a répondu quoi ? Il a répondu Ukraine, Poutine. Il a répondu Mirage 2000. Il a foutu la trouille aux Français. Et aujourd'hui, ce qu'il doit bien comprendre, c'est qu'il faut qu'il laisse les différents candidats faire campagne, mais lui, qu'il se comporte en chef d'État, c'est-à-dire quelqu'un qui est au-dessus de la mêlée, quelqu'un qui est arbitre. Vous voyez, aujourd'hui, on est à front renversé. M. Mélenchon divise. Il fait peur. Il se planque. Mme Le Pen, elle sait aussi qu'elle divise. Elle se met en retrait. Elle se planque derrière M.

Bardella. Et le seul qui s'exprime alors qu'il devrait se mettre en retrait, c'est le président de la République. Je ne sais pas si vous serez à la conférence de presse, mais dites-lui plutôt qu'il réfléchisse à se mettre en retrait parce que les Français, aujourd'hui, ne supportent plus. Et si vous voulez rassembler tous ceux qui divisent Mélenchon, Le Pen, Macron, il faut s'en éloigner si on veut rassembler les Français. C'est la seule solution.

12:58
Présentateur

Mais rassembler les Français, Xavier Bertrand, vous le disiez à l'instant, sur les questions de sécurité, de pouvoir d'achat, d'immigration, de violence, qu'est-ce que vous, vous allez proposer dans cette campagne qui ferait que les électeurs comme Joël pourraient voter pour vous plutôt que pour le RN ? Qu'est-ce qui fait que les 42% d'électeurs chez vous dans les Hauts-de-France qui ont voté Jordan Bardella pourraient s'en détourner ?

13:21
Xavier Bertrand

Le pouvoir d'achat par le travail. Aider en priorité ceux qui travaillent. Et avec une mesure qui est simple, qui est importante, c'est que le salaire net se rapproche du salaire brut. Voilà la priorité des priorités. Et d'une certaine façon, je vous dis ça, je ne me contente pas de le dire.

13:38
Présentateur

C'est exactement ce que Bruno Le Maire m'a dit hier matin. Exactement. Il a dit qu'on va faire en sorte que le brut et le net. Et vous ne l'avez pas fait ?

13:46
Xavier Bertrand

Pourquoi il ne l'a pas fait ?

13:47
Présentateur

Personne, finalement.

13:48
Xavier Bertrand

Mais attendez, vous plaisantez. Dans la région des Hauts-de-France, les gens, je les aide quand ils bossent. Alors moi, je n'ai pas la possibilité de rapprocher le net du brut, mais je leur prends en charge une partie de leur facture de carburant pour aller travailler. Je prends en charge une partie de la garde d'enfants pour les gens qui travaillent. Je prends en charge une bonne partie, 90%, du prix du permis de conduire pour justement ceux qui travaillent pour leurs enfants.

14:07
Présentateur

Les gens dont vous parlez, c'est ces gens qui ont voté à 42% pour Jordan Bardella ?

14:10
Xavier Bertrand

Quand ils votent pour moi, le Haut-Front national recule de 17%. Et je ne suis pas un magicien, mais je me bats pour eux. C'est toute la différence. C'est-à-dire que là, je suis président de région. Mais nos députés, et aussi dans la politique nationale, il faut savoir quelles sont les priorités. Et c'est ça, aujourd'hui, la clé. Alors c'est quoi la priorité ? Et la clé, c'est aussi de dire...

14:27
Présentateur

C'est quoi la priorité, Xavier Mertrand ?

14:28
Xavier Bertrand

La priorité, c'est d'essayer de dire aux Français qui sont en colère, qui n'ont plus envie d'écouter les politiques, c'est de leur dire, regardez bien quand même les projets. Vous allez voir des candidats du Rassemblement national. Posez-leur une question. Mais vous allez faire comment ? Regardez sur les retraites. Maintenant, M. Bardella, c'est M. On verra bien. Il y en a qui se sont dit, tiens, on va voter pour le Rassemblement national parce que les retraites, la réforme a été injuste. Je le pense aussi. Et je l'ai dit aussi sur votre plateau. Mais maintenant, M. Bardella, on ne sait pas comment on va faire. On verra bien. Dans le projet du Front national, il y a...

15:01
Présentateur

Jordan Bardella qui, effectivement, ne dit plus officiellement qu'il abrogera la réforme des retraites.

15:06
Xavier Bertrand

C'est dingue quand même. Il veut prétendre à occuper les fonctions à Matignon et il ne dit pas ce qu'il va faire. On a besoin de savoir. Je pense qu'à un moment donné, il y a la colère. Elle est là, dirigée contre le président de la République principalement. Mais il faut obtenir ses réponses. Comment ils financent l'épargne ? L'épargne, c'est quoi pour les Français ? C'est l'assurance-vie. Et l'assurance-vie, ce n'est pas pour les plus riches. C'est aussi pour les classes moyennes et beaucoup de Français qui ont épargné pour plus tard ou pour les enfants. Est-ce que dans le projet du Front national, il y a ça ?

Si demain, vous avez besoin de faire des économies, les 20 milliards d'euros, comment il fait M. Bardella ? Faire un loto de la dette peut-être ? Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ceux qui sont les premiers concernés, les premiers, ce sont les retraités. Il faut les protéger parce qu'ils ont travaillé toute leur vie. On a besoin de réponses quand on est sur une élection qui n'est plus une élection européenne, mais une élection législative. Si Mme Le Pen se planque, M. Bardella ne peut pas être monsieur. On verra bien. Il doit répondre tout de suite.

15:59
Présentateur

Xavier Bertrand, on va se projeter dans 18 jours, au soir du premier tour, en cas de triangulaire. RN, Front de Gauche, LR. Enfin LR, droite républicaine. Vous restez, vous vous maintenez. Vous ne vous désistez pas en vous disant qu'il faut faire battre le RN, ça c'est fini.

16:17
Xavier Bertrand

Vous savez pourquoi ?

16:18
Présentateur

Il n'y a plus de « on se retire » pour faire battre le RN.

16:21
Xavier Bertrand

Non mais le Front de Gauche avec LR, ça va bien. M. Mélenchon, le danger de la République ? Non mais il faut bien comprendre aujourd'hui que les deux extrêmes sont aujourd'hui des véritables dangers. J'en suis intimement convaincu.

16:33
Présentateur

Autant l'un que l'autre ?

16:34
Xavier Bertrand

Évidemment. Donc ça veut dire nid.

16:36
Présentateur

Maintenant, deuxième possibilité. Je voudrais juste finir avant la politique fiction.

16:39
Xavier Bertrand

Celui qui vous parle, qui je suis ? Je suis quelqu'un qui est de la droite républicaine à 1000%. D'une droite qui est aussi une droite de résistance. Et même si c'est compliqué, je viens avec mes valeurs. Je viens avec les propositions des candidats.

16:51
Présentateur

Oui mais vous êtes aussi quelqu'un qui, lorsqu'il était face au RN, le candidat de gauche a dit « j'appelle à voter pour Xavier Bertrand ».

16:57
Xavier Bertrand

Non mais le candidat de gauche, si c'est M. Mélenchon qui est derrière ? Ah non, il y a des candidats de gauche, notamment qui sont adhérents du groupe Liott. Je vais aller les soutenir. Parce que je préfère mille fois que ce soit eux que le Front National. Mais dès qu'il y a la main de M. Mélenchon, ah non.

17:11
Présentateur

Donc vous vous retrouvez ensuite avec un candidat RN au deuxième tour et un candidat de cette gauche qui comprend LFI. Vous faites quoi ?

17:20
Xavier Bertrand

Mais je viens de vous le dire à l'instant.

17:21
Présentateur

Non mais là, dans ces cas-là, c'est fini. LFI, jamais. Dans ces cas-là, c'est fini.

17:23
Xavier Bertrand

LFI, jamais. Voilà. Et le RN, jamais. Je veux être clair.

17:26
Présentateur

Donc vous votez blanc.

17:27
Xavier Bertrand

Mais encore une fois...

17:29
Présentateur

Donc ça veut dire qu'au deuxième tour, vous votez blanc.

17:30
Xavier Bertrand

Mais je viens de vous le dire à Pauline, je peux vous le dire de 10 000 façons. En chantant, je ne suis pas sûr que j'aurai le même succès. Les deux extrêmes, c'est non. Ni Le Pen, ni Mélenchon. Et aujourd'hui, si vous croyez à la force de la résistance, à la force de l'indépendance, ce sont les candidats des Républicains. C'est ça le véritable enjeu.

17:48
Présentateur

Donc vous aurez des candidats partout, y compris face à Eric Ciotti.

17:52
Xavier Bertrand

Y compris face à tous les candidats LR qui auraient le soutien ou l'investiture du Rassemblement National. Il faut que les choses soient très claires. Et cette clarification, encore une fois, ce n'est pas une affaire de boutique interne. C'est une affaire également pour dire aux Français qui nous sommes et pour qui ils votent.

18:09
Présentateur

Combien de députés est-ce que vous savez qu'ils resteront avec vous ? Parce que ce matin, du côté du Rassemblement National, on dit qu'il y aura plusieurs dizaines de LR investis. Eric Ciotti affirme qu'il n'est pas seul. Combien ?

18:23
Xavier Bertrand

Mais je n'en sais rien, moi. Mais ce que je sais, c'est que tous ceux qui sont aujourd'hui les sortants, à 99%, à part M. Ciotti et sa voisine dans sa circonscription, ils sont tous sur la ligne. Le Rassemblement National, ce n'est pas nous. Le Rassemblement National, jamais. Ça, ce sont des gens honorables. Ce ne sont pas des traîtres, ceux-là.

18:42
Présentateur

Vous avez demandé au début de cette interview à Laurent Wauquiez de clarifier. Est-ce que vous savez si quelqu'un l'a eu au téléphone ? Vous savez, si quelqu'un s'est parlé.

18:49
Xavier Bertrand

Je n'en sais rien. Et puis honnêtement, c'est leurs affaires. Moi, je veux une clarification. C'est leurs affaires, ça va devenir les vôtres.

18:53
Présentateur

À 15h, vous serez dans ce bureau politique convoqué en urgence, auquel Eric Ciotti sera présent en tant que président des Républicains. On est bien d'accord.

19:01
Xavier Bertrand

Autour de la table, il sera là. Oui, parce qu'il n'a pas eu la décence, il n'a pas eu le sens de l'honneur de partir aussitôt. Donc je présume qu'il sera là. Je serai présent également à ce bureau politique. Et je redirai ce que je viens de vous dire à l'instant. Mais encore une fois, encore une fois, il y a ceux qui se vôtrent devant les extrêmes. Et il y a ceux qui se tiennent droit et qui veulent parler aux Français en leur disant « Quelle que soit votre colère, regardez bien les uns les autres. » Il y a des gens responsables. Il y a des gens d'expérience. Et on veut justement se battre pour vous. C'est ce que feront nos candidats les Républicains.

19:30
Présentateur

Merci Xavier Bertrand d'avoir répondu à mes questions ce matin. Vous qui êtes donc le président LR de la région Hauts-de-France. Rendez-vous donc à 15h tout à l'heure pour ce bureau politique.