Depuis Crolles en Isère, le Président Emmanuel Macron présente la stratégie Électronique 2030.
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« Nous avons ouvert deux fois plus d'usines que nous en avons fermé, ce qui n'était pas arrivé depuis des décennies. »
- 9:00Emmanuel MacronChiffre
« L'électronique, ce sont 30 à 40 % des coûts de fabrication d'une voiture, 230 000 emplois, plus de 50 milliards de chiffre d'affaires chaque année. »
- 15:00Emmanuel MacronPromesse
« La France se met dans cette dynamique qui est de doubler la production européenne de semi-conducteurs. »
- 16:00Emmanuel MacronFait
« L'Europe s'est réveillée dans le cadre de cet agenda que vous m'entendez défendre depuis cinq ans, celui d'une indépendance et d'une souveraineté européenne. »
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Bonjour à toutes et à tous. Monsieur le président de la République, Monsieur le Commissaire européen, Monsieur le ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, cher Bruno, si je peux me permettre, Madame la Ministre, Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les députés et élus, Jean-Nicolas, et tous mes chers collègues, je ne vous cache pas vraiment ma fierté et ma satisfaction de vous recevoir aujourd'hui ici, sur le site de Crolles. Je pense que la visite a été une parfaite illustration de l'importance stratégique de ce site pour toutes les parties prenantes, bien entendu STMicroelectronics, ses clients, ses actionnaires, mais l'État français, la région Rhône-Alpes et la ville de Crolles.
Je voudrais toutefois insister sur deux points et vous remercier vraiment d'être ici aujourd'hui, Monsieur le président de la République. D'abord je vais parler de nos atouts, mais je vais parler d'un de nos atouts principaux, ce sont nos collaboratrices et nos collaborateurs. Vous avez ici un vivier unique de compétences, de talents, de personnes engagées et déterminées et de personnes très résilientes.
Ça fait ensemble maintenant dix trimestres que nous passons à travers les différentes crises : COVID-19, pénuries diverses liées malheureusement aux événements tristes d'Ukraine et de Russie, les autres pénuries qui sont liées effectivement à l'industrie elle-même. Nous sommes passés à travers. Et vous avez surtout ici un vivier de compétences qui est reconnu mondialement.
Ce site, je pense, est unique en France puisque ses clients, ce sont Apple, Tesla, SpaceX, General Motors, Ford, mais en Europe ce sont Schneider, Siemens, Bosch, Valeo, Stellantis, Renault, BMW et Daimler et en Asie ce sont Denso, Hyundaï, JWD, bref toute la palette de grands groupes automobiles, industriels, mais aussi grand public. Je pense qu'il n'y a pas d'autre site en France qui a ce panel de clients. Chaque client qui vient ici reconnaît la compétence des gens de Crolles, et c'est notre atout majeur.
Vous pouvez leur accorder la confiance que vous nous accordez aujourd'hui, Monsieur le Commissaire, vous pouvez leur accorder la confiance de l'Union européenne, et je leur accorde, au nom de la compagnie, notre pleine confiance. La deuxième chose que je veux rappeler, c'est le modèle industriel intégré. Sur les 25 premières compagnies mondiales de semi-conducteurs, que ce soit en termes de revenus ou de capitalisation boursière, uniquement trois ont gardé un modèle dit intégré.
Je ne parle pas du fameux barbarisme "Asset light". "Asset light" ne veut rien dire, vous avez vu les assets de cette usine, je parle de fournisseurs intégrés Intel et Samsung, mais ce sont deux compétiteurs spécialisés micro-processeurs et mémoires. Mais le seul qui est resté largement intégré, qui adresse le monde de l'automobile et le monde industriel, c'est STMicroelectronics, avec ses 14 sites dans le monde, 4en France : Rennes, Tours, Aix-en-Provence et Crolles.
Ce que nous allons faire ensemble, tous ensemble, en trois ou quatre ans, c'est doubler la taille de ce site, et ce qui a été fait avant en 30 ans. Donc, en 3-4 ans, on va faire ce qui a été fait en 30 ans. Cela démontre le positionnement stratégique de la compagnie sur les marchés en croissance séculaire, l'automobile et le secteur industriel notamment, tirés par la digitalisation et la décarbonisation.
Cela démontre que vous avez eu raison, Monsieur le ministre de l'Économie à l'époque et ensuite Monsieur le Président, de supporter les initiatives de recherche et développement d'il y a plusieurs années, parce qu'aujourd'hui nous sommes prêts à faire ce voyage ensemble. C'est ce que je vous propose et, avant de laisser la parole, je voudrais que mon ami Tom, avec qui on a conçu ce projet, nous dise quelques mots. Je vais changer un peu les choses et vous transmettre mes remarques en anglais.
D'ordinaire, je ne prépare par mes commentaires à l'avance mais l'importance de cet évènement m'oblige à bien faire les choses. Je vais donc lire mon script si cela vous convient. Ça commence par : " Merci Jean-Marc ".
Bonjour à tous. Alors que nous célébrons notre annonce aujourd'hui, je me permets de prendre un instant pour revenir sur ce qui nous a conduit ici et sur les aspects faisant que des partenariats comme celui dont nous sommes les témoins aujourd'hui, seront déterminants pour le futur de l'industrie des semiconducteurs. Nous le savons aujourd'hui, les semiconducteurs jouent un rôle central dans l'économie mondiale.
Ce constat est d'autant plus vrai que le monde entier fait face à un manque d'approvisionnement de semiconducteurs. Comment en sommes-nous arrivés là ? Je dirais que c'est la conséquence à la fois d'un sous-investissement industriel et d'une accélération de la transformation numérique dus aux Covid-19, ainsi que de l'utilisation généralisée des semiconducteurs.
Aujourd'hui, ils sont utilisés dans tout, partout et il nous faut résoudre un autre problème : leur fabrication produite majoritairement en Asie. Notre industrie a besoin de moyens, elle doit doubler dans les 8 prochaines années pour répondre à la demande actuelle ainsi qu'à la demande croissante de demain. Je me permets de remettre cet investissement dans son contexte et d'en expliquer les enjeux.
Il a fallu 50 ans et la moitié d'un billion de dollars pour construire notre industrie d'aujourd'hui. Nous allons doubler cette industrie dans les 8 à 10 années à venir. Une accélération de l'investissement de 5 à 10 fois plus rapide sera donc nécessaire.
Pour y parvenir, il est primordial que nous possédions : un nouveau modèle économique pour l'industrie basé sur le partenariat et l'investissement, des partenariats entre les entreprises de production, telles que GF et ST, ainsi que leurs clients, des partenariats entre le Gouvernement et l'industrie. Nous devons également produire des moyens plus diversifiés permettant de sécuriser la logistique, l'économie et la souveraineté. Nous nous associons pour changer l'industrie, qui elle-même change le monde.
L'annonce d'aujourd'hui définit un nouveau modèle de partenariat économique. De grandes entreprises de fabrication telles que STMicro et GlobalFoundries s'associent avec le Gouvernement français afin de créer les moyens dont a besoin le monde, là où il en a besoin, à savoir ici, dans l'Union européenne. Ce projet s'inscrit dans les objectifs ambitieux que sont l'European Chips Act et le désir du Président Macron de redonner vie à l'industrie française.
Pour conclure, je suis sûr que vous êtes avis d'entendre cela, je remercie Monsieur le Président, Monsieur Le Maire pour leur vision et leur soutien pour notre industrie. Je veux remercier nos clients et leur collaboration, nos fournisseurs, essentiels dans la réussite de ce projet, et bien entendu, merci à toi, Jean-Marc, et à toutes nos équipes dont les compétences et les efforts quotidiens ici, à Crolle, durant ces 6 derniers mois permettent de créer cette opportunité aujourd'hui et plus important encore, celles de demain. Allons construire ces semiconducteurs dont toute la société a besoin.
Merci. Monsieur le Commissaire, je peux vous appeler cher Thierry, Monsieur le président de la République, je suis vraiment heureux d'être ici, Monsieur le ministre de l'Économie, mon cher Bruno, Madame et Messieurs les Ministres, Messieurs les Directeurs généraux. Je n'oublie pas l'administrateur général du CEA, il est suffisamment grand, on le voit même quand il se met au fond, Monsieur le Président, parce qu'il a joué un rôle important et il jouera aussi un rôle très important.
Monsieur le président de la République, c'est un moment très important, évidemment pour la région, on vient d'en parler, et pour la France bien entendu, un moment de grande fierté aussi. Je suis Commissaire européen, mais je suis français donc je suis fier d'être ici avec vous ce matin. C'est un moment très important pour l'Europe.
C'est un moment très important parce que, Monsieur le Directeur général, vous vous souvenez, il y a un an, c'était le 21 juillet, pratiquement un an jour pour jour, j'étais venu vous voir parce que nous avions lancé à la Commission européenne le European Chips Act. Monsieur le Président en a beaucoup parlé avant. C'est tout simplement la volonté déterminée de l'Union européenne de se mettre en mouvement pour reconquérir, là encore, et, Bruno, on a passé un temps fou sur cette question, notre souveraineté en matière de semi-conducteurs.
On sait que c'est un enjeu absolument essentiel. En l'espace d'une trentaine d'années, on pourra expliquer tout ça, on est passés de 40 % de fabrication mondiale sur le territoire européen, à moins de 10 %. Évidemment, aujourd'hui cette dépendance n'est plus acceptable.
On le voit évidemment sur toutes nos chaînes de valeurs, vous en avez parlé. Cela concerne évidemment l'automobile, l'industrie, l'Internet des objets, la santé, cela concerne tout. Si vous arrêtez de fabriquer, quelques semaines plus tard il n'y a plus une usine qui fonctionne.
Donc c'est un élément majeur et absolument indispensable. Pour reconquérir ce que vous souhaitez, Monsieur le Président, en tant que président de la République mais aussi en tant que président de l'Union européenne en exercice qui vient de céder cette fonction au Premier ministre tchèque, vous nous l'avez dit et répété, c'est aujourd'hui chose faite puisqu'avec cet investissement très significatif, la France se met dans cette dynamique qui est de doubler la production européenne de semi-conducteurs, et la France va doubler précisément sa production. Donc la France, je tiens à le dire du reste en tant que commissaire, est le premier pays de tous les pays de l'Union à avoir saisi cette opportunité et s'être mise en mouvement avec des industriels de renom mondialement connus, pour précisément aller dans cette dynamique.
Le troisième point, c'est très important, vous l'avez rappelé, ce sont les compétences, les hommes et les femmes. Il y a un écosystème absolument formidable ici et, donc, je ne suis pas étonné que finalement ce soit le site que vous ayez choisi, Monsieur le Président, avec les équipes de Bruno, pour faire en sorte que ce soit ici que se déroule une nouvelle aventure des semi-conducteurs. Quand je dis une nouvelle aventure, on en a beaucoup parlé, il a fallu que je convainque un peu le Directeur général parce qu'au début je lui disais mais on va mettre de l'argent public, on va autoriser, nous, de l'argent public.
Monsieur le Directeur général, ce n'est pas pour faire ce que le marché vous permettrait de faire, c'est pour aller au-delà. On va financer aussi le risque et, le risque, c'est d'aller dans les technologies de rupture. Et les technologies de rupture c'est, on le sait, en matière de semi-conducteurs bien sûr à 18 nanomètres, 18 milliardièmes de mètres, ce qui est déjà un exploit, mais vous allez peut-être aller encore plus loin, à 12 nanomètres et peut-être à 10 et, enfin, en ligne de mire, 7 nanomètres.
Ce qui est formidable c'est qu'on a décidé, une fois de plus, de prendre tout notre destin en main. Bien sûr, il va y avoir de l'argent public qui va être mobilisé parce qu'il y a un risque associé mais, ce risque, on sait que c'est l'avenir, parce que c'est dans ce niveau-là qu'on va chercher la vitesse, le temps de latence et surtout une technologie, le FD-SOI, comme on dit, dont je ne peux m'empêcher de dire qu'elle a quand même été développée, Monsieur l'Administrateur général, ici, au CEA, et notamment par le Leti, avec évidemment le support, on le sait, de ce High-tech. Ces technologies, il y en a deux, qui sont aujourd'hui les technologies mondialement reconnues : FD-SOI et FinFETs.
FD-SOI est née ici, à Grenoble, et elle va trouver son avenir, cette nouvelle génération, ce futur, ici à Grenoble. Ce sont les technologies dont on a besoin pour assurer la transition énergétique, ce sont celles qui consomment le moins, les puces que vous fabriquez et que vous allez fabriquer. Ce sont les technologies qui vont nous permettre aussi, Monsieur le Président, de contribuer à notre souveraineté, notamment en matière de défense, parce que ces puces ne sont pas sensibles aux effets électromagnétiques.
On sait, par les temps qui courent, que certains sont capables de les utiliser donc c'est mieux d'avoir ce type de protection, y compris pour l'industrie spatiale. Voilà, je voulais dire vraiment ma grande fierté, un grand merci vraiment aux équipes, à vos équipes, Monsieur le Président, et aux équipes évidemment de GlobalFoundries et de ST, pour avoir fait ce travail formidable. Je suis très fier, en tant que Commissaire européen, de voir que la France fait la course en tête dans ce domaine aussi stratégique pour notre avenir.
Merci Thierry. Madame et Messieurs les Ministres, Monsieur le Commissaire européen, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, Monsieur le maire de Crolles, Monsieur le maire de Grenobles, Monsieur le président de la Métropole, Madame la vice-présidente de la Région, Mesdames et Messieurs les élus, Monsieur le Directeur général de la BPI, Monsieur L'Administrateur général du CEA, cher Jean-Marc, cher Tom, Mesdames et Messieurs, chers amis, tout a été dit sur l'importance de cet investissement et ce qui se joue ici, mais je suis néanmoins très heureux d'être parmi vous. Ce n'est pas un hasard si, en effet, je me retrouve là aujourd'hui, en cet été 2022, à Crolles, dans cette ville qui marque en quelques sortes à la fois l'excellence scientifique, la création et l'innovation industrielle, et cette histoire de souveraineté dont on a beaucoup parlé, parce que c'est bien ce qui se joue derrière cet investissement, c'est de se dire qu'ici nous construisons les voies et moyens d'être maîtres de notre destin.
On l'a tous vu. Je rappelais tout à l'heure à quelques uns, quand la France sortait de la paralysie complète du COVID-19 et repartait, pour s'arrêter de confinement en confinement, ici vous étiez déjà à pied d'oeuvre pour produire parce qu'on s'était aperçu, dès le redémarrage un peu désordonné de notre planète, qu'il y avait des effets de rareté et qu'au fond, pour produire des téléphones mobiles et des voitures en masse en même temps et tout redémarrer, on avait besoin de ces fameux semi-conducteurs que tout le monde avait oubliés et qui étaient si essentiels à notre vie industrielle. Il en est, au fond, de votre industrie comme d'une autre industrie d'ailleurs chère à la région, la chimie, ce sont des industries sans lesquelles le reste de l'industrie ne peut pas fonctionner.
C'est pour ça qu'à chaque fois j'insiste là-dessus, on y joue notre souveraineté, et c'est aussi pour ça que vous m'avez là à vos côtés. Le premier message clair que je voulais ici passer, c'est celui de notre réindustrialisation. Ça a été dit ici, rebâtir notre indépendance et rebâtir notre indépendance industrielle.
Elle n'allait pas de soi parce qu'il se trouve qu'il y a eu, il y a plusieurs années de cela dans notre pays, des tentations de dire l'industrie n'est plus à la mode. Parfois, on a même dit on va abandonner l'industrie pour aller vers les services, l'industrie n'est pas l'avenir de nos nations. C'était une erreur funeste mais, au-delà de ça, on a ensuite subi des chocs économiques profonds qui nous ont plus touchés que nos voisins, il faut bien le dire.
C'est ce qui fait que la France, après la grande crise financière de 2008-2012, a détruit ainsi, entre 2010 et 2015, plus de 400 usines. C'est ça, la réalité de notre pays. Mais ce n'était pas une fatalité et donc tous, parce que c'est l'oeuvre de la nation, c'est le travail de la France toute entière, nous avons redémarré et, ces six dernières années, nous avons recréé 120 nouveaux sites industriels.
L'année dernière, alors que la crise était encore là, 53 nouvelles implantations ont été mises en oeuvre, et nous avons ouvert deux fois plus d'usines que nous en avons fermé, ce qui n'était pas arrivé depuis des décennies. Donc, le premier message que je veux faire passer, c'est que nous avons mis fin à cette lente désindustrialisation de la France. On rouvre des industries.
On ouvre plus d'usines qu'on en ferme dans notre pays. On recrée de l'emploi industriel, pourquoi ? Parce qu'on a fait les bons choix macroéconomiques.
Il faut l'assumer parce qu'il ne faut pas faire bégayer l'histoire et revenir en arrière. On l'a fait pourquoi ? Parce qu'on a continué de former et d'attirer des talents par une bonne politique éducative, d'enseignement supérieur dans nos industries et une politique fiscale attractive parce que si les talents, on les matraque plus que de l'autre côté de la frontière, ils vont de l'autre côté de la frontière.
Par une politique de fiscalité du capital attractif, parce qu'on ne fait pas d'entreprise sans fiscalité du capital, ce sont des talents et c'est du capital investi. Donc par les choix faits il y a cinq ans, on a recréé la compétitivité du site industriel français, de la fiscalité de ses entreprises et de ses investisseurs, et ce n'est pas vrai qu'on peut créer de l'industrie sans faire cela. Et on a massivement investi sur les savoirs, les compétences, l'innovation et la recherche, Madame la Ministre, avec une loi de programmation commençant à rattraper les retards qui avaient été accumulés là aussi, et des politiques massives d'innovation industrielle et technologique grâce à nos grands centres.
La présence du CEA ici, et de tant de ces grands laboratoires et de ces spin-off en est la démonstration. Je pourrais ainsi scander beaucoup d'autres choses qui ont été faites. Ce qu'on a fait aussi en termes de formation et d'apprentissage a été essentiel, en particulier dans le tissu industriel, pour remettre nos jeunes dans ces métiers et nous permettre de développer.
Ensuite il y a eu un deuxième train de réindustrialisation, ça a été pendant la crise grâce à France Relance. Parce qu'avec France Relance on a développé, au niveau européen, un plan industriel, mais on l'a décliné en France avec, vous le savez, 100 milliards d'euros d'investissements, dont 35 sur l'industrie, et une réindustrialisation numérique et verte. D'ailleurs, un peu plus d'un milliard a été déployé sur ce seul département de l'Isère, qui a, on le sait, de très grandes forces historiques, mais en permettant également de relocaliser des choses qui étaient parties.
Le précédent Premier ministre, Jean Castex, était à vos côtés il y a quelques mois pour rouvrir les usines de paracétamol. La production de paracétamol avait quitté la France, On a investi, on va le refaire chez nous. On pourrait citer les bottes Aigle et beaucoup d'autres.
Là aussi, c'est de l'empreinte industrielle, c'est du coût de capital humain, c'est de la formation, ce sont des emplois, ce sont des embauches, ce qui nous a permis de créer ces dernières années 1 200 000 emplois net dans notre pays. Donc c'est toute cette stratégie qu'on va poursuivre dans les prochains mois et les prochaines années, en continuant de baisser les impôts de production des entreprises parce qu'on est un peu décalés par rapport à certains de nos voisins, c'est ce qui leur permet de continuer à investir et à embaucher, et en investissant, c'est le coeur de ce qu'est France 2030, cher Bruno, avec 54 milliards d'euros qui sont en train d'être investis. Là, ce n'est plus France Relance.
On ne répare pas, on ne relocalise pas, on ne consolide pas, on bâtit des filières en profondeur pour construire nos industries de demain en tenant compte de nos objectifs, c'est-à-dire la neutralité carbone 2050, la digitalisation, et répondre aux défis éducatifs, de santé du pays, etc. Dans ce contexte-là, l'électronique a évidemment un rôle essentiel. Ça a été rappelé, on l'a dit, c'est un rôle essentiel parce que c'est en quelques sortes l'industrie de l'industrie.
En tout cas, c'est parmi ces secteurs clés sans lesquels on ne peut pas développer parce que toutes les transitions que nous sommes en train de vivre impliquent des innovations et de la production dans votre secteur. Quand on parle d'aller vers les véhicules électriques et une mobilité plus électrique, évidemment on sollicite encore davantage l'électronique de puissance et les technologies qui sont produites dans vos secteurs. Quand on parle d'objets connectés, d'intelligence artificielle et donc de véhicules autonomes, on double cet effet, si je puis dire.
Quand on parle de transition climatique et de créer de l'industrie en réduisant nos émissions et notre consommation d'énergie, et c'est absolument clé si on veut réussir à continuer de créer des emplois en tenant nos objectifs climatiques, on parle d'innovation dans le secteur électronique. L'électronique, ce sont 30 à 40 % des coûts de fabrication d'une voiture, 230 000 emplois, plus de 50 milliards de chiffre d'affaires chaque année. Je le dis ici pour ne pas faire de jaloux entre Crolles et Bernin, je pourrais citer les cousins de ce High-tech aussi, en même temps que STMicroelectronics et toutes les startups, nous en avons vu certaines...
Tout ça pour vous dire que l'électronique évidemment, dans l'ensemble des sites qui sont concernés, joue ce rôle essentiel. Je veux ici remercier le Commissaire européen pour ce fameux Chips Act qui a été pris parce que, pour la première fois, en Européens, nous avons bâti un cadre d'innovation et de réindustrialisation. L'Europe s'est réveillée dans le cadre de cet agenda que vous m'entendez défendre depuis cinq ans, celui d'une indépendance et d'une souveraineté européenne, pour dire : on ne peut plus dépendre.
Pourquoi ? Parce que, même si historiquement on avait fait, en particulier ici, ces innovations et cette production, on avait progressivement laissé la production de masse se déplacer vers l'Asie. Donc quand le monde est reparti, je le disais à l'instant, ce sont nos industriels qui ont subi le plus de conséquences.
Donc l'Europe s'est dit, il y a un peu plus d'un an, on doit bâtir les voies et moyens d'être indépendants, autonomes, et de ne pas aller frapper à la porte de grands producteurs dans quelques pays d'Asie pour pouvoir produire pour nous et relancer comme on le veut. Le Chips Act est absolument clé en ce qu'il bâtit une stratégie, un cadre, et incarne cette Europe avec une boussole numérique très claire, j'aime qu'on se donne comme ça des caps : doubler la production de semi-conducteurs de pointe et durable pour atteindre 20 % de la production mondiale d'ici 2030. C'est au fond de se dire qu'on sort de la crise Covid en disant l'Europe c'est 10 % de la production, on se donne la décennie pour doubler notre part dans la production mondiale.
Ça veut dire, derrière, faire quasiment quatre fois plus parce que, comme la production mondiale va elle-même doubler en raison de ces transformations d'usage, vous voyez bien le défi qui est devant nous. C'est pour toutes ces raisons que nous avons construit le plan électronique 2030 grâce à ce cadre européen et grâce à nos investissements, dont je veux ici vous donner les principaux axes et qui est un des éléments clés de France 2030. Premièrement, c'est ce fameux plan européen (PIIEC) qui est permis par la Commission, son travail, dans lequel nous allons investir beaucoup d'argent public et où il va y avoir aussi beaucoup d'argent privé qui va être mis.
À l'échelle française, la première priorité, en effet, c'est de développer les technologies dont notre futur a besoin et donc d'avoir une dynamique de soutien inédite. Pour ce faire, on va structurer les chaînes de valeurs dans notre pays autour de 15 chefs de file industriels : STMicroelectronics, Soitec, Lynred, X-Fab, Teledyne, Renault, Valeo et Valeo Siemens, Continental, Vitesco Technologies, Murata, Aledia, Orange, Atos et Airbus. Environ 150 partenaires tricolores : startups, PME, entreprises de taille intermédiaire, mais aussi des chercheurs du CEA, du CNRS, de beaucoup de laboratoires académiques et d'universités.
Évidemment, dans ce cadre, le bassin grenoblois est bien sûr à l'honneur, mais pas seulement. On a 8 régions qui accueilleront des projets industriels de ce fameux IPCEI qui sera un vivier d'embauches, avec plusieurs milliers d'emplois qui seront créés dans les prochaines années. On le disait, les besoins de recrutement ce sont 18 000 emplois sur les trois prochaines années sur la filière.
Au total, ce sont ainsi plus de 10 milliards d'euros qui seront injectés dans notre industrie, pour la création d'une bonne dizaine de nouvelles usines ou de nouvelles lignes de production. C'est un investissement dans la filière qui est inédit dans notre histoire. Globalement, ça devrait concourir à une augmentation de la production en France, dans les quatre ou cinq prochaines années, de l'ordre de 30 %, avec cet objectif de nous rendre plus autonomes et d'accélérer en particulier notre transition énergétique et climatique grâce à ces innovations.
Évidemment, le deuxième pilier de cette stratégie, c'est l'investissement qui est fait ici. C'est pour ça que vous m'avez parmi vous et que je veux féliciter les deux dirigeants, toutes leurs équipes et leurs collaborateurs, et remercier les équipes des ministères impliqués qui se sont beaucoup mobilisées, en particulier autour de BPI et du ministre de l'Économie et des Finances. Crolles accueillera bientôt, en effet, une nouvelle capacité très importante de production de semi-conducteurs, cette méga fab, dans le cadre d'un partenariat entre STMicroelectronics et GlobalFoundries.
C'est la première fois qu'un tel projet associe ces deux types d'acteurs jouant sur des synergies et des complémentarités de manière totalement inédite. Si je puis dire, nous allons y mettre tous les moyens puisque ce sont 5,7 milliards d'euros d'investissements, qui viennent s'ajouter aux 10 milliards pour le pays que je viens d'évoquer, qui seront investis sur le site de manière à doubler les capacités de production d'ici 2027. C'est un investissement sans précédent.
Pour reprendre vos mots, Jean-Marc, c'est faire en trois ans et demi ce qui a été fait en 30 ans d'histoire en termes de capacité de production sur ce site. Vous le voyez, c'est une accélération massive de l'histoire industrielle de notre pays, mais aussi du site de production ici-même. Ce projet créera plus de 1 000 emplois, servira les besoins de nos industries prioritaires dans toute l'Europe, mais aussi de nos PME spécialistes du secteur, j'espère plusieurs qui sont en train de se créer et qui cherchent de la capacité de production et qui pourront ainsi la développer en Europe et tout particulièrement en France.
Je veux donc vraiment saluer toutes les équipes de ST, GlobalFoundries, de l'État et de la Direction générale des entreprises. Pour accompagner cette stratégie nationale et cet investissement massif ici sur le site de Crolles, ce sont 16 milliards d'euros d'investissements industriels, dernier point sur lequel je voulais terminer, c'est la recherche et la formation. Parce que, si on veut préparer la génération d'après et former les talents dont on a besoin, on a le devoir en même temps d'investir massivement dans ce levier de l'enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation, et ce pour nous placer dans le peloton de tête international de l'électronique en 2030.
Nous en avons les capacités. On a des acteurs historiques comme le CEA, toutes les entreprises qui sont sorties des grands labos historiques du CEA, dont vous faites partie. Nous allons ainsi investir un programme de 800 millions d'euros d'argent public en termes de recherche et d'innovation.
Ces 800 millions vont nous permettre d'abord d'accompagner le CEA et les entreprises concernées dans cette stratégie de miniaturisation dont a parlé le commissaire Breton à l'instant, jusqu'au noeud technologique des 10 nanomètres. On a déjà le cap qui a été fixé, et je sais que plusieurs d'entre vous y travaillent, le 7 et au-delà mais, sur le FD-SOI, ce sera déjà une vraie révolution et donc on va investir massivement pour pousser la miniaturisation des composants semi-conducteurs FD-SOI jusqu'aux 10 nanomètres. Deuxième élément, on va aussi accompagner, c'est l'ambition de France 2030, repousser la frontière technologique dans tous le secteur, et donc cibler plusieurs autres laboratoires publics et privés et investir, dans ces 800 millions, 200 millions d'euros dans des startups, PME, ETI françaises innovantes et grands laboratoires, pour aller sur d'autres formes de projets et stimuler aussi la compétition au sein de l'écosystème français.
Troisième élément, on aura aussi un levier de financement et de développement de recherche exploratoire. 86 millions d'euros y seront consacrés avec l'université de Grenoble, les grands organismes tels que le CNRS et là aussi le CEA, pour développer la perception numérique, les composants ou encore le calcul. Là aussi, évidemment, la région est au coeur de cette ambition compte tenu de son histoire, des grands laboratoires et des universités concernées, mais ça concernera toute la France et nos grands laboratoires.
Au-delà de ces grands projets de recherche et de ces 800 millions, c'est évidemment la formation qui est une nécessité. Si on veut accompagner ce développement, d'ailleurs plusieurs d'entre vous m'ont interpellé quand je vous rejoignais sur ce sujet, il faut pouvoir former et, donc, continuer de développer les formations universitaires dans nos écoles d'ingénieurs. Développer aussi l'alternance et l'apprentissage pour pouvoir être au rendez-vous des compétences, et le faire en partenariat avec les entreprises et les collectivités territoriales qui jouent un rôle clé en la matière.
On a, je le disais, une vraie dynamique de création d'emplois dans la filière. Tous les niveaux de formations sont concernés et un dispositif de soutien est ouvert et doté pour la filière électronique, d'un budget de soutien de 50 millions d'euros aux formations. Je le dis parce que c'est essentiel, la nation fait le choix d'investir, là aussi, pour accompagner cet effort.
Il nous faudra aller plus loin. La ministre y reviendra et aura à le déployer mais, avec le soutien à l'Université de Grenoble que nous allons financer à hauteur de 27 millions d'euros, en plus de cela on va décider aussi d'ouvrir de nouvelles formations et d'accompagner notre université pour, là aussi, être au rendez-vous de la formation et des compétences. Vous le voyez, en étant parmi vous aujourd'hui, je viens célébrer une bonne nouvelle mais essayer de vous dire combien ce qui est décidé ici aujourd'hui est au coeur des défis qui sont les nôtres : celui de la souveraineté industrielle et de la réindustrialisation et celui de la transition énergétique, climatique et numérique.
Parce qu'en particulier, quand on parle de FD-SOI, vous le savez infiniment mieux que moi, on parle de technologies qui réduisent la consommation d'énergie et qui permettent de faire de l'innovation en consommant beaucoup moins, en faisant donc de l'économie d'énergie qui est une source aussi d'efficacité collective et de réduction de nos émissions, et je viens vous parler d'investissements dans notre industrie, nos formations et notre recherche pour la nation dans les années qui viennent. Vous le voyez, je suis pour ma part convaincu que les temps que nous vivons, qui viennent, après le COVID-19, bousculer l'Europe et la France, la guerre qui revient à nos frontières, l'inflation qui est là et notre dépendance dans de nouveaux secteurs que nous touchons du doigt, ne doivent pas nous conduire à revenir en arrière mais au contraire à accélérer des stratégies d'indépendance et d'ambition en matière de recherche et d'industrie qui sont les nôtres. Nous devons faire une France et une Europe plus fortes, plus indépendantes et plus ambitieuses pour relever nos défis, pour créer des emplois, pour créer des emplois mieux payés pour les générations qui sont aujourd'hui à l'oeuvre et nos enfants, et assumer d'investir dans notre recherche et notre appareil de formation pour pouvoir y répondre.
C'est toute cette stratégie qu'aujourd'hui je vous annonce pour l'électronique, c'est une partie de ce cap de la France 2030. Ici à Crolles, ce cap est plus qu'illustré, il est en train d'être mis en oeuvre et nous allons continuer d'accélérer. Tout cela, et je terminerai sur ce point, n'est possible que parce qu'il y a eu avant nous des femmes et des hommes qui avaient une vision forte, qui ont su vouloir, faire, et des générations qui ont su consolider ces savoir-faire.
Tout ça n'est possible que parce qu'il y a les femmes et les hommes que vous êtes, qui étaient là à l'instant à l'accueil et qui sont rentrés un peu au frais, à juste titre, qui ont fait fructifier les innovations, la recherche fondamentale et ensuite les développements industriels qui ont été ici produits. Donc je veux vraiment rendre hommage aussi à des générations qui se sont ici succédées, qui ont été visionnaires et qui ont su porter ces savoir-faire français. Il y a quelques années, on se le remémorait, on a vécu des moments difficiles et parfois de doutes.
C'est parce qu'on a résisté dans les moments de doute, c'est parce qu'il y a des femmes et des hommes qui ont continué d'y croire, de porter ces savoir-faire et de les transmettre, que nous pouvons aujourd'hui avoir les ambitions que je viens de vous exposer. Donc c'est à vous toutes et tous et à eux que je pense en vous annonçant ces bonnes nouvelles parce qu'à notre tour nous allons investir et faire pour des générations qui ensuite, je l'espère, pourront redoubler d'ambition, ici même et ailleurs sur le sol français et partout en Europe. Voilà les quelques mots et les quelques ambitions que je souhaitais porter et partager avec vous, en vous remerciant pour l'accueil, le savoir-faire, le professionnalisme, l'engagement et l'ambition collective que nous portons pour le pays.
Vive la République et vive la France ! Vive la France ! On est très contents de vous offrir ça, [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] Merci beaucoup !