François-Xavier Bellamy : « Aux élections municipales, il faut tout faire pour sortir la gauche »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Merci à vous. Vous êtes député européen, vice-président délégué des Républicains. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Auriane. Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. François-Xavier Bellamy, on va parler du budget. Les discussions ont été interrompues hier soir à l'Assemblée pour laisser place au budget de la Sécurité sociale.
Il y a des interrogations sur le vote de ce budget, et aussi bien sur le fond que sur la forme. Est-ce que vous, vous souhaitez que ce budget soit voté ?
Il faut qu'un budget soit voté, mais pas n'importe quel budget. Et en l'occurrence, ce qui se joue aujourd'hui à l'Assemblée nationale, c'est la résistance désespérée de nos collègues députés et des Républicains contre la folie fiscale qui est en train de s'emparer de la représentation nationale. Parce qu'en quelques jours, nous avons vu se multiplier les impôts, les taxes créées de toutes parts, à chaque fois avec les meilleures intentions du monde. Mais l'enfer, comme chacun sait, est pavé de bonnes intentions. Et l'enfer fiscal français, en l'occurrence, est en train de s'aggraver d'une manière très, très dangereuse pour l'avenir de notre pays.
Pour vous, c'est un budget de folie fiscale ?
C'est évident. En quelques jours, on a vu des dizaines de milliards d'euros d'impôts nouveaux créés, alors qu'avant même le début de ce débat, nous étions déjà le dernier pays de l'OCDE en matière de compétitivité fiscale, c'est-à-dire le pays de l'OCDE où les impôts et les taxes sont les plus lourds pour les contribuables et pour les entreprises.
Ça veut dire que si vous étiez député aujourd'hui, vous ne voteriez pas le budget en l'État ?
Le travail est en train d'avancer, mais encore une fois, je le redis, et nous sommes ici dans l'enceinte du Sénat, nos groupes LR à l'Assemblée, au Sénat, feront tout pour que la France puisse avoir un budget, mais surtout pour que la France puisse avoir un budget raisonnable, rationnel, un budget qui permette de faire baisser les impôts, pas de les augmenter. Et le tour que prennent les choses avec cette alliance qui se répète presque jour après jour entre la France insoumise, le Parti socialiste, les écologistes, le Rassemblement national, cette alliance de surenchères fiscales est en train d'asphyxier le pays.
C'est la question qui se pose à vous, est-ce qu'il ne vaut mieux pas un mauvais budget que pas de budget du tout ? Là-dessus, c'est cet arbitrage que vous allez devoir faire ?
De toute façon, le vrai sujet aujourd'hui, c'est qu'au rythme où vont les choses, avec l'examen de ces milliers d'amendements et notamment de ces impôts que tous les groupes qui nous entourent rêvent de créer, de fait, le temps que prend ce budget est tellement long qu'il est difficile d'imaginer les conditions dans lesquelles on pourrait aller à un vote du budget.
Mais est-ce que ça ne vous arrange pas, vous, Alain, de ne pas avoir à vous prononcer sur ce budget ?
Moi, ce qui m'intéresse, si vous voulez, ce n'est pas d'abord de regarder la technique parlementaire, ce n'est sans doute pas ce qui préoccupe le plus les Français. Ce qui m'intéresse, c'est de regarder ce débat parlementaire comme le symptôme de tous les problèmes du pays. Aujourd'hui, la France est en situation de surendettement et la trajectoire budgétaire du pays fait peser un risque grave sur les foyers français, sur les citoyens français, sur les économies des Français et sur l'économie française. Comment on se sort de là ?
Pendant très longtemps, Emmanuel Macron a dit, et c'est manifestement ce que pense la France Insoumise, ce que pense le Parti Socialiste, ce que pense le Rassemblement National, il n'y a pas assez de recettes dans le budget de l'État, c'est-à-dire qu'il n'y a pas assez d'impôts. Et pendant très longtemps, nous avons dit, c'est une folie de regarder les choses ainsi. Nous sommes le pays de l'OCDE où la pression fiscale est la plus étouffante. Et donc, la vraie solution pour se sortir de la crise, ça n'est pas d'augmenter les impôts, c'est de baisser les dépenses. Et c'est cette question-là qui est quasiment absente du débat parlementaire aujourd'hui.
Nos députés à l'Assemblée nationale sont les seuls qui ont fait adopter des baisses de taxation pour les Français. Nous avons réussi à, grâce au vote de nos députés, à permettre d'éviter une surenchère de l'impôt sur le revenu. Nous avons réussi à faire en sorte que nous sortions le travail des Français de ce risque de voir encore aggraver la pression fiscale qui pèse sur lui. Mais ça devrait être le réflexe unanime. Toute la France devrait se demander aujourd'hui comment on baisse les impôts. C'est la seule question qui compte.
Et pour ça, comment on baisse la dépense de l'État ?
Parce que celui qui doit faire des efforts aujourd'hui, c'est l'État. Les Français, je le redis, n'en peuvent plus de cette pression fiscale qui est en train d'étouffer le pays et d'appauvrir toute l'économie française. La question qui se pose aujourd'hui, c'est comment on baisse la dépense.
Mais elle va être suffisante, celle baisse des dépenses, pour combler le déficit ?
Mais pour l'instant, il n'y a pas de baisse de dépense. C'est par là qu'il faut commencer. Mais aujourd'hui, je ne vois pas les propositions sur la table, en dehors, encore une fois, de celles qui ont été proposées par LR au cours des dernières années. Rappelons qu'ici, au Sénat, où nous avons une majorité, chaque année, les sénateurs ont voté des budgets qui proposaient des baisses massives de dépenses. Il faut quand même que chacun assume maintenant ses responsabilités, parce que la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui, elle ne vient pas de nulle part. Les dépenses n'ont pas cessé d'être augmentées.
Il y a un peu moins de dix ans, les Républicains faisaient campagne autour de François Fillon pour dire qu'il était urgent de sortir de cette spirale de la dépense publique qui asphyxiait la France. Un peu moins de dix ans plus tard, malheureusement, mille milliards de dettes en plus, nous n'avons rien réparé.
Quelle est la priorité dans la baisse des dépenses ?
L'une des priorités, c'est par exemple de sortir de cette embolie de la dépense sociale en France. La dépense sociale, en moyenne, dans l'OCDE, c'est 20% du PIB. En France, c'est plus de 30%. C'est un record absolu. Est-ce qu'il suffit de faire beaucoup de dépenses sociales pour que tout le monde aille bien, la réponse est non ? On est dans un pays où il n'y a jamais eu autant de pauvres, où un Français sur trois saute un repas chaque jour parce qu'il a du mal à faire en sorte d'assurer ses fins de mois. Cette situation de précarisation, elle n'est pas résolue par l'excès de dépenses sociales.
Mais en revanche, ce qui est aggravé par cette dépense sociale excessive, c'est toutes les crises du marché du travail aujourd'hui. On est dans un pays où il y a 3 millions de chômeurs au sens de Pôle emploi. Et moi, je fais le tour de France et partout, j'entends des chefs d'entreprise qui me disent « je n'arrive pas à recruter ». C'est complètement anormal. Donc, cette dépense sociale, elle a fini par aboutir à un modèle antisocial qu'il faut réparer d'urgence en faisant baisser la dépense sociale et en faisant en sorte que tous ceux qui peuvent être reconduits vers l'emploi le soient aujourd'hui.
– Mais du coup, qu'est-ce qu'on baisse comme dépense sociale ?
– C'est ce qu'on va proposer avec Les Républicains. Avec Bruno Retailleau, nous travaillons d'arrache-pied avec Pierre Danon, avec toute l'équipe de notre formation politique, avec nos parlementaires, pour faire des propositions claires qui permettront demain de garantir que ce que nous défendons depuis longtemps, on puisse créer ce compte social unique. Bruno Retailleau l'a présenté il y a déjà quelques semaines, qui permettra d'agréger toutes les aides sociales qu'une personne reçoit en France pour garantir que jamais le total des aides sociales ne soit supérieur à ce qu'on pourrait gagner quand on retourne vers le travail.
On ne peut pas demander aux Français de perdre de l'argent en allant travailler. Et aujourd'hui, pour beaucoup d'entre eux, c'est ce qui est en train de se jouer. Et donc ces propositions-là, elles permettront de baisser la dépense sociale, elles permettront de rendre du salaire à ceux qui travaillent. Parce que l'urgence, elle est là aujourd'hui, rendre du revenu à ceux qui bossent pour sortir la France de la crise.
– Christelle. Alors un autre sujet de crispation pour vous, c'est la suspension de la référence des retraites autour desquelles les discussions ont eu lieu il y a 15 jours. Cette suspension risque d'être votée dans l'hémicycle. Est-ce que pour vous, cela est vos censures du gouvernement ?
– Pour moi, en tous les cas, sur le fond, c'est une irresponsabilité absolue. Moi, j'ai dit ce que j'en pensais déjà, donc ma position est connue. La tension, vous l'avez rappelé, elle est très difficile entre préserver une forme de continuité dans nos institutions et en même temps essayer d'éviter des transgressions qui sont trop graves. La réforme des retraites qui a été faite par Emmanuel Macron, elle n'était pas parfaite. Ça n'était pas notre réforme. Et nous aurions voulu faire une amélioration de cette réforme. D'abord pour permettre de garantir la pérennité du système de retraite.
Et puis ensuite, pour mieux protéger des profils spécifiques, je pense aux femmes qui sont aujourd'hui les grandes perdantes du système, je pense à ceux qui ont fait des carrières longues, à ceux dont les carrières sont marquées par une pénibilité particulière. Tout ça peut être rediscuté. Mais enfin, le fondement de cette discussion, c'est qu'il faut faire une réforme des retraites. Il fallait faire cette réforme parce que…
– Donc il faut la maintenir ?
– Bien sûr, mais c'est une évidence. Qui peut faire croire aux Français qu'on va faire, dans la situation démographique du pays, qu'on va faire tenir notre système de retraite par répartition, en baissant, parce que c'est ce qui est en train de se passer, l'âge de départ à la retraite. Les socialistes qui ont demandé cela sont aujourd'hui irresponsables. Et j'observe, pardon, que leurs collègues socialistes dans les autres pays européens, eux, pour le coup, affrontent le problème. Les socialistes espagnols ont fait une réforme qui porte à 67 ans l'âge de départ à la retraite. Les socialistes allemands, pareil. Les socialistes danois viennent de voter pour l'âge de 70 ans.
Moi, je ne suis pas pour qu'on fasse ça, parce qu'on a un système différent. Mais le fait est que voir les socialistes français réclamer qu'on soit, alors qu'on a 5% de déficit sur PIB, et que notre dette angoisse toute l'Europe, qu'on soit les seuls en Europe à ramener l'âge de départ à la retraite à 62 ans, mais ce serait une folie furieuse. Et ceux qui, au Rassemblement National comme au Parti Socialiste, prônent cet agenda-là, en réalité, mentent aux Français. Mentent aux Français. Et je pense que les Français le savent.
Pour comprendre bien la position des LR, si cette suspension a été votée, vous diriez qu'il faut censurer Sébastien Lecornu ?
Moi, je l'ai dit de manière très claire. Si j'avais été député à l'Assemblée Nationale, et je le dis avec beaucoup d'humilité, parce que chaque parlementaire est bien sûr devant ce choix, mais je le redis, pour moi, suspendre cette réforme des retraites, c'est d'ailleurs plus que la réforme des retraites.
Est-ce que tout le monde n'est pas d'accord au sein de la direction des LR sur la censure ?
La question de la réforme des retraites, c'est plus que la question de la réforme des retraites. C'est aussi une certaine idée de la politique. Si on veut jouer à la surenchère démagogique, on trouvera toujours plus efficace que soi. Moi, je crois qu'aujourd'hui, la politique a besoin de retrouver le sens du réel, le sens de la vérité, de l'honnêteté, de la loyauté. Et les mêmes qui disent aux Français, aujourd'hui, on peut suspendre cette réforme des retraites sans frais, sont en réalité les mêmes qui pourraient leur vendre la retraite à 50 ans, si c'était leur intérêt.
Moi, je crois que la politique, ça ne consiste pas à essayer de durer par tous les moyens, y compris par celui du mensonge. Et qu'on ne sacrifie pas l'avenir pour l'immédiateté d'un poste, d'une place qu'on aurait besoin de garder quand on veut rester au gouvernement et rester du côté du pouvoir. Mais sauf que cette réforme des retraites,
dont Sébastien Lecornu dit qu'elle est une blessure démocratique, pardon, mais si on revient à l'origine, Elisabeth Borne, elle a utilisé le 49-3. Pourquoi ? Parce que les LR, dans leur totalité, ne votaient pas cette réforme.
Cette réforme des retraites, elle ne serait pas passée sans les votes des Républicains. À l'Assemblée et au Sénat. Et je vais me permettre de le dire que le Sénat, puisque nous sommes au Sénat, avait joué un rôle déterminant pour faire passer cette réforme. Il y avait eu bien sûr des débats, parce que cette réforme, je le redis, elle était très…
Mais si la totalité de votre groupe avait assuré son soutien à Elisabeth Borne, il n'y aurait pas eu forcément de 49-3 ?
Ah non, non, ce n'était pas notre groupe qui a fait le 49-3. Je redis que cette réforme, elle était imparfaite. Et que ce n'est pas la réforme que nous aurions voulu faire. Mais le fait est qu'on pouvait l'améliorer, il fallait pourtant la faire.
Et ma conviction profonde, je le redis, c'est que si vous prenez un peu de recul, je vais dans un instant, je reprends ma valise et je repars à Bruxelles, nos collègues au Parlement européen nous regardent avec sidération en se disant mais comment est-ce que vous pouvez, avec la trajectoire budgétaire que vous avez, qui est à un risque majeur maintenant pour la stabilité de toute la zone euro, puisqu'on parle de stabilité, que chacun réfléchisse à ce que voudrait dire une crise de la dette en France. Demandez à nos amis grecs ce qu'ils ont vécu et je ne suis pas sûr qu'on ait envie de passer par la même…
Il y a un risque pour vous que ça se produise en France ?
Évidemment. Mais comment ne pas le voir ? Comment ne pas le dire ? Donc on peut être dans un scénario à la GAC selon vous ? On est en train de spéculer au bord d'un volcan. C'est la vérité. Et encore une fois, je crois que derrière cette question des retraites, il y a une question beaucoup plus grave qui est celle de la responsabilité politique. Moi, je crois que le politique doit se préoccuper de l'avenir, de l'avenir du pays, pas seulement de son propre présent et de sa propre protection, parce que c'est au fond ce qui se joue. Et dans le concours de démagogie qui a été imposé par les socialistes, il me semble que notre devoir, c'est d'imposer une rupture et de dire maintenant ça suffit.
On veut regarder les Français les yeux dans les yeux et leur dire, nous voulons préparer l'avenir des jeunes générations en particulier. Parce que tous ceux qui sont à la retraite aujourd'hui, tous ceux qui se préparent à y être, ils sont aussi parents, grands-parents et ils veulent que leurs enfants puissent avoir un avenir dans ce pays qui soit prospère.
Alors vous venez de dire que vous retournez à Bruxelles. Au Parlement européen, vous avez voté un texte qui fait polémique aujourd'hui sur les découvertes bancaires qui vont être rendus plus contraignants, plus compliqués à obtenir. C'est un texte, donc je disais, qui fait polémique. Est-ce que vous regrettez de l'avoir voté ou est-ce que vous trouvez que c'est une bonne mesure ?
Non, pas du tout. En fait, pour moi, dans ce sujet, il y a, et merci de me permettre d'y revenir, mais il y a toutes nos incompréhensions sur les enjeux européens. Le texte qui a été voté au Parlement européen, c'est une directive. Donc il fixe des grands principes. Et la Fédération bancaire française, elle-même, a expliqué dans une note très détaillée que ce texte ne change rien à la situation existante en France, en tant que telle. C'est la transposition de ce texte, c'est-à-dire le fait qu'il ait été, la manière dont il a été interprété, traduit dans notre droit par les autorités nationales, qui risque de créer une complexité supplémentaire.
Mais moi, j'observe que quand il a été voté, ce texte, il a été soutenu par tous les parlementaires français, de tous les bords. Et on a aujourd'hui M. Mélenchon qui lance une croisade contre l'État ce texte en disant l'Union européenne veut victimiser les pauvres. Mais la vérité, c'est que tous les députés de la France insoumise ont soutenu ce texte au Parlement européen. Donc la vraie question n'est pas dans cette directive. La vraie question, elle est dans la transposition par les autorités françaises. Donc vous dites que c'est le gouvernement français
aujourd'hui qui a fait une transposition trop rigoureuse.
C'est l'administration française et c'est le législateur français qui doit faire en sorte qu'on évite. Et c'est vrai dans le secteur bancaire, mais c'est vrai dans la vie économique, c'est vrai dans le monde agricole. Dans tous les sujets, la France a une habitude de sur-transposer. Mais qu'est-ce que vous reprochez à la transposition concrètement ?
Qu'est-ce que vous reprochez à la transposition ?
Justement, quand ce texte dit par exemple qu'il faut simplement protéger le consommateur contre des pratiques bancaires qui peuvent être abusives, notamment par exemple sur les agios ou sur le fait d'aller vendre ou survendre à des consommateurs la pratique de l'endettement à la consommation, eh bien en fait, on transporte ce texte dans notre droit en ajoutant une couche de complexité supplémentaire qui pourrait rendre plus difficile le fait de délivrer des découvertes bancaires. Mais je le redis, moi je trouve étonnant qu'une grande partie de la classe politique dans des camps très différents soit en train d'enfourcher la croisade de M.
Mélenchon parce que c'est lui qui a lancé cette agitation improbable alors que tous ces parlementaires avaient voté en faveur de ce texte. Et je le rappelle, tous les parlementaires français. Donc, regardons ce qu'il y a dans le contenu de cette directive. On verra que, comme le disent toutes les entreprises françaises qui travaillent dans la banque, il n'y a en réalité pas d'enjeu majeur de complexité supplémentaire pour notre droit dans son principe. Et la question, c'est comment est-ce qu'on s'évite de se créer à nous-mêmes des complexités inutiles ?
On parle de votre parti, aujourd'hui, Conseil stratégique des Républicains. Le Conseil stratégique, il va ouvrir le débat sur le mode de désignation de candidat à la présidentielle de 2027. Ça veut dire que Bruno Retailleau, ce n'est pas votre candidat naturel ?
Ça veut dire que Bruno Retailleau, il a été candidat pour prendre la présidence du parti. Il a été élu avec une très forte majorité. Mais il l'avait dit dans toute sa campagne, avec beaucoup de loyauté, être candidat pour la présidence du parti, ça ne veut pas dire être candidat pour l'élection présidentielle. Et donc, étape après étape, et d'une certaine manière, c'est tout à fait légitime maintenant que la question de savoir comment nous allons désigner notre candidat se pose. Le choix qu'a fait Bruno Retailleau comme président de parti, c'est l'engagement qu'il avait pris dans sa campagne pour cette élection, c'est de rendre cette décision à nos adhérents.
Ceux qui font vivre notre formation politique, ce sont eux qui décideront à la fin des modalités de sélection du candidat à l'élection présidentielle. Comment il faudrait le sélectionner, selon vous ? Et donc, on va maintenant se donner un agenda pour proposer plusieurs options possibles et ce sera nos adhérents qui trancheront. Donc, si vous voulez savoir et si vous voulez choisir comment le candidat de la droite à l'élection présidentielle sera désigné pour offrir au pays l'alternance dont il a besoin, eh bien, n'hésitez pas à rejoindre les Républicains parce que c'est à la fin nos adhérents qui prendront cette décision.
désignation via les sondages, primaires, primaires élargies.
Moi, je le redis, je crois que c'est le début du travail. Il faut commencer ce travail maintenant parce que l'élection présidentielle est dans moins de deux ans aujourd'hui. Mais il ne faut pas non plus qu'on se concentre aujourd'hui sur cet agenda comme si la solution était immédiate. L'enjeu pour nous, d'abord, c'est de réussir les échéances intermédiaires. Votre choix n'est pas fait
sur le meilleur mode de désignation ?
Non, on va faire ce travail interne, encore une fois. On va confier cette réflexion à un petit groupe de personnes qui sont connues pour leur expérience et qui vont proposer une pluralité d'options et nos adhérents trancheront. Pour l'instant, nous, ce qu'il faut comme formation politique, c'est qu'on se concentre aussi sur les étapes qui viennent devant nous et je pense en particulier aux élections municipales qui vont être déterminées. On va parler des municipales
mais juste, est-ce que la question déjà pour la présidentielle, ce n'est pas est-ce que vous serez en mesure, vous, LR, d'avoir un candidat ?
Mais bien sûr, nous soutiendrons évidemment un candidat.
Mais LR ? Ou est-ce que la solution, c'est un candidat du bloc central si vous voulez avoir une chance d'être au second tour ?
Moi, je crois que la France, en 2027, elle aura besoin d'une alternance. Les Français chercheront le changement. Et l'alternance,
elle ne peut pas être incarnée par un Édouard Philippe, par un Gabriel Attal qui sera un candidat que vous soutiendriez ?
Pour moi, le vrai enjeu, c'est comment, en 2027, on va sortir du macronisme, pas comment on va continuer le macronisme. Et quels que soient les efforts de ceux qui tentent aujourd'hui de se mettre le plus à distance de celui qui les a faits, je pense qu'à la fin, les Français ne chercheront pas un héritier. Ils chercheront quelqu'un qui aura été...
Et comment avec un RN à 35% dans les sondages d'un Jean-Luc Mélenchon ou Raphaël Luxman, vous êtes au second tour si vous n'êtes pas unis avec le reste du bloc central ?
Mais encore une fois, ce qui compte dans la politique, ce n'est pas d'additionner des clientèles, ce qui compte, c'est de créer une dynamique et de créer une espérance. Et cette espérance, elle n'est possible en France que si on promet les conditions d'une alternance, d'un changement. Tout le monde le voit bien aujourd'hui, le macronisme a échoué. Et nous, depuis 2017, nous avons alerté sans relâche sur le fait que le macronisme était une impasse pour la France.
Je pense que ceux qui ont eu le courage de s'opposer au moment où il le fallait, ceux qui n'ont été associés à aucune des décisions délétères qui ont mis le pays dans la situation où il se trouve aujourd'hui, ceux-là sont, je crois, et je ne le dis pas parce que je privilégie un parti, je pense que ce qui compte, c'est de reconstruire le pays. Ceux-là seront aujourd'hui, parce qu'ils ont été capables de s'opposer quand il le fallait, prêts à proposer le changement dont la France a tellement besoin.
– C'est ça. – Vous ne voulez pas d'alliance avec les macronistes, visiblement. Marine Le Pen, elle, a tendu la main à certains d'entre vous. Qu'est-ce que, en disant, on vous accueille, on peut discuter ensemble, qu'est-ce que vous pensez de cette main tendue ?
– Vous avez dit ça quand ? – Pardon ? – Moi, j'entends surtout Marine Le Pen répéter matin, midi et soir qu'elle n'est pas de droite, que le RN n'est pas de droite, que le RN n'incarne pas la droite, mais que le RN épouse finalement le même récit qu'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont un point commun. Et je dis ça sans animosité, c'est simplement la cohérence de leur logique respective. Ils ne croient pas au clivage entre la gauche et la droite. Et moi, j'ai un désaccord fondamental avec aussi bien Marine Le Pen qu'Emmanuel Macron. Je crois que ce clivage existe. Je crois qu'il structure la quasi-totalité des grandes démocraties occidentales.
Et je pense que pour que la France retrouve une vie démocratique pluraliste, saine, équilibrée… – Clivage qui a du mal
à se recréer à droite comme à gauche.
– Moi, j'observe qu'il y a une gauche qui se reconstruit et qui assume d'être de gauche. Et donc, pour lui répondre, il faut qu'il y ait une droite qui assume d'être de droite.
– François-Xavier Olani, quand vous avez, au sein de votre parti, Jean-François Copé, Xavier Bertrand, qui demandent une clarification de la ligne, une clarification du positionnement face au RN, c'est bien qu'il y a des questions et des interrogations.
– Je ne sais pas. Je ne vois pas où est la question. La clarification, elle est intervenue déjà tellement souvent que je ne sais pas à quel moment on va pouvoir dépasser ce débat qui n'en est pas un.
– Donc, pour vous, c'est clair ? Jamais d'union des droites, jamais d'alliance avec le RN ?
– Mais, encore une fois, il suffit d'écouter ce que dit Marine Le Pen. Marine Le Pen dit matin, midi et soir qu'elle n'est pas de droite. Mais nous, nous disons que nous voulons reconstruire le parti politique qui réunira demain tous les électeurs de droite et même plus largement tous les électeurs français qui se reconnaissent dans l'identité politique de cette famille de pensée qui, aujourd'hui, n'a jamais sans doute été aussi nécessaire pour relever le pays. On parlait tout à l'heure de budget.
– Non, mais quand certains chez vous parlent d'une primaire qui va jusqu'à Casterac-Nafo, vous comprenez que ça pose des questions. Elle n'est pas si claire que ça, la Ligue.
– Moi, ce que j'observe, c'est que beaucoup ont parlé d'union des droites qui ont créé des divisions supplémentaires à droite. On a vu Éric Zemmour, on a vu Casterac-Nafo arriver en disant il faut faire l'union des droites, venez chez nous, on crée un nouveau parti. Bon, on peut créer indéfiniment toutes les nuances, tous les morcellements, tous les continents de la droite. Il y a un parti dans ce pays, il y a une formation politique qui, historiquement, a pour mission de représenter ce courant de pensée.
Et moi, j'ai rejoint cette formation politique il y a des années maintenant, pas parce que je trouvais qu'il avait tout bien fait, si c'était le cas, il n'en serait pas là aujourd'hui, mais parce que j'avais le sentiment que notre devoir était de le reconstruire pour offrir à la France cette perspective de changement dont elle a tellement besoin. Et c'est ça qu'on va faire aujourd'hui.
Et tous les Français qui se sentent de droite, mais plus largement tous les Français qui veulent aujourd'hui sortir de cette folie fiscale, rendre du salaire au travail, qui veulent retrouver de l'autorité et de l'ordre, qui veulent retrouver la maîtrise de nos frontières, tous les Français qui veulent que l'école transmette, qui veulent que l'État retrouve son rôle, tous ces Français-là, aujourd'hui, ils doivent pouvoir se sentir représentés par cette formation qui donnera à la France la majorité dont elle a besoin pour pouvoir se reconstruire.
– Une autre question sur la clarification, cette fois du côté du bloc central au municipal, dans des villes comme Lyon, vous soutenez le même candidat, à Marseille, la question se posera sûrement, est-ce que là, vous aurez d'autres choix que d'aller avec Renaissance, avec le bloc central dans ces villes ?
– Mais nous, vous savez, aux élections municipales, on a un seul objectif, c'est celui, notamment dans ces grandes villes qui ont été conquises par la gauche depuis 2020 et qui ont été malheureusement tellement abîmées par la gauche. Vous parliez de Lyon, on pourrait parler de Grenoble, on pourrait parler de Bordeaux, on pourrait parler de Strasbourg, on pourrait parler de Nantes. Ces villes, prenez Nantes, que je connais bien, qui étaient pendant longtemps la ville où il fait bon vivre et où les Français veulent aller, sont devenues aujourd'hui une catastrophe du point de vue de l'insécurité, l'occasion d'un délitement économique absolument sans précédent. Ces villes, il faut les sauver.
Et donc notre devoir, c'est de faire en sorte que nous offrions une alternance d'abord à ces communes avant d'offrir une alternance au pays. – Donc en tout temps,
le même candidat connaît ça.
– Mais donc tout pour sortir la gauche, c'est vraiment le sujet majeur. Et il y a des gens, oui, ce n'est pas un mystère, qui au cours des dernières années ont décidé aux élections nationales ne plus voter pour la droite et qui sont allés voter pour Emmanuel Macron parce qu'ils ont cru en lui, qui sont allés voter pour Marine Le Pen. Ces électeurs, il faut qu'on les convainque de nouveau, il faut qu'on les réunisse de nouveau et il faut qu'on fasse de cette réunion l'occasion de gagner dans ces villes avant de gagner en France.
– Dernière question, très rapidement sur un tout autre sujet, vous dénoncez la proposition de l'Union Européenne d'ouvrir Erasmus à plusieurs pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Qu'est-ce que vous allez faire ?
– On lance aujourd'hui une pétition avec Céline Imar pour demander à tous les Français qui veulent donner leur voix à notre combat de nous soutenir. La Commission Européenne a décidé projet absurde d'ouvrir Erasmus, ce programme d'échange étudiant, à des pays comme la Syrie, comme la Libye, comme la Palestine, comme l'Algérie, l'Algérie où Boilem Sansal et Christophe Gless sont toujours retenus aujourd'hui. Si on veut vraiment faire vivre l'esprit académique, l'esprit universitaire, il faut commencer par le faire avec des pays avec qui on partage quelque chose d'essentiel en commun. Erasmus doit rester un projet européen et non pas une filière nouvelle d'immigration massive dans nos pays.
– Merci François-Xavier Bélanus.
– Merci à vous.
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François-Xavier Bellamy