Éric Piolle : "Le problème de base, c’est qu’Emmanuel Macron ne fait pas confiance aux Français"
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Ce texte vous semble-t-il important, opportun et va-t-il dans le bon sens ?
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Quoi par exemple ?
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Est-ce que vous aviez besoin d'un renfort de cette loi pour mieux contrôler les associations, leur financement ?
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Vous, votre doctrine, quelle est-elle sur la question ? Est-ce que vous êtes d'accord avec ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon ?
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Le mot de séparatisme vous dérange ?
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C'est quoi un Beauvau de la confiance ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il me semble relever finalement de l'état d'esprit, de fractures qui animent aujourd'hui le gouvernement. »
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« Est-ce qu'il faut faire une loi sur la laïcité simplement parce que les gouvernements successifs ont négligé d'appliquer les lois précédentes ? »
- 1:14Invité politiqueFait
« Notre loi de 1905, comme la loi de 2004 sur l'école et la neutralité à l'école, ont pris le temps. »
- 2:22Invité politiqueFait
« Le personnel juridique d'aujourd'hui en fait n'est pas appliqué. »
- 5:11Invité politiqueChiffre
« Nous avons 59% de récidive à 5 ans, 59%. »
- 6:19Invité politiqueFait
« Je crois que c'est que le président de la République devrait tenir ses ministres. »
- 8:00Invité politiquePromesse
« La promesse de Macron de 2017 de légaliser le cannabis, de changer notre politique qui est la plus répressive et la plus inefficace d'Europe, cette promesse n'a pas été tenue. »
- 11:00Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron ne fait pas confiance aux Français. »
- 12:42Invité politiqueChiffre
« Le taux de 1 sur 3 était en état dépressif avant Noël. »
- 12:55Invité politiqueChiffre
« Aux États-Unis, vous savez que c'est 1 psychologue pour 1 500 étudiants. »
- 15:07Invité politiqueFait
« Le gouvernement a préféré s'acharner sur les anti-vaccins plutôt que de se dire en fait j'ai déjà tellement de monde qui va se faire vacciner que travaillons avec ceux qui vont se faire vacciner. »
- 17:56Invité politiqueFait
« Nous avons là pour la nation française un vrai défi positif, une mythologie positive et la France a besoin de mythologie pour avancer. »
- 21:49Invité politiqueChiffre
« 75% des objectifs de la COP21 dépendent des politiques publiques. »
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le maire Europe Écologie Les Verts de Grenoble. Vous pourrez dialoguer avec lui dans une grosse dizaine de minutes. 01 45 24 7000, les réseaux sociaux et l'application de France Inter. Éric Piolle, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro aujourd'hui. Depuis lundi, l'Assemblée Nationale débat du projet de loi confortant les principes de la République. Contrôle et régime des associations, contrôle du financement des cultes. Neutralité des agents de l'État, polygamie, mariage forcé. C'est tout un arsenal de mesures pour lutter contre l'islamisme politique qu'on a détaillé lundi à ce micro avec Gérald Darmanin.
Pour commencer, dites-nous Éric Piolle si ce texte vous semble important, opportun et s'il va dans le bon sens.
Il me semble relever finalement de l'état d'esprit, de fractures qui animent aujourd'hui le gouvernement. Est-ce qu'il faut faire une loi qui touche à notre loi sur la laïcité, qui est vraiment quelque chose d'essentiel pour notre nation ? Est-ce qu'il faut faire une loi sur la laïcité simplement parce que les gouvernements successifs ont négligé d'appliquer les lois précédentes ? Ça je crois que c'est un élément très fort. Deuxième élément, notre loi de 1905, comme la loi de 2004 sur l'école et la neutralité à l'école, ont pris le temps. Là il y a une précipitation et cette précipitation est inquiétante sur des sujets aussi majeurs.
Troisième élément, évidemment, c'est que cette loi, finalement, on ne retrouve absolument pas l'esprit du discours des Mureaux qui était un petit peu balancé. Là il n'y a que la dimension de répression, on a l'impression. Et donc évidemment ça donne une couleur un peu particulière à ce texte dans lequel il y a des choses qui peuvent être intéressantes.
Quoi par exemple ?
Ça peut donner sur le contrôle des financements, il peut y avoir des choses intéressantes, ou sur le toilettage des peines depuis la loi de 1905, ça peut être intéressant.
C'est ce que j'allais vous dire, le président de l'association des maires de France, François Baroin, estime que ce texte était attendu, espéré par les maires pour mieux lutter contre le séparatisme dans leur ville. Est-ce le cas ? Est-ce que vous aviez besoin d'un renfort de cette loi pour mieux contrôler les associations, leur financement, pour pouvoir fermer les écoles clandestines si elles existent ? Est-ce que vous n'aviez pas besoin de ces outils ?
Le personnel juridique d'aujourd'hui en fait n'est pas appliqué. Et c'est ça moi qui me frappe, c'est qu'en France nous avons tendance toujours à faire de nouvelles lois pour camoufler l'absence d'action dans le cadre des lois précédentes.
Donc pour vous il n'y avait pas besoin d'une loi supplémentaire, il fallait juste appliquer les lois.
Il va y avoir des choses intéressantes dans cette loi, mais pour moi cette précipitation est dangereuse parce qu'elle continue de fracturer la société et on ne retrouve absolument pas ni les questions de mixité sociale, ni les questions de lutte contre les discriminations. Donc évidemment, les musulmans se sentent ciblés. Comment pourraient-ils le faire autrement ?
C'est ce que j'allais vous dire parce que c'est vrai que quand on parle de ces questions régaliennes, de ces questions de séparatisme, on a du mal parfois à savoir où habitent les écologistes, où habitent les verts. D'un côté Jean-Luc Mélenchon est très clair, il critique une loi avec férocité, une loi inutile et dangereuse car elle menace les libertés, dit-il. Il dit aussi que cette loi stigmatise les musulmans. Vous, votre doctrine, quelle est-elle sur la question ? Est-ce que vous êtes d'accord ? Est-ce que vous êtes sur la ligne de Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce que vous êtes d'accord avec ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale hier ?
Je ne me positionne pas par rapport à Jean-Luc Mélenchon. Je suis conforté dans le travail profond que je mène depuis des années autour des textes fondamentaux, des débats qu'il y a eu avec Aristide Briand autour de la loi 1905, autour de cette liberté de conscience fondamentale, d'empêcher la pression pour exercer le culte ou pour ne pas exercer le culte. C'est ça qui m'intéresse dans la loi et nous avons aujourd'hui les moyens légaux d'avancer. Là, cette loi va amener deux, trois trucs, mais c'est l'état d'esprit, je veux dire, le loi de séparatisme. Séparatisme, normalement, c'est un séparatisme géographique.
Là, on est face à juste une religion qui revient en politique et à un moment où la France a finalement, de plus en plus de monde se déclare non-croyant, le retour de la religion dans l'espace public peut heurter, évidemment, nous interpelle. Le mot de séparatisme vous dérange ? Le séparatisme, vous savez, moi je suis basco-berdé, j'étais en Bretagne la semaine dernière. Le séparatisme, c'est quand vous essayez de détacher un bout de territoire et de le rendre indépendant. Là, on n'est pas face à ça, on est face à la religion en politique, donc cette volonté de faire confusion de la religion, des modes de vie, de la culture et du champ politique.
Et ça, on lutte contre cela de façon politique, pas par la loi. Par la loi, on va lutter contre le terrorisme. Et puis de reste, on se donne un cadre. Donc ce cadre-là, il me semble que c'est un cadre de confiance. Plutôt que de fracturer, il nous faut aller vers un Beauvau de la confiance. C'est ça que je propose. C'est ce que vous proposez, vous ?
C'est quoi un Beauvau de la confiance ?
C'est sortir de l'impunité. Le Beauvau de la confiance, vous savez, il y a une sorte de malédiction à Beauvau depuis le passage de Nicolas Sarkozy en 2002. C'est qu'on regarde cela uniquement d'abord sur un aspect financier, plus du tout sur un aspect de qu'est-ce qu'on veut pour la société, comment on veut protéger la société. Nous avons 59% de récidive à 5 ans, 59%. Ça veut dire qu'en fait, notre prison ne nous protège pas, on ne réinsère pas les détenus. Et donc, il faut lutter contre l'impunité. L'impunité contre les violences faites aux femmes et aux enfants, ce n'est que le début sur les questions d'inceste.
L'impunité des dealers qui prennent place dans l'espace public, l'impunité des quelques-uns qui, en uniforme, font des violences policières et ne sont pas touchés ni leur hiérarchie. L'impunité contre l'évasion fiscale, l'impunité contre les crimes d'écocide et ces entreprises qui déversent du ciment dans la Seine. L'impunité contre tous ces ministres qui, finalement, sont mis en cause. Il y a là un vrai travail à faire de réconciliation et de confiance. C'est ça que je propose.
Une crèche municipale, Éric Piolle, dans un quartier sensible de Grenoble, a été temporairement fermée début janvier, après que son personnel a été menacé par des dealers. Marlène Schiappa et l'opposition, dans votre ville, vous ont accusé de céder devant ces dealers. Et je cite Marlène Schiappa, « C'est de la soumission de la part du maire de Grenoble de se coucher devant les dealers. »
Que lui répondez-vous ? Je crois que c'est que le président de la République devrait tenir ses ministres. Il devrait tenir ses ministres parce qu'aucun ministre ne peut parler comme ça à un élu local, quel qu'il soit. J'avais déjà eu des mots de soutien très forts de François Barouin et d'autres. Quand M. Armanin s'était exprimé cet été, je crois qu'il faut que les ministres se tiennent dans le débat. Là, c'était un droit de retrait, rappelons quand même les faits, c'était un droit de retrait du personnel parce qu'ils ont essayé de pousser les dealers qui s'étaient installés dans la chaufferie à côté et ces dealers les menaçaient malgré la présence de la police nationale.
Cette crèche a rouvert, le personnel était très engagé et ce droit de retrait est fondamental. Que ceux qui sont en charge de faire respecter la sécurité le fassent, mais surtout que les 4000 points de deal aujourd'hui en France où les dealers sont propriétaires de l'espace public ne soient pas comme ça négligés. Il y a une politique de laxisme. On a vu pareil à côté d'un commissariat de police, une bibliothèque fermée pendant deux mois pour les mêmes raisons. On a vu la même chose à Toulouse, on voit la même chose à Nice.
Mais le laxisme, il vient de la police nationale ou il vient des polices municipales ? C'est ça le reproche que vous fait Marlène Schiappa avec les mots qu'elle choisit.
Il n'y a personne qui pense nulle part en France parmi les maires que c'est aux polices municipales de chasser les dealers.
Pourquoi est-ce que vous ne voulez pas une police municipale armée ?
Mais quel est le rapport ? Vous avez déjà vu des policiers poursuivre des dealers avec un pistolet à la main ? Quel est le rapport ? Là, nous sommes sur des problèmes de sécurité. La police nationale est responsable de cela. Ils font leur travail avec les moyens qui leur sont donnés. De mon point de vue, Gérald Darmanin, avec ce retour de la politique du chiffre, les met dans une situation à nouveau d'échec. Et c'est là-dessus que nous devons travailler. Sur ces 4000 points de deal, la promesse de Macron de 2017 de légaliser le cannabis, de changer notre politique qui est la plus répressive et la plus inefficace d'Europe, cette promesse n'a pas été tenue. Et donc, on continue.
Pourquoi je dis laxisme ? Je dis laxisme parce qu'aller à chaque fois qu'il y a un fait divers, dire « Ouh là là, maintenant c'est tolérance zéro, ça ne se reproduira plus. » Et puis ça se reproduit chaque semaine. Ça met en scène l'impuissance de la République sur la question du trafic de drogue.
Donc il n'y a rien à voir du côté du maire. Le maire fait bien son travail du côté de la sécurité. Pour vous, c'est la faute de la police nationale. Vous n'avez pas à faire un mea culpa sur l'insécurité à Grenoble, par exemple.
Sur du deal, mais...
Non, pas sur du deal, sur l'insécurité à Grenoble.
Nous travaillons tous les maires ensemble, sous l'égide de Gaël Perdrio, le maire de LR de Saint-Etienne. Et nous sommes tous d'accord sur la séparation des responsabilités. Et nous sommes coopérateurs de cette sécurité. Mais pas en allant chasser les dealers. La fonction régalienne, soyons clairs, en France, notre nation, notre État s'est construit. Et ces fonctions régaliennes, il ne faut pas les laisser partir.
Éric Piolle, vous récusez le terme « dans sauvagement » utilisé à plusieurs reprises par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qu'il a réemployé devant les images monstrueuses de l'agression ultra-violente du jeune Yuri à Paris. Si ces images ne sont pas de la sauvagerie, ne montrent pas de la sauvagerie, comment les qualifier ? Qu'est-ce que c'est ?
La violence dans la société, elle est toujours extrêmement choquante. Les images sont toujours extrêmement choquantes. Pourquoi je parle d'impunité ? Parce qu'en fait, l'évasion fiscale qui tire de nos services publics des dizaines de milliards chaque année, que les crimes environnementaux qui se propagent un petit peu partout, tout cela que les violences faites aux femmes, l'essentiel des violences maintenant sont dans l'espace privé, tout cela est aussi intolérable. Donc là où M. Darmanin glisse, c'est qu'en parlant d'ensauvagement, il reprend le vocabulaire de l'extrême droite, se place dans ce champ-là, et finalement occulte tout le reste.
C'est pour ça que, plutôt que de faire un beau veau de la sécurité en ne parlant que des problématiques de police, nous devrions élargir le spectre. Nous avons grand besoin de réconciliation dans ce pays.
Sur le front sanitaire à présent, sur le front de l'épidémie du Covid, Eric Piolle, et malgré la présence du variant anglais, la nouvelle doctrine de l'exécutif, vous l'avez compris depuis vendredi, c'est de dire chaque jour, chaque semaine de confinement qui peut être évitée doit absolument l'être. Le corollaire, c'est un contrôle renforcé du couvre-feu. Cette nouvelle doctrine, vous semble-t-elle la bonne ?
Je ne vais pas ajouter mon commentaire à tous les commentaires qui peuvent être faits sur cette crise du Covid. Ce que je trouve désastreux, c'est que finalement, nous sommes suspendus à la parole présidentielle tous les jours. Certains font un peu de teasing, on essaie de lire comme des prêtres grecs dans les entrailles des déclarations des différents ministres qui nous disent « Ouh là là, ça a confiné, ouh là là, 18 heures, ça ne marche pas, ouh là là ! » Et puis finalement, non, on nous dit que ça ne confine pas. Tout cela est aberrant, dans le sens où le problème, c'est que le président de la République, Emmanuel Macron, ne fait pas confiance aux Français.
Et c'est ça le problème de base. La démocratie sanitaire est fondamentale. Nous vivons une crise là. Nous savons déjà que nous en vivrons d'autres. Les changements climatiques, la déforestation, multiplient les zones, nous le savons déjà. Donc entraînons-nous et pensons à construire une société plus robuste. C'est ce que nous avons fait à Grenoble en installant un comité de liaison sur le Covid avec 210 personnes, avec qui on échange de l'expérience, de leurs besoins, de la lutte contre l'isolement. J'étais hier au téléphone avec un jeune étudiant qui a lancé une cellule d'appel pour les détresses psychologiques des étudiants à Grenoble. Il y a là plein d'initiatives concrètes.
Alors justement, sur les étudiants, Grenoble est une ville universitaire. Plus de 68 000 étudiants. Vous avez écrit à Olivier Véran, à Frédéric Vidal afin de leur faire part de votre inquiétude quant au sort de ces étudiants. Alors dites-nous, entre l'impératif sanitaire et l'impératif psychologique, moral, dites-nous ce que vous préconisez pour eux. Est-ce qu'il faut rouvrir les facs, se contenter du jour par semaine en présentiel comme le Président de la République l'annoncer ? Quelle est votre position là ?
Là-dessus, d'abord, ce qui me frappe, c'est que la jeunesse a été la grande oubliée de cette crise Covid dans la façon dont les choses ont été abordées. La jeunesse et la culture, c'est vraiment les deux domaines où on a l'impression, voilà, on peut aller faire ses courses à Carrefour, mais on ne peut pas aller dans un musée. On ne peut pas aller assister à une pièce de théâtre, même très éloignée, mais on peut s'entasser avant 18h dans des transports en commun. Donc, il y a là deux grands oubliés. Et sur la détresse psychologique des étudiants, le taux de 1 sur 3 était en état dépressif avant Noël, il y a là quelque chose qu'il faut rattraper. Comment ?
Des cellules d'aide psychologiques, mais aux États-Unis, vous savez que c'est 1 psychologue pour 1 500 étudiants. Donc là, nous, on est à moins de 1 pour 30 000. Donc, nous avons un retard considérable dans le domaine. Et tout cela doit se faire aussi en faisant confiance aux acteurs locaux. Comment peut-on décider, depuis un bunker à Paris, en fait, de décider une règle administrative pour tout le monde ? Il y a une intelligence du terrain. Les profs savent, en fait, comment ils peuvent s'organiser. Ils connaissent leurs locaux. Ils connaissent leurs étudiants. Ils peuvent faire quelque chose qui est adapté.
Plutôt que là, c'est la même règle pour tout le monde qui tombe et qui, évidemment, est aberrante. Évidemment.
Emmanuel Macron s'est engagé hier. Tous les adultes qui le souhaiteront pourront être vaccinés d'ici l'été. Cet engagement vous rassure-t-il ?
Je ne sais pas si c'est un engagement qui peut tenir, puisque, en fait, la question, ça va être à quelle vitesse les livraisons de vaccins vont être effectuées. J'étais extrêmement en colère, moi, choqué au début de la crise, d'abord par le retard français. Nous avons lancé notre cellule de crise à Grenoble en février. Fin février, le gouvernement, lui, passait le 49.3 sur les retraites à l'Assemblée. Début mars, le président de la République allait au théâtre pour nous montrer que tout allait bien, qu'on pouvait vivre normalement. Et puis après, il y a eu cette terrible loi de la jungle sur les masques et cette terrible loi de la jungle sur les tests.
Ce que je peux dire au moins sur la vaccination, un point positif, c'est qu'il y a une stratégie coordonnée et une stratégie européenne. Ça, ça me réjouit, parce que j'ai été intimement en colère, mais aussi triste, de voir qu'en Italie, à 3h de Grenoble, quand ils ont été finalement les premiers touchés par le Covid, il n'y a eu aucune solidarité européenne et c'est les Cubains qui ont envoyé des médecins. Donc là, sur la vaccination, je trouve que l'Europe, au moins, a agi de façon concertée et je trouve ça positif. Après, je suis ingénieur, moi. Donc, on fait des plans, des plans de production, il y a des usines, ces usines vont avoir des problèmes.
Il faut des négociations aussi commerciales pour voir si d'autres usines peuvent en produire. Et puis, petit à petit, le vaccin va se faire. Et les seuls enjeux aujourd'hui qui peuvent nous inquiéter, c'est de nous dire est-ce que ces vaccins marcheront pour les différentes variantes qui arrivent ? Sur le reste, le rythme de la vaccination, évidemment, c'est frustrant. Pourquoi ? Parce qu'on a pris un peu de retard. Pourquoi on a pris du retard ?
Parce que ça aussi, dans une logique de fracture, le gouvernement a préféré s'acharner sur les anti-vaccins plutôt que de se dire en fait, j'ai déjà tellement de monde qui va se faire vacciner que travaillons avec ceux qui vont se faire vacciner et les autres, ils seront convaincus par effet d'entraînement. Donc, cette logique toujours de combat, de fracture, de choc a entraîné un retard au début et puis maintenant, on va vacciner au rythme de la livraison des vaccins.
Allez, on file au standard où nous attend Florent. Ouvrons le dialogue avec les auditeurs. Bonjour Florent, bienvenue. Bonjour. On vous écoute.
Bonjour M. Piolle. Bonjour. Je suis militant l'ELV depuis un peu plus d'un an et j'entends des petites tractations actuelles en vue de la campagne présidentielle de 2022 chez certaines personnes du parti. Alors, pour ma part, j'ai adoré la série Baron Noir et je voudrais savoir quel est votre point de vue sur une union à gauche pour la présidentielle 2022.
Baron Vert, merci Florent pour cette question. Éric Piolle.
Moi aussi, j'ai apprécié la série Baron Noir. Tous les matins vers 5h30, je pédale pendant une heure sur un vélo d'appartement en regardant des séries et donc j'ai regardé ça parmi d'autres. Bon, est-ce que c'est ça qui fait envie de faire la politique ? Je ne sais pas. Mais par contre, pour la présidentielle, évidemment qu'il nous faudra rassembler un arc humaniste pour donner un débouché à une majorité culturelle qui aujourd'hui ne trouve pas de débouché politique. Mais surtout, avant cela, il y a des régionales et c'est à ça que je m'attèle moi aujourd'hui. J'étais dans le Grand Est avec Eliane Romani au mois de début décembre.
J'ai été évidemment avec Fabienne Grébert, notre tête de liste en Auvergne-Rhône-Alpes en décembre également. Le lancement de la campagne de Charles Fournier en centre-Val-de-Loire. Puis, je me suis déplacé pour soutenir Antoine Maurice en Occitanie. Les équipes de Nicolas Thierry en Nouvelle-Britaine. J'étais le week-end dernier en Bretagne avec Claire Desmarais et je serai avec Karima Dely. Très bien. Vous soutenez tous les candidats aux régionales. Oui, c'est le temps évidemment des régionales. Question de Fabrice,
doublée de celle de notre auditeur précédent sur l'appli France Inter. Bonjour Éric Piolle. Êtes-vous conscient que sans union de la gauche, les gens ne voteront pas pour eux, pour la gauche et que tous ces candidats de gauche en liste seront perdants ?
Je crois que tout le monde est conscient de ça. Si on est éparpillé façon Pulse, si on est éparpillé façon Pulse,
ça se repassera
comme en 2017 et comme aux européennes de 2019 où il y en a qui réussissent mieux que d'autres mais on est loin du duel entre Macron et Le Pen. Mais au-delà de ça, ce qui est le plus important, ce n'est pas s'unir pour s'unir. S'unir pour s'unir, ça a donné la victoire de François Hollande en 2012. Je ne sais pas si c'est le meilleur souvenir pour des électeurs de gauche ou des gens qui avaient quelques espoirs.
C'est quoi la solution ?
La solution, c'est de faire du fond du projet, se fédérer autour d'un projet, de regarder comment on peut finalement, après 30 ans de gouvernement impuissant, que Macron soit le dernier président impuissant et qu'on ouvre un nouveau cycle au lieu d'avoir les 30 impuissantes après les 30 glorieuses, qu'on est les 30 pionnières. Nous avons là pour la nation française un vrai défi positif, une mythologie positive et la France a besoin de mythologie pour avancer et cette mythologie c'est évidemment la transition écologique, la justice sociale et la justice environnementale. Sur l'union de la gauche,
des gauches, énormément de questions au standard. La parole à Philippe, bonjour, bienvenue.
Bonjour.
On vous écoute.
Oui. Monsieur Piolle, je prolonge la question précédente. À mon sens, il faudrait qu'il n'y ait qu'un seul candidat de gauche au premier tour. Si ce n'est pas le cas, on a toutes nos chances pour avoir un deuxième tour pour la deuxième fois la même chose, Macron, Le Pen. Ce coup-ci, si je me trouve à voter au deuxième tour avec ça comme choix, je voterai à deux mains Madame Le Pen, ce que je n'ai pas fait l'année dernière, enfin l'année dernière, il y a cinq ans.
La dernière fois, oui.
La dernière fois. Simplement parce que vaut mieux avoir une incapable, elle a que, elle peut s'améliorer en travaillant, alors qu'avoir une marionnette qui est au gré des pressions de droite ou de gauche ou de l'économique, enfin bref, voilà. Merci. Quel est votre sentiment ?
Merci Philippe, merci pour cette question et votre franchise.
Éric Piolle. Oui, c'est d'abord ce que vous dites finalement n'est pas extrêmement étonnant puisque un sondage paru le week-end dernier a donné un deuxième tour à 52-48 entre Macron et Le Pen si les élections devaient se tenir aujourd'hui. Ce que c'est la pointe, c'est notre responsabilité et notamment la responsabilité des écologistes aujourd'hui de sortir de notre histoire qui était plutôt une histoire de lanceur d'alerte et de force de rappel par rapport au parti dominant le parti socialiste pour maintenant fédérer derrière l'écologie politique fédérer sur un projet commun. Et c'est finalement ce que je conduis à Grenoble depuis 7 ans maintenant.
Ça marche, ça marche, ça suscite de l'adhésion des électeurs puisque nous avons fait le score le plus élevé des grandes villes de gauche et écologiste en 2020 avec 47% dès le premier tour.
Mais du coup, ça vous pousse à avoir une ambition nationale Éric Puel ou pas ?
Ça nous pousse à avoir une responsabilité. Non, c'est pas nous, c'est vous. Oui, ça nous pousse à avoir une responsabilité. C'est ce que je dis depuis plus d'un an, c'est que nous sommes un certain nombre là à avoir une responsabilité pour fédérer cet arc humaniste et il faut s'atteler à ça.
Mais ça, c'est... Pardon, excusez-moi, je vais vous dire, ce sont des mots là. Non, non, c'est pas des mots. Mais cet arc humaniste, ce sont des mots. Là, il y a des personnes qui incarnent, qui incarnent, parce que vous voyez toutes les questions des auditeurs font dans le même sens. Qui incarne aujourd'hui cet arc humaniste ? Puisque sur le projet, vous êtes à peu près d'accord sur le fond, non ? Donc, qui incarne aujourd'hui ce projet humaniste ? Est-ce que c'est Yannick Jadot, par exemple, qui s'apprête à lancer sa campagne ? Là, est-ce que vous, il fait partie du même parti que vous, est-ce que vous le soutenez ou pas ?
Nous sommes partis de la même famille politique, les écologistes, ceux qui finalement ont fait avancer un certain nombre de sujets et qui maintenant basculent dans l'exercice de pouvoir comme je l'ai fait à Grenoble en 2014. C'est ça qui est intéressant. Pour le soutenir ou pas ? Pour le reste, ce n'est pas l'heure aujourd'hui de choisir un candidat ou une candidate. L'heure est d'abord de se focaliser sur ce qui est important, c'est-à-dire les élections régionales et départementales du printemps et de travailler à faire ses ponts sur le fond parce que la question aujourd'hui c'est de proposer aux Français une conduite du changement. arrêter de culpabiliser.
Vous savez, sur la loi climat, là, ils édulcorent complètement les propositions de la Convention citoyenne climat. 75% des objectifs de la COP21 dépendent des politiques publiques. 75%. Donc maintenant, il faut arrêter de culpabiliser les Français et de se dire comment on arrête cette impuissance publique et donc ça, ça passe par un travail là aussi, peut-être que c'est mes 18 ans dans l'industrie et mes fonctions de cadre dirigeant qui m'amènent à ça, mais il faut développer une stratégie de se dire comment on bouge vers un horizon que l'on voit ensemble ou on appuie sur quel cliquer. Pourquoi vous ne répondez pas à ma question ? Parce que je n'ai pas envie.
Pourquoi quand on a un écologiste à six micros parce que vous avez un avis ou pas ? Pourquoi on a l'impression que c'est tout sauf Jadot chez vous pour être clair ?
Oula, pas du tout. Yannick Jadot, il fait partie de la famille politique donc de toute façon, ce n'est pas l'heure aujourd'hui de choisir des candidats ni pour l'écologie politique ni ailleurs dans l'espace. Aujourd'hui, nous travaillons de façon concrète d'abord dans les territoires et partout où ça s'est passé la bascule vers les écologistes dans les municipalités. On a vu la remunicipalisation de l'eau à Bordeaux, à Lyon, les tarifications sociales et la gratuité à Lyon également. Tout bouge dans différents domaines, ce qui se passe à Poitiers, à Strasbourg, tout ça est extrêmement intéressant et ça montre juste que nous avons une responsabilité collective.
Les électeurs nous le disent bien, nous en sommes, je crois, tous et tous conscients.
Éric Pioll, mi-janvier, 8 675 antennes 5G avaient été déployées en France. Où en êtes-vous de votre refus de déployer la 5G à Grenoble ?
Le gouvernement, en toute manière, a ligoté les mains des élus locaux dans le domaine. Il y a un problème démocratique, nous n'avons absolument rien à dire. au tribunal, à chaque fois, les opérateurs gagnent. Macron fait la confiance dans les opérateurs, il ne fait pas confiance au directeur de théâtre, mais il fait confiance dans les opérateurs téléphoniques ou au géant de la grande distribution. La question de la 5G, de façon plus générale, pose la question des usages du numérique. Nous sommes en capacité de faire plein de choses. Quand vous pédalez, en regardant votre série, vous n'êtes pas en 5G. Non, c'est la fibre, ça marche très bien.
Ce qui est marrant, c'est qu'il y a une espèce de leurre là-dessus, puisqu'on dit que c'est merveilleux pour l'industrie, merveilleux pour je ne sais pas quoi. En fait, l'industrie, elle a juste besoin d'avoir de la connexion numérique partout et de ne pas avoir des zones blanches où un architecte, un chaudronnier ne peut pas échanger des plans dans une zone d'activité à 15 km de Grenoble. C'est ça l'enjeu. Le moratoire que je demandais en juillet qui fait ricaner tout le monde et qui faisait que Macron nous traitait d'amiche, le Haut Conseil pour le climat en décembre a proposé la même chose.
Il a dit qu'il aurait dû avoir un moratoire et il peut y avoir encore un moratoire sur les nouvelles fréquences qui seront mises en charge.
Donc, tant que vous êtes maire de Grenoble, pas de 5G à Grenoble ?
On n'a pas le choix, en fait. Ça démarre sans nous. On n'est pas au courant. Ça y va comme ça. Il passe en force. Oui, comme la privatisation des opérateurs mobiles. On a donné les profits aux opérateurs et puis on laisse la puissance publique se débrouiller avec les territoires ruraux. C'est scandaleux pour l'aménagement du territoire.
Eric Piolle, merci. Merci, monsieur le maire de Grenoble, Europe Écologie Les Verts d'avoir été au micro d'Inter ce matin.
France Inter