Incendies : "Nous n'avons aucun mépris contre les agriculteurs !" (Anne Souyris, sénatrice de Paris)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] 7h 9h Europa matin Europa matin il est 8h11 invité [musique] ce matin Jacques Seris sénatrice de Paris et porte-parole du groupe écologiste au Sénat. Bonjour Anne Swiris. Bonjour merci beaucoup d'être avec nous ce matin en direct dans le studio d'Europein.
Annes Suaris canicule sécheresse mégafeu cet été. Les faits ont semblé donner raison aux alertes que les écologistes lancent depuis des années. Et pourtant l'écologie politique ne paraît pas en sortir renforcée est au contraire contesté sur parfois sur ses solutions, sur son discours, sur sa capacité à agir concrètement.
Comment expliquez-vous que l'urgence écologique progresse dans l'opinion mais pas les écologistes ? Alors déjà, faudrait-il encore qu'on donne la parole aux écologistes parce que vous êtes là ce matin. Absolument et je vous en remercie franchement parce que c'est effectivement on a moins la parole que les années précédentes.
Donc comment parler d'écologie alors que les français plébiscitent de l'écologie ? Je voudrais pas dire euh enfin là-dessus dire que il y a un backlash écologiste est complètement faux. En vérité, il y a 22 % des Français qui demandent, qui disent que la canicule est un problème et que il faut vraiment en parler, que c'est une priorité.
Et on a vraiment un sur leur réchauffement climatique, c'est plus de 74 %. Donc en vérité, euh c'est le moment d'en parler. Et oui, on nous donne pas assez la parole.
Alors ensuite, peut-être que on n'est pas parfait hein, moi je je j'ai rien à dire là-dessus. Mais vous [raclement de gorge] savez, les solutions, elles sont le problème, c'est qu'elles sont à long terme et qu'on est toujours dans un temps court. Or là, qu'est-ce qu'on voit ? un manque d'anticipation à tous les niveaux et le fait que oui, on aurait eu besoin d'anticipation sur la canicule et sur les isolation l'isolation par exemple sur une loi agricole qui ne tue pas [raclement de gorge] les ni les agriculteurs ni même l'agriculture française parce que en réalité cette loi agricole elle sert pour l'instant à rien elle va avoir un contreffet on en parlera peut-être plus tard mais en tout cas voilà et je peut-être que les solutions et vous savez on a fait une conférence de presse vous savez quand on on fait une on fait une loi par exemple fait une proposition de loi Henric Davis fait une proposition de loi sur les forêts hein et sur comment est-ce qu'on pourrait avoir quelque chose de de transpartisan pour lutter contre les incendie forêt et bien ça n'est pas mis à l'ordre du jour qu'est-ce que vous voulez que je vous dise c'est pas parce que les solutions sont mauvaises 55 députés de manière complètement transpartisan l'ont voté l'ont signé par vous parliez d'une conférence de presse justement au moment où les pompiers combattaient encore les flammes où des familles ignoraient s allaient pouvoir retrouver leur maison marine Tondelier appeler les Français à rejoindre les écologistes.
Transformer cette catastrophe en argument pour recruter des adhérents. Est-ce que c'était vraiment approprié ? Vous savez la question c'est pas est-ce que Marine Tolé a bien fait ou pas, c'est comment on fait pour que tout le monde participe de cette cette transformation écologique et que on se dise et bien oui, il faudrait que on aille peut-être tous chez les écologistes ou dans les associations.
Vous savez, nous on est un mouvement où il y a énormément de gens qui participent de notre mouvement sans avoir de cartes. Et bien, la question c'est maintenant il va falloir agir, il va falloir prévenir, il va falloir avoir un autant que le temps court du politique qui fait que de la démagogie actuellement sur ces questions là. Et donc pour ça et ben oui, il faut des il faut que les gens se lèvent.
Ils se sont levés contre la loi du plomb 1. Vous avez vu les millions de signatures, ce qui était inédit et le politique n'en a pas tenu compte. Donc oui, il faut qu'on soit ensemble pour faire valoir ces réponses.
Mais lorsque Marine Tondolier euh dénonce de des pyoman en politique, est-ce que ça va dans ce dans cette volonté de de rassembler, d'être ensemble ? Marine Tondelier qui parle de pyoman de la politique euh quand elle désigne notamment ses adversaires à commencer par le gouvernement Emmanuel Macron. Vous savez je sais qu'on aime bien les jeux de mots en dans les médias.
C le bon mot dans le contexte [raclement de gorge] des incendies. Ben écoutez, peut-être oui pour que vous le repreniez et pour qu'on en parle. Peut-être que oui parce qu'il va falloir arriver à parler de ces réponses et du problème.
On n'est pas sa question de Cassandre quoi. Celui qui annonce qui est le fautif dans l'histoire. Ah bah non, la rarité c'est que là on est dans une situation qu'on aurait pu prévoir et sur laquelle oui quand vous m'interrogez aujourd'hui c'est parce qu'il y a eu des mots comme ça.
Sinon on interrogerait je ne sais trop qui et on on ne parle en fait à chaque fois que du on en parle comme d'un fait divers. Ça n'est pas un fait d'hiver, c'est une politique publique. expliqué, on aurait pu prévoir quelle décision française précise aurait pu être prise il y a 5 ou 10 ans et qui aurait permis de sauver davantage de maisons ou de forêts cet été ?
Alors déjà, c'est de ne pas diminuer euh tout ce qui est budget euh sur l'ONF, sur l'Office des forêts. C'est-à-dire que maintenant, on ne contrôle plus du tout la loi qui devrait s'imposer, en particulier sur le débosseillage, sur les zones tampon, sur un nombre de choses. Ça quand on diminue par deux le nombre de personnel qui peut vérifier, qui peut contrôler et bien on a un résultat.
La deuxième chose c'est que et bien ou par des débroussaillages, pardon sur les débroussaillages. Vous êtes favorable au débroussaillage ? Mais bien sûr que oui, on l'a toujours été et on l'a redit là.
Vous savez, je il y a il y a des fausses il y a vraiment euh il y a il y a des faux procès qu'on fait aux écologistes. C'est comme sur l'histoire de la climatisation. Oui, ça n'est pas une solution la climatisation, c'est une solution ponctuelle pour des personnes en danger.
Mais ça n'est pas une solution pour tout le monde. On ne peut pas mettre de la climatisation dans les forêts, hein. Donc voilà, ça n'est ça n'est pas une vraie solution pérenne.
C'est ça qu'on dit en général. C'est comme sur les mégamassines. Oui.
D'avoir venir justement les création de de réserves d'eau. Les mégabassines, on a pu avoir les grandes mobilisations qu'il y avait pu avoir ces mégabassines, elles auraient pu parfois être utiles justement dans dans certaines zones. Vous savez les les le stockage d'eau tant qu'il n'est pas sur qui ne prend pas dans les nappes préatiques, on n'est pas contre par principe.
En revanche, dès que ça attaque les napéatiques, c'est encore un problème à long terme. C'est-à-dire que pour le court terme, on sacrifie les terres, l'eau à long terme. Et oui, c'est un problème.
On ne peut pas regarder à courte vue. On peut pas continuer avec des politiques à courte vue qui nous tuent à moyen terme et même on le voit maintenant à court terme à force de ne rien faire. Alors, cet été en girande les agriculteurs, on l'a vu, ont épaulé les services de secours avec leur engin, avec leur matériel, avec leur réserve d'eau.
Euh ces mêmes agriculteurs dont une partie font partie de la FNSEA, syndicat que vous qualifiez de principal lobby agroindustriel et vous estimez que la loi agricole ne rend pas service aux agriculteurs. Est-ce que vous comprenez aujourd'hui que beaucoup d'entre eux, que beaucoup d'agriculteurs vivent votre discours comme une forme de mépris ? Alors, nous n'avons aucun mépris contre les adricules.
Au contraire, la seule chose, c'est que il y a un lobby qui est celui de la FNSEA effectivement qui est un lobby du de l'agroalimentaire et qui est un vrai sujet sur qui qui en fait tue aussi les agriculteurs. Vous savez, le problème des agriculteurs, c'est d'abord qu'on leur achète à moindre prix toute leur tout tout leurs produits agricole et que par exemple les marges des supermarchés, elles pourraient être travaillées pour que ils puissent avoir une eux-mêmes une marge et pas celle de non hypermarché. Donc si vous voulez, ça c'est des c'est des sujets là encore qu'il faut prendre un petit peu plus généralement.
Et oui et bien euh la FNSEA fait du mal aux agriculteurs qu'on a vu combattre les incendies côé ce sont ce sont des agriculteurs qui qui luttent contre eux euh toutes ces normes qui qui les empêchent de produire aujourd'hui. La question c'est pas les normes qui les empêchent de produire. La question c'est quel est le système qui pourrait sauver l'agriculture en France et qui pourrait les sauver eux-mêmes ?
On sait que les produits qu'on est en train de remettre, c'est eux que ces produits tuent en premier. La cami, c'est pas c'est pas un sujet qui est vague et qui est en l'air, c'est eux que ça tue. Donc nous, on est là pour les protéger d'abord. et une agriculture qui est qui est protégée, ça veut dire une agriculture qui peut arriver aussi à moyen terme à s'autosuffir.
Ça n'est pas le cas actuellement. Actuellement, on a justement une FNSEA qui tient dans sa main et un un système agroalimentaire qui tient dans sa main les agriculteurs et qui contre lesquels ils ne peuvent rien faire. C'est pour ça qu'ils sont dans ce sens là, c'est qu'ils sont tenus complètement.
Nous, on est prêt à les protéger et à les libérer de cette cette contrainte là pour aller vers une transition agricole. C'est ça l'histoire. Anis, pour conclure cette interview, j'aimerais avoir votre position à quelques mois de la présidentielle.
Est-ce que vous souhaitez que Marine Tondelier aille jusqu'au bout ou est-ce que vous prenez comme certains un rapprochement avec le candidat et les filles à savoir Jean-Luc Mélenchon ? Non, moi vous savez euh ben ma moi ma seule optique c'est que l'écologie soit au centre de cette campagne. Vous l'avez dit, il y a un problème, elle n'est pas entendu et bien il va falloir le faire entendre cette parole-là.
S'il n'y a pas de mouvement écologiste, s'il y a pas de parole écologiste propre, et bien à la fin il n'y aura pas non plus d'écologie dans le futur gouvernement. Oui, il faut qu'on soit là. Donc, on va voir comment on le fait avec Jean-Luc Mélenchon ou absolument pas.
Est-ce que c'est un nom définitif à Jean Mélon Moi, j'ai pas de j'ai pas j'ai aucun nom définitif à donner. D'abord, je suis porte-parole, je suis pas que moi-même Anwis. Et ensuite, le la question, c'est de savoir comment on lutte pour ces idéesl, où est-ce qu'elles passeront le mieux.
Et pour l'instant, écoutez, moi je n'entends surtout nous parler. Non, mais parce que vous dites que les écologistes parlent pas assez à la radio ou à la télé, mais sauf que on entend encore moins les autres partis politiques en parler de l'écologie, hein. Donc voilà.
Donc pour l'instant, oui, nous sommes nécessaires. Peut-être qu'à mon pourra s'allier avec d'autres gens. Vous savez, c'est pas privilégié.
On parle toujours, c'est c'est le grand drapeau rouge euh ce ce monsieur. Mais en fait je je il y a il y a d'autres possibilités que de se s'aler avec lui. On verra ce qu'on fait en fonction de la réalité et notre problème c'est de ne pas laisser passer le rassemblement national.
Sénatrice de Paris, porte-parole du groupe écologiste Sén. Merci d'avoir été en direct ce matin sur Très bonne journée.
Anne Souyris