VACANCES POUR TOUS : 90 ANS APRÈS, LA PROMESSE N'EST PAS TENUE
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C'était il y a 90 ans. En 1936 avec l'institution des congés payés, le gouvernement de Fronts populairire provoquait une petite révolution dans la vie des Français. Révolution qui se traduisait quelques années plus tard par une promesse, celle des vacances pour tous.
Des congés accessibles portés par tout un réseau de villages vacances, d'auberges de jeunesse, de camping, de colonies de vacances. Ce tourisme social est en difficulté depuis quelques années en raison de la concurrence du privé. faute aussi de soutien suffisant des pouvoirs publics.
Peut-on encore sauver le tourisme social ? Comment mettre en œuvre aujourd'hui la vieille promesse des vacance pour tous ? Nous en parlons ce soir avec trois invités.
Laurence Moisi, bonsoir. Bonsoir à tous et merci d'être avec nous à distance depuis ici le M. Vous êtes maîtresse de conférence en géographie sociale Estua Institut national du tourisme.
Bertrand Réo, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes sociologue, professeur du KNAM, titulaire de la chair voyage, tourisme et loisirs.
Vous êtes également à distance avec nous depuis ici Châurou et Lilian Nobilet. Bonsoir. Bonsoir.
Bonsoir. Vous êtes délégué général de l'UNAT, l'Union nationale des associations de tourisme et de pleinire. Merci à tous les trois d'être au micro de Question du soir.
On va fêter les 90 ans des congés payés et à cette occasion, je vais me déplacer dans lieu touristique en vendé cette semaine et on va marquer ce que fait l'Agence nationale d'échec vacances. Et on va grâce à cette agence nationale aider 300000 familles à partir en vacances. C'est un budget de 40 millions qui va être doté par l'Agence nationale du chèque vacances.
Ce sont beaucoup des familles monoparentales qui ne partiraient pas avec des enfants en bas âge. Donc ça va concerner presque 1 million de personnes. Voilà quelques mots du ministre du tourisme Serge Papin sur RTL le 21 juillet et c'est avec un chiffre que j'aimerais débuter cette émission. 37 % un peu moins de 40 % un chiffre stable depuis plusieurs années.
C'est la proportion de Français qui ne partent pas en vacances selon les données du Crédoc et de l'observatoire des inégalités. 90 ans après la création des congés payés en France. Qu'est-ce qui caractérise aujourd'hui les vacances des Français ?
Bertrand Réo. Oui. Alors, vous avez rappelé ce chiffre qui est très stable en fait depuis maintenant plus de 30 ans 40 ans et qui cache en fait finalement plutôt des inégalités qui s'accroissent puisque ce sont ici la comptabilisation des nombres de départs et non pas le nombre de personnes finalement qui partent.
Donc bah voilà, si on regarde les chiffres en fait en terme d'écart, on est plutôt sur un écart de 1 à 3 lorsqu'on parle des écarts entre par exemple les ouvriers, les quatre supérieurs et de 1 à 6 lorsqu'il s'agit des voyages à l'étranger euh en dehors de la famille proche. Donc ce sont des écarts qui sont assez importants qui ont plutôt tendance à à se creuser plutôt qu'à se réduire. Ça renvoie bien évidemment à la fonction sociale des vacances aujourd'hui et à l'importance qui est accordée au niveau politique à cette question.
Alors Laurence Sooi, de votre côté, que retenez-vous de ces quelques mots du ministre ? On retient qu'il y a des des familles qui sont aidées pour partir, mais où en est donc le le vieil idéal des vacances pour tous aujourd'hui ? Alors, c'était effectivement un idéal, une ambition.
Je pense qu'on est tous d'accord pour dire que cette ambition, elle est loin d'être atteinte. Donc le l'Agence nationale d'échec vacances a un budget qui est qui est ce qu'il est. Elle fait les efforts qu'elle peut pour faire partir les gens.
Donc là, le ministre évoquait 300000 personnes. Oui, la la NCV aide maland enfin bonheur malant 280000 à à 300000 personnes à partir. Rapporté au nombre de non départ.
Alors Bertrand Reo rappelé une précaution statistique. Effectivement, il faut toujours distinguer de de quoi on parle. Est-ce qu'on parle de départ ?
Est-ce qu'on parle de personne ? les les noms départs ou ou les noms partants, c'est plutôt en millions d'individus qu'il se comptent. Donc 300000 personnes aidées, c'est beaucoup pour ces personnes-là.
C'est c'est important. C'est ça peut changer au sens propre leur leur vie, mais rapporter au nombre de nonpartants, c'est notoirement insuffisant. et et ça fait des décennies qu'on est sur ce plafond de verre et et où on a des maintenant des générations de non partants, c'est des des gens qui ne partent [raclement de gorge] pas en vacances mais qui n'étaient pas non plus partis quand avec leurs parents.
Don les parents ne partaient pas et ça ne se voyait pas forcément dans les années 6050 puisque on était à une époque où de toute façon c'était assez général de de ne pas partir et tout le monde pouvait espérer partir. Aujourd'hui, il y a des gens qui n'espèrent même plus partir pour lesquels c'est c'est même pas dans leur horizon. Alors, il y a Nobelé, comment se présente cet été 2026 du point de vue de Lunat ?
Du point de vue de de Lunat, on a des opérateurs qui qui se sont qui ont préparé la la saison estivale du mieux qu'il du mieux qu'il pouvait. Euh et comme ça vient d'être dit, on fait le constat aussi d'une difficulté à faire partir 40 % des Français en vacances malgré l'engagement des acteurs du tourisme social sur le sujet. Si je peux revenir sur ce que sur ce qu'on a dit tout à l'heure, la NCV est effectivement un des acteurs essentiels, très très important de l'accès au départ.
Il faut quand même rappeler que la NCV, elle n'est autonome financièrement. C'est donc son activité d'édition de chaque vacances qui lui permet de dégager des moyens pour pour ses programmes sociaux. Mais donc c'est tout ça pour illustrer que c'est un à la fois beaucoup mais pas tant que ça et que c'est pas tout à fait la marque d'un engagement suffisant des pouvoirs publics sur le sujet.
Alors justement les pouvoirs publics, on va en parler tout au long de cette émission. Bertrand Ré, on entendait une parole politique justement, une parole de ministre. Quelle est la place des vacances dans notre pacte social ?
On peut rappeler peut-être quelques mots sur ben les les articles de loi qui sanctuarisent ce droit aux vacances. Il y a un droit aux vacances qui est un droit reconnu constitutionnellement. Il y a des lois qui garantissent ce droit aux vacances.
Quelle est la place des vacances dans notre pacte social Bertrand Reo ? Oui. Alors, c'est important de rappeler ça justement à l'occasion de ces 90 ans donc de la loi sur les sur les congés payés puisque on on prend cette date comme effectivement logiquement un un départ important euh pour le droit aux vacances et son et son développement.
Euh mais comme vous l'avez rappelé, effectivement, ensuite, c'est un droit qui va être inscrit plus largement en fait dans la loi et notamment assez récemment en fait en 98 dans la loi la lutte contre l'exclusion, le droit aux vacances est inscrit. Euh donc comme un droit euh et c'est assez intéressant parce que bien évidemment on voit que euh le droit euh bah n'est pas bien évidemment effectif, hein, on vient de le voir, et que cette effectivité suppose pour le coup euh une véritable volonté politique. On y reviendra certainement, mais la volonté politique qui est derrière doit vraiment s'appuyer aussi sur une volonté de savoir, une volonté de connaître quelles sont les pratiques aujourd'hui, quelles sont les pratiques des Français qui partent en vacances, quelles sont celles de des non partants.
Euh, il y a un symptôme que je rappelle toujours qui est l'arrêt des enquêtes nationales de typein sur les vacances des Français depuis plus de 20 ans maintenant. euh et donc euh remplacé par des enquêtes sur la suivie de la demande touristique. Donc le débat se décale en fait si vous voulez entre les vacances et le tourisme qui est largement privilégié comme question économique, secteur international et dont on voit que les objectifs sont euh très largement euh bah uniquement financiers en fait.
Laurence Moisier, rejoignez-vous ce constat sur un droit aux vacances, voilà, aujourd'hui qui fait partie de notre pacte social, mais qui est peut-être plus une priorité politique. Oui. Oui, absolument. et et la période pendant laquelle ça a été une priorité dans l'histoire des vacances et du tourisme, elle est quand même très très réduite.
Et puis euh on peut peut-être aussi rappeler que dans les textes euh législatifs, enfin le le titre de votre émission c'est 90 ans de congé payé. Dans dans les textes législatifs, les qui évoquent les congés payés, le droit au congés payés, on n'évoque pas euh ou rarement l'association avec des vacances. Si on regarde les textes de l'OITS hein par exemple, enfin l'OIT pardon, l'Organisation internationale du travail, l'OITS et un acteur de tourisme social, l'OIT associe les congés payés au repos au repos de la force physique et mentale pour être de nouveau apte ensuite à travailler.
Donc la question de de d'utiliser ce temps de repos pour autre chose que simplement reconstituer sa force physique et son son bien-être mental. Et donc pour par exemple des vacances ou du tourisme ou de l'émancipation, elle n'est pas clairement indiquée, elle n'est pas clairement inscrite dans les textes de loi. Et là, il y a une grosse ambiguïté.
Euh les acteurs du du tourisme et et du tourisme pour tous sont conscients de l'intérêt d'utiliser ce temps libéré euh des contraintes pour l'émancipation de l'individu, pour la découverte de d'horizons diverses, mais c'est pas forcément partagé par euh les politiques euh au sens large du terme ou par les autres acteurs économiques ou sociaux de de en France ou ailleurs dans le monde. C'est encore pire ailleurs dans le monde. Alors, Lilian Nobiléet, il y a une notion euh dont on va beaucoup parler dans cette émission, c'est le tourisme social.
Euh c'est une notion importante dans l'histoire du du 20e siècle. Est-ce qu'on peut rappeler déjà de quoi il s'agit ce tourisme social ? Bah pour faire euh pour faire très simple, euh ça regroupe l'ensemble des acteurs du tourisme qui s'inscrivent dans l'économie sociale et solidaire.
Donc, on va retrouver des acteurs euh euh associatifs euh essentiellement, mais pas que, euh qui vont être qui vont œuvrer euh dans les vacances pour la jeunesse. Donc c'est pour faire vite les acteurs qu'on appelle d'éducation euh d'éducation populaire. Euh même si on en fait globalement le tourisme social s'inscrit dans une histoire d'éducation populaire.
Euh donc c'est des acteurs qui sont la Ligue de l'enseignement, les pipis de l'enseignement public, ben c'est ces grands acteurs euh nationaux mais aussi nombre de petits de beaucoup plus de d'acteurs beaucoup plus euh locaux et et et plus petits. C'est des acteurs qui sont mobilisés sur les colines de vacances, les classes découvertes, bref tout ce qui va être accueil de jeunes avec avec hébergement. Ça regroupe aussi des acteurs qui sont plutôt mobilisés sur le tourisme familial.
Le les plus connus d'entre eux, ce sont les euh les les villages vacances, mais c'est aussi des campings, euh des gites, euh des résidences. Bon, il y a vraiment une une foultitude de de d'opérateurs mobilisés sur le sujet et une troisème famille d'acteurs qui sont plutôt euh inscrits dans des dans l'action sociale et qui utilisent les vacances comme support d'action sociale et et d'insertion. Voilà, donc l'ensemble de ces de ces acteurs compose le tourisme social et encore une fois ce qui fait Simon entre eux c'est l'inscription dans l'économie sociale et solidaire.
Alors Laurence Moisi, dans quel état se trouve précisément tout ce secteur, ce grand secteur du tourisme qui a donc une vocation sociale particulière si on comprend bien ce que vient de de préciser Lilian Nobilet. Oui. Alors là, la question est vaste donc je vais forcément être un peu un peu caricatural en en répondant en quelques minutes, quelques secondes.
Ce que ce que j'ajouterai peut-être aussi à à ce que vient de dire donc Lilian Nobéet, c'est c'est peut-être aussi que le tourisme social, on le pense souvent comme uniquement dans sa dimension de faciliter le départ en vacances d'un certain public qu'on a qu'on a ciblé. Mais je pense que c'est important aussi de enfin de rappeler que le tourisme social euh c'est aussi euh des équipements dans des territoires. Donc c'est aussi un impact et un impact positif dans les territoires et et dans des territoires qui ne sont pas que les territoires aujourd'hui euh qui concentrent les les flux touristiques. pour certaines communes en moyenne montagne, en espace rural ou en arrière-pays littoral, la présence d'un équipement de tourisme social est vraiment extrêmement important. parfois c'est c'est le dernier acteur économique.
Et puis le tourisme social, c'est aussi une attention portée non seulement aux vacanciers mais aussi au aux salariés du secteur. Donc une attention portée aux conditions de travail, une attention portée à la formation, une attention aussi portée à à l'intégration dans les métiers du tourisme social de public qui est éloigné de l'emploi, donc de public en réinsertion. Et ces deux autres dimensions-là, elles sont souvent passées sous silence et et je trouve qu'elles font la spécificité du du secteur et elles mériterait probablement d'être euh davantage rappelé pour ne pas penser ce secteur que comme un un puissant fond, enfin que comme un un secteur qui a des coûts, mais c'est aussi un secteur qui a des bénéfices pour l'ensemble de la société au-delà des bénéfices pour les pour les les publics.
Alors Bertrand Rou, faut aussi que je fasse tourner la parole. Pardonnez-moi Laurence Moisi, je le redonne dans quelques instants. Mais quelle est la place justement de ce tourisme très particulier donc avec cette mission sociale dans nos imaginaires des congés parce qu'on on connaît peu finalement ces formes de tourisme très ces formes très particulières ?
Oui. Alors, c'est intéressant parce que je je vais rebondir aussi sur ce que sur ce qu'a dit Laurence Moisy là-dessus. Je pense que en fait le le tourisme social quand il prend vraiment toute son expansion euh c'est principalement dans les années 60 jusqu'à fin des années 70 à un moment où il y a une politique publique aussi de développement et notamment de développement territorial du tourisme.
Donc les deux s'accompagnent en fait, c'est-à-dire que on va avoir à la fois le développement d'infrastructure mais le développement aussi. On a parlé de de village de vacances et donc toute cette politique est largement soutenue, encouragée euh et planifiée par le pouvoir public euh à un moment où justement il y a une augmentation aussi du coup quantitative du nombre de départs. Donc ce que je veux dire c'est que cette représentation peut-être on l'a vu au tournant des années 90 où le terme social était voilà était moins moins était connoté entre guillemets comme quelque chose de voilà plus de pauvre d'aide et qui était pas finalement quelque chose de de je dirais de de si positif que ça en tout cas dans à ce moment-là et c'est pour ça qu'on a eu d'autres expressions comme tourisme durable, tourisme solidaire, tourisme pour tous et cetera qui qui ont aussi émergé en parallèle.
Mais moi, j'aime bien quand même rappeler cette cette période où justement bah le tourisme social s'inscrivait dans une politique à la fois sociale, économique et territoriale de développement et qui était donc un moteur dans tous les domaines en fait. Et ça, je pense que c'est un élément qui est très important puisqu'on parlait à l'instant, vous avez cité euh le ministre du tourisme. Euh ce qui manque aujourd'hui, à mon sens, c'est une vision globale finalement des politiques euh publiques sur ces questions et on y reviendra peut-être mais il me semble qu'il y a des choses à à apprendre aussi dans l'histoire passée.
Alors Bertrand Réo, justement vous me permettez de faire la transition avec ce qui arrive puisquil faut évoquer un moment fondateur qui a été 1936 dont je parlais en introduction de cette émission. Maman fondateur pour les vacances des Français et voudrais vous faire entendre la voix d'une personnalité incontournable de cette époque du gouvernement de Front populaire Léo La Grange. J'espère que dans notre auberge de Paris viendront des jeunes paysans qui ne quittent jamais leur villages et qui viendront retrouver leurs jeunes camarades et qui construiront cette unité marale de la jeunesse française condition de la grandeur spatiale humaine de notre pays.
Voilà, Léo Lagrange, sous-se d'État au sport et au loisirs du Front populaire. Léo Lagrange dont les enregistrements sont extrêmement rares. On l'entendait ici dans une archivina de 1937 pour l'inauguration de l'auberge de jeunesse de Paris.
Lilian Nobelé, alors Léo Lagrange ne parle pas exactement des congés, mais il parle d'une manière d'être en société pour les jeunes. Est-ce que ça relève des mêmes logiques ? Bah oui oui.
Alors déjà, je trouve que c'est assez émouvant que d'entendre cette voix. Moi je je savais même pas qu'on avait des enregistrements Léo La Grange et je je je l'entends j'entends sa voix pour la pour la première fois. Moi je trouve que ce qu'on le le le discours qu'on vient d'entendre ou l'extrait qu'on vient d'entendre ça montre combien la question du tourisme elle relève et des vacances elle relève d'une question politique.
C'est-à-dire que en 36 qu'est-ce qui s'est joué ? pas seulement une conquête de de de congés payés et de temps pour constituer sa forte de travail comme le disait tout à l'heure Laurence, c'était mu par une utopie de ce qu'on pouvait faire du temps libre et de d'en faire l'occasion d'une construction d'une citoyenneté, d'une occasion pour des jeunes de se retrouver ensemble mais aussi de rencontrer l'altérité par des nouvelles mobilités. Bon, je pense que c'est ce souffle-là qu'il faut qu'on réussisse à retrouver alors qu'on célèbre les 90 ans des congés payés et qu'on essaie effectivement de reposer l'enjeu du tourisme et de vacances euh évidemment au-delà de la seule attractivité euh internationale de la France pour les touristes CSP+ du des des États-Unis ou ou de l'Asie, mais qu'on en fasse un vrai enjeu de qu'est-ce qu'on fait en fait de ce temps libéré, qu'est-ce qu'on fait de ce temps libre et qu'est-ce qu'on propose collectivement pour que euh non seulement il y a un enjeu d'égalité d'accès mais aussi de de qualité de ce qui est de ce qui est proposé.
Alors Bertrand Reo, si on reste sur cette époque très importante de 1936, alors faut faire le constat qu'il y a pas tout de suite l'idée de de vacances mais plutôt du du temps libre, du temps pour soi, du temps pour récupérer. Comment arrive très progressivement peut-être cette idée des des vacances et cette culture des vacances à partir de ce moment fondateur 1936 ? Alors déjà, faut rappeler que euh donc c'est un mouvement quand même qui touche quand même aussi plusieurs pays européens à ce moment-là, donc d'établir des des congés payés.
Euh donc la France là-dessus est pas isolée. Et puis bien évidemment en 36, c'est un contexte politique très particulier quand même. Euh il y a le Front populaire, il y a les grandes grèves qui viennent d'avoir, il y a les accords de Matignan.
Enfin voilà, tout ce contexte permet voilà de d'arriver avec d'autres revendications majeures he comme le droit syndical et cetera à ce moment-là de vraiment de vraiment inscrire ces ces premiers congés. Bien évidemment les premiers congés vont tout de suite donner lieu à la possibilité de d'être mis en place en fait dès l'été suivant. Donc ça a été assez rapide de ce côté-là.
Mais il est vrai que du coup bah on apprend quand même aussi à partir en vacances et puis c'est des choses qui se mettent en place petit à petit. Il y a une culture vacancière qui va se développer progressivement. euh beaucoup plus finalement à partir de la la fin de la Seconde Guerre mondiale quand il y aura aussi donc d'autres d'autres moyen et d'autres façons de de pouvoir partir et notamment comme on le disait à l'instant avec le développement notamment du tourisme social, des mouvements d'éducation populaire qui vont largement contribuer à permettre à beaucoup de jeunes et moins jeunes de partir et de s'approprier finalement ce temps libre sous la forme de vacances.
Euh en 36, on est le plus souvent quand même forme d'excursionnisme. On va on va faire des voilà des balades autour euh des villes ou des choses comme ça beaucoup moins sur des grands départs même si bien sûr il y en a eu, il faut pas les il faut pas les les oublier. Mais c'est plus je dirais euh au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et surtout fin des années 50 qu'on va vraiment avoir une grande augmentation quantitative donc pour toutes les catégories sociales sauf les agriculteurs qui arriveront un peu plus tard.
Alors Laurence Moisi, sur cette arrivée des vacances très progressivement dans l'imaginaire collectif des Français. Oui. Alors euh les les vacances, il y a certains groupes partaient en vacances déjà avant 36. 36, il y a il y a a il y a un mythe et c'est une date symbolique.
Mais certains certaines catégories sociales avaient des congés dès le début du 20e siècle en France, les fonctionnaires dès le milieu du 19e et puis dans les pays dans les autres pays européens, ils ont été précurseurs avant avant nous. Donc euh euh le le fait que certains pouvaient déjà partir et partir avec des structures collectives parce que ça peut faire le lien avec votre question de de tout à l'heure. Euh pendant très longtemps, le départ en vacances s'est fait à l'aide de structure collective comme Bertrand Reo là le rappelait.
On ne savait pas partir. C'est un fait social de partir. Donc ça ça s'apprend, c'est pas inné.
Des structures collectives qui pouvaient être le curé qui emmenait les enfants en conscout. qui pouvaient être les bonnes œuvres où on emmenait aussi les groupes qui pouvaient être les maisons familiales pendant toute la partie du première partie du 20e siècle. Donc on partait en vacances en groupe.
Et c'est peut-être là aussi où une des des raisons, pas la seule mais une des raisons des difficultés des structures aujourd'hui, c'est que cette appétence pour le départ collectif aujourd'hui, elle a largement euh diminué pour ne pas dire disparu. Les gens préfèrent partir tout seul et partir là où ils veulent. Or les c'était beaucoup plus simple quand des groupes constitués étaient encadrés et étaient emmené dans les villages vacances du tourisme social qu'à partir du moment où les gens deviennent plus autonomes parce que les aides financières changent les aides financières sont amenées directement au aux personnes.
Il y a une mise en concurrence des structures du tourisme social qui est plus importante et l'extrait que vous passiez tout à l'heure donc de Léo Lagrange qui évoquait l'auberge de jeunesse, je trouve qu'il est particulièrement bien choisi parce que les auberges de jeunesse, c'est un des un des segments du tourisme social qui est le plus frontalement aujourd'hui euh ouvert à la concurrence des acteurs lucratifs. Donc et certains opérateurs de historiqu des auberges de jeunesse sont en en santé économique. Voilà.
Et on voit euh sur certaines localisations qui sont les localisations les plus intéressantes sur le plan économique, d'autres acteurs français ou étrangers arrivé hein, c'est les les Générateurs, c'est Joan Jo, euh les euh Vertigo, euh les les AO Hôtel euh qui viennent concurrencer directement les auberges de jeunesse avec des outils commerciaux et marketing qui vont séduire peut-être plus facilement les jeunes mais aussi les backpackers, mais aussi les familles. Donc là, c'est un exemple assez illustratif des difficultés auxquelles les acteurs du secteur sont confrontés. Alors Bertrand Réo, il faut redire un mot aussi si on reste sur cette partie un petit peu historique de nos congés et du tourisme social.
Qu'est-ce qui constituait la singularité de des années 60 qui ont constitué, je crois, un âge d'or du tourisme social ? C'était dû à une action de l'étail, un grand plan de de de planification précisément. Comment s'est constitué ce qu'on a pu appeler un âge d'or du tourisme social ?
Bertrand Réo ? Oui. Alors, c'est une combinaison d'acteurs, hein, comme on le disait.
Donc il y a bien évidemment l'intervention de l'État, notamment le le rôle important durant cette époque de de la Caisse des dépôts dans le soutien et dans le développement aussi donc d'associations très importantes de du tourisme social hein, voilà qui se développe comme VVF, voilà, enfin fin des années 50, des choses comme ça. Donc ça ça va être un rôle important, mais il va y avoir aussi bien évidemment toutes toutes les toutes les planifications et toutes les les travaux aussi sur les transports, sur l'aménagement du territoire des zones touristiques et le soutien plus général bien évidemment au au secteur donc du tourisme social. Donc c'est cette combinaison si vous voulez avec une forte une demande en plus forte croissance. on est dans une période de de croissance économique hein, les tr glorieuses qui vont faire que cette combinaison entre guillemets entre le soutien à à une offre en plein développement et à un à une demande du coup aussi croissante de départ en vacances va faire le succès, je dirais de de ces années.
Et ce qui est intéressant de noter, c'est que là pour le coup, on n'est pas on n'est pas dans des dans des bords politiques en fait. En fait, c'est c'est assez intéressant parce que voilà, c'est pas forcément gauche. Voilà, voilà, c'est ça.
Donc donc ça c'est intéressant de de rappeler parce que quand on entend aujourd'hui que voilà, des fois on a l'impression que il faudrait se positionner dans un spectre politique donné pour pouvoir spécifiquement parler d'une politique sociale ou d'une politique du tourisme. En fait, on voit bien que quand on revoit dans l'histoire, c'est pas une politique attribuée spécifiquement à un courant politique en tant que tel. Voilà, c'est la conjonction, je dirais, de facteurs de facteurs qui ont permis ce développement de tourisme social.
J'aimerais juste dire un mot, si vous permettez, sur le le caractère collectif en fait. Effectivement, le caractère collectif était important. Il a joué un rôle important dans la socialisation, aux vacances et cetera.
Je dirais pas qu'il a, je serais plus nuancé que que ma collègue à ce sujet, je dirais pas qu'il a disparu aujourd'hui. Je dirais qu'il prend d'autres formes en fait qui se reconfigure et qu'il y a toujours une recherche du collectif mais qu'il est plus tout à fait sur le même ordre. Alors concrètement le tourisme social aujourd'hui ben ce sont notamment les auberges de jeunesse dont on a parlé il y a quelques instants, ainsi que les villages vacances créés dans les années 60 ou 70.
Et à ce propos, je vous propose d'écouter un extrait du journal de France 3 dans soir 3. C'était [grognement] il y a plus de 20 ans, en juillet 2005. Nous sommes dans le domaine VVF.
Traduisez village, va famille. VVF, [musique] trois lettres longtemps synonymes de vacances pour tous. Dans les années 60, une centaine de sites sont construits par les comités d'entreprise, l'État et les communes.
VVF permet alors à des familles au revenus modeste de partir à la montagne ou à la mer. C'est formidable [musique] parce que vraiment on est déchargé tout souci matériel et en même temps on profite de ses enfants plus librement. 40 ans plus tard, VVF est en pleine révolution.
La fréquentation baisse, le parc immobilier vieillit. Aujourd'hui, l'État se désengage au profit d'un actionnaire privé. S rénove les logements, je suis à peu près certain qu'ils vont augmenter les tarifs.
Est-ce qu'on sera apte à suivre ou est-ce qu'il faudra aller voir ailleurs ce qui se fait ? Voilà, les VVF d'une époque à l'autre dans soir 3 en en 2005. Alors, Lilian Nobéet, cette crise du tourisme social qu'on entendait dans un reportage qui a plus de 20 ans, donc c'est pas une affaire récente.
Voilà. Comment comment s'explique-t-elle ? Comment est-elle apparue ?
Alors bon, crise est quand même connotée très très négativement. Alors je je je dirais plutôt que c'est un un secteur qui euh euh auquel on impose de vivre des mutations profondes et que et que ces mutations sont engagées. On est quand même passé d'une époque à l'autre.
Oui et et je trouve que le là on a en fait quelque chose qui éclaire très très bien et qui fait écho avec ce qu'expliquait Bertrand Reo sur la complémentarité entre la puissance publique et les acteurs du tourisme. C'est très concrètement comment ça s'est comment ça s'est passé, c'est que le modèle du tourisme social, il s'est développé sur le principe où on séparait la question patrimoniale de sa gestion. C'est-à-dire que le patrimoine vacancier, le foncier, les hébergements et cetera était euh financé par des collectivités. comme des comités d'entreprise, les CAF puis enfin la CNNAF puis les CAF, l'État, les collectivités et les associations en assuré la gestion et c'est voilà les deux métiers étaient étaient on dire assurés chacun par des acteurs différents et c'est ce modèle là en fait qui a été qui a été progressivement remise en remis en cause avec des comités d'entreprises qui ont commencé à désengager des des CNAF également et globalement tout toute la puissance publique qui ceux qui s'est qui s'est retiré de ces cette responsabilité et évidemment ça a un impact sur les modèles économiques. dire que quand il s'agit de gérer un établissement en intégrant la question du foncier, son amortissement, ses rénovations, ses mises aux normes et on sait qu'on est aujourd'hui dans une inflation normative qui est logique he qui est liée aux transitions écologiques, qui sont liées à l'évolution des goûts des des personnes, bien évidemment les modèles économiques sont beaucoup plus beaucoup plus fragiles et c'est ce défi là qu'il est que les acteurs du tourisme social ont besoin de ont besoin de relever.
Alors soit euh soit et comme je viens de dire n'importe quel acteur économique euh une des solutions, c'est la question de la montée en gamme euh qui permet d'augmenter les marges et donc d'assurer euh euh d'assurer euh le le frais que j'ai que j'évoquais tout à l'heure et d'autres qui continuent à essayer de construire des compromis qui sont parfois de plus en plus euh difficiles à tenir et euh VVF mais aussi d'autres font partie de cela, même si encore une fois euh notamment sur le tourisme familial, il y a des ETI qui Justement, j'allais vous poser la question, mais qui se rend aujourd'hui dans ces villages vacances ? Alors, quelle catégorie sociale ? Ça c'est une des spécificités.
Il y a Gilker qui a fait une une étude il y a peu dans auprès d'un d'un des opérateurs du tourisme social et qui a fait la démonstration que dans ces ces villages vacances, on retrouvait une population qui était représentative de la population française, c'est-à-dire qu'on y retrouve des cadres, des cadres sup, des employés, des artisans et donc c'est c'est ça ça rejoint un petit peu là aussi une des spécificités du tourisme social, c'est que c'est un tourisme qui cherche pas à segmenter les populations, qui continue à affirmer permet que les lieux de vacances, les lieux d'hébergement sont des lieux de mixité sociale et que voilà le tourisme social c'est le tourisme qui fait société en fait. C'est comme ça qu'il faut le définir pour revenir revenir aussi sur ce que disait Laurence tout à l'heure sur un tourisme qui est pas un tourisme des pauvres quoi. C'est un tourisme qui euh euh qui qui qui vise à faire société par l'expérience qu'il qu'il propose.
Laurence Moisy à la fois sur ces publics de tourisme social aujourd'hui et puis vous en disiez un mot tout à l'heure sur la santé économique des auberges de jeunesse. Voilà qui se trouvent confronté à de très grandes difficultés. Oui. sur sur ces opérateurs effectivement [grognement] le le secteur mais depuis depuis plusieurs années hein les les premières études enfin les premières études moi je me souviens d'avoir lu des études qui dataient des années 80 qui disaient déjà que à l'époque à peu près seul un/ers du parc du tourisme social et était viable que un tiers pour être viable aurait enfin nécessiterait de très gros investissements et un/3 était dans soit dans des localisations tellement peu appréciées des voyageurs, des touristes de la fin du 20e siècle, soit dans un état de sous-investissement récurrent qui valait mieux les enfin les abandonner, les les vendre et se concentrer sur les équipements qui avaient une un espoir de de survie économique. que les questions là qui que vous posez, elles ne sont pas récentes, elles ne datent pas du début du enfin de de ces années 21e siècle.
Et le le les villages vacances, c'est aussi quelque chose d'assez emblématique parce que on est sur un secteur qui ou un type d'hébergement qui dès l'origine a été d'abord lucratif. Euh donc euh Bertrand Reo pourrait en parler probablement euh de manière plus détaillée que moi. Il a il a travaillé sur euh sur le club M.
Mais les villages-vacances, ça démarre pas dans les années 60. Les villages vacances, ça démarre dans l'entre de guerre euh avec des des champions sportifs. Euh voilà.
Et au départ, c'est des équipements qui sont du secteur lucratif. Et donc dès que les villages-vacif vont se développer, ils vont avoir à faire face euh à cette euh concurrence euh de de confrères euh qui sont sur les mêmes euh segments de clientèle mais qui progressivement ne vont plus se battre avec les mêmes armes. Et donc dans les villages vacances et on pourrait aussi associer les maisons familiales de vacances he d'ailleurs les maisons familiales de vacances si vous regardez la classification officielle française elles ont disparu avec la nouvelle classification française de mise en place he par à toutoufance les maisons familiales de vacances n'existent plus elles ont été fondues avec les villages vacances et les auberges de jeunesse, la catégorie des auberges de jeunesse n'existe plus, elle était transformée par les hostels pour justement intégrer des opérateurs lucratif.
Donc ça témoigne aussi de cette vision que Atoufance a mais Atou France ne représente pas que le tourisme social. Donc c'est normal qu'A tout France prenne acte du panorama contemporain des des structures touristiques. Mais ça illustre la concurrence auquelle doivent faire face les acteurs.
Alors certains s sont bien préparés. Enfin, il y a des opérateurs hein comme les Cap France, les Éthiquet, voilà qui qui euh se préparent depuis 10 ans, 20 ans, euh mettent en place des plans marketing, euh sont pour certains sur booking, donc ont aussi des circuits de commercialisation qui sont les circuits de commer de commercialisation pardon que monsieur madame tout le monde utilise et ceux qui ont un petit peu tardé dans l'adoption de ces nouvelles démarches de euh moi je me souviens aussi de textes par exemple des années 90 où certains opérateurs refusaient de parler de clients euh mais il parlait de membres ou d'usagés. Alors Laurence Moi, je fais réagir justement Bertrand Reo à ce que vous venez de de dire.
Donc on comprend l'idée d'un d'un modèle qui arrive en bout de course. Peut-être aussi un désinvestissement des pouvoirs publics, des investissements donc qui qui manquent. Euh Bertrand Reo, à quoi est dû cette crise justement sur laquelle on essaie de mettre des mots depuis quelques minutes ?
Ah oui, euh bah c'est pas évident en effet de comprendre. En fait, je j'ai envie peut-être de poser un peu le problème à l'envers, c'est-à-dire que on pourrait s'étonner finalement euh et le la période Covid nous a nous a instruit là-dessus du peu d'intérêt finalement des pouvoirs publics pour les vacances des Français. On l'a vu pendant la période Covid justement, on parlait d'atou France à l'instant qui promeut la destination France principalement à l'étranger avait complètement inversé durant les les petites périodes les étés où on a pu sortir la la communication pour revaloriser finalement la France pour les Français.
Alors, c'était intéressant parce que du coup, on a l'impression que ça s'est passé un petit peu aux oubliettes. Euh et moi je m'étonne en fait toujours en fait, non seulement bien évidemment par rapport au non partant, mais même qu'il y ait pas de réflexion en fait plus générale sur les vacances des Français, ce que font les Français et qu'est-ce qu'on pourrait en faire si on pensait à faire un parallélisme avec ce qu'on entend sur je sais pas la souveraineté numérique. Voilà.
Est-ce qu'il y aurait pas une souveraineté touristique au sens où je dirais on ne serait pas dépendant du tourisme international ? Dans quelle mesure si encore il y a des crises qui se répètent comme celles qu'on a vécu finalement tout un secteur peut s'effondrer du jour au lendemain pour de multiples raisons. Donc voyez ces questionsl elles sont quand même assez surprenantes il me semble.
Euh et une des réponses, c'est effectivement de s'interroger un peu plus déjà de au moins vouloir savoir ce qui ce qui se fait, quels sont les goûts, les pratique pour pouvoir réfléchir à une politique plus globale, hein, je dirais une politique vraiment du temps libre, une politique une chronopolitique, voilà, une réflexion. Et là, on le voit euh aucune réflexion là-dessus quel que soit le bord politique. Et c'est vrai que c'est assez étonnant parce que c'est quelque chose qui dure.
On a qu'une seule ligne de vue, c'est finalement le tourisme étranger, ses recettes et on introduit du tourisme durable mais comme finalement un label marketing. Donc voilà, moi je pense que la question elle est plus générale et c'est pas une crise du tourisme social en lui-même, c'est une crise vraiment de la réflexion politique, de ne pas vouloir en fait savoir ce qu'on pourrait faire autrement en matière de de vacances et en matière de vacances justement en lien avec le tourisme interne, domestique comme on dit. Je pense que ça c'est une vraie une vraie une vraie question pour moi qui observe c'est observe cette évolution depuis plus de 25 ans.
Justement Bertrand Ro je fais je fais réagir Lilian Nobileté à ce que vous venez de dire. Est-ce que vous partagez ce constat et puis du côté des pouvoirs publics voilà il y a peut-être pas une prise en compte suffisante de de l'urgence de penser cette situation pour le tourisme social ? Oui, bien sûr.
Je je partage euh il n'est qu'à voir euh effectivement à quel point le discours d'Atoufance euh de de de de l'État en général se se limite à l'attractivité internationale euh pour attirer les touristes internationaux. Euh ce qui alors du coup en plus dans des avec des propos qui moi m'irent un petit peu, je dois je dois le dire. C'est-à-dire que un une des manières de décrire ses intentions, c'est de se dire qu'il faut passer de la quantité à la valeur.
C'estd que il faut qu'on attire pas forcément plus beaucoup plus de monde mais des personnes avec une dépense quotidienne en France qui serait qui serait supérieure. Et comme on a pu l'écrire à l'UNAT là la polyscémie du mot valeur, elle prend presque une tournure cynique sur comme si en fait finalement le tourisme pour tous c'était le contraire des valeurs que que défendrait aujourd'hui à tout France. Je je caricature un petit peu et je provoque mais il y a quelque chose qui est quand même un petit peu un petit peu agaçant.
Le tourisme domestique c'est 70 % du tourisme en France. Donc on effectivement on peut que s'étonner comme le fait Bertrand du de la faible mobilisation politique sur le sujet. D'autant plus que on sait que l'industrie touristique elle est 21 milliards d'euros ou 22 milliards, je crois avoir lu euh ce matin dans magazine de d'excédent.
C'est-à-dire que entre l'écart entre ce que les étrangers viennent consommer en France et ce que les Français consomment à l'étranger, et bien il y a un excédent de 21 milliards face à une politique publique qui est quand même assez faible, qui je pense qu'il serait intéressant de trouver des manières à partir de cette man de voilà d'investir sur le tourisme des Français, le tourisme social en particulier qui il me semble dans un contexte dans le contexte de de de crise non pas du tourisme social mais peut-être du tourisme tout court avec cette redondance, la notion de surtourisme, moi il me semble que le tourisme social, c'est une des réponses à cette cette crise ou cette soi-disant crise du surtourisme. Alors Laurence Moisi, est-ce que ça serait une politique de de vacances pour tous aujourd'hui et à l'avenir si on se projette un petit peu dans le futur et au-delà de la situation que nous connaissons ? H alors qu'est-ce que ça serait ? question qui me permet peut-être de faire une ouverture sur une très belle revue que Bertrand et et Liliane connaissent la revue Partance qui s'intéresse particulièrement à ces ces questions là, c'est une émanation enfin une revue publiée par le conseil scientifique pour l'accès au départ en vacances que que j'ai le plaisir de de présider et qui réunit justement des opérateurs euh du tourisme pour tous et euh des chercheurs des enseignants chercheurs. qui réfléchissent à cette question et qui euh essayent de surtout rendre visible ce secteur parce que tout à l'heure, on disait, il y a peut-être pas beaucoup d'informations euh sur le ce que font euh les les vacanciers et les Français.
Oui et non parce que les opérateurs qui encadrent le départ en vacances des plus faibles, ils ont des informations des des associations comme vacances ouvertes, vacances et famille, toutes ces associations aussi comme le secours catholique, le secours populaire qui ont des branches vacances, elles savent très bien qui sont leurs bénéficiaires, ce qu'ils font, où ils vont, où ils ont envie d'aller et où et pourquoi ils ne vont pas. Donc peut-être déjà donner plus de de d'audience euh au savoir qui est parfois informel ou qui est parfois une littérature grise qu' ces opérateurs. Donc les les entendre euh et les écouter et et partir aussi de leurs idées parce que le secteur est capable de rebondir.
On voit quand certains ont traversé les crises et et sont toujours debout, c'est qu'ils ont su se réinventer. Donc un l'avenir du tourisme pour tous, ça serait peut-être déjà de considérer que le temps des congés et le temps des vacances, c'est pas uniquement un temps de repos et de reconstitution de la force de travail. C'est ce qu'on évoquait au tout début et que également le fait de découvrir le monde, de découvrir la France mais aussi hors de France, ça fait citoyen et que le tourisme c'est un moyen de faire citoyen et que c'est aussi un moyen de cohésion sociale et que rien qu'à ce titre làà ça devrait avoir tous les financements dont ça a besoin et peut-être même un ministère à pleine à pleine dent du tourisme.
Parce que pour l'instant vous évoquez les CAF. Les CAF c'est la politique familiale, c'est pas le tourisme. L'étude du tourisme c'est le ministère des finances.
À tout France, c'est autre chose. La politique internationale, c'est le ministère des affaires étrangères. Enfin, comment est-ce que vous voulez qu'on s'en sorte quand déjà les acteurs sont éclatés ?
Il faut conclure malheureusement. Laurence Moisi, j'aurais adoré pouvoir continuer cet échange avec vous, mais je fais réagir très brièvement Bertrand Reo à vos propos sur voilà l'avenir et ce qui serait désirable pour le tourisme social demain. Oui.
Alors, en effet, il y a il y a il y a des il y a des connaissances he sur les publics et c'est très très intéressant effectivement de de voir ce que font les acteurs. Moi, j'insiste sur une volonté politique de vraiment avoir une connaissance, je dirais, nationale en fait, qui soit justement qui s'appuie potentiellement sur les acteurs, mais qui soit vraiment indépendante comme elle pouvait l'être pendant de nombreuses années avec l'INC, pas pour savoir pour savoir mais pour savoir pour vraiment s'appuyer sur des éléments importants pour vraiment créer une politique cohérente comme le disait ma collègue qui qui ne soit pas une politique éclatée dans tous les domaines et qui ne soit pas uniquement centré sur une dimension au détriment des autres, une dimension souvent uniquement économique qui néglige les politiques et le social. Et bien merci, grand merci à tous les trois, Laurence Moisi, Lilian Nobilé, Bertrand Réot, merci d'avoir été au micro de question du soir.
Toutes les références de vos ouvrages et de vos travaux sur la page de notre émission. Grand merci à toute l'équipe qui a préparé cette émission. Adel Triol, Coline Guillot, Aloï Guérin, Juliette, Moi, Tomstock à la réalisation Vivien de Meiller, à la technique Minatadia Wara.
Merci à Montini et à Romain de Couture Berry qui ont rendu possible cette intervention à distance. [musique]