Rabbin agressé, narcotrafic, retraites...l'interview Face à Face de Jordan Bardella en intégralité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Jordan Bardella, merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le président du Rassemblement National, vous êtes député européen. Très nombreuses questions à vous poser, mais d'abord votre réaction à ce qui s'est passé samedi à Orléans, le rabbin Harry Engelberg qui a été violemment agressé en pleine rue sous les yeux de son fils. Condamnation unanime, et vous ?
Je condamne avec la plus grande fermeté ce qui apparaît aujourd'hui comme un acte relevant d'un antisémitisme d'atmosphère qui se diffuse dans notre pays. J'aimerais d'abord adresser mon soutien au rabbin d'Orléans, à son fils de 9 ans, devant qui il a été agressé, à sa famille, et évidemment à tous nos compatriotes de confession juive. La France vit depuis maintenant plusieurs mois, voire plusieurs années, une recrudescence des actes antisémites. Il y a eu 1600 actes antisémites qui ont été recensés en 2024, presque autant qu'en 2023. Et il y a eu, dans les trois mois qui ont suivi, le 7 octobre 2023, autant d'actes antisémites que dans les trois années précédentes.
Il est absolument urgent de prendre la mesure de ce phénomène et de dire que l'antisémitisme est un poison qui mine notre société. Et on voit bien là, derrière, que certains cherchent à importer sur notre sol, non seulement le conflit israelo-palestinien, mais toutes les haines qui y sont associées.
Il y a deux références dans ce que vous dites. L'une à Emmanuel Macron qui dit, comme vous, que l'antisémitisme est un poison. Est-ce que vous estimez qu'il fait suffisamment ? Et l'autre référence, on le sent bien, c'est plutôt pour une partie de la gauche. Mais d'abord sur le poison. Est-ce que la France fait suffisamment ?
Non, je pense que la France est aujourd'hui à un point de bascule. Chaque jour, l'autorité de l'État recule. Chaque jour, l'insécurité progresse. Et chaque jour, nos compatriotes, quelle que soit la confession ou le sentiment qu'on est dans un autre pays où les libertés et les sécurités ne sont plus garanties, notamment la sécurité et les libertés individuelles. Et moi, j'aimerais dire que cet antisémitisme d'atmosphère, il est le fait de deux périls qui planent aujourd'hui sur notre pays et qui fragmentent la société. Le premier, c'est le totalitarisme islamiste.
Qui combat tout ce que nous sommes et qui cherche non pas seulement à se séparer de la société française mais à imposer à toute la société française ses propres interdits. Et deuxièmement, c'est le péril de l'extrême gauche qu'on a encore vu s'illustrer tragiquement dans les rues de Paris samedi dernier avec des messages extrêmement violents contre l'État, contre la République, contre la police, avec des drapeaux palestiniens qui ont été agités.
Et quand je vois, il y a encore quelques jours, des affiches de la France insoumise qui rappellent d'ailleurs les années 30 allant jusqu'à caricaturer Cyril Hanouna, on se dit qu'on a non seulement un antisémitisme qui se diffuse, des relais des militants, mais en plus un mouvement politique qui fait le choix d'alimenter le communautarisme et le discours de haine dans notre pays à l'égard de nos compatriotes de confession juive.
Est-ce qu'il y a une sorte de responsabilité directe pour vous ? Est-ce que pour vous il y a un lien entre les affiches, les slogans de la semaine dernière et l'agression de samedi ?
Oui, l'enseignement, je l'avais dit à l'époque du 7 octobre 2023, c'est que pour la première fois, la condamnation du terrorisme islamiste ne faisait pas l'unanimité dans la société française. Et on a vu un mouvement tomber dans l'indignité, celui de M. Mélenchon et de ses parlementaires, allant jusqu'à considérer que le Hamas n'était pas un mouvement terroriste, mais un mouvement de résistance.
Quand on voit que la France insoumise épouse toutes les revendications politico-religieuses qui sont aujourd'hui celles des fondamentalistes, quand on voit cette affiche, encore une fois, ces caricatures qui ont été faites, notamment d'un animateur télé de Cyril Hanouna, on est dans un antisémitisme qui n'est pas seulement décomplexé, mais qui est assumé, qui est revendiqué, dans le but espéré, je mets des guillemets, d'aller flatter un électorat sensible à la thématique de l'islam et sensible aux conflits israélo-palestiniens. Donc c'est un enjeu de civilisation en réalité.
Et en même temps, pour le RN, est-ce que l'antisémitisme c'est vraiment grave grave ou c'est juste moyen grave ?
Pourquoi vous dites cela ?
Je vous pose la question parce qu'en 2015, après que Jean-Marie Le Pen ait redit ses propos sur le point de détail des chambres de gaz, Jean-Marie Le Pen avait été expulsé du RN par Marine Le Pen. Elle avait dit que c'était une décision douloureuse, mais elle l'avait fait. Et depuis, elle regrette. Elle dit « je ne me le pardonnerai jamais. Jusqu'à la fin de mon existence, je me poserai toujours la question est-ce que j'aurais pu faire autrement ? » Est-ce que ça veut dire que finalement, ce n'était pas si grave ce qu'il avait dit Jean-Marie Le Pen ?
Ça veut dire que lorsque une fille parle de son père et que son père est décédé il y a quelques jours, les mots qu'elle utilise sont des mots personnels et non plus des mots politiques. Je crois que Marine Le Pen a toujours été, et personne ne peut lui en faire le reproche, irréprochable sur ce sujet, allant jusqu'à rompre avec son propre père sur le plan politique. Et pendant de très nombreuses années, vous le savez, sur le plan personnel. Elle, une fille peut regretter de ne pas avoir parlé à son père pendant plusieurs années. Mais en tout cas, la chef politique qu'elle a a toujours été extrêmement courageuse. Elle a toujours pris ses responsabilités.
Et permettez-moi de vous rappeler que dans quelques heures, dans quelques jours, je m'envolerai pour Israël, où je suis invité à intervenir sur cette grande cause qui doit nous unir, qui est la lutte contre l'antisémitisme, à l'invitation du gouvernement de l'État d'Israël. Et je m'y rendrai aussi comme un acte de solidarité à l'égard d'une nation qui lutte non seulement pour sa sécurité, mais qui lutte, comme nous devons lutter ici, contre le fondamentalisme islamiste et contre le terrorisme. Donc le Rassemblement National, et je le dis très clairement, n'est plus le Front National. Le Rassemblement National n'est pas le Front National.
Et si précisément, il y a eu cette rupture que vous évoquez en 2015 entre Marine Le Pen et son propre père, c'était en très grande partie en raison et à raison de la question de l'antisémitisme.
Ce qui veut dire que les regrets ne sont que des regrets d'une fille islamiste sans père. Mais sur le fond, est-ce que vous dites ce matin, Jordan Bardella, qu'il fallait l'exclure, qu'il n'y a pas de regrets à l'avoir exclu ?
Mais il le fallait, et Marine Le Pen n'avait aucun autre choix. Et je crois que personne, aucun Français, et aucun Français de confession juive ne peut ce matin nous faire le reproche de ne pas avoir été clair, extrêmement limpide sur cette question. Et je crois que beaucoup de nos compatriotes de confession juive sont extrêmement inquiets de voir la naïveté qu'il y a pu y avoir à l'égard du fondamentalisme islamiste dans notre société depuis 15 ans. Or, cette naïveté, nous ne l'avons pas eue. Et le temps n'est plus aujourd'hui aux demi-mesures. Il est aux mesures claires, courageuses, fortes.
Et pour mettre nos compatriotes de confession juive à l'abri des violences et à l'abri de l'insécurité, comme tous les Français, il faut lutter et mener une guerre totale aux islamistes et à l'islamisme, que ce soit en France, en Europe ou partout dans le monde.
Vous dites, Jordan Mandela, que vous partirez effectivement en Israël demain à l'invitation d'un des membres du gouvernement. Vous dites également que le RN d'aujourd'hui n'est plus le FN d'hier. Je recevais ce matin le représentant des institutions juives de France, le président du CRIF, Jonathan Harfi. Je l'invitais évidemment pour réagir à ce qui s'était passé samedi, mais je lui ai aussi posé la question de votre voyage. Et il a pour le moins, au minimum, une certaine prudence, voire même méfiance. C'est son mot. Écoutez.
Cette invitation, elle est le fait d'Israël, qui fait ses propres choix politiques. Elle n'engage pas les institutions juives de France, et je veux le dire, car la position historique des institutions juives de France, et du CRIF en particulier, a toujours été une méfiance. Nous considérons que, face à l'antisémitisme, une mue peut s'opérer, mais pour ça, il faut qu'elle soit discrète et complète. Aujourd'hui, on sent bien que ce sujet est instrumentalisé pour mettre en scène un rassemblement national nouveau. Dans une stratégie de conquête du pouvoir, je considère que l'antisémitisme ne peut pas être instrumentalisé politiquement.
Vous instrumentalisez l'antisémitisme ?
Mais M. Arfi fait de la politique.
Et vous, vous n'en faites pas ?
Voilà.
Vous n'en faites pas ?
Mais en l'occurrence, c'est moi qui suis invité dans quelques heures en Israël.
Mais vous ne faites pas de la politique ?
Et croyez-moi, il y a beaucoup de nos compatriotes de confession juive qui considèrent que les propos de M. Arfi sont des propos politiques, politisés, qui font fi de la réalité de ce qui est en train de se passer en France. Croyez-moi, il y a beaucoup de nos compatriotes de confession juive qui, en 2024, ont porté leur suffrage et ont porté leur confiance
sur le Rassemblement national.
Je ne fais pas de politique. J'ai toujours été, en tout cas sur ce sujet, je ne cherche pas à instrumentaliser tel ou tel drame. Moi, j'ai toujours été très clair sur ce sujet. J'ai toujours été très clair sur les menaces qui visaient aujourd'hui la communauté juive de France. Permettez-moi de vous rappeler que lorsqu'il y a eu les atrocités commises le 7 octobre 2023, nous étions à la marche à Paris contre l'antisémitisme avec Marine Le Pen, avec les députés du Rassemblement national. Et l'accueil, bienveillant, je ne sais pas si c'est le mot, mais en tout cas chaleureux que nous avons reçu de la part de nos compatriotes, pour moi, veut dire beaucoup. Et pour moi, ce suffit à lui-même.
Il est vital de ne pas oublier ce qui s'est passé le 7 octobre 2023. Et si je me rends en Israël aussi, c'est pour dire que face à la montée du terrorisme, face à la barbarie islamiste, nous devons être unis. Le 7 octobre, il y a 1200 morts civils essentiellement qui ont été, je dirais, laissés par la barbarie du Hamas. Il y avait 42 de nos compatriotes, 42 Français, 1200 morts en Israël, c'est l'équivalent de 8500 morts rapportées à la population française. C'est-à-dire que dans le même jour, Israël a vécu à la fois son 11 septembre et son Bataclan.
Et donc, je crois que le devoir de la France est non seulement de dialoguer avec Israël, mais d'entretenir des liens étroits sur le plan diplomatique, économique et sécuritaire avec toutes les nations du monde qui luttent pour leur sécurité et qui luttent contre le terrorisme islamiste. Le reste, si vous voulez, c'est de la politique politicienne. Je pense, mais peut-être à tort que...
Mais vous pouvez entendre ce malaise ?
Moi, ce qui me met mal à l'aise, c'est que...
Parce que, certes, vous avez changé de nom, mais c'est le parti de Jean-Marie Le Pen. Vous-même, vous aviez eu du mal, je me souviens, vous avoir interrogé plusieurs fois, vous aviez eu du mal au départ à dire de Jean-Marie Le Pen qu'il était antisémité. Vous aviez fini par le dire, mais...
Je reconnaissais qu'il y avait un malaise. Jean-Marie Le Pen est le père de Marine Le Pen. Vous connaissez l'état de ma loyauté. Mais je comprends bien que tout soit mélangé, mais... Non, non, il n'y a aucun mélange. À quel moment... Je veux dire, qu'est-ce que vous avez à me reprocher sur ce sujet ou sur cette question ?
Je vous dis, je vous parle du malaise. Mais je n'ai aucun malaise. Et quel malaise dont se fait lui-même l'écho, Jonathan Arfon ?
Moi, mon malaise, il vient de... C'est insoumis à l'Assemblée nationale, du fait qu'il souffle sur les braises de l'antisémitisme, et qu'il y a encore quelques mois, aux élections législatives, Gabriel Attal et Emmanuel Macron ont retiré leurs candidats pour appeler à voter pour des candidats ouvertement antisémites lors des élections législatives. Il vient de là, mon malaise. Et croyez-moi, j'ai toujours été extrêmement clair sur ce sujet.
Et si je suis invité dans quelques jours par le gouvernement de l'État d'Israël pour me rendre aussi en partie sur les lieux qui ont été attaqués par le Hamas le 7 octobre 2023, c'est aussi la reconnaissance du rôle qui est désormais le nôtre sur l'échiquier français, sur l'échiquier européen, et sur le fait que nous apparaissons aujourd'hui comme un partenaire potentiel demain dans la lutte contre le terrorisme, dans la mesure où nous sommes perçus, y compris depuis l'étranger, comme un successeur possible à l'ère Macron.
Jordan Bardella, la loi sur le narcotrafic sera portée au vote demain par l'Assemblée nationale. Est-ce que le RN la votera ?
Nous votons une partie, évidemment, d'une très grande partie de ces propositions. Ces propositions, elles vont en grande partie dans le bon sens. Ce sont des mesures qui visent à simplifier les procédures d'enquête, à isoler notamment les détenus. Moi, je pense que le narcotrafic est en train de gangréner aujourd'hui une partie considérable du territoire français. La France est en train de devenir un narco-État, une narco-république avec des bandes de plus en plus armées. Avec de la corruption ?
Avec un État fragile ?
Avec peut-être de la corruption au niveau local et au niveau de certaines municipalités qui, par clientélisme, ferment les yeux. Et face au narcotrafic, moi, j'ai toujours été partisan d'une guerre totale. Encore une fois, je le disais tout à l'heure, la France est un point de bascule. Et soit la France se réveille et soit la France s'engage en un sursaut sécuritaire et pénal, soit certains de nos territoires seront submergés.
Vous souhaitez que cette loi passe ?
Oui, et nous avons soutenu d'ailleurs beaucoup de ces amendements. Nous avons émis des réserves sur l'un de ces articles qui prévoient notamment l'accès à des messageries cryptées parce que nous sommes aussi les défenseurs des libertés publiques. Et je crois que ça pourrait être aussi la porte ouverte à certaines dérives. Vous savez, moi, quand ça va dans le bon sens, je ne fais pas de politique. Et vous rappeliez tout à l'heure l'histoire du Rassemblement national. Je vais me permettre de vous rappeler que le sectarisme, nous n'avons fait que le subir.
À partir du moment où une mesure va dans l'intérêt du pays, dans l'intérêt des Français, quel que soit son auteur, nous la votons parce que nous avons au cœur l'intérêt du pays et l'intérêt des Français.
La question des étrangers qui seraient mis hors des prisons pour poursuivre leur peine, c'est l'une des préconisations de Gérald Darmanin. Ça vous fait rigoler ?
Oui, ça me fait rigoler parce que le mandat d'Emmanuel Macron se termine dans deux ans. Et depuis maintenant sept ans, on nous combat avec une très grande virulence, une très grande violence, y compris sur le fond des mesures que nous proposons. Et moi, je m'aperçois qu'en fin de règne, les responsables politiques en viennent toujours à expliquer que nous avions raison. Il se trouve que ça fait à peu près 30 ans que le Rassemblement national milite pour l'expulsion des délinquants et criminels étrangers. s'il y a des accords bilatéraux avec la possibilité que les peines soient faites dans les pays d'origine.
Moi, je suis évidemment pour que les délinquants et criminels étrangers soient non seulement expulsés, mais qu'on puisse organiser les peines dans les pays d'origine. C'est ce qui se fait avec un certain nombre de pays. Le Danemark, par exemple, le fait avec le Kosovo. Mais ce qui est certain, c'est que vous voyez bien là tout l'opportunisme de ces gens qui parlent beaucoup mais qui agissent peu en réalité.
Mais vous faites allusion aussi à la question des accords bilatéraux. 20% des prisonniers étrangers sont de nationalité algérienne, autour de 20%. On sait les difficultés aujourd'hui à trouver des accords, notamment pour avoir des laissés-passés. Quelle est votre position sur ce point ? Est-ce qu'il faut aller davantage vers un bras de fer quitte à couper les relations avec l'Algérie et donc à avoir moins aussi de possibilités de travailler ensemble dans la lutte contre le terrorisme ? Est-ce qu'il faut effectivement aller jusqu'au bout ?
On ne travaille pas ensemble dans la lutte contre le terrorisme et l'insécurité pour les Français puisque l'Algérie refuse de récupérer une très grande partie des OQTF et des ressortissants. Je me rappelle qu'il y a encore quelques jours lorsqu'on a discuté sur les plateaux de télévision du drame de Mulhouse, l'un de nos compatriotes a été assassiné par un terroriste islamiste qui était un Algérien qui avait été refusé à dix reprises, à dix reprises par le régime algérien.
Donc, vous voyez bien là que l'Algérie multiplie les provocations à l'égard de notre pays, qu'elle multiplie les injures pour ne pas dire les parjures à l'égard de la France, à l'égard de la République, à l'égard de ses dirigeants. Et je pense qu'il ne s'agit plus désormais de discuter d'une riposte graduée mais de prendre des mesures extrêmement fermes. Je suis favorable à ce que nous abrogions les accords de 1968 qui non seulement facilitent l'immigration algérienne en France mais qui facilitent l'installation de ressortissants algériens en France premièrement.
Deuxièmement, à ce qu'il n'y ait plus aucun visa qui soit délivré non seulement à des ressortissants diplomatiques mais tout court à des ressortissants algériens tant que l'Algérie refusera de récupérer ses ressortissants. Et troisièmement, je pense qu'il faut suspendre l'aide au développement et l'aide publique qu'on donne chaque année à l'Algérie.
Est-ce que les Français qui nous écoutent ce matin, qui se demandent bien souvent ce qu'on fait avec leur argent dans un pays où les impôts sont toujours plus élevés chaque année, qu'on finance la bourse des étudiants algériens qui s'installent en France ou que l'Union Européenne engage des appels à projets avec l'Algérie s'agissant de la gestion de l'eau en Algérie quand on sait que dans nos territoires d'outre-mer aux Antilles ou encore à Mayotte, un Français sur trois n'a pas accès à l'eau potable.
Donc, il faut non seulement suspendre les visas mais il faut fermer à la fois le robinet de l'immigration et également le robinet des subventions et accessoirement empêcher les dirigeants algériens de venir se faire soigner en France tant qu'ils refuseront toute coopération avec la France. Il faut que l'Algérie comprenne que nous ne sommes pas sous sa tutelle, nous lui avons donné son indépendance, elle doit maintenant nous donner la nôtre.
Jordan Bardella, officiellement le conclave sur les retraites se poursuit mais il n'y aura pas de retour de la retraite à 62 ans. Voilà ce qu'a dit François Bayrou. Vous continuerez à le soutenir ? Vous continuerez à soutenir le gouvernement François Bayrou ou est-ce que vous pourriez le censurer ?
Nous pourrions parfaitement le censurer parce qu'en réalité ce gouvernement c'est beaucoup de bruit et très peu d'actes et les grands sujets quotidiens des Français qu'il s'agisse du pouvoir d'achat, de l'insécurité ou du contrôle de l'immigration ne sont pas réglés. On entend les annonces, les opérations de communication du ministre de l'Intérieur. Je me permets de vous rappeler que l'immigration est en augmentation s'agissant des titres de séjour légaux par rapport à 2023 et que nous avons accordé en 2024 et c'est ça la folie qui est en train de se passer 19%, 19,7% de visas en plus à l'Algérie en 2024 qu'en 2023.
Donc voyez bien là qu'entre ce qui est dit pour amuser la galerie et ce qui est fait les attentes quotidiennes des Français ne sont pas réglées.
Vous pourriez censurer et s'entarder ?
On pourrait censurer évidemment s'entarder. Je veux dire à partir du moment où il ne se passe rien les urgences quotidiennes des Français ne sont pas traitées. Nous avons obtenu dans le cadre du budget de l'État un certain nombre de victoires qui sont des victoires idéologiques mais qui sont surtout des victoires concrètes pour les Français. Si au mois de janvier 24 millions de Français ont reçu un mail leur indiquant que leur facture d'électricité allait baisser de 15% c'est grâce au Rassemblement National et c'est grâce aux concessions que nous avons obtenues dans le cadre de la première censure.
Donc nous ne sommes pas au pouvoir nous sommes peut-être dans une marche intermédiaire nous allons continuer de nous battre et moi je continue à réclamer une dissolution à l'automne parce que je pense que rien de sain ne peut émerger de ce paysage politique et que précisément notre devoir c'est de nous tenir prêts et le devoir des Français sera de choisir au moment où il le faudra.
Et c'est ma question est-ce que vous êtes prêts ?
C'est mon devoir de l'être et nous travaillons
activement pour nous y préparer. Vous, Jordan Bardella ?
Chaque jour qui passe je m'y prépare oui.
Vous vous y préparez aussi parce que potentiellement la semaine prochaine c'est vous qui devrez reprendre le flammeau de la présidentielle ?
Je vais préciser pour ne pas qu'il y ait d'ambiguïté je vais parler des élections de potentielles élections législatives et d'une potentielle victoire en cas d'élections législatives. Vous faites référence au verdict du procès
lundi du procès des assistants parlementaires. Marine Le Pen qui pourrait se voir interdite de se représenter dans ce cas-là c'est vous qui serez candidat.
Marine Le Pen ne sera pas inéligible parce que Marine Le Pen est totalement innocente des faits qui lui sont reprochés et cela me paraîtrait invraisemblable à moi comme à des millions de Français qu'une candidate qui a été trois fois candidate à l'élection présidentielle qui est toujours aujourd'hui dans les sondages qui sont faits donner au second tour puisse être empêchée de se présenter pour ce qui ne relève ni d'emplois fictifs ni d'enrichissement personnel mais d'un désaccord administratif sur la façon dont travaillent des assistants parlementaires au sein du Parlement européen.
Vous ne voulez pas y croire mais j'imagine que vous avez quand même été obligé de penser à ce scénario vous en avez parlé tous les deux.
Je ne me mets pas dans cette hypothèse.
Vous ne vous mettez pas dans ce scénario ?
Je ne me mets pas dans ce scénario ni dans cette hypothèse et s'il devait y avoir une décision qui est contraire à ce que nous croyons être notre bonne foi et notre sincérité alors il y aura un appel s'agissant de l'exécution provisoire. Permettez-moi de vous rappeler que même les pires adversaires politiques de Marine Le Pen à commencer par le ministre de la Justice qui n'était pas ministre de la Justice au moment où il a tenu ses propos M. Darmanin a indiqué que le combat contre nous devait se faire je le cite sur le terrain politique et pas sur le terrain judiciaire.
C'est effectivement ce qu'avait dit Gérald Darmanin. Merci Jordan Bardella d'avoir répondu à mes questions ce matin. Président du Rassemblement National et député européen il est 8h52 sur RMC BFM TV.
Jordan Bardella