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interviewBFMTV — BFM Politique· 14 juin 2020 41 min

Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France - 14/06

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Bonjour Xavier Bertrand, merci d'être avec nous, vous êtes le président de la région Hauts-de-France, on va évidemment évoquer ce que vous attendez d'Emmanuel Macron, ce que les Français peuvent attendre d'Emmanuel Macron ce soir, mais d'abord bien sûr cette colère, double colère, on a vu depuis 10 jours maintenant monter une colère du côté des manifestants, colère contre les violences policières, contre le racisme, y compris un racisme d'État évoqué par certains, et puis la colère des policiers eux-mêmes, grand malaise, ils se sentent incompris, ils se sentent délaissés, cette nuit des policiers ont manifesté spontanément au pied de l'arc de triomphe, est-ce que vous comprenez ce malaise exprimé cette nuit ?

0:46
Xavier Bertrand

Évidemment, évidemment, c'est une semaine quand même inimaginable qu'on a connue, inimaginable, il y a ce drame d'une atrocité sans pareil aux États-Unis, et à partir de là, certains par manipulation essayent de montrer que les États-Unis c'est la France, et que la police française c'est la police américaine, c'est vraiment pas la même chose, je ne sais pas si on aura le temps de développer, mais cela n'a rien à voir.

1:11
Présentateur

Rien à voir, il n'y a absolument aucun parallèle possible pour vous ?

1:14
Xavier Bertrand

Non, il n'y a pas de parallèle possible entre de multiples polices aux États-Unis, qui sont sous la responsabilité de gouverneurs, ou de maires, ce sont d'ailleurs des shérifs, et nous on a une police nationale, on a une police républicaine, et ce ne sont pas des mots qui sont des mots qui ne veulent rien dire. Et clairement, quand je dis police, je pense à toutes nos forces de sécurité intérieures, la police comme la gendarmerie. J'ai eu l'occasion cette semaine de rencontrer beaucoup de policiers et de gendarmes, et notamment les représentants syndicaux. C'est la semaine où ils ont été lâchés, lâchés par l'État.

C'est la semaine où ils ont été jetés en pâture, où on a laissé penser que pour eux, il pouvait y avoir une présomption de culpabilité. Et vous savez, les policiers et les gendarmes, ce sont des hommes et des femmes, mais c'est plus que ça. C'est une institution. C'est une institution qui nous garantit l'État de droit.

2:10
Présentateur

Mais quand on dit qu'ils ont été lâchés, ils ont été lâchés par qui ?

2:13
Xavier Bertrand

Par le ministre de l'Intérieur. Et j'attends ce soir que le président de la République dise clairement comment on va rétablir l'État de droit dans notre pays. Comment on va rétablir l'ordre dans notre pays. Il y a une inversion des valeurs qui sont aujourd'hui inimaginables. On est un pays qui était sur le fil du rasoir depuis bien longtemps, et pas seulement depuis trois ans. Mais là, cette semaine, il y a une inversion des valeurs comme on l'a rarement vu. C'est le ministre de l'Intérieur. Juste, vous me posez la question. Qui imagine cette idée de présomption de culpabilité, de soupçon avéré. C'est ce qu'ils appelaient le soupçon avéré.

2:50
Présentateur

On est revenu dessus au bout de deux jours.

2:51
Xavier Bertrand

Il l'a corrigé ensuite dans un communiqué publié hier soir. Le mal est fait. Parce qu'il faut voir aussi aujourd'hui ce que vous disent les policiers et les gendarmes. Ils vous disent que leurs conditions de travail n'ont plus rien à voir avec celles qu'on connaissait, voilà, quelques années. Dans certains quartiers, ce sont des cibles. Quand ils partent de chez eux parce qu'ils portent un uniforme, c'est comme s'il y avait une cible sur leur uniforme. Et tous les métiers ne sont pas logés à la même enseigne. Et ils vous disent également que s'il y a des dérives et des dérapages, ils veulent que ces dérives et ces dérapages soient sanctionnés.

Et que c'est le cas aujourd'hui, mais peut-être que cela ne se sait pas assez.

3:26
Intervenant

Justement, Xavier Bertrand, bonjour. Je vous ai bien écouté. Vous refusez tout parallèle entre la police américaine et la police française. Est-ce qu'il faut en déduire que comme Christian Jacob, le patron des Républicains, vous considérez, et je cite Christian Jacob, que des violences policières en France, cela n'existe pas. C'est un mensonge.

3:42
Xavier Bertrand

Quand il y en a, elles sont sanctionnées dans notre pays, elles doivent l'être. Il y a deux types de contrôles. Et je vous indiquais à l'instant, peut-être qu'on ne sait pas assez comment ça se passe. Les policiers vous le disent, ceux que j'ai rencontrés cette semaine notamment, à Lille, me l'ont bien expliqué. Vous avez à la fois l'IGPN et les policiers qui passent entre les mains de l'IGPN, c'est un sale quart d'heure. C'est un sale quart d'heure. Même quand il s'avère, après une enquête, qu'il n'y a pas eu de fait répréhensible, mais on ne les appelle pas les bœufs-carottes pour rien. Et d'autre part, vous avez une autre sanction qui est celle de la justice.

Donc c'est-à-dire qu'il y a deux sanctions. Et derrière, ce que disent aujourd'hui les policiers, tous les comportements répréhensibles, que ce soit notamment s'il y a des actes racistes, s'il y a des paroles racistes, ça doit être sanctionné. Ils ne veulent pas qu'il y en ait quelques-uns qui justement ne donnent pas la juste image ou la véritable image de ce qu'est la police. On ne fait pas ce métier par hasard. On le fait par vocation. Et ceux qui me disent que ça fait 25 ans que je fais le métier, ils me disaient ça, je dis. Et aujourd'hui, je devrais encore être fier de mon métier.

Mais aujourd'hui, j'ai le sentiment que parce que je suis policier, je ne mérite pas qu'on me fasse confiance. Ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible. Mais attention, il n'y a plus de police. Il n'y a plus de gendarmes. Il n'y a plus de force. Il n'y a plus de république. Il n'y a plus d'État de droit. C'est ça qu'il faut dire. Il n'y a plus d'État de droit. S'il n'y en a plus.

4:57
Présentateur

Vous avez quand même dit, vous avez utilisé ce mot, vous avez dit, j'attends du président ce soir, qu'il rétablisse l'État de droit. Ce qui sous-entend, pardon, qu'il n'y a plus aujourd'hui d'État de droit.

5:06
Xavier Bertrand

Quand on voit aujourd'hui ce qui se passe, une manifestation est interdite, elle a lieu. Elle a lieu. Il y a une manifestation qui est antiraciste et ça devient une forme de haine anti-flic. Et pardonnez-moi, une haine antisémite également. Il faut qu'il y ait absolument des sanctions derrière.

5:21
Présentateur

Vous considérez qu'il y a eu antisémitisme dans la manifestation.

5:24
Xavier Bertrand

Quand vous entendez effectivement les injures, les insultes qu'il y a eu hier, oui, écoutez, j'écoute BFM également, je pense que c'était assez clair. Comprenez bien aussi, quand je parle d'État de droit, aujourd'hui, l'autorité de l'État, l'État de droit, ce n'est pas une option. Il n'y a plus rien qui tient autrement. Il n'y a plus rien qui tient autrement. Et d'autre part, ça ferait bien plaisir à certains qu'il n'y ait plus rien qui tienne aujourd'hui. Il y a des gens qui veulent casser notre système. Il y a des gens qui préfèrent le communautarisme à la République, à l'universalisme de la République. Et puis il y a des faibles, qui vont avec l'air du temps.

On a entendu un ancien Premier ministre dire qu'à l'Assemblée nationale, il faudrait débaptiser... Jean-Marc Ayrault.

6:04
Présentateur

Jean-Marc Ayrault qui voulait débaptiser les salles Colbert.

6:06
Xavier Bertrand

Et ça les dérangerait de retrouver un peu de sang-froid, ces gens-là. Et de connaître la histoire. Il faut savoir que quand on a exercé des responsabilités aussi importantes, on a le droit aussi d'avoir une cohérence. Et encore une fois, de garder son sang-froid, surtout dans des temps aussi troublés que cela. Xavier Bertrand, comme une question... Ça veut dire ne rien tolérer des dérives. Oui. Mais ne plus accepter que l'on ait aujourd'hui ceux qui symbolisent l'état de droit, les institutions qui soient malmenées, comme c'est le cas dans notre pays aujourd'hui. Encore une fois, ça ne date pas d'hier. Ça ne date pas de trois ans. Mais il y a une véritable dérive. Et puis ensuite...

6:37
Intervenant

Alors, Xavier Bertrand, pardon, pardon, j'ai une question quand même. Vous écoutez depuis quelques minutes. Bonjour d'abord. Est-ce que Christophe Castaner, est-ce que le ministre de l'Intérieur, il doit démissionner ? C'est un peu la question qu'on peut se poser en vous écoutant.

6:49
Xavier Bertrand

Mais il ne restera pas, c'est une évidence. D'accord. Ni lui, ni Mme Belloubet. Mais la question, qui est-ce qui a demandé à M. Castaner, en enjambant le Premier ministre ? Qui est-ce qui a demandé à Christophe Castaner de faire cette conférence de presse improvisée ? Qui est-ce qui a demandé à Mme Belloubet de recevoir la famille Traoré ? Qui ? Alors, selon vous, le président de la République, ça a été dit très clairement. Donc j'attends du président de la République ce soir, très clairement, qu'il nous dise que ce qui a été commis par les ministres est une erreur et que maintenant il n'y a plus d'options. On ne tergiverse plus. On ne tergiverse plus.

Et on fait respecter l'état de droit dans notre pays.

7:27
Présentateur

Mais quand on vous entend, on comprend bien que pour vous, le responsable, c'est Emmanuel Macron.

7:30
Xavier Bertrand

Évidemment. Vous savez, il a dit qu'il fallait que tout le monde se réinvente, lui aussi. Le respect du peuple. On ne joue pas avec les élections. Le respect des institutions. De son Premier ministre. Non mais vous voyez quand même le sketch que l'on a là depuis des semaines. Va le garder, va pas le garder. Alors ça pourrait être des rumeurs. Non, non, on le voit dans les articles. Ce sont des conseillers du président qui s'amusent à cela. Le président de la République, ça a été dit aussi sur BFM, qui dit à Philippe Devigny, en parlant de son Premier ministre, qu'il gérerait son risque pénal.

Vous ne croyez pas qu'il serait temps quand même qu'on remette la question du respect au cœur des pratiques politiques ?

8:07
Présentateur

Ça veut dire que vous estimez que le président de la République lui-même ne respecte pas son Premier ministre ?

8:10
Xavier Bertrand

Attendez, je vais aussi plus loin. Et les institutions, oui. On va jusqu'au bout. On va jusqu'au bout du raisonnement. Sur la question des policiers. Vous vous souvenez d'Angoulême ? Où le président de la République avait montré lui-même un tee-shirt qui faisait état de l'art du policier. Un tee-shirt dessiné par le dessinateur. Je pense qu'on est dans des moments difficiles. On a connu des moments très difficiles, tragiques pour notre pays. Mais là, il faut que tout le monde se ressaisisse. Et le président de la République en premier. Je vous remène...

Et qu'ils comprennent bien que tout ce qui est régalien, c'est tout ce qui tient le pays, c'est tout ce qui tient les Français ensemble, et c'est tout ce qui garantit la République.

8:46
Intervenant

Et justement, sur ce sujet d'universalité de la République, d'universalisme de notre République, il y a une question de fond que j'aimerais vous poser. Vous avez entendu parler de ce concept américain qui lui aussi semble s'importer en France, le white privilege, le privilège d'être blanc, un concept sociologique. Est-ce qu'à vos yeux, Xavier Bertrand, ça existe ? Est-ce qu'il y a un privilège d'être blanc ?

9:10
Xavier Bertrand

Quand vous prenez l'histoire américaine, quand vous prenez l'histoire des ségrégations, vous n'allez pas remplacer une ségrégation par une autre. Le vrai sujet que nous avons en France, c'est de lutter contre les discriminations, toutes, quelles qu'elles soient. Et honnêtement, notre pays, la République, n'a aujourd'hui pas suffisamment rempli ce rôle. C'est vrai. Liberté, égalité, fraternité, laïcité, pour certains c'est des mots, frontons des mairies, pas pour moi. Il faut leur donner un contenu précis. Un contenu précis. Alors sur les discriminations, justement. Mais attention, je vais jusqu'au bout. Laissez monter les affrontements entre les ethnies.

Et demain, vous aurez en plus ces affrontements sociaux. Donc ce qu'il faut bien voir, c'est que si on laisse prospérer tout ce qui est en train de se produire aujourd'hui, je peux vous garantir, hélas, qu'à partir de la rentrée, je vous l'ai dit en faisant respecter l'ordre, quand une manifestation est interdite, et on l'avait dit, notamment avec les black blocs, il y a des procédés aujourd'hui dans notre pays, pour justement, quand une manifestation est interdite, pour interpeller ceux qui sont à l'origine de cette manifestation, ainsi que les premiers manifestants. Mais quand ils sont interpellés, il faut derrière appliquer la loi.

Pardonnez-moi, et si vous appliquez la loi, au tout début, quand les black blocs sont intervenus, combien a-t-il eu de mandats de dépôt ensuite ? Si peu.

10:22
Présentateur

Ce que vous voulez dire, c'est que c'est une dérive, vous revenez carrément très loin, c'est une dérive pour vous depuis très longtemps.

10:28
Xavier Bertrand

Depuis très longtemps.

10:29
Présentateur

Mais je voudrais quand même que vous répondiez à la question d'Ali Ducan sur le privilège.

10:31
Intervenant

Oui, vous dites, pas de privilège d'être blanc à vos yeux. Lutter contre les discriminations qu'il y a à soi. On va y venir à ça, mais avant, pas de privilège d'être blanc, est-ce qu'il existe, à l'inverse peut-être, un racisme anti-blanc ? C'est un concept qui avait été évoqué par Jean-François Copé à l'époque.

10:48
Xavier Bertrand

Mais attendez, je vais rentrer dans la même logique. Est-ce que ça existe ? Je ne vais pas l'opposer l'un à l'autre. Je ne vais pas reprendre les générations identitaires par rapport à cette manifestation. La banderolière, oui. Excusez-moi, je comprends que vous me posiez la question, vous êtes journaliste. Mais moi, si je rentre là-dedans, ça veut dire qu'ils ont gagné. Et le vrai enjeu des politiques, c'est quoi ? Mais mon sens, c'est d'essayer de rassembler ce qui peut encore l'être. Hier, quelqu'un sur le marché à Saint-Quentin me dit, M. Bertrand, je crois qu'ils ont gagné tout cela. Je lui dis, non, ils n'ont pas gagné. Même s'il est tard, il n'est pas trop tard.

Mais c'est aussi le rôle d'un président. C'est de chercher en permanence à rassembler les Français. On est Gaulois. On est Gaulois. On a toute cette histoire, pas seulement l'histoire républicaine, l'histoire nationale, qui fait qu'on est capable de chamailler, de déchirer. Mais il y a quelque chose qui nous tient. Et ce ciment, si vous ne l'entretenez pas en permanence, ça donne ça. Ça renvoie justement à ce qui se passe aux États-Unis. Je ne veux pas importer le système américain.

11:39
Intervenant

Mais la fracture est résorbable aujourd'hui ? Oui.

11:41
Xavier Bertrand

Ou bien est-ce que notre société est en train de se diviser de manière irrémédiable ? Non, pas irrémédiable, autrement j'arrêterai la politique. J'arrêterai la politique. Mais je pense que même si vous ne pouvez pas, du jour au lendemain, faire l'unanimité, vous pouvez rassembler. Mais ça veut dire aussi éviter les choix qui divisent. C'est ça, je crois, qui est très important et que doit comprendre tout le monde. Et en plus, dans un contexte sociologique, dans un contexte économique, qui n'est pas rien. On va en revenir sur cette question de la crise économique. Déjà que c'était pas simple avant la crise du Covid. Mais là, ça l'est encore moins.

Mais bien sûr qu'il faut s'évertuer à rapprocher les Français et à les rassembler.

12:17
Intervenant

Je voudrais revenir, pardon, Xavier Bertrand, sur une déclaration qu'a fait Marion Maréchal. Elle a dit, je ne veux pas m'excuser d'être blanche. Est-ce que vous comprenez cette espèce de cri du cœur qu'elle a poussé ? Est-ce que vous trouvez qu'on est dans un système aujourd'hui où il faut s'excuser d'être blanche ?

12:31
Xavier Bertrand

Mais il ne s'agit pas de s'excuser de quoi que ce soit. Mais moi, je vais vous dire une chose. Elle, elle rentre aussi dans le débat racial. Parce que ça l'arrange bien. Ça l'arrange bien. Moi, je cherche à rassembler, excusez-moi. C'est ainsi fait. C'est comme ça. Et jusqu'au bout de mon engagement politique, j'essaierai de faire le maximum. Parce que, si je peux me permettre, quand vous êtes élu dans une configuration politique très particulière. Moi, j'ai été élu face aux extrêmes. Ce n'est pas une configuration politique.

12:55
Intervenant

Avec les voix de la gauche, à l'époque, on s'en souvient.

12:57
Xavier Bertrand

Avec les voix de la gauche, avec des voix de la droite, des voix, des abstentionnistes, des voix du centre, des voix de la gauche. Et je l'assume totalement. Et je l'assume totalement. Dans ces cas-là, vous devez faire une politique pour les gens qui ont voté pour vous, comme pour les gens qui n'ont pas voté pour vous. Les gens qui vous aiment bien et les gens qui ne vous aiment pas. Les gens qui votent et les gens qui ne votent pas. Vous devez chercher à rassembler. Au moment des élections... C'est ce qu'Emmanuel Macron n'a pas fait en 2017, selon vous ? Oui, parce que son élection, elle ressemble aussi à cela. Être élu face aux extrêmes, c'est une configuration très particulière.

Et derrière, il ne s'agit pas de rechercher un consensus mot. Il ne s'agit pas de chercher à rassembler en ne faisant rien. Il faut rester fidèle à vos convictions. Mais il faut respecter les gens. Il faut respecter le peuple. Il faut chercher aussi à respecter ceux qui ne pensent pas comme vous.

13:37
Présentateur

Mais est-ce que ce n'est pas aussi... Vous avez dit tout à l'heure qu'au fond, ceux qui avaient l'uniforme, ça faisait parfois d'eux une cible. Mais à l'inverse, est-ce que vous entendez ces mères de famille qui disent « Moi, je dis à mes enfants, si tu croises un policier, rase les murs. » Parce qu'ils ont peur pour leurs enfants, parce que leur couleur de peau fait d'eux une cible. Est-ce que ça aussi, vous l'entendez ?

13:57
Xavier Bertrand

Ce n'est pas seulement de raser les murs. Dans ces cas-là, c'est de répondre à l'interpellation. Parce que c'est ça aussi, ce qui est en train de se passer également aujourd'hui. C'est que quand la police intervient, c'est avec une force. Alors, ça renvoie à plein de débats philosophiques. Une force qui est légitime, c'est au nom de l'État. Il faut effectivement répondre aux sollicitations qui sont celles des forces de l'ordre. C'est ça aussi qu'il faut comprendre.

14:20
Présentateur

Oui, mais quand certains jeunes vous disent « Moi, je suis interpellé deux, trois, quatre fois », ça devient du délit de faciès quand même, non ?

14:27
Xavier Bertrand

Tout dépend des circonstances. Quand on le dit comme ça par rapport au nombre d'interpellations des plus de 250 000 policiers et gendarmes qu'il y a dans notre pays, je sais bien ce que vous dites, je l'entends également. Et quand on entend avec un contrôle d'identité, comment peut-on passer de vie à trépas ? J'entends tout ça. Mais ce qu'il faut bien voir derrière, c'est qu'il y a des garde-fous. Nous ne sommes pas dans n'importe quel pays. On est dans un état de droit. Et encore une fois, beaucoup de policiers, je ne veux pas me faire leur porte-parole ici, mais les syndicalistes m'ont dit ici « Mettons l'accent sur la formation ». On n'est pas dans un débat des moyens pour des moyens.

Mais je l'avais déjà indiqué, les moyens sont prévus en progression, notamment sur les effectifs, les hommes et les femmes en plus. Mais ce qu'il faut faire, c'est sur les matériels, c'est sur les matériels et c'est aussi sur la formation. Ils le demandent, ils le veulent. Question très concrète. Et puis ils veulent se sentir soutenus. Vous savez ce qui ne coûte rien, financièrement, budgétairement ? De la considération et du respect. Et ça, cette semaine, ils ont été jetés en patrie.

15:23
Intervenant

Le sujet des discriminations, Xavier Bertrand vous en parlez, question très concrète. Le ministre du Logement, Julien Denormandie, dans le Parisien, fait deux propositions. La première, une formation obligatoire pour les agents immobiliers. Une formation pour lutter contre les discriminations. Proposition concrète. Deuxième proposition qui concerne...

15:41
Xavier Bertrand

La formation est clé dans notre pays à tous les niveaux. Parce que justement, il y a aussi de nouveaux comportements. Donc vous dites « bon coup » là-dessus. Il y a de nouvelles attentes. Je n'ai pas lu son intervention, je n'ai pas lu sa déclaration, je n'ai pas lu son interview. Mais je vous dis, la formation, ce n'est pas un mot comme ça. C'est aujourd'hui ce qui permet d'appréhender les nouvelles situations et l'évolution de nos sociétés.

15:58
Intervenant

Ok, donc formation pour les agents immobiliers pour que tout le monde puisse accéder à un logement sans être discriminé. Vous dites « d'accord ». Autre proposition, autre remarque de Julien Denormandie. Dans les médias audiovisuels, il ne trouve qu'il n'y a pas assez de diversité. Il dit « on va faire le name and shame ». C'est-à-dire qu'on pointe du doigt les chaînes de télé ou de radio qui ne mettraient pas assez de diversité sur leurs antennes. Qu'est-ce que vous en dites ?

16:19
Xavier Bertrand

Je ne dois pas être quelqu'un de si bien éduqué. Mais moi, je pratique souvent le name and shame quand certaines entreprises ou autres ne jouent pas le jeu. Notamment vis-à-vis des sous-traitants. Donc je ne veux pas critiquer le name and shame en soi.

16:27
Présentateur

Et autre question, il propose également la suppression du mot « race » dans la Constitution. C'est une vieille rangaine. Et comme ça, on va supprimer le problème. François Hollande l'avait promis et ne l'a jamais fait.

16:36
Xavier Bertrand

Et comme ça, on va supprimer le problème. On enlève le mot, on enlève les problèmes. Le sujet, c'est de lutter contre les discriminations. Toutes, quelles qu'elles soient.

16:42
Intervenant

Il y a une question aussi qui revient depuis très longtemps. Et en France, il se porte de tabou. C'est la question des statistiques ethniques. C'est Bénédia, la porte-parole du gouvernement, a dit qu'il fallait reposer cette question-là. Parce que ça permet, tel justement, de lutter contre une forme de discrimination économique, culturelle et politique. Est-ce que vous trouvez que c'est un sujet qu'il faut remettre sur la table ?

17:01
Xavier Bertrand

C'est un sujet que j'ai soumis à mes groupes de travail, de la manufacture. Je pense que si vous relancez ce sujet-là aujourd'hui, alors là, clairement, vous remettez du carburant dans le moteur, de ces divisions et ces différences. Et puis vous avez aussi un autre risque. Est-ce que les gens vont vraiment vous répondre maintenant ? Donc, moi, je pense que...

17:22
Intervenant

Oui, mais maintenant, sinon, vous mettez le couvercle, là. Vous remettez le couvercle sur la marmite.

17:24
Xavier Bertrand

Non, je vous l'ai dit tout à l'heure. Je pense sincèrement que ce soit dans ma région, mais que ce soit aussi au niveau de la nation, celui qui remettra le couvercle sur la marmite, c'est un dingue, c'est un fou, c'est un inconscient. C'est la lutte contre les discriminations le véritable enjeu. Et c'est celui-là qui compte pour moi.

17:39
Présentateur

Et vous l'avez dit, vous attendez beaucoup sur ces points-là aussi de l'allocution d'Emmanuel Macron. Mais on va bien sûr parler dans un instant de la crise qui vient, crise économique qui s'est déjà installée, crise sociale. Sans doute, quelle réponse vous apportez ? Vous êtes aussi aux premières loges avec les Hauts-de-France qui sont une région particulièrement touchée, on le voit bien, par un certain nombre de plans sociaux. Et puis, vous évoquiez l'intervention du Président. Ce sera donc ce soir à 20h à suivre en direct sur BFM, bien sûr, avec une édition spéciale dès 18h. A tout de suite, Xavier Bertrand.

Et on poursuit tout de suite ce BFM politique avec vous, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France. David Doucquant a une question.

18:21
Intervenant

Alors ce soir, 20h, le Président de la République s'adressera aux Français. C'est la quatrième fois de manière solennelle depuis le début de la crise sanitaire. Qu'attendez-vous, Xavier Bertrand, de cette intervention ?

18:30
Xavier Bertrand

Des mots forts, justes, sur ceux qui sont partis. Sur ceux qui ont été fatigués, usés pendant cette crise. Je trouve qu'on est déjà dans l'après, mais la France d'après, elle a commencé le 17 mars. Elle a commencé avant, justement, pour les victimes du Covid. Je pense qu'il faut bien penser à ceux qui ont eu autour d'eux des disparitions, des décès. D'autre part, clairement, que l'on garde une très grande vigilance et que le Président de la République nous dise comment on est en train de se préparer s'il y avait une nouvelle vague ou une nouvelle épidémie. Ça, je pense que c'est clé.

19:12
Intervenant

Des quartiers de Pékin sont en ce moment en train d'être reconfinés par les autorités chinoises.

19:16
Xavier Bertrand

Et donc, très clairement, comment on se prépare ? C'est bien évidemment la question des masques, c'est la question des tests, c'est la question des médicaments. Des médicaments, le curare, un certain nombre de produits dont on avait besoin dans les urgences. On a été parfois limite. Parfois, il n'y en a pas eu suffisamment en certains endroits. Il y a eu des vraies craintes de la part des soignants. Comment on fait pour se mettre là, enfin, au niveau ? Dans la région des Hauts-de-France, j'ai d'ores et déjà reconstitué un nouveau stock de près de 15 millions de masques chirurgicaux.

Et nous allons reconstituer un nouveau stock de 5 millions de masques en tissu pour une nouvelle vague ou alors, très clairement, pour une nouvelle épidémie qu'on pourrait connaître dans les années qui viennent de façon à ce que l'on puisse clairement intervenir. Et d'autre part, il faut l'accélérer le déconfinement. Il y a des secteurs aujourd'hui qui ont besoin de visibilité.

Et j'ai parfois du mal à comprendre pourquoi on s'est fixé des barrières aussi rigides que le 2 juin, que le 22 juin, alors qu'il y a des secteurs sur la restauration, la culture, le monde des forains, le monde des forains qui symbolisent aussi la fête, qui symbolisent la vie, le monde du sport, puissent retrouver vraiment de la visibilité. Ça, c'est quelque chose d'important. Donc, vigilance, mais aussi une très grande visibilité pour que l'activité économique reprenne.

20:29
Présentateur

Sur cette question, est-ce qu'on a trop confiné ? Est-ce qu'on a confiné trop fort ?

20:32
Xavier Bertrand

Mais pourquoi on a confiné très fort et trop fort ? La question qui se pose, mais ça, je pense que la commission d'enquête, les commissions d'enquête auront toute légitimité pour dire, il faut aussi bien reconnaître qu'on a confiné parce qu'il n'y avait pas les masques et qu'il n'y avait pas justement les tests. Mais tout ça, ça sera un autre enjeu, un autre débat.

20:50
Présentateur

Vous serez d'ailleurs auditionné vous-même.

20:52
Xavier Bertrand

Je l'avais dit moi-même très tôt, il était normal qu'en tant qu'ancien ministre, je réponde de ce que j'avais fait à l'époque, d'expliquer et surtout que l'on puisse savoir comment on se prépare cette fois-ci pour une autre question. Vous avez reçu une convocation ? Non, pas encore, mais j'ai vu dans la presse, sur les réseaux sociaux, que ce serait normalement le 2 juillet, j'y serais le 2 juillet, enfin, à la commission d'enquête de l'Assemblée nationale et du Sénat parce que j'avais vu qu'il y aurait maintenant une nouvelle commission d'enquête voulue par l'exécutif pour parler de l'exécutif.

Là aussi, quand je parlais du respect des institutions, le Parlement, Assemblée nationale et Sénat, ça se respecte. Et puis l'autre part...

21:23
Présentateur

Ça se respecte, ça veut dire que vous estimez que l'Elysée n'a pas suffisamment respecté en envisageant de faire sa propre commission.

21:26
Xavier Bertrand

Et il y a aussi accéléré une chose, on parle de plan de relance. Non, non, c'est un plan de sauvetage. C'est un plan de reconstruction. Et là, très clairement, ça n'est pas le mois de septembre qu'il faut attendre.

21:37
Présentateur

Xavier Bertrand, on va y aller progressivement parce qu'on a aussi des questions économiques assez précises à vous poser. Mais il y a ce soir un enjeu également politique.

21:44
Intervenant

Oui, avec... Alors, l'Elysée a fait savoir qu'il n'était pas question de parler remaniement ce soir. Ce n'est pas le tempo du président de la République.

21:51
Xavier Bertrand

Je ne suis pas sûr que ce soit ce qui passionne les Français aujourd'hui.

21:53
Intervenant

Non, sans doute. Mais une question tout de même concernant l'équipe gouvernementale telle que vous l'apercevez. Vous en avez dit un mot tout à l'heure. Vous nous annonciez, avez-vous des informations, que Christophe Castaner, Nicole Belloubet ne pourraient pas rester. C'est ce que vous avez dit tout à l'heure. On vous a écouté pendant toute la première partie de cette émission. On va fermer une porte, là, tout de suite. Il n'est pas question que vous acceptiez, si on vous le proposait, d'aller à Matignon. Je crois que là, c'est bien derrière nous, cette idée-là.

22:15
Xavier Bertrand

Je ne sais pas. Ça doit faire sans une fois que je le dis. Je ne sais pas si j'ai besoin de le répéter. Et puis, en plus, sur le gouvernement ou autre, je ne vois pas être le type à qui on fait les confidences à l'Elysée. Je ne crois pas. Vu les relations et tout ça, bon, c'est dommage. Moi, je suis prêt à travailler très clairement en tant que président de région avec l'État, notamment pour apporter des réponses à la crise. Mais pour le reste, la date des élections, tout ce que ça, c'est pas moi que les confidences.

22:35
Présentateur

Mais l'Elysée, c'est quand même l'Elysée. C'est-à-dire que là, vous vous positionnez en permanence, vous répondez. Et je veux dire, c'est aussi votre liberté.

22:42
Xavier Bertrand

Vous n'invitez pas aussi le président de région pour vous expliquer aussi ce que l'on fait et la vision qu'on peut avoir ? Oui, c'est ce que je disais.

22:48
Présentateur

Mais cela dit, vous répondez en permanence en disant « le président doit faire ci » et on sent bien derrière qu'il y a aussi « si j'étais président, je ferais comme ça ».

22:55
Xavier Bertrand

Je suis président d'une région de 6 millions d'habitants. Et ce que j'essaye de faire, c'est de dire aussi, pardonnez-moi, là-haut, il faut quand même vous réveiller. Il faut bien comprendre aussi quelle est la situation. Moi, je ne peux pas seulement gérer ma région si la nation ne se porte pas bien. C'est inimaginable et impensable.

23:10
Présentateur

À propos des régions, il y a cette rumeur selon laquelle l'Elysée semblerait réfléchir à un report des régionales, voire même après la présidentielle. Alors, je ne sais pas si la caméra était sur vous, mais vous avez levé les yeux au ciel.

23:23
Xavier Bertrand

Non, mais attendez. Un jour, il va changer la date de la présidentielle pour l'avancée et un jour, il va changer la date des régionales pour l'arculer. Non, mais attendez, les élections, ce n'est pas un jeu de dés. Parce que derrière les élections, c'est le peuple et le peuple, on le respecte. Aujourd'hui, dans des élections, c'est très simple.

23:43
Intervenant

Pour les municipales, on a bien décalé.

23:45
Xavier Bertrand

Pour des raisons sanitaires.

23:46
Intervenant

Ah bah oui, mais on est dans les raisons sanitaires.

23:47
Xavier Bertrand

Et j'aurais même souhaité qu'on décale davantage le premier tour des élections municipales. C'est l'une des rares fois où j'ai fait entendre au cœur de cette crise une différence importante et de fond. J'ai toujours dit au cœur de la crise, au moment où il y avait les disparitions, qu'il fallait qu'on serre les coudes. Mais là, ce jour-là, j'ai dit, si on nous dit que tout est fermé, qu'on fait les municipales, je ne comprends pas. Les raisons sanitaires, ce n'est pas la même chose qu'une convenance politique ou qu'une convenance personnelle ou qu'une convenance présidentielle. Le peuple est souverain. Le peuple est dessus de tout. Et le peuple, c'est lui qui tranche.

24:16
Intervenant

Mais la date des élections est votée par la loi, par les députés et par le peuple. La loi existe. Et c'est mars. Ces députés-là peuvent voter une autre loi. C'est le peuple. Ils représentent le peuple.

24:29
Xavier Bertrand

Et pour quelles raisons ?

24:30
Intervenant

Alors, justement, c'est ça, le questionnement est politique.

24:32
Xavier Bertrand

Attendez, je trouve déjà, ça fait déjà quelques minutes qu'on est là-dessus. Moi, je vous ai répondu très clairement.

24:38
Présentateur

Ils disent que certains présidents de région ont été consultés. Vous n'avez pas été consultés.

24:41
Xavier Bertrand

Je viens de vous dire. Je ne suis pas le type à qui on fait des confidences.

24:43
Présentateur

C'est compris. Parlons de la crise économique, la crise qui vient et notamment... Mille fois plus importante que nos sujets politiques. Et notamment du chômage et du chômage.

24:50
Intervenant

Il y a une crise sanitaire, une crise sociale, une crise économique. On voit déjà les chiffres, les compteurs qui s'affolent. On voit qu'il y a 500 000 emplois qui ont été supprimés depuis le début de l'année. 800 000 à venir. Donc, c'est une vraie crise sociale avec des plans sociaux. Est-ce que vous trouvez quand même que les mesures qui ont été prises par le gouvernement ont été à la hauteur ? C'est un terme de chômage partiel. Là, il y a eu 140 milliards qui ont été mis sur la table. Des plans de relance dans l'automobile, l'aéronautique, dans le tourisme, dans le BTP. Est-ce que là, vous dites quand même qu'ils ont pris le sujet à bras-le-corps ?

25:20
Xavier Bertrand

Je peux vous donner une image ? Allez-y. Quand l'État a joué les pompiers, il a plutôt bien fait le job. Et je dois rendre aussi hommage au travail qui était celui de Bruno Le Maire. Plutôt bien fait le job et vous l'avez expliqué. Là maintenant, si on est sur un plan de sauvetage et un plan de reconstruction, ce n'est plus un rôle de pompier qu'il faut jouer, c'est un rôle d'architecte. Or, un bon architecte, c'est celui qui fait travailler tous les corps de métier ensemble. Et pour sauver notre économie, et pour la relancer, la reconstruire, il faut faire bosser ensemble les très grandes entreprises et les plus petites. Aujourd'hui, on a des plans dans certains secteurs qui sont plutôt...

25:56
Intervenant

Qu'est-ce qui se passe dans l'automobile, l'aéronautique, avec les sous-traitants qui travaillent avec les grands faiseurs d'ordre ?

26:00
Xavier Bertrand

J'étais à Méolte cette semaine. C'est le berceau de l'aéronautique dans la région des Hauts-de-France, avec Stéphane Demilly, le député. Qu'est-ce qu'ils m'ont dit, les gars ? Ils m'ont dit, c'est pas un plan pour l'école bleue, c'est un plan pour les très grands groupes. Vous pouvez pas laisser disparaître Airbus. Mais derrière ce plan, pardonnez-moi, il ne ruisselle pas. Il ne ruisselle pas assez. Il nous faut des plans pour l'école bleue aussi. Donc très clairement, il faut faire bosser ensemble les très grands groupes et les sous-traitants. Et il faut faire bosser ensemble l'État, avec les régions, les départements et les communes. Mais bosser vraiment.

Et pour ça, vous me le disiez, je suis disponible, mais à 2000%, parce qu'on peut sauver les emplois et sauver les...

26:35
Intervenant

Mais c'est vraiment de bosser ensemble concrètement. Parce qu'en plus, c'est déjà le cas. Vous travaillez beaucoup, non ? Avec Bercy, sur... Je sais pas, Camayot, j'imagine que vous travaillez avec eux, sur PSA. Mais il n'y a plus que ça à faire. Lui qui s'est passé à Ourdin aussi, il y a des contacts quand même. Je vous donne un exemple.

26:48
Xavier Bertrand

Les entreprises notamment qui ont obtenu du PGE, du prêt garanti par l'État. Ne nous racontons pas d'histoire. Il y a beaucoup d'entreprises qui, même dans 6 mois ou dans 1 an, ne réussiront pas à le rembourser. Il va falloir transformer ce prêt garanti par l'État en fonds propres, en quasi-fonds propres. Qui est-ce qui va le faire ? Le ministère ? Depuis Bercy ? Non. C'est dans les régions qu'on peut le faire. Et avec quel enjeu à la clé ? Du boulot. Sauver de l'activité, sauver justement des emplois. Donc c'est ça tout l'enjeu qu'il y a. Et il faut bien voir que c'est au niveau du terrain que vous pouvez réussir.

27:17
Présentateur

Pour sauver l'emploi, il y a aussi cette question d'une forme de chantage à la baisse de salaire.

27:23
Intervenant

Que font certaines entreprises, en l'occurrence en disant, nous on a une situation très difficile, il faut accepter de perdre certains avantages acquis, et puis des baisses de salaire. Et puis à ce moment-là, l'emploi peut survivre. Est-ce que c'est un chantage ou est-ce que c'est une nécessité ?

27:36
Xavier Bertrand

C'est un chantage. C'est un chantage. Et ceux qui proposent ça sont des inconscients. Les responsables publics, les responsables politiques, qui ont ça en tête, sont des inconscients. Il y a un choix macroéconomique qui a été fait. Pardonnez-moi de le dire comme ça, je ne suis pas un chef économiste, mais c'est que la baisse du PIB, on a décidé qu'elle serait garantie par l'État, parce que l'État était garantie par la Banque Centrale Européenne. Je ne dis pas de bêtises, c'est bien le choix qui a été fait.

28:03
Intervenant

Ça dépend de ce qui est garantie. Enfin bon, on ne va pas rentrer trop en détail, c'est assez technique.

28:06
Xavier Bertrand

D'accord, mais c'est ça. Demain, si on dit que ce sont les salariés qui doivent justement compenser cela, on n'aura rien compris. Quand j'entends des ministres, par exemple, dire « Oh, vous savez, la modération salariale. » « Ouais, mais enfin, si c'est dans les entreprises que ça se décide. »

28:21
Intervenant

C'est des accords de performance collective.

28:22
Xavier Bertrand

Oui, mais quand vous entendez ça, vous êtes devant votre télé, et que vous entendez le ministre ou le chef d'entreprise, ou le responsable d'une association patronale vous dire ça, tu as envie de lui dire « Eh, Coco, tu prends ma place et ma paye pendant six mois, tu retournes à la télé et on verra si tu es d'accord pour la modération salariale. » Jean-Froix roue de mes yeux, il n'y est pas favorable, d'ailleurs. Mais c'est impensable la modération salariale. Puis la modération salariale, c'est toujours pour les petits. C'est toujours pour les petits salaires. Donc, derrière ça, allons jusqu'au bout du raisonnement.

S'il y a l'idée de dire « Maintenant, vous allez accepter une baisse de vos salaires », moi je dis « Je me battrai contre une telle direction et contre de telles décisions ». Non seulement c'est une faute morale...

29:01
Intervenant

Même si ça a des conséquences sur l'emploi et sur le chômage.

29:03
Xavier Bertrand

... qui renforcerait les inégalités dans notre pays. Je vous parlais tout à l'heure d'affrontements sociaux. Mais en plus, c'est une erreur économique. C'est une erreur économique. Je n'ai pas fait des grandes écoles économiques, mais il suffit de savoir compter. Si les gens ont moins, mais ils ne vont pas pouvoir dépenser, consommer, vous n'allez pas relancer l'activité économique. On dit que certains Français, pas tous, ont pu surépargner. Mais ils vont la garder leur épargner. Ils ne vont pas dépenser, ils ne vont pas consommer. Si quelqu'un doit compenser la différence, alors dans ces cas-là, c'est l'État, parce qu'il y a derrière la garantie de la Banque Centrale Européenne.

La question qui se pose dans les jours qui viennent et pas dans les mois qui viennent, il y a deux garanties à apporter. Le pouvoir d'achat et l'emploi. Et l'emploi avec une priorité sur les jeunes, sur nos jeunes. Des premières mesures ont été prises sur l'apprentissage. Il faut le faire beaucoup plus massivement sur l'ensemble des jeunes qui vont se retrouver en sortie de formation.

29:51
Présentateur

Qu'est-ce que vous proposez ? Qu'est-ce que vous proposez concrètement pour notamment les 700 000 jeunes qui arrivent sur le marché de l'emploi en septembre et qui vont arriver sur un marché de l'emploi qui est bouché ?

29:59
Xavier Bertrand

C'est le sens des propositions demain que Renaud Muselier va faire au président de la République au nom de l'Association des régions de France. Ce que l'on veut, c'est leur permettre, non seulement d'avoir un véritable débouché, mais aussi un revenu pour ces jeunes. Et là, il faudrait aussi qu'on se donne la main tous ensemble. Je disais que l'État bosse avec les entreprises et avec les collectivités locales. Et moi, je suis notamment que pendant un certain nombre de mois, l'État prenne en charge notamment les charges et qu'on puisse avoir zéro charge pour un jeune qui serait recruté en CDI, le premier CDI. Le premier CDI. C'est-à-dire de laisser de côté la précarité.

Et donc de dire, voilà, une entreprise, vous le prenez en CDI, son premier CDI, dans ces cas-là, il n'y a pas de charge de la payer. C'est quasiment le cas. Non, ce n'est pas quasiment le cas. Si ils sont la plupart du temps, ça n'existe pas. Ça n'existe pas. Ça n'existe pas. Si les charges sont extrêmement basses sur les bas salaires. D'accord, mais l'ensemble des charges sur, pas seulement les salariales, les patronales. C'est l'ensemble de ces charges. Bien évidemment qu'il y a un niveau de charge qui est faible.

30:51
Présentateur

Zéro charge pour le premier CDI. Le premier CDI.

30:53
Xavier Bertrand

Et là, vous leur mettez le pied à l'étrier. Et puis après, vous avez aussi d'autres précaires. Vous avez tous les indépendants, artisans, commerçants, profession libérale, les micro-entrepreneurs. Regardez tous ceux qui faisaient des extras, qui se retrouvent depuis maintenant plusieurs mois sans rien en plus. Ceux-là sont fragilisés. Et il y a une réforme qui ne doit pas voir le jour.

31:14
Intervenant

Alors attendez justement, Xavier Bertrand. Qu'on parle des réformes. Dans le contexte économique que nous venons ensemble d'évoquer, est-ce qu'on peut mettre en place la deuxième phase de la réforme de l'assurance chômage qui avait été interrompue en avril ? Ça vous semble judicieux de continuer sur cette voie-là ou pas ?

31:32
Xavier Bertrand

Ça serait une erreur sans nom. Ça serait une erreur sans nom. Parce que c'est une réforme qui avait été conçue pour faire des économies. Mais c'est une réforme qui avait été conçue à un moment où, paraît-il, l'horizon devenait tout bleu, tout s'éclaircissait. Il y avait une croissance économique. Il y avait de meilleurs chiffres. Il y avait de meilleurs chiffres. Mais là, c'est tout le contraire qui se produit. Et déjà, déjà, par temps calme, par temps calme, avec des jours heureux, avec des jours heureux, il y avait 800 000 personnes qui allaient perdre quasiment... Ils allaient passer de 900 euros à 700 euros par mois. 800 000.

Mais donc, ça veut dire que tous ceux qui vont perdre leur emploi dans les mois qui viennent, et il y en aura forcément, ceux-là aussi, non seulement seraient au chômage, mais auraient moins qu'aujourd'hui. C'est une précarisation à grande échelle.

32:11
Intervenant

Donc vous dites à Emmanuel Macron,

32:12
Xavier Bertrand

stop là-dessus ? Évidemment, cette réforme-là ne peut pas voir le jour. Il n'est pas pensable qu'elle soit appliquée en septembre. Vous allez précariser les Français. C'est ça, l'enjeu. Ensuite, que nous ayons besoin d'avoir une nouvelle réforme de l'assurance chômage qui encourage le retour vers l'activité. Mais c'est une évidence. C'est une évidence. Mais une chose est certaine, c'est que là, vous êtes à un moment donné où il faut sauver l'économie et protéger les gens. Protéger les gens.

32:35
Présentateur

Voilà pour l'assurance chômage. Mais il y a une autre réforme qui, au début de cette crise sanitaire, a semblé être abandonnée mais qui revient sur la table. C'est la réforme des retraites. Est-ce qu'il faut qu'Emmanuel Macron remette la réforme des retraites sur la table ?

32:48
Xavier Bertrand

Sa réforme à lui, là ? Qui ne règle rien du tout ? Certainement pas. Pas de courage dans cette réforme. Aucun courage. Aucune justice. Oui, mais il faut bien

32:56
Intervenant

une réforme des retraites. Lorsque vous voyez les dernières prévisions du Conseil d'orientation des retraites, 30 milliards de déficits.

33:01
Xavier Bertrand

Je pense même que c'est sur votre plateau que j'avais eu l'occasion de parler, pour moi, de ce qu'était une réforme juste. Mais celle-là, excusez-moi, clairement, elle ne répond pas aux enjeux d'aujourd'hui. Les enjeux d'aujourd'hui, je vous dis, c'est sauver l'économie et protéger les gens. Et c'est notamment relancer l'emploi. L'enjeu que nous avons devant nous, c'est la réindustrialisation du pays. Mais pas avec des mots. Il ne s'agit pas de sauter sur son tabouret en criant industrialisation, industrialisation. C'est concrètement qu'est-ce qu'on fait pour l'innovation ? Qu'est-ce qu'on fait pour baisser les impôts de production ? Qu'est-ce que l'on fait aussi pour la commande publique ?

Qu'on arrête, qu'on arrête de dire aux collectivités locales parce que c'est 10 centimes moins cher, vous devez acheter des masques en asie, là. On arrête avec ces conneries-là. Mais vous les avez acheté où, vous, vos masques ? Pardon ? Vous les avez acheté où, vous ? Les masques ont tissu dans la région. C'est Made in France, Made in Autance. Non mais attendez, Xavier, c'est un masque jetable que vous ayez acheté. Alors j'aurais bien voulu, j'ai une usine qui avait été lancée en 2006. Je connais bien le ministre de la Santé à l'époque qui avait fait les commandes pour Jacques Chirac. Mais sauf que ces masques jetables ont été réquisitionnés par l'État et ils ont bien fait.

Tous les masques en tissu que nous avons eus ont été des masques fabriqués en France et dans les Hauts-de-France et nous sommes en train de constituer, d'essayer de constituer plusieurs unités de production, notamment avec de l'insertion, pour qu'on continue à en vendre. Moi, je pense que le masque va devenir un incontournable et que même s'il n'y a pas, je le souhaite, une crise d'une telle intensité, c'est qu'on puisse redonner du boulot à des centaines de personnes dans la région.

34:22
Intervenant

Il y a beaucoup d'entreprises qui ne parviennent pas à vendre leur stock de masques. On sent déjà que la demande est en baisse. Mais juste, je vous en dis pas

34:29
Xavier Bertrand

qu'il s'agit d'en commander 5 millions tous les jours, mais tout simplement, il y en aura besoin. Et puis, je veux aussi vous dire autre chose, c'est que j'aimerais bien également que les grandes surfaces, les grandes enseignes, Décathlon par exemple, jouent le jeu de l'emploi local et qu'on arrête de dire aux collectivités locales parce que c'est 10 centimes moins cher, vous devez acheter le moins cher. Je veux pouvoir m'expliquer et dire que je fais le choix de l'emploi. Est-ce que les masques

34:51
Présentateur

pour rebondir sur ce que disait David à l'instant, on le sait, il y a un certain nombre d'entreprises françaises qui se sont mises à faire des masques en tissu. Les Français à l'usage, visiblement, utilisent plutôt des masques jetables. Et donc, il commence à y avoir un certain nombre de stocks en tout cas qui ne sont pas vendus de masques réutilisables. Est-ce que vous dites comme certains qu'il faut que ces masques-là soient rachetés par l'État pour constituer un stock ? C'est-à-dire les masques en tissu, les masques non jetables ?

35:16
Xavier Bertrand

Je ne vous dis pas, je le fais. On a créé une centrale d'achat, notamment avec l'ensemble des communes. On a plusieurs centaines qui sont aujourd'hui déjà adhérentes pour pouvoir justement continuer les commandes. Et continuez, pardonnez-moi, regardez cette image derrière. Ça a été un formidable système qui a été lancé. Mais c'est aussi des gens qui ont retrouvé un emploi. On a eu au cœur de la crise plus de mille et quelques mille personnes qui ont travaillé pour ces masques. Et je voudrais en garder plusieurs centaines. Xavier Bertrand, vous êtes passé beaucoup trop vite sur les retraites.

35:42
Intervenant

Vous avez dit, cette réforme-là, il ne faut pas la remettre. Mais qu'est-ce qu'on fait ? On relance une concertation à moins de deux ans de la présidentielle ?

35:48
Xavier Bertrand

Le gouvernement, aujourd'hui, devrait se concentrer sur une chose. Je vous l'ai dit et je le redis, je crois, pour la troisième fois. Sauver l'économie. Sauver l'économie. Et très clairement, reconstruire l'industrialisation de notre... On met à plus tard, alors. C'est ça ? Mais de toute façon, ils sont... Sur la réforme des retraites. Mais déjà là, à l'époque, déjà là, à l'époque, il s'y était pris de la plus mauvaise des manières. Il n'y avait pas de courage. Il n'y avait pas de justice. J'ai été à différentes reprises, non seulement en charge du dossier des retraites, en 2003, quand nous mettons en place notamment les carrières longues.

J'étais aussi un acteur des différentes réformes des retraites. Donc moi, je n'ai pas de problème pour savoir et pour vous dire très clairement que si nous vivons plus longtemps, il faudra accepter de travailler plus longtemps ce que le gouvernement avait refusé d'accepter. Alors ce sera un sujet pour la présidentielle 2022, quoi. De toute façon, je pense sincèrement que le gouvernement devrait déjà se concentrer sur ce que nous avons à faire aujourd'hui pour la reconstruction du pays et arrêter clairement de diviser les Français. J'entends souvent dire qu'ils n'ont pas de chance parce qu'ils ont connu trois crises depuis le début des quinquennats.

Il y a deux crises dont ils sont directement responsables. Lesquelles ? Les gilets jaunes et la réforme des retraites. Parce qu'ils n'ont pas vu et ils n'ont pas senti que ce pays était aujourd'hui avec des fractures terribles qui ne datent pas de l'élection présidentielle de 2017.

37:00
Présentateur

Vous estimez que la crise des gilets jaunes, Emmanuel Macron en est responsable ?

37:04
Xavier Bertrand

Évidemment. Ne pas voir que l'augmentation du carburant pour des millions de Français, ça va leur grever, ça va leur pénaliser le pouvoir d'achat. Non mais attendez.

37:17
Présentateur

Est-ce qu'il y a une responsabilité partagée aussi avec vous autres qui l'avaient précédé ?

37:21
Xavier Bertrand

On lui a dit, quand il est venu notamment, quand il est venu notamment, vous vous souvenez peut-être de faire son itinérance mémorielle dans les Hauts-Trans. Avec les élus, il y avait une rencontre. On lui a dit, M. le Président, vous parlez des transports en commun, le métro chez nous, dans la Vénoie, près de Maubeuge, le métro, c'est la voiture individuelle. Pourquoi j'ai mis en place une aide au transport depuis maintenant près de 4 ans dans la région des Hauts-de-France pour ceux qui, parce qu'ils travaillent, ont besoin de leur voiture pour aller travailler ? C'est pour les aider en termes de pouvoir d'achat.

Ceux qui ne voient pas que la question du pouvoir d'achat est une question clé dans les semaines, les mois et les années qui viennent, n'ont pas compris les Français.

37:54
Intervenant

Qu'est-ce qui s'est passé à Ourdin, l'usine de PSA ? Là, je m'adresse au Président des Hauts-de-France, en l'occurrence, au PSA qui voulait faire venir le constructeur automobile des travailleurs polonais. Vous me direz, ils font partie de l'Europe. Donc, il y a eu un brand de bas combat général. Est-ce que vous pouvez dire qu'aujourd'hui, ça y est, le dossier, il est clos ? Il n'y aura pas de travailleurs polonais dans l'usine de Ourdin ?

38:15
Xavier Bertrand

Ça a déjà été le cas, voilà deux ans. Personne n'en a parlé. Pourquoi ? Parce que ce sont des Polonais qui étaient venus se former à des process d'industrialisation. Ils sont européens. Vous savez que je vous dise quel est le premier qui m'a sollicité là-dessus ? Fabien Roussel, député communiste de Nour, qui m'a dit est-ce que tu es au courant ? Parce qu'il paraît qu'en plus, fake news, c'est la région qui va payer l'hébergement. La région qui paye l'hébergement, puis c'est peut-être moi qui allais leur servir le petit déjeuner aussi pendant qu'on y est. Donc je voyais bien l'exploitation politique que certains voulaient faire, mais lui était très sincère et il me dit ça.

On a pris contact avec l'entreprise, on a pris contact également avec le ministère et avec le ministère et ce qui est dit clairement aujourd'hui, c'est que ce sont bien des intérimaires, des intérimaires de chez nous qui vont travailler et qui vont être recrutés et qui vont être plus nombreux qu'au départ. Je vois bien pourquoi PSA avait fait ça parce qu'il n'y a pas de boulot en Pologne et ils voulaient justement que leurs salariés travaillent. Mais on est aussi à un moment, quelles que soient les règles de transférabilité des contrats, moi j'ai besoin de donner du boulot aux gens de la région. C'est ça aujourd'hui ma priorité.

Et comme on sait que la vague du chômage sera très forte, on doit tout faire pour qu'il y ait le moins possible de gens qui soient sur le terrain.

39:21
Intervenant

Est-ce que vous allez tout faire pour sauver Camailleux, une marque que connaissent bien les Français et les Françaises ?

39:26
Xavier Bertrand

Aujourd'hui, ce dossier Camailleux on y est depuis bien longtemps. Depuis bien longtemps, très impliqué avec les repreneurs. On a à un moment donné été sollicité est-ce que la région, l'État, on devait intervenir. Ils ont préféré déposer le bilan, ça ne veut pas dire la fin. S'il y a un projet de reprise, la région sera prête à accompagner avec l'État. Quand je vous disais tout à l'heure que si on bosse ensemble, ce principe de l'union fait la force, ce n'est pas un adage populaire, c'est un adage de bon sens. Si on bosse bien avec l'État, on pourra dans cette crise être plus efficace et protéger les gens.

39:53
Présentateur

Merci beaucoup Xavier Bertrand. Merci David Ducan. Merci Edouard Chevrier. On a compris que vous estimiez que le gouvernement avait été plutôt bons pompiers mais qu'ils étaient mauvais architectes.

40:02
Xavier Bertrand

Mais tout peut changer et je le souhaite.

40:04
Présentateur

Et on verra évidemment puisque vous écouterez comme nous tous l'intervention d'Emmanuel Macron ce soir. Elle sera diffusée évidemment en direct à 20h sur BFM TV. Dès 18h, je vous retrouve pour une édition spéciale avec nos invités, avec nos éditorialistes et puis une intervention et une édition spéciale qui sera également à suivre jusqu'à minuit et demi ce soir. A tout à l'heure. Sous-titrage Société Radio-Canada