Éric ZEMMOUR n'a pas dit son dernier mot [ENTRETIEN EXCEPTIONNEL]
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je veux mener, moi en tout cas, la bataille culturelle, parce que je pense qu'arriver au pouvoir ne suffit pas, que si on ne prépare pas cette bataille culturelle, si on essaie de passer entre les gouttes et qu'on se couche devant la doxa dominante, si les mots de nos adversaires rentrent dans la tête des gens et que sans sens, sans difficulté, nous ne pourrons pas gouverner. Quel que soit le vainqueur, vous avez raison. Donc il faut effectivement préparer le terrain culturel. Des mots, vous savez, je cite souvent cette phrase de Lénine, faites-leur manger le mot, vous leur ferez avaler la chose.
Donc il faut absolument préparer les esprits, mener la bataille culturelle avant la bataille politique. Si on ne mène pas la bataille culturelle avant la bataille politique, on se condamne à ne rien faire.
Bonjour, merci de nous avoir rejoint à Boulevard Voltaire, dans votre salon. Vous êtes ancien journaliste, pour ceux qui vivent dans une cave et qui ne vous connaissent pas, chroniqueur, éditorialiste au Fugaro et à CNews, pour ne citer que les derniers médias que vous avez fréquentés de manière régulière, ancien candidat à la présidentielle et toujours président de votre parti, Reconquête. Vous venez de publier un ouvrage, celui-ci, je n'ai pas dit mon dernier mot, aux éditions Ruban-Presse, un livre de 330 pages. Et c'est un récit subjectif, nécessairement surprenant.
Subjectif très humain, lucide, sensible, mais vu aux premières loges de l'incroyable aventure de la campagne présidentielle, la vôtre, votre campagne, avec des tas d'anecdotes, de réflexions, de portraits, enthousiastes ou assassins, on en parlait il y a quelques instants, des décryptages, des analyses. Donc, merci d'être là et je laisse la parole pour les premières questions à Gabriel Cluzel.
Alors, cher Éric Zemmour, tout d'abord, pourquoi ce livre ? Moi, je croyais que votre devise, c'était celle de la reine d'Angleterre et de Donald Trump, « Never explain, never complain », et là, on a l'impression que vous voulez vous justifier.
Non, je ne dirais pas ça. Vous savez, je pense que, d'abord, j'ai lu beaucoup de choses sur ma campagne. Des articles de journaux, évidemment, des commentaires télé, des livres même. Et à chaque fois, je m'agacais parce que je n'étais jamais d'accord avec ce qui était écrit. Il y avait quelques faits vrais. Je ne dis pas le contraire, je n'accuse personne de mensonge. Je dis simplement que l'analyse, l'interprétation me paraissait partielle et partielle. Première chose. Deuxièmement, je pense vraiment, et là, c'est mon expérience de journaliste politique qui vous parle, que l'interprétation d'une campagne et d'un résultat sont eux-mêmes des enjeux politiques, des enjeux idéologiques.
Donc, c'est pour ça que je fais moi-même le travail, parce que je pense qu'il est fait contre moi. Il est fait à dessein contre moi. Parce que, comme je vous dis, je ne suis pas d'accord avec l'interprétation qui est faite de ma campagne, même de mon résultat. Donc, je le fais moi-même. En plus, je pense que, vous savez, je suis dans une situation un peu particulière. Vous l'avez dit au début en décrivant mon parcours. Donc, des livres sur la présidentielle, il y a soit des livres de journalistes qui ont suivi un candidat, soit des livres d'anciens candidats qui s'expliquent, se justifient si vous voulez, mais en tout cas s'expliquent. Et moi, je suis les deux.
Un livre où un journaliste a vu des choses qu'un journaliste ne verra jamais et où un politique dit des choses qu'un politique, en vérité, ne dira jamais. Donc, je crois que c'était intéressant de livrer ça au public et aux Français, eux qui m'ont suivi, qui étaient d'accord avec moi ou qui n'étaient pas d'accord avec moi.
Alors, deuxième question un peu dans la foulée. Ce qui me frappe, c'est que, quand on suit le fil de votre livre, on a l'impression que vous décrivez le top 6 d'un échec. Or, 7% quand on part de rien, ce n'est pas un échec. Bien sûr. C'est même plutôt une victoire, sachant que vous avez dépassé des partis de gouvernement, comme on dit quand on est quelqu'un de cheap.
Alors, vous avez tout à fait raison. Je fais à moi tout seul davantage que les deux candidates qui représentent les deux partis LR et le PS qui ont gouverné la France depuis 50 ans. Donc, vous avez tout à fait raison. Dans ce sens-là, c'est un succès. Maintenant, c'est une déception. Ce n'est pas un échec. Vous avez raison. J'ai l'impression d'avoir écrit un autre top 6 d'un échec. Mais effectivement, c'est une déception parce que je suis monté dans les sondages à deux reprises, en septembre, octobre et en février, jusqu'à 17, 18, 19. Et j'étais donné au second tour face à Emmanuel Macron. Donc, évidemment, il y a forcément une petite déception.
Et j'essaie de comprendre pourquoi et ce qui s'est passé. Mais en vérité, au-delà de cela, je crois, vous avez lu mon livre, vous me direz, j'ai l'impression qu'il y a surtout dans ce livre, au-delà du récit de la campagne, bien sûr, de la nostalgie de la campagne, une analyse des enjeux à venir. Je pense que ce qui est important dans ce livre, c'est que je livre les enjeux politiques à venir.
Et là aussi, je ne suis pas d'accord avec la doxa dominante qui croit qu'on va vers une opposition et qu'on continue une opposition entre les populistes et les mondialistes, comme on dit vite, en clair, entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, ad vitam aeternam, même si Emmanuel Macron ne peut pas se représenter. Je pense, au contraire, que nous sommes en train, et je pense que la campagne présidentielle a été le détonateur de cela, le creuset de cela, le réveil du clivage entre la droite et la gauche. Alors évidemment, c'est un nouveau clivage. Vous savez, le clivage droite-gauche, il existe depuis plus de deux siècles.
On connaît tous l'histoire, la Révolution française, le veto du roi, ceux qui se mettent à droite, ceux qui se mettent à gauche. Bon, très bien. Mais la querelle entre la droite et la gauche n'a pas toujours été autour du roi. Bon, très bien. Mais la querelle entre la droite et la gauche n'a pas toujours été autour du roi. Bon, très bien. Mais la querelle entre la droite et la gauche n'a pas toujours été autour du roi, ni autour de la République. Elle est devenue après la question sociale, et puis après la question de la paix et de la guerre. Et là, je pense aujourd'hui que nous avons un nouveau clivage qui est en train de naître, comme d'habitude à gauche, d'ailleurs.
C'est toujours la gauche qui forge cela. Et je pense que là, Jean-Luc Mélenchon, pendant cette présidentielle, a forgé un nouveau peuple, comme on disait, le peuple de gauche. Il y a un nouveau peuple de gauche qui est un peuple islamo-gauchiste, au sens exact du terme. Au sens exact du terme, c'est un peuple islamo-gauchiste, au sens exact du terme. C'est-à-dire qu'on a 70 à 75% des musulmans qui ont voté pour Mélenchon. Et on a le reste de l'électorat Mélenchon, qui est composé de gens d'extrême-gauche qui adhèrent aux thèses woke, comme on dit aujourd'hui.
Vous voyez, une sociologie de profs, d'étudiants, de sociologues, vous voyez, de tout ce que j'appellerais des intellectuels déclassés, pour parler vite, et qui sont les alliés de ce peuple musulman. Moi, je dirais les idiots utiles de l'islamisation du pays. Mais en tout cas, on voit bien ce nouveau peuple que Jean-Luc Mélenchon désigne lui-même, et j'insiste là-dessus, sous le nom de « tiers-État ». C'est-à-dire, dans l'histoire de la Révolution, on sait ce que c'est que le tiers-État. Le tiers-État, c'est le peuple français. Et c'est celui qui guillotine les aristocrates, les prêtres, et qui le remplace et qui prend le pouvoir.
Ce n'est pas un hasard si Jean-Luc Mélenchon le traite de tiers-État. Donc, vous voyez, face à cette gauche-là, à ce nouveau peuple de gauche, ce n'est plus la gauche d'avant, il faut une nouvelle droite. Et cette nouvelle droite, je pense que je l'incarne, et que je l'ai incarnée pendant cette présidentielle, c'est-à-dire une droite civilisationnelle, une droite identitaire, une droite qui défend le droit du peuple français de préserver sa culture, son identité, sur son sol.
Alors, vous avez, pour rebondir sur ce que dit Gabriel Cluzel, vous avez beaucoup parlé dans les médias de vos erreurs, des petites erreurs, du doigt d'honneur à l'Ukraine, en passant par un tas de choses dont vous parlez très ouvertement dans votre livre, et surtout beaucoup dans les médias. Mais vous parlez surtout aussi beaucoup dans votre livre de cette mécanique qui a fait que, précisément, quand vous êtes arrivé à 17, 18, 19 % dans les sondages, quand vous avez été projeté au second tour de la présidentielle, eh bien, il y a une machine de guerre, une machine de guerre médiatique qui s'est mise en place. Ça, vous en parlez moins dans les médias. Racontez-nous.
Vous savez, je... Comment est-ce qu'on la vit quand on est le candidat en course ? C'est drôle que vous me posiez cette question parce que, régulièrement, on me dit « mais pourtant, vous auriez dû savoir, vous auriez dû connaître, vous en venez quand même ». Et c'est vrai que cette question est légitime. Et en vérité, j'ai toujours envie de répondre « mais pauvre, mais non ». Parce que ce n'est pas la même chose que, d'être journaliste, même si j'étais un peu reconnu, un peu connu et un peu même... j'avais une place un peu à part dans l'univers médiatique. Bon. Mais ce n'est pas la même chose que d'être candidat à la présidentielle.
Et surtout, ce n'est plus la même chose, vous l'avez très bien dit, parce qu'il y a un avant et un après, de candidat à la présidentielle qui est potentiellement au second tour. Là, on se prend la machine médiatique. Et là, je crois que, vraiment, dans le livre, je prends mon temps pour décrire toutes les armes, tous les moyens qu'utilise cette machine médiatique pour détruire le candidat qui ne lui convient pas. Parce que je ne lui convenais pas... Comment vous dire ? Je n'étais pas le premier. François Fillon, en 2017, a subi la même chose. Et il a été ratiboisé. Il a été écrabouillé. D'ailleurs, je raconte une anecdote entre François Fillon et moi, que je connais depuis très longtemps.
Je suis à un meeting à Nantes, je crois. Il y a des violences, les antifas cassent tout. Ils agressent les policiers pour m'empêcher de parler. Il y a, évidemment, sur les chaînes d'info, des images en continu, de voitures qui sont retournées, de policiers qui sont agressés, etc. Et François Fillon a la gentillesse de m'envoyer un petit SMS en me disant « Fais attention, ils vont te faire comme à moi, c'est-à-dire qu'on ne va plus parler de ce que tu as à dire, mais on va parler des violences autour de toi. » C'est-à-dire qu'on ne va plus parler de ce que tu as à dire, mais on va parler des violences autour de toi. Et je lui dis « C'est gentil, on était au début, on était en octobre.
Je lui dis « C'est gentil, mais qu'est-ce qu'on peut faire contre ça ? » Et il ne me répond rien. Vous voyez, c'est pour vous dire que... On va le raconter dans le livre. Voilà, c'est terrible. Donc je raconte tous les moyens. Je donne des exemples précis, comment au Trocadéro, je réunis 100 000 personnes, je fais le plus grand meeting de la campagne présidentielle, sans doute d'ailleurs des deux ou trois campagnes précédentes. Ce n'est pas rien quand même, plus que le meeting de Sarkozy au Trocadéro en 2012. Et on sort une phrase que peut-être 10 gamins, 100 gamins ont prononcé « Macron assassin » et qui devient le leitmotiv. On ne m'interroge plus que là-dessus.
Et on ne parle plus que de ça. C'est ce que j'appelle quand le rien devient le tout. Je raconte une autre anecdote terrible, qui m'a vraiment à la fois cruellement attaqué sur le plan politique, mais même humainement. L'histoire des enfants handicapés. Vous avez lu comment je la raconte. C'est exactement cela. C'est-à-dire que nous sommes à une réunion de profs qui me demandent ce que je pense de l'école. Je viens de faire un discours sur l'école. Je crois important ce discours. On parle de la baisse du niveau, de l'effondrement du niveau, des problèmes que chacun des profs a, etc. Et je tonne et je peste contre l'obsession de l'inclusion dans mon esprit à moi.
C'est évidemment le collège unique. Et le fait qu'on mélange les niveaux comme ça. Et que ça réduit les bons élèves à être bien moins bons. Et les mauvais à n'être jamais... Les pauvres, ils ne peuvent jamais remonter. Et à la fin, il y a une enseignante du primaire qui me dit Oui, et vous savez, on a vraiment des gros problèmes avec la règle des enfants handicapés. Parce que les pauvres, eux, ils ont beaucoup de mal. Ils se font moquer par les autres enfants. Et puis on n'arrive pas, on n'est pas formé pour régler tout cela. Et je lui dis, oui, c'est toujours la même chose. C'est toujours l'obsession de l'inclusion. Tout le monde passe, on se lève, plus personne n'en parle.
Les journalistes n'en parlent pas, etc. Et le lendemain, ça devient un événement national. Tout le monde me tombe dessus. La ministre du handicap vient à la télévision, au journal de la 2 ou de la 1, je ne sais plus, pleurer. Pleurer. En disant, c'est honteux. Moi-même, j'ai un enfant handicapé. Je veux les ostraciser. Cohn-Bendit ira jusqu'à dire qu'il est pire qu'Hitler. Parce qu'au moins, lui, Hitler, n'a pas tué les handicapés. Parce que l'Église a fait pression sur lui. Vous voyez. Quand je veux répondre au journal de TF1 ou de France 2, de 20 heures, la rédaction répond, ah bah non, ça va, on ne va pas parler des enfants handicapés toute la semaine. Ça, c'est aujourd'hui les médias.
Et des exemples comme ça, j'en ai 10. Vous avez vu, je raconte les différentes façons de détruire un candidat. Parce qu'aujourd'hui, les médias, ça fait longtemps que les médias ont le pouvoir de sélectionner le candidat. Mais j'ai compris avec moi qu'ils veulent en plus choisir le thème de la présidentielle. Parce que j'ai eu la naïveté de dire au début de la campagne, vous vous souvenez, Gabriel, celui qui gagne, c'est celui qui impose le thème de la présidentielle. C'était mon expérience de journaliste politique. Je le connais, je le savais depuis, on peut dire, De Gaulle, enfin, Pompidou en 69, Giscard, vous voyez. Donc, c'était logique.
Et donc, comme j'ai réussi à imposer la question immigratoire et du grand remplacement avec mes mots au début de la campagne, c'est ce qui m'a fait monter. Les journalistes étaient absolument scandalisés contre ce sujet qui s'imposait dans la campagne. Et donc, on a fini avec la complicité de beaucoup de candidats, d'ailleurs. De Marine Le Pen, pour ne pas la citer. De Jean-Luc Mélenchon, qui en a bien profité. On s'est retrouvé avec une fin de campagne sur le pouvoir d'achat.
Mais au-delà, comment franchir ce mur ?
Médiatique, vous voulez dire ?
Médiatique. Qui est en partie fabriqué, vous l'avez bien vu. Bien sûr.
Voilà. Vous savez, je pense qu'il faut plusieurs choses. Il faut d'abord... Alors, il y a deux manières. Soit on se couche.
Et on...
Et on espère passer entre les gouttes. C'est-à-dire, on reprend les mots de la doxa médiatique. On renonce à imposer ces mots. Parce que c'est une bataille sémantique, vous avez bien compris. Je l'explique dans le livre. Et on croit qu'on va passer entre les gouttes. C'est la stratégie de la dédiabolisation de Marine Le Pen. Ou alors, moi, je pense qu'elle ne mène à rien. Je pense que ce n'est pas comme ça qu'on gagne. Puisqu'on donne à nos adversaires les clés du débat politique. Bon. Ou alors, on affronte. Moi, c'est ma méthode. On affronte, c'est-à-dire qu'on tente d'imposer ces mots. On ne gagne pas toujours. Je note d'ailleurs que c'est aussi la méthode de Jean-Luc Mélenchon.
Parce que c'est à... Vous avez vu que c'est à multiples têtes, tout ça. C'est successif. Là, vous avez vu que là, c'est Jean-Luc Mélenchon qui a pris pour des bonnes raisons, d'ailleurs. Mais c'est une autre discussion. Donc, je... Alors, après, il y a les médias eux-mêmes. Vous êtes un média qui est... Qui est... Comment dire ? Contre la doxa dominante. Qui est à l'encontre de la doxa dominante. Il y en a d'autres. Il y a CNews, où j'avais la chance d'être. Il y a d'autres médias. Il y a d'autres journaux, etc. Il y en a peu. Ah, ben, il y en a peu, oui. Vous avez raison. Il y en a peu. Parce qu'en plus, il y en a d'autres...
Il y en a peu parce qu'en plus, nos adversaires politiques tiennent les écoles de journalisme. Donc, même quand les journalistes vont dans des médias, qui seraient iconoclastes, ils apportent avec eux l'idéologie dominante. C'est le vrai problème dans toutes les chaînes, y compris dans les médias que j'ai cités.
Alors, moi, je voulais revenir justement sur Marine Le Pen. Parce que je trouve votre discours un peu étonnant, voire contradictoire. Parce que parfois, vous dites avec des mots assez durs qu'elle a oublié les fondomatos de son père. Vous parliez de la thématique du pouvoir d'achat. Et puis, à un autre moment, vous écrivez, je vous cite, « Mais prenons de la hauteur. Le temps a passé. A chacun désormais sa partition. Chacun dans ce couloir. Nous avons deux stratégies différentes. Ce n'est peut-être pas un mal pour l'intérêt du pays. Prions pour la France que l'une des deux réussisse. » C'est bien de vous, ça. Je ne me suis pas trompée. Tout à fait.
Alors, c'est une différence de nature ou de moyens, de stratégie ? Vous avez tout à fait raison.
Ça apparaît contradictoire, mais ça ne l'est pas. C'est simplement une synthèse. Je m'explique. J'explique dans le livre que... En vérité, quand je suis rentré en campagne, Marine Le Pen n'est pas mon adversaire privilégié. Ce n'est même pas ma cible privilégiée. D'ailleurs, moi, je ne suis pas de tradition du Front National. Je n'ai jamais eu ma carte au Front National. Je ne suis pas un dissident du Front National, contrairement à ce que certaines déclarations pourraient penser des gens du Rassemblement National. Même en tant que journaliste, je n'ai pas écrit des livres sur le Front National. J'ai écrit des livres sur le RPR, sur la droite, sur Jacques Chirac, etc.
Vous voyez, c'est ma tradition. Je suis d'une tradition politique gaullo-bonapartiste. Mon père votait pour le général de Gaulle en 1965, ce qui n'était pas gagné, si j'ose dire, quand on est d'une famille de pieds noirs. Vous voyez, donc tout ça est... Donc ma vraie tradition politique, c'est le gaullo-bonapartiste. Mais nous nous sommes laissés embarquer, Marine Le Pen et moi d'ailleurs, je le reconnais, par nos tempéraments, je le reconnais aussi, je décris des techniques journalistiques. Les rédactions nous ont mis le même journaliste.
Et donc forcément, les journalistes, le même journaliste, un jour il allait voir Marine Le Pen, il disait Eric Zemmour a dit ça, qu'est-ce que vous en pensez ? Et puis après il est revenu me voir. C'était le même. On m'aurait mis le même journaliste que Valérie Pécresse, ça aurait donné une autre campagne. Vous voyez ? Mais bon, oublions ces histoires techniques. Tout ça pour dire que nous avons un désaccord de philosophie politique. Je l'ai un peu abordé dans la précédente question. C'est-à-dire que Marine Le Pen, sa stratégie, c'est la dédiabolisation. Qu'est-ce que c'est que la dédiabolisation ?
C'est renoncer à ses idées, renoncer à ses opinions, renoncer à ses convictions pour se faire accepter par la doxa médiatique. C'est une réponse à votre question de tout à l'heure. Moi, je pense que non seulement c'est inefficace, mais qu'en plus, on se renie. Moi, ce n'est pas ma méthode. Moi, je ne passe pas mon temps et je ne vais pas renoncer à toutes mes idées pour faire accepter l'idée que je ne suis pas le diable. Moi, je préfère prendre du temps pour convaincre que mes idées ne sont pas le diable. C'est ça notre désaccord de fond. Maintenant, la phrase que vous avez citée, c'est à la fin du portrait que je fais de Marine Le Pen et des relations que j'ai avec elle.
Et je dis, bon, elle a son parti, elle a sa vie politique, elle a ses choix stratégiques. Moi, je ne les ai pas, je n'ai pas cela. J'ai d'autres choix. Vous voyez, elle a une autre stratégie. Elle ne croit pas au clivage droite-gauche. Elle affirme qu'elle n'est pas de droite. Alors que 75% de son électorat s'affirme de droite selon tous les sondages. Moi, je parle à cet électorat de droite. Je pense qu'aujourd'hui, comme je vous l'ai dit, il faut rassembler les droites. Les droites qui sont au Rassemblement National, qui sont à LR, qui sont à Reconquête et même des gens de droite qui ont voté Emmanuel Macron en 2017 et en 2022. Voilà, c'est deux stratégies différentes.
C'est pour cela que je conclue en disant, nous verrons bien qui l'emportera à la fin des fins. Ce n'est pas une contradiction. C'est simplement, je dis, nous verrons bien.
Vous m'autorisez une question qui fâche ? Je vous en prie.
Vous dites,
à un moment dans votre livre, et je vous ai entendu le répéter sur des radios, que certains, on vous a rapporté que certains au Rassemblement National avaient fait montre d'antisémitisme. Est-ce que ce n'est pas essayer d'adopter des techniques de ceux qui ont l'habitude de vous attaquer, de lancer cet anathème ? Un peu, je dirais, pour envoyer tout le monde dos à dos, comme quand Marine Le Pen vous avait accusé d'avoir des cathos nazis, ou je ne sais plus exactement l'expression, dans votre mouvement. C'est original. Est-ce que l'un et l'autre, vous êtes au niveau de ce genre de remarques ?
Je vous remercie d'avoir fait remarquer que pendant la campagne, Marine Le Pen m'avait accusé d'être entourée de catholiques nazis, ce qui est un concept historique et original. Donc moi, je ne l'ai pas fait pendant la campagne. Vous aurez remarqué. Justement, pour ne pas tomber dans ce que vous dites. Parce que justement, j'ai toujours dit que je me plaçais au-dessus, etc. Simplement, j'ai décidé de tout dire dans ce livre et de raconter les choses sincèrement et avec le plus de franchise possible.
Je fais un chapitre dans lequel je décris comment ma judéité, que je n'avais jamais mise en avant, vous êtes d'accord avec moi, je n'en avais jamais fait un argument, ni pour, ni contre, ni voilà, était devenue un enjeu politique. Pas du fait de Marine Le Pen au départ, d'ailleurs. Je raconte comment Bernard-Henri Lévy met la question dans le débat politique, comment les autorités institutionnelles juives s'en prennent à moi, de façon absolument indigne, comment tout le monde me tombe dessus, comment Jadot me traite de juif de service.
Et je raconte ce que m'ont raconté les gens qui venaient du Front National chez moi, du Rassemblement National chez moi, qui m'ont dit « Jamais l'antisémitisme n'a été aussi fort autour de Marine Le Pen à l'occasion de ta campagne. » Il y a ce tweet ravageur sur Sarah Knafo qui n'aurait pas le biotope d'un paysan ou d'un marin breton. Vous voyez, voilà, c'est tout ce que je raconte. Je raconte tout. Donc je n'en fais pas un argument majeur, vous me l'accordez, mais je le dis. Ce sont des on-dit. Non, non, ce ne sont pas des on-dit. Le tweet, il a existé. Et je l'ai lu.
Et Philippe de Villiers a fait enregistrer une vidéo, parce qu'il était furieux de cela, de ces attaques contre Jonathan Adler aussi, qui était dans mon équipe, sur sa judéité. Et donc il a fait une vidéo pour dire « Voilà, il n'y a pas plus patriote que ces gens-là. » Donc vous voyez, ça a existé. Ce ne sont pas des on-dit. Mais voilà, je n'en fais pas plus. Vous m'accordez que je n'en... Même sur les plateaux télévisions, si on ne m'en parle pas, je n'en parle pas. Je voulais simplement tout dire. C'est vrai que ça a existé.
Voilà, c'est tout. Alors, au-delà du livre, je voulais savoir comment le chef de parti, le patron de Reconquête, se préparait aux élections européennes. Qui sera votre tête de liste ? On a des petites idées, on entend des bruits, mais je ne sais pas si vous l'avez dit officiellement, je ne crois pas encore. Et surtout, quels seront vos grands thèmes ?
Je ne peux rien dire officiellement, parce que rien n'a été décidé. Ah ! Mario Maréchal a dit que ça l'intéressait, j'en ai parlé avec elle, je lui ai dit que sa candidature était tout à fait bienvenue, mais que, et d'ailleurs elle en a volontiers convenu, que je déciderai le moment venu qui sera le mieux placé pour être tête de liste de Reconquête. Voilà. Vous voyez, je vous parle franchement.
Vous allez d'accord.
Elle est d'accord. Pourquoi ? Elle est partante. Ah oui, oui, elle est partante. Elle est partante, mais j'évaluerai pour savoir si c'est... si c'est le bon choix, si c'est bien pour le parti, si... Voilà, c'est tout. Mais on en parlera, et je déciderai finalement. Voilà. Ça, c'est une première chose. Deuxième chose, pour les grands thèmes, vous avez tout à fait raison, je pense que... Ce qui est intéressant dans l'Europe, c'est qu'aujourd'hui, dans toute l'Europe, la droite civilisationnelle que je défends a le vent en poupe. Nous sortons petit à petit, je crois, du débat autour du populisme.
On le voit bien en Italie, avec l'avènement de Madame Meloni, on le voit bien en Suède, on le voit bien partout en Europe, d'ailleurs jusqu'en Israël, ce qui est intéressant. Ailleurs qu'en Europe, je veux dire, mais un pays qui est très proche de nos critères politiques, culturels, etc. Donc c'est évidemment une droite qui s'affirme sur le plan civilisationnel, parce que c'est l'enjeu majeur. Et on voit bien que cette droite-là, nous l'incarnons. Il n'y a qu'à voir d'ailleurs les contorsions des gens du Rassemblement National face à la victoire de Meloni en Italie, puisqu'ils étaient amis de Salvini et qu'ils le restent.
Et d'ailleurs, on voit bien au Parlement européen comment les grandes manœuvres commencent. Vous savez, au Parlement européen, pour vous la faire courte, il y a une alliance depuis 20 ans au moins entre le PPE, qui est la droite LR, pour parler vite, et le SPD, qui est le parti socialiste de tous les pays d'Europe. Ils sont ensemble. En fait, cette coalition préfigurait le macronisme. C'est ça qui est intéressant. La France, une fois de plus, a fini par s'aligner sur le modèle européen. Macron, c'est le modèle qui règne depuis 20 ans au sein du Parlement européen, c'est-à-dire le centre-droite et le centre-gauche, ensemble, dans la même majorité.
Et aujourd'hui, au Parlement européen, qu'est-ce que vous voyez ? Vous voyez le patron allemand, M. Weber, de la droite allemande, du centre-droit allemand, qui dit « Ah, mais moi, je vais peut-être rompre mon alliance avec les socialistes pour faire une alliance à droite avec Mme Meloni, avec éventuellement les Hongrois, etc. » Et ça, c'est exactement ce que je prône en France. C'est exactement ce que Mme Meloni a fait en Italie. C'est exactement ce qu'ils ont fait en Suède. Vous voyez, ça change tout. Donc, je pense que cette bataille européenne, sur le plan politique, peut être intéressante. Et puis, il y a évidemment les grands thèmes.
On voit bien que, si vous voulez, le grand projet d'Emmanuel Macron, l'autonomie stratégique européenne, a pris du plomb dans l'aile. Moi, je n'y ai jamais cru. Mais là, avec la guerre en Ukraine, le réveil de l'OTAN et la soumission de tous les pays d'Europe aux États-Unis, parce qu'ils craignent, à tort ou à raison, l'offensive russe, est en train de rebattre les cartes. Et nous ne sommes plus du tout dans l'épure macronienne.
Oui, le contexte en France a complètement changé. Depuis quelques mois, très rapidement, l'impopularité de Macron est considérable. La popularité de Marine Le Pen a, elle, vraiment décollé. Pour la première fois, de l'histoire de France, il y a Le Pen qui est donné dans les sondages, qui ne valent que ce que valent les sondages. Mais au deuxième tour de la présidentielle, elle battrait Macron dans plusieurs sondages récents. Au deuxième tour, est-ce que ça laisse un espace pour Reconquête et pour vous ?
Écoutez, moi, je vois qu'effectivement, dans les sondages, elle battrait Emmanuel Macron, qui ne pourra pas se représenter en 2027. J'avoue que je ne vois pas trop l'intérêt de ce sondage. Je vous rappelle qu'en 2016, qu'elle battait aussi déjà François Hollande, qui ne s'est pas présenté. Et qu'elle a été battue à plate couture en 2017 par Emmanuel Macron. Et qu'elle a été battue de nouveau à plate couture en 2022 par le même Emmanuel Macron. Donc battre Emmanuel Macron quand il n'y a pas Emmanuel Macron, je ne vois pas trop l'intérêt. Maintenant, moi, je vous dis ça, je ne dis rien. Je suis simplement dans ces mêmes sondages.
On me donne à 7%, ce qui est mon résultat de la présidentielle, qui est à la fois, comme vous l'avez dit, fort bien pour quelqu'un qui ne vient de rien. Je vois que je suis encore devant tous les candidats de LR, que ce soit Laurent Wauquiez ou d'autres. Je monte à 9 quand c'est M. Darmanin, je crois, qui est candidat. Enfin, vous savez, c'est à 4 ans de l'échéance. Moi, je veux bien, ça ne veut pas dire grand-chose, ces sondages. À 4 ans de l'échéance, j'ai vu, moi, comment on pouvait monter en quelques mois, voire en quelques jours, de 3 à 19, et redescendre. Comment on pouvait perdre 4, 5 points en un week-end, parce que les gens se décident dans l'urne.
Donc, vous voyez, franchement, je ne peux pas donner, pour Marine Le Pen ou pour les autres, moi, ce que je vous dis, et je ne sais pas si vous avez lu les remarquables interviews accordées par Patrick Buisson dans Valeurs Actuelles et dans Le Point. Patrick Buisson a dit qu'on l'a eu ici.
Donc, il a eu aussi un remarquable entretien. Moi, j'ai lu. J'allais vous interroger.
Je suis un homme de l'écrit, d'abord. Alors, vous l'avez entendu, il vous a très bien expliqué que lui ne croyait absolument pas, et je pense comme lui, à la victoire possible de Marine Le Pen, qu'il n'avait pas un plafond de verre, mais un plafond de béton, parce que Marine Le Pen faisait toute sa stratégie sur l'affrontement entre le bloc populaire et le bloc élitaire, la fameuse thèse de son conseiller en sondage, Jérôme Sainte-Marie, qui est d'ailleurs, d'abord, pour deux raisons.
D'abord, elle est fausse, parce que, je ne sais pas si Patrick Buisson vous a donné les chiffres qu'il donne, c'est-à-dire qu'au second tour de la présidentielle en 2022, Marine Le Pen a recueilli 29% des classes populaires, or Emmanuel Macron a recueilli 31%. des voix des classes populaires, le reste, les 34% étant dans l'abstention, donc déjà, c'est faux. Et deuxièmement, Patrick Buisson explique très bien que l'élection en 2017 comme en 2022 est faite par les retraités, par les gens de plus de 60 ans, les fameux boomers, qui représentent 14 millions d'électeurs, qui en plus votent beaucoup plus proportionnellement que les plus jeunes, et que ces électeurs-là ne votent pas Marine Le Pen.
Donc Marine Le Pen ne peut pas gagner, en vérité, tout cela est faux. Donc voilà, donc moi je cherche une autre stratégie, parce que tant qu'il y aura Marine Le Pen et sa stratégie, on mettra ensemble tous les retraités et que les retraités feront basculer pour n'importe quel candidat de la Macronie, ça sera Emmanuel Macron, ça sera Edouard Philippe, ça sera Bruno Le Maire, ça sera n'importe qui, n'importe qui gagnera contre Marine Le Pen. Parce que les électeurs retraités, les 14 millions dont parle Patrick Buisson, basculeront quasiment unanimement contre elle. En revanche, moi je veux couper ce bloc.
Et c'est pour ça que j'en appelle à une coalition des droites, et c'est pour ça que j'ai un autre programme économique que Marine Le Pen. Je veux que les gens de cette catégorie électorale, de cette catégorie d'âge, se décident, non pas en fonction simplement de leur classe d'âge, mais en fonction de leur conviction pour le pays. Et donc ces gens-là, il y a des gens de gauche mais il y a aussi des gens de droite. Il faut qu'ils reviennent avec nous. Et qu'ils reviennent avec nous, c'est moi, c'est uniquement par ma stratégie qu'ils reviendront avec nous.
Alors si je puis me permettre, les retraités français n'étant pas tous les retraités algériens dont parle Charles Prats, ils ne sont pas éternels, donc de 5 ans en 5 ans, on peut imaginer que ce bloc de retraités se réduise. Pardon de parler si uniquement, mais la génération qui aujourd'hui fait les élections peut passer, premier point. Et deuxième point, est-ce que Patrick Buisson soutient Éric Zemmour de ce fait ?
Non, Patrick Buisson est un observateur très averti, sans doute le meilleur dans cette catégorie, donc moi j'écoute ce qu'il dit. Il ne me soutient pas. Maintenant, vous savez, vous avez raison de dire que la catégorie des boomers ou des retraités finira par mourir, comme nous tous. Sauf que ce n'est pas demain, donc ce n'est pas en 2027, donc il n'y a pas d'échéance en 2027 favorable, et qu'en revanche, la mort des boomers, c'est ce que j'explique dans le livre, posera une autre question, c'est que le temps que les boomers meurent, il y aura les 30% d'enfants de l'immigration extra-européenne qui seront devenus majeurs, parce que c'est ça le chiffre.
Aujourd'hui, selon l'INSEE, il y a les enfants entre 0 et 4 ans, il y a 30% de ces enfants-là qui sont des enfants de l'immigration extra-européenne. Donc là, on aura effectivement, vous avez raison, il n'y aura plus les boomers, il y aura donc deux peuples, c'est exactement ce que j'annonce, parce qu'à 30%, on commence à compter, n'est-ce pas ? Il y aura ce peuple islamo-gauchiste qui a été façonné par Mélenchon et qu'on voit qu'il va grossir, la loi de l'hémographie lui donne de l'avenir à lui. Et en revanche, en face, c'est pour ça que j'essaye de constituer ce bloc français, ce bloc des gens qui veulent défendre l'identité de la France.
Mais je le répète, pour gagner en 2027, il faut d'abord entamer ce bloc des retraités, ce bloc des boomers, qui pour l'instant votent uniformément contre Marine Le Pen.
Alors, juste en prolongement, imaginons qu'en 2027, votre stratégie, ou je dirais celle de Marine Le Pen, soit gagnante, que l'un ou l'autre arrive au pouvoir, ce qui inquiète les Français, c'est le jour d'après. C'est-à-dire qu'ils voient tous ces black blocs de sorties pour Emmanuel Macron, mais que seront-ils ? Que feront-ils si un Éric Zemmour ou une Marine Le Pen arrivent au pouvoir ? Ils voient ces banlieues dont le gouvernement a déjà peur. Donc, est-ce que ce fameux chaos qui a été utilisé comme un épouvantail par Emmanuel Macron ne risque pas d'être bien réel ? Que préconisez-vous de faire
à J plus 1 ? Mais c'est bien pour cela que je veux mener, moi en tout cas, la bataille culturelle, parce que je pense que arriver au pouvoir ne suffit pas, que si on ne prépare pas cette bataille culturelle, si on essaie de passer entre les gouttes et qu'on se couche devant la doxa dominante, si les mots de nos adversaires rentrent dans la tête des gens sans difficulté, nous ne pourrons pas gouverner. Quel que soit le vainqueur, vous avez raison. Donc, il faut effectivement préparer le terrain culturel. Des mots, vous savez, je cite souvent cette phrase de Lénine « Faites-leur manger le mot, vous leur ferez avaler la chose ».
Donc, il faut absolument préparer les esprits, mener la bataille culturelle avant la bataille politique. Si on ne mène pas la bataille culturelle avant la bataille politique, on se condamne à ne rien faire.
Voilà, et bien c'est ce qu'on essaie de faire à vous Alvaro. Absolument.
Une dernière question. Est-ce que le Éric Zemmour politique a tué le Éric Zemmour journaliste ? Ça doit être une question assez classique qu'on vous pose, mais est-ce que votre pensée qui se déployait dans tous ces livres que vous écriviez vous avez décidé définitivement de la contenir dans un espace politique forcément plus restreint, fait de slogans ou vous l'avez dit vous-même, on est peut-être moins libre de dire
tout ce qu'on a à dire. Je pense que le livre répond à votre question. C'est-à-dire que je pense que je n'ai absolument rien réduit, rien changé. Je suis le même Éric Zemmour dans ce livre. Je raconte, j'explique, j'analyse, je projette exactement comme je l'aurais écrit avant. Simplement je me suis enrichi d'une expérience de candidat et de chef de parti. Et je vous répète, je ne me suis pas engagé dans la politique active en vain. C'est-à-dire que je n'ai pas renoncé à ce que je faisais avant. C'est-à-dire la guerre et le combat culturel qui me paraît le toujours essentiel. Simplement j'ai ajouté à mes armes habituelles c'est-à-dire la télévision et le livre, un parti politique.
Et je mène le combat culturel avec le parti politique. Je vous avais vu que j'ai constitué une association de parents vigilants qui nous alerte sur tout ce qui se passe dans les écoles. Nous menons le combat contre les woke. Je vois maintenant que certains nous rejoignent. Bienvenue au club. Il était temps. Donc voilà, nous le menons. Nous menons le combat culturel. Et nous le menons et nous continuerons à le mener. En vérité, nous continuerons à le mener en pointe devant tout le monde. Parce que nous sommes forgés, nous sommes, comment vous dire, fabriqués pour cela. C'est moi qui ai donné cela comme ADN à mon parti politique.
Donc non, je n'ai absolument pas renoncé à ce que je faisais avant. Simplement, je veux faire plus. Et pour faire plus, il faut d'abord un parti politique et il faut ensuite le pouvoir.
Merci Eric Zemmour. Merci cher lecteur de Boulevard Voltaire. Abonnez-vous à notre chaîne YouTube, à notre newsletter et bon dimanche à tous.
Éric Zemmour