Jordan Bardella : "On ne peut pas faire de "En même temps" avec l'immigration"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le président du Rassemblement National, député européen, dans le grand entretien du 7-10. Vos questions et réactions au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Jordan Bardella, bonjour.
Bonjour, merci de votre invitation.
Oui, bienvenue sur Inter. Commençons par l'actualité politique du jour et le projet de loi immigration. Encore une journée, disons, particulière à l'Assemblée Nationale. Hier, à peine avait-elle commencé que la commission mixte paritaire interrompait ses travaux pendant 4 heures en raison d'un désaccord avec les LR sur les conditions d'accès des étrangers à certaines aides sociales, les APL en l'occurrence. Les travaux de la commission ont repris vers 21h avant une nouvelle suspension pour la nuit et un nouveau rendez-vous ce matin à 10h30. Avant d'entrer dans le fond des choses, dites-nous, quelle est votre analyse de cette journée hier à l'Assemblée Nationale ?
Que la victoire idéologique du Rassemblement National est de plus en plus forte chaque jour. On est passé d'un texte que nous avons mis en échec à l'Assemblée Nationale qui prévoyait des mesures d'accélération de l'immigration avec cette ouverture d'une nouvelle filière d'immigration via la régularisation des travailleurs sans papier qui constitue en soi une prime à l'illégalité. Un texte durci sur les conditions d'octroi des aides sociales, notamment aux étrangers, sur le rétablissement du délit de séjour irrégulier.
Alors, pour que les gens qui nous écoutent comprennent, parce que je ne sais pas si c'est très lisible dans l'esprit des Français, ce texte n'est pas encore adopté, il n'est pas encore voté. Il y a des discussions aujourd'hui en commission mixte paritaire. Je ne vois pas, pour être très concret, comment l'aile gauche et la jambe gauche d'Emmanuel Macron à l'Assemblée Nationale pourraient voter un texte qui offre en fait une victoire idéologique au Rassemblement National. Mais en fait, mon analyse, c'est qu'on a là la conséquence concrète du Rassemblement National à 30% dans les sondages.
On nous parle maintenant de préférence nationale, on évoque le regroupement familial, on rétablit le délit de séjour irrégulier, ce qui veut donc dire qu'il n'y a que les mesures que nous proposons qui permettraient de juguler l'immigration en France, même si elles ne sont pas encore votées, c'est un premier pas idéologique.
Jordan Bardella, en l'occurrence, vous pouvez vous féliciter de votre victoire idéologique, mais là, ceux qui sont à la manœuvre, ce n'est pas vous, c'est les LR qui sont à la manœuvre. Oui, avec nos idées. Ce sont eux qui durcissent le texte. Est-ce que vous reconnaissez, pour le coup, la gauche disait même hier soir, en sortant de la CMP, le gouvernement écrit sous la dictée d'Éric Ciotti, est-ce que vous le saluez, son travail, Éric Ciotti, Bruno Retailleau, c'est eux qui sont en train de faire changer la loi ?
D'abord, ce n'est pas eux, puisque je vous rappelle que ce sont les voix du Rassemblement National qui ont permis aussi de mettre en échec cette première version du texte beaucoup plus laxiste à l'Assemblée Nationale. Vous avez tous voté contre le gouvernement à gauche. Que nous avons, pardonnez-moi, 88 députés, 3 sénateurs, et que nous avons également un député, Johan Gillet, qui siège à la commission mixte paritaire. Mais que les Républicains, à 6 mois d'une élection, reprennent et parlent comme le Rassemblement National, pour le coup, ça c'est de l'histoire ancienne. Ça fait 15 ans que c'est comme ça. Donc, je n'ai pas d'inquiétude là-dessus.
Tout ce qui va dans le sens d'un renforcement de nos frontières, de la lutte contre l'immigration légale et illégale, va incontestablement dans le bon sens.
Je vous entends dire que ce texte va dans le bon sens. Jordan Bardella, dans votre sens, en tout cas, vous félicitez... En tout cas, les mesures qui sont ressorties de cette CMP sont les nôtres. Je rappelle juste que ce qui a changé dans le texte, par exemple, c'est la Première Ministre qui s'est engagée par écrit à réformer l'AME. C'est-à-dire ? Elle a envoyé une lettre.
Réformer l'AME, ça ne veut rien dire. L'aide médicale d'État, c'est l'ensemble de la palette de soins gratuite qui est aujourd'hui offerte à quelqu'un qui vient dans notre pays et qui peut, dans les conditions actuelles de l'AME, être présente de manière clandestine. Moi, je suis en désaccord avec cela et je suis pour la suppression de l'aide médicale d'État, étant entendu qu'on souhaite la remplacer par une enveloppe d'urgence, parce qu'évidemment que si quelqu'un est sur le bord du trottoir, on ne va pas regarder sa nationalité.
Mais le simple principe d'offrir toute la palette de soins gratuite aux clandestins, alors qu'un retraité sur trois renonce à se soigner parce que le reste à charge est trop important, m'apparaît être une pompe aspirante de l'immigration que je souhaite supprimer et non pas réformer.
Patrick Stéphanini est un gauchiste, Jordan Bardella ? Non, je pose la question. C'est pas sa réputation.
Patrick Stéphanini, c'est pas sa réputation.
Il a écrit un rapport sur l'AME, ils ont fait un rapport commandé par la Première Ministre qui conclut que l'AME est utile.
Mais je pense que l'aide médicale d'État, Madame, comment vous pouvez expliquer aux millions de Français qui ont de plus en plus de mal à se soigner, qui y renoncent, parce que le reste à charge est trop important, ça représente un Français sur trois, près de 27% des Français. Comment vous pouvez leur dire que quelqu'un qui vient en France, qui viole la loi en étant présent de manière clandestine, va pouvoir bénéficier de l'ensemble de la palette de soins gratuite sans condition de ressources, de revenus ou sans condition particulière de maintien sur le sol français ? C'est pas possible.
La question qui se pose à vous ce matin est très claire, Jean-Antoine Bardella. Vous avez changé d'avis sur le projet de loi immigration au Rassemblement National. Il y a deux mois, Marine Le Pen disait c'est des petites mesures mais ça va dans notre sens, on pourrait voter ce texte.
Parce que le texte a changé, Madame Salamé.
Non, non, non. A l'origine, quand il a été présenté par Gérald Darbarna, elle a dit oui, il y a certaines mesures qui vont dans notre sens, on pourrait voter le texte. Ensuite, vous avez décidé de ne pas voter le texte. Il y a encore deux jours, vous disiez vous-même sur LCI on votera contre ce texte. Alors, avez-vous changé d'avis ? Cette nuit, Jordan Bardella, la question est simple. Est-ce que ce texte tel qu'il est en train de sortir de la CMP vous convient ? Est-ce que vous le voterez ?
À partir du moment, moi j'ai toujours été très clair et je n'ai jamais varié. Nous avons dit depuis le départ que ce texte ne suffirait pas à contrôler la politique d'immigration en France mais qu'il y avait dans le fond du texte des petites mesures qui permettaient d'accélérer un certain nombre de procédures sur la version initiale du texte. J'ai toujours dit comme président du Rassemblement National que la ligne rouge du Rassemblement National serait les mesures de régularisation des clandestins.
Or, il y avait dans le texte initial l'article 3 qui est devenu dans la version du Sénat l'article 4 bis qui s'apparente d'ailleurs un peu à la circulaire valse qui avait été mise en place par les socialistes à l'époque des mesures qui permettent d'accélérer la délivrance de titres de séjour à des gens qui viendraient travailler dans notre pays y compris en étant présents de manière clandestine. Ça, ce n'est pas possible parce que ça, c'est une prime à l'illégalité et ça va constituer évidemment un nouvel appel d'air tout aussi important que le regroupement familial.
Donc, j'ai toujours été clair on a dit s'il n'y a pas d'article 3 d'article 4 bis c'est-à-dire s'il n'y a pas de mesures qui visent à régulariser les clandestins on vote ce texte. Le 4 bis
même s'il durcit considérablement le 3
Oui, mais il y est encore.
La régularisation non plus la régularisation de plein droit pour tous les travailleurs des métiers en tension mais seulement une régularisation exceptionnelle laissée à la main des préfets. À la main des préfets. Ce sera du cas par cas on est loin de la submersion migratoire ou de la pêcheur.
Oui, enfin, excusez-moi ça c'est toujours comme ça c'est-à-dire que c'est toujours une ou deux exceptions et puis ensuite les gens qui vont venir grâce aux jurisprudences de la Cour européenne des droits de l'homme dont nous souhaitons nous séparer pourront bénéficier de ce qu'on appelle le droit à la famille c'est-à-dire concrètement du regroupement familial. Et puis dans ce texte il y a énormément d'angles morts je suis désolé il n'y a rien sur le droit du sol sur l'acquisition quasi automatique de la nationalité il n'y a rien sur les mineurs étrangers et il n'y a rien sur la maîtrise de nos frontières.
Soyez honnête vous dites ce matin que vous allez voter contre ce texte alors que vous avez commencé l'interview en disant c'est une victoire de nos propositions donc vous n'allez pas les voter très largement dans votre sens vous ne le votez pas juste pour mettre en échec le gouvernement ? Non
ma position n'a pas varié si dans ce texte les mesures qui visent à régulariser les clandestins on ne peut pas faire de en même temps sur l'immigration le problème de ce texte c'est qu'il y a en même temps si on ne peut pas avoir en même temps des mesures qui visent à simplifier la régularisation des clandestins et en même temps des mesures qui sont reprises du programme du Rassemblement National qui visent à restreindre les aides sociales ça c'est dû en même temps donc je le dis si les mesures qui visent à faciliter la régularisation d'immigrés clandestins sur le sol français sont retirés nous pourrions voter ce texte je l'ai dit depuis le départ si ces mesures font à l'internet c'est une ligne rouge et bien on s'abstiendra ou on votera contre ce texte on est cohérent
vous n'avez pas décidé si c'est l'abstention on le vote contre
nous n'avons pas décidé pour une raison très simple c'est que vous l'avez souligné au début de cet entretien le texte évolue quand même à vitesse grand V que la CMP doit reprendre ce matin à 10h30 et qu'elle n'est pas terminée encore une fois on a toujours été très clair
pour être très clair vous expliquerez à vos électeurs que vous avez voté contre ou vous êtes abstenu sur le rétablissement du délai de solidarité qui a été adopté sur l'obligation de déposer une caution pour les étudiants étrangers sur la déchéance de nationalité pour les binationaux auteurs de crimes contre les forces de l'ordre sur la préférence nationale appliquée aux prestations sociales également puisqu'on est en train d'y aller sur les APL c'est en train aujourd'hui on peut toucher les APL quand on est un étranger en situation régulière quand on est resté 6 mois sur le territoire ça risque de passer à 2 ans et demi 3 ans ou 5 ans si la droite l'emporte tout ça sur tous ces points là vous allez expliquer à vos électeurs que le Rassemblement National a voté contre tous ces points là
non madame il n'y a pas que ça dans ce texte c'est bien beau de prendre les quelques mesures qui ne seront pas adoptées parce que on peut refaire le match
comment ils ne seront pas adoptés
mais vous pensez que l'aile gauche est-ce que monsieur Houllier et les députés de l'aile gauche de la majorité d'Emmanuel Macron vont voter en faveur de ces mesures qui sont reprises du programme du Rassemblement National moi c'est la question que je pose donc je dis à mes électeurs les yeux dans les yeux que je ne soutiens pas un texte qui va accélérer l'immigration dans notre société sous couvert de mesures qui en apparence restreignent l'octroi d'un certain nombre de prestations sociales il faut aller beaucoup plus loin nous on est favorable à la priorité nationale je pense qu'en France les aides sociales doivent pas être restreintes mais réservées aux gens qui ont la nationalité française sans aucun autre critère sans aucune autre condition mais je pense que la solidarité nationale pour laquelle reste nationale elle doit être réservée même s'ils sont en France
de manière régulière même s'ils résident en France depuis 5 ans ils n'ont pas le droit aux allocations adultes handicapés aux allocations logements c'est ce que vous dites ?
nous avons défendu sur les allocations l'idée d'un temps de travail de 5 ans sur le sol français c'est à dire que partir du moment où vous avez travaillé pendant 5 ans temps plein sur le sol français on peut commencer à vous ouvrir des droits d'accès à certaines de prestations c'est la proposition d'Alers
mais
mais oui c'est très bien les Alers reprennent quasi intégralement ce que défend Marine Le Pen et ce que défend le Rassemblee Nationale c'est très bien ce qui veut donc dire que demain s'il y a une dissolution de l'Assemblée Nationale que nous n'avons qu'une majorité relative et pas de majorité absolue et bien on proposera à ces gens des Républicains que j'espère sincères de venir travailler à nos côtés et ils seront évidemment les bienvenus
puisqu'on est sur l'immigration parlons de l'Italie vous vous étiez réjouis à notre micro il y a un an de l'élection de Giorgia Meloni à la présidence du Conseil italien elle avait promis de régler le problème de l'immigration quitte à recourir vous vous en souvenez évidemment à un blocus naval comme vous Jordan Bardella qui nous dit vous verrez avec nous ce sera différent et bien un an après on a vu elle est confrontée aux principes de réalité l'Italie en manque absolu de main d'oeuvre à tel point que les organisations professionnelles ont demandé 800 000 permis de travail sur 3 ans et Giorgia Meloni a décidé par décret de rouvrir les frontières fermées depuis 2011 d'accueillir 450 000 travailleurs réguliers d'ici 2 ans le principe de réalité Jordan Bardella il vaut pour l'Italie il vaudra aussi pour la France
je crois que la situation est assez différente si vous me le permettez l'Italie est un pays qui effectivement n'a plus d'enfants et n'a plus d'argent c'est un pays qui est en situation économique qui est délicate permettez-moi de vous rappeler notre taux de natalité aussi baisse c'est d'ailleurs très inquiétant et c'est l'une des raisons pour lesquelles je pense que la politique nataliste et la politique familiale devait être réservée aux familles françaises mais d'abord les 400 000 personnes qui sont accueillies par Mme Meloni n'ont pas vocation à rester je vous rappelle que le droit du sol ne s'applique pas en Italie et encore une fois Mme Meloni prend ses responsabilités devant ses électeurs l'allié du Rassemblement National je l'avais dit à votre micro c'est Matteo Salvini c'est pas Giorgia Meloni c'est Matteo Salvini avec lequel Giorgia Meloni travaille dans une logique de coalition au gouvernement donc je suis en désaccord avec ces choix je suis en désaccord avec cette politique mais permettez-moi de vous rappeler que l'Italie dépend aujourd'hui en grande partie du plan de relance européen et que par définition sa nécessité de s'accorder avec l'agenda de la Commission européenne est beaucoup plus forte que la France à partir du moment où elle est censée bénéficier d'argent d'un plan de 400 milliards je crois me semble-t-il ce qui est évidemment 4 ou 5 fois plus que le plan de relance qui a été accordé à la France à l'issue de la crise sanitaire donc c'est des situations qui sont très différentes moi je crois que nous avons aujourd'hui 350 000 métiers qui sont des métiers en tension dans lesquels il faut évidemment faire un effort de revalorisation des salaires de formation professionnelle mais que si on est contraint aujourd'hui dans ces métiers en tension de faire venir des médecins ou de faire venir des soudeurs des Etats-Unis c'est parce qu'on a considérablement affaibli les moyens de la filière nucléaire ou de la filière médicale par le numérus
puisque vous parlez de vos alliés au Parlement européen Jordan Barlala vous allez porter la liste du Rassemblement national pour les élections européennes d'ailleurs liste qui est donnée très largement en tête dans les sondages mais avec qui vous alliez vous allez siéger vous alliez dans votre groupe identité et démocratie au Parlement européen sont notamment alors vous parlez de Matteo Salvini Matteo Salvini il parle de l'Union européenne il parle de l'Union européenne comme d'une bureaucratie maçonnique vos alliés sont aussi l'AFD allemande sur la liste de l'AFD allemande pour les européennes certains candidats dénoncent je cite les gangs musulmans qui contribuent à la décadence de l'Europe et prônent la remigration d'autres qualifient les homosexuels et les personnes transgenres de baisers d'enfants tolérés par l'Etat dans vos alliés il y a aussi qui est l'islam madame ?
plusieurs candidats qui sont sur la liste de l'AFD allemande
j'ai entendu cette phrase sur vos antennes la semaine dernière lors de l'interview d'un de nos députés j'ai vérifié cette phrase n'a jamais été prononcée
écoutez on va vous la retrouver elle a été sur la liste parce qu'on l'a pour le coup citée la candidate en question
n'a pas été prise sur la liste de l'AFD
et bien on va revérifier mais en tout cas cette femme qui fait partie de l'AFD qui sont dans vos alliés parle de personnes transgenres et des homosexuels comme des baisers d'enfants tolérés par l'Etat il y a aussi ce que vous avez rencontré vous-même en décembre dernier le bulgare qui qualifie les roms de parasites ou encore le roumain simion ouvertement anti-vax c'est avec eux que vous allez siéger la grande alliance
que vous souhaitez Madame je vais vous dire Non parce que c'est important
aussi de savoir avec qui sont vos alliés Jordan Bardella
Je suis l'avocat du rassemblement national de mes propres idées de mes propres convictions donc je ne me sens pas obligé d'être l'avocat de députés européens qui sont élus en Bulgarie ou en Roumanie si vous me le permettez et qui siègent au sein du parlement européen nous cherchons au sein du parlement européen des gens qui sont élus par les peuples pardon hein on compose aussi avec les gens qui sont démocratiquement choisis par les peuples en Roumanie ou en Bulgarie et il y a entre les mouvements politiques de toutes les tendances politiques au sein du parlement européen des tendances majeures les socialistes français ils siègent au parlement européen avec les populistes pro-Poutine en Slovaquie par exemple est-ce à dire que les députés européens et que mes collègues socialistes au parlement européen épousent les thèses de ce mouvement avec lequel ils travaillent dans le cadre de leur travail parlementaire à l'Assemblée nationale donc encore une fois je ne vous dis pas du tout que vous épousez les thèses de ces gens-là qui le disent
mais tout de même vous siégez dans je veux dire c'est nos alliés vous les rencontrez ces gens-là vous travaillez avec eux
ce sont des gens qui en l'occurrence sont portés aux responsabilités monsieur Salvini Matteo Salvini je suis allé tenir meeting à Florence il y a quelques jours à son invitation il est le numéro 2 du gouvernement italien il est le numéro 2 du conseil des ministres italiens
mais c'est pas lui nos alliés du FPO c'est pas lui qui donne la direction la direction c'est celle de Mélanie et elle est en désaccord
j'ai été invité par un ministre du gouvernement italien nos alliés du FPO ils sont donnés en tête aujourd'hui des élections européennes en Autriche et ils seront probablement amenés à remporter les élections législatives dans quelques mois nos alliés flamands sont donnés en tête des élections européennes en Flandre nos alliés aux Pays-Bas viennent de remporter les élections donc on peut pas tirer si vous voulez une phrase si tant est qu'elle soit vraie du sous-responsable de canton de l'arrière-grande-tente d'un député de l'AFD et venir dire vous avez un tiers des allemands un tiers des autrichiens qui sont des fachos qui sont des gens d'extrême droite etc
puisque vous parlez du FPO autrichien on aurait pu vous sortir ce qu'a durci sa ligne depuis la reprise en main par monsieur Herbert Kickel promoteur de la théorie du grand remplacement habitué des manifestations anti-vax c'est ça le FPO
du grand remplacement monsieur Kickel considère qu'il y a un problème d'immigration aujourd'hui en France et en Europe je partage cette thèse monsieur Kickel il sera peut-être chancelier d'Autriche dans quelques mois donc à ce moment-là peut-être qu'Emmanuel Macron ne le recevra pas à l'Elysée mais vous voyez que la devise de l'Europe c'est unie dans la diversité et ça doit aussi être unie dans la diversité avec des gens qui ne pensent pas comme nous et évidemment que les équilibres aujourd'hui en Europe sont complexes mais si vous avez des phrases des convictions ou des idées à me reprocher je les assumerai s'agissant de mon mouvement politique je ne suis pas l'avocat du peuple bulgare ou du peuple romain
sur l'Ukraine le sommet européen de la semaine dernière a donné le feu vert aux négociations d'adhésion du pays à l'UE Victor Orban bloc l'enveloppe de 50 milliards d'euros de soutien à l'Ukraine dans la situation militaire où se trouve le pays est-ce que vous comprenez sa décision est-ce que vous le soutenez ?
Écoutez-moi j'ai été sans ambiguïté sur mon soutien à l'Ukraine suite à l'invasion et l'attaque de la Russie j'ai toujours estimé que la Russie n'avait plus rien à gagner en Ukraine et qu'il fallait évidemment un soutien à l'Ukraine ce soutien aura toujours été dans les positions qui ont été les nôtres de l'ordre matériel nous avons toujours été favorables à l'envoi de matériel défensif à l'Ukraine et je pense que le rôle de la France en plus de promouvoir une initiative de dialogue et de paix était de placer des lignes rouges et d'être vigilante à ce que l'envoi de matériel offensif de longue portée n'entraîne pas une escalade dans la région parce que je crois qu'en Europe le terme d'escalade s'agissant de la guerre a une résonance particulière
donc quand vous disiez en février dernier le soutien moral politique matériel à l'Ukraine relève pour moi de l'évidence vous le redites ce matin oui
je ne suis pas favorable en revanche et je le dis je l'assume à ce que l'Ukraine entre dans l'Union Européenne pour une raison très simple c'est que je suis opposé par principe à toute nouvelle forme d'élargissement de l'Union Européenne je pense que l'élargissement de l'Union Européenne qu'elle soit vers l'Ukraine ou vers les Balkans où la Moldavie entraîne un affaiblissement du pouvoir des états fondateurs et surtout crée les concurrences d'une concurrence économique très forte l'Ukraine est une puissance agricole et son entrée dans l'Union Européenne viendrait placer l'Ukraine comme premier bénéficiaire des subventions de la PAC ce qui évidemment affaiblirait considérablement la souveraineté agricole de la France donc en la matière comme sur beaucoup d'autres sujets je défends l'intérêt
de mes compatriotes mais votre position sur l'Ukraine est-elle partagée dans le parti un de vos collègues au Parlement Européen Jean-Paul Garraud disait d'ailleurs au même journal l'opinion il y a trois jours de monumental Z ont été apportés à l'Ukraine ces montants sont impossibles à supporter pour nos concitoyens français alors dites-nous quelle est la ligne qui croire la vôtre la sienne
la ligne c'est le soutien à un état ami qui est agressé premièrement deuxièmement c'est l'envoi de matériel défensif en Ukraine et troisièmement moi je me suis abstenu sur les aides financières qui ont été votées par le Parlement Européen pour une raison très simple c'est que dans le même temps les institutions européennes et notamment la Cour des Comptes Européenne a rappelé le niveau de corruption abyssale de l'Ukraine qui dans les classements d'ailleurs de corruption internationale est très loin derrière des états européens par exemple d'Europe de l'Est qu'on a pu évoquer tout à l'heure et donc je crois effectivement que là encore en la matière il faut être vigilant avec les données publiques
Jordan Bardella vous êtes vous faites une percée dans les sondages en cette fin d'année une percée de popularité et pour les sondages pour les européennes et vous vous dites prêt à être Premier ministre de cohabitation vous demandez d'ailleurs la dissolution aujourd'hui de l'Assemblée Nationale et vous dites si Emmanuel Macron dissout si on gagne les législatives je suis prêt à être Premier ministre vous avez 28 ans vous n'avez pas d'expérience de ministre ou de maire d'une ville vous avez commencé une licence de géographie que vous avez préféré arrêter pour faire de la politique d'après l'opinion vous vous mettez en ce moment à l'anglais peut-être pour vous Oh ça fait longtemps que je prends des coups d'anglais sans vous faire offense vous pensez et c'est vraiment une question pour le coup n'y voyez pas malice vous pensez
jamais
vous pensez qu'à 28 ans vous êtes prêt à diriger la 7ème puissance économique mondiale
Madame je suis en toute humilité président du premier parti d'opposition j'ai été élu j'ai eu mon premier mandat à l'âge de 19 ans j'ai été élu député de l'âge de 23 ans député européen et je crois que les idées que nous représentons et que les solutions sur lesquelles nous avons travaillé depuis très longtemps avec Marine Le Pen et avec mon mouvement politique sont plébiscitées aujourd'hui par une majorité de français par conséquent j'ai dit qu'en cas de dissolution de l'Assemblée nationale si le Rassemblement national devait obtenir une majorité j'assumerai ma responsabilité et nous serions prêts si tel était le cas à conduire la politique de la nation vous savez on est très humbles et on apprend chaque jour aux côtés des français et je pense que les solutions que nous prenons aujourd'hui pour le pays sont partagées par des millions de français on peut avoir toujours un doute en disant mais est-ce qu'ils seront aptes à diriger est-ce qu'ils seront aptes à gouverner
avec qui ?
moi je veux dire aux français que nous y sommes prêts et que si les français nous font confiance nous aurons la détermination la sincérité et l'autorité nécessaires pour réparer le pays ça ne sera pas simple ça sera difficile je ne vais pas mentir aux gens mais à 28 ans
vous vous sentez prêt
oui je ne sais pas je ne crois pas que ce soit une question d'âge c'est aussi une question d'âge
c'est aussi une question d'âge la vie c'est une évolution
oui on grandit vie sur le champ de bataille
et on apprend
et on continue d'apprendre et encore une fois être leader c'est aussi être à la tête d'une équipe sur l'équipe Olivier Véran posait la question il met qui ? c'est vrai que eux les Mozart de la finance peuvent donner des leçons
alors permettez-moi de le citer on met monsieur de Fournasse ministre de la mer parce qu'il disait qu'il retourne en Afrique en réponse à un député qui était d'origine nord-afriquaine on met Julien Audou le ministre de l'agriculture qui demandait si la corde avec laquelle un agriculteur s'était pendu était bleu blanc rouge on met Fabien Engelmann maire de Hayange ministre des solidarités qui a coupé l'électricité aux secours populaires en plein hiver on met monsieur Rachelin ministre des transports parce qu'il aime bien faire des blagues sur Hitler quand il est dans des voitures allemandes fin de citation d'Olivier Véran qu'est-ce que vous lui répondez ?
mais j'ai même pas envie de répondre à monsieur Véran je pense que les français sont fatigués d'être insultés en permanence par des gens qui ont des résultats économiques pitoyables qui en matière d'insécurité et d'immigration ont probablement le pire bilan de la décennie qui s'achève et qui manifestent à chaque fois qu'ils en ont l'occasion une forme d'outrance et de brutalité à l'égard des français et en réalité si on en est là aujourd'hui sur le texte immigration dont nous avons parlé au départ c'est parce que à force d'utiliser le 49.3 ils ont oublié qu'ils étaient minoritaires et je pense qu'ils payent aujourd'hui leur arrogance et leur dédain en permanence à l'égard des français moi je me pose une question c'est est-ce que les français est-ce que la France qui est probablement le plus beau pays du monde va se choisir enfin à la tête de l'état des gens qui les aiment qui les respectent et qui les considèrent
merci Jordan Bardella je précise qu'on a vérifié c'est bien un colissier de la liste de Maximilian Kras de l'AFD qui a prononcé cette phrase
et bien non la phrase qui avait été évoquée l'autre jour c'est celle de votre confrère il n'a pas été retenu sur la liste et encore une fois si une phrase de ce type a été tenue par un sous-responsable de canton de l'AFD je suis en désaccord évidemment avec cette phrase mais je ne suis pas l'avocat des allemands si vous me le permettez
merci Jordan Bardella
d'avoir été au micro d'interview
Jordan Bardella