Réquisitoire contre Marine Le Pen, France-Israël: l'interview en intégralité de Jean-Philippe Tanguy
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Vous regardez Tout le monde veut savoir et tout de suite, l'invité du jour. Alors que l'invité du jour est en train de rentrer sur ce plateau, il s'agit du député Rassemblement National de la Somme. Bonsoir Jean-Philippe Tanguy. Bonsoir. Merci d'être avec nous ce soir. On va bien évidemment parler dans un instant de la question de ces réquisitions du parquet, des réquisitions extrêmement lourdes, des conséquences politiques qu'elles sont susceptibles d'avoir puisque Marine Le Pen risque une peine d'inéligibilité qui pourrait d'ailleurs être immédiate avant même que la Cour d'appel puisse être statuée.
Mais juste avant, je voudrais vous interroger Jean-Philippe Tanguy sur ce qu'a dit le Premier ministre dans les colonnes de Ouest-France, Michel Barnier, qui dit qu'il utilisera probablement le 49-3 pour l'adoption du budget. Pas beaucoup de surprises, il n'a pas de majorité à l'Assemblée Nationale. Il n'empêche, la question est simple, si 49-3 il y a, ça veut donc dire que les oppositions peuvent déposer et voter des motions de censure, est-ce que vous allez censurer le gouvernement Barnier si donc il décide de faire voter ce budget par 49-3 ?
– Ça dépendra du texte qui arrive devant les députés. Le Sénat va reprendre le texte, on va voir qu'est-ce qu'ils font. Est-ce qu'ils suppriment la taxe de 6 milliards sur l'électricité ? Est-ce qu'ils suppriment le malus automobile ? Est-ce qu'ils suppriment la taxe sur les billets d'avion ? Effectivement, il y a beaucoup de sujets qui ne sont pas encore clairs aujourd'hui. Ce qui est sûr, et ce qu'on a dit à plusieurs reprises, c'est que Michel Barnier est sur la voie, sur le chemin, a choisi le chemin de la censure du Rassemblement National parce qu'il a trahi les promesses qu'il avait faites aux Français.
Il avait promis la justice fiscale, l'essentiel des mesures fiscales, touche les classes populaires et moyennes. Il avait promis la réduction des déficits. On a un déficit qui va être à 5,3 du PIB, qui est considérable. Il n'y a pas de rétablissement des comptes publics. Et, si j'ai envie de dire le pire, là-dedans, il n'a rien négocié. Il n'a rien négocié avec le Rassemblement National, il n'a rien voulu négocier avec la gauche. Bref, il a fait un budget minoritaire, volontairement, et il a laissé ses troupes saccagées et ridiculiser le Parlement.
Mais pour que les choses soient très claires, vous dites qu'il est sur le chemin de la censure. Les arbitrages, à quelques exceptions près, on les connaît. Laurent Wauquiez, encore il y a quelques jours, est allé au 20h de TF1 pour annoncer la disposition qui avait été décidée sur les retraites, avec une façon de préserver les petits retraités et une décision qui serait pour le coup moins positive pour ceux qui perçoivent une pension de plus de 2 500 euros. Une facture de 3 milliards. Oui, effectivement, 3 milliards d'euros d'économie qui sont faits sur les retraités. On connaît ces arbitrages.
Est-ce que, si ceux-là sont confirmés et vous sont soumis, est-ce que vous déposerez, est-ce que vous voterez une motion de censure ? Ce sera décité par le groupe, mais vous voulez absolument... Mais vous avez bien un avis, Jean-Philippe ?
Moi, à mon avis, je l'ai donné au Parlement à de nombreuses reprises. Ce budget est inacceptable pour les deux raisons que je vous ai dit. C'est de l'injustice fiscale et c'est un budget de faillite. Ce sera le 51e budget de déficit de faillite de la Ve République. Donc, si c'est un budget de faillite, vous le censurerez. Mais on nous prendra une décision en groupe. Mais ce qui est sûr, c'est que M. Barnier n'a absolument pas rempli ses promesses, y compris celles qu'il avait faites dans des journaux télévisés à grande écoute où il avait dit « mais non, je suis défierant, je ne serai pas Mme Borne, je vais négocier avec les oppositions, tatati tatata ».
Il n'a rien négocié, il a complètement disparu. Et ses députés n'ont jamais été présents. D'ailleurs, vous parlez de M. Wauquiez au passage, on l'a plus vu au 20h de TF1 qu'occuper son siège pour lequel il est payé 7000 euros à l'Assemblée nationale, où il n'a rien fait, rien dit. Il a été présent 6% du temps. Alors, lui qui passe son temps à parler de la Sistana et à dénoncer des gens qui ne travaillent pas assez, je propose qu'il soit payé 6% de son salaire. Ça nous fera quelques économies.
Donc, chemin de la censure pour Michel Barnier. Mais vous verrez, au fond, vous vous attendez de savoir ce que Marine Le Pen va décider.
Bien sûr, c'est la présidente de notre groupe et la présidente de notre famille politique. La chef de notre famille politique, vous le savez très bien. Ne jouez pas à votre tour l'étonné.
Je ne joue pas l'étonné, mais je constate que vous avez peut-être un avis, que d'ailleurs on pressent dans ce que vous dites, mais que vous préférez attendre de savoir ce que vont dire les chefs sur cette question de la censure ou pas. Ce mandat impératif décidé par Marine Le Pen.
Je n'ai aucune difficulté à obéir à Marine Le Pen.
Jean-Philippe Tanguy, parlons donc de ces réquisitions lourdes du parquet dans le cadre du procès des assistants parlementaires du RN. Peine d'inéligibilité pour tous les prévenus. Pour Marine Le Pen, les réquisitions montent à 5 ans de prison, dont 2 ans de prison ferme aménageable, 300 000 euros d'amende, 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, c'est-à-dire qui ne seraient pas suspendues par un éventuel appel. Vous avez dénoncé ce matin, je vous ai écouté attentivement, des réquisitions, je cite, quasi fanatiques. Je croyais, Jean-Philippe Tanguy, que la justice était trop laxiste, que les peines n'étaient pas assez lourdes. En fait, ça dépend de ce dont on parle, c'est ça ?
Elles sont injustes, c'est une justice injuste. Enfin là, il faut être honnête, M. Duhamel, on ne parle pas d'une justice, là on parle du procureur. Oui, des réquisitions du procureur. On parle des réquisitions du parquet, ce n'est pas la décision finale. C'est le ministère public. Absolument. Marine Le Pen et les autres prévenus vont pouvoir se défendre, leur prédoirie, donc nous ne confondons pas les réquisitions avec le délibéré et les condamnations, évidemment. D'autant plus que, comme nous savons que Marine Le Pen est parfaitement innocente de ce qu'on lui reproche, nous avons toutes les raisons de croire qu'elle peut convaincre les trois juges de dédire les réquisitions.
Comme d'ailleurs c'était le cas dans l'affaire de M. Béroud et du Modem, les réquisitions étaient beaucoup plus dures que la sentence finale. Et M. Béroud n'a pas écopé de peine d'inimigibilité ou de peine de prison ferme. Donc j'espère qu'on suivra cette voie-là. J'ai parlé de réquisitions quasi fanatiques, car on est dans une outrance totale où les procureurs ont choisi la démesure, ont choisi l'extrémisme pour cacher un dossier totalement vide. Entendez M.
Duhamel quand même hier, d'ailleurs devant vos confrères journalistes, que la procureure à un moment, devant un prévenu RN qu'elle savait innocent et dont elle n'avait rien à reprocher, dire vous ne pouvez pas demander la relaxe, c'est-à-dire le rendre innocent, l'innocenté, parce que ça me ferait trop mal.
Jean-Philippe Tanguy, pour être très précis, ça c'était dans le cas d'espèce de Jean-François Jal, avec effectivement cette phrase qui a été prononcée. Ça donne une ambiance quand même. Oui, mais simplement, ça m'interprète Jean-Philippe Tanguy. Et on reviendra dans un instant sur la question du discours consistant à dire systématiquement que la justice est trop laxiste. Mais par contre, quand ça vous concerne, là, elle est au contraire trop sévère. Vous dites un dossier totalement vide. Mais je sais que vous étiez hier dans le tribunal pour, au fond, soutenir Marine Le Pen.
Mais tous ceux, notamment ici à BFM TV, qui ont chroniqué, suivi l'audience pendant ces longs jours où, effectivement, un certain nombre de prévenus étaient auditionnés, ont vu des choses dans le dossier. Je vais vous citer un exemple. Par exemple, votre collègue Julien Audou, le député, qui, quatre mois après avoir été embauché au Parlement européen, avait demandé à Marine Le Pen à faire connaissance avec la députée européenne à laquelle il était rattaché. Ça, c'est pas du vide. Vous pouvez, effectivement, Jean-Philippe Tanguy, contester l'interprétation qui est faite par le Parlement européen à ce que vous reproche la justice. Mais ça, c'est pas du vide.
Non, mais c'est-à-dire qu'il y aurait une procédure depuis dix ans qui implique des moyens considérables de mettre en cause le principal parti d'opposition parce que Julien Audou l'a envoyé un SMS. C'est pas le seul, Jean-Philippe Tanguy. Mais si, c'est parce que le seul, on tourne en rond sur les mêmes exemples. Vous savez, moi, ça fait dix ans aussi, je fais de la politique, un peu plus. On tourne en tout sans cesse sur les mêmes exemples. J'allais vous dire après, Thierry Léger, on tourne en boucle. Après, Thierry Léger, on tourne en boucle. Payé par le Parlement européen. Mais ça n'a pas été contesté. La capacité de M.
Léger à faire le métier qu'il faisait en tant qu'assistant parlementaire n'a pas été contestée. D'ailleurs, moi, j'ai entendu, hier, on a tourné dix heures.
Mais il n'était pas assistant parlementaire, il était garde du corps.
On a tourné dix heures sur ce sujet-là. Parce que le dossier est tellement pipeau et bidon qu'ils sont obligés de couvrir cela par le bruit et la fureur et l'excès. Et au final, personne ne comprend rien à ce dossier. De toute façon, d'ailleurs, les Français, on le voit bien. On le voit bien dans votre couverture. On le voit bien dans les retours terrain qu'on a. Les Français n'ont jamais adhéré au fond de ce dossier. Ils ne considèrent pas du tout qu'il y a un problème. Et donc, le seul moment où on parle de ce procès, c'est des réquisitions complètement dingues. La justice n'est pas trop laxiste. La justice est complètement inadaptée à la situation.
C'est-à-dire que face à des violeurs, face à des gens dangereux, on a des réquisitions très faibles qui ne correspondent absolument pas à l'attente des Français. Il faut-il rappeler que la justice est rendue au nom du peuple français et pas au nom de la caste judiciaire. Et quand il s'agit de certaines forces politiques, c'est toujours à charge, jamais à décharge. Je donne un exemple. Excusez-moi, ça n'a pas fait beaucoup de cas. En tout cas, hier, selon les procureurs, ça n'avait aucun intérêt. Il a été démontré pendant la procédure que le Parlement européen avait produit des faux. Ça a fait l'objet d'un article du Monde qui, à mon avis, aurait dû être quand même plus relayé.
Et bien, résultat quoi ? Rien. Donc le fait que le Parlement européen, qui jugeait parti dans cette affaire, puisque les Français ne se rendent pas compte de ça, puisqu'ils ne sont pas au courant, on ne les met pas au courant, le Parlement européen, dans l'affaire qui vise Marine Le Pen, comme celle qui a visé M. Bérou, est à la fois le plaignant, l'enquêteur et le juge.
Alors là, pour que je sache, le parquet, les juges qui vont décider de la culpabilité ou non des prévenus, n'appartiennent pas au Parlement européen ?
Mais il s'est passé quelque chose avant. Vous savez que Marine Le Pen a été contrainte de rembourser des sommes avant que la justice française... Mais là, dans le cas d'espèce, la justice française n'est pas liée d'une façon d'une autre. C'est pourquoi elle a remboursé ses sommes, M. Duhamel ? C'est bien parce qu'une autorité l'a contrainte. Cette autorité qui l'a contrainte, c'est celle qui était à la fois plaignante et enquêteur. C'est contraire à la Convention européenne des droits de l'homme, mais c'est contraire à tous les principes de la justice européenne, évidemment.
Et dans le cas d'espèce, il y a toutes les voies de recours possibles pour contester. Et on imagine que Marine Le Pen le fera. Votre collègue, c'est le député Sébastien Chenu, a parlé d'un parquet au service d'une mission politique. Le mot mission politique, l'expression est importante. Une mission politique au service de qui ? Est-ce que c'est le gouvernement ? Est-ce que ce sont les opposants de Marine Le Pen ? C'est quoi ? Il y a une sorte de complot ourdi contre le Rassemblement national pour faire chuter Marine Le Pen et les autres prévenus ? Mais c'est un système.
C'est qui le système ? Qui agite ce système ? Ah, mais vous savez, moi je suis très à l'aise, parce que j'ai toujours donné une définition assez claire de ce que nous appelons le système, qui correspond exactement à la situation actuelle. C'est quand les institutions de la République ne sont pas utilisées pour le service des Françaises et des Français, mais pour le service des gens qui occupent ces postes, et pour la préservation d'un certain nombre d'intérêts. Mais quels intérêts, Jean-Philippe Tanguy ? Mais vous l'avez dit vous-même, nous considérons que la justice ne fonctionne pas bien en France. Mais attendez, Jean-Philippe Tanguy, Donc l'arrivée au pouvoir, l'arrivée au pouvoir,
Juste, pêle-mêle, une liste de responsables politiques qui ont été condamnés à une peine d'inéligibilité, ou une peine avec sursis. François Fillon, de droite, Nicolas Sarkozy, de droite, Patrick Balkany, Jean-Noël Guérini, de gauche, Jean-Christophe Cambadélis, de gauche, Alain Griset, ancien ministre macroniste, des responsables du Modem. Le système s'en prendrait de façon indéterminée à des gens de droite, de gauche, du centre. Il n'y a pas de mission politique là, si toutes ces personnes-là sont condamnées à de l'inéligibilité ou de l'inéligibilité avec sursis.
Vous avez l'air très content de votre coup, mais la fin n'a rien à voir. Je ne suis pas content du coup, c'est une liste factuelle. Vous parlez de gens qui ont eu de l'enrichissement personnel. Tous les cas que vous citez là, c'est des cas d'enrichissement personnel et ou d'ampleur fictif. Les procureurs eux-mêmes reconnaissent qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel, qu'il n'y a pas d'ampleur fictif, et c'est un désaccord sur l'utilisation du règlement intérieur. C'est ce que dit le parquet, détournement de fonds publics. Non, ils n'ont pas réussi à caractériser ça pour le moment. C'est la justice qui le dira.
Ce qu'ils disent eux, c'est que des assistants parlementaires européens ont été utilisés d'une manière différente qu'on l'en ferait avec les assistants parlementaires français. Je ne suis pas sûr que nos compatriotes considèrent que c'est un crime épouvantable qui mérite 5 ans de prison, dont 2 ans fermes, comme si Marine Le Pen avait tué des gens.
Il y a un principe assez simple. Marine Le Pen et les prévenus sont présumés innocents, puisqu'il ne s'agit simplement que des récultions du procureur. Et on l'a dit dès hier soir sur ce plateau, et il faudra de toute façon attendre. Il y aura ensuite un éventuel appel et une éventuelle cassation. Mais vous voyez bien, les responsables politiques qui sont condamnés, ils ne sont pas du Rassemblement National de Droite de Gauche. Donc pourquoi expliquer que la justice a une mission politique ? Puisque de fait, elle condamne des gens de tout le spectre politique.
Mais parce que là, elle cherche à condamner une personne innocente, et des personnes innocentes évidemment. Là, on parlait de gens dont les faits ont été avérés, le détournement. Mais le détournement, le récissement personnel de M. Fillon, parce qu'il a employé sa femme, il est caractérisé. Le fait qu'il ait reçu des costumes, il est caractérisé. Le fait que l'affaire Big Malion avec M. Sarkozy, il y ait eu un détournement d'argent, il est caractérisé. Ça n'a rien à voir avec l'affaire de Mme Le Pen ou du Rassemblement National aujourd'hui. Absolument rien à voir. Donc vous me donnez des exemples qui ne sont pas du tout comparables.
Et dans le cadre du Modem, il est condamnés sur l'inéligibilité ? Mais M. Bérou, il n'a pas été...
Pas de François Bérou, mais d'autres prévenus, eux, ont été condamnés pour certains des peines d'inéligibilité. Vous ne croyez pas ce qu'il y a à dire ?
C'était exactement le même sujet, avec des sommes qui étaient dix fois inférieures. Vous avez parfaitement raison, M. Duhamel. Et j'ai à plusieurs reprises depuis six mois dénoncé le fait que le Parlement européen...
Mais donc c'était le système qui s'en prenait aux membres du Modem ?
Parce que le Modem est un parti anti-système. Ah. Oui. M. Bérou, qui gouverne depuis sept ans. M. Bérou a toujours dénoncé un certain nombre d'abus des oligarques du régime. Il a dénoncé la privatisation des autoroutes. Il a dénoncé un certain nombre de comportements de grands médias à l'époque. C'était TF1. Donc François Bérou est anti-système ? Oui, absolument. Il a toujours été du côté de la représentation de la démocratie. Il a régulièrement aidé les opposants politiques à avoir leur parrainage aux présidentielles quand on voulait nous couper le sifflet. Il a régulièrement été un des seuls à défendre avec nous la proportionnelle.
François Bérou, pendant longtemps, a toujours été une force anti-système, y compris en tant que fédéraliste européen, un opposant à la corruption qui gangrène le Parlement européen. Or, c'est bien ça. Le Parlement européen a désigné comme adversaire dans cette affaire les insoumis de M. Mélenchon, M. Bérou, Modem et le Rassemblement national, car ce sont trois forces politiques qui, au-delà de toutes leurs différences sur le fond, sur la forme, ont lutté contre la corruption du Parlement européen, contre la corruption de la Commission de Bruxelles et contre le détournement de l'idéal européen.
Donc oui, on est exactement dans l'anti-système et la lutte des gens courageux contre des oligarques qui ne visent qu'à préserver leurs intérêts et une caste qui ne veut pas de l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national car oui, l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national, ce sera la justice exercée au nom du peuple français.
– Jean-Philippe Tanguy, continuons à rester sur les faits, puisque vous dénoncez une caste judiciaire, une oligarchie qui déciderait et qui voudrait mettre Marine Le Pen à l'index du débat démocratique. Si on prend très précisément la question de l'inéligibilité, depuis la loi Sapin 2, toute personne condamnée pour détournement de fonds publics est automatiquement déclarée inéligible, sauf s'il y a motivation spécifique de la part des juges. Là encore, cette loi, vous avez pu la combattre, vous n'étiez pas parlementaire à l'époque, c'était en 2016, elle a été votée par le Parlement, au nom du peuple français. Là encore, ce n'est pas un je ne sais quel complot, c'est le droit.
S'il y a condamnation pour détournement de fonds publics, il y a inéligibilité.
– Mais il n'y a pas détournement de fonds publics, je vous renvoie à une tribune que j'ai eu l'occasion de lire juste avant de rentrer sur votre plateau, de M. Chetel. – Est-ce que je peux finir le raisonnement, M. Biamel ? Il n'y a pas de détournement de fonds publics. Vous m'interrogez sur une loi qui est interprétée par la justice française, non pas selon la loi décidée par les parlementaires français, mais selon une jurisprudence.
C'est ce qu'il explique très bien ce soir dans le Figaro, l'ancien secrétaire du Conseil constitutionnel, excusez-moi, c'est quand même pas rien, qui explique que l'interprétation du détournement de fonds pour les assistants parlementaires n'est absolument pas liée, même dans les affaires que vous avez citées précédemment avec M. Fillon, qui est très différente de celle de Marine Le Pen en gravité et sur le fonds, est une interprétation jurisprudentielle. Ce n'est pas la loi telle que l'osé les parlementaires. Vous retrouverez ces informations dans la tribune qu'ils publient dans le Figaro. C'est l'ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel qui le dit.
– Il peut y avoir des avis de Jean-Éric Chetel ou autres. Il y a ce qui a été du moins montré à l'audience, c'est-à-dire… – Oui, mais vous n'y étiez pas non plus, n'exagérez pas. – Non, mais ça a été raconté notamment par notre reporter Sophie Dupont, – Je suis très attentif à leur reportage. – À toutes les journées, Vincent Fortigame du service de police et de justice. Donc sur les récits d'audience qui a été démontré, c'est une sorte de système qui permettait aux partis d'être financés grâce à de l'argent qui venait du Parlement européen. Donc vous pouvez considérer que ce n'est pas des détournements de fonds publics. Et encore une fois, la justice se prononcera.
– Absolument, donc ce n'est pas démontré si la justice va encore se prononcer.
– On verra quand la décision de justice aura été rendue.
– Par ailleurs, oui, d'accord, on verra. Donc il faut mettre au conditionnel, pas au présent de l'indicatif.
– Je racontais ce qui avait été, comment dire, expliqué à l'audience par effectivement ces divers témoignages. Je voudrais qu'on avance.
– Non mais juste, je peux répondre sur le fait que ce soit un système. Il y a 13 assistants parlementaires de mémoire mis en cause sous les 20 ans qui sont enquêtés dans cette affaire. Il y en a eu plus de 200. Donc si vous voulez, un système qui concerne… – Et les montants, c'est combien ? – Non mais d'accord, mais un système, c'est systématique. Donc si le systématisme concerne même pas 5% des effectifs, on est loin d'un système.
– Et plus de 4 millions d'euros en jeu.
– Ça, ce n'est pas démontré. Vous me dites qu'il y a un système, donc un système, c'est systématique, qu'il y ait une dizaine d'assistants parlementaires dans un système qui donc exclut 95% des assistants parlementaires, on est déjà très loin du système.
– Je voudrais vous montrer une archive. Nous sommes le 9 février 2004, et écoutez, femme que vous connaissez bien, une certaine Marine Le Pen.
– Tout le monde a piqué de l'argent dans la caisse, sauf le Front National, et on trouve ça normal ? Oh mais non, ce n'est pas très grave, à la limite, les Français en ont marre, mais les Français n'ont pas marre d'entendre parler des affaires, ils en ont marre qu'il y ait des affaires, ils en ont marre de voir des élus, je suis navré de vous le dire, qui détournent de l'argent, c'est scandaleux. Parce que je vais vous dire, avec tout cet argent, ce qu'on aurait fait, en termes de Restos du Coeur, en termes d'opérations pièces jaunes, c'est combien d'opérations pièces jaunes, tout l'argent qui a été détourné par les élus ?
– Si les prévenus sont condamnés, cet argument ne sera plus valable ? – Bien sûr que si, il sera toujours valable,
mais oui, parce que ça ne parle pas du tout de la même chose, là on parle de sommes qui étaient destinées aux personnels engagés par des députés à ce moment national, là on ne parle pas du tout de l'affaire avec M. Copé, les affaires du RPR, les affaires du Parti Socialiste, qui étaient du détournement de fonds caractérisé, qui était l'utilisation, qui était de la corruption, qui était des valises de lier,
– Mais non, vous n'avez pas écouté ce que je vous ai dit
sur les informations, là ce n'est pas l'interprétation, que donne M. Schottel, c'est factuel. – M. Schottel n'est pas juge. – On parle, il était secrétaire général, il était juge des juges, de ce que vous-même vous appelez régulièrement les sages, parce que d'ailleurs je ne le reconnais pas, mais vous ne pouvez pas d'un côté dire qu'ils sont sages quand ça vous arrange, et qu'ils ne sont pas sages quand ça ne vous arrange pas. Ce que je veux dire par là, c'est que ce n'est pas du tout la même affaire.
Donc ce n'est pas parce que cette vidéo tourne sur les réseaux sociaux depuis deux jours par la gauche, – Non mais ce n'est pas ça Jean-Philippe, c'est que vous avez été tellement sévère pendant des années avec ce slogan,
« Mains propres, tête haute, jure », le fait que vous étiez le seul parti à faire propre de probité si vous êtes condamné avec ce qui a été effectivement exprimé à l'audience, ce sera plus difficile de continuer à tenir cet argumentaire.
– Mais nous avons les mains propres, et nous avons la tête haute, nous allons gagner ce procès, et nous gagnerons, si malheureusement les juges ne suivent pas la vérité, en appel et en cassation, nous avons toujours les mains propres, nous aurons toujours la tête haute, et moi je vois l'énergie, la force de Marine Le Pen en 2004 est strictement la même qu'en 2024, il y a encore beaucoup de travail pour vaincre la vraie corruption, pour vaincre des gens qui détournent les institutions à leur seul profit, comptez sur nous, en tout cas nous c'est sûr qu'on n'aura jamais la tête basse, parce que nous n'aurons jamais les mains sales.
– Jean-Philippe Tanguy, sur les conséquences politiques d'une éventuelle condamnation, donc à une peine d'inéligibilité, avec exécution provisoire, ce sont les réquisitions du parquet, ça voudrait dire que Marine Le Pen ne pourrait pas être candidate en 2027, dans ce cas-là, Jordan Bardella est le candidat de remplacement pour votre famille politique ?
– Il n'y a pas de candidat de remplacement à Marine Le Pen,
puisque Marine Le Pen ne sera pas condamnée, puisqu'elle est innocente. – Même s'ils arrivent à se débarrasser de Marine Le Pen, ils n'arriveront pas à se débarrasser de Jordan, et je m'en réjouis. – Oui. – Qui a dit ça ? – Marine Le Pen, mardi soir j'étais là. – Donc si elle dit ça, ça veut dire qu'elle envisage bien la possibilité d'être empêchée, auquel cas Jordan Bardella sera le candidat édouan.
– Mais Marine Le Pen a toujours anticipé le fait qu'un parti politique devait exister en dehors de son leader, sa grande force, peut-être d'ailleurs, parce que c'est une femme et pas un homme, et qu'elle arrive à envisager le pouvoir en dehors de sa personne, ce qui fait d'ailleurs une force considérable pour être légitime à gouverner notre pays. Mais nous ne mettons pas dans la perspective de donner raison à ceux qui nous accusent de choses que nous avons fait. – Il fait un bon candidat à l'élection présidentielle, Jordan Bardella ? – Mais Jordan Bardella est évidemment un bon candidat, puisqu'il devait être Premier ministre dans un binôme avec Marine Le Pen.
– Donc il fait un bon candidat à l'élection présidentielle ?
Écoutez, c'est évident que les qualités de Jordan Bardella ont fait qu'il est président du Rassemblement national. Mais vous voulez absolument nous mettre dans un piège, qui est d'ailleurs le piège de ses réquisitions. Le piège de ses réquisitions, par leur outrance, une fois plus par leur quasi-fanatisme, c'est aussi de fragiliser la force de Marine Le Pen dans l'électorat, en faisant croire qu'elle serait affaiblie, et que donc peut-être il faudrait la remplacer. Donc permettez-moi, M. Duhamel, de ne pas me mettre dans ses perspectives et de considérer que Marine Le Pen n'est ni affaiblie, ni fragilisée, qu'elle est d'autant plus forte.
Et une fois plus, c'est la candidate naturelle de notre force politique, n'en déplaise à ceux qui voudraient ne plus la voir aussi combattir.
– Mais vous dites, Jordan Bardella serait un bon candidat. Un tout dernier mot sur la façon dont des images ont pu apparaître au même moment, au moment où les réquisitions du parc étaient tombées. Jordan Bardella était en train de signer son livre « Ce que je cherche » à Bruxelles. C'est, comment dire, ça tombe mal ?
– Pas du tout, tout cela était prévu. Nous savions très bien que les réquisitions étaient ce jour-là, nous savions très bien que Jordan Bardella lançait son livre. Nous n'allons pas suspendre notre activité politique, nous n'allons pas suspendre notre combat politique, parce que nos opposants politiques ont décidé de faire une petite cabale pour nous décrédibiliser. Donc nous continuons, nous sommes auprès des Français, nous serons dans les usines, nous serons dans les chiens auprès des agriculteurs, contre la crise sociale, pour dénoncer ce mauvais budget. Nous serons toujours là pour les Français et Marine Le Pen en première ligne. – Merci Jean-Philippe Tanguy d'avoir été là.
– Merci à vous.
Jean-Philippe Tanguy