François Patriat : "Pas d'interdiction de pesticides sans remplacement" - Vidéo
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Bonjour François Patria, merci beaucoup d'être notre invité, sénateur de la Côte d'Or, président du groupe RDPI, renaissance au Sénat, vous allez quitter le Sénat dans quelques semaines après près de 20 ans ici dans la Chambre haute, on va revenir sur vos 20 ans, vous avez choisi de ne pas vous présenter aux prochaines sénatoriales et s'il ne devait rester qu'un macroniste ce serait sûrement vous François Patria. Non il y a un groupe encore. Oui toujours en marche après deux quinquennats on va en parler, interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche, bonjour Christelle.
Bonjour Fabienne, bonjour François Patria. D'abord on va revenir sur l'actualité de cette nuit au Sénat, François Patria et le retour de la loi Duplon, les sénateurs qui ont voté la réintroduction des pesticides interdits en France depuis plusieurs années mais autorisés ailleurs en Europe, je dis retour de la loi Duplon parce qu'elles étaient contenues dans cette loi et le Sénat les a réintroduits dans le projet de loi d'urgence agricole qui est examiné en 2020.
En ce moment au Sénat, est-ce que c'est un vote qui fait fi de toute considération écologique ? Pas du tout, je pense que d'abord ce texte aujourd'hui va porter, on va bien parler que de cet article là, il n'y a pas que ça dans ce texte, il y a beaucoup de choses que défend je crois avec beaucoup de talent madame la ministre de l'agriculture, je pense que les agriculteurs, moi je les vois tous les jours, je les connais, j'habite parmi eux, il y a non pas seulement un principe de ras-le-bol face aux normes
mais aussi face à toutes les déclarations qu'ils ont à faire et c'est vraiment aujourd'hui pour eux la complexité est une réalité quotidienne. Mais là sur les pesticides, on sort d'une canicule qui a remis les questions écologiques sur le devant de la scène et durement, il y a des morts, il y a des hôpitaux saturés, pourquoi avoir voté la réintroduction des pesticides ? Est-ce que vous n'êtes pas un peu à rebours de ce que doit être l'avenir ? Non, je crois que c'est pour marquer un coup d'arrêt à des interdictions.
Remplacement, je crois que le chef de l'État l'avait dit, pas d'interdiction sans remplacement, or il est arrivé que certaines cultures, tant qu'il n'y en a pas, les autres le feront, les autres le feront. Et peut-être que tant qu'il n'y a pas d'interdiction, il n'y a pas de solution de remplacement, c'est peut-être aussi cette logique là qui est en oeuvre. Alors s'il n'y a pas de solution de remplacement, faisons disparaître le colza des zones intermédiaires, il n'y en aura plus et on apportera du colza d'Europe de l'Est totalement traité, voilà, il n'y en aura plus.
Aujourd'hui il faut un minima, ce sera comme ça. Pour beaucoup de productions, j'ai vu des agriculteurs, des céréaliers me dire, je ne vais plus pouvoir cultiver, je ne vais plus pouvoir cultiver, on va arrêter. Et bientôt on retrouvera de la jachère sur ces terres-là. Donc je pense que, je crois qu'ils sont utilisés avec beaucoup de précaution et qu'ils ne s'utilisent pas quand ils n'en ont pas besoin. Si aujourd'hui le besoin se fait sentir parce qu'il y a une attaque d'altise sur le colza, je prends ça, mais c'est vrai pour les noisetiers, c'est vrai pour les cerisiers, regardez, pour les cerisiers on l'a interdit.
Qu'est-ce qu'on fabrique comme cerise en France aujourd'hui ? Toutes les cerises viennent d'Europe de l'Est, toutes traitées, avec le produit interdit en France. Est-ce que c'est plus intelligent ? Est-ce que c'est mieux à même pour le territoire que ça ? Excusez-moi mais l'acétamiprine a réuni une pétition qui a réuni plus de 2 millions de signatures, ça veut dire qu'on s'assoit dessus, on fait comme si cette pétition n'avait pas existé ? Les 2 millions qui ont cité sont-ils des ruraux ? Sont-ils des agriculteurs ?
Mais c'est quoi ? C'est un clivage urbain ruraux pour vous ? Comment ? Pour vous c'est un clivage urbain ruraux ? Non mais bien sûr, en l'occurrence beaucoup, je pense que, allez regarder où est le vote écologiste aujourd'hui, il est en ville, je ne suis pas anti-écologie, il a défendu bien les mesures, je l'ai fait avec responsabilité, je suis scientifique de formation, je l'entends bien, mais regardez, oui c'est un vote... Mais en admettant que ce soit un vote urbain, ce qui n'est pas du tout prouvé, ce n'est pas pour ça que les gens ne sont pas intéressés par ce qu'ils mangent et la manière dont c'est cultivé, ils ont aussi le droit de donner...
Alors les gens, ils ne sont pas à une contradiction près, les gens ils voudraient manger le plus sain possible, le plus noble possible, ils ne mangeaient pas cher, ils ne mangeaient pas cher, c'est trop cher. Bon, alors on fait comment ? On fait comment ? Donc il y a une responsabilité du consommateur en fait ? Il y a une responsabilité du consommateur pour vous ? Bien sûr qu'il y a une responsabilité de tous, je crois qu'on a supprimé beaucoup de molécules aujourd'hui, il y a un sujet sur lequel je suis très inquiet aujourd'hui, c'est le cadmium, oui sur le cadmium il faudra intervenir dessus, parce que je pense qu'il est dedans des arguments qui plaident en faveur de vraiment d'un traitement...
Est-ce que vous craignez que ce vote et cette réintroduction des pesticides cette nuit bloquent l'avenir du projet de loi d'urgence agricole ? Ça va retarder ? Il y aura une commission mixte paritaire. Mais c'est une ligne rouge pour vous la réintroduction des pesticides ? Non, je pense que le Sénat... Parce que ça fait des barres, ça va peut-être parcoïrer la majorité. On va sortir des politiques bloquées et stériles. Le Sénat a une position autour de la loi du plomb, je ne suis pas d'accord avec l'ensemble de la loi du plomb du tout, je pense qu'il a des coups de colère, parfois il est réactionnaire, mais il y a une forme de bon sens malgré tout dans ce que vivent aujourd'hui le monde agricole, ce que vivent les paysans face à leur complexité,
le problème des méga-bacines est le même. Regardez, aujourd'hui, on a du mal à faire des légumes en France. Qu'est-ce qu'a fait l'Espagne ? L'Espagne a fait des méga-bacines. Elle en a fait. Et sans les considérations qu'on a en France, sans les oppositions. Et qu'est-ce qui nous fournit aujourd'hui ? L'Espagne. Voilà. Christelle, sur les méga-bacines. Sur les méga-bacines, quand même, justement. Là, on sort d'une canicule, on en annonce une pour la semaine prochaine, les sols sont complètement asséchés. Or, les méga-bacines, tout l'hiver, vont aller pomper dans les nappes phréatiques, les vider.
Les méga-bacines, elles sont remplies avec le surplus d'eau qui coule trop vite et par abondance. Elles sont remplies comme ça. Les méga-bacines ne vont rien chercher dans les nappes. Jamais, jamais, jamais. Et jusqu'à jamais, les méga-bacines, on récolte l'eau qui ruisselle, qui ruisselle maintenant, de façon anachronique, violemment, violemment, trop violemment, et elle est perdue. L'eau s'en va, elle ruisselle, elle va à la mer. Donc, aujourd'hui, on la stocke à ce moment-là. Les retenues culinaires, je suis favorable aussi parce que je vois bien, vous savez, le monde de l'élevage. Je vis dans le monde de l'élevage aujourd'hui. Je vois les éleveurs qui, du matin au soir, vont porter de l'
eau dans les prés. S'il n'y a pas de réserve en eau, parce qu'il y a des territoires où il n'y a pas de réserve d'eau, vous allez bien, ils font des dizaines de kilomètres pour alimenter leurs bêtes. Il faut demain avoir des retenues culinaires et des méga-bacines. Les méga-bacines suscitent aussi une opposition même de la part du MEDEF qui craint une appropriation de l'eau par les seuls agriculteurs. Est-ce qu'il ne faudrait pas un grand débat en France sur l'eau, comme la ministre de l'Environnement l'a proposé, pour savoir comment se répartit l'eau et puis surtout comment on préserve les réserves d'eau ?
Je ne vois pas vraiment l'utilité des grands débats. J'en ai connu beaucoup. Mais ce qui est normal, c'est que les agriculteurs... Non mais je ne parle pas de celui-là. Qu'est-ce que c'est des grands débats ? Celui-là, ce grand débat-là, c'était un débat sur l'ensemble de la vie. Mais je parle des débats thématiques qu'on organise comme ça aujourd'hui, même ce qu'on conseille, ce que j'ai siégé aussi au Conseil économique et social. Je l'ai vu. Non, je pense qu'en l'occurrence, il y a besoin de stocker l'eau quand elle coule, parce que le problème des nappes cette année n'était pas un problème.
Non, il n'y a pas un problème. Il faut stocker l'eau pour pouvoir la réutiliser. Mais c'est normal que les agriculteurs s'approprient l'eau de cette manière, via les mégabassines ? Non mais écoutez, ils ne s'approprient pas l'eau. Ils utilisent l'eau dont ils ont besoin. L'eau, elle ne va pas toute à l'agriculture quand même. Il me semble que sur les milliards de mètres... Mais pourquoi le MEDEF s'inquiète alors dans ces cas-là ? Je ne sais pas. Je découvre que le MEDEF aujourd'hui s'inquiète, c'est bien.
François Patria, c'est... Les entreprises qu'ils faisaient, ils ne s'inquièteraient pas. Ça veut dire quoi ? Qu'eux, ils s'intéressent à l'économie et pas à l'écologie ? Non, pas du tout. Chaque syndicat s'intéresse à ses adhérents. Ce projet de loi, il est censé répondre à la colère du monde agricole qu'on voit et que le gouvernement, les gouvernements successifs n'arrivent pas à enrayer. D'où ce texte d'urgence agricole. Est-ce qu'il répond vraiment aux difficultés des agriculteurs ou est-ce que c'est un texte de lever des contraintes ?
Non, c'est un texte supplémentaire. Il y en a eu plusieurs. Il y en a eu l'année dernière déjà. C'est un texte, à mon avis. Qui apporte des solutions, quelques solutions, des choses intéressantes, pour voir autour du foncier encore ce qui pourrait être fait aujourd'hui. Je pense qu'il faut surtout... Alors là, ce n'est pas vraiment un grand débat, c'est une réflexion sur l'avenir de l'agriculture dans notre pays. Est-ce que le modèle d'agriculture familiale, tel qu'il était conçu dans les années 70, Pisani, sans suite, sous Jacques Chirac, est encore viable aujourd'hui ?
Est-ce que la mécanisation, est-ce qu'aujourd'hui, les modes de production sont changés ? On parle du climat. Pourquoi aujourd'hui la difficulté existe sur les céréales ? La Russie va produire 100 millions de tonnes, 100 millions de tonnes de blé. Vous vous rendez compte ? C'est-à-dire qu'avant, elle en produisait, elle importait du blé de l'Europe. Maintenant, elle va en exporter partout et elle fait baisser les prix. Eux, ils bénéficient du changement climatique. Parce qu'aujourd'hui, ils n'ont plus le gel, ils n'ont pas autre chose.
Donc aujourd'hui, nous, si eux bénéficient de ce blé-là et que nous, on n'est pas capables de lutter intelligemment contre, et contre les risques sanitaires, sur les risques sanitaires, alors l'agriculture est en danger. – François Patria, on sort d'une canicule. – Une canicule terrible qui a affecté aussi les cultures, qui a affecté les agriculteurs. Est-ce que vous souhaitez que le gouvernement aide ces agriculteurs ou on n'a pas les moyens de le faire ?
– Je pense que le gouvernement, quel qu'il soit, a toujours aidé les agriculteurs. – Mais là, est-ce qu'il faut des mesures spécifiques, post-canicule ? – Écoutez, s'il y aura sans doute des mesures, si, il faut par exemple donner de la nourriture aux bétails, beaucoup. Par contre, je pense que là, il faudra sans doute, pour les éleveurs, je le dis, s'il y a des mesures spécifiques à prendre, il faudra les prendre. Et elles seront. – Compris, le gouvernement les prendra.
Je suis plus inquiet pour le végétal. Pour le végétal aujourd'hui, où les contraintes ajoutées au changement climatique mettent en péril des agri... des céréales en France. C'est ça. Et là, c'est pas des aides qu'il faut. C'est trouver aujourd'hui quelles sont les solutions de remplacement. On voit bien que la vigne monte maintenant dans le territoire français à côté, qui ne montera plus haut demain, que l'Angleterre se pose... qui va en faire demain.
Donc, c'est plutôt sur l'avenir pérenne. – Ça veut dire quoi ? Il faut une réflexion globale sur les types de cultures qui vont être plantées en France. – Et sur les structures. Et sur les structures aujourd'hui. On ne peut pas installer un agriculteur demain sur une petite surface, sur 30-40 hectares. Il n'aura jamais les moyens de la mécanisation, des investissements. – Il faut agrandir les structures. – Et on en fera un agrédif à vie. – François Patria, on est à 10 mois de la présidentielle.
Qui vous soutenez ? – Moi, je soutiens une stratégie. Je pense qu'aujourd'hui... Ce que je soutiens, c'est que la prise de conscience doit se faire. Et je vois que certaines personnes politiques, la présidente du FMI aujourd'hui va le faire, voudraient faire prendre conscience en français. Les Français sont-ils prêts à élire un président d'extrême-gauche ou d'extrême-droite ? Sont-ils prêts ? Se rendent-ils compte du danger aujourd'hui ? Des dangers, j'allais dire, pour l'économie,
des dangers pour la vie quotidienne, des dangers... Est-ce qu'ils sont prêts ? Je n'ai pas le sentiment qu'aujourd'hui, ils en sont prêts. Ils ont pris vraiment conscience. J'aimerais mieux que cette prise de conscience... – Vous parlez du président de votre famille politique, Gabriel Attal, à part ajouter un nom à la liste des candidats. Vous avez l'impression qu'il a pris conscience ? – Je ne vais pas poser la question suivante. Je reste sur ma question.
Moi, je pense qu'il fallait qu'aujourd'hui, qu'il faudrait que les gens qui appartiennent au parti républicain classique... Ici, dans cet hémicycle, je m'exprime depuis 10 ans à faire en sorte qu'on sorte du vieux combat gauche-droite. Le combat n'est plus gauche-droite. Le combat, il est extrême-droite-extrême-gauche. Et dans cet hémicycle, et dans les partis politiques classiques, on fait comme s'il y avait un climat gauche-droite-socialiste contre le républicain.
– Mais ce n'est pas le résultat du « en même temps », tout ça, il ne faudrait pas dire. Est-ce que ce n'est pas Emmanuel Macron et son « en même temps » qui ont renforcé les extrêmes ? – Non, pas du tout. Moi, j'étais toujours pour... Vous savez, il y a longtemps que je suis pour le « en même temps ». Pas le « en même temps », que je suis pour le dépassement. J'ai voté dans ma vie, parce que je pensais que les hommes comptaient plus que d'autres, pour des gens qui n'étaient pas de mon camp politique,
pour les faire élire. Le dépassement politique, pour moi, c'est une règle saine aujourd'hui. Même Gilles Stardestin avait raison, il disait « deux Français sur trois ». Je pense que vouloir rester dans son couloir, clannique, en disant « allez, on va rétablir le combat gauche-droite », c'est fini. – Ça veut dire... – Allez-y, allez-y. – Non mais, je voulais finir. Donc je pensais que pour faire ce débat, il faut déjà que les partis républicains puissent s'entendre sur une plateforme commune.
Je ne dis pas un programme, mais une plateforme commune. Et que... À l'automne, on verra, septembre, octobre, c'est la bonne date à mon avis, on choisit celui qui serait le mieux à même de le porter. Ça n'est pas la méthode qui a été suivie. Chacun des candidats aujourd'hui est dans son couloir de droite. – Pour qu'on comprenne bien ce que vous dites, quand vous dites une plateforme commune, ce serait DLR au Parti Socialiste, inclus ces deux partis ?
– De la partie DLR qui n'est patentée par l'Union des Droites, à la partie... – Non mais pardon, c'est avec qui ? – Jusqu'à la gauche qui n'est patentée par l'Union des Droites. – C'est avec Bruno Retailleau ou c'est sans Bruno Retailleau ? – Ça peut être Bruno Retailleau, mais ça peut être de Bruno Retailleau à Bernard Cazeneuve, voilà. – Donc il faudrait un candidat unique pour tout ce socle-là ? – Je pense que c'est la condition pour qu'on n'ait pas demain un président et surtout...
– Mais est-ce que vous regrettez que Gabriel Attal se soit lancé dans la course ? Est-ce qu'il aurait dû attendre ? – Je ne regrette pas, je le comprends. Je veux dire par là qu'à partir du moment où d'autres candidats sont partis, partis de très loin, sans programme mais uniquement sur leur image, dire que le parti auquel j'appartiens n'existe pas, qu'on allait laisser les autres débattre autour, c'est compliqué aujourd'hui. Ce que je crois, c'est qu'il ne faut pas s'enfermer aujourd'hui
dans une démarche préconçue. Je ne vois pas très bien d'abord comment se fera l'alliance au bout, je ne vois pas comment elle se fera très bien. Imaginez que demain ils soient 17-17 tous les deux, comment on fait ? – On peut espérer qu'ils n'ont pas égalité. – Qu'ils soient à deux points, avec la marge d'erreur, qu'ils soient à trois points, que quelqu'un qui serait à 18 et quelqu'un à 16, il dira, attendez, j'ai aucune chance. Non, il faut considérer aujourd'hui
que M. Mélenchon est capable de faire élire deux fois Mme Le Pen. Première fois en étant en tête, à gauche, puisqu'aujourd'hui il a un programme, un parti, des militants, etc. Et puis il rassemble à gauche. Donc au premier tour, il élimine les partis républicains traditionnels et au deuxième tour, il fait passer Mme Le Pen ou M. Bardella. Donc si les Français ne sont pas conscients de ça, si les Français sont prêts, ils disent qu'ils n'en veulent pas,
ils disent, on ne veut pas d'un combat Le Pen-Mélenchon, on n'en veut pas. Mais en même temps, ils ne se prononcent pas pour faire en sorte que Mme Le Pen soit éliminée. Donc moi, je crois que tout ce qui a été... – Quand vous dites un candidat commun des LR OPS, ça veut dire qu'il y a des discussions qui existent aujourd'hui entre tous ces partis politiques pour qu'il n'y ait qu'un seul candidat ? – Aujourd'hui, il n'y a qu'un comité de liaison entre les partis…
– Non mais au-delà du comité de liaison, ça ne suffit pas. Ça ne suffit pas aujourd'hui, on est là pour ne pas donner trop de coups et pour éviter les débordements. J'espère qu'on les évitera, mais ça ne suffit pas. – Mais ça veut dire qu'il y a des discussions par exemple entre un Laurent Wauquiez et un Bernard Cazeneuve pour essayer de faire en sorte qu'il n'y ait qu'un seul candidat. – Je crois que Laurent Wauquiez avait un vote plus large que ça.
– Oui, ça allait plus à droite. – Non, je pense que vu le danger, vu la pérennité des sondages, vu la menace qui pèse sur ce pays dans les conditions où nous sommes aujourd'hui, accroître la fragilité de la France serait dramatique. – Mais quand vous entendez Maude Bréjon par exemple, qui est dans votre camp, et qui dit qu'elle soutient Édouard Philippe, comment vous réagissez ? – Je pense que… Je pense que ce n'est pas un candidat qu'il faut soutenir aujourd'hui,
c'est une démarche, je vous le dis, voilà. – D'accord, donc vous soutenez à l'heure actuelle ni Gabriel Attal, ni Édouard Philippe. – Je n'ai pas dit ça, si demain il faut voter Édouard Philippe ou Gabriel Attal, bien entendu d'abord, mais Édouard Philippe ensuite ou quelqu'un d'autre, pour éliminer l'extrême au deuxième tour, je voterai pour lui, bien entendu. – Est-ce que pour vous le macronisme va s'arrêter en mai 2027 ou est-ce qu'il peut y avoir un retour d'Emmanuel Macron ?
– Moi je pense qu'il ne faudra pas deux ans pour que le retour en grâce d'Emmanuel soit réel, Emmanuel Macron, je le dis. Je le dis parce que, interrogez les Français autour de vous, dans les difficultés extrêmes actuelles internationales, au G7 ou ailleurs, dans les problèmes avec l'Ukraine, qui voyez-vous à la place d'Emmanuel Macron aujourd'hui ? Ah ben oui, ah oui, il ne voit pas grand-chose. – Donc pour lui il va revenir ? – Vous ne voyez pas Édouard Philippe à la place ?
– Je n'entends pas répondre Édouard Philippe, quand je dis ça aux gens. – Vous entendez répondre Emmanuel Macron ? – Et deux, je vous l'ai dit, je vous l'ai dit, je ne vous l'ai pas apporté aujourd'hui, un jour j'ai dit au Président de la République, ce n'est pas les grandes lois qui changent l'opinion des Français, c'est le quotidien. Les Français sont exaspérés par leur quotidien, par la sécurité, par les difficultés, par la complexité, par le mal-être, etc.
– Ça c'est les conséquences des différents gouvernements d'Emmanuel Macron ? – Non, non, attendez, justement, j'ai relevé, je ne l'ai pas apporté aujourd'hui, mais je le ferai si vous me réinvitez, les 100 mesures qui ont totalement changé la vie des Français. On n'a fait que du quotidien tout le temps. Je parle, tu prélèves-moi la source, je parle des écoles de diminution des élèves, je parle du versement de la pension alimentaire, je parle du fauteuil rouge, tout ce qui est avalé est oublié.
– Mais pour être clair… – Et 100 mesures qui ont vraiment changé la vie des Français. – Vous dites… – Point dernier, le fauteuil, 1 million, le fauteuil gratuit. Ça ne change pas la vie d'un million de personnes en France, ça ? – Mais vous dites qu'il ne faudra pas 2 ans pour son retour en grâce, est-ce que concrètement vous souhaitez son retour en 2032 ? Est-ce que vous souhaitez qu'il soit de nouveau… – Je le dis en présentant, j'ai dit l'autre jour sur un plateau
que sur mon écran il y a marqué… il y a marqué hashtag Macron 2032, oui, voilà, je l'ai dit, et je le souhaite d'ailleurs, je vous le dis franchement, comme tel. – Et vous en avez parlé avec lui, est-ce que lui le souhaite ? – Si on regarde les choses en face, est-ce que vous pensez que les difficultés de la santé, que les difficultés de la justice, que les difficultés de la sécurité, que les difficultés de l'environnement et d'être d'Emmanuel Macron,
or qui est-ce qui a eu le plus répondu fortement qu'Emmanuel Macron ces dernières années ? Quand on a doublé le budget des armées, quand on a mis plus de 30 milliards de la santé dans les objets de la santé, quand on a doublé le nombre de magistrats, quand on a multiplié trois plans climatiques, quand on a pris les mesures contre les gaz à effet de serre comme lui, est-ce qu'on n'a pas changé les choses ? – Est-ce que lui se prépare à revenir en 2032 ?
Vous êtes un de ses confidents, vous parlez beaucoup avec lui, est-ce qu'il vous en a déjà parlé ? – Le président ne se confie pas. – Il ne vous dit rien ? – Non, il écoute, il essaie, mais il ne se confie pas, et c'est très bien comme ça. Deux, qu'il y pense ou pas, je ne sais pas s'il y pense, en tout cas, j'ai vu que c'est la tentation de tous les présidents de revenir, une fois qu'ils ont été… J'ai vu Sarkozy, je vois François Hollande aujourd'hui,
et puis, moi je pense… – Ils sont peu nombreux à avoir réussi. – On est d'accord, on est d'accord, mais enfin, personne n'avait réussi à se faire élire deux fois hors cohabitation. Personne. Donc, c'est cela aussi à mettre à l'actif d'Emmanuel Macron, qui, je pense, a voulu protéger les Français, il a répondu aux crises, il y a eu des crises, et puis en plus, avouer que le Covid, la guerre, l'inflation,
la crise énergétique, qui sont venues ici se succéder, jamais un président, jamais un président en 10 ans n'a eu 6 crises successives. – On va parler de vous, pour terminer, François Patria, vous êtes sénateur depuis près de 20 ans, vous ne vous représenterez pas, pourquoi ? – Je l'ai dit, par lucidité, par sagesse et par responsabilité. Par lucidité, comme on le sait, j'ai plus de 83 ans. Plus de 83 ans, vous savez, j'ai trop vu d'hommes politiques
vouloir faire le mandat de trop, s'accrocher,
s'ouvrir aux critiques qui disaient, le mandat doit être bien, la place doit être bonne, ça doit bien payer, etc. Donc, je suis lucide sur mon âge, même si je suis en forme, même si les choses vont plutôt bien, et ça peut ne pas durer, bien entendu, quand on part pour un mandat de 7 ans, 84 ans, 91 ans. Non, lucidement, c'est pas bien. Deux, la sagesse. La sagesse, c'est de faire en sorte que, je peux considérer aujourd'hui, je ne suis pas de ceux qui regardent dans le rétroviseur, jamais,
mais 15 ans à l'Assemblée, 4 ans au Conseil économique et social, 3 ans au gouvernement, 16 ans président de région, 18 ans au Sénat, je vois bien ce qu'on dit sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, il est temps qu'il dégage, voilà ce que j'entends. Il va bientôt partir, qu'est-ce qu'il fait encore là ? Donc, c'est plutôt ça, je te réponds, de dire, voilà, je pense avoir tenté de faire ce que j'ai pu, j'ai eu des échecs, j'ai été deux fois battu dans ma vie politique,
mais j'ai gagné 23 élections. Et la responsabilité, c'est de faire en sorte que le groupe que je préside avec fierté depuis 9 ans puisse perdurer aujourd'hui. Il y aura toujours un groupe, vous en doutez ? Ça vous inquiète ? Est-ce que les macronistes auront encore un groupe au Sénat en octobre ? Aujourd'hui, il y a suffisamment de sénateurs non-réligibles pour que le groupe persiste. Je pense qu'on en réalisera les 4-5e. Donc voilà, le groupe persistera.
En revanche, vous craignez une constitution d'un groupe RN ? Alors ça, je ne le crains pas, c'est sûr. Il y aura demain, je pense, entre 11 et 15 membres pour faire un groupe RN, comptant ou ne comptant pas, ceux de la droite sociotique, ils les rejoindront. Ça peut changer les discussions et l'atmosphère au sein de l'émission. Ça changera totalement l'atmosphère au sein du groupe parce qu'il nous arrive d'avoir des réunions de présidents entre nous,
avec Mme Klickerman, avec M. Retailleau, avec Mathieu Darnot aujourd'hui et d'autres. Comme une hystère. Les choses se passent plutôt bien, même quand on n'est pas d'accord du tout sur certains points. Je pense que la présence demain va changer les choses. Et d'ailleurs, il y a une remarque que je voudrais faire sur vous, c'est que depuis 50 ans de vie politique, je vois le niveau des assemblées baisser terriblement. Que ce soit dans les communes, que ce soit dans les départements,
que ce soit dans les régions, que ce soit ici au Sénat. Pensez qu'il y a 200 ans et 150 ans, c'est Victor Hugo qui siégeait. C'était Lamartine d'ailleurs. Aujourd'hui, vous voyez le niveau. Non pas au Sénat, parce que le Sénat, le niveau est plutôt encore bon, parce que le mode de délégation… – On va laisser les députés apprécier cette… – Mais l'Assemblée nationale, je vous assure que le niveau de l'Assemblée nationale, regardez les débats, il y a 20 ans, même en 80, quand j'ai été élu,
les débats à l'Assemblée nationale en 80 et aujourd'hui, il y a de quoi désespérer les Français. – Merci François Patria, du coup vous aurez le temps de regarder le foot ce soir, c'est la une de la dépêche. – Bien sûr, bien sûr. – Que la fête continue, le 16ème de finale. – J'ai même regardé la fin du match, j'ai même regardé la finale hier soir, du match Allemagne contre Paraguay, l'Allemagne qui a été éliminée hier soir. Et les affrontes, c'est un match formidable.
– On sera tous dans les écrans. – Mais qui s'est fait rembourser par le Brésil ? – Contre le Brésil.
– C'était notre invité, bonne route pour la suite.
François Patriat