L'interview du ministre de l'Economie Bruno Le Maire
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Les salaires doivent augmenter dans les entreprises qui ont les moyens de le faire. Je ne vais pas dire aux gens qui me regardent aujourd'hui, ne vous inquiétez pas, les prix alimentaires vont baisser demain, ce n'est pas vrai. Je tape sur une baisse des prix à partir du courant de l'année 2023. Clairement, je n'ai recommandé à personne de s'habiller de telle ou de telle façon.
Bonsoir, M. le maire. Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais les prix des calables sont aujourd'hui à 7 euros, 8 euros. Je voulais donc vous savoir si on pouvait espérer retourner un jour au prix des calables à 5 euros, au merveilleux 5 euros. Tout a augmenté, je ne vais pas vous dire le contraire.
Nous, qu'est-ce que nous anticipons ? C'est qu'on va garder un niveau d'inflation très élevé dans les mois qui viennent. On est aujourd'hui en octobre, novembre, décembre, janvier, février. On va encore avoir des prix qui vont être très élevés.
Quand on dit des prix très élevés, c'est que la tendance va continuer à augmenter.
C'est-à-dire qu'on est à 6-7 % d'inflation.
C'est-à-dire qu'il faut dire aux gens qui nous regardent aujourd'hui, la réalité c'est...
Je ne vais pas dire aux gens qui me regardent aujourd'hui, ne vous inquiétez pas, les prix alimentaires vont baisser demain, ce n'est pas vrai. Ça va monter ? Ça va continuer à monter dans les mois qui viennent, tout simplement parce que les prix de gros, c'est-à-dire les prix que payent les producteurs, l'industrie agroalimentaire, elle fonctionne, elle paye ses factures, c'est fait autant de gaz, c'est fait autant d'électricité, l'approvisionnement est plus cher. Les agriculteurs, nos amis paysans, quand ils produisent, tout est plus cher. Les engrais, qui sont des engrais azotés, donc faire partir des énergies fossiles, sont beaucoup plus chers.
Donc tout ça, au début, ça reste au niveau du paysan, ça reste au niveau de l'exploitation agricole, au niveau de l'industrie agroalimentaire, puis à un moment donné, ça se diffuse au produit final, ça se diffuse à votre paquet de pâtes, ça se diffuse à vos produits alimentaires, c'est ce qu'on voit aujourd'hui, et cette diffusion, elle prend du temps, elle va durer encore quelques mois.
Après, je considère que tous les efforts que nous faisons, avec nos efforts pour faire baisser le prix d'énergie, nos efforts pour diversifier l'approvisionnement, tout ça va se voir dans le milieu de l'année 2023, et donc je pense qu'à partir du milieu de l'année 2023, les prix dont parle monsieur vont commencer à baisser.
Donc vous tablez sur une baisse des prix à partir de l'année 2023 ?
Je tape sur une baisse des prix à partir du courant de l'année 2023, je ne vais pas vous dire au mois près, parce qu'après, ça crée des polémiques inutiles, mais nous on anticipe une inflation qui devrait passer de plus de 6% aujourd'hui à environ 4% dans le milieu de l'année 2023.
Il y a deux semaines, on avait au même endroit ici même, Michel-Edouard Leclerc, qui nous disait, oui, il y a des aides qui sont mises en place, mais nous, ce qu'on veut en tant que distributeurs, c'est que le gouvernement nous accompagne pour aller lutter justement contre ceux qui augmentent les prix, et qui parfois les augmentent avec des justifications qui ne sont pas toujours bien compréhensibles.
Ça y est, il a raison, mais on le fait. C'est le mot de la Direction Générale de la consommation, de la répression des fraudes. On vérifie qu'il n'y a pas d'abus. Mais manifestement, ça n'a pas l'air assez efficace. Oui, mais on va se dire la vérité. L'inflation en France, c'est une inflation importée. Ce n'est pas l'inflation américaine. L'inflation américaine, c'est qu'ils ont mis tellement de carburant dans la machine que la machine chauffe, les prix augmentent, tout augmente, tout est plus cher. Et ils ont une inflation qui est d'ailleurs très élevée. Nous, pourquoi les prix augmentent ?
C'est à cause de l'inflation importée, c'est-à-dire les prix du pétrole, les prix du gaz qui ont flambé. C'est-à-dire que ce n'est pas nous qui sommes responsables de cette inflation, ce n'est pas les pays européens, ce n'est pas les gouvernements européens, c'est la guerre en Ukraine qui a accéléré l'augmentation des prix de l'énergie qui se transmet ensuite à toute l'économie. Donc évidemment, on va lutter contre... Il y a la question des matières premières, enfin... Non, mais on va lutter contre les profiteurs, on va lutter contre les marges qui sont indues.
Je fais vérifier, à la demande d'ailleurs de Michel-Edouard Leclerc, à d'autres distributeurs, que certains ne s'en mettent pas plein les poches au passage en faisant des augmentations qui sont trop importantes. J'ai fait la même promesse au bâtiment, parce que l'entreprise du bâtiment qui paye son bois ou son aluminium des prix très élevés dit « Ah, ce n'est pas possible, vérifier ». Je vérifie et je sanctionne, parce que je suis garant de l'ordre public économique. Mais je vais être très honnête avec vous, on ne trouve pas des fraudes massives.
Alors que nous sommes en pleine crise économique, nous observons que les populations les moins aisées sont les plus impactées par l'augmentation des taxes que par les personnes dites les plus riches. Le coût de la vie augmente, mais les salaires, eux, ne suivent pas. Et dans ce contexte-ci, on voit croître le nombre de milliardaires en France. Ici, la stratégie pour faire face à la crise ne me semble pas logique. Alors, et simplement, pourquoi ne pas réinstaurer un impôt sur la fortune ?
Alors d'abord sur les salaires, je partage ce que dit Madame, je l'ai toujours dit, je le répète, toutes les entreprises qui le peuvent, celles qui ont les marges financières nécessaires, doivent augmenter les salaires. Il y a une attente très forte sur les salaires, c'est une attente que je comprends quand il y a de l'inflation. Et quand j'entends aussi un patron de PME qui me dit « Moi, j'aimerais bien augmenter mes salaires, mais ça risque de mettre en péril mon entreprise dans quelques mois », je lui dis « Mais utiliser les primes défiscalisées, utiliser l'intéressement, utiliser la participation, je pense que c'est ce qu'il y a de plus efficace.
Mais les salaires doivent augmenter dans les entreprises qui ont les moyens de le faire. En plus, ça réglera un certain nombre de problèmes de recrutement dans quelques secteurs. Après, sur la fiscalité, on peut toujours pointer du doigt quelques milliardaires, mais enfin, des milliardaires, il n'y en a pas des milliers en France. – Enfin, l'impôt sur la fortune, ça concerne plus de monde. – Oui, ça concerne plus de monde. Mais quand vous regardez le niveau d'imposition de notre pays, nous sommes le pays qui a le niveau d'imposition le plus élevé de tous les pays développés.
Et donc, moi, je considère que pour que le pays aille bien, il faut impérativement arrêter avec cette multiplication des taxes, des impôts, l'augmentation des impôts. Aujourd'hui, quand vous regardez l'impôt sur le revenu, vous avez 10% des gens qui payent l'impôt sur le revenu qui payent 70% de cet impôt sur le revenu. Donc, on peut toujours continuer à augmenter ses taxes, à augmenter ses impôts, mais je ne pense pas que ça améliorera le bien collectif français. Je pense que ce qui l'améliorera, c'est un juste partage, et on peut toujours faire mieux sur le juste partage, et plus de prospérité, plus d'emplois. C'est ça le cœur de notre politique.
– Ça fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux, c'est les tenues des ministres, notamment la vôtre, par rapport au col roulé. Je ne sais pas si vous avez vu un peu les réactions sur les réseaux sociaux. Certains parlent d'infantilisation, d'autres disent que c'est un peu décalé. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
– Je dis, c'est un truc totalement dingue, vous faites une émission de 20 minutes, vous parlez du pouvoir d'achat, vous parlez du budget 2023, vous parlez de la situation de l'énergie, la sobriété énergétique. Vous dites que dans votre bureau, s'il fait 18 ou 19, vous allez mettre un col roulé, et ça part en live.
– On parle du col roulé du ministre de l'Économie, mais on pourrait parler de la doudoune d'Elisabeth Borne, de l'étendouard de Gilles Le Gendre. Finalement, il y a quand même eu dans la majorité des messages qui ont été envoyés.
– Il n'y a aucun message. Moi, je veux dire très clairement, j'ai recommandé à personne de s'habiller de telle ou de telle façon. Je n'ai pas fait de recommandation, je n'ai pas dit aux gens ce qu'ils devaient faire à leur place, je trouve que ce n'est pas le rôle des responsables politiques, et ça part comme une fusée. Bon ben voilà, je le constate, et je le regrette. Tout ce qui touche à l'individu, aux choix personnels, ça peut être l'habillement, ça peut être d'autres choix personnels, ça ne regarde que les gens. En revanche, nous, notre responsabilité, c'est le bien commun, c'est l'intérêt collectif. Ça, c'est ma responsabilité de responsable politique.
Et je pense que notre intérêt collectif, c'est qu'effectivement, nous chauffions moins, et qu'on chauffe les pièces à 19 degrés, parce que si on chauffe à 19 degrés, on va quasiment faire un tiers des économies qui sont nécessaires pour passer un hiver sans avoir ni coupure électrique dans vos maisons, ni coupure électrique ou coupure d'énergie dans les entreprises. Ça va nous éviter d'ajouter une crise économique à la crise énergétique. Et ça, vous voyez, ce n'est pas le comportement individuel qui ne regarde que les gens, et sur lesquels je le redis, je n'ai pas donné des recommandations. C'est le choix collectif. Et c'est ça qu'il y a de beau dans la politique.
On parle justement des conséquences, c'est la gravité aussi, ce qu'on peut parler aujourd'hui, de dire que l'heure est grave, si on ne fait rien, si on ne suit pas ces recommandations-là, cet hiver, il n'y aura pas d'électricité pour tout le monde.
Mais l'heure est grave de manière beaucoup plus globale. L'heure n'est pas grave pour cet hiver. L'heure est grave pour la planète. Donc quand je recommande que nous fassions tous des efforts sur notre consommation d'énergie, ce n'est pas uniquement pour passer bien l'hiver. Et puis après, on va repartir l'été prochain, on va pousser la climat à fond, on va continuer à circuler en voiture tout le temps, on va prendre l'avion même pour faire des trajets de 30 minutes. Non ! C'est tous nos comportements qui doivent évoluer pour qu'au bout du compte, notre action de réduction de CO2 soit plus efficace et qu'on arrive à vivre mieux dans la planète.
On a la question justement sur le bouclier tarifaire. Ça va être en place jusqu'à quand précisément ? Parce qu'on sait qu'il a été annoncé comme étant reconduit pour 2023. Mais on voit que justement cette question de l'énergie, ça ne va pas s'arrêter à l'année 2023.
On gardera une protection tarifaire tant que les prix de l'énergie seront insupportables pour nos compatriotes. Si jamais nous n'étions pas intervenus pour mettre en place ce bouclier, ça aurait été 110 à 120 % d'augmentation. C'est-à-dire que chacun...
C'est jusqu'à quand ?
Tant que les prix de l'énergie vont rester très élevés, nous amortirons le choc. Parce que moi, là aussi, je vais être très concret.
2023, 2024, et ainsi de suite. On espère...
Enfin, c'est pourquoi on se bat aussi dans le même temps. C'est pour que les prix de l'énergie baissent. Pour qu'on découple le prix du gaz du prix de l'électricité. Parce qu'aujourd'hui, si le prix de l'électricité est aussi élevé, c'est qu'il dépend du prix du gaz. Et le prix du gaz flambe parce que Vladimir Poutine arrête de nous livrer du gaz. C'est ça la mécanique infernale. Et nous voulons stopper cette mécanique infernale. Mais tant que la mécanique infernale n'est pas stoppée, Moi, je ne veux pas que nos compatriotes arrivent le 1er janvier et une facture d'électricité qui est augmentée de 180 euros. Parce que ça aurait été ça en moyenne. Pas 180 euros par an.
180 euros par mois. On peut parler de l'université de Strasbourg qui a annoncé qu'elle avait fermé cet hiver pour faire des économies d'énergie. Encore une fois, ça touche des étudiants qui ont déjà beaucoup souffert ces dernières années avec le Covid. Il y a des conséquences déjà très concrètes. On sait que d'autres universités aussi ont déjà posé ça sur la table de dire nous, on va fermer pendant quelques semaines. Est-ce qu'on ne peut pas éviter ça aujourd'hui ?
Si, pour moi, ce n'est pas concevable. J'espère que j'ai mal compris. On ne va pas pénaliser les étudiants. Moi, je ne me vois pas ministre de l'économie et des finances aller dire à un gamin de 20 ans « Désolé, ton université, elle est fermée, on ne peut pas chauffer. » Enfin, on est où ? Donc, s'il faut trouver des moyens pour que l'université tourne à 19 degrés, pas à 25, et qu'elle puisse accueillir les étudiants, on trouvera les moyens. Nous ne sommes pas une puissance de cinquième ordre. Donc, s'il faut trouver des moyens pour que les universités fonctionnent normalement à 19 degrés, qu'elles fassent aussi des économies d'énergie.
Bien sûr, on est tous amenés à faire ça, certainement, mais il n'est pas question d'avoir des universités qui ferment pendant tout l'hiver avec des étudiants qui vont se retrouver à nouveau à avoir des cours en visio. Moi, je ne suis pas favorable du tout à ça. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on peut garantir que l'action gouvernementale va permettre d'éviter ça ? Je peux vous garantir que je me battrai pour ça. Je ne suis pas ministre des universités, mais il y a une formidable ministre des universités, Mme Rotaillot. Je vais en parler avec elle. En revanche, moi, j'ai des mains sur la caisse.
Bonjour, M. le ministre. Je m'appelle Nino. J'ai 16 ans. Je suis lycéen. Je voudrais savoir pourquoi vous demandez des efforts aux Français pendant la crise et vous ne commencez pas tout simplement par taxer les super profits qui ont grangé des milliards d'euros comme Total ou d'autres entreprises privées comme par exemple le fonds de l'Italie ou l'Espagne ?
Je pense avoir répondu à Nino sur le premier point. D'abord, on récupère beaucoup d'argent sur tous ceux qui produisent l'électricité ou qui vendent de l'électricité et qui bénéficient d'une rente. Ils ont vendu pendant des années et des années à des prix assez bas. Les prix flambent.
On parle de l'électricité mais on peut aussi prolonger au laboratoire avec les vaccins de la Covid.
Oui, mais là, la question que pose Nino, parce qu'il fait référence par exemple à la Grande-Bretagne ou à l'Italie, c'est les autres producteurs, les producteurs de pétrole ou de gaz. Mais moi, je vais vous annoncer un grand truc. En France, on ne produit ni gaz ni pétrole. On produisait du gaz, pétrole. Donc tous ces producteurs, pour un exemple de Total, quand Total produit du pétrole en Norvège, ils payent des taxes en Norvège. C'est normal, vous payez des taxes là où vous produisez le produit. Et Total l'a dit, ils payent 33 milliards d'euros d'impôts sur la production de pétrole mais là où ils produisent le pétrole. Donc tout on produit de l'électricité.
Donc c'est sur l'électricité qu'on récupère les milliards d'euros dont parle Nino. Et sur le pétrole et sur le gaz, les impôts sont payés là où le pétrole et le gaz sont produits. Donc ce que je veux bien faire comprendre, parce que je vois bien ce grand débat sur la taxation, il n'est pas question de laisser des rentes. On récupère l'argent, on finance comme ça le bouclier énergétique. Mais je ne vais pas aller récupérer des impôts sur des choses qu'on ne produit pas en France.
Et d'à côté, on a une entreprise comme Total hier qui a annoncé qu'elle allait verser 2,6 milliards d'euros de dividendes à ses actionnaires. On peut même lire dans le communiqué Total Energy, c'est une compagnie aujourd'hui beaucoup plus rentable qui, il y a 10 ans, a pris du baril équivalent, elle génère 15 milliards de dollars cash flow supplémentaires et peut tirer pleinement partie des environnements favorables, en soit le contexte. Quand on lit ce communiqué, on se dit quand même
que c'est presque une provocation. Je vais vous dire, je ne suis pas avocat de Total, donc je suis responsable de l'intérêt général et pas d'une entreprise ou d'une autre. Mais vous comprenez
que quand on lit ça, ça scandalise de nombreux Français qui se disent « Moi, je vais au supermarché, il y a des trucs qui coûtent plus cher ». Bien sûr. Et puis d'un autre, on a une entreprise qui se trouve sur le secteur énergétique et qui s'en met pour les poches.
Je vais vous poser une question au-delà de Total et du cas particulier de Total. Qu'est-ce qu'on veut ? Que les entreprises françaises se portent bien ou qu'elles ne se portent pas bien ? Moi, je préfère qu'elles se portent bien, qu'elles créent des emplois, qu'elles créent de la prospérité pour notre pays. Total, des activités de raffinage en France. Ça représente des milliers d'emplois, c'est des usines, c'est des salariés, c'est des ingénieurs, c'est des ouvriers. Je pense que c'est plutôt une bonne chose que les entreprises françaises se portent bien. Là, quand vous associez
2,6 millions d'euros, c'est clair. Mais bien sûr.
Ensuite, qu'elles doivent participer à l'effort collectif. Bien sûr. Et qu'est-ce qu'on leur demande ? Celles qui produisent de l'électricité ou qui distribuent de l'électricité et qui bénéficient d'une rente, elles payent. Celles qui ne font pas de l'électricité mais qui ont des moyens financiers importants, les banques, Total, CMACGM, elles doivent reverser l'argent directement aux Français. Quand Total fait une remise de 20 centimes d'euros à la pompe, ça va dans la poche de qui ? Des Français. Quand CMACGM réduit le prix des containers, ça va dans la poche de qui ? De l'entrepreneur qui transporte ses produits par du fret maritime.
Quand les banques décident que les plus pauvres, au lieu de payer 3 euros de frais bancaires par mois, ce sera 1 euro maximal, ça c'est une aide très concrète qui est apportée aussi par les banques aux citoyens français. Donc je préfère que l'argent aille directement dans la poche des Français. Et puis, troisième chose, il y a l'effort collectif qui doit être fait par cette récupération de rentes dont je parlais. Tout ça va nous permettre de financer le problème.
Quand on voit ces chiffres-là,
individuellement ? Vous pouvez toujours prendre un exemple particulier. C'est un exemple parlant quand même pour beaucoup de Français. C'est un exemple parlant mais ces entreprises payent soit des impôts à l'étranger quand elles produisent à l'étranger, soit elles aident directement, c'est la remise que fait Total sur le carburant, soit elles produisent de l'électricité et elles payent le bouclier énergétique que nous avons mis en place. Elles payent quasiment la moitié du bouclier énergétique. Et pour moi, c'est tout à fait normal. Je ne veux pas de rente. Je ne veux pas que des entreprises profitent d'une situation exceptionnelle sur les prix de l'électricité. Elles payent et c'est normal.
Est-ce que le gouvernement peut et souhaite protéger la France et les Français contre les arnaques des influenceurs ? Alors, la réponse est oui. Concrètement, on sanctionne déjà les arnaques et je considère qu'il y a d'autres choses que des arnaques. Il y a des comportements qui ne sont pas équitables. Il y a un peu de triche. Il y a parfois des produits qui sont vendus pour ceux qu'ils ne sont pas. Il y a plein de petites dérives plus ou moins importantes. Et moi, je n'aime pas qu'il y ait des dérives qui sont au détriment du consommateur. Donc, qu'est-ce que nous allons faire ?
Nous allons rassembler dans les jours qui viennent l'ensemble des acteurs qui travaillent et qui sont influenceurs ou qui travaillent dans la sphère d'activité des influenceurs. Ça peut être des publicitaires, ça peut être des marchés en ligne, ça peut être les influenceurs eux-mêmes. Et on va regarder comment est-ce qu'on pourrait définir des règles plus claires, plus strictes pour protéger le consommateur. Et après, on verra si on peut mettre sur pied une régulation des influenceurs et des influenceuses qui fait que tout le monde jouera avec les mêmes règles et que le consommateur sera protégé et que l'ordre public économique sera garanti dans notre pays.
Donc, l'idée, une régulation de ce que font les influenceurs sur les réseaux sociaux, de ce qu'ils vendent, c'est indispensable.
Pour moi, c'est indispensable. Donc, il faut d'abord discuter, voir tous les acteurs du métier dans tous les domaines pour essayer de trouver les meilleures solutions et ne pas gêner non plus le développement de cette activité d'influenceurs qui est une activité tout à fait respectable. Et une fois qu'on aura discuté, trouver les meilleures solutions, nous mettre en place une régulation. Je veux juste dire que moi, j'en fais une priorité absolue. C'est une priorité
de mon ministère. Bonjour, M. le ministre. Allez-vous assister ou regarder la Coupe du Monde au Qatar ? Merci.
Je regarderai la Coupe du Monde au Qatar et je soutiendrai les bleus. Oui. Vous comprenez qu'elle pose question ? Oui, mais enfin, c'est une question qu'on se pose un peu tard. Enfin, pardon. C'est il y a 12 ans qu'il fallait se poser la question quand on a attribué la Coupe du Monde au Qatar. Enfin, je trouve que les gens qui se réveillent comme ça au moment de la Coupe du Monde vont très bien. Moi, je préfère qu'on soutienne les bleus. Je les soutiendrai comme à chaque fois avec beaucoup de ferveur et puis qu'on réfléchisse à la prochaine Coupe du Monde pour s'assurer qu'on a un pays qui respecte les règles sociales, les règles environnementales. Regardons plutôt vers l'avenir.
Bonjour, M. le maire. Pénurie, chômage partiel de nos usines, inflation record, coût d'énergie qui explose, une grosse récession à nos portes après avoir affirmé que vous alliez provoquer l'effondrement de l'économie russe. Comment se fait-il que ce soit l'économie française finalement qui s'effondre ? Merci beaucoup.
L'économie française ne s'effondre pas. Moi, je m'inscris totalement en faux par rapport à ce que dit monsieur. On va avoir une croissance. Vous avez dit vous ne ferez pas 2,3 en 2022. On va faire 2,7. Et notamment grâce à la consommation des ménages, à l'investissement des entreprises et puis aux touristes. Il y a beaucoup de touristes qui viennent en France. C'est un pays qui est ultra attractif. Et du coup, on a une bonne croissance. Ce n'est pas le cas ailleurs. Pour l'année prochaine, nous, on anticipe une croissance positive. J'ai dit 1%. Certains disent que ce sera moins. C'est toujours des évaluations qui sont volontaristes.
Mais je pense que nous aurons une croissance positive en France. On crée des emplois. Je rappelle qu'aujourd'hui, on a un peu plus de 7% de taux de chômage. C'est un des meilleurs chiffres qu'on a eu depuis des années et des années. Donc je ne suis pas du tout d'accord avec ce que dit monsieur. Après, je regarde ce qui se passe en Russie. Moins 4%. Enfin, moins 4, plus de 7. C'est où que c'est le mieux ? C'est en France. Je regarde ce qui se passe sur les chaînes de valeur en Russie. Des organisations complètes. Je regarde ce qui se passe dans les usines chez Stellantis, chez Renault. Ça tourne chez nous.
Il me semble que les usines Renault, les usines Stellantis, les usines automobiles, elles tournent. Je regarde ce qui se passe chez Airbus à Toulouse. Ça tourne les chaînes de montage Airbus à Toulouse. Ils ont produit des avions. Ils les vendent très très bien. Mieux que Boeing. Ça, ça fait vraiment plaisir. Qu'est-ce qui se passe en Russie ? Les chaînes ne tournent plus. L'industrie automobile, elle est quasiment à l'arrêt. Ils ne trouvent pas de pièces. Pour leurs avions, ils n'arrivent pas à trouver les pièces de rechange. Donc, ils vont voler avec des avions qui seront probablement moins sûrs.
Et je considère que sur le long terme, la Russie va payer le prix fort du point de vue économique de cette guerre en Ukraine qui est une guerre inacceptable. Donc, je ne suis pas du tout d'accord avec cette analyse. Je pense qu'il faut juste savoir tenir bon. Je sais que ça demande aussi à tout le monde un certain nombre d'efforts. Mais l'économie française s'en sort bien. Pour l'économie russe, c'est très dur. Et tant que Vladimir Poutine n'aura pas cessé avec cette guerre en Ukraine, nous continuerons les sanctions.
Dernière question justement sur la réforme des retraites sur le calendrier. On sait qu'elle cristallise énormément de tensions. C'est même de la majorité sur comment la mettre en œuvre. Concrètement,
votre avis ? D'abord, pourquoi est-ce qu'on l'a fait ? On l'a fait pour financer notre modèle de protection sociale dont nous venons de parler depuis plus d'une heure. Et il faut bien payer tout ce que je vous ai indiqué. On veut augmenter le SMIC, augmenter les minima sociaux, protéger contre l'inflation. Moi, je trouve ça très bien. Mais il faut le payer. Et la seule façon de le payer, c'est que collectivement, nous travaillons plus. Ou alors, il y a d'autres solutions, mais ce n'est pas celle de notre famille politique, c'est augmenter les impôts.
Donc aujourd'hui, on n'a pas le choix si on travaille plus ou on augmente les impôts ?
Ben oui. C'est le seul projet de société qu'on peut avoir. Ce n'est pas le projet de société. Non, mais clairement, c'est un projet,
c'est de se dire aujourd'hui, mesdames et messieurs...
Je vous rassure, ce n'est pas que ça. Le projet de société, c'est la transition climatique, c'est la défense de la culture française, c'est l'apprentissage, c'est la formation des jeunes. Mais la retraite, c'est quand même une question centrale. Mais attendez, c'est une question centrale, oui. Enfin, il y a d'autres questions centrales. Le climat, c'est une question centrale. La création de richesses, d'innovations, c'est une question centrale. Mais après, si on a un modèle... C'est-à-dire qu'on a un modèle
en tant que ministre de l'économie, excusez-moi, mais vous mettez en point de dire soit vous travaillez deux, trois, quatre ans de plus, soit on n'aura pas le choix, vous allez voir vos impôts et vous me mangez. Donc c'est soit l'un,
soit l'autre. Le rôle du ministre de l'économie et des finances, ce n'est pas de raconter des carabistes ou les gens. Les choses se payent. Vous voulez un modèle social généreux ? Moi aussi. Vous voulez que les soins restent gratuits ? Moi aussi. Vous voulez qu'on tende la main à ceux qui sont les plus fragiles, qui ont eu des accidents dans la vie, qui ne s'en sortent pas ? Moi aussi. Mais tout ça fait du modèle français un des modèles les plus protecteurs sur la planète. Mais ça a un coût. Mais donc on n'a aucune autre solution que ça, c'est soit l'un, soit l'autre. Bien sûr, il n'y a pas d'autre solution à ça. Ou alors il y a aussi la faillite du pays.
Vous pouvez mettre le pays dans le mur. Mais je ne pense pas que ce soit souhaitable. Mais après, si vous voulez financer ça, on va vous présenter l'addition. Soit collectivement, nous travaillons tous davantage, mais il ne s'agit pas d'exploiter les uns ou les autres. On va tenir compte des carrières longues.
C'est quoi, 64, 65 ans ?
Ça, le président de la République a proposé 65. Ensuite, on va en débattre. Mais je veux vraiment le dire avec beaucoup de clarté, pour financer notre modèle de protection sociale et garantir que nos enfants vivent aussi bien que nous, qu'ils aient des retraites par répartition, qu'ils aient un hôpital gratuit, qu'ils aient des collèges et des universités qui fonctionnent bien. Et je l'espère même encore mieux. Soit vous augmentez les impôts, et là, les gens vont en avoir un ras-le-bol. Parce que les gens qui bossent, ils en ont ras-le-bol de payer les impôts. Ils ne supportent plus.
Et si on leur dit « Ah bah attendez, déjà vous ne gagnez pas suffisamment, mais en plus, on va vous prendre plus parce qu'on n'a pas le courage de dire aux Français que collectivement, il faut travailler davantage, vous faites bien du courage. Je pense que les gens, ils ne seront pas contents du tout et ils seront raisons. Parce que quand on bosse, on a envie d'en garder un peu pour soi. Et on trouve déjà qu'on vous en prend beaucoup. Donc je préfère dire aux Françaises et aux Français « On va collectivement travailler davantage, c'est la réforme des retraites. Ça va nous permettre de financer ce modèle de protection sociale et de garantir que la France reste un pays prospère. » Très bien.
Merci beaucoup. Merci.
Bruno Le Maire