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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 décembre 2022 25 min

Coupures d’électricité, loi immigration, délinquance... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Gérald Darmanin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Gérald Darmanin, le gouvernement dévoile cet après-midi à l'Assemblée les contours de la future loi immigration que vous défendrez vous-même le mois prochain. L'une des mesures phares du texte qu'on connaît déjà, c'est la création d'un titre de séjour pour les étrangers qui travaillent dans des métiers en tension. Est-ce que c'est, comme le disent la droite et le Rassemblement National, une régularisation massive ?

0:25
Gérald Darmanin

Non, ce n'est pas le cas. D'abord, c'est un texte très important qui vise d'une part à mieux intégrer tous ceux qui veulent s'intégrer à la République française parce que les étrangers font partie de la richesse de notre pays lorsqu'ils veulent s'intégrer, lorsqu'ils parlent notre langue, lorsqu'ils veulent élever les enfants dans la patrie des droits de l'homme. Et on ne les intègre pas assez bien parce qu'il n'y a pas assez de travail parfois, parce qu'il y a trop de limitations pour eux pour s'intégrer, pas assez de logements, pas assez d'accessibilité à la langue française.

Et puis il vise aussi à expulser les personnes qui ne respectent pas notre droit, qui commettent des actes de délinquance et qu'on doit davantage pouvoir reconduire dans leur pays d'origine. Donc c'est à la fois mieux intégré et puis mieux expulsé parce qu'il s'agit de deux publics évidemment très différents. Et parmi les choses qu'il faut faire pour mieux intégrer les personnes qui sont sur notre sol, il y a toutes ces personnes qui travaillent dans notre pays sans papier. Et il y en a beaucoup. Et dans les restaurants parisiens, il y en a un certain nombre et pas qu'à Paris. Pour construire des bâtiments, des logements, il y en a beaucoup.

Pour récupérer des fruits et légumes, il y en a beaucoup. Dans l'agriculture, il y en a beaucoup. Et donc la question est de savoir si on continue d'être hypocrite et quelque part assez inhumain avec ces personnes qui travaillent, qui ne peuvent pas donc être couverts par la sécurité sociale quand ils ont des accidents de travail par exemple, ou si on fait comme si tout cela n'existait pas.

1:35
Présentateur

Donc on va leur donner un titre de séjour provisoire d'un an, renouvelable ou pas ?

1:41
Gérald Darmanin

D'abord, il faut savoir de quoi on parle. En 2004-2005, il y avait 150 000 à peu près étrangers en situation irrégulière qui étaient inscrits dans ce qu'on appelle l'aide médicale d'État, c'est-à-dire la santé pour ceux qui n'ont pas de sécurité sociale et qui n'ont pas de papier. Et quand on est arrivé en responsabilité en 2017, il y en a 350 000, c'est-à-dire que ça a doublé sous les deux quinquennats précédents. Et sous le Président de la République, on est passé de 350 000 à 380 000. Donc certes, ça a augmenté, mais beaucoup moins que sous les deux quinquennats précédents. Parmi ces personnes qui sont sur notre sol, il y a des gens qui travaillent.

Alors qui travaillent au noir, comme on dit, ou qui travaillent sous des noms d'emprunts. Et donc ils payent des cotisations, qui payent des impôts, mais qui ne bénéficient pas de la solidarité nationale.

2:20
Invité

C'est combien de personnes ?

2:21
Gérald Darmanin

On ne le sait pas, puisque par définition, ils sont, si j'ose dire, cachés. C'est de la fraude, bien évidemment, par les employeurs qui le font, quelques milliers, peut-être quelques dizaines de milliers. Ces personnes, nous devons aujourd'hui éviter à la fois de continuer cette hypocrisie, de pouvoir les régulariser dans certains cas, et en même temps s'assurer qu'ils jouent bien le jeu de la République française, sans régulariser massivement les personnes.

2:45
Présentateur

Il y aura bien des régularisations.

2:46
Gérald Darmanin

Donc il y aura des critères. Alors ces critères, quels sont-ils ? On a justement discuté avec le Parlement aujourd'hui et dans les semaines qui viennent. C'est la négociation parlementaire. Combien d'ancienneté il faudra sur le sol national ? Est-ce qu'il faudra être là depuis plus de deux ans, plus de trois ans, plus de cinq ans ? Évidemment, plus vous remontez l'âge de l'ancienneté, plus vous limitez les possibilités de régularisation. Est-ce que ces personnes, on doit quantifier le nombre de personnes qu'on doit régulariser chaque année ? Est-ce qu'on doit mettre des quotas, pour être très simple ?

Pour l'instant, le texte du gouvernement ne le prévoit pas, mais nous sommes ouverts au débat parlementaire. Est-ce que le Parlement doit nous dire pas plus de cinq mille, pas plus de dix mille, pas plus de quinze mille, je ne sais pas, par an ? Quels sont les métiers en tension ? Aujourd'hui, la restauration et l'hôtellerie ne sont même pas des métiers en tension.

3:26
Invité

Pardon, Gérald Darman, d'abord sur la durée du titre de séjour, la question de Marc, la position du gouvernement, c'est quoi ?

3:32
Gérald Darmanin

Alors aujourd'hui, c'est un titre de séjour d'un an. Ça veut dire qu'un titre de séjour qui ne permet pas le regroupement familial, puisque le regroupement familial en France, c'est 18 mois. Renouvelable ou pas ? Évidemment, renouvelable, mais on peut y mettre des conditions. Évidemment que la personne ait toujours son emploi, ça paraît évident, que le métier en tension soit toujours un métier en tension. Olivier Dussopt, qui porte cette partie du projet de loi, est en discussion aujourd'hui avec les professionnels. Vous avez vu les restaurateurs aujourd'hui qui disent, nous, on a besoin de régulariser ces personnes et on n'est pas un métier en tension, ce qui est absurde.

Et donc évidemment, les branches professionnelles auront leur mot à dire. Et puis troisièmement, si cette personne satisfait un certain nombre de critères, par exemple pas de casier judiciaire, toute personne en France qui aura un casier judiciaire et qui sera étranger ne pourra pas être régularisée et sera donc expulsée du territoire national. On veut ce qui bosse, on ne veut pas ce qui rapine. Et puis, deuxièmement, nous avons souhaité imaginer un examen de langue française, parce qu'on ne peut pas rester sur le territoire de la République sans parler correctement français.

4:29
Invité

La question est de savoir si au bout d'un moment, ces étrangers qui auront ce titre de séjour pourront devenir à un moment français.

4:37
Gérald Darmanin

Alors là, vous parlez de deux choses extrêmement différentes. Il y a les étrangers qui sont réguliers sur le territoire national et puis il y a ceux qui deviennent français.

4:43
Présentateur

Ceux à qui vous allez donner ce titre de séjour pour l'instant d'une durée d'un an qui sera peut-être, si on l'a bien compris, renouvelable. Est-ce qu'un jour, ils pourront avoir la nationalité française ?

4:51
Gérald Darmanin

Mais ça, la nationalité française, elle s'acquiert selon des cheminements qui ne sont pas du tout ceux du texte de loi. Il n'y a pas d'article sur le code de nationalité dans le projet de loi que nous présentons. Pour devenir français, ce sont des choses différentes que pour être réguliers sur le territoire national. Pour devenir français, il y a un certain nombre de critères qui sont notamment des entretiens d'assimilation que nous avons mis en place, je le rappelle, ce gouvernement-ci, et des examens de demande français qui sont très difficiles.

5:13
Invité

Et la présence sur le territoire, ainsi que le travail.

5:15
Gérald Darmanin

Je rappelle qu'on naturalise sous Emmanuel Macron 22% de gens en moins que sous le quinquennat précédent. Donc, il faut accueillir ceux qui veulent s'intégrer, leur donner une vie administrative normale, qu'ils puissent éduquer leurs enfants dans des conditions acceptables dans la République, qu'ils puissent aussi bien comprendre que s'ils travaillent en France, s'ils parlent français, ils seront intégrés, s'ils commettent des actes de délinquance, ils seront expulsés, et ne pas rentrer, évidemment, dans ce qu'on pourrait appeler une forme d'hypocrisie générale.

Vous savez, quand j'entends des dirigeants politiques nous dire que l'on va régulariser des personnes et que ce serait la fin de la France, je leur dis que, quand ils mangent dans des restaurants, ils ne regardent manifestement pas qui leur fait leurs plats. Et ces plats bien français, parfois, sont faits par des étrangers qui n'ont pas de papier et qu'eux-mêmes, quand ils étaient en responsabilité, ont laissé rentrer sur le territoire.

6:02
Invité

Mais si on suit votre logique, Gérald Darmanin, si un jour le métier redevient attractif et qu'il y a trop de main-d'oeuvre, la personne qui a été régularisée pendant un temps donné, avec ce titre de séjour, rentre chez elle ?

6:13
Gérald Darmanin

Alors, il y a une question de liste de métiers en tension. Donc, ce qu'il faut bien voir, c'est que c'est d'abord une négociation sociale et patronale avec le ministère du Travail. Nous devons lister ces métiers en tension. Le jour où les métiers ne sont plus en tension, évidemment, nous n'ouvrirons plus de possibilités de régularisation. Et ceux qui sont déjà là ?

Et ceux qui sont déjà là, évidemment, s'ils ont montré qu'au bout d'un an, ils s'intégraient à la République, qu'ils avaient toujours leur emploi parce que leur employeur a considéré qu'il fallait évidemment les garder et qu'ils n'ont aucun casier judiciaire, ont possibilité de rester sur notre sol en demandant un titre de séjour plus long. Précision importante, Gérald Darmanin. Mais je le rappelle, pardon, il y a deux critères qui n'existent pas aujourd'hui que nous mettrons. Un, ces gens doivent passer un examen de français aujourd'hui pour avoir un titre de séjour long. On ne passe pas d'examen de français.

6:55
Présentateur

Il faut s'engager à apprendre le français.

6:56
Gérald Darmanin

Non, non, on ne va pas s'engager. Il faut passer un examen comme aux Etats-Unis, pardon, exactement. Il faut s'engager comme aux Etats-Unis, passer un examen et réussir cet examen pour rester sur le sol de la République et de n'avoir aucun casier judiciaire.

7:07
Présentateur

Précision importante, ce dispositif métier en tension, est-ce qu'il s'applique à ceux qui sont déjà là ou aussi aux futurs immigrés ?

7:13
Gérald Darmanin

Non, il ne s'applique qu'à ceux qui sont déjà là, bien sûr, puisqu'il s'agit de mettre fin à l'hypocrisie. C'est-à-dire que notre immigration, en quoi elle consiste aujourd'hui ? C'est une immigration, d'abord, qui, en Europe, ne va pas s'arrêter. Je pense qu'il faut le dire aux Français, il faut dire la vérité aux Français. On a, par exemple, plus de 60% de demandes d'asile depuis le 1er janvier dans tous les pays européens. Et tous les pays européens, regardez l'Allemagne, ont les mêmes problèmes que nous. Qu'ils soient gouvernés par des gens de très à droite ou très à gauche, ils ont les mêmes problèmes que nous.

Donc nous devons regarder les choses, non pas en étant pour ou contre l'immigration, ce qui ne veut absolument rien dire d'être pour ou contre l'immigration. La question est de savoir quelle immigration veut-on sur le territoire national ? Nous nous souhaitons davantage une immigration de travail qu'une immigration familiale, alors qu'aujourd'hui notre immigration est plutôt familiale que de travail. Et deuxièmement, quelle exigence nous demandons aux étrangers pour rester sur notre sol durablement ? Nous leur disons, il faut travailler, il faut parler français, et il ne faut avoir aucun casier judiciaire.

Mais être contre les étrangers par principe, c'est absurde, et par ailleurs c'est assez inhumain.

8:12
Présentateur

On va parler dans un instant du volet plus répressif de votre loi, Gérald Darmanin, le temps du fil info, à 8h41 avec Mathilde Romagnon.

8:20
Invité

Huit syndicats et cinq organisations de jeunesse préviennent le gouvernement s'il reste arc-bouté sur son projet de réforme des retraites. Il y aura une mobilisation en janvier sous forme de manifestations et de grèves. Le principal point de tension, le recul de l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Le gouvernement présente cet après-midi le projet de loi Immigration à l'Assemblée nationale, avec d'un côté la création du titre de séjour métier en tension, de l'autre le durcissement de la mise en application des OQTF, les obligations à quitter le territoire français.

Le youtubeur Norman Tavo, placé en garde à vue pour viol et corruption de mineurs, le vidéaste aux 12 millions d'abonnés, est accusé par six femmes de relations sexuelles non consenties et d'échanges de photos à caractère sexuel. Cinq d'entre elles étaient mineures au moment des faits présumés. Au Mondial de football au Qatar, le Brésil et la Croatie se sont qualifiés hier pour les quarts de finale. Deux dernières places en jeu pour la suite et deux matchs aujourd'hui. Maroc-Espagne, c'est à 16h. Portugal-Suisse à 20h. France Info

9:22
Présentateur

Gérald Darmanin, vous avez dit récemment que vous vouliez, je cite,

9:31
Invité

rendre la vie impossible aux étrangers en situation irrégulière. Ça veut dire quoi ?

9:36
Gérald Darmanin

Aujourd'hui, une partie des personnes qui sont en situation irrégulière et qui ne travaillent pas, ne sont pas dans les métiers en tension, ont des casiers judiciaires ou doivent depuis très longtemps partir du territoire national et ils doivent repartir, malheureusement n'ont pas toujours le message qui consiste à repartir. de leur pays d'origine. Ça passe par une meilleure façon de travailler des préfectures en France. Donc ça, c'est notre travail et on a une grande réforme à porter. Je ne vais pas détailler ici, mais elle est très importante.

Ça passe aussi par le fait que normalement, on doit bien pouvoir dire à la CAF, par exemple, qu'il n'y a plus de prestations possibles lorsqu'on est étranger en situation irrégulière.

10:12
Invité

Donc plus de prestations sociales ?

10:13
Gérald Darmanin

Mais ça, c'est la loi déjà.

10:14
Invité

Pas de logement social non plus ?

10:15
Gérald Darmanin

Alors, exactement. Le logement social ne peut pas rester, le bail social ne peut pas rester lorsque la personne est devenue en situation irrégulière. Donc ça demande une meilleure information, notamment de la part des préfectures vers les bailleurs. Je voudrais attirer votre attention sur le fait qu'une grande partie des étrangers en situation irrégulière en France étaient des gens qui sont arrivés régulièrement en France.

10:35
Présentateur

Et dont il y a de ces gens n'a pas été renouvelé, par exemple. Soit il n'a pas été renouvelé, soit effectivement nous l'en avons retiré.

10:41
Gérald Darmanin

Et le problème n'est pas la personne qui traverse les Pyrénées ou les Alpes avec son baluchon dans des conditions extrêmement difficiles et qui arrive sur notre sol. Cette personne n'a pas de prestations sociales et n'a pas de beaux sociaux, puisque évidemment ne l'appliquons pas ce genre de choses lorsque ces personnes arrivent dans des situations totalement irrégulières.

Notre grande problématique, c'est les gens qui arrivent régulièrement sur le territoire national avec un visa, par exemple, de tourisme et qui restent sur notre sol sans le dire à personne et qui ont pu négocier alors soit des prestations sociales, soit un logement social lorsqu'ils étaient régulièrement sur le territoire national. Donc il y a un énorme travail à faire, pas tellement logistique, mais surtout de réglementaire et de management des préfectures que je suis en train de mener pour effectivement que les étrangers...

11:25
Invité

Un peu logistique quand même, parce que si vous demandez à tous les bailleurs sociaux d'expulser ceux qui ont perdu leur titre de séjour, puisqu'ils sont en situation irrégulière, que deviennent ces gens ?

11:35
Gérald Darmanin

Ah ben ils doivent partir du territoire national.

11:36
Présentateur

Si les pays refusent de délivrer des... C'est le cas aujourd'hui, l'Algérie par exemple bloque les laissés-passés.

11:42
Gérald Darmanin

Ce n'est plus le cas pour l'Algérie, pour la Tunisie et pour le Maroc. Encore en partie. Et nous nous en réjouissons. On améliore très largement désormais les relations que nous avons avec ces pays, notamment grâce au déplacement du président de la République. On a par exemple augmenté de 21% depuis le début de l'année le nombre de personnes qui ont été reconduites dans ces pays. Donc on est dans une bonne évolution. Il y a par contre des pays pour lesquels, certes très minoritaires, mais pour lesquels nous ne pouvons pas expulser les personnes, parce que nous n'avons pas de relations diplomatiques avec ces personnes. Je pense à l'Afghanistan par exemple.

Et donc il y a un en même temps que le travail sur les personnes irrégulières, un très gros travail sur l'asile, puisqu'une partie aussi de ces personnes que nous ne pouvons pas expulser sont en fait éligibles à l'asile, que nous mettons trop de temps à donner, ou trop de temps à refuser. C'est aussi l'objet du projet de loi.

12:27
Présentateur

Gérald Darmanin, depuis que la France a décidé d'accueillir l'Océane Viking, il y a quelques semaines, une vingtaine de mineurs se sont évaporés dans la nature, et 123 personnes ont été remises en liberté par la justice, faute de pouvoir statuer sur leur cas dans les temps indiqués par la loi. Est-ce que c'est un fiasco pour le ministre que vous êtes ?

12:45
Gérald Darmanin

C'est un fiasco européen d'abord. Je rappelle que nous avons accueilli ce bateau par humanité parce que l'Italie ne voulait pas le faire.

12:51
Présentateur

En promettant de gérer ces cas les uns après les autres,

12:54
Gérald Darmanin

ce qui n'a pas été fait. Si, bien sûr que si. Nous respectons l'état de droit français. Nous avons pu expulser quatre personnes, ce qui a déjà été fait, et les autres sont demandeurs d'asile, et donc sont inscrits à l'asile français. Et nous sommes en train, en ce moment, je retourne à Bruxelles d'ailleurs dès jeudi, de terminer la relocalisation, c'est-à-dire les mises dans d'autres pays européens, des deux tiers de ces étrangers qui sont sur nos consens. Ce n'est pas de mea culpa sur la façon dont on s'en sait pas. C'est comme vous disiez, par exemple,

13:17
Présentateur

je suppose que vous l'avez fait comme nous, Gérald Darmanin, ce qu'ont dit les avocats de ces personnes. Je les cite. On a fait appel à des interprètes anglais pour parler à des Pakistanais. On a appelé une femme de ménage du commissariat de Toulon, réquisitionnée comme interprète en langage.

13:30
Gérald Darmanin

Arrêtons quelques instants le procès contre la France au moment où le président de la République a pris la seule décision qui faisait honneur à la France, c'était d'accueillir un bateau où il y avait plus d'une trentaine de gamins, dont quelques-uns parfois de quelques années ou de quelques mois, et qui étaient en train de mourir, il n'y a pas d'autre mot, au large des côtes italiennes et françaises.

13:49
Présentateur

Ma question ne porte pas sur ce point, mais sur ce qui s'est passé en France à Toulon. Mais moi, je vais vous dire,

13:53
Gérald Darmanin

je suis très fier d'avoir contribué sous l'autorité du président de la République à accueillir ce bateau. Et je suis très honoré de la façon dont la France, aujourd'hui, répond à la demande des droits de l'homme. Et oui, nous aurions dû accueillir ce bateau parce que l'Italie n'a pas fait son travail et n'a pas accepté le droit international et le droit de la mer. Et je suis d'ailleurs très heureux que l'Europe s'en soit rendue compte en convoquant la semaine dernière ce sommet européen qui nous a permis d'être très clairs sur ce que nous allons faire à l'avenir.

14:18
Invité

Mais ça, ce n'est pas l'avis de votre prédécesseur, Gérard Collomb, qui dit qu'en accueillant l'Ocean Viking, on a ouvert une nouvelle brèche.

14:24
Gérald Darmanin

Est-ce qu'il y a eu d'autres bateaux qui sont arrivés depuis l'Ocean Viking ? La réponse est non. Que se passera-t-il si il y en a un autre qui arrive demain ? N'exagérons rien. Nous nous sommes mis d'accord en européen pour qu'il se soit évidemment le droit de la mer qui soit absolument appliqué. Donc le port le plus proche. Exactement. La France a dit que c'était à titre totalement exceptionnel. Et je veux redire que c'est grâce à la solidarité européenne que deux tiers de ces demandeurs d'asile seront dans les pays qui ne sont pas la France et qui nous ont accordé, si j'ose dire, une solidarité que nous avions proposée à l'Italie et qui a été refusée.

Donc je pense qu'il faut surtout se poser la question de savoir qu'auraient fait les dirigeants politiques qui critiquent cette décision s'ils étaient en notre responsabilité. Ils auraient laissé mourir ces enfants au large de Toulon ? C'est ça qu'ils auraient fait ? La politique, ce n'est pas un choix entre une bonne et une mauvaise décision. Sur le traitement des dossiers en France, Gérald Darmanin, vous ne faites pas de mauvaise décision.

15:12
Présentateur

On ne dit pas qu'on aurait dû améliorer...

15:13
Gérald Darmanin

Mais sur le traitement en France, ce qui est évident, c'est qu'il faut qu'on change notre droit. D'où le texte de loi que nous présentons aujourd'hui. Il est évident que nous devons améliorer les délais de traitement pour le juge des libertés de la détention pour qu'ils prennent non pas simplement 24 heures, ce qui est le droit aujourd'hui, mais peut-être plusieurs journées pour pouvoir étudier ces demandes. Parce que la justice n'a pas, contrairement à ce que vous semble insinuer ou à ce que semble insinuer quelques avocats, n'a pas condamné la France du traitement qu'elle a donné à ces personnes. Elle les a libérées.

La justice a considéré qu'elle n'avait pas le temps, dans le droit actuel, de pouvoir regarder les cas, puisqu'il n'était pas prévu dans le droit actuel, que des bateaux puissent arriver sur notre côte. Puisque ça a toujours été le cas, soit à Malte, soit en Grèce, soit en Espagne, soit en Italie. Donc oui, nous devons changer notre droit. Et c'est l'objet d'ailleurs du projet de loi que nous portons, pour permettre au juge de regarder en conscience et en droit effectivement la situation de chacune des personnes et que notre droit aujourd'hui n'est pas adapté. Ça fait deux ans que je suis ministre de l'Intérieur,

16:08
Présentateur

ça fait deux ans que je le dis. Est-ce que la France a l'intention, comme l'a dit votre prédécesseur Gérard Collomb, d'ouvrir sur son territoire des centres de tri et de répartition des migrants, ce qu'on appelle des hotspots ? Non, ça n'a pas été le cas et ça n'a jamais été le cas à ma connaissance.

16:20
Invité

Le patron de RTE, Gérard Darmanin, le gestionnaire du réseau de l'électricité en France, prévient qu'il pourrait y avoir des coupures en janvier si l'on ne fait pas assez d'économies d'énergie d'ici là. Est-ce que vous savez si les prisons et les commissariats seront épargnés par les délestages ?

16:33
Gérald Darmanin

D'abord, nous faisons tous collectivement, je le sais, pour que cela soit évité. Et d'ailleurs, je sais que nous avons déjà gagné beaucoup d'économies d'énergie grâce à l'esprit citoyen des Français et moi, je les en remercie profondément. Évidemment, en cas de délestage, en cas de coupure d'électricité pendant quelques dizaines de minutes ou une heure ou deux, il y a des endroits en France qui seront particulièrement protégés. C'est le cas notamment des services de police, de gendarmerie et les casernes de sapeurs-pompiers.

17:01
Présentateur

Ils pourront par exemple continuer à utiliser leur téléphone et leur tablette, les policiers ? Exactement. Et...

17:06
Gérald Darmanin

Ils sont liés au réseau orange, il me semble. Exactement. Et pour ceux qui ne peuvent pas être sous la protection de l'État par le délestage des personnes qui évidemment sont considérées comme des personnes ayant particulièrement une action vitale pour le gouvernement, il y a des groupes électrogènes qui permettent de faire vivre telle brigade de gendarmerie, telle caserne de sapeurs-pompiers, tel commissariat de police.

17:32
Présentateur

Mais pour les téléphones du quotidien, les tablettes, les groupes électrogènes...

17:34
Gérald Darmanin

Il y a par ailleurs des centres d'opérateurs, vous savez l'appel 17 ou l'appel 18, qui seront évidemment protégés par chacune des préfectures pour qu'il n'y ait pas de coupure d'électricité dans ces centres 17 et dans ces appels 18. Et enfin, pour tous ceux qui ne seraient pas concernés évidemment par ces protections, c'est le 112, je le répète ici à nos concitoyens, ce ne sera pas le 17, ce ne sera pas le 18, mais le 112 que nous devons tous composer parce qu'il est multi-opérateur. Évidemment, les services de police et de gendarmerie et de pompiers seront totalement concernés par ces appels 112.

18:03
Présentateur

Pas de courant, ce n'est pas de digicode, pas d'alarme non plus. Est-ce qu'il y aura des rondes particulières les jours de délestage dans les quartiers touchés ?

18:09
Gérald Darmanin

D'abord, il n'est pas du tout certain que les choses se passent ainsi, il n'est pas tout à fait certain qu'il y ait du délestage, il n'est pas tout à fait...

18:15
Invité

Mais il faut anticiper quand même ?

18:16
Gérald Darmanin

Bien sûr, c'est ce que nous faisons, mais ne faisons pas peur aux Français. On écoute et on lit beaucoup de bêtises. J'ai encore entendu hier, me semble-t-il, des gens qui disaient qu'on allait couper l'électricité aux personnes qui étaient sous respiration à domicile chez soi. En l'occurrence, c'est le porte-parole d'Enedis qui a dit ça. Bon, écoutez, ce qui est évident, c'est qu'on passe notre temps depuis plusieurs semaines désormais que la première liste nous a demandé à y travailler, de repérer ces situations. 4000 personnes sont déjà repérées et évidemment seront protégées.

Je pense qu'il ne faut pas faire peur, peur particulièrement aux Français, que si tout le monde fait un peu d'économie d'énergie, nous passerons évidemment ce cap. Mais en cas de difficultés exceptionnelles, évidemment que nous avons un plan pour que les policiers, les gendarmes, les pompiers soient particulièrement déployés, particulièrement renforcés, d'abord pour accueillir les personnes en cas d'urgence et pour être particulièrement sur le terrain, dans les zones blanches ou les zones en délestage pour pouvoir répondre aux interrogations ou aux appels d'urgence des Français.

19:05
Présentateur

8h52, le fil info, Mathilde Romagnon.

19:08
Invité

Mieux intégrés et mieux expulsés, c'est le but du projet de loi immigration du gouvernement, selon Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, invité du 830 France Info. Le texte est présenté aujourd'hui à l'Assemblée nationale pour un débat sans vote. Il sera examiné par les députés début 2023. Menace de grève et de manifestation en janvier, si le gouvernement maintient tel quel sa réforme des retraites, 8 syndicats et 5 organisations de jeunesse se sont réunis hier pour décider d'une forme de contestation commune face à cette réforme présentée la semaine prochaine par l'exécutif.

L'Agence nationale de sécurité et du médicament mise en examen hier pour tromperie dans l'affaire du Lévothyrox en cause de la nouvelle composition de ce médicament contre les problèmes de thyroïde qui aurait provoqué des effets secondaires chez les patients. Huile de palme, cacao, café ou encore viande bovine, ces produits ne seront plus importés dans l'Union européenne s'ils sont issus de la déforestation. Le Parlement européen et les Etats membres de l'UE ont trouvé un accord ce matin sur ce sujet. France Info

20:11
Présentateur

Le 830 France Info Salia Brakia Marc Fauvel Toujours avec le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin aujourd'hui les policiers peuvent partir à la retraite entre 52 et 57 ans. Est-ce que ce sera toujours le cas après la réforme ou est-ce qu'ils vont devoir travailler plus tard ?

20:27
Gérald Darmanin

La première ministre va annoncer la réforme des retraites. Je ne voudrais pas faire d'annonce à sa place mais il est évident que les agents du ministère de l'Intérieur seront concernés pour travailler comme tous les Français un peu plus et moi j'en suis évidemment un partisan.

20:38
Présentateur

Donc trois ans de plus a priori puisque ce sera le régime général ?

20:41
Gérald Darmanin

On verra ce qu'annoncera madame la première ministre mais il n'est pas question que les policiers les gendarmes les pompiers fassent autrement que le reste des Français. Il y a des situations de départ particulières les policiers par exemple ont ce qu'on appelle la catégorie active comme d'autres métiers c'est-à-dire parce qu'ils risquent leur vie ils ont un certain nombre de bonifications. Nous allons évidemment les garder mais l'idée de travailler plus longtemps doit s'appliquer évidemment à tous et je l'ai déjà dit aux syndicats de policiers.

21:04
Invité

Gérald Darmanin nos confrères du magazine complément d'enquête sur France 2 ont révélé que deux policiers à peau radiés et condamnés pour violences policières ont été réintégrés à la demande du syndicat Police Alliance l'année dernière. Est-ce que vous trouvez ça normal ?

21:17
Gérald Darmanin

Mais c'est le droit. Moi je ne suis pas juge. Le juge a considéré d'abord en première instance puis en appel qui a réduit d'ailleurs la peine de ses policiers qu'il n'y avait pas d'interdiction de profession à faire alors que parfois le juge les prononce vous le savez bien. Ils ont une sanction d'inéligibilité. Et notamment non mais notamment non ce n'est pas vrai aux premières instances ils ont été condamnés je crois à deux ans d'interdiction de travail dans la police nationale et la cour d'appel a réduit à trois mois de deux ans à trois mois la peine de ses policiers donc nous avons appliqué le droit. Ça c'était avant.

La loi de modernisation du ministère de l'Intérieur que je fais adopter d'ailleurs aujourd'hui par l'Assemblée nationale prévoit notamment que tous les policiers qui ont été condamnés soit pour des violences intrafamiliales soit pour trafic de stupéfiants soit pour discrimination racisme homophobie xénophobie eux seront radiés du ministère de l'Intérieur pour la police comme pour la gendarme mais pas pour violences policières mais d'abord il peut y avoir des violences commises par des policiers mais je n'aime pas je refuse le terme violences policières la police

22:21
Présentateur

ils avaient frappé à coup de pied coup de poing un adolescent menotté

22:23
Gérald Darmanin

en l'occurrence la justice a considéré je ne suis pas juge je ne commande jamais des siens de justice qu'elles soient favorables ou pas favorables au ministère de l'Intérieur mais je veux quand même remarquer que ces policiers et notamment à la cour d'appel la justice n'a pas interdit de faire leur métier deuxièmement a réduit de deux ans à trois mois leur interdiction d'exercice je ne suis pas juge à la cour d'appel

22:44
Invité

Gérald Darmanin vous venez de reporter pour la deuxième fois un déplacement que vous deviez effectuer en Corse en fin de semaine vous avez expliqué que le climat n'y était pas favorable vous avez eu peur pour votre sécurité ?

22:55
Gérald Darmanin

non je n'ai pas peur pour ma sécurité mais si c'est pour aller en Corse pour ne pas parler de l'avenir des Corses et de la Corse ce n'est pas la peine vous avez vu un certain nombre de choses qui se passent en Corse notamment de lutte contre la criminalité organisée ce dont je me félicite d'ailleurs j'avais promis aux Corses que nous lutterons fortement contre la criminalité organisée qui gangrène leur île et vu ce qui se passe en ce moment il a été convenu avec tous les acteurs que ce n'était pas le climat serein pour parler de l'avenir de la Corse de ses déchets de son environnement de sa mobilité ou de l'avenir des jeunes Corses mais moi je veux dire que les Corses en ont marre d'avoir je crois le débat confisqué par quelques-uns et je sais puisque le film n'a jamais été rompu ni avec le président Simeone ni avec les maires de Corse que j'ai reçus la semaine dernière ni avec les Corses eux-mêmes que nous devons construire ensemble ce chemin pour la Corse et nous le ferons débarrasser de la grande criminalité

23:44
Invité

les chiffres de la délinquance pour le mois de novembre viennent de tomber pratiquement tous les crimes et délits sont en baisse est-ce que c'est grâce à vous ?

23:53
Gérald Darmanin

non c'est grâce aux policiers et aux gendarmes sur trois mois pas simplement le mois de novembre depuis le mois de septembre on a une baisse très forte de la délinquance moins 16% pour les vols avec des armes beaucoup moins de cambriolage beaucoup beaucoup moins de violences aux personnes c'est une très bonne chose ça fait des violences

24:09
Invité

intrafamiliales qui augmentent

24:10
Gérald Darmanin

alors c'est ce que j'allais vous dire il y a quand même deux points noirs qui continuent à être extrêmement forts des violences intrafamiliales qui augmentent ça c'est pas une délinquance de la rue c'est une délinquance souvent dans les foyers et donc nous devons continuer à accompagner bien sûr ne pas regarder le thermomètre en disant qu'il faut le baisser puisqu'il ne montre que la fièvre qu'il faut s'intéresser à la maladie c'est à dire aux violences intrafamiliales ce que nous faisons et nous continuons à avoir d'excellents résultats sur le trafic de stupes mais je veux redire aussi que c'est malheureusement la vérité des prix pour une fois nous constatons et grâce au président de la République grâce aux moyens qu'on y a mis que la drogue est partout sur le territoire national qu'elle fait naître beaucoup d'argent sale et que cette argent sale finance d'autres sujets comme le terrorisme par exemple et donc même si nous avons de très bons chiffres malheureusement ils sont inquiétants parce qu'ils montrent que la drogue est partout sur le territoire national

24:57
Présentateur

Gérald Darmanin ministre de l'Intérieur merci et bonne journée à vous merci à vous