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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 5 mars 2026 25 min

Carburants : Éric Coquerel demande au gouvernement de "réfléchir à un blocage des prix"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Eric Coquerel, merci d'être avec nous. Bonjour Camille. Bonjour à tous. Vous êtes Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis, président de la Commission des Finances. En ce sixième jour de guerre au Moyen-Orient, le détroit d'Hermouz est toujours bloqué, ce qui va avoir de lourdes conséquences chez nous avec une hausse des prix du gaz et du pétrole. Dominique Schellcher est président directeur général de Coopérative U, invité de France Info ce matin. Il assure que cet argent n'ira pas dans les poches des distributeurs.

0:27
Invité

Le grand gagnant dans cette affaire, c'est qui ? C'est l'État. Plus de 51% du prix que vous payez à la pompe part directement dans les poches de l'État et qui en a besoin en plus actuellement. L'essentiel du prix du carburant, ce n'est pas la marge du distributeur comme on peut l'imaginer, comme on l'entend de temps en temps actuellement, ce sont les taxes.

0:47
Présentateur

Le grand gagnant, c'est l'État. Eric Coquerel, que demandez-vous, celui qui était à votre place hier, le ministre de l'Économie, de prendre des mesures ?

0:54
Éric Coquerel

En tout cas, oui, de s'entarder, y réfléchir. Parce que j'ai peur que si on tarde, ça soit trop tard. De ce que je comprends, les effets mécaniques de l'augmentation, enfin les effets de la guerre sur le pétrole, va produire des augmentations où on va arriver très vite à tutoyer les 2 euros. J'ai cru comprendre que dans certaines stations, c'était déjà le cas.

1:17
Présentateur

Ça commence, oui. Pour l'instant, c'est entre 10 et 15 centimes. Certains craignent plus exactement les 2 euros. Et le ministre de l'Économie a dit non, il n'y a pas de risque de pénurie, ce ne sera pas le cas. Hier, il a dit que ça ne serait pas le cas.

1:26
Éric Coquerel

Oui, des fois, ils annoncent des choses, il ne se passe pas comme ça. Donc moi, je préfère quand même prévenir que guérir. Or, on sait en plus que la question du carburant rentre dans le pouvoir d'achat des Français de manière importante, y compris souvent les Français les plus défavorisés. Et donc, je pense qu'il faut réfléchir à un blocage des prix. Un blocage des prix ? Oui, un blocage des prix de façon à ce que, justement, quelque part, on n'aille pas vers cette augmentation. Parce qu'une fois qu'on y sera, ça sera trop tard.

1:50
Locuteur non identifié

Marine Le Pen propose, elle, de baisser la TVA, de jouer sur une taxation flottante. C'est une bonne idée ?

1:55
Éric Coquerel

Alors, ce n'est pas une bonne idée si vous ne bloquez pas les prix, en tout cas. Ça, c'est sûr. Pourquoi ? Parce que les effets mécaniques, on les connaît. C'est que, quand on a juste baissé la TVA, non seulement on appauvrit les moyens de l'État, ce qui, à mon avis, n'est pas satisfaisant, mais surtout, en réalité, il peut y avoir un effet d'aubaine où l'augmentation des prix continue et, quelque part, en réalité, ça va dans la poche, effectivement, des distributeurs et non pas des consommateurs. Donc, il ne peut pas y avoir de solution, en tout cas, sans le blocage des prix. Ça veut dire quoi, exactement, le blocage des prix ? Comment on fait très concrètement ?

À un moment donné, on arrête le prix là. On est en situation de crise. déclenché par cette guerre. On y reviendra après, je pense. Bien sûr. Donc, à partir de là, de façon à ce que Jean ne me dira pas, on bloque les prix jusqu'à ce qu'on retrouve une situation normale.

2:40
Présentateur

Ça veut dire que, là, à 11h, le ministre de l'Économie reçoit, Dominique Chachac, on a écouté, les grands distributeurs de carburant, et il doit dire, pour éviter les augmentations, on bloque les prix.

2:48
Éric Coquerel

Alors, le ministre de l'Économie, déjà, ce que je pense qu'il devrait faire, et nous l'avons déjà demandé, d'ailleurs, pour les questions de défense et militaire, nous avons demandé, vous savez, un débat, 50-1 à l'Assemblée, sans plus tarder, même si nous sommes, pour l'instant, en réserve électorale. Mais je pense qu'il y a une chance... À quoi ça servirait de débattre ? À quoi sert l'Assemblée nationale ? Sachant qu'en plus, la France s'est tenue très éloignée de sa situation américaine et israélienne. À quoi servirait ce débat ? On va aborder tous les débats. C'est vous qui en parlez.

Mais que ce chasse, la France va envoyer le porte-avions Charles de Gaulle dans la zone et prévoit des interventions défensives. Donc, on voit bien que, si on n'est pas belligérant, pour l'instant, et heureusement, par rapport à cette guerre hors du droit international, on n'est plus complètement, j'allais dire, en dehors de cette affaire. Donc, moi, je pense qu'il y a besoin d'un débat 50-1. Et je serai... Je fais un nid juste là-dessus. Je serai pour qu'il se prolonge très vite sur les questions économiques, puisqu'il y a des réunions d'urgence à Bercy, de façon à ce que les parlementaires soient informés. Et à partir du moment, il puisse y avoir des propositions.

Et parmi ces propositions, je ne dis pas qu'il faut le faire forcément, aujourd'hui, là, pile-poil, mais pendant ces propositions, je crois que, dans l'éventail, le ministre de l'Économie doit assez vite réfléchir à la question du blocage des prix.

3:59
Locuteur non identifié

Et vous le financez comment, ce blocage des prix ?

4:01
Éric Coquerel

Comment ça ? Comment on le finance ?

4:03
Locuteur non identifié

J'imagine que c'est une mesure qui doit être financée par air. Il y a un marché sur lequel on se fournit.

4:10
Éric Coquerel

Oui, donc les distributeurs feront un peu moins de marge. Qu'est-ce que je vous dis ?

4:13
Locuteur non identifié

Donc, c'est aux distributeurs de faire un effort ?

4:15
Éric Coquerel

Oui, alors, on peut éventuellement réfléchir après, si les situations perdurent, non pas sur la TVA, mais sur la CICP flottante, etc. Il peut y avoir des ajustements sur une certaine période, de façon à ce que l'effort soit réparti, j'allais dire. Mais là, dans l'urgence, pour l'instant, vu les marges des distributeurs et les marges des pétroliers dans la situation actuelle, qui, d'ailleurs, pour le coup, ne sont pas à plainte. C'est-à-dire, bizarrement, à partir du moment où vous avez une situation de guerre qui provoque une raréfaction, ce n'est pas forcément les pétroliers qui en sont les victimes. Je parle des entreprises pétrolières.

Et donc, là, moi, je crois qu'on peut se permettre de prendre ces décisions. Ça veut dire quoi, pas à plainte ? Ça veut dire que vous craignez qu'ils profitent de cette crise ? Ah, ça, c'est déjà vu. Je n'ai pas dit qu'ils le faisaient, mais j'ai dit que, pour l'instant, ils ne sont pas à craindre, à plaindre au niveau de leur marge. Donc, on peut, dans le temps imparti, et comme décision urgente, faire en sorte que ça soit sur leur marge, que se fasse le blocage des prix. Sauf qu'aujourd'hui, comme le disait Dominique Schacher,

5:10
Présentateur

entre 50 et 60% du prix du pétrole,

5:12
Éric Coquerel

aujourd'hui, la majorité, c'est l'État. Ce qu'il reste, par ailleurs, c'est des bénéfices quand même très conséquents des entreprises pétrolières. C'est un micro-point.

5:21
Locuteur non identifié

Cette situation, elle est le produit du blocage du détroit d'Hormuz. Emmanuel Macron a évoqué cet enjeu stratégique lors de son allocution mardi soir, en annonçant l'envoi du porte-avions Charles de Gaulle avec une vingtaine d'avions à son bord. Il doit arriver en Méditerranée dans environ huit jours. Est-ce que c'est une bonne chose, selon vous ?

5:39
Éric Coquerel

Non, je ne crois pas. Pourquoi ? C'est tout le paradoxe du discours d'Emmanuel Macron. C'est un peu vis-à-vis de cette guerre. En gros, c'est la guerre qui institue, de manière encore plus forte, le droit du plus fort annoncé par Trump dans les rapports internationaux. On l'a eu sur les questions en Vénézio-là.

5:55
Locuteur non identifié

Il dit, pour être fort, il faut être craint.

5:56
Éric Coquerel

Comment ?

5:57
Locuteur non identifié

Le président dit, pour être fort, il faut être craint.

5:59
Éric Coquerel

Oui, moi, je crois que pour être craint, il faut être compris, d'abord. Et le problème de la situation française, c'est qu'on a un discours qui varie parfois de jour en jour et qui varie même parfois dans le même discours. Par exemple, on ne peut pas à la fois dire, je trouve, qu'on sera uniquement dans des interventions défensives liées avec nos accords internationaux avec certains pays du Golfe. Ça, je peux le comprendre. C'est-à-dire qu'en gros, les drones et les missiles qui arrivent sur les pays avec lesquels on a des accords de coopération, on se débrouille pour qu'ils ne frappent pas ces pays.

Mais en même temps, dire qu'on envoie le porte-avions Charles de Gaulle, j'allais dire qu'il est une menace potentielle un peu plus importante et qui met la France comme un belligérant possible. Pour vous, ce n'est pas simplement défensif, c'est ça ? C'est offensif. Écoutez, à quoi sert d'aller mettre le porte-avions Charles de Gaulle dans cette région du monde, etc. ? J'ai dit aujourd'hui, c'est purement défensif. Je vais revenir à ce qui devrait être la position française, pour moi.

La position française, ça devrait être d'abord de dire cessez le feu dès maintenant et que nous refusons cette guerre, comme on l'avait fait pour la guerre en Irak, parce qu'on retrouve beaucoup de points de comparaison, comme Chirac l'avait fait. On devrait être sur la situation, en gros, que Sanchez fait en Espagne. Vous ne croyez pas si bien ? Regardez, on va l'écouter.

7:12
Présentateur

Justement, le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, qui a pris la parole et qui résume la position de son gouvernement en trois mots.

7:18
Invité

En résumé, la position du gouvernement espagnol peut se résumer en quatre mots.

7:23
Présentateur

Non à la guerre. Il répondait au président américain Donald Trump, qui menace de couper tout commerce avec l'Espagne, puisque le président américain reproche au pays son refus de laisser à l'aviation américaine l'accès à des bases militaires situées dans le sud du pays. Hier soir, la Maison Blanche a quand même dit que l'Espagne acceptait de coopérer. Mais vous, manifestement, vous l'avez écouté, Pedro Sanchez, et vous pensez comme lui qu'il faut éviter tout entrer dans ce conflit.

7:45
Éric Coquerel

Manifestement, Donald Trump l'a écouté aussi, et c'est pour ça qu'il le menace maintenant. Je suis assez satisfait que, moi je l'avais demandé, je suis assez satisfait que, de ce point de vue-là, Emmanuel Macron apporte sa solidarité aux responsables espagnols. Mais oui, je pense que c'est la bonne position à avoir. Pourquoi ? Parce qu'on rentre dans une période extraordinairement dangereuse. Alors, on voit bien qu'il y a un risque, d'ailleurs il est déjà sous nos yeux, de conflits généralisés dans cette région. Mais on voit bien que, vu les acteurs et vu la situation, cela pourrait dégénérer au-delà. On voit bien que la situation économique est complètement perturbée.

et que le fait d'instituer le droit du plus fort, c'est-à-dire à partir du moment où vous avez les moyens, vous décidez d'aller exécuter un dirigeant qui ne vous plaît pas, vous décidez d'envahir ou de bombarder un pays avec lequel vous estimez que les négociations ne vont pas assez vite ou que, en réalité, vous ne voulez pas de négociations, puisqu'on sait qu'il y avait des négociations en cours sur le désarmement nucléaire qui étaient quand même plutôt pas mal parties via Eumann. Bon, on va dans une situation qui rappelle malheureusement ce qui s'est passé avant les deux dernières guerres mondiales, avant qu'on érige le droit international et l'ONU.

Donc la France devrait être du côté du droit international et de l'ONU. C'est ça qui ferait sa force. Et aujourd'hui, on est entre les deux. On revient 100 ans en arrière ? Non, je ne reviens pas 100 ans. Je reviens quelques années en arrière où c'était encore via l'ONU. Avant les deux guerres mondiales ? Non. Ce que je dis, c'est que la situation actuelle ressemble gravement au moment où, dans l'histoire de l'humanité, justement, il n'y avait pas l'ONU, il n'y avait pas le droit international et où on était sur une loi du plus fort. On a vu ce que ça a donné et là, on est en train de repartir sur l'impulsion de Donald Trump et de M. Netanyahou dans cette situation après que M.

Poutine ait fait la même chose en Ukraine. Mais vous remarquerez que sur l'Ukraine, excusez-moi, on a condamné, nous, mais évidemment la France, sans ambiguïté, l'agression russe en Ukraine. Là, on ne le fait pas. Non, le président Emmanuel Macron

9:30
Locuteur non identifié

a condamné une intervention qui se faisait sans le droit international en disant que l'usage de la force n'était pas acceptable dans ces conditions sans cadre légal. Nous, ce qu'on voulait comprendre, c'est que vous, vous réclamez un cessez-le-feu immédiat. Mais un cessez-le-feu immédiat, Éric Coquerel, ça veut dire qu'on laisse le régime des Molas en place ?

9:48
Éric Coquerel

Mais de toute façon, vous savez très bien que l'objectif de Donald Trump, il l'a dit clairement lui-même, ce n'est pas le fait de remplacer le régime des Molas par une démocratie.

9:56
Locuteur non identifié

Ça peut être une des conséquences de l'intervention.

9:58
Éric Coquerel

Mais ce n'est pas ça qui est son objectif. Je veux dire, chacun doit le comprendre, tout comme ce n'était pas l'objectif des Américains quand ils sont intervenus en Irak. On a des leçons sur cette région du monde. On sait que quand vous avez des interventions extérieures, peut-être que vous arrivez à un moment donné à éliminer tel tyran, etc., que nul ne regrettera. Mais en réalité, c'est pour des solutions qui ne sont pas meilleures. Donc, fort de cette histoire, on ne peut pas se retrouver dans une situation où les conflits entre les États se règlent de cette manière-là. Parce que sinon, comment voulez-vous que ça s'arrête ?

Aujourd'hui, ce sont les Américains et les Israéliens qui sont assez forts pour décider qu'ils vont éliminer un dirigeant unien. Mais qui vous dit qu'un jour, ça ne sera pas l'inverse ? Et est-ce qu'on cautionnera le fait que des pays puissent, par exemple, décider d'éliminer M. Netanyahou, si bon leur semble, du fait qu'il est lui aussi recherché pour crime de guerre ? Éric Coquerel,

10:50
Présentateur

on va continuer à dérouler la pensée du pacifiste que vous êtes. Mais pour l'heure, il est 8h45 et il est l'heure de l'info en une minute avec l'ordre du lieu.

11:01
Locuteur non identifié

Emmanuel Macron alerte Donald Trump sur la situation au Liban alors qu'Israël multiplie ses frappes dans le pays, forçant plus de 80 000 personnes à partir de chez elle. Le chef de l'État demande également à Benyamin Netanyahou de s'abstenir d'une offensive terrestre et de respecter l'intégrité territoriale du Liban. « Si nous sommes obligés, nous rentrerons dans le territoire libanais », prévient de son côté l'ambassadeur d'Israël en France. La guerre au Moyen-Orient qui secoue l'économie mondiale et inquiète les consommateurs notamment sur les prix à la pompe.

Roland Lescure recevra aujourd'hui au ministère de l'Économie les distributeurs de carburant dont les prix ont augmenté de quelques centimes en moyenne hier. Pas d'inquiétude sur les stocks de carburant assure ce matin sur France Info Dominique Schellcher, le PDG de Coopératif U. Elle les appelle au 39-19. La ligne d'écoute des femmes victimes de violences en hausse de près de 8% l'année dernière. Le numéro a reçu plus de 108 000 appels en 2025. La grande majorité concerne des appels pour des violences psychologiques et près de la moitié des violences physiques.

La France ne sera pas représentée à la cérémonie d'ouverture des Jeux Paralympiques d'hiver de Milan demain soir, annoncée hier soir de la ministre des Sports pour protester contre le retour des athlètes russes et biélorusses sous leur drapeau lors de la compétition. France Info

12:16
Présentateur

Le 830 France Info Paul Larouturou Camille Vigogne-Lecouat Merci beaucoup Laura du lieu nous sommes avec Éric Coquerel député LFI de Saint-Saint-Denis et président de la commission des finances de l'Assemblée avec Camille on a une question sur la notion de droit international.

12:32
Locuteur non identifié

Oui, mardi soir le chef de l'Etat a pris la parole il a rappelé que l'intervention américaine s'était faite en dehors de tout cadre légal en dehors du droit international mais il a aussi insisté sur la responsabilité première de l'Iran on l'écoute. La République islamique d'Iran porte la responsabilité première de cette situation c'est elle qui a développé un programme nucléaire dangereux c'est la République islamique d'Iran qui a une nouvelle fois en janvier dernier donné l'ordre de tirer sur son propre peuple. Éric Coquerel est-ce que vous êtes d'accord avec ces propos du Président ? Est-ce que les premiers responsables de la situation ce sont les dirigeants iraniens ?

13:03
Éric Coquerel

Ce sont évidemment ils font partie des principaux responsables de la situation indignement Les premiers ?

Il ne vous a pas échappé par exemple que la bombe enfin en tout cas le nucléaire le projet nucléaire iranien est illégal mais qu'Israël a de manière aussi illégale la bombe donc si on parle de désarmement dans la région par exemple je crois et je suis pour il va falloir parler d'un désarmement régional parce que sinon les uns vont considérer qu'en réalité ce qui est bon pour un pays ne l'est pas pour l'autre De la même manière vous dites la responsabilité première par exemple de ce que fait le régime iranien vis-à-vis de sa population et je vous le suis totalement mais la responsabilité par exemple d'Israël vis-à-vis des Palestiniens avec un génocide Pourquoi vous répondez Israël quand on vous parle d'Iran ?

Je reviens là-dessus On n'est pas dans une situation aujourd'hui où quelque part on aurait d'un côté le bien qui pourrait s'affranchir du droit international pour mettre fin j'allais dire à un état sanguinaire et qui mettrait en péril la paix du monde Le problème c'est que de ce point de vue-là le moins qu'on puisse dire c'est que les choses sont partagées et que donc à partir de là c'est bien pour ça que les choses ne peuvent être résolues qu'à partir du moment où on s'abrite derrière le droit international Ce n'est pas ce que font Trump et Netanyahou Ce qu'on n'arrive pas à prendre

14:22
Locuteur non identifié

c'est votre position par rapport au changement de régime Vous dites les peuples doivent prendre leur destin en main et décider eux-mêmes d'un changement de régime Mais les Iraniens se sont soulevés à plusieurs reprises dont récemment en janvier dernier ce mouvement qui a été réprimé qui a causé des dizaines de milliers de morts dans le sang On fait quoi pour les aider dans ce cas-là ?

14:40
Éric Coquerel

On a fait quoi d'ailleurs ?

14:42
Locuteur non identifié

Vous proposez quoi vous à la France Insoumise ?

14:44
Éric Coquerel

Ce que nous proposons à la France Insoumise c'est que par exemple vis-à-vis de l'Iran s'il doit y avoir des mesures de rétorsion qui sont prises ça doit être pris dans le cadre de l'ONU au sein de l'ONU et de décider comme ça mais vous remarquerez qu'encore une fois on serait beaucoup plus habilité justement à être efficace et utile vis-à-vis des dirigeants iraniens quand ils font ça si on l'était également vis-à-vis par exemple je prends Israël parce que c'est l'autre composante qui commet j'allais dire des enfreints par rapport aux droits internationaux aux crimes de guerre aux crimes d'humanité très important donc là-dessus la réponse vous n'avez pas vous n'avez pas je vais vous dire autrement vous n'avez pas de solution

15:25
Locuteur non identifié

il y a un signe égal entre les deux ?

15:27
Éric Coquerel

Vis-à-vis de excusez-moi si vous demandez aux 70 000 palestiniens qui ont été tués aux 200 000 victimes s'ils estiment que monsieur Netanyahou est un peu plus humaniste dans sa façon aujourd'hui d'éradiquer le peuple palestinien je pense que je pense qu'ils n'ont peut-être pas les réponses que vous attendez quand Emmanuel Macron ajoute dans sa allocution s'il vous plaît en réalité attendez juste une chose il n'y a pas un exemple encore une fois je serais prêt à l'apprendre il n'y a pas un exemple de changement de régime positif qui a été amené par la force surtout quand ceux qui agitent la force n'ont pas j'allais dire quelque part une légitimité morale telle que l'on pourrait estimer qu'ils ont droit parce que finalement ils représentent la démocratie et en plus de ça chacun sait que ce n'est pas ça dont il est question c'est le pétrole c'est les intérêts géostratégiques américains on a beaucoup de questions

16:14
Présentateur

et sur Jean-Luc Mélenchon et sur les municipales c'est une question importante c'est pour ça que j'en ai une dernière là-dessus

16:19
Éric Coquerel

c'est pour ça

16:20
Présentateur

que j'en ai une dernière là-dessus que Emmanuel Macron dans son allocution ajoute il reste que l'histoire ne pleure jamais les bourreaux de leur peuple et aucun ne sera regretté on essaie de comprendre très simplement est-ce que vous vous réjouissez oui ou non de la mort de l'ayatollah Khamenei ce matin ? Comment voulez-vous

16:32
Éric Coquerel

que je regrette la mort de Khamenei ? Sur France 24 vous aviez dit que vous auriez préféré qu'il soit traduit en justice ?

Oui bien sûr parce que je pense que moi je suis du côté du droit international et je préférais qu'il soit traduit en justice de façon à justement quelque part faire face à ces crimes tout comme je pense que c'était bien que les dignitaires nazis soient traduits à un moment donné en justice à Nuremberg ne soient pas seulement exécutés je pense que je me place de ce côté-là donc oui je le confirme mais encore une fois la question n'est pas de regretter ou pas la question c'est est-ce que ce qui est en train de se passer va être j'allais dire un signe de progrès et de paix pour l'Iran mais aussi pour les peuples de cette région et j'allais dire que la réponse elle est évidente on l'a depuis des décennies c'est non malheureusement par contre ce que je remarque c'est qu'on rentre dans une situation extraordinairement dangereuse où désormais chacun dès lors qu'il se sentira suffisamment forte se permettra d'intervenir au dehors du droit national ça c'est le risque de conflit mondial

17:30
Locuteur non identifié

Eric Coquerel on voulait aussi vous parler de la France et des municipales qui ont lieu dans quelques jours avec un niveau de tension jamais atteint à gauche entre le parti socialiste et la France insoumise notamment mardi le parti socialiste a publié un communiqué pour dénoncer je cite les caricatures complotistes et propos antisémites intolérables de Jean-Luc Mélenchon ce texte faisait suite à plusieurs épisodes où Jean-Luc Mélenchon a volontairement ou non c'est le débat écorché des noms à consonance juive on écoute comme monsieur Luxman et je ne sais qui encore Luxman pardon après j'en ai pour des heures alors Jean-Luc Mélenchon s'est ensuite dit désolé il a annoncé regretter ses propos que dites-vous à ceux qui n'y croient pas

18:12
Éric Coquerel

écoutez je dis à ceux qui ne croient pas je dis surtout à ceux qui instrumentalisent notamment le parti socialiste après que c'était le cas de ce qu'on a le socle commun macroniste je dis à ces gens-là que vis-à-vis de l'histoire et le danger que nous voyons aujourd'hui c'est-à-dire d'une extrême droite qui grandit dans ce pays et qui peut prendre le poids ils prennent une responsabilité ou plutôt ils sont totalement irresponsables parce que attaquer la principale formation de gauche soit en la remettant sur une question du ni-ni ni-ren ni-éléfi puis maintenant on voit bien que c'est l'exclusion de l'éléfi seul parfois même à l'avantage du RN comme le proposait Ron Berger avec des alliances avec le RN ou comme le fait le parti socialiste c'est-à-dire en excluant toute alliance en nous mettant quasiment sur le dos la mort du jeune identitaire à Lyon et en nous mettant sur le dos un antisémitisme dont on voit bien qu'il est fabriqué depuis maintenant des mois bien sûr depuis notre position sur le génocide en cours commis par Israël je peux vous dire que c'est là-dessus que nous avons hérité de la question de l'antisémitisme et que c'est pas nouveau parce qu'à chaque fois que la gauche radicale prend de l'importance dans nos pays occidentaux ces dirigeants se voient traités d'antisémites ça a été le cas avec Corbyn c'est une manière de les discréditer

19:36
Présentateur

quand Raphaël Glucksmann sur France Info dit on ne joue pas avec une salle sur des noms à cause de son annonce juive ou étrangère Jean-Luc Mélenchon confirme qu'il est devenu le Jean-Marie Le Pen de notre époque

19:45
Éric Coquerel

je vais vous dire je trouve ça lamentable je vais vous dire pourquoi parce qu'il a été plus loin il a même parlé de Jean-Marie Le Pen du signal du détail pardon le détail je vous rappelle que le détail de Jean-Marie Le Pen quand Jean-Marie Le Pen a utilisé ce terme-là non seulement il a assumé le fait que c'était bien le fait de dire que la Shoah était un détail de l'histoire dans j'allais dire ce qu'était l'antisémitisme évident de Jean-Marie Le Pen même si M. Bardella estimait qu'il n'était pas antisémite bon est-ce que Jean-Luc Mélenchon a un moment par rapport au fait d'avoir écorché effectivement le nom de M.

Glucksmann tout comme dans le même discours il avait écorché les noms de Mme Sulebout etc ce n'est peut-être pas à faire ça c'est clair raison pour lesquelles il l'a dit est-ce qu'à un moment donné il a Jean-Luc Mélenchon assumé qu'en réalité il utilisait ça pour j'allais dire pointer la judéité de M.

Glucksmann bien sûr que non donc si c'est le cas on peut peut-être entendre que quand par exemple Jean-Luc Mélenchon dit son désaccord sur le fait ou en tout cas remarque depuis que l'affaire Epstein se lance on a plutôt tendance à parler d'une consommation russe Epstein c'était ça dont il s'agissait en laissant penser peut-être que finalement les Russes seraient dans l'affaire est-ce que ça la vaut est-ce que pour vous vous croyez que quand il parle d'Epstein il pense au fait que Epstein serait de religion juive ou alors ou de reculture juive ou alors est-ce qu'il pense plutôt que c'est un pédéo criminel en série ce qu'on entend surtout c'est que ce n'est pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon

21:15
Locuteur non identifié

joue avec ses consonances ou alors se trompe dans la prononciation de patronyme juif ce qu'on lui reproche également c'est son soutien à la jeune garde malgré le décès de Quentin que vous avez cité selon les nouveaux éléments de l'enquête il y a 7 jeunes hommes qui sont mis en examen tous membres de la jeune garde ou proches de l'organisation des nouvelles interpellations et une lieu inère vous continuez toujours de soutenir ce mouvement

21:37
Éric Coquerel

écoutez j'ai vu d'ailleurs que dans le texte du PS on nous pointe quasiment la responsabilité sur la mort de jeunes identitaires alors que nous avons toujours été très clairs sur la question de la non-violence et que évidemment nous avons condamné ce qui s'est passé à Lyon mais qu'importe on peut faire ce qu'on veut je vais répondre à votre question et ça va répondre vous me dites vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon ce que le système en gros c'est-à-dire tous ceux qui pensent que quelque part ils doivent en réalité alterner à la tête du pays pour finalement faire la même politique et surtout ne pas rompre avec les politiques néolibérales actuelles nous reprochent et d'exister voilà le parti socialiste n'a jamais supporté on va dire la direction du parti socialiste parce que vous avez remarqué qu'on a fait un appel aux militants et aux élus qui ne mettent pas en application cette mesure cette consigne irresponsable de pas d'alliance nulle part parce que ça sera la porte ouverte à l'extrême droite aux municipales ou et même aux présidentielles si vraiment cela a été mis en place mais ce que fait la direction du parti socialiste c'est en réalité qu'elle n'a jamais supporté que la gauche dans ce pays majoritairement soit représentée par une gauche de rupture une formation de rupture qui à partir de là est en capacité peut-être de gouverner le pays et donc les attaques fusent je pense que fusent en plus dans un moment où j'insiste sur leur irresponsabilité lisez le bouquin de Johan Chapouto qui s'appelle les irresponsables je vous fais ce conseil je fais ce conseil à nos auditeurs parce qu'ils vont voir beaucoup de comparaisons entre la montée du nazisme dans les années 30 avec différentes forces qui appartenaient à ce qu'on appelle aujourd'hui l'hypersancle le parti socialiste de l'époque et autres qui peu à peu ont préparé la voie du nazisme se sont plutôt acharnés contre les formations de gauche et ce qui se passe aujourd'hui donc moi je dis que c'est totalement irresponsable

23:17
Présentateur

il est 8h57 sur France Info et c'est l'heure de la question qui aujourd'hui la question qui chasse en meute le militant pour les droits de l'enfant l'IS Loufoque ancien double candidat LFI aux législatives a choisi de soutenir le candidat socialiste à la mairie de Paris qui s'appelle Emmanuel Grégoire est-ce qu'il lui vaut des accusations de trahisant par des militants LFI il vient de supprimer son compte X il rompt avec votre parti est-ce que encore une fois il n'y aurait pas un problème de violence dans votre parti

23:42
Éric Coquerel

j'ai vu ça écoutez j'ai juste de voir ça je ne savais pas que vous avez me posé des questions parce que je n'étais pas au courant donc je vais vous me permettrez de regarder un peu plus attentivement que de voir des titres de journaux qui alertent là-dessus je peux juste vous dire que sur le cyber harcèlement en ligne sur les attaques etc le moins qu'on puisse dire c'est que nos adversaires ne sont vraiment pas au reste vis-à-vis de nous donc je veux bien qu'on nous impute absolument tous les travers y compris de ce qui se passe sur les réseaux sociaux qui est souvent à condamner par ailleurs mais je trouve ça je trouve que la ficelle est un peu grosse Aucun tort chez vous là-dessus moi je ne suis pas d'accord globalement je ne suis pas d'accord avec le cyber harcèlement en ligne je ne suis pas d'accord avec la manière souvent dont on agit les réseaux sociaux en général mais je peux simplement vous dire je ne sais pas ce qui est arrivé à ce militant que par ailleurs je vous rappelle on avait investi deux fois à deux reprises bon je ne sais pas ce qui est arrivé à ce militant je vous dis juste que si on veut regarder les attaques en ligne et même les menaces directes de mort que nous recevons etc du fait par exemple que certains nous traitent d'antisémites une militante encore hier un député Marianne Maximi qui a été agressée sur ce thème à Clermont le moins qu'on puisse dire c'est que je ne crois pas qu'on soit du côté des coupables merci beaucoup

24:51
Présentateur

Eric Coquerel merci Camille Ligon-Lecouat on vous lit dans le nouvel observateur le nouvel obs qui s'appelle maintenant restez avec nous dans un instant les informer avec Paul Barcelone à tout de suite sur France Info à tout de suite sur France Info qui s'appelle

25:00
Locuteur

à tout de suite sur France Info