Line Renaud : "La fin, je la sens venir, elle est à ma porte : ben, qu'elle frappe !"
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Questions et réponses
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- 0:03OuverteRéponse directe
Quand on vient vous voir, on vient voir une femme qui a 80 ans de carrière, qui n'a pas peur de parler publiquement de sa mort, alors on commence par prendre de vos nouvelles. Comment ça va Ligne Renaud ?
- 0:20OuverteRéponse directe
Comment vous vous sentez, comment vous vous portez ?
- 0:37OuverteRéponse directe
Et alors cet AVC, ces Covid qui ne vous ont pas loupé, vous n'êtes pas passé loin ?
- 1:04OuverteRéponse directe
Vous dites vous-même dans votre autobiographie, dans votre dernière lettre, que vous êtes une malade récalcitrante. C'est un secret de longévité ?
- 1:55OuverteRéponse directe
Et vous dites aussi, il y a des femmes qui font un déni de grossesse. Moi, je fais un déni de vieillesse. Ça veut dire quoi ?
- 3:01OuverteRéponse directe
J'aimerais, Ligne Renaud, qu'on parle ensemble de la France que vous avez connue quand vous étiez petite, quand vous étiez jeune femme, de la France dans laquelle vous avez embrassé des causes et des combats, et de la France d'aujourd'hui.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:12InvitéFait
« Je hais le repos, je hais la sieste, je hais la grasse matinée, je hais le silence, je hais la solitude et les vacances. »
- 3:28InvitéFait
« Non. »
- 3:30InvitéFait
« Ça, c'est une des plus belles choses qui puisse arriver à la France. »
- 3:47InvitéChiffre
« J'avais 18 ans. »
- 4:15InvitéFait
« Donc, là, on a fait venir notre docteur de famille qui a fini l'avortement, si vous voulez, mais sur la table de la salle à manger. »
- 5:16InvitéFait
« Madame Veil était magnifique. J'adorais cette femme. »
- 5:23InvitéFait
« Oui, je l'ai connue. »
- 6:58InvitéFait
« Ah oui. »
- 7:03InvitéFait
« Fernando, j'en étais amoureuse. J'en étais amoureuse. »
- 7:40InvitéFait
« Je l'ai appris parce qu'il est retourné en Argentine et j'ai appris par courrier de quelqu'un de sa famille que Fernando était décédé du sida. »
- 8:53InvitéFait
« Je l'ai appris en 1985 et donc tout de suite, tout de suite, j'ai fait l'association des artistes contre le sida en 1985. »
- 9:09InvitéFait
« Pierre Berger est venu se joindre à moi et nous avons fait « Ensemble contre le sida » qui s'est transformé en « sida action ». »
- 9:35InvitéFait
« Au début, c'était très... Attendez, moi, je me suis mise à défendre ces malades, mais j'ai reçu des lettres d'insultes en pagaille. »
- 9:51InvitéFait
« Tu vas voir, tu vas perdre ta popularité. Il faut que tu saches que tu vas perdre ta popularité. »
- 10:05InvitéFait
« Elisabeth Taylor, elle s'est engagée très tôt, elle aussi, dans la lutte. »
- 11:15InvitéFait
« Mais tout est en cause. Grand point d'interrogation car Elisabeth a très mal au dos. »
- 12:07InvitéFait
« C'est vrai. Je ne connaissais rien de la souffrance comparé à ce que j'ai appris de la souffrance depuis le SIDA. »
- 12:30InvitéFait
« Willy Rosenbaum me disait « Il n'y a rien, qu'on ne peut leur vendre que de l'espoir ». »
- 12:50InvitéFait
« On a trouvé la science qui a fait de tels progrès. »
- 13:28InvitéFait
« Il faut croire que oui, parce que je cherche toujours à ce qu'on... Là, je fais une demande à ce que les gens puissent mourir dans la dignité. »
- 14:05InvitéFait
« J'ai vu ma mère souffrir. Ma mère a souffert. »
- 15:00InvitéFait
« C'est mieux que suicide assisté. C'est mieux qu'euthanasie ? Aide active, c'est mieux que suicide assisté. Même si ça veut dire la même chose. »
- 15:43InvitéFait
« Oui ? Contre l'avis de mon père. »
- 15:50InvitéFait
« Mon père était athée. »
- 16:25InvitéFait
« Je suis catholique et pourtant, j'admets tout ce que vous voulez dire. »
- 16:49InvitéFait
« Ah oui. Faire ça en pleine épidémie, d'abord, je suis étonné de la part du pape. »
- 17:15InvitéFait
« Je fais ma prière, je peux vous dire où je les fais, le soir en me couchant. »
- 17:19InvitéFait
« Je lui parle. »
- 18:27InvitéFait
« Oui, bien sûr. Mais ce n'est pas moi qui déciderai. C'est la vie. »
- 19:03InvitéFait
« Je ne souffrirai pas comme ma mère. Je ne ferai plus jamais ça à la maison. »
- 19:28InvitéFait
« J'aimerais que ce soit dans mon sommeil. »
- 19:55InvitéFait
« Moi, je demanderais à quelqu'un de m'aider. »
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Bonjour Ligne Renaud. Bonjour Sonia. Quand on vient vous voir, on vient voir une femme qui a 80 ans de carrière, qui n'a pas peur de parler publiquement de sa mort, alors on commence par prendre de vos nouvelles. Comment ça va Ligne Renaud ? A votre avis !
Comment vous vous sentez, comment vous vous portez ? Je me sens très bien. Le matin c'est dur pour me lever, mais parce que j'aime bien dormir un peu plus longtemps, mais autrement tout va bien.
Et alors cet AVC, ces Covid qui ne vous ont pas loupé, vous n'êtes pas passé loin ?
Non, j'ai eu le Covid. Je l'ai eu deux fois. Jamais deux sans trois, mais je ne l'ai pas eu trois fois. Non, on est mal passé.
Vous avez fait un AVC en 2019. Vous dites vous-même dans votre autobiographie, dans votre dernière lettre, que vous êtes une malade récalcitrante. Je vous cite Ligne. Je hais le repos, je hais la sieste, je hais la grasse matinée, je hais le silence, je hais la solitude et les vacances. Eh bien, vous me connaissez bien. C'est un secret de longévité ? Oui, c'est vrai. C'est comme ça qu'on résiste ?
Oui. Vous savez, la vie passe si vite que quand on prend des vacances, on perd du temps. Non, moi, je n'ai jamais pris de vacances. Je n'aimais pas les vacances. On me forçait à prendre des vacances. Mais je me porte très bien comme ça.
Et vous dites aussi, il y a des femmes qui font un déni de grossesse. Moi, je fais un déni de vieillesse. Ça veut dire quoi ? Que vous ne vous êtes pas vue vieillir ?
Écoutez, je ne me vois pas vieillir. Je le sens, probablement. Mais je ne me vois pas vieillir. Je ne suis pas fixée sur l'âge. Je ne l'ai jamais été. Moi, quand je vois des amis, Oh mon Dieu, mon Dieu, je vais avoir mes 50 ans. Mes 50 ans. C'est merveilleux, 50 ans. Alors, je leur dis, ça ne fait que commencer. Et c'est vrai. Bon, moi, c'est plus près de la fin, là. Là, franchement, je tricherais si je vous disais que je me vois loin de la fin. Pas du tout. Je la fais, je la sens venir. Elle est à ma porte. Elle est à ma porte. Ben, quelle frappe !
Et c'est vous qui déciderez quand vous lui ouvrirez. J'aimerais, Ligne Renaud, qu'on parle ensemble de la France que vous avez connue quand vous étiez petite, quand vous étiez jeune femme, de la France dans laquelle vous avez embrassé des causes et des combats, et de la France d'aujourd'hui. On va commencer par l'avortement. L'avortement, c'est l'actualité. Est-ce que vous pouviez imaginer, Ligne Renaud, qu'un jour, en France, on inscrirait la liberté pour les femmes d'avorter dans la Constitution ? Vous pouviez l'imaginer ?
Non.
Non ?
Ça, c'est une des plus belles choses qui puisse arriver à la France. Je suis passé par les faiseuses d'anges.
Ça veut dire un avortement clandestin ? Oui. Vous aviez quel âge ? J'avais 18 ans.
Et donc, j'étais enceinte et... On est allé voir cette faiseuse d'anges. C'est un couloir tout noir. Une femme que je n'ai pas vue. Tout est noir, tout est noir, tout est noir. Et puis, il est arrivé avec deux aiguilles. On m'a mis des aiguilles. Et ça a saigné. Donc, à partir du moment où ça a saigné, je n'étais plus enceinte. Seulement, j'ai fait une septicémie. J'ai commencé une septicémie. Donc, là, on a fait venir notre docteur de famille qui a fini l'avortement, si vous voulez, mais sur la table de la salle à manger. Mon docteur de famille... Enfin, il vaut mieux pas... C'est horrible. C'est horrible.
C'est horrible. Et c'est toujours un souvenir horrible. Oui. Aujourd'hui, à 95 ans, c'est toujours un souvenir horrible. Ça, c'est merveilleux, maintenant. Et à l'époque, vous aviez milité, dans les années 70, pour la légalisation de l'IVG. Oui, oui.
Bien sûr. C'était... Mais... Ça tardait. Madame... Madame Veil était magnifique. J'adorais cette femme.
Oui.
Ah oui, je l'adorais. Vous l'avez connue ? Oui, je l'ai connue. Elle fumait beaucoup. Simone Veil ? Elle fumait énormément. Je disais, ne fumez pas, Simone, ça va me faire du mal.
On va parler, évidemment, du sida, qui est ce combat qui vous a tenu toute votre vie et qui vous tiendra jusqu'à votre dernier souffle, Ligne Renaud. Mais juste avant le sida, juste avant le sida, la France a connu aussi un virage très important, un tournant très important, historique. C'est que l'homosexualité a été un crime jusqu'en 1982. Oui, je sais.
Et dans certains pays, ça l'a encore. Oui. Bon, mais... Moi, pour moi, ce sont des gens comme les autres. Ils sont comme lui, comme moi. Je suis intime, très intime avec les homosexuels. J'adore leur humour. Ils me font rire. Ils sont drôles. Ils sont bons.
Et...
Moi, j'aime la compagnie. Et j'aime la compagnie qui me fait rire. Je suis entouré d'homosexuels.
Et vous l'avez été toute votre vie. Oui. Dans votre dernière lettre, vous faites le portrait, qui est une sorte de portrait hommage, très émouvant, de Fernando. Ah oui. Ah, mais lui, c'était grave.
Pourquoi c'était grave ? Non, parce que... Fernando, j'en étais amoureuse. J'en étais amoureuse. Je dansais avec lui tous les soirs. Cette danse sexy qui était la danse au Casino de Paris, où à la fin, on était enlacés et on tournait enlacés jusqu'au bord de la scène. mais là, j'aurais certainement fauté s'il avait pu. Mais il ne pouvait pas.
Bon, Fernando est mort du sida.
Je l'ai appris parce qu'il est retourné en Argentine et j'ai appris par courrier de quelqu'un de sa famille que Fernando était décédé du sida.
Vous savez qu'aujourd'hui, il y a une proposition de loi, on ne sait pas si elle va être votée ou pas, qui vise à reconnaître la responsabilité de l'État dans les souffrances qui ont été infligées aux homosexuels et même, peut-être, à leur accorder une réparation financière pour toutes ces années avant la dépénalisation. Vous en pensez quoi ? Vous pensez que la société, elle doit réparer les injustices du passé ?
Je viens de vous entendre, j'entends ça pour la première fois. C'est très bien. C'est parfait, ça.
On la vote ? Oui. Alors, la dépénalisation de l'homosexualité, ça a été une immense fête dans la communauté gay en France parce que c'était la première fois qu'on pouvait s'aimer au grand jour. Et c'est pile à ce moment-là, pile à ce moment-là que démarre l'épidémie du sida.
Oui.
En 1983, c'est le moment où les médecins peuvent identifier le virus. Moi, je l'ai appris en 1985. Oui.
Je l'ai appris en 1985 et donc tout de suite, tout de suite, j'ai fait l'association des artistes contre le sida en 1985. Et après, beaucoup plus tard, dix ans plus tard, Pierre Berger est venu se joindre à moi et nous avons fait « Ensemble contre le sida » qui s'est transformé en « sida action ».
Alors, les premiers malades du sida, Lynn Renaud, ce n'était plus des criminels, il y avait eu la dépénalisation, mais la France, elle n'en voulait pas de ces malades-là. Ah oui, bien sûr.
Au début, c'était très... Attendez, moi, je me suis mise à défendre ces malades, mais j'ai reçu des lettres d'insultes en pagaille. Et Elisabeth Taylor m'avait prévenu, elle m'avait dit... Elisabeth Taylor. Elisabeth Taylor. D'Hollywood. Oui, elle m'a dit « Tu vas voir, tu vas perdre ta popularité. Il faut que tu saches que tu vas perdre ta popularité. » Et c'est ce qui s'est passé. Je recevais des lettres d'insultes. Elisabeth Taylor, elle s'est engagée très tôt, elle aussi, dans la lutte. Donc, elle savait. Ça lui est arrivé en Amérique, elle le recevait. Elle m'a dit « Je te préviens, tu vas recevoir des centaines de lettres d'insultes jusqu'à ce qu'ils comprendront.
Plus tu auras de lettres d'insultes, plus il faut leur expliquer ce qu'est le sida. Et puis tu verras, ça sera admis, ça va être admis, les gens vont comprendre. Et ça sera comme une maladie comme les autres. »
Elisabeth Taylor, elle a traversé l'Atlantique pour venir vous aider ?
Oui, elle est venue.
Elle est venue à Paris.
Elle est venue à Paris. Le jour où j'ai fait mon premier gala pour ça, justement, au Paradis Latin. Le Paradis Latin nous avait été offert, 800 dîners nous avaient été offerts par M. et Mme Grigel. Et j'avais demandé à Elisabeth si elle pouvait venir. Et si elle me répond qu'elle peut venir. Mais tout est en cause. Grand point d'interrogation car Elisabeth a très mal au dos. avait très mal au dos. Et donc, jusqu'à la dernière minute, d'abord, Air France nous a prévenu qu'elle était dans l'avion. Donc, on savait qu'elle était sur la route. Quand elle était à l'hôtel à Paris, jusqu'à ce qu'elle soit dans la salle, elle pouvait ne pas être là à cause des crises de dos.
Elle avait des crises de dos énormes. Alors, donc, elle était là.
Dans votre dernière lettre, Aline Renaud, vous écrivez « À titre personnel, j'estime que la lutte contre le SIDA m'a fait grandir. Elle m'a éloignée de mon petit nombril pour m'ouvrir à l'autre et à des souffrances dont je ne connaissais rien. »
C'est vrai. Je ne connaissais rien de la souffrance comparé à ce que j'ai appris de la souffrance depuis le SIDA. J'ai vu des jambes parce qu'au début, quand je me suis occupée du SIDA, au début, il n'y avait rien. Willy Rosenbaum me disait « Il n'y a rien, qu'on ne peut leur vendre que de l'espoir. » Willy Rosenbaum, c'est un grand médecin. Mais il n'y a rien. Donc, j'ai vu des malades du SIDA tellement souffrir que je ne vois pas de souffrance supérieure. C'est terrible. maintenant, c'est beaucoup mieux. On a trouvé la science qui a fait de tels progrès. S'ils se soignent, s'ils suivent les traitements, on peut s'en sortir. Mais on peut toujours mourir du SIDA.
Est-ce que ce sont ces années auprès des malades du SIDA qui vous ont marqué à vie et qui vous ont donné la conviction qu'on doit aider quelqu'un à mourir dignement et qu'on doit l'aider à traverser ses souffrances et à faire le choix de la mort ? Est-ce que ce sont ces années-là qui vous ont forgé cette conviction-là ?
Il faut croire que oui, parce que je cherche toujours à ce qu'on... Là, je fais une demande à ce que les gens puissent mourir dans la dignité. Et mourir dans la dignité, c'est quand on ne les laisse pas trop souffrir, quand on sait que c'est sans espoir, quand on sait que cette courte durée, trois mois, quatre mois, quand on sait les souffrances que ça représente. J'ai vu ma mère souffrir. Ma mère a souffert. Je le dis au docteur, fais quelque chose, mais personne ne pouvait rien faire. Mais quand on voit ces gens comme ça souffrir, on a envie de faire quelque chose. On a envie de raccourcir leur souffrance. mais maintenant, ça serait pris comme un crime. Il faut qu'on donne l'autorisation.
Alors ça y est, on y est, parce que ça aura été votre ultime combat. Le président de la République a enfin dévoilé ses intentions. La semaine dernière, Emmanuel Macron, il a choisi un terme pour parler de ça. Il a parlé d'aide active à mourir. Est-ce que ça vous va, ces mots-là ? Ça veut dire ça.
Ça veut dire qu'il accepte être active pour faire mourir les gens qui ont ces souffrances. C'est d'aide active. C'est mieux que suicide assisté ? C'est mieux qu'euthanasie ? Aide active, c'est mieux que suicide assisté. Même si ça veut dire la même chose.
Alors, la loi, elle n'est pas encore votée. Elle peut être modifiée. Ça va être un débat. Il en a parlé. La loi ne veut pas être votée.
Est-ce que vous avez été baptisée l'une renault ? Oui ? Contre l'avis de mon père. Ah bon ? C'est votre mère qui vous a fait baptiser ? Oui.
Mon père était athée. Et vous êtes catholique ? Je suis catholique. Et alors, comment ça va les relations entre l'une renault et l'église ? Je me suis posé la question parce que l'église et l'avortement ce n'était pas une question évidente quand vous étiez jeune. L'église et le sida ça a été un énorme combat en France et en Afrique ? Oui. L'église et la fin de vie. Là aussi, c'est un frein très puissant. Quel rapport vous avez avec ce catholicisme de l'enfance ? Eh bien, écoutez,
je suis catholique et pourtant, j'admets tout ce que vous voulez dire.
Vous êtes resté catholique. Vous vous sentez encore catholique ? Oui, je suis catholique. Vous en avez voulu au pape quand le pape interdisait les capotes en pleine épidémie d'ifsida ? Oui. Vous lui en avez voulu ?
Ah oui. Faire ça en pleine épidémie, d'abord, je suis étonné de la part du pape. Ça ne vous a pas éloigné de l'église ? Non. Non ? Mais je ne vais pas à l'église. Ah, vous n'y allez pas ? Non. Je ne vais pas. Je fais ma prière, je peux vous dire où je les fais, le soir en me couchant. Donc, vous croyez en Dieu ? Oui. Je lui parle. Alors, lui, je lui parle. Et vous lui dites quoi à Dieu ? Je lui dis ce que j'ai à lui dire, ce que j'ai à lui demander, ce que j'ai à souhaiter pour... Par exemple, si j'ai une amie qui souffre actuellement terriblement, je prie pour elle. Et ça vous a accompagné toute votre vie ? Oui, j'ai toujours prié, sans aller à l'église.
Mon père m'aurait fichu en dehors de l'église. Qu'est-ce qu'il avait contre l'église, votre père ? Il était athée. C'est tout. C'est à lui qu'il faut lui demander.
Et alors, la fin de vie, comme on dit aujourd'hui, en politique, Ligne Renaud, vous vous dites, pour moi, c'est une réalité. Maintenant, elle est là, elle est toute proche, la regarde, elle va s'approcher un jour ou l'autre, elle va frapper à la porte. Elle est plus proche de moi que loin. Oui. Mais, ça signifie que, indépendamment du fait que la loi soit votée ou qu'elle ne soit pas votée, c'est vous qui déciderez ?
Oui, bien sûr. Mais ce n'est pas moi qui déciderai. C'est la vie. Écoutez, la vie est faite de quoi ? La mort est inclue dans la vie. Dans la vie, il y a la mort. Et plus on approche d'âge âgé, 95 ans, plus on s'approche de la mort.
Et vous avez réfléchi à la façon de mourir, c'est-à-dire que vous ne voulez pas souffrir comme vous avez vu souffrir votre mère ? Vous avez pris des dispositions pour ça ? Oui. Oui.
Je ne souffrirai pas comme ma mère. Je ne ferai plus jamais ça à la maison. Non. Parce que vous voulez que ce soit chez vous ? Chez moi, dans mon lit, avec mes chiens. Avec les chiens. Mon chien. Pirate. Avec mon pirate à côté de moi. Voilà. Ça, très bien. Ah, j'ai oublié de vous dire quelque chose. J'aimerais que ce soit dans mon sommeil.
Ah.
Et donc quand Emmanuel Macron dit si un malade qui est proche de la mort le décide, que si un médecin l'accepte et qu'il n'est pas en mesure de faire le geste létal, alors il doit pouvoir demander à quelqu'un de l'aider. Vous pensez la même chose ? qu'il faut pouvoir demander à quelqu'un d'être aidé ?
Oui. Moi, je demanderais à quelqu'un de m'aider. À qui ? Je ne vous le dirai pas. Non. Merci, Ligne Renaud. Il n'y a pas de quoi. Oui.
Le n'y a pas de quoi ?