Emmanuel Carrère : "La Russie veut foutre la trouille au monde"
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Chapitres
Questions et réponses
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- 2:00OuverteRéponse directe
Vous avez beaucoup sillonné la Russie dans les années 90 avec le film Retour à Kotelnitch. Saviez-vous ce que vous alliez chercher en partant ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Limonov concentrait à lui seul l'histoire de la Russie. Qu'est-ce qui vous a fasciné dans ce personnage ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Aujourd'hui, la Russie semble vouloir faire peur au monde. Comment l'expliquez-vous ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Soljenitsyne critiquait l'Occident pour son épuisement spirituel. Partagez-vous cette vision ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Vous avez enquêté sur un Coran écrit avec le sang de Saddam Hussein. Pourquoi ce sujet ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Florence Aubenas a vécu comme femme de ménage pour son livre. Vous adaptez son récit au cinéma. Qu'avez-vous voulu montrer ?
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une grande table des idées qui poursuit son approche du réel dans les yeux d'emmanuel carrère un livre collectif lui consacrer emmanuel carrère faire effraction dans le réel qui paraît aujourd'hui chez p ô elle une écriture qui confronte la vie des autres à la sienne qui replace le témoin en situation le matin du samedi 9 janvier 1993 pendant que jean claude romand tué sa femme et ses enfants j'assistais avec les miens à une réunion pédagogique à l'école de gabriel notre fils aîné d'un livre à l'autre ce jeu que certains trouve obscène et que lui qualifie d'onet est devenu un personnage central de l'histoire et sa voix d'écrivains on la suit depuis un peu comme le joueur de flûte du forum de davos à son interview catastrophe avec catherine deneuve de la préface de l'intégrale des nouvelle de philip k dick à un reportage en immersion dans le coeur des hommes de l'irak aux états unis ça c'était autant d'articles qu'il a écrits rédigés et qui sont publiés dans un recueil de ses chroniques il est avantageux d'avoir où aller on va donc le suivre sans trop savoir où on va rebonjour emmanuel carrère bonjour vous avez beaucoup sillonné la russie notamment dans les années 90 avec ce film retour à kotelnitch vous avez réalisé sorti en 2003 qui relevait d'un genre un peu particulier qu'on appelle les échos documentaire entre votre histoire est celle des autres qu'ils étaient mêlés entre mêlée entre vos rencontres croisées avec vos propres questionnements sur vos origines en partant là bas vous saviez ce que vous alliez chercher non pas du tout il s'agissait d'aller se poser dans une toute petite ville russe 10 ambages vf on va filmer ce qui se passe et s'il se passe rien cette voie là c'est un risque c'est aujourd'hui c2c depuis quelques années c'est de plus en plus difficile de faire des documentaires parce que vous voyez les les commissions qu'ils attribuent de l'argent les les mêmes les chaînes de télévision tout ça elle demande quelque chose de très bizarre pour un documentaire c'est un scénario ce qui est normal pour un film de fiction mais c'est comme si on s'attendait c'est enfin on vous demande de dire exactement ce qui va y avoir dans le documentaire or le propre de dos d'un documentaire c'est qu'on ne sait pas où on va c'est qu'on connaît le point de départ mais on n'a pas la moindre idée du point d'arrivée et moi c'est en cela que je me considère un peu comme un auteur de pain en écrivant comme plutôt du côté du documentaire ce qui m'intéresse c'est de partir de quelque part et de ne pas nous pendant la figure très violemment huot l'imprévu 7 je n'aime pas savoir où je vais sinon jeu sinon j'irai pas si vous êtes allés en russie cette russie où vous avez aussi des racines et accompagné notamment d'olivier rubinstein éditeur il a beaucoup sillonné avec vous cette russie des années 90 je pense bon c'est un livre c'est vrai que c'est un livre un peu atypique dans son oeuvre je pense que emmanuel a été très fasciné et dégoûté par le personnage en même temps c'est à dire une sorte de voile attirance répulsion il a failli arrêter d'ailleurs se livre à un moment donné je me souviens il était puis il avancé dans ses recherches sur limonov plus ceux qui découvraient leur but est plutôt et on avait beaucoup parlé à l'époque lorsqu'il était en pleine rédaction mais je crois qu'il a été finalement fasciné par par le personnage bien sûr et fascine et aussi parce que limonov était un concentré d'histoire russe c'est à dire qu'il y avait chez limonov ont trouvé qu'ils pas un mauvais auteur d'ailleurs qui est un auteur plus vraiment intéressant mais tout n'est pas tu n'es pas bien mais yahia il ya d'autres il a écrit de très bons livres et je pense que emmanuel a été fasciné par oui ce concentré de russie qui l'a trouvé en un personnage voilà qui concentrait la grande histoire russe le bolchévisme le les nas bol dont nationaux bolchévique c'est à dire il concentrait finalement l'histoire de la russie à travers la grandeur à un moment donné est fictive ou non fictive et la chute de l'union soviétique qu'on retrouvait finalement concentré en un seul personnage qui était qui était limonov c'est vrai qu'on n'a été avec emmanuel on a beaucoup sillonné la russie on a été beaucoup ensemble en russie à partir des années 90 où la russie est en pleine décomposition soviétique était en pleine décomposition et c'est pas donné à tout le monde finalement de voir un pays de cette taille en pleine décomposition quelque part c'est extrêmement fascinant ça fait peur et c'est évidemment extrêmement attirant même temps parce que on a l'impression que tout est possible que voilà on voit ce que ça a donné maintenant mais ils ont qu'à l'époque on était dans une autre disposition d'esprit voilà olivier rubinstein évoquant votre ouvrage limonov paru en 2011 ce personnage que vous avez d'ores et déjà raconté qui à la fois vous fasciner et vous repoussait mais qui représentait habite où seul un condensé de la russie et cette russie que vous avez découvert dans les années 90 en quoi elle vous a fasciné emmanuel carrère qu'est ce qu'elle avait de particulier c'est ce que disaient les roubines stein la très bien c'est à dire que la russie des années 90 et 2000 c'était la chute du communisme et ce qui s'est passé dans les décombres du communisme à ce moment là c'était comme on assistait quand même à quelque chose d'extraordinaire c'est pas tous les jours qu'on est vraiment contemporain d'un événement historique de cet ordre qui bon voilà la russie à ce moment là était un homme une espèce de chaos une espèce de chaos incroyablement fascinant qui était une espèce aussi de de viviers de destins incroyables comme ceux comme celui de limonov c'était ça nous ramène à la question du sujet dont on parlait à un moment qu'est ce qui fait qu'on identifie l'histoire de limonov comme un sujet j'ai un tas de gens ensuite ça paraissait assez évident mais un tas de gens me dis mais qu'est ce que tu pas ce qu'ils savaient qu'ils étaient limonov disais qu'est ce que tu vas aller raconter un lait de la vie d'une espèce de petite frappe fasciste et et c'était - l'homme qui vous intéressait que ce qu'il incarnait c'est cela aussi je suis aperçu qu'il y avait à la fois en effet ça racontait quelque chose d'extraordinaire sur l'union soviétique sûr c'est sur la façon dont l'union soviétique est redevenu la russie sur et puis par ailleurs même si je suis passé par des moments de très vives antipathie je garde une vive réprobation politique à l'égard de pas mal de choix de limonov il est vrai qu'un que c'est aussi un formidable personnage de roman d'aventuré est un aventurier et j'ai eu ce plaisir d'écrire un roman d'aventurés j'imaginais pas un jour faire ça et c'était c'était marrant quand même y avait une espèce de 2 malgré tout ça ça s'imprime est une espèce de tempo allègre qui n'est pas mon tempo naturel qui est généralement plus plus lent plus tortueux là il y avait il y avait le le personnage et imposait une fin une espèce de vivacité que j'ai que j'ai beaucoup aimé franchement mais limonov il explorait à travers cette personnalité quelque chose de l'histoire aussi de l'occident et des rapports entre l'ouest et l'est quand vous entendez aujourd'hui que les occidentaux se sont mis d'accord pour accuser la syrie de cyber attaques mondial on parle d'un nouveau climat de guerre froide vous ressentez je ressens même je veux dire je voyage - en russie que je ne les fais les jeux c'est pas allez disons entre 80 entre 90 et epailly 2010 quelque chose comme ça givet - sait moins c mais les dernières fois où j'y suis allé j'ai eu cette impression je sais pas en prenant des trains des trucs comme ça d'un pays qui se prépare à la guerre il savait pas très bien la guerre contre qui mais ils ont envie de faire la guerre et ça c'est assez angoissant à voir ils ont peut-être tous en vie dans ce pique nique sur le site spoutnik ont pendant qu'il parle d'un rapport des présenté par un laboratoire d'idées héritage foundation montrerait que les forces armées américaines aussi évaluerait leurs chances de succès dans le cas d'un conflit d'envergure contre la russie et la chine on a le sentiment qu'aujourd'hui tout le monde se prépare à l'éventualité d'un nouveau conflit c'est vrai et il est en tout cas pour ce qui concerne les personnalités de donald trump et de poutine ce sont quand même des sommes potentiellement belliqueux quoi c'est à dire que l'ale l'espèce déquilibre dote de même celui qui est celui des celui de la guerre froide ou celui ensuite de la détente qui lui a succédé on a l'impression que c'est à cet équilibre est très très très fragile et effectivement ici ici ajoute la chine c'est à dire que c'est pas juste de de de puissance face à face là il y en a largement 3 on aimerait bien que l'europe soit tout petit quatrième enfin je sais pas si on y est si si c'est pour demain en cas de conflit est ouest vous choisissez quelqu'un a alors là je n'y aurais jamais pensé à cette question là incapables de répondre maintenant je me vois mal choisissant un camp dans un dans un conflit de cet or il y en avait un qui redoutait que la russie soit contaminée par les valeurs de l'occident c'est l écrivain et dissident soviétique alexandre soljénitsyne qui mort en 2008 et dont on commémore cette année le centenaire de la naissance et coûté 2 il était à harvard était en 1978 c'est une pensée t il on retrouve à travers ses mots ce qu'on évoquait emmanuel carrère cette guerre des valeurs ou des cultures si quelqu'un me demande si l'ouest est un exemple dit alexandre soljénitsyne la réponse est non à travers beaucoup de souffrance notre société a accompli un développement spirituel d'une telle intensité que le système de l'ouest dans son actuelle état d'épuisement spirituel n'est pas désirable alors vous savez vers la fin de sa vie 2 soljenitsyne apparaissait comme une figure à la fois prophétique est un peu rébarbatives je voudrais on l'oublié un peu soljenitsyne c'est une figure gigantesque d'abord c'est un gigantesque écrivain ce qu'on oublie et j'ai peu d'hommes ont eu une incidence aussi énorme sur le sus sur l'histoire de leur pays et celle du monde au fonds si vous voulez le ce qui a fait tomber le communisme c'est en grande partie soljenitsyne soljenitsyne était convaincu que du jour où on disait la vérité tout tout s'effondrerait et soljenitsyne a passé sa vie à dire la vérité et 7 avec un courage et une grandeur sans égal c'était ça a été le remords de tout le monde en union soviétique parce que tout est il disait ça de façon très belle il disait le l'effet le plus pervers de denis en soviétique c'est que personne ne pouvait la voir des steam pour soi même personne ne pouvait être fier de soi parce que chacun vivait dans une espèce de compromis d'accommodement de petites de petites trahisons de petites délation de choses comme ça et lui même ce qui fait aussi qu'on le redoutait parce que c'était une espèce de moi je vous dis de remords justement sur les cimes et l homme qui disait non c'était l'homme qui faisait aucun compromis avec personne alors effectivement ensuite ça fait voilà cette figure était un peu mais c'est un très très grand homme ce génie 78 90 la russie que vous arpentez à emmanuel carrère et aujourd'hui comment expliquer parce que ce diagnostic semble être de retour quelque part dans les positions aussi que moscou peut tenir aujourd'hui que les russes semblent afficher aujourd'hui c'est à dire la peur d'être quelqu'un d'être contaminés par ces valeurs de l'occident que d'autres tentent de leur imposer oui la réussite très anti occidental lll elle est toute entière ou presque tout entière derrière son président parce qu'ils disaient ils il admire chez poutine et se reconnaissent dans le désir en gros deux pas se faire marcher sur les pieds de dire on est on est les plus hauts on veut on veut vous faire encore c'est à dire cette liasse décès c'est un truc que disait limonov a cédé disait moi ce que je skie mende est un malheureux avec à partir de gorbatchev sais que mon grand pays a cessé de [ __ ] la trouille au monde et c'était ce dont il était fier c'était de [ __ ] la trouille au monde et et je pense que là la russie d'aujourd'hui a quand même un certain désir de [ __ ] la trouille au monde à propos de valeurs spirituelles comme les évoqué soljénitsyne qui peut croire que l'on croit encore à une chose pareille ça c'est ce que nietzsche se demandait à propos de dieu de jésus et de marie mais aussi de la croix et c'est une question que vous posez en ouverture du royaume votre dernier livre dont le matériau de base et les premiers chrétiens le nouveau testament les actes des apôtres cet affaiblissement de l'être humain cette perte de spiritualité elle nous travaille depuis un moment un quai vaucelles qu'évoquer souligne jean comment vous expliquer aujourd'hui ce retour par endroits du religieux de la spiritualité sous une forme sous vidéo dans nos sociétés occidentales le mot de spiritualité me mets toujours assez mal à l'aise j'ai l'impression d'un truc assez vaporeux que quelqu'un peut associer à toutes une espèce de sous peu newedge pour laquelle je suis pas très très bon public moi je me suis moi je me suis beaucoup intéressé à l'eau effectivement au point d'écrire un livre là-dessus au tout début du crédit du christianisme et à la façon et là on n'est pas justement justement dans cette espèce de spiritualité diffuse un peu mollassonne on est dedans toute une histoire absolument extravagantes et où j'essayais saint leu leu la phrase de nietzsche effectivement comment peut-on croire une chose pareille on peut le dire en très mauvaise part on peut le dire aussi avec une avec avec admiration c'est à dire que là qu'est ce qui fait qu'une croyance ici on la regarde bien et est à ce point étrange à ce point je dirais contre intuitives comme on dit apu a pu prendre a pu grandir tendance à dire parce qu'il ya une vérité là dedans cette vérité pour moi n'est pas du tout en ce sens je me sens pas je ne me sens pas du tout chrétien au sens ceux du dogme au sens de l'église catholique au centre confessionnel si vous me demandez si ce que je vous prenez article par article le credo il n'y a pas une case que je cocherel en disant je crois à cela je me paraît même invraisemblable est absurde de le croire il n'empêche qu'il y a quelque chose dans le une espèce de noyau dur du christianisme que auquel je reste profondément attaché qui me semble être une assez bonne boussole dans la vie un qui sait qui est qui et la tactique qui tient dans un certain nombre de pas de paroles du christ qui reste incroyablement paradoxal scandaleuse et une boussole dans un monde qui en manque oui oui il nous sommes dans un monde qui en manque mais à partir du moment où on commence à voilà je viens de dire ça mais en même temps à partir du moment où comment sarko tu as comment dire à revendiquer sa com comme boussole à en faire une espèce de deux de grands machins enfin collectif revendiquait tout ça j'ai l'impression qu'on qu'on s'éloigne du coeur de la chose quoi voilà qui n'est pas qui au fond est malgré tout plus plus plus personnel que collectif je crois pas simplement utilitaire à qu'il faut pas forcer abbas allait pas se dire si vous voulez de toute manière une société reposant sur les valeurs du christianisme est une société qui ne peut pas fonctionner c'est ça serait c'est une roue alors si ça devient le le catholicisme ça devient une institution ça devient si vous deviez l'église ça va fonctionner pendant un long moment actuellement ça de toute évidence ça ne fonctionne plus mais ce qui est le pour moi le noyau dur du christianisme ne peut pas du tout être ce sur quoi on ne peut pas ce sur quoi on fonde une société ça peut être en revanche quelque chose sur quoi on peut on peut fonder le son expérience individuelle oui c'est dans un irak en reconstruction que vous êtes rendu au printemps dernier avec le journaliste luc à manger pour la revue 21 et pour une drôle d'en quête sur l'existence ou non d'un coran écrit avec le sang de saddam hussein là encore on touche au sacré emmanuel carrère dans cette quête c'est à travers elle vous avez aussi réalisé un portrait du bagdad d'aujourd'hui vous avez employé le terme de chaos tout à l'heure et ce qu'il s'appliquerait aussi est-ce que vous avez vu est ce que là bas où vous avez touché du doigt ce que les hommes sont capables de faire alors il faut dire que c'est une formidable histoire c'est je le colle joomla proposé j'étais emballée quand on peut l'être quand on vous propose un grand sujet journalistique l'histoire pour la résumer c'est que vers la fin des 80 des années 90 non oui c'est ça le fils de saddam hussein qui s'appelait houdayer qui était une espèce de psychopathe notoire qui flingue et légendes à vue quand qu'en fait quand il en avait le caprice a arrêté il ya eu un attentat contre lui il il en a réchappé avec quand même trente sept balles dans le buffet et et son père saddam à former se veut extrêmement bizarre de faire faire un coran avec son propre sang pendant deux ans le une infirmière est venue tirer de ceux du centre saddam hussein qu'on apportait au plus célèbre calligraphe irakien et au bout de deux ans c'est ce que ce corps en fait avec le sang de saddam a été remis à la plus à une grande mosquée de bagdad récemment construite qui s'appelle la mosquée mère de toutes les batailles et qui a entre autre singularité que ces minarets sont en forme de kalachnikov et je suis allé avec lucas menget qui est un très bon connaisseur de l'irak passer une quinzaine de jours à bagdad à suivre au fond c'est un formidable fil conducteur pour qu'on peut pour voir quelque chose de de ceux de ce pays cette histoire du coran de sang qui dit moi je pensais que c'était une légende urbaine lucas penser le contraire c'est lui qui avait raison de toute évidence ce corps en a existé et existe toujours même si on est on là par on l'a pas nous retrouver et il pose de très très bizarre question ça parce que si vous voulez de l'avis général cette de la part de saddam hussein c'était ça correspondait au désir de montrer sur le tard une espèce de dévotion à l'islam le fait qu'il était non seulement le une espèce de leader panarabe mais aussi le commandeur des croyants et en même temps tous les religieux car ayatollahs oulémas qu'on a rencontrés à tour de bras tous disent faire un coran avec du sang c'est un blasphème c'est un blasphème donc qu'est ce que ça veut dire de manifester sa ferveur religieuse par un acte blasphématoire c'est une drôle de question que ces ya quelque chose de fausses tient là dedans et sage est une drôle de lumière sur les dernières années du règne de saddam et sur la figure de saddam qui est une figure très intéressante quand même eyliac et l'irak alors là oui l'irak 7,7 se retrouver dans une société effectivement très chaotique alors moi c'est finalement je moi j'ai eu l'impression tout de même d'un pays encore en guerre mon coéquipier lucas menget qui lui connaît très bien l'irak pour y avoir fait 20 ou 30 reportage me disais que par comparaison ça lui semblait un pays apaisé mais hrw à bagdad est encore une ville totalement emmuré où il n'y a pas beaucoup en circule je vous dis entre des murs partout entre des espèces des normes mur en béton qui sont censés protéger habitations bâtiments tous contre des contres des ad des voitures piégées contre moi contre des attentats perpétuel et il est vrai que même si on le fait moins vous voyez il ya déjà des quantités de milices des eaux actuellement désoeuvrés qui ont pas grand-chose qui sont toujours armés qui n'ont pas grand-chose à faire d'autre que enlever des gens allaient demander des rançons emmanuel carrère le prix nobel de la paix 2010 8 et matt noms connus de l'honor on l'entendait dans le journal de thomas cluzel la lutte contre les violences sexuelles contre dans la guerre à travers deux figures celle du congolais denis mukwege gay et qui était appelé le réparateur de femmes et la figure de la yazidi nadia mourad qui est une ancienne esclave sexuelle de l'état islamique vous aviez signé si je ne me trompe une lettre ouverte à emmanuel macron d'un nouveau magazine littéraire de mars cette année pour faire arrêter le viol comme arme de guerre en syrie on voit le symbole d'un prix aujourd'hui pour la paix de la paix qui est remis à des personnalités qui travaillent à réparer des ravages de la guerre pas empêché la guerre mais à réparer les dégâts que commettent les guerres aujourd'hui oui enfin réparer ce qui peut l'être quoi c'est pas bon je sais pas jusqu'à quel point on peut réparer quelque chose mais en fait tout ce qu'on peut oui tout ce qu'on te tout ce qui peut être fait de cet ordre là me paraît ce qui est le plus nécessaire quoi de le est ce qu'il plaise nécessaire et ce qui est si peu que ce soit à notre portée faut aussi penser à ce qu à ce qui est à notre portée on peut pas on peut pas décider de faire quoi que ce soit pour changer l'ordre mondial vous voyez en revanche faire des choses précises comme le font ces ccc ces deux figures effectivement admirable que vous coq et à qui on a donné le prix nobel de la paix enfin je trouve je trouve ça très bien effectivement de deux de récompenser des gens qui font quelque chose aussi à l'heure à leur échelle à leur place emmanuel carrère est notre invité jusqu'à 13h30 france culture votre grande table du vendredi se poursuit pour leur est réservé [Musique] france culture la grande table olivia gesbert fabien gris maître de conférences à la sorbonne en lettres modernes disait de vous que ce qui est intéressant dans la manière dont vous travaillez et notamment dans ce film retour à kotelnitch qu ont évoqué ensemble c'est que le cinéma reflète votre écriture est votre rapport au réel que ce film a joué aussi pour vous un rôle de désinhibition qui a permis à votre écriture d'aller vers le documentaire l'affrontement direct du réel dans une conception assez libre du montage des éléments de votre récit voilà on en revient à ce rapport au réel que vous pénétrez parfois par effraction avec peut-être toujours quand même une intention ce qui est étonnant avec vous c'est que on sent qu'une fois que vous avez trouvé le sujet vous n'avez pas pour autant toujours trouver la forme parfois elle vient d'elle-même parfois elle se fait attendre comme jack london avant elle pour le peuple de la bim la journaliste florence aubenas elle était alors au nouvel observateur a travaillé comme femme de ménage pendant six mois elle est devenue le sujet de son enquête tout en restant le témoin d'une situation elle a raconté comment elle a procédé dans son livre et pour son livre le quai de ouistreham qui était publié à l'olivier écoutez je ne voyais pas de différence je pense pas qu'il y avait une personne qui joue un rôle face et et qu'ils allaient passer le balai puis qui rentrait le soir qui disait mais bon là je reprends mes habits de journalistes et je me mets devant fusionner dans le nez dedans j'étais complètement dedans et c'est à vrai dire c'est ça qui m'a plu et m'a intéressé comme journaliste c'est à dire que je suis parti pour pour cette aventure là en disant voilà contrairement à ce qui se passe souvent quand on est journaliste ou en contrôle tout comme le possède presque le principe de notre métier c'est à dire qu'on sait où on va on a des hôtels on a des téléphones on appelle notre rédaction va dicter temps de signaler leurs enfants nés très encadré et très très contenue et là ce que je voulais c'était lâcher prise justement c'était arrivé quelque part dire voilà je veux me confronter je veux voir la france quotidienne la vie quotidienne en france en temps de crise et donc je vais prendre une situation qui est celle d'un demandeur d'emploi kit initiation à la fois banale est particulière et voir comment ça se passe et donc je me suis inscrite à pôle emploi au chômage et à partir de là j'ai fait ce qui se passait je n'ai pas décidé ni d'être femme de ménage ni de deux camps j'arrêtais parce que j'avais décidé d'arrêter quand j'avais un cdi qui n'était pas une belle fille qui était une date aléatoire j'ai ce livre le quai de ouistreham on a appris que c'est vous qui alliez l'adapter que vous l'avez donc par ailleurs aussi adopté adapté au cinéma qu'est ce que vous voulez montrer à travers cette histoire est ce que c'est justement ce lâcher prise du sujet témoins vous voyez cette cct c'est incroyable comme ça fait tout ce que dit florence aubenas par rapport à toutes les choses qu'on disait y compris même le fait c'est drôle de fait la présence de sept femmes dans le monde on travaille puisque c'est elle qui est à l'origine pour moi de l'adversaire que j'étais même à lille la voir alors je la connaissais pas pour lui demander un peu des tuyaux elle avait d'ailleurs été d'une incroyable générosité en m'ouvrant c'est vraiment son carnet en appelant pour moi je sais pas quel avocat tel truc rome alors que je laquelle me connaissaient pas oui là il ya sept cette démarche là ce consentement à renoncer au contrôle à cela à s'abandonner à ce qui se passe à ne pas savoir ce qui va se passer et à faire ce faire ça pendant six mois c'est quelque chose qui m'inspire de l'admiration et que j'ai envie de raconter maintenant le projet de ce film c'est de trouver un juste équilibre entre la description de ce qu'elle raconte c'est à dire c'est à dire la condition de ces deux ces gens qui pètent qui sont ce qu'on appelle des travailleurs précaires qui qui font des heures par ci par là avec généralement des deux longs trajets où on claque la moitié de la paix en carburant ou et tout ça pour pour généralement des salaires inférieurs au smic et qui s'était encore une fois qu'ils peuvent où tout peut capoter d'un jour à l'autre ou le ou le fait que votre voiture vous lâche et devient une immense catastrophe donc il faut absolument raconter ça mais je veux raconter ça et aussi la démarche d'observateurs de témoins de quelqu'un qui s'abandonne à cela qui est celle de florence aubenas sauf qu effectivement elle ne portera pas le nom de florence aubenas parce que justement il faut qu' une marge de fiction et que ça ne soit pas et que ce soit un personnage de fiction elle évoque justement en ouverture ce jeu qui est très particulier à votre écriture et à vos livres emmanuel carrère et que certains trouve obscène dont vous avez dit il est honnête il est humble aussi dans la manière dont je tente de l'employé florence aubenas elle a subi un peu les mêmes critiques après ce livre certains y voyaient du voyeurisme dans cette démarche une part d'indécence parce qu'après tout elle elle allait retrouver sa bonne situation après et qu'elle n'avait jamais même pendant ses six mois eu de raison d'avoir peur du lendemain comme ce qu'elle racontait alors ça c'est ça c'est indiscutable c'est à dire c'est le propre de tout immersion c'est que on partage une condition à laquelle on n'est pas astreint et la différence c'est qu'on arrête quand on veut quand on est travailleur précaire on n'arrête pas quand on en a marre des travailleurs précaires quand on estime qu'alors qu'on a terminé le reportage là effectivement la marque l'échéance qu'elle s'était donnée c'était obtenir un cdi oui bien sûr yab il ya une espèce de de problème moral que ça peut poser d'une certaine façon en tout cas dans son livre florence aubenas le pose très peu mais pour une raison ces jeux je pense qu'elle a dû se poser dans dans la réalité simplement elle c'est elle et elle se dit qu'au fond ce qu'elle raconte ce qu'elle a raconté importe davantage que ses éventuels états d'âme là il ya aussi une autre forme d'humilité une forme d'humilité une façon de s'effacer devant ce qu'on raconte moi c'est sûr que dans le film que je que je me propose de faire il s'agit davantage enfin il ya une part importante qui consiste aussi à filmer le contrechamp sedera a observé l'observateur à témoigner du rôle du témoin mais enfin je suis très très admiratif de cette démarche et il ya une chose quand même qu'il faut préciser c'est que on peut toujours critiquer et dire de il n'empêche que pratiquement tous les gens avec qui elle a été en contact de l'eau tout au long de cette immersion avec l alien nouer des liens de sympathie ou même d'amitié bas tous ont été très heureux ou près presque tous ont été très heureux de l'existence du livre et de la place keller a fêté du portrait qui en a fait et pour terminer avec vous et emmanuel carrère vous dites aussi que l'important c'est quand même de se tourner vers ceux qui ne nous ressemble pas qu'ils ne sont pas nues ou comme nous qu'est ce que vous cherchez dans ce jeu des contraires vous parliez de deux questions morales c'est michel houellebecq qui disait que à travers toute votre écriture justement cette amoralité n'était jamais présente qu'au contraire on trouvait dans vos livres la possibilité peut-être d'une communauté humaine elle est là la quête oui il ya de ça houellebecq qui dit aussi une chose que je trouve très juste je suis absolument d'accord avec lui c'est que contrairement à ce qu'on dit beaucoup de choses sur l'ambiguïté morale e le bien en réalité la plupart du temps on sait très beau sauf on sait très bien où elle vient et où est le mal le problème c'est de faire le bien plus tôt que le mal est là dessus au fond personne n'a dit mieux que saint paul qui dit je fais le mal que je fais le mal que je n'aime pas et pas le bien que j'aime ça où on en est tous un peu lassé notre misère mais c'est une c'est drôle effective j'ai l'impression que écrire c'est faire qu'il y ait de l'autrui qui est de kaki qui est de l'autre qui veut dire quelque chose sur ce qui n'est pas soi et pour ma part je pense qu'il faut passer par soit parce que quelques qu'il faut admettre sa posture d'observateurs sa posture de témoins et qu'elle fait partie de ce qu'on raconte c'est un peu un credo là pour moi cette île et il est discutable mais c'est le mien merci beaucoup emmanuel carrère emmanuel carrère faire effraction dans le réel