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interviewLe Média· 1 mars 2023 81 min

MACRON : QU'EST-CE QU'IL VA ENCORE FAIRE AU GABON ?/TUNISIE : LE SPECTRE DU RACISME D'ÉTAT

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:11
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, vous êtes en direct sur Le Média et vous regardez toujours debout. Ce programme fait partie de notre nouvelle grande ambition, faire du Média une véritable chaîne de télévision qui vous proposera une autre hiérarchie, un autre traitement de l'information. Une information populaire, alternative et indépendante. Grâce à vos soutiens, nous pourrions être la première chaîne de télévision détenue par ces milliers de sociétaires, des citoyens engagés qui refusent la concentration des médias entre les mains de milliardaires aux collusions avec le pouvoir.

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Au programme ce soir, un entretien avec Atem Nafti, essayiste franco-tunisien et membre de l'Observatoire tunisien du populisme. Nous reviendrons ensemble sur le discours anti-migrants du président tunisien Kaïs Saïd. Alors qu'il présidait une réunion du Conseil de sécurité nationale, le chef de l'État a appelé à des mesures urgentes contre l'immigration clandestine ressortissant de pays d'Afrique subsaharienne, affirmant que leur présence en Tunisie était source de violences et de crimes.

Évoquant l'arrivée de hordes de migrants clandestins, il a soutenu que cette immigration relevée d'une entreprise criminelle destinée à changer la composition démographique de la Tunisie afin d'estomper son caractère arabo-musulman. Pourquoi Kaïs Saïd s'en prend aux migrants subsahariens ? Qu'est-ce qui explique cette dérive identitaire et raciste ? On en parle en deuxième partie de soirée. Mais d'abord, on va décrypter avec Rémi Kenzo-Pagès, le déplacement du président de la République française. Emmanuel Macron au Gabon pour le One Forest Summit pendant deux jours. Il sera question de la France-Afrique et capitalisme vert.

Et puis j'aborderai avec Théophile Cuomo la une du quotidien Libération d'hier. On parlera surtout de la personne qui fait cette une, c'est-à-dire Rodolphe Saadé. Une des plus grosses fortunes françaises. Le roi des super-profits, pour te dire, qui est désormais considéré comme le vrai boss de Marseille. Salut Rémi.

2:50
Invité

Salut Nadia.

2:51
Présentateur

Alors Emmanuel Gabon... Ça commence bien. Emmanuel Gabon est au Macron... Non, Emmanuel Macron est au Gabon à Libreville pour le One Forest Summit, un nouveau sommet dédié aux forêts. Bon, il va falloir que je retrouve ma concentration. Alors Rémi Kenzo, tu es venu nous parler de ce sommet qui s'ouvre ce mercredi 1er mars et qui doit durer deux jours sous l'égide de la France et du Gabon.

3:14
Invité

Oui Nadia, c'est un rendez-vous important de la diplomatie climat et biodiversité de la France. Alors il y a les COP, les grandes messes internationales où l'on signe les accords pour le climat ou la biodiversité. Et en marge, il y a de nombreuses dates où se préparent, se négocient ces politiques internationales et où s'affichent les grands de ce monde pour faire de grands discours, parfois des annonces et apparaître sur les photos de groupe des dirigeants. Par exemple, une partie des éléments présents dans l'accord de Montréal faisait déjà l'objet de discussions dans le rahou international de ses autres rendez-vous en marge, mais bien présents dans le calendrier diplomatique.

3:46
Présentateur

Alors du coup, c'est quoi ce One Forest Summit ?

3:48
Invité

Alors là, on est totalement en marge du calendrier onusien. On est par contre en plein dans l'agenda de l'Elysée et du Quai d'Orsay. Ces sommets sont une initiative du président de la République française, Emmanuel Macron. Avant cela, il y avait les One Planet Summit, notamment le sommet consacré à la biodiversité en 2021 à Paris. Il y a eu un One Ocean Summit pour parler des océans organisés à Brest en 2022. Le Média à l'époque y était pour couvrir ces événements. Maintenant, il y a ce One Forest Summit dédié aux forêts, un événement annoncé par Emmanuel Macron, avec le président gabonais Ali Bongo lors de la COP27 à Chamesher en Égypte.

Ce sommet réunit donc chefs d'État, de gouvernement, dirigeants d'organisations internationales, mais aussi des institutions financières et le secteur privé. L'Elysée a notamment fait savoir qu'une, je le cite, délégation robuste d'entreprises françaises l'accompagnerait. La spécificité de ces sommets dirigés par la France consiste surtout à s'appuyer sur la finance et à mettre la finance en fait au même rang que les États. C'est le triomphe en fait du capitalisme vert qui met en avant des acteurs responsables du chaos climatique et écologique. On déplace en fait le levier de la lutte contre l'effondrement de la biodiversité, le changement climatique des États vers les entreprises.

Et en fait, dans ce paradigme, ce sont les entreprises et non plus les pouvoirs publics qui deviennent les moteurs sur qui compter pour trouver une solution. Et dans cette idée, notamment dans l'approche macroniste, le sommet permet d'impliquer les entreprises dans la protection de ces écosystèmes.

5:12
Présentateur

Tu as l'air de douter qu'on puisse compter sur les entreprises privées.

5:15
Invité

Oui, et les éléments qui montrent que ces entreprises sont en réalité le problème et non la solution ne manquent pas. Par exemple, ce matin, il y a les ONG, Reclaim Finance et Canopé, qui ont révélé que les quatre plus grandes banques françaises, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BCPE Natixis, ont participé à 13 transactions d'un montant de 15,3 milliards de dollars au bénéfice des plus grands négociants de soja, pointant donc la responsabilité de ces banques dans la déforestation, car on connaît les liens entre les cultures de soja et la déforestation, notamment au Brésil, en forêt amazonienne.

Pour l'ONG Canopé, le One Forest Summit évite d'aborder le vrai sujet, les financements de la déforestation. Or, les financements, c'est pourtant le grand sujet de ce sommet. Je vous propose d'écouter Crissoula Zakharou-Poulot, la secrétaire d'Etat à la francophonie des partenariats internationaux, lors de son discours d'ouverture au sommet.

6:09
Emmanuel Macron

... pour la protection des forêts. Nous tous qui avons participé au COP, climat et biodiversité, nous le savons. Les financements sont le nerf de la guerre. Bien sûr, le fonds publics reste essentiel. Et je vais rappeler ici que mon pays, la France, prend toute sa part en doublant ses financements internationaux pour la biodiversité, pour atteindre un milliard d'euros dès 2025. Pour les forêts du bassin du Congo, je ne vais pas dévancer les annonces du président de la République, mais je peux d'or et déjà vous dire que la France va poursuivre et accélérer son effort, notamment via l'initiative CAFI, pour les forêts d'Afrique centrale.

Mais si justement on prend l'exemple du bassin du Congo, il ne capte à peine 11% des financements internationaux pour les forêts. Ces flux sont insuffisants. Nous allons donc aborder aujourd'hui des questions saisibles, mais cruciales. Comment mettre en place un marché de carbone premium, de haute intégrité et de haute valeur environnementale qui incorpore des co-bénéfices pour la nature et la population ? Comment changer de paradigme pour le financement de la conservation à travers l'établissement des partenariats pour la conservation positive ? Alors voilà, nous allons le faire ensemble.

7:36
Présentateur

C'est mignon pour l'occasion, elle a porté sa petite tunique verte. Alors du coup, on commence à comprendre pourquoi la France a souhaité que ce sommet ait lieu au Gabon.

7:46
Invité

Oui, alors l'objectif assumé est notamment de permettre aux pays des bassins forestiers tropicaux de tirer des bénéfices économiques de la protection de la forêt, de leur forêt. Et le choix du Gabon qui cherche à développer une rente carbone n'est pas anodin. Ce pays a de grandes ambitions. Le massif forestier couvre 88% du pays, ce qui représente un potentiel de rente économique par le biais des crédits carbone.

8:07
Présentateur

Donc là, c'est vraiment la victoire du capitalisme vert.

8:10
Invité

Alors complètement, le Gabon d'Ali Bango se rêve en Costa Rica de l'Afrique et en leader du capitalisme vert africain. Ça, c'est pas nouveau en fait et ça date pas d'Ali Bango. Son père déjà, Omar Bango, avait créé à l'époque 13 parcs nationaux en 2002 avec le soutien du WWF. Et il avait tenté de développer une économie labellisée verte avec le tourisme vert et toutes ces choses. Il y a une histoire en fait dans ce pays, pilier de la France-Afrique, qui se positionne sur le marché carbone, qui espère capter les manes financières des captations des compensations carbone.

8:40
Présentateur

Alors tu viens de dire le mot clé là, la France-Afrique. Ce choix du Gabon a quand même un parfum de France-Afrique.

8:45
Invité

Oui, même si officiellement, non. Écoutez comment le président de la République explique ce choix lors d'une conférence de presse sur le partenariat Afrique-France le 27 février. Le Gabon, en organisant à Libreville ce sommet, nous avons souhaité valoriser la richesse des forêts africaines, encore trop méconnues du grand public, et associer d'ailleurs les autres pays du bassin du Congo, qui jouent un rôle essentiel. C'est le premier poumon de la planète. Le bassin du Congo est celui qui séquestre le plus de carbone devant l'Amazonie. C'est aussi un réservoir de vie qui s'étend sur plus de 240 millions d'hectares et qui contient des trésors inestimables de biodiversité.

Et ça, il faut le dire, l'assumer, en être fier. Et ce que nous souhaitons faire, c'est créer aussi un modèle qui soit adapté à l'Afrique et qui ne vienne pas se plaquer sur le continent africain. Mais derrière les discours, ce déplacement sent très fort la France-Afrique, alors qu'approche l'élection présidentielle au Gabon, la venue de l'exécutif français qui ne rencontrera pas l'opposition ressemble quand même à un adoubement du régime au pouvoir. Un régime marqué par des violations des droits humains, un régime aussi marqué par le pillage des ressources du pays. Pour rappel, le Gabon est le cinquième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne.

Ce pétrole couvre 80% de ses exportations et 45% de son PIB. Le Gabon, c'est aussi le deuxième producteur africain de bois, le troisième producteur mondial de manganèse. La déforestation et les mines clandestines ont aussi un impact majeur sur l'écosystème du pays, sur la faune évidemment, notamment sur les populations d'éléphants, un animal emblématique du pays, mais aussi sur les populations autochtones. Et parlons-en d'ailleurs des populations locales. On parlait tout à l'heure des parcs nationaux. Mais dans ces parcs, les populations pygmées ont été chassées alors qu'elles vivaient dans la forêt depuis des siècles.

Et ces peuples vivent aujourd'hui dans la misère, parqués dans des réserves marquées par des problèmes de santé, se retrouvent parfois sans papier dans leurs propres pays, alors qu'ils sont gabonais. Un sort qui ressemble énormément à celui de nombreuses populations autochtones qui subissent des graves discriminations et sont totalement marginalisées. Il y a le capitalisme vert, il y a aussi le colonialisme vert.

10:56
Présentateur

Donc on peut penser que ce sommet n'apportera rien de bon.

10:59
Invité

Et c'est dramatique. C'est vraiment dramatique parce que la protection des forêts est un enjeu mondial. Les forêts occupent un tiers des terres émergées et abritent 80% de la biodiversité terrestre. Les forêts sont aussi essentielles à la régulation du climat et pour la survie de nombreuses populations. Elles sont essentielles en fait tout simplement à nos sociétés. On peut craindre que les dirigeants qui défileront pérorés au One Forest Summit soient loin de ses préoccupations fondamentales. En réalité, celle qui a le mieux résumé ses moments, c'est Greta Thunberg lors du One Planet Summit de Paris. Elle avait écrit à l'époque dans un tweet que ces sommets c'est bla bla bla bla bla bla.

Là en fait ça risque d'être la même, surtout que selon l'Elysée, le One Forest Summit n'aura pour objectif que de mettre en application l'accord de Montréal signé lors de la COP15 sur la protection de la biodiversité. Il n'y aura pas de déclaration politique importante, mais sûrement un beau moment de greenwashing.

11:55
Présentateur

Merci beaucoup Rémi Kenzo, Pagès, pour cet éclairage. On continue de parler de l'actualité sous une forme un peu plus ludique. Place à votre et notre jeu favori, le qui sait qu'a dit. Salut Théophile !

12:13
Invité

Salut Nadia, salut Rémi !

12:14
Présentateur

Tu nous retrouves pour le qui sait qu'a dit, mais bien sûr pour une carte blanche comme on disait en intro. Alors c'est parti pour le petit jeu du Média. Je vous dis une phrase et on devine avec le chat qui c'est qui l'a dit. Est-ce que vous êtes prêts ? On commence. Je cache mes feuilles.

12:31
Invité

Les doigts sur le bumper.

12:32
Présentateur

Ne me dis pas ce que vous allez gagner, vous ne gagnerez rien. À part la reconnaissance du public. Alors qui a dit mettre le pays à l'arrêt, c'est prendre le risque d'une catastrophe écologique, agricole voire humaine. C'est trop drôle. Proposition ? Est-ce que vous voulez des propositions ?

12:47
Invité

Oui. Je l'ai vue sur Twitter, mais oui.

12:49
Présentateur

D'accord, ok. Alors Christiane Lambert, on aurait pu mettre plein d'humoristes tellement c'est risible. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA lors d'une énième intervention dans un média mainstream à l'occasion du Salon de l'agriculture actuellement à Paris. Manuel Valls, habitué au mouvement de blocage contre une réforme, on sait que ce n'est pas lui, il n'a plus Twitter. Patrick Pouyenne, PDG de Total, toujours très concerné par les questions écologiques. Olivier Véran, porte-parole du gouvernement qui commence à flipper pour m'artier.

13:19
Invité

Olivier Véran ? Olivier Véran.

13:22
Présentateur

Exactement, c'est Olivier Véran. On regarde la petite vidéo. Vous voulez une image ou la vidéo ?

13:27
Locuteur 4

L'absence de pluie depuis plus de 30 jours maintenant en France fait peser un risque extrêmement fort sur l'état de nos réserves en eau cet été. Mettre le pays à l'arrêt, c'est prendre le risque d'une catastrophe écologique, agricole, sanitaire, voire humaine dans quelques mois. Alors que chaque seconde compte, le gouvernement a demandé au préfet de prendre dès à présent des mesures exceptionnelles, graduelles, temporaires, de limitation ou de suspension des usages de l'eau non prioritaires pour les particuliers et les professionnels. Mettre la France à l'arrêt, ce serait négliger la santé de nos enfants.

En 15 ans, il est possible d'éradiquer le cancer du col de l'utérus grâce à la vaccination. En France, chaque année, les papillomavirus sont responsables de plus de 30 000 lésions précancéreuses du col de l'utérus et de plus de 6 000 nouveaux cas de cancer. Le président de la République l'a annoncé hier, dès le mois de septembre 2023, la prescription et la vaccination contre ce virus, le papillomavirus, pourront être réalisées par les pharmaciens, les sages-femmes, les infirmiers. Nous irons plus vite et nous ferons mieux. Mettre la France à l'arrêt, ce serait rater le train du futur.

Alors que notre réseau ferroviaire est en train de vieillir à vitesse grand V, il est urgent d'investir massivement pour assurer la pérennité d'un des moyens de transport les plus efficaces et écologiques. Aussi, l'Etat va s'engager aux côtés de la SNCF, de l'Union européenne, des collectivités locales, pour une nouvelle donne ferroviaire de l'ordre de 100 milliards d'euros d'ici 2040. 100 milliards pour permettre la mobilité des Françaises et des Français dans les meilleures conditions possibles.

100 milliards pour déployer enfin un projet colossal, celui des RER métropolitains, de manière à répondre aux difficultés de mobilité de ceux qui habitent trop loin des grandes villes pour se passer de la voiture. C'est cela un choix d'avenir, un choix positif.

15:13
Présentateur

Bravo également au tchat. Ils ont tout de suite trouvé que c'était Olivier Véran. Et quelqu'un a même écrit, Olivier Véran, « Né avant le mensonge », donc notre porte-parole du gouvernement, qui en sortie de Conseil des ministres au midi, a détaillé dans un monologue en conférence de presse « En quoi bloquer le pays mardi mettrait la France à l'arrêt ? » Bon, c'est le but de la base, c'est le but de la base, c'est le but de base. La nouvelle offensive du gouvernement s'est alertée sur les conséquences d'une France à l'arrêt, que ce soit sur l'écologie, l'industrie, on vient de le voir, ou encore le fait que cela alourdirait une facture déjà salée.

En 2022, c'est près de 800 euros de pouvoir d'achat préservé par ménage grâce à l'action du gouvernement, avec le bouclier tarifaire, les remises carburants, la baisse des impôts, ou encore la revalorisation de prestations sociales et des chèques énergie. Je le cite. Une réaction, messieurs ?

15:58
Invité

Moi, je pense que mettre le pays à l'arrêt, ça reviendrait pour la faim dans le monde et pour l'assassinat des bébés phoques, c'est contre la paix, pour la guerre. C'est drôle, mais cela montre bien que ce gouvernement s'est habitué à gouverner sous contrainte. C'est-à-dire qu'effectivement, quand il y avait la pandémie de Covid, on peut vous dire manifester, c'est permettre la propagation du Covid, ne pas être assez si, c'est être pour la propagation du Covid. Donc, en fait, il faut qu'il y ait toujours une sorte de grande urgence, d'urgence vitale qui permet au gouvernement de complexer tous ceux qui veulent faire valoir leurs droits.

Je pense que c'est une rhétorique qui n'est pas anodine, mais bien entendu, elle est ridicule, dans la mesure où, en plus, il parle des échéances de septembre prochain. Qu'est-ce qu'il voudrait dire ? C'est qu'ils sont prêts à aller à un bras de fer jusqu'à septembre, parce qu'en réalité, ils ont dans leurs mains l'arme qui permettraient d'empêcher le blocage du pays, tout simplement en retirant leur réforme, leur contre-réforme, qui n'a pas eu les faveurs de l'Assemblée nationale, parce qu'ils voulaient tricher en se servant d'un certain nombre d'artifices constitutionnels.

Ils s'en vont au Sénat, ils voient bien que l'opinion est contre, mais ils essayent toujours, finalement, de retourner le stigmate contre les personnes, finalement, qui, en l'état actuel de l'opinion, portent la voix d'une grande majorité de Français. Il y a la question de la grève.

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement remet un peu en cause le droit de grève, mais il y a quand même la mention sur l'écologie, donc je voudrais revenir là-dessus, parce qu'en fait, le gouvernement, ce n'est pas la première fois, on les a entendus plusieurs fois, notamment aussi le président de la République, Macron, revenir là-dessus, joue, justifie son inaction, et même, parfois, ces actions destructrices, par exemple, il faisait mention de la sécheresse, on peut parler aussi de ces actions avec la question des méga-bassines, il justifie, en fait, ce qu'ils font ou ce qu'ils ne font pas, aussi par la question, un fait, en fait, très simple, qui est la question des émissions importées.

C'est-à-dire qu'en effet, arrêter de produire, ce n'est pas forcément la solution, vu qu'une grosse partie de nos biens, de ce qu'on consomme, etc., vient de l'étranger, donc relocaliser en France une partie de nos industries, etc., ça peut être aussi une solution écologique, et donc, continuer à produire, ça peut être, d'une certaine façon, d'un certain point de vue, une solution, et ça l'est concernant certaines industries, et le président de la République, et le gouvernement, en fait, jouent énormément là-dessus, en disant, en remettant en cause les paradigmes actuels, notamment de décroissance, etc., en disant, regardez, vous voulez la fin de l'industrie, vous voulez la fin de la production, mais en fait, vous voulez l'effondrement, parce que, de toute façon, la solution écologique, etc., se passe par là.

– Un discours hyperculpabilisant. – Oui, mais en fait, c'est vraiment se tirer la couverture sur des trucs qui sont problématiques.

18:52
Présentateur

– On passe à la deuxième question, qui a dit, « On peut convenir ensemble que construire des bassines, alors qu'il ne pleut pas, n'est pas une bonne solution. » C'est un qui s'est qu'a dit, qui a été préparé, en pensant à RKP particulièrement ce soir. Catherine Laborde, l'ancienne présentatrice météo de TF1, qui est revenue pour tenir ses propos. Mathilde Inier, ouvrière agricole et députée LFINUPS, d'Île-et-Vilaine, dans une question du gouvernement. Marc Fénaud, ministre de l'Agriculture, qui a eu un éclair de l'ucidité, et un passant dans la rue, car c'est finalement très logique.

19:24
Invité

– Ça m'étonnerait que ce soit Marc Fénaud. – Moi, je vais dire un passant dans la rue. – Qui était le premier, déjà ?

19:31
Présentateur

– Il y avait Catherine Laborde, présentatrice météo, Mathilde Inier, ouvrière agricole et députée LFINUPS, Marc Fénaud, ou un passant dans la rue ?

19:39
Invité

– C'est une des deux premières, mais…

19:41
Présentateur

– Bon.

19:43
Invité

– Les deux premières passent également dans la rue, ça veut dire que de toute façon, elles seraient des passants dans la rue, donc je dis un passant dans la rue.

19:49
Présentateur

– Quel acrobate, Théophile ? On regarde la réponse en l'image.

19:51
Invité

– On regarde la première.

19:52
Locuteur 3

– J'adresse à madame la première ministre. Après la sécheresse estivale, voilà la sécheresse hivernale. Ce n'est pas une surprise, c'est une conséquence directe du changement climatique. Les scientifiques nous alertent depuis longtemps sur la diminution de notre ressource en eau. Le rapport du GIEC indique que plus d'un tiers de la population risque de manquer d'eau à partir de 2 degrés de réchauffement. Vous comptez mettre en place une cellule interministérielle chargée d'anticiper les risques et mesures à prendre en cas de sécheresse. Madame la première ministre, il est déjà trop tard pour anticiper. La sécheresse est encore là.

Depuis l'été dernier, les nappes phréatiques ne se sont pas remplies. Nos paysans sont déjà impactés par cette problématique. Les maraîchers vont commencer l'été sans réserve d'eau. Que proposez-vous comme solution pour eux ? On peut convenir ensemble que construire des bassines alors qu'il ne pleut pas n'est pas une bonne solution. J'espère que vous avez des meilleures idées que l'été dernier. Alors que les paysans n'étaient plus autorisés à arroser leur culture, ici même, l'eau coulait à flot pour garder les petits coins d'herbe de l'Assemblée bien vert. Il est temps de revoir nos priorités. L'eau ne peut être utilisée sans limite.

Des restrictions d'urgence doivent être mises en place et vous multipliez les effets d'annonce à ce sujet dans les médias. Mais cela ne résout pas le problème à long terme. En agriculture, que proposez-vous pour accompagner les paysans dans l'évolution de leur mode de production ? Pour adapter leurs pratiques, notamment en remplaçant le maïs par des plantes non irrigables ? Que proposez-vous pour améliorer le stockage de l'eau dans les sols au-delà de la seule plantation de haies ? Et plus globalement, que proposez-vous pour remédier à la vétusté des canalisations ? En Guadeloupe, c'est 50% de l'eau qui est perdue à cause de leur vétusté, un tiers dans certaines agglomérations.

La sécheresse ne doit pas être pensée seulement en situation de crise, mais dans sa globalité, afin d'aller aux sources du problème. Je vous remercie.

21:52
Présentateur

Donc au tchat, ils ont deviné, bravo. Donc c'est bien Mathilde Higné, ouvrière agricole et députée LFINUPS, dit Lévilaine dans une question du gouvernement, qui interpelle sur la question de la sécheresse entre deux visites au salon de l'agriculture. Une réaction est recapée.

22:05
Invité

Très rapidement, juste, on voit que la question de l'eau, en fait, devient un vrai sujet. Ça devient un sujet politique. Ça en a un peu été pendant l'élection présidentielle, mais bon, très vite évacué, parce que la droite et les médias dominants ne s'intéressaient pas du tout à la question. Mais en vrai, ça va devenir de plus en plus un sujet politique. Et je pense que ça va être l'objet, notamment, des prochaines campagnes électorales, dans ton cas, à l'échelle locale, dans un certain nombre de régions. Et l'objet aussi de luttes. On parle d'accaparements de l'eau, mais on parle aussi de guerre de l'eau. Certains parlent de guerre de l'eau.

Et c'est vrai que dans ce contexte, c'est un peu questionnant de voir qu'on maintient les méga-bassines, alors qu'en fait, le sujet, c'est la sécheresse, c'est l'eau. Et voilà, on ne peut pas se passer d'eau.

22:47
Présentateur

On poursuit avec une... Je crois que c'est la dernière question. Qui a dit, si nous ne créons pas les conditions pour la natalité dans notre pays, d'autres le feront à notre place ? C'est facile. Parce que je vous fais quand même des propositions, mais ça pue l'extrême droite, quand même. Mais je vais quand même faire les propositions qui sont écrites par Lisa Lab, qui est un humour qu'on apprécie bien ici. Elisabeth Borne prête à tous les arguments pour défendre sa réforme. Éric Zemmour, où le seul grand remplacement qui existe visiblement, c'est celui d'autres fascistes, à sa place dans les médias.

Jordan Bardella, qui se prépare de plus en plus à 2027, et qui s'érige en opposition de la réforme des retraites, mais avec des arguments plus que bancales. Et Aurore Berger, car on est maintenant obligé de la mettre dans tous les qu'il sait qu'il a dit.

23:34
Invité

Jordan Bardella, je veux dire. Oui, c'est Bardella.

23:36
Présentateur

Exactement, messieurs, c'est bien lui. Est-ce qu'on l'écoute ou pas ?

23:40
Locuteur 7

Oui.

23:40
Présentateur

Oui ?

23:41
Locuteur 7

Vous avez raison de rappeler, il est démographique. On est effectivement 8 milliards sur Terre. Le seul souci, c'est que si nous ne faisons pas, si nous ne soutenons pas une politique, encore une fois, il n'y a aucune contrainte, mais si nous ne créons pas les conditions favorables pour la natalité dans notre pays, d'autres civilisations le font à notre place. Je me permets de vous rappeler que sur les 8 milliards d'habitants que nous sommes aujourd'hui sur Terre, il y en a 4 milliards en Asie. Et qu'il y en aura d'ici à 2050, 2,5 milliards en Afrique, c'est-à-dire dans un continent qui fera face à 450 millions d'Européens.

Donc, si nous ne soutenons pas aujourd'hui des politiques natalistes qui visent à encourager la natalité pour ceux qui le souhaitent, encore une fois, eh bien, nous disparaîtrons. Pour une raison très simple, c'est que la démographie, c'est la seule science exacte et que c'est elle qui fait l'histoire.

24:29
Présentateur

– Oui, c'était bien Jordan Bardella qui, avec toute sa clique, met en avant la question de la natalité comme voie de sortie au problème créé du probable petit déficit lié aux retraites. Alors, il y a Léo au chat, dans le chat. D'ailleurs, le chat a aussi trouvé que c'était bien Jordan Bardella. Léo a dit « On voit bien que vous êtes tous des nazis. Ça me rend ouf, ça nous rend ouf aussi. » Une petite réaction, messieurs. Théophile, peut-être.

24:53
Invité

– Alors, ce qui me frappe, c'est qu'il parle de la démographie, mais aussi de la géographie, c'est-à-dire que l'Europe est petite. C'est par un accident de l'histoire que l'Europe a été bien peu peuplée, notamment que l'Afrique, qui a été sous-peuplée pendant de très longs siècles et qui a aussi souffert d'un dépeuplement organisé pendant la période de la traite négrière, etc. Donc, en plus, le fait de réussir à mettre le facteur civilisationnel dans la question de la réforme des retraites, il fallait vraiment y penser. Moi, je ne suis pas anti-nataliste.

Je pense que celles et ceux qui décident, qui désirent d'avoir des enfants, devraient pouvoir avoir des accès aux crèches, devraient pouvoir avoir des allocations familiales, devraient pouvoir avoir une société aussi où on peut se permettre d'avoir le temps de bien éduquer les enfants, de leur faire manger de la nourriture saine. Notamment, ils devraient pouvoir compter sur une nourriture accessible, pas chère, bio, si possible, etc. Bref, on voit bien que la question de l'encouragement, enfin, le fait de plaider pour une société qui est accueillante pour les enfants est très loin, en fait, des fantasmes et des obsessions de l'extrême droite.

Et je pense que le camp social du progrès gagnera aussi à pouvoir évoquer ces questions, pas à évoquer la question de la natalité comme une sorte de guerre des ventres qui devrait nous donner la victoire face à des hordes de peuples à l'étrangère. Mais nous devrions quand même... Il y a beaucoup de jeunes qui ne veulent plus avoir d'enfants, tant l'avenir leur semble bouché, tant la planète leur semble aller en dégradation, tant les conditions sociales d'existence sont difficiles. Comment on voulait avoir des enfants, par exemple, en région parisienne où les gens vivent en colocation, des fois, jusqu'à 30 ans ?

Toutes ces questions se posent, mais ce n'est pas ça la question de l'extrême droite. La question de l'extrême droite, c'est de dire qu'il y aura plus de personnes basanées sur Terre. Je trouve que c'est vraiment aller très loin, d'autant plus qu'en France, l'extrême droite sélectionne les bons enfants français des mauvais. C'est-à-dire qu'il y a une certaine natalité française que l'extrême droite déteste. Et je me rappelle encore de cette couverture du magazine Causeur d'Elisabeth Lévy où on voyait des enfants de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, si on peut dire, qui étaient représentés comme une menace fantôme contre notre civilisation.

Alors la civilisation, elle a attaqué de l'intérieur, elle a attaqué de l'extérieur. Et c'est cette fantasmagorie-là qui alimente le terrorisme d'extrême droite, l'envie de passer à l'acte. Parce qu'effectivement, si vous êtes persuadés que vous allez disparaître, en fait, la seule solution, c'est de faire disparaître l'autre.

27:46
Présentateur

– Sans survie, on va dire. On peut même parler de génisme, là, clairement.

27:50
Invité

– Je ne sais pas, c'est du fascisme, quoi. Du fascisme light pour machinal select. – Ensuite, il y a aussi un autre aspect, c'est la question du sexisme. Parce que c'est raciste, tu l'as bien démontré, mais c'est aussi sexiste. Et je pense que Jordan Bardella n'a pas forcément non plus demandé l'avis de la majorité des femmes avant de se prononcer.

28:14
Présentateur

– Bien, merci, messieurs. Bon, bien évidemment, c'est le tchat qui a gagné. Mais bravo quand même, vous êtes bien défendus. Merci, RKP. On te laisse. Quant à toi, Théophile, tu restes avec nous pour ta carte blanche. Et une carte blanche où tu as été très, très inspirée. Alors, Théophile, tu me l'as dit avant qu'on prenne l'antenne, tu as vu la une du quotidien Libération. Et là, tu as dit, il faut que j'écrive une carte blanche.

28:41
Invité

– Oui, Nadia, c'est une une qui est visuellement belle avec un titre qui frappe les esprits. Rodolphe Saadé, le vrai boss de Marseille. Et la question que beaucoup ont dû se poser, mais c'est qui ? Ils ont dû se demander. Le nouveau parrain de la mafia marseillaise ? Le nouvel entraîneur de l'OM ? Parce qu'effectivement, le visage qui est à la une de Libé, là, il est plutôt peu connu. Et disons que pour le présenter, quoi de mieux, n'est-ce pas, que l'intro d'une interview qu'il a accordée à notre très chère Léa Salamé, sur France Inter. – Vous êtes le patron dont tout le monde parle.

En quelques années, votre entreprise, la CMA CGM, fondée par votre père, aujourd'hui disparue, et qui compte 150 000 salariés dans le monde, s'est hissée au sommet du capitalisme français. Vous avez même fait cette année plus de profits que Total et que LVMH. Et vous investissez partout. Vous avez racheté 9% d'Air France KLM. Vous vous êtes offert le journal La Provence, le nouveau tycoon français, le nouveau Xavier Niel, « Citizen Saadé » peut-on lire dans les portraits qui vous sont consacrés. Pour quelqu'un d'ultra discret comme vous, comment gérez-vous cette exposition soudaine ? Est-ce que ça vous fait peur ?

– Alors Nadia, je te vois déjà te moquer, me dire dans ta haine des riches, qui est bien caractéristique du média et de la gauchisterie en général, que c'est une première question bien confortable pour l'invité. Mais non, mais non, parce que tout est relatif. Cette question, elle est bien plus impertinente que toutes celles que posait jadis Léa Salamé à l'ancien patron de Nissan, Carlos Ghosn, à l'occasion de sa première interview d'Evadé, et pas que fiscale. – Je l'ai repris pour qui, moi ? – Voyager dans la malle. – Oui. – Vous savez vraiment voyager dans la malle ? – Ah, ça vaut. – Bon, on revient à notre Rodolphe Saadé. Comment est-il parvenu à devenir le nouveau boss de Marseille ?

Eh bien, déjà, en finançant tout et tout le monde, et en investissant massivement. C'est ce que nous explique l'Evadé. Rodolphe Saadé est devenu le principal sponsor maillot de l'Olympique de Marseille à travers CMACGM, après le défaut de l'ancien partenaire, un site de vente de voitures en ligne ruiné. Rodolphe Saadé a racheté la Méridionale, une compagnie de transport maritime au bord du dépôt de bilan, et a sauvé, oh, gloire et louange éternelle à lui, 600 salariés. Rodolphe Saadé a construit un centre de formation géant entre la mer et les Calanques. Il a fondé un gros incubateur de start-up.

Il a fait une donation de 5 millions d'euros à la chaire d'oncologie et de neurologie de l'Université d'Aix-Marseille. Il a même donné à l'équipe de la Provence le quotidien régional la marge de manœuvre nécessaire pour pouvoir humilier Xavier Niel, le patron de Free, l'actionnaire principal du monde, bref, un des hommes les plus puissants de France. Je ne sais pas si vous avez vu les images que je m'en vais commenter, mais je vous les passe dans le doute. La scène se déroule le 2 mars 2022, il y a presque un an exactement. Xavier Niel voulait racheter la Provence jusqu'à leur propriété du groupe Bernard Tapie qui était en cours de liquidation.

Le patron du monde, il arrive comme en territoire conquis pour rencontrer des représentants du personnel. des représentants du personnel qui le malmènent un peu. Et après ça, arrive une petite altercation avec le PDG de la Provence, Jean-Christophe Cerfati. on regarde.

32:00
Locuteur 4

Pardon, monsieur, je vous en prie.

32:03
Locuteur

Bonjour, monsieur. Bonjour.

32:04
Locuteur 7

Anthony, on a échangé le mail. Vous connaissez ma position. Je suis en mode pour opposer à cette réunion. Donc vous souhaitez que je parte ? C'est la seule question, parce que vous êtes le directeur de l'établissement. Est-ce que vous souhaitez que je m'en aille ? Est-ce que vous souhaitez qu'on en aille ? C'est ma question. Et répondez clair, n'y en a. Oui. Je pense que monsieur. Je vous rappelle. Excusez-moi.

32:23
Locuteur

Je vous souhaite. Je vous en prie. Je vous en prie. Oui. Anthony.

32:27
Présentateur

Oulala, il n'est pas content, Xavier Niel.

32:29
Invité

Oui, Nadia, parce que les hommes puissants, on ne leur parle pas comme ça. Normalement, quand il dit je m'en vais, on le retient. Parce qu'il a le pouvoir de faire et de défaire des carrières. Si le PDG de la Provence fait preuve d'un tel culot, alors que sa boîte est en train d'être menacée par la ruine soudaine, alors que Niel est déjà actionnaire de cette boîte, un actionnaire minoritaire, certes, c'est forcément qu'il compte sur un autre protecteur et ça, Xavier Niel ne peut pas s'empêcher de le dire.

32:58
Locuteur 7

Vous s'assumez, vous êtes en employé de CMACGF, est-ce que vous me demandez de sortir de cette établissement ? Est-ce que vous me demandez de sortir de cette établissement ? Je suis dit que j'ai le sentiment d'être un représentant de CMACGF, un salarié de monsieur CMACGF. C'est mon sentiment de la manière dont vous vous comportez, donc ma question aujourd'hui, vous me demandez de sortir d'ici. Sortez, monsieur. Voilà.

33:16
Invité

Le mot est prononcé, les initiales ou bien l'acronyme est prononcé, CMACGM, et derrière ce petit mot, Rodolphe Saadé et son ambition. Parce qu'en France, on n'est jamais crédible en oligarque si on ne possède pas des médias indépendants. Et Saadé, il ne fait pas que ça, posséder la Provence. Il jette Niel du média qu'il convoitait. C'est incroyable. Et ça ne s'arrêtera pas là. Les médias intéressent Rodolphe Saadé. Il le dit. Et il est déjà entré, par exemple, au Conseil de surveillance de M6. Mais comment en est-il arrivé à ce niveau de puissance ? Avec une fortune qui est passée en un an de 6 milliards à 36 milliards d'euros, devenant ainsi la cinquième fortune française.

Bon, là, je vais faire un peu comme Thomas Dietrich. Je vais me servir d'une citation. Une citation d'Honoré de Balzac. « Derrière chaque grande fortune se cache un grand crime ». Parce que oui, à la base de l'empire CMA-CGM, il y a un gros scandale financier. Pour le documenter, il faut aller farfouiller dans les archives, les archives du quotidien Le Monde, justement, aujourd'hui contrôlées par Valérie Niel, et trouver ce papier du 13 décembre 1998. Un papier dont le titre est clair. « Les surprenantes conditions de la privatisation de la CGM ». En gros, la CGM était une entreprise publique de transport maritime. Je vous explique.

En 1996, la famille Saadé achète 90% de la CGM pour 18 millions de francs français. Mais le prix est ridiculement bas parce qu'avant ça, l'État a généreusement recapitalisé la compagnie qui a vu sa trésorerie dépasser 900 millions de francs français pour une dette d'à peine 200 millions de francs. En gros, l'État a offert, d'un point de vue comptable, environ 700 millions de francs français à la famille Saadé en une seule opération. Pour ses beaux yeux, je te vends quelque chose, mais en fait, c'est moi qui paye. Grandeur et gloire du capitalisme français, n'est-ce pas ?

Et ça, c'est pour l'histoire parce que plus récemment, le groupe dirigé par Rodolphe Saadé a profité du chaos logistique mondial créé par la très forte demande post-confinement pour faire exploser les prix. Un exemple, d'après les calculs de la Conférence des Nations Unies sur le commerce, le prix d'un conteneur alliant la Chine à l'Europe est passé en moyenne de 1 000 à 4 500 dollars. Bingo pour Saadé qui a gagné, on le disait, et resté sur vos chaises quand même parce qu'on va faire l'opération, 30 milliards d'euros en un an. C'est exactement cela qu'on appelle les super profits. Super profits, mais pas super impôts.

Libération le rappelle dans sa cover story d'hier, le groupe CMA-CGM est à un taux d'impôt sur les sociétés effectifs de 0,7%, loin de la norme de 25%, notamment grâce à une loi européenne de 2003 qui fait que l'entreprise est axée au tonnage et non sur ses résultats. L'idée était, il paraît, de soutenir la compétitivité des armateurs européens face à leurs concurrents asiatiques. Bref, pour mieux faire accepter ces super profits, pour s'acheter une clientèle d'obligés, Rodolphe Saadé finance un peu tout. À Marseille, achète des médias, fait de bonnes actions, de bonnes œuvres pour les pauvres, quoi. Il développe ses réseaux dans les cercles de pouvoir aussi.

À Marseille, mais également à Paris, il a désormais, explique Libé, un canal direct avec Emmanuel Macron qu'il soutient ouvertement. Macron l'a même pris dans ses bagages pour aller en voyage, en visite officielle, aux Etats-Unis et en Algérie. Bref, la morale de cette histoire, Nadia, c'est que quand vous payez des impôts, vous ne fléchez pas l'argent que vous donnez et ça renforce l'État ou la collectivité qui garde le pouvoir de redistribuer. Et quand vous ne payez plus des impôts, mais que vous dispensez la charité, vous vous renforcez au point de devenir aussi puissant que les seigneurs du Moyen Âge.

37:13
Présentateur

Et quand vous dispensez la charité, vous obtenez une réduction d'impôt. Merci beaucoup, Théophile, pour cette carte blanche qui m'a bien amusée. Reste avec nous. On continue de parler de l'actualité. C'est l'heure de l'entretien d'actu. Souvenez-vous du mardi 21 février dernier, alors que le président tunisien présidait une réunion du Conseil de sécurité nationale, le chef de l'État a appelé à des mesures urgentes contre l'immigration clandestine de ressortissants de pays d'Afrique subsaharienne, affirmant que leur présence en Tunisie était une source de violences et de crimes.

Évoquant l'arrivée des hordes de migrants clandestins, il a soutenu que cette immigration est relevée d'une entreprise criminelle destinée à changer la composition démographique de la Tunisie afin d'estomper son caractère arabo-musulman. Plusieurs ONG ont dénoncé un discours raciste et haineux. Et l'Union africaine a condamné les propos du président tunisien et a appelé ses États membres à s'abstenir de tout discours haineux et à caractère raciste.

Malgré la manifestation de soutien de près d'un millier de Tunisiens issus de la société civile samedi 25 février à Tunis contre le racisme, des témoignages attestent d'agression de migrants, des mises à sac de maisons et des arrestations arbitraires. Plusieurs ONG tunisiennes confirment ces attaques. Les migrants originaires de pays d'Afrique subsaharienne exigent des excuses de la part du chef d'État tunisien qu'ils n'auront pas. Le ministre des Affaires étrangères tunisien, Nabil Amar, a affirmé lors d'un entretien accordé à l'AFP que ce pays prônait l'apaisement tout en excluant de présenter des excuses. Pourquoi le président Kaï Saïd s'en prend-il aux migrants subsahariens ?

Qu'est-ce qui explique cette dérive identitaire et raciste ? On en parle avec Atem Nafti, essayiste franco-tunisien et membre de l'Observatoire tunisien du populisme. Il est notamment l'auteur de « Tunisie vers un populisme autoritaire » publié en 2022. Bonjour Atem Nafti. Bonjour Nadia. Alors les propos du président tunisien ont choqué le monde et pour cause ils sont traditionnellement tenus par l'extrême droite en France qui souscrit à la théorie conspirationniste du grand remplacement du penseur français Renaud Camus. Ici reprise par Kaï Saïd, il s'agirait alors du remplacement d'une population arabe par une population noire.

Qu'est-ce qui explique le discours anti-migrants du chef de l'État tunisien ? Quel est le contexte

39:37
Locuteur 9

en Tunisie ? Alors le contexte en Tunisie c'est que Kaï Saïd a été élu en 2019 sur un projet de rupture mais en même temps dans un cadre constitutionnel qui ne lui permettait pas cette rupture. Le régime politique de l'époque était l'équivalent de la cohabitation de la 5ème république en cohabitation. c'est-à-dire que l'essentiel du pouvoir échoua au Parlement et donc au Premier ministre qui en est l'expression et le président de la république est compétent en matière diplomatique et en matière de défense nationale. Kaï Saïd a été élu contre une personne notoirement corrompue donc il a été largement plébiscité.

Mais il y a eu une crise politique qui a été aggravée par la crise du Covid et le président en a profité pour faire un coup d'état appelons les choses par leur nom. Il a décrété l'état d'exception en actionnant l'article 80 de la constitution de la 2ème république tunisienne qui est l'équivalent de l'article 16 de la constitution de la 5ème république française. Il a largement outrepassé ses prérogatives en gelant puis en dissolvant le Parlement en limogeant le Premier ministre n'avait pas du tout le droit de faire ça et il a petit à petit mis en place un régime hyper présidentiel dictatorial dans le sens romain c'est-à-dire qu'il y a une personne qui détient tous les pouvoirs.

Le mot dictature ne doit pas effrayer parce que ces clauses-là y compris l'article 16 de la constitution française est appelée par les constitutionnalistes une clause dictatoriale en se référant à la république romaine c'est-à-dire qu'on donne à un magistrat pendant un temps donné les pleins pouvoirs pour qu'il accomplisse une mission. Donc c'est quelque chose qui existe dans diverses constitutions y compris la constitution française. Le problème c'est qu'il en a profité que ces mesures sont censées faire face à un péril imminent et à retourner à la normale.

Sauf que lui il en a profité pour mettre en place petit à petit son projet qui est un projet complètement différent qui donne des pouvoirs démesurés au président de la république qui crée un parlement fantoche qui peut quasiment pas contrôler l'action du gouvernement qui donne une immunité totale au président de la république même en cas de violation manifeste de la constitution et qui limite tous les contre-pouvoirs et qui les met entre les mains de l'exécutif et plus précisément du président de la république et c'est en cela qu'on peut parler d'un régime hyper-présidentiel voire une autocratie les termes ça peut être dans mon livre j'ai fait le parallèle avec ce qui s'est passé parce que la France a connu un épisode assez similaire à ce qui s'est passé en Tunisie c'est le passage entre la deuxième république française et le second empire où on était dans cette configuration-là entre un parlement qui était très important qui était très impopulaire pour diverses raisons les gens mouraient dans la rue n'arrivaient plus à accéder aux soins en plein Covid et on voyait des députés s'écharper s'échanger des invectives de la violence physique des femmes insultées donc il y a eu tout ça et on voyait le décalage entre les deux ce qui fait que quand il a fait son coup de force il a été plébiscité le problème c'est que depuis lui son projet c'est vraiment de se prendre pour l'incarnation de la volonté populaire et donc d'éliminer toutes les strates intermédiaires entre le peuple et son guide et c'est ça le problème il est en train de démanteler petit à petit tous les corps intermédiaires là il s'en prend à ses opposants il y a des opposants qu'il a mis en prison et qui sont poursuivis pour une vingtaine de chefs d'accusation qui leur valent plusieurs fois la panne de mort qui existe toujours en Tunisie et dont il est partisan et on est en train petit à petit de s'en prendre sur les réseaux sociaux mais aussi dans l'expression du pouvoir à tout ce qui est critique en le criminalisant et en fait

43:56
Présentateur

cette hyper concentration des pouvoirs entre les mains du président va favoriser des déclarations comme ça le problème

44:03
Locuteur 9

c'est que justement il y a un mode de gouvernement du président qui n'arrive pas à gérer la crise économique en Tunisie qui est suffocante qui a des déclarations qu'on qualifierait d'alter mondialiste il est contre la mondialisation néolibérale donc pour quelqu'un comme moi ça sonne bon à mes oreilles mais sauf que la pratique est totalement différente on a un gouvernement qui est en train de négocier un plan d'austérité avec le Fonds monétaire international un président qui promet un souverainisme qui peut même s'entendre comme un souverainisme de gauche qui proclame plein de choses en contrepartie le gouvernement est en train de s'enliser dans la spirale néolibérale de négocier un plan d'austérité très important et très impopulaire et donc il faut trouver des bouquets émissaires et d'où le recours à la théorie du complot alors la théorie du complot c'est mes adversaires sont en train de vous cacher de la nourriture si on est à ce niveau de spéculer s'il y a

45:05
Présentateur

ses opposants politiques

45:07
Locuteur 9

lui il nomme jamais il dit que c'est alors lui ce qui est génial c'est que il l'accuse sans jamais nommer mais on comprend qu'il vise ses adversaires et tout ce qui se passe dans le pays pour lui relève du complot c'est à dire on a eu un problème de déchetterie dans la ville de Sfax qui est la seconde ville du pays qui est arrivé à saturation donc il y a eu un problème où les ordures n'arrivaient plus à être collectées il a dans un premier temps il a expliqué que c'était un complot alors que le ministre de l'environnement a expliqué qu'il y avait des raisons logiques pour ça il y a une même en France nous connaissons une inflation galopante une crise économique la reprise post-covid il y a des éléments qui expliquent cette crise le président de la république préfère à la théorie du complot là encore en expliquant qu'il y a des personnes qui font de la spéculation alimentaire qui font monter les prix alors encore une fois tout ceci existe mais c'est marginal par rapport à des causes structurelles la Tunisie n'est pas est en crise depuis une dizaine d'années en tant que crise économique c'est même la crise économique qui a déclenché la révolution et donc cette explication ce recours systématique au complot pour tout expliquer va petit à petit en fait ça permet de cacher l'incapacité et l'impuissance des autorités et donc on explique si ça marche pas c'est pas parce qu'on a pas pris les bonnes décisions non c'est parce que nos adversaires et à partir de là le bouc émissaire aussi facile c'est les migrants qui feraient partie d'un complot ourdi pour effacer le caractère arabe et le caractère musulman des Tunisiens pour le caractère africain pour le dire autrement Tunisien blanc entre guillemets blanc et musulman vont se faire remplacer par des chrétiens noirs c'est à peu près ça et c'est ourdi encore une fois c'est le complot qui va toucher la Tunisie en ce qu'elle a de plus intime à savoir en son identité

47:11
Présentateur

c'est peut-être un petit peu différent là c'est qu'il désigne son ennemi alors que d'habitude vous le disiez il parle d'opposante c'est pas très bien de qui il parle là ils sont identifiables et donc ils peuvent être la cible d'attaque ce qui a été le cas d'ailleurs

47:25
Locuteur 9

alors ils ont effectivement été la cible et malheureusement les attaques contre les migrants et contre les subsahariens et même contre les Tunisiens noirs ne datent pas d'hier il y a une campagne méthodique qui a été développée et popularisée en un temps record en 4-5 mois par un parti fasciste tunisien qui s'appelle le parti nationaliste tunisien qui a élaboré cette théorie du complot pour dire encore une fois les subsahariens ne sont qu'un élément de ce complot parce que l'idée derrière c'est les européens qui voudraient on a les européens d'une part qui voudraient remplacer enfin installer les africains subsahariens en Afrique du Nord et on a des suprémacistes noirs qui estiment que l'Afrique doit être noire alors effectivement il y a 2-3 clowns qui disent ça on a des suprémacistes dans chaque peuple il y a toujours un suprémaciste mais c'est des personnes ultra minoritaires et ce qui est la puissance d'une théorie du complot c'est qu'elle repose toujours sur un fond de source qui est vrai c'est à dire que ce qu'a fait ce parti il a fait un gros travail de documentation il est allé chercher une déclaration d'un ministre belge des affaires étrangères qui a dit pour régler la question migratoire peut-être qu'il faudrait installer les migrants créer des hotspots en Afrique du Nord donc ça c'est vrai et les européens essayent de faire ça depuis très longtemps ce qui est scandaleux et condamnable c'est à dire sous-traiter la question migratoire par les pays du sud de la Méditerranée tout comme la France sous-traite la question migratoire au Royaume-Uni c'est à peu près la même chose avec les accords de Calais donc on va chercher cette déclaration on va chercher deux ou trois fous suprémacistes noirs qui ont déclaré que toute l'Afrique devait être noire et que en gros des personnes comme vous et moi ne sommes pas en réalité nous serions des européens balancés en Afrique du Nord et et donc ces déclarations existent d'ailleurs les vidéos que j'ai vues ont été tournées même pas en Tunisie elles ont été tournées à Paris et après on va aussi faire un parallèle les Tunisiens sont très attachés à la cause palestinienne on va faire un parallèle avec l'entreprise de création du foyer juif en Palestine en disant ça a commencé comme ça vous voyez les européens voulaient se débarrasser des juifs ils les ont envoyés vers la Palestine la question palestinienne parle beaucoup aux Tunisiens et donc derrière on leur dit vous voyez les Palestiniens n'ont pas fait gaffe ils se sont ils ont perdu et donc derrière si vous ne faites pas gaffe il vous arrivera la même chose et en 4 mois mais vraiment 4 mois c'est devenu quelque chose de viral sur internet en discutant avec des gens en Tunisie mais vraiment de diverses couches sociales on me dit ça mais attendez on les voit partout etc c'est devenu très très populaire et donc le président a repris à son compte cette théorie du complot vu que pour lui le complot est un moyen de gouvernement comme un autre

50:32
Présentateur

et pourtant il ne sont que 21 000 migrants d'Afrique subsaharienne sur 12 millions de ressortissants tunisiens ce qui représente à peu près 0,2% de la population moins d'un pour cent alors du coup à qui cherche à plaire en fait le président tunisien quand il dit ça

50:47
Locuteur 9

alors ils sont 21 000 il y a 21 000 personnes en situation légale les chiffres les plus les plus pessimistes ou optimistes au choix parlent de 50 000 chez l'U chez des personnes assez sérieuses que ça pourrait aller jusqu'à 100 000 encore une fois la Tunisie après 2011 elle a accueilli un million de réfugiés libyens sauf que encore une fois un Libyen en Tunisie surtout ils ont été accueillis dans le sud du pays même les dialectes sont très proches c'est-à-dire que on a aussi accueilli des Syriens donc malheureusement c'est quelque chose qu'on voit à l'oeuvre ici aussi en Europe quand quelqu'un d'extrême droite comme Éric Zemmour qui a soit dit en passant salué les propos de Kays Saïd sur Twitter quand il dit vous voyez la France n'est plus la France et quand il parle des immigrés là encore il parle de personnes comme vous et moi comme des personnes non blanches et qu'on pourrait distinguer au faciès si vous voulez il ne va pas du tout parler du petit-fils du polonais ou du fils du portugais parce que encore une fois on ne peut pas réellement de visu distinguer une personne d'ascendance européenne donc il se passe exactement la même chose en Tunisie c'est-à-dire que la présence subsaharienne elle est plus visible évidemment les gens ne vont pas chercher des chiffres c'est exactement comme les comme les personnes qui estiment en France qu'un français sur trois serait musulman là aussi c'est parce que ils croissent des personnes d'apparence musulmanes et ils pensent que c'est le cas un petit peu partout et donc on surreprésente cette présence-là donc malheureusement c'est quelque chose qui marche qui joue sur pas mal de pas mal de de de de de peur la Tunisie connaît une crise économique ce qu'on a vu aussi aussi vu en France c'est-à-dire que les les travailleurs les le prolétariat blanc c'est là où on trouve le plus d'électeurs du du rassemblement national c'est-à-dire on va jouer sur la question et de l'insécurité économique et de ce qu'on appelle c'est un terme que je valide pas qu'on appelle l'insécurité culturelle c'est-à-dire vous voyez par exemple on parle vous voyez le nombre d'églises qu'il y a le président a parlé de d'une cour de justice noire ce qui a été fact checké et donc totalement démenti et donc on joue sur les peurs je pense que le président y croit y croit à pas mal de théories du complot l'année dernière il a cru à un détournement internet d'une image d'un article de TV5 qui parlait d'une manifestation de soutien qui a réuni 5000 personnes sur l'avenue Bourguiba il y a quelqu'un qui a fait le détournement et il a dit il y a eu 1,8 millions de personnes sur l'avenue Bourguiba et il y a cru il y a cru recevant sa première ministre il y a dit vous voyez hier il y a eu 1,8 millions de personnes qui m'ont acclamé donc il croit pas mal à ce qui se dit sur les réseaux sociaux donc à partir du moment où on va jouer sur ces peurs là comme je vous ai dit sur la question palestinienne en créant un parallèle entre les deux attention il y a une minorité qui peut devenir une majorité on va parler à l'intime on va mettre l'accent par exemple sur les chrétiens on va dire qu'il y a beaucoup de chrétiens donc c'est l'islam qui sera en danger les islamistes ont joué de ça ça a bien marché il y a 10 ans

54:26
Présentateur

la Tunisie se revendit surtout comme un état laïque donc c'est assez étonnant aujourd'hui de brandir le drapeau de l'islam pour fédérer

54:33
Locuteur 9

ça je ne suis pas d'accord je ne suis pas du tout d'accord avec vous Bourguiba a tenté une sécularisation c'est à dire que Bourguiba a inscrit dans l'article 1er de la constitution de 59 et ça a été repris en 2014 que la Tunisie est un état une république dont la religion et l'islam et l'arabe la langue donc on n'a jamais vraiment il y a très très peu même des personnes très à gauche c'est très rare de trouver quelqu'un qui se revendique de la laïcité à la française de toute façon la laïcité à la française n'existe qu'en France et je pense dans le canton de Genève donc mais la Tunisie avait cette tradition séculariste il se trouve que Paysaït n'est pas du tout de cette tradition il a introduit par exemple dans la constitution qu'il a fait adopter cette année il a introduit la notion de charia alors il ne l'a pas présenté comme ça il a présenté comme les finalités de l'islam mais il s'est déjà expliqué sur la chose ça a été vendu aux occidentaux comme on va expurger on va changer l'article 1 on va enlever le fait que l'islam soit la religion de la république tunisienne et donc j'ai vu pas mal d'articles malheureusement pas très renseignés disant c'est bien c'est un pas vers la sécularisation c'est progressiste ce président tunisien exactement mais il fallait juste lire ce qu'il disait sur la peine de mort sur les homosexuels sur sa conception de l'islam lui le seul truc qu'il ait dit et ça on retrouve un petit peu l'enseignant de droit constitutionnel qu'il a été c'est que l'état c'est une entité morale et donc l'état ne fait pas les 5 prières et l'état ne va pas à la mecque mais ça ne veut pas dire et il a même expliqué encore une fois par le complot que le fait de créer une religion de l'état c'est c'est un complot aussi de l'occident il a dit que le premier à avoir introduit ça c'est un premier ministre ottoman qui était musulman mais d'origine juive donc voilà on lance le petit signal et qui était ami avec le premier ministre britannique de l'époque qui s'appelle Benjamin Disraeli voilà pour bien souligner et donc tout ce qu'il disait il disait nous on est évidemment musulman on n'a pas besoin de le mettre dans une constitution mais en revanche l'état doit veiller à l'application de la charia donc j'ai connu plus progressiste que ce monsieur

56:55
Présentateur

on va revenir donc à ses propos clairement anti-migrants donc pour vous il ne constitue absolument pas un dérapage mais ce serait plutôt une déclaration qui s'inscrit clairement dans une politique qui tend de plus en plus à droite à l'extrême même de la droite

57:08
Locuteur 9

c'est une politique identitaire d'une part c'est pour ça qu'il a insisté pour dire que le projet était de remplacer ou d'enlever la caractéristique arabe et musulmane donc derrière on va nous remplacer par des noirs chrétiens donc ça c'est le côté identitaire c'est aussi le côté comme je vous ai dit bouc émissaire facile on est en crise économique et donc des illégaux comme dirait l'autre ça vole notre travail et aussi ça permet de fédérer parce que pour le coup vous avez bien fait de montrer et ça fait chaud au coeur de montrer les manifestations de la société civile de voir des gens qui défilent pour dire ce n'est pas ça malheureusement ces gens là sont minoritaires c'est à dire que les propos du président il a récusé il a dit attendez je ne demande pas aux gens de devenir des policiers de vérifier les titres de séjour des gens il faut d'ailleurs des personnes ont été arrêtées parce qu'elles s'en sont prises à des subsahariens et c'est très bien et c'est heureux il y a eu pas mal de dérapages mais il n'a pas récusé la théorie du grand remplacement c'est à dire ça il a gardé parce qu'encore une fois il réfléchit il opère à chaque fois en complot tout s'explique chez lui par le complot et donc c'est une théorie qui lui permet d'avoir enfin il est plus que majoritaire c'est à dire que

58:42
Présentateur

il y a deux choses

58:45
Locuteur 9

à distinguer aussi c'est vrai que les gens ne le suivent pas sur son projet c'est à dire ce projet de démocratie directe qui en réalité c'est un projet de despotisme clair et net où le président a les pleins pouvoirs dans le meilleur des cas la constitution elle a été votée par 28% du corps électoral pour un changement de pacte social je pense que c'est léger il a fait des élections législatives il a dit vous voyez le parlement avant c'était n'importe quoi ils n'étaient pas proches de vous il y avait de l'argent il a changé la loi électorale pour quasiment interdire alors il n'a pas interdit aux partis de se présenter mais il a tout fait pour que les partis ne se présentent pas c'est à dire que les partis ne peuvent plus financer leurs députés et les députés ne peuvent pas enfin les candidats ne peuvent pas mettre leur étiquette partisane sur un bulletin de vote ce qui en gros interdit de fait ou en tout cas affaiblit les partis donc il s'est dit voilà vous n'avez pas aimé je vous donne autre chose des députés plus proches de vous des députés qui n'ont pas d'argent etc et donc ça va a priori vous plaire il a fait une élection sur deux tours il y a eu à chaque fois 11% une partie de l'opposition en a déduit que les gens ne le suivent pas c'est un petit peu plus compliqué que ça les gens ne le suivent pas sur son projet mais il continue à être populaire et avec ce genre de déclaration ça va doper sa popularité il est en train de mettre ses opposants en prison et si vous voulez en faisant un mélange en mettant des personnes notoirement corrompues avec des militants des droits de l'homme avec des journalistes etc donc il fait un beau patchwork pour que les gens n'y voient que du feu ils se disent ben voilà il a arrêté un tel et un tel et corrompu oui sauf qu'en réalité il a aussi et on parle de sûreté de l'état etc et donc les gens ont peur quand on leur dit attendez ces gens là sont en train de comploter contre la sûreté de l'état mais il y a toujours ce réflexe de ce réflexe de de salut ce réflexe d'union sacrée donc avec ce qui se passe alors que des personnes comme moi disons attention il est en train de criminaliser l'opposition les avocats disent que les droits de la défense sont bafoués le président a dit avant même que les juges d'instruction ne se décident il a dit celui qui osera les innocenter et leurs complices quel est le juge d'instruction qui pourra aller à l'encontre de ça sachant que entre autres choses il s'est arrogé le droit de limoger n'importe quel magistrat sur une simple déclaration de police il a mis au pas la justice la commission électorale et là aujourd'hui il y a un magistrat qui a prononcé un juge d'instruction qui a remis en liberté un condamné il y a eu une inspection du ministère de la justice il vient d'être écarté en une semaine donc clairement je ne vois aucun juge qui soit capable sauf à être une tête brûlée qui soit capable par exemple de libérer ces gens là quand nous nous expliquons que c'est grave et bien on se fait traiter de collabos de complices etc donc il est très populaire il a aussi une opposition très divisée qui n'arrive pas à se parler il y a à peu près trois grandes familles de l'opposition il y a les islamistes et leurs alliés qui sont rejetés aussi bien par des personnes laïques elles ne veulent pas travailler avec des islamistes mais aussi par des Tunisiens conservateurs qui n'auraient pas de problème avec les islamistes mais qui ont vu la corruption de certains élus islamistes qui ont vu pendant dix ans comment ils ont mal géré le pays et qui se disent plus jamais eux on préfère et ça on nous le dit on préfère ce monsieur que les islamistes d'un autre côté il y a les partisans de l'ancien régime qui eux ne veulent pas du tout entendre parler ni d'islamistes ni du président actuel ni de révolution donc eux ils sont sur une restauration ils veulent retourner au régime de Bourguiba et de Ben Ali en se disant démocrate mais bon on peine à y croire et puis il y a les démocrates et les démocrates c'est un spectre très large de tout petits partis qui n'ont pas véritablement de présence sur le terrain donc ça va de l'extrême gauche au centre droit mais c'est des partis qui aujourd'hui ne s'inscrivent dans aucune des trois autres options et du coup il est là d'une part par défaut parce qu'il n'y a pas d'offre crédible en face et d'autre part il n'arrive pas à gréger sur un projet il agrège sur un rejet c'est moi où il est corrompu c'est moi où le grand remplacement c'est moi où etc les gens se disent il est là tant qu'à faire il peut rester

1:03:30
Présentateur

vous l'avez rappelé tout à l'heure à thème Nafti que la France et l'Italie enfin l'Union Européenne et notamment la France et l'Italie sous-traitent le traitement de l'immigration en Tunisie elles refoulent des embarcations en direction de l'Europe en quoi ce discours anti-migrant pourrait servir les intérêts des français

1:03:50
Locuteur 9

alors là encore les français et on l'a vu sous Bourguiba et on l'a vu surtout sous Ben Ali au moment de l'épisode révolutionnaire de 2011 trois jours avant la chute de Ben Ali Michel Alliomari proposait d'exporter le savoir-faire français en termes de maintien de l'ordre donc les français ce sont enfin les gouvernements français notamment celui de Nicolas Sarkozy n'avait aucun problème à chanter les louanges en gros à l'époque on disait on préfère Ben Laden à Ben Ali Ben Ali à Ben Laden pardon donc c'était très bien à partir du moment où ils tenaient les terroristes ils tenaient les islamistes on les sait faire après il y a eu l'accord de 2008 avec la France de la gestion concertée de l'immigration qui fait que la France récupère facilement d'ailleurs des profils comme moi moi je suis ingénieur en informatique j'ai eu aucun mal à m'installer en France je suis franco-tunisien je suis naturalisé donc je suis arrivé en France je n'étais que tunisien je n'ai eu aucun problème à avoir mes papiers je n'ai jamais eu de problème en préfecture ni rien du tout parce que j'étais ingénieur et que ça convient très bien au marché du travail français ce que Sarkozy appelait l'immigration choisie donc la France si on voit les points que le gouvernement actuel regarde en premier c'est un la question économique et il le rappelle dans ses discussions notamment dans les déclarations du Quai d'Orsay c'est la Tunisie doit faire ce qu'il appelle les réformes donc les réformes néolibérales imposées par le FMI c'est plus facile ces réformes passent plus facilement avec une personne alors c'est peut-être pas un side mais avec un régime où il y a une personne qui décide et on a un parlement croupion qui derrière va voter comme un seul homme ou une seule femme donc ça ça les arrange de deux c'est pas moi qui le dit c'est Gabriel Attal dès l'année dernière quand il y a eu la crise ce qu'on a appelé la crise des visas avec les pays du Maghreb déjà la Tunisie on lui a réduit les visas de 30% alors que l'Algérie et le Maroc c'était 50% on estimait que la Tunisie déjà coopérait mieux et après le jour où les visas ont été rétablis à la normale il y a eu une déclaration conjointe des deux ministres de l'intérieur français et tunisien où la France s'est félicitée de la coopération de la Tunisie en matière migratoire donc au moins c'est clair et net l'Italie inutile que je vous fasse un dessin il y a un gouvernement d'extrême droite qui a encore déclaré qu'il était prêt à soutenir la Tunisie y compris économiquement à partir du moment où elle tient où elle tient les migrants où elle refoule il y a des aéroports de province qui vu la baisse du niveau des touristes qui aujourd'hui opèrent essentiellement pour accueillir des charters venant de France et d'Italie donc à partir de là la question des droits de l'homme et pour ça ne va pas vous étonner la question des droits de l'homme on l'a brandi quand ça nous arrange aujourd'hui la position française et là je vais citer Emmanuel Macron je soutiens mon ami Kay Sayed et je souhaiterais que ce processus donc en cours depuis le 25 juillet 2021 aille jusqu'à son terme et avec un petit laus hypocrite à la fin pour dire alors il faut que ce soit inclusif il va très bien et dans le respect des droits de l'homme etc ça c'est pour se donner bonne conscience c'est ce qu'on dit avec Mohamed Ben Salman c'est ce qu'on dit avec Sisi donc j'ai envie de dire tant mieux franchement il faut que cette question soit tranchée entre Tunisiens il faut que les Tunisiens aient conscience que ce genre de régime n'est pas bon pour eux il n'est pas bon de faire appel à l'étranger je le dis parce qu'une partie de l'opposition joue la carte de ça le lendemain par exemple du coup d'état le chef des islamistes qui était par ailleurs le chef du parlement a donné une interview au Corriere de la Serra en Italie pour dire attention si ce régime s'installe ça va être le terrorisme et les migrants donc histoire d'effrayer les Italiens pour leur dire soutenez-moi je trouve que un c'est antipatriotique de dire ça c'est faire appel à des puissances étrangères a fortiori d'anciennes puissances coloniales qui se sont toujours accommodées de tous les régimes en Afrique en général donc un c'est pas bien deux encore une fois il faut parce qu'on a vu une démocratisation on a vu la mise de normes très progressistes et très démocratiques ça a été mis en place il y a eu des législations très libérales j'entends politiquement parlant pendant ces dix ans un code de la presse qui est même honnêtement qui est même plus avancé que le code de la presse français vraiment des législations très libérales politiquement mais à partir du moment où une partie des élites et aussi une partie du peuple rejette la démocratie libérale telle que ça lui a été présenté je ne pense pas que son imposition à partir de l'étranger qui va créer du ressentiment il n'y a aucun pays qui va chercher les intérêts du pays qu'il sert avant les siens donc il faut faire oeuvre d'explications de pédagogie pour que on comprenne que ce régime est une impasse mais il faut surtout pas mais j'insiste surtout pas compter sur qui que ce soit de toutes les façons un, ça ne se fera jamais deux il n'y a personne on n'est jamais mieux servi que par soi-même

1:09:44
Présentateur

pour revenir encore aux propos du président tunisien le chef de la diplomatie Nabil Amar a défendu samedi sur France 24 les déclarations anti-migrants de Kaïs Saïd alors lui il n'y voit aucune coloration raciste mais plutôt une erreur d'interprétation on l'écoute

1:10:01
Locuteur 7

erronée et infondée ce sont des accusations que nous rejetons complètement le fait de dire qu'il peut y avoir un plan qui aura forcément des conséquences sur la composition démographique du pays ça ne veut absolument pas dire ça ne doit pas être considéré comme un discours haineux c'est un élément d'information parmi d'autres mais le problème il est beaucoup plus large que cela la migration illégale pose des problèmes dans tous les pays où elle existe et ce n'est pas au pays européen que je vais le dire elle pose des problèmes même au pays africain donc le fait de reconnaître qu'il y a un problème ce n'est pas ce n'est pas ce n'est pas un discours haineux du tout

1:10:42
Présentateur

et quand on demande au président tunisien s'il a cédé au complotisme voilà ce qu'il répond

1:10:47
Locuteur 7

absolument pas cet élément là d'information figure parmi beaucoup d'autres éléments encore une fois qui sont à prendre en considération et une présence massive qui augmente et qui fait l'objet d'opérations criminelles douteuses et qui est encouragée par plusieurs parties diverses avec des objectifs mercantiles et autres diverses ça ne peut qu'avoir des conséquences considérables sur la stabilité du pays et il est du ressort et de la responsabilité du président de la République comme de tout chef d'état de tout pays au monde de dire ce qu'il y a et de prendre les mesures nécessaires

1:11:28
Présentateur

on voit bien que le chef de la diplomatie botte en touche est-ce que ce discours anti-immigrants ne cherche pas justement à détourner l'attention de la question principale de la crise économique et sociale que traverse la Tunisie et même la pauvreté vous parlez de paupérisation de la Tunisie

1:11:43
Locuteur 9

je le crois oui la politique du bouc émissaire c'est quelque chose qui a malheureusement toujours marché ça permet de détourner l'attention encore une fois le gouvernement est en train de négocier un plan d'austérité qui va faire très mal en affaiblissant d'une part les corps intermédiaires dont les syndicats dont les partis politiques notamment ceux de gauche ça permet de faire passer la pilule et d'autre part en trouvant des boucs émissaires donc si ça va créer du chômage vous voyez il y a des sans-papiers qui vous prennent ou des étrangers d'ailleurs qui soient sans-papiers ou pas qui vous prennent votre travail et ça permet de oui de la question identitaire est toujours et c'est ce que nous disons en France est toujours au secours du grand capital et des libéraux en général pour détourner l'attention puisque là ce qui va se passer c'est c'est que la Tunisie a un modèle de bas salaire compensé par justement des mécanismes de compensation là ce qu'on lui demande c'est de maintenir les bas salaires et d'enlever la compensation donc ça va paupériser des pas entiers de la population et donc en désignant d'autres boucs émissaires que ce soit l'ennemi de l'intérieur à savoir les opposants ou l'ennemi de l'extérieur ces migrants que des européens nous envoient ça permet de détourner le regard et malheureusement c'est très efficace

1:13:11
Présentateur

même si les migrants doivent subir les violences que provoque ce genre de discours c'est ce que d'ailleurs la journaliste a rappelé au chef de la diplomatie tunisienne s'il voulait bien admettre que ce type de déclaration anti-migrants allait forcément provoquer des réactions assez violentes on écoute la réponse du ministre des Affaires étrangères

1:13:31
Locuteur 7

mais c'est un des aspects de la crise économique et sociale il ne faut pas l'aggraver où sont les partenaires de la Tunisie qui sont en train de dire qu'il faut appuyer la Tunisie il faut l'assister où sont-ils mais vous savez très bien que ce phénomène là est lié à beaucoup d'aspects certains sont en Tunisie mais beaucoup d'autres dépassent la Tunisie ils sont en dehors de la Tunisie vous le savez tous tout le monde le sait et même les dérapages quand il y a eu des dérapages ce ne sont pas les autorités qui sont responsables de ça les autorités sont en train de prendre toutes les mesures pour protéger tout le monde mais les dérapages ils existent toujours quand il y a deux mois de cela une Tuniso européenne meurt dans un commissariat dans une grande capitale européenne et que jusqu'à présent nous n'avons pas d'explication très probablement sous les coups de la violence policière nous nous n'en avons pas fait un plat nous n'avons pas dit que c'était une attitude haineuse nous attendons les rapports et la confirmation etc il ne faut plus mettre la Tunisie sur un banc et commencer à harceler c'est une attitude qui est irresponsable nous nous voulons une Afrique indépendante parce que nous sommes dans la ligne des pères fondateurs et qui donne ses positions sur la base d'informations réelles et dans l'intérêt de ses propres habitants et pas d'autres considérations nous la Tunisie

1:14:57
Présentateur

la journaliste se fait clairement disputer par le ministre des affaires étrangères j'ai juste envie de vous faire réagir en fait à ces trois magnétos qu'on vient d'entendre et réagir à la défense qui est celle finalement qui vient porter la parole du chef d'état tunisien du chef d'état de l'état

1:15:14
Locuteur 9

si vous voulez c'est un petit peu il est dans son rôle un ministre des affaires étrangères ou un ambassadeur il est là pour défendre la politique de son pays il vient d'être nommé il y a deux ou trois semaines il défend le régime auquel il appartient tant qu'il n'a pas démissionné on attend de lui comme pour n'importe quel avocat qui défende son client ou le représentant d'un pays doit défendre son pays ça ça s'entend après ce qu'il dit c'est encore une fois les déclarations sont un petit peu comment dire ces déclarations on ne peut pas distinguer quand on croise dans la rue une personne noire si elle a des papiers ou elle n'a pas de papiers c'est ça la dangerosité de ces déclarations donc ça joue sur le rejet et ça alimente le rejet donc ça d'une part mais d'autre part le problème c'est que oui il faut réguler parce que les sans-papiers sont encore plus vulnérables que d'autres personnes et donc se font exploiter ceci est aussi vrai c'est-à-dire mais par contre il y a des choses à faire il y a notamment le code des étrangers ou la loi régissant les titres de séjour qui on a eu plein de témoignages de personnes vraiment de bonne foi qui subissent la bureaucratie assez lourde de l'administration tunisienne et qui se retrouvent en réalité sans-papiers alors qu'ils ne l'étaient pas au début c'est ça c'est ça qu'il faudrait regarder et puis de l'autre côté si la Tunisie accepte de refouler des embarcations il y a beaucoup de subsahariens qui sont en Tunisie juste parce que les autorités les empêchent d'aller en Europe que les Tunisiens pas que d'ailleurs mais en tout cas les pays du sud de la Méditerranée reçoivent des subsides de très faibles sommes d'ailleurs pour refouler pour empêcher pour être les gardes frontières de l'Europe il n'y a pas que Frontex il y a aussi les autorités locales donc à partir du moment où si vous trouvez que c'est une présence importante la première des choses c'est de se poser une question de savoir pourquoi est-ce que vous vous participez à empêcher ces gens d'aller en Europe après tout les Européens ils n'ont qu'il y a ils ont ils ont Frontex ils ont des gardes-côtes nationaux qui permettent enfin ce n'est pas aux pays du sud de la Méditerranée de faire les gendarmes pour les pays du nord il y a des personnes qui sont en Tunisie parce que c'est des personnes qui fuient la misère dans leur pays et qui ne sont en Afrique du Nord que pour aller en Europe si vous les en empêchez ils restent ils vont pas revenir dans leur pays où ils sont ils sont maltraités où ils n'arrivent pas à survivre ben c'est tout à fait normal qu'ils s'installent quelque part donc il vaut mieux revoir les accords qui sont totalement léonins entre le nord et le sud la liberté de circulation qui fait que un citoyen européen y compris nous avec un passeport français on peut aller à peu près où on veut et il y a très peu de pays qui vont nous demander des visas et des pays du sud où on demande tout un tas de paperasse pour venir ne serait-ce que pour venir visiter l'Europe donc peut-être qu'en demandant pourquoi ils ne demanderaient pas par exemple au pays du nord de revoir la liberté de circulation qui est un droit fondamental je pense que c'est un petit peu plus courageux que de s'en prendre à des pauvres victimes qui sont là par un concours de circonstances et qui ne sont certainement pas là par une machination ordie contre la pureté tunisienne un terme que je ne reprends pas évidemment

1:19:10
Présentateur

merci beaucoup Atem Nafti je rappelle que vous êtes l'auteur de cet essai Tunisie vers un populisme autoritaire et c'est une préface de Pierre Aski on vous le recommande vous l'avez publié en 2022 et il y a également une tribune c'est ça merci à vous d'avoir suivi cette émission avant de vous quitter je vous rappelle que le média ne vit que grâce à votre soutien nous tenons l'antenne grâce à vos dons et à vos abonnements alors devenez sociaux pour nous aider vous pouvez aussi partager nos vidéos cliquez sur j'aime n'hésitez pas à les commenter nous vous lisons attentivement évidemment parlez de nous autour de vous plus nous sommes nombreux et nombreux à défendre un journalisme indépendant et plus nous serons capables de survivre dans un monde marqué par la concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires qui feront tout pour nous dégager à moins que ce soit nous qui les dégagions je vous souhaite une très bonne soirée et à bientôt

MACRON : QU'EST-CE QU'IL VA ENCORE FAIRE AU GABON ?/TUNISIE : LE SPECTRE DU RACISME D'ÉTAT — Emmanuel Macron · Pourquijevote