Bayrou et ses ministres font leur rentrée : casseroles et bras cassés
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Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le vendredi 3 janvier, vous regardez le Flash Info du Média. En ce début d'année, nous tenons à vous adresser nos meilleurs voeux, que cette année soit pleine de luttes victorieuses et de médias indépendants. Nous voulions surtout vous dire un immense merci, merci à vous, nos 5000 donateurs qui avaient fait de notre campagne de fin d'année un véritable succès. Grâce à votre générosité, nous avons récolté 270 000 euros pour continuer à faire vivre votre média. Un média qui vous garantit une information libre au sein d'un paysage médiatique français contrôlé par les oligarques.
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Ce n'est qu'après avoir dévoré quelques croissants que les 35 ministres se sont retrouvés au Conseil des ministres à l'Elysée autour du président de la République, Emmanuel Macron. Cette rencontre a été suivie d'un conseil de défense consacré à la situation à Mayotte près de deux semaines après le passage meurtrier du cyclone Chido. Jusqu'au dernier moment, l'ordre du jour de ce premier conseil de l'année est resté incertain. La présentation du projet de loi d'urgence pour Mayotte ayant finalement été reportée à la semaine suivante, c'était un ordre du jour plutôt léger et inconsistant à l'image des trois voeux formulés par le nouveau Premier ministre. « Réconciliation, action, stabilité ».
On ne saura jamais si François Bayrou songait davantage à la stabilité de son poste qu'à celle des finances du pays. Sans budget depuis la censure du gouvernement de Michel Barnier, la France tient depuis le 1er janvier grâce à une loi spéciale qui vise à garantir la continuité de la vie nationale et le fonctionnement régulier des services publics jusqu'à l'adoption de la loi de finances en 2025. Si les fonctionnaires sont toujours payés, il y a néanmoins urgence à faire adopter un budget pour 2025. Un Himalaya, c'est cette métaphore que le Premier ministre a choisie pour décrire les difficultés qu'il attend en ce mois de janvier 2025. Alors je vous vois venir avec vos questions taquines.
Comment François Bayrou compte-t-il gravir l'Everest avec une équipe de bras cassés ? Ce n'est pas sympa, mais il faut reconnaître qu'il l'a bien cherché. Quand on s'apprête à emprunter un chemin ardu et périlleux, on se prépare, on ne s'encombre surtout pas de vieilles casseroles traînées par les uns et les autres. On voyage léger, avec des compagnons de route qui savent se repérer dans l'espace, non Manuel Valls. La Réunion ne se situe pas dans l'océan Pacifique. Elle était un peu facile celle-là, on peut lui pardonner son inculture géographique. En revanche, on ne lui excusera pas son soutien conditionnel du génocide à Gaza.
Et en particulier après que la Cour pénale internationale a mis des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense, Yoav Galan, pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité dans la bande de Gaza occupée.
Vous avez été Premier ministre, là il y a quand même une décision lourde de conséquences politiques. Oui ou non, si M. Netanyahou est sur le sol français, il faut l'arrêter.
Si j'étais Premier ministre, je vous dirais non. Clairement non. On ne peut pas le faire pour les raisons que j'ai évoquées.
En dépit du fait que la France est signataire de la CPI.
Parce qu'on ne peut pas se poser cette question sans se dire qu'il faut réviser totalement ces règles. Derrière cette décision, de mon point de vue, il y a une décision purement politique.
Donc vous assumeriez de ne pas respecter la signature de la France des accords de la CPI ?
Je ne suis plus Premier ministre et je suis devant vous et donc c'est facile à dire. Mais je vous dois évidemment cette franchise.
L'état de droit doit rester une boussole, c'est ce qui nous différencie des terroristes. C'est ce qu'avait déclaré Gabriel Attal en 2020 alors qu'il était le porte-parole du gouvernement. Alors que fait Manuel Valls quand il plaide pour le renoncement du droit face à l'état d'Israël ? N'est-ce pas de l'apologie du terrorisme ? Je vous laisse le soin de répondre à cette question assez parlée de Valls. Passons désormais à Aurore Berger, fraîchement nommé ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre le discrimination et qui s'est également démarquée par son soutien inconditionnel du génocide à Gaza.
Alors qu'elle était ministre des Solidarités et des Familles dans le gouvernement Borne, Aurore Berger a été accusée de parjure par des députés de gauche pour avoir nié sous serment devant une commission d'enquête tout lien personnel avec une lobbyiste des crèches privées. Une affaire révélée par Victor Castané dans son livre enquête « Les ogres » dans lequel le journaliste évoque un pacte de non-agression conclu entre Aurore Berger et Elsa Hervie, déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches. Et que dire du choix de reconduire Achida Dati à la culture ?
Le 13 novembre dernier, le parquet national financier a demandé dans son réquisitoire définitif le renvoi de la ministre devant le tribunal correctionnel pour recel d'abus de pouvoir et d'abus de confiance, corruption et trafic d'influence passif par personne investie d'un mandat électif public au sein d'une organisation internationale en l'espèce de Parlement européen dans le cadre de l'affaire Carlos Ghosn, du nom de l'ex-PDG de Renault-Nissan, visé par deux mandats d'arrêt internationaux de la justice française et en fuite au Liban.
Et comment ne pas évoquer Laurent Marc-Angéli, le nouveau ministre de l'Action publique qui aurait été condamné à 11 reprises pour ne pas avoir versé ce qu'il devait à une agente détachée lorsqu'il était maire d'Ajaccio ? Patricia Miralès, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants qui aurait confondu notes de frais et dépenses personnelles lorsqu'elle était députée. Agnès Pannier-Runacher, ministre dans les gouvernements Castex, Borne, Attal et Barnier, soupçonnée de conflits d'intérêts.
On pourrait aussi citer un grand nombre de ministres de ce nouveau gouvernement qui s'est opposé au mariage pour tous ou à la PMA pour toutes les femmes à contre-courant de l'opinion publique. Vous l'aurez compris, il n'y a pas grand-chose à retenir de ce premier conseil des ministres qui fait surtout parler de lui en raison des parcours et bilans chaotiques des membres qui composent ce gouvernement fraîchement formé. Cette rentrée, c'était aussi celle de la nouvelle porte-parole Sophie Prima qui confond le conseil des ministres avec un conseil municipal à sa décharge. Le premier ministre est aussi le maire de Pau.
Mesdames et Messieurs les journalistes, votre présence reflète l'attention portée à cette étape importante de notre vie démocratique qui est la cérémonie de compte-rendu du conseil municipal. Je vous en remercie chaleureusement.
On se donne rendez-vous le 14 janvier prochain pour découvrir la feuille de roue de François Bayrou qu'il précisera à l'occasion de sa déclaration de politique générale devant le Parlement. L'actualité internationale désormais, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, s'est rendu ce vendredi en Syrie pour s'entretenir avec le nouveau dirigeant du pays.
Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barraud, est arrivé vendredi matin dans la capitale syrienne, suivi par son homologue allemande, Annalena Baerbock. Lors de cette visite, qui intervient sous mandat de l'Union européenne, les deux ministres rencontrent Ahmad Al-Chara à la tête d'une coalition dirigée par son groupe islamiste radical HTS qui a chassé du pouvoir le président Bachar Al-Assad le 8 décembre. Jean-Noël Barraud a pointé du doigt le régime de l'ancien dictateur et a assuré les Syriens du soutien de la France.
C'est un espoir fragile, mais c'est un espoir réel et c'est la raison pour laquelle la France se tiendra aux côtés des Syriens comme elle l'a fait depuis 13 ans, depuis la Révolution, pour faire en sorte que cet espoir la vienne.
Au programme de ce séjour, une rencontre avec les chrétiens syriens et une visite de la prison de Saïd Naya, symbole de la répression de masse orchestrée par l'ancien régime. De son côté, le chef de la diplomatie syrienne s'est rendu en ce début d'année en Arabie Saoudite pour son premier déplacement officiel. Il y cherche l'adoubement d'un géant de la région, mais surtout des financements pour reconstruire le pays. L'Arabie Saoudite, elle, voit d'un bon oeil le rapprochement avec Damas, autrefois fidèle à l'Iran.
Ensemble, la France et l'Allemagne se tiennent aux côtés du peuple syrien dans toute sa diversité, a écrit sur X le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud. On termine ce Flash Info par une autre actualité internationale. Le président de la Corée du Sud, qui a tenté d'imposer la loi martiale au début du mois de décembre, a plongé le pays dans une crise politique. Ce vendredi, des enquêteurs sud-coréens ont essayé d'arrêter le président protégé par ses gardes du corps en vain.
Un président déchu retranché dans sa résidence est résistant à la police. Cette scène surréaliste s'est déroulée en Corée du Sud ce matin. Pendant plus de 5 heures, 20 procureurs et 80 policiers du Bureau d'enquête sur la corruption des hautes personnalités, en charge de l'enquête pour rébellion ouverte contre le chef de l'État, Yonsukyol, sont restés à l'intérieur de la résidence présidentielle. Mais ils sont ressortis bredouilles. La raison, ils se sont heurtés à près de 200 soldats et agents de services de sécurité présidentielle qui ont formé une muraille humaine en se tenant par les bras pour les empêcher de passer.
Épisode symbolique de la division politique du pays, partisans et opposants au président manifestent tous deux à Séoul.
Je n'ai pas pu réprimer la frustration et la colère que j'ai ressentie aujourd'hui en voyant comment le Bureau d'enquête sur la corruption des hauts fonctionnaires a émis un mandat d'arrêt illégal, a agi comme s'il était au-dessus de la Constitution et a essayé d'humilier et d'évincer le président légitimement élu par le peuple d'une telle manière. J'ai donc mis mon travail de côté aujourd'hui, réfléchissant à la manière d'empêcher ce pays de se diriger vers le communisme.
Le Bureau d'enquête a jusqu'au 6 janvier pour exécuter le mandat d'arrêt délivré par un tribunal de Séoul à sa demande mardi. Pour rappel, le président est poursuivi pour avoir tenté d'instaurer la loi martiale le 3 décembre dernier.
Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, quelques 2700 policiers ont été déployés dans le secteur après des échauffourées entre partisans et détracteurs du président déchu la veille au soir. Yonh Suk-hyeol a appelé ses partisans à se battre jusqu'au bout. C'est la fin de ce Flash Info. que vous pouvez retrouver sur la chaîne YouTube et le canal 165 de la Freebox. En ce début d'année, nous tenons à vous adresser nos meilleurs voeux. Que cette année soit pleine de luttes victorieuses et de médias indépendants. Nous voulions surtout vous dire un immense merci. Merci à vous, nos 5000 donateurs qui avaient fait de notre campagne de fin d'année un véritable succès.
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François Bayrou