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InterviewLigne Droite • La matinale de Radio Courtoisie· 25 mars 2026 21 minAutoproduitActualité / polémique

Du Front National au RN : 50 ans pour devenir incontournable - Bruno Gollnisch

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Et nous poursuivons avec Bruno Golnich. Bonjour et merci d'être avec nous. Merci de votre invitation.

Alors, on va parler avec vous du rassemblement national évidemment puisque vous êtes une vieille figure de ce parti et évidemment les un peu un peu sur la touche. Alors, je ne suis pas l'interprète officiel et je ne suis pas forcément au courant des derniers développements. Je ne voudrais pas vous décevoir.

Ça nous déçoit pas puisque le sujet justement c'est cette progression en fait du rassemblement national et avant ça du Front national. euh comment en un peu plus de 50 ans etth bien le parti a réussi à s'imposer euh dans la sphère politique française comme un élément incontournable à dépasser euh cette étiquette de repoussoir qu'on lui collait souvent et puis euh finalement donc euh à réaliser cette percée dans les dernières municipales. Euh Philippe Varn en parlait il y a un instant mais on a quand même donc désormais je crois 74 presque 75 mairies.

On a plus de 3000 conseillers municipaux qui sont donc attachés à cette étiquette Rassemblement national. Peut-être commençons par là. Bruno Golniche, j'imagine que ces chiffresl vous ont fait plaisir.

Mais quelle est la lecture que vous vous en faites ? Oui, tout à fait. Euh évidemment, c'est un grand motif de satisfaction.

Je vois euh des municipalités qui n'ont pas été suffisamment citées lors de la soirée électorale je par les commentateurs. Euh par exemple la scène sur mer qui est la qui est la 2e ville du Var par le par le par la par la population. Euh d'ailleurs dans ce département, on peut aussi mentionner euh les le la valette euh du ver euh sifour, enfin tout ça est assez remarquable.

Euh ça euh compense un peu même beaucoup, mais la déception réelle que nous avons ressenti euh compte tenu des espoirs euh que nous nourrissions euh pour euh Toulon bien sûr et pour Marseille où Lor La Valallette et Franck Alisio et leurs équipes se sont remarquablement battues, ont obtenu des scores très importants mais n'ont pas obtenu la majorité. Je pense que ça traduit une implantation sérieuse du Rassemblement national au plan au plan local. Il y a tous ces succès dans le dans le principalement dans le nord, dans le le sud, je viens de de le mentionner.

Évidemment, il y a la victoire de Nice où notre allié monsieur Choti a remporté un succès éclatant. Euh tout ça, tout ça est très important. Euh mais euh bien sûr, il ne faut pas il ne faut pas crier victoire, il faut rester modeste.

Euh un autre motif de succès, c'est tout de même aussi euh un autre motif de satisfaction, veux-je dire, c'est c'est quand même le le succès très important de des maires sortants. Je pense à à Louis Aliot, je pense aussi à à toute l'équipe de de Hin Baumont. Euh ce sont des des succès tout à fait remarquables qui montrent que euh la gestion euh Rassemblement national ça marche contrairement à ce qu'on avait prétendu.

Oui. Euh nos premiers succès euh il y a 20 ans euh et plus nos premiers succès électoraux euh ne s'était pas traduit par une réélection mais pour une raison d'ailleurs assez assez simple qu'on a qu'on n' pas suffisamment commenté, c'est que tous les pouvoirs et tous les contrepouvoirs s'étaient ligués contre nos municipalités que ce soit que ce soit à Toulon, que ce soit n'importe où ça a été ça a été le ça a été le cas et ça a rendu la situation beaucoup plus difficile. Aujourd'hui, ces obstacles sont surmontés et c'est heureux.

Oui, on voit une une capacité du Rassemblement national à créer des alliances parfois même avec des républicains qui se désistent au profit du Rassemblement national. Alors, c'est pas c'est pas vraiment une alliance, mais c'est quand même un pas un pas qui est fait vers le Rassemblement national. Euh et c'est quelque chose d'assez inédit puisque c'est ce qu'on disait pendant longtemps et vous c'est des périodes que vous avez vécu Bruno Golniche, dès qu'on mentionnait le Rassemblant national ou le Front National, c'était fermeture automatique du débat.

Enfin, le débat était clos immédiatement et il y avait pas il y avait pas possibilité d'aller plus loin. Aujourd'hui, on a vraiment vu la situation évoluer. Oui.

Euh je m'honore d'avoir été l'un des promoteurs de cette stratégie lorsque en 98, je me permets de vous le rappeler, mais vous étiez très très très jeune. J'étais même pas né. Alors, vous n'étiez même pas né, vous n'existiez même pas.

à à l'état de lueur de désir dans le regard de vos parents. Alors c'est dire bon, vous n'en avez pas beaucoup de souvenirs, je le comprends. Mais en 98, j'ai été comme secrétaire général du Front National et comme leader sur la région Ronalpe, l'artisan de la stratégie consistant à [grognement] essayer de sauver de la de la mammise de la gauche écolo social communiste 19 régions sur 23 qui pouvaient l'être qui pouvaient l'être à condition que les conseillers régionaux Front Nation national fraîchement élu vote pour euh un président de région, un exécutif régional qui était principalement, on dirait aujourd'hui LR, à l'époque on disait UMP ou RPR, UDF, peu importe.

Euh et et ceci a fonctionné, ça a fonctionné en région Ronalpe, ça a fonctionné en Lang d'Ocillon, ça a fonctionné en Bourgogne où ça n'était pas évident et où nous avons fait élire monsieur Soisson en Picardie où nous avons fait élire monsieur Bord et c'était un geste presque désintéressé de notre part en ce sens que nous ne demandions rien pour nous. Nous ne demandions pas de vice-présidence, nous ne demandions pas de poste, encore moins de voiture de fonction, de facilité matérielle, que sais-je encore. Nous demandions simplement que soit respecté un programme minimal qui consistait à ne plus augmenter la fiscalité, à assurer la sécurité dans les lycées, avoir une politique culturelle plus enracinée.

Nous avions déterminé comme ça un certain nombre de points qui pouvaient être acceptés par des on dirait aujourd'hui LR sincères et à ce moment-là nous étions prêts à voter pour eux et nous l'avons fait. Et euh je vous rappelle que à cette occasion euh c'est Jacques Chirac lui-même qui s'est mis en travers une déclaration solennelle mais parfaitement insultante à notre égard et qui a ordonné à tous euh ces euh tous les présidents de région qui avaient été élus avec nos voix car je je n'ai pas mentionné aussi monsieur Aran dans la région centre monsieur Sans en midi péréné, il leur a ordonné de rendre les clés des régions à des exécutifs socialiste ou communiste minoritaires. C'est assez extraordinaire.

C'est assez extraordinaire et la plupart ont obéi, sauf les quatre que j'ai mentionné en premier. Alors euh je je pense quand même que ça a été euh un coup de tonner [raclement de gorge] dans la vie politique française montrant que certaines alliances étaient possibles. Charles Millon la en région Ronalpe l'a l'a payé très cher mais il a aussi payé le fait de ne pas avoir pleinement assumé euh la discussion qu'il avait eu avec moi.

Hm. Bruno Glichich, on recevait il y a quelques jours Jérôme Sainte-Marie qui nous expliquait que donc au-delà de la progression des maires qui sont engagés sous l'étiquette Rassemblement national, on a aussi beaucoup de maires en province dans cette France périphérique qui sont élus sans étiquettes et qui sans le dire sont quand même très proches du Rassemblement national puisque beaucoup sont par exemple encartés dans votre parti et donc bon bien évidemment le Rassemblement national évite de rentrer dans ce genre de de de discours parce que c'est important aussi que certains maires et surtout dans les dans les localités provinciale puisse se présenter sans étiquette. C'est souvent une stratégie gagnante, mais ce que ça dit, c'est que au-delà justement de cette étiquette Rassemblement national, on a quand même une progression des idées que vous proposez depuis 50 ans.

Est-ce que selon vous, c'est grâce à une stratégie d'alliance, de dédiabolisation de la part du Rassemblement national ou est-ce que ça serait pas plutôt dû à la situation française qui se dégrade de plus en plus et qui voilà rend vos idées effectivement assez évidentes dans leur bon sens ? Oui, j'ai toujours dit que la dédiabolisation dont je euh à laquelle je suis je suis favorable, hein, on a essayé de m'opposer à Marine Le Pen sur ce point, moi je suis j'ai toujours estimé la diabolisation parfaitement injuste, mais je pensais que la dédiabolisation résultait non pas de telle ou telle concession faite à à l'air du temps, mais essentiellement euh était dû au fait que les Français prenaient conscience que finalement nos analyses étaient les bonnes, que la situation était bien telle que nous la décrivions, que si on continuait comme ça, on allait à la catastrophe, que les Français devenaient étrangers dans leur propre pays, que la charge des impôts des taxes de la bureaucratie ne cessait d'augmenter, que le rendement était était de moins en moins bon dans l'état des services publics et cetera et cetera. Donc euh il y a une prise de conscience et vous avez tout à fait raison.

Il y a des maèes qui sont euh on dirait au Vatican, on dirait euh euh ils sont Rassemblement national impectoré, n'est-ce pas ? C'est-à-dire euh dans la dans la poitrine, en secret. Euh bon euh et pas seulement des maires d'ailleurs, des conseillers municipaux.

Moi, si je prends un exemple, dans le village des Yvelines où j'habite, il y avait deux listes concurrentes, deux deux listes euh sans étiquette concurrente. Euh je connais dans l'une et l'autre liste, bien qu'elle fusse euh rivale euh des conseillers municipaux qui sont euh tout à fait sympathisants du Rassemblement national. Hm.

Donc on voit quand même cette cette progression des idées. Alors progression, ceci étant ceci étant il faut quand même bien voir quels sont les obstacles qui restent à à surmonter et je pense en particulier à la situation assez dramatique des grandes villes. C'est j'allais y venir justement avec cette fracture quand même et cette cet écart énorme qu'il y a entre la France périphérique et les métropoles qui elle s'accroche à gauche et comme il faut.

Oui, c'est assez terrifiant. Je je dois dire que moi je je suis respectueux du résultat des élections. Donc je ne conteste pas la légitimité de des maires qui ont été élus à Lyon, à Paris ou autres, mais mais que ces municipalités socioloécolo communistes été reconduite par la population après le bilan catastrophique, enfin catastrophique à Paris, je je moi j'ai vécu toute mon enfance à Paris.

Euh je je vois la ville se dégrader, la circulation de plus en plus impossible, les le le rue et ventré de partout, euh la saleté, le l'insécurité euh qui gagne l'immigration massive et incontrôlée qui gangraine certains quartiers, le trafic de drogue qui reste euh euh impuni ou ou en tout cas qui qui ne qui ne cesse de gagner du terrain. Bah c'est c'est effrayant effrayant et c'est cette gestion au motif que euh je sais pas euh on peut faire maintenant du vélo rudrivolide et on peut plus faire que ça. sur le principal axe est ouest de la capitale, soit que on a fermé la voix surge qui avait coûté tellement d'argent aux français qui permettait d'aller d'un point de la ville à l'autre de dest ouest en 10 minutes.

Maintenant, il faut 1h et3. Bon euh c'est et et que ces municipalités été reconduites, ça me paraît terrifiant, je dois dire et et inquiétant et c'est un c'est parce que nous avons eu des candidats, monsieur Marianie était un candidat de grande qualité, elle a été totalement occulté sur le plan médiatique. au profit, si j'ose dire, de madame Knafo qui est une personne que je considère également bien qu'elle appartiennent à une formation concurrente dont je préférerais qu'elle f une formation alliée à titre personnel mais que je considère comme une personne de qualité également.

Mon euh madame Dati, je la connais personnellement, nous n'avons pas les mêmes idées. Elle venait de Je pense que c'est ça aussi qui a joué, c'est qu'elle venait de la Macronie. elle avait fait euh elle avait fait un tour par le cabinet ministériel euh du soutenant le le président de la République.

Par conséquent, ça sans doute ça lui a sans doute nuit. Mais euh malgré tout, je suis étonné et attristé de la situation dans les grandes villes. Alors ne pas il y a compris d'ailleurs des des des métropoles d'autres métropoles provinciales.

Euh je l'attribue au à deux choses. D'abord, il y a le grand remplacement qui qui n'est pas n'est pas une fiction, mais il n'y a pas que ça. Il y a ce qu'on appelle les les bobos, la boboisation.

Mais les bobos, c'est pas forcément c'est pas forcément euh des gens très aisés sur le plan financier. Il y a la décélérébration méthodique euh d'une part de l'éducation nationale sur la jeunesse. le le fait que l'on ressasse un certain nombre de contrevérités, que ce soit que ce soit sur les questions climatiques, que ce soit sur l'histoire contemporaine, que ce soit sur la décolonisation ou la colonisation et cetera et cetera, ben ça finit par comment dire formater les esprits et Et dans dans les dans toutes ces villes, il y a beaucoup de jeunes.

Je vais être peut-être un peu méprisant, mais c'est pas mon intention qui sont des des demi-instruits des demi-instruits qu'on a orienté souvent d'ailleurs vers des facs parking à chômeur dans des formations qui ne débougent pas sur une utilité réelle pour la société et sur des emplois et et qui virent à gauche voir à l'extrême gauche. Et je crois que ça c'est un phénomène très important dont il faut nous soucier. Oui.

Oui. Bien sûr, mais ça fait partie justement de ces de ces fractures. On voit aussi certaines fractures générationnelles.

Br Golnich, il nous reste 3 minutes. Je vous prends de de cours et je sors un peu de cette analyse. On a appris cette semaine la mort de monsieur Jospin.

Vous l'avez connu durant ces grandes heures et donc notamment au moment des élections de 2002. Est-ce que vous pourriez euh nous en dire quelques mots avant qu'on ait à clore cet entretien ? À vrai dire, je ne l'ai pas connu, je l'ai affronté.

Il y a des socialistes que j'ai connu, j'ai mieux que monsieur Jospin des [raclement de gorge] pour pour des raisons circonstantielles. Je veux dire, je n'étais pas le collègue de Lionel Jospin à l'Assemblée nationale mais j'ai été celui par exemple de Roland Duma ou de gens comme ça que j'ai par conséquent ou de Michel Rocard au Parlement européen. Euh Lionel Jaspin, il est il est un peu sorti du chapeau les socialistes qui n'avaient pas de de véritables candidats après la période Mitteran ou qui en avait trop peut-être.

Et Jean-Marie Le Pen qui était extrêmement perspicace m'a dit "Tu verras, il c'est celui qui va sortir, c'est Lionel Jospin." Ça m'avait beaucoup étonné parce que je trouvais que le personnage n'avait pas un charisme exceptionnel. il avait été ministre de l'éducation nationale.

Bon, j'avais combattu sa politique dans ce domaine comme dans d'autres, mais je ne le voyais pas euh devenir le leader de ce Parti socialiste qui avait gouverné la France pendant des années, faut pas l'oublier. C'était c'était beaucoup plus important que ça ne l'it aujourd'hui. Et bien c'est c'était effectivement Le Pen avait raison, ça a été Lionel Jospin.

Nous avons combattu Lionel Jospin, nous avons combattu proprement. Nous avons critiqué euh évidemment ses ses idées. Nous avons critiqué son bilan, nous avons critiqué ses prises de position.

Bien sûr, on ne pouvait pas compter sur lui euh pour réformer le code de la nationalité pour faire que la nationalité française s'érite ou se mérite. On pouvait pas compter sur lui évidemment pour diminuer le poids de la fiscalité ou de la ou de la bureaucratie, ni pour alléger le fardeau de l'Europe et cetera. Euh ça a été euh quand même un coup de tonner, un un événement de portée mondiale.

Ouais. Quand Jean-Marie Le Pen est arrivé au 2e tour prouvant qu'une formation tout à fait artisanale qui durant toute l'année électorale jusqu'au dépôt des 500 signatures de parrainage ne disposaient que d'un ou 2 % du temps d'antenne de l'ensemble des partis politiques avec des moyens dérisoires. C'était vraiment David contre Goliath.

Nous avons réussi à battre le Premier ministre sortant euh que tous les sondages et tous les commentateurs donnait comme vainqueur non seulement du premier tour mais du second mais du second car contre Chiraak été battu et il a tiré les conséquences de façon assez honorable de cette de cet échec qui est dû euh aussi en grande partie à la division de son propre camp à des candidatures comme celle de madame Tobira ou autres et et il s'en est fallu de peu mais euh il a été éliminé dès le premier tour. C'était évidemment pour lui euh un revers terrible. Il a annoncé la fin de sa carrière politique.

Il a il a tenu parole. C'était un homme honorable. C'était un homme honorable.

Nous l'avons combattu sur le plan politique. Nous n'avions pas les mêmes idées. Tant s'en faut, mais euh voilà.

Euh euh finir sur il a droit à notre à notre respect surtout et et sa famille également dans le deuil. Et oui, parce que à droite, on respecte les morts contrairement à gauche. Merci Bruno Golnich d'avoir été avec nous et puis on aura l'occasion de toute façon de reparler de cette figure de Lionel Jospin avec Éric Branca demain et je ne doute pas que le nom de Jean-Marie Le Pen sera évoqué à cette occasion.

Merci pour votre analyse de ce matin et je vous dis à très bientôt.