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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 21 avril 2019 21 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asile

Réunion publique à Beaucaire (30) : discours de Marine Le Pen

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Présentateur

à Boquer, au cœur et par l'esprit, un talentueux, il est vrai. Dire à Julien notre admiration et notre reconnaissance pour la manière dont il administre sa ville et dirige notre groupe au Conseil Régional. Sa réussite est non seulement plébiscitée par les Boquerois, mais elle fait honneur au Rassemblement National. Il montre en réalité par l'exemple que lorsque nous exerçons des responsabilités de gestion, comme Salvini en Italie, nos politiques sont couronnées de succès. La gestion RN, ça marche et nous le prouvons. Merci Julien.

Un salut amical à Gilbert, qui est encore notre collègue à l'Assemblée Nationale pour quelques temps, puisque dans un peu plus d'un mois, c'est sous des cieux bruxellois et strasbourgeois qui lui rapportaient la bonne parole pour la défense de nos idées. Je sais qu'avec sa faconde et son inlassable énergie, il sera l'avocat talentueux et combattif de la France française en Europe. Les européistes qui ignorent ce qu'est le terroir camarguet vont découvrir la joie d'affronter un taureau de combat. C'est notre ami Nicolas Maisonnet qui le remplacera au Parlement et sera donc le sixième député Rassemblement National.

Par avance, je te souhaite Nicolas la bienvenue dans notre groupe de mousquetaires. Officiellement, nous sommes en campagne et allons bientôt entrer dans les premiers actes de la campagne officielle avec le dépôt mardi de la liste. Nous, nous jouons le jeu et menons une campagne militante tambour battant. Nous menons notre campagne avec nos colistiers et sous l'impulsion de Jordan, notre si talentueuse tête de liste. Parce qu'une campagne, c'est toujours un moment particulier. C'est un moment de rencontre. C'est un moment d'échange. C'est un moment d'action précédé par un grand moment de réflexion.

Nous avons sorti un manifeste qui expose notre vision de l'Europe et qui est, je crois, de grande qualité, vous pourrez le trouver sur Internet et après tout, vous en jugerez par vous-même. Il comporte de très nombreux concepts nouveaux et fondateurs. Le localisme, le juste échange, la responsabilité nationale de l'entreprise. Nous y introduisons une réflexion sur la sécurité numérique de chacun d'entre vous ou sur les dispositifs de lutte contre le dumping social, salarial ou environnemental. Dumping qui fait tant souffrir nos industriels et nos agriculteurs. De manière plus classique, nous avons publié en outre un programme.

Nous multiplions les réunions de proximité comme celle-ci aujourd'hui. Pour autant, vous le remarquerez, nos adversaires sont absents. Ils fuient le débat. Plus personne pour défendre le bilan de l'Union européenne. Ils nous disent tous qu'il faut réformer l'Union européenne. C'était bien la peine de nous insulter quand nous le disions. Plus personne pour défendre le libre-échange. Ils sont tous pour le protectionnisme. Même les Verts qui plaident pour le protectionnisme vert ou l'extrême-gauche qui plaide pour le protectionnisme solidaire.

La réhabilitation politique de ce concept que nous avons défendu contre vents et marées comme élément indispensable de protection est la marque de notre victoire idéologique. Plus personne non plus pour défendre le fédéralisme. Et l'on voit les macronistes essayer de braconner quelques idées autour de la souveraineté. Comme ils ne savent pas ce que c'est, ils parlent de souveraineté européenne. Bon, parce qu'ils ne savent pas que la souveraineté, ça dépend évidemment de la nation et qu'il n'existe pas de nation européenne. Mais enfin, laissons-les se fourvoyer et après tout, soyons heureux de ce retournement de situation.

C'est un peu comme si on se trouvait dans un restaurant qui ne vous sert que des plats avariés et lorsque vous demandez « appelez-moi le patron », il n'y a personne et le serveur s'enfuit. Nous vivons une campagne comme une drôle de guerre. Des adversaires qui refusent le débat idéologique, des adversaires qui essayent de passer sous les radars, des adversaires qui capitulent sur les idées sans les avoir défendues. Emmanuel Macron, qui avait fait, souvenez-vous, du thème européen, une plume de son panache lors de la présidentielle, semble être tombé de cheval. On le voit et vous le constatez, tout est fait pour écraser le débat européen.

La diversion du grand débat, des débats sur tout pour ne parler de rien, des sujets volontairement oubliés dans les fiches, des contributions jetées au vent, des annonces perlées, comme pour jouer le sablier, un calendrier qui s'étend comme un jour sans pain ou plutôt comme un salaire sans augmentation. Nous, nous faisons campagne ardemment et avec passion et ne craignons pas le débat. Nous, nous sommes ici pour dire les choses, celles qui plaisent comme celles qui ne plaisent pas. Notre règle, c'est la vérité, au service de l'intérêt national. Il ne vous aura pas échappé, mesdames et messieurs, que dans le bruit de fond du grand débat, un sujet se sera volatilisé, l'immigration.

À en croire le Premier ministre, il n'aurait pas été évoqué par les Français. Alors même que les sondages montrent que c'est la première préoccupation des Européens dans cette élection. Avez-vous remarqué que les associations, les comités de soutien aux migrants, les Amis de l'Aquarius, d'habitude si vociférants, sont d'une discrétion de violette ? Aurait-il peur d'énerver le bon peuple à la veille de l'élection ? On peut le croire. Ont-ils pour autant cessé leurs activités nuisibles ? Non. L'immigration et ses corollaires, le communautarisme et l'islamisme poursuivent leur progression avec la complicité active de nos dirigeants.

En silence, sans rien demander à personne, sans vote, ni même en informer les Français, l'administration a atteint le chiffre insensé de 420 000 étrangers nouveaux en France par grand. 60 000 titres de séjour, un record. 100 000 demandeurs d'asile, un record. 50 000 mineurs isolés, qui ne sont d'ailleurs ni mineurs ni isolés, soit plus de chiffres officiels. Bien sûr, il se trouvera toujours des journalistes immigrationnistes pour nier cette réalité. Ce sont les mêmes qui vous expliquent que l'immigration s'est arrêtée depuis 1974. Ce sont les mêmes qui ne voient pas la submersion de certains quartiers, de certaines villes ou même certaines parties du territoire, comme en Seine-Saint-Denis.

Vous qui vivez ici, vous mesurez cette submersion organisée de notre pays. Nous avons dénoncé cette politique du laisser-aller, du laisser-passer et du laisser-faire. Mais nous avons franchi un nouveau cap. Nous sommes entrés dans une phase où cette immigration n'est plus tolérée, elle est organisée et même subventionnée. Elle touche votre région et parfois votre village, puisque nos gendarmeries, nos maisons de retraite et parfois nos châteaux sont transformés pour accueillir dans la clandestinité ces migrants dont personne ne veut en réalité.

Ceux qui se décident à Bruxelles avec la relocalisation des migrants termine dans vos villages et ceux qui sur les plateaux de télévision ou sur les antennes des radios viennent vous expliquer qu'ils sont contre cette relocalisation. Et je pense bien entendu à nos amis les Républicains ont tout voté au Parlement européen, tous les textes défendant le regroupement familial, la relocalisation forcée des migrants. Ils ont absolument tout voté depuis cinq ans. Tous nos territoires sont touchés, y compris l'outre-mer. Mayotte, département français de l'océan Indien, où je suis allée il y a quelques semaines, est en train de disparaître sous le poids de l'immigration comorienne incontrôlée.

La Guyane est submergée. La Réunion voit débarquer des bateaux d'île Légo venus du Sri Lanka dans le silence général. Personne n'en parle, c'est l'omerta. Et quand on en parle, c'est pour minimiser, c'est pour culpabiliser, c'est pour censurer. Cette submersion, tous les Européens la constatent. Cette politique n'est pas seulement française, mais elle est européenne. Elle est méticuleusement mise en œuvre dans tous les pays par les amis de M. Macron et de Mme Merkel. Le problème est général et s'il n'est pas réglé très vite, nous courrons à la catastrophe.

Nos dirigeants qui disaient que le pacte de Marrakech, ce pacte avec le diable qui prévoit d'organiser les migrations vers les pays européens n'était pas engageant, sont en réalité en train de l'appliquer. Cette immigration n'est pas le fruit du hasard, mes amis. Ce n'est pas un accident de l'histoire. C'est une politique qui est elle-même la mise en œuvre d'une idéologie.

Ce fléau mondial, qui revient à organiser comme au temps de la traite d'esclaves un véritable trafic d'êtres humains, s'inscrit dans la logique des mondialistes de faire disparaître les nations par la dilution et le multiculturalisme, de tirer les salaires à la baisse dans un monde asservi à la loi de l'argent, de réduire l'homme à sa fonction de producteur et de consommateur. Je l'ai dit souvent, nos édiles locaux, en réalité, se moquent de savoir quelles sont les populations qu'ils gèrent. Qu'ils soient français, maliens ou martiens, ils s'en moquent. Ce qui leur importe, c'est d'être assis dans le fauteuil.

La finalité de cet horrible projet, qui est un véritable crime contre l'humanité des hommes, est de faire de l'homme enraciné sur sa terre un nomade, un individu désaffilié, un individu asservi au logique marchande, un esclave de l'oligarchie mondiale. Dans le monde qui vient, qui est celui de la robotisation et de l'intelligence artificielle, qui est celui où la puissance ne découle pas du nombre mais de la connaissance, pourquoi nos pays devraient-ils chercher un accroissement démographique sans fin ? Qui croit la fable que les migrants qui arrivent sont tous des ingénieurs ou des médecins ?

60 millions de Français qui assurent par eux-mêmes le remplacement des générations, mais c'est suffisant. C'est même la condition de l'équilibre du plein emploi et du bonheur. Courir après l'accroissement démographique importé, c'est une vision d'un autre siècle, c'est une vision suicidaire. Cette immigration, nous le savons, n'est pas seulement source d'insécurité. La délinquance migratoire est une réalité cruelle. Elle n'est pas seulement un poids insurmontable pour nos systèmes sociaux, en dehors même de la fraude qui est exponentielle.

Elle est en train d'entraîner nos pays vers un trou noir civilisationnel, une société multiconflictuelle, celle que décrivait l'ancien ministre Gérard Collomb en parlant de face-à-face, sorte de guerre civile froide, prélude à une situation plus dramatique encore. Le pire, c'est que notre système étatique et juridique accompagne ce mouvement. La cour d'appel de Versailles vient de donner raison à une salariée d'une entreprise informatique qui avait décidé de se présenter chez les clients avec un voile. Cette décision, elle intervient dans le sillage des propos d'Emmanuel Macron lors du grand débat. Dans cette affaire, la procédure a son importance.

Le tribunal des Prud'hommes, puis la cour d'appel de Paris avaient donné raison à l'entreprise qui l'avait licenciée. C'est la cour de cassation qui a imposé à la cour d'appel de Versailles cet arrêt. Cette décision a donc été imposée par les plus hauts magistrats français. Et elle est imposée à l'entreprise alors que la société pouvait prouver que l'intervention d'une collaboratrice voilée était de nature à lui faire perdre des contrats. Cette jurisprudence prend en otage nos entreprises et constitue un pas de plus dans l'islamisation rampante du pays. Le droit que fixent les magistrats dit deux choses.

Premièrement, la neutralité religieuse doit être prévue dans le règlement intérieur de l'entreprise. Deuxièmement, en tout état de cause, il n'est pas possible d'interdire le voile d'une salariée qui n'est pas en contact avec les clients. Bref, le voile devient le principe et la neutralité devient l'exception. On marche sur la tête, mes amis. Et ceci est grave. Cela représente une violation de toutes nos valeurs. Dans cette affaire, la cour de cassation française a reconnu qu'elle s'était pliée à l'avis de la cour de justice de l'Union européenne. Or, dans le droit français, permettez-moi de le rappeler, la religion est une opinion.

L'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme nous dit « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses ». Si la religion est une opinion, il est possible de la critiquer sans être poursuivie. C'est la raison pour laquelle le blasphème ne doit pas être actionnable pénalement. Je ne dis pas que le blasphème est souhaitable, ni courtois bien sûr, mais est juridiquement possible et qu'il ne doit pas être sanctionné. C'est pourtant ce que vient de décider, il y a quelques mois, la cour européenne des droits de l'homme. En Autriche, une femme avait émis un jugement, certes dur, sur la religion musulmane et elle avait été condamnée pour cela.

Elle a saisi la cour européenne des droits de l'homme et la cour européenne des droits de l'homme a dit qu'il était normal qu'elle ait été condamnée pour avoir critiqué cette religion. Mais enfin, au regard de ce que je viens de vous dire, si un salarié arrive au carré, le siège du Rassemblement national avec un T-shirt Marine Présidente, ça ne pose pas de problème. S'il est dans une boîte privée, cette tenue vestimentaire pourrait lui être reprochée, à juste titre. On le voit, dans l'entreprise, le principe, ce doit être la neutralité.

C'est la neutralité politique, philosophique ou religieuse parce que c'est une question de loyauté vis-à-vis de l'employeur et de courtoisie vis-à-vis des collègues. Si une entreprise veut autoriser le voile, si elle veut autoriser l'expression politique, elle le met dans son règlement. Le principe, c'est la neutralité et l'exception, c'est la liberté d'exprimer ses opinions religieuses. Nous sommes dans un raisonnement inversé, mes amis, aujourd'hui, qui montre que nos sociétés sont déjà en train de céder. Cette affaire emblématique vient en écho de l'affaire Babylou, ou plus récemment l'affaire Détam, où une vendeuse entendait vendre de la lingerie affublée de vêtements religieux.

C'est sûr que ce n'est pas ce qu'il y a de plus vendeur. L'entreprise avait cédé. Ses affaires vont se multiplier. Il est temps de siffler la fin de la récréation. On le voit, nous sommes soumis à une offensive générale. L'État, par la voie sans repère du président de la République, comme par la décision de ses juges, est en train de livrer les entreprises françaises aux provocations et assauts prosélytes de l'islamisme. Cette idéologie politico-religieuse qui teste nos capacités de résistance pour nous imposer leur vision obscurantiste.

Deux employeurs sur trois sont désormais confrontés aux revendications religieuses, et je ne parle pas des concessions non avouées, comme les demandes de lieux ou de moments de prière, les exigences d'absence certains jours, les atteintes aux relations du travail, comme le refus de serrer la main aux femmes, les incompatibilités, comme le fait de refuser un sandwich jambon dans le frigidaire d'entreprise. La contestation de nos valeurs est pour les islamistes une œuvre de tous les jours, un jeu contre les mécréants, un jeu d'échec, un jeu d'échec où à la fin ils prennent le roi et où ils nous laisseront échec et mat.

Nous sommes en train d'abdiquer nos valeurs de civilisation au nom d'un prétendu vivre ensemble qui prend la forme d'une capitulation du quotidien, d'une régression de nos valeurs et d'une soumission à venir. Nous assistons à la dictature d'une minorité et plus exactement d'activistes communautaristes organisés et motivés qui utilisent une masse de manœuvres de plus en plus nombreuses et revendicatives. Face à cela, comme souvent dans les grands périls qu'a connus la France, nous assistons à la démission des élites, ces généraux de temps de paix, ces gestionnaires satisfaits et repus du déclin français.

Et surtout, nous assistons à la manipulation de nos principes de droit pour nous imposer une subversion de nos valeurs de civilisation. Valeurs de civilisation, j'ai prononcé le mot. La bataille politique que nous menons va au-delà de la joute électorale. La politique n'est pas un divertissement. Ce qui se joue est essentiel, essentiel pour vous, pour vos enfants et pour le pays. Derrière la désignation des députés européens, ce qui se joue, c'est un choix de civilisation. Je vous en supplie, soyez-en convaincus.

Quand le 24 juin 2015, Federica Mogherini, numéro 2 de la Commission européenne, chef de la diplomatie européenne, a prononcé un discours, elle y a déclaré « Je n'ai pas peur de dire que l'islam politique devrait faire partie du tableau ». L'islam politique, la charia donc ! Ou quand elle déclarait, fin 2017, pour des raisons économiques et culturelles, la migration est une nécessité pour l'Europe. Ne prenez pas, mes amis, ces déclarations à la légère. Nous sentons que nous sommes à l'heure des grands basculements, des grands choix. C'est à nous, c'est à vous qu'il appartient d'en décider. Je sais que, patriotes français, vous ne vous déroberez pas.

Alors le 26 mai, tous aux urnes, vive la République !