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interviewEurope 1· 30 janvier 2026 24 min

Iran : "Le discours de Lecornu traduit l'impuissance de la France" (Jules Torres)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Europe 1 soir week-end, 19h, 21h, Stéphanie Demureux. Toujours en compagnie de Jonathan Siksou et Jules Torres, Mahel Hassani vient d'en parler dans son journal, c'est évidemment l'une des grandes actualités de la journée, cette question que tout le monde se pose, les Américains vont-ils frapper l'Iran ? Est-ce que des frappes sont imminentes ? La question n'a pas l'air tranchée, même si Donald Trump avait l'air de dire hier que les Etats-Unis étaient prêts à agir, même s'ils ne souhaitaient pas le faire. Bref, écoutez ce qu'en pense Sébastien Lecornu, le premier ministre français qui s'exprimait justement et qui craint une escalade.

0:35
Invité

Le sujet est suivi très près par le chef de l'État et les ministres concernés. Toutes les évidences, il y a déjà eu cette attaque contre les infrastructures nucléaires iraniennes ces derniers mois. La région n'est pas à l'abri d'une nouvelle escalade qui peut d'ailleurs remporter des conséquences de sécurité pour l'ensemble des pays d'Europe. L'histoire a démontré au Moyen-Orient que le début d'un embrasement non contrôlé peut mener à une escalade qu'on n'arrive plus à maîtriser.

1:04
Présentateur

Bon, il n'est pas bien rassurant, Sébastien Lecornu, Jonathan Sixou, je voyais vos têtes déconflites.

1:10
Locuteur non identifié

Non, ma tête, si j'en avais une, c'était par rapport à... Pardon de l'employeur ainsi, pardon pour le premier ministre, mais c'est la banalité du propos. Évidemment qu'on sait que dans cette région, une étincelle provoque un embrasement général, évidemment. Qu'on sait que la situation est tendue entre Téhéran et Washington. Mais aussi, évidemment, bien malin, entre guillemets, celui qui aujourd'hui pourra vous dire ce qui se passera demain ou la semaine prochaine. Justement parce qu'on est dans l'improbabilité la plus totale. En revanche, ce qui est, je pense, dans cette situation-là, intéressant d'observer, à laquelle être attentif, c'est quoi ? C'est la réaction des Iraniens.

On entend, et non pas ce qu'on dit Trump, parce que Trump a dit cet après-midi, ils sont à le doigt d'un accord, etc. On ne savait même pas qu'il y avait des négociations. En revanche, les Iraniens commencent depuis quelques jours à dire qu'ils sont prêts à réagir en cas d'agression, réagir où, comment et avec quoi. Là, ce sont des questions pour lesquelles je serais content de connaître des réponses.

2:15
Présentateur

Justement, je vous propose d'écouter le ministre iranien des Affaires étrangères. C'est certainement lui que vous faisiez allusion. Il est prêt à négocier avec les Américains, avec au cœur, évidemment, le nucléaire iranien.

2:26
Invité

Si les négociations sont menées de manière juste et équitable, la République islamique d'Iran est prête à participer à ses pourparlers et à ses négociations. L'Iran accueille favorablement et est prêt à participer à toute forme de dialogue entre les pays de la région, visant à instaurer la paix, à réduire les tensions et à renforcer la stabilité dans la région. Nous sommes prêts à y prendre part.

2:58
Présentateur

On ne sait pas trop comment interpréter. En tout cas, il y a une porte vaguement ouverte, Jules Torres ?

3:03
Sébastien Lecornu

Non, mais c'est aussi clair que Sébastien Lecornu. C'est-à-dire qu'on voit bien, pour rester sur Sébastien Lecornu, je vais revenir après sur le ministère des Affaires étrangères iraniens, mais Sébastien Lecornu, qu'est-ce que la faiblesse de son discours, en tout cas sur l'Iran, traduit ? C'est l'impuissance française. C'est que le fait que la représentation nationale, les médias français, et je ne pense pas que les Français veuillent entendre Sébastien Lecornu là-dessus, mais il est obligé de s'exprimer là-dessus. Mais le problème, c'est qu'évidemment qu'il y a des choses à dire, mais quel est le rôle de la France ? Quelle puissance la France pourrait avoir dans ses négociations ?

Est-ce que la France peut intervenir ? La réponse est non. Donc c'est vrai, et d'ailleurs on voit bien... On ne les entend pas beaucoup, mais on a encore des otages, aussi les Français en Iran.

3:42
Présentateur

Peut-être que ceci explique cela.

3:43
Sébastien Lecornu

Oui, peut-être absolument, qu'ils sont absolument à l'ambassade à Téhéran. Mais je pense que si, c'est parce qu'Emmanuel Macron, pour le coup, on peut lui faire beaucoup de reproches, il essaie toujours d'agir sur les endroits où il peut avoir une réelle influence, là en l'occurrence sur l'Iran. De toute manière, on sait très bien qu'il n'obtiendra rien, donc ça ne sert à rien d'aller sur ce sujet-là.

Après, on voit quand même qu'après la plus grande répression, je pense depuis 1979, qu'on a vu, avec des observateurs extrêmement fiables, qui vous disent qu'il y a eu plus de 30 000 morts en seulement quelques jours, avec des gens pendus, même si Donald Trump vous a dit que c'était terminé, avec des gens massacrés, notamment dans des hôpitaux. C'est vrai qu'on sent qu'il y a eu un réveil chez les Pazdaran, chez les gardiens de la Révolution, mais qu'ils sont quand même sous pression, notamment par l'armada envoyée par Donald Trump. Il ne faut quand même pas sous-estimer. Il dit qu'il y en a une deuxième, mais a priori, c'est un peu trouble.

Donc là aussi, on pourrait penser que c'est surtout pour mettre la pression. Mais l'armada, le simple navire Abraham Lincoln, le porte-avions, ça coûte 300 000 euros par jour, juste en frais de fonctionnement. Donc on voit très bien que c'est les frais engagés qui vont être extrêmement forts. Donc on a du mal à comprendre que Donald Trump n'intervienne pas ensuite. Moi, je pense depuis le début qu'il ne pense pas, il ne croit pas, parce qu'il est aussi motivé par l'isolationniste américaine, notamment portée par J.D.

Vance, qui dit que ça ne sert à rien d'aller sur une intervention, sauf si elle est stratégique, un petit peu comme ils avaient fait l'an dernier, pendant la guerre des 12 jours. Mais ils ne vont pas reproduire ce qu'ont fait les États-Unis, ce qu'ont fait les États-Unis avec Maduro. Ils ne vont pas aller capturer l'ayatollah, ils ne vont pas aller capturer les dignitaires du régime iranien. En revanche, il peut y avoir des frappes stratégiques ou des négociations. Et j'ai l'impression qu'on part davantage sur des négociations. Et cette armada, elle sert à mettre la pression.

5:29
Présentateur

Et d'ailleurs, Vladimir Poutine reçoit apparemment le secrétaire du Conseil de sécurité nationale iranien. C'est une information qui vient du Kremlin. Alors, il y a la Turquie qui souhaite être médiateur. Et manifestement, Jonathan Siksou, la Russie, qui s'y met aussi.

5:44
Locuteur non identifié

Oui, c'est parce que c'est un allié important de Téhéran que c'est peut-être une bonne chose que la Russie entre en jeu sur ce dossier-là avec aussi la Turquie, à ce stade.

5:59
Présentateur

Forcément sûr que c'est une bonne chose ?

6:01
Locuteur non identifié

Au moins, pour peut-être apporter des garanties. Parce que ce que je voulais pointer, c'est qu'il y a quand même un problème de taille avec l'Iran. Quel que soit le sujet, c'est que la diplomatie iranienne, et ça, je le tiens de diplomate français, le problème avec la diplomatie iranienne, c'est qu'elle ment. C'est-à-dire que ce que vous négociez sur la table, l'Iran fait l'inverse sous la table.

6:22
Sébastien Lecornu

Comme le nucléaire, ça fait 40 ans qu'il faut la balader. Par exemple.

6:25
Locuteur non identifié

Et donc, ça pose un vrai problème. Quand on entend le chef de la diplomatie iranienne nous parler de négociations, ce seront des palabres, ce seront vraiment des chèques en blanc signés dans le vide. Et après, l'application de ces textes négociés, là, ce sera autre chose. C'est pour ça que s'il y a de grandes puissances, telles que la Turquie ou la Russie, qui peuvent apporter des garanties, ça peut peut-être faire avancer quelque chose.

6:48
Présentateur

Mais avec lesquels, on n'a pas forcément d'intérêt commun, surtout en ce moment.

6:51
Locuteur non identifié

On ne peut pas partager avec ces interlocuteurs, mais je ne pense pas que la Russie accepterait, par exemple, un départ de l'ayatollah communique.

7:03
Présentateur

Oui, mais c'est vrai que c'est là que la parole européenne est encore assez faible, et vous aurez peut-être besoin d'être entendus. Bon, là, ils ont ajouté une pression supplémentaire en accordant la désignation d'organisation terroriste aux gardiens de la révolution, mais enfin, c'est symbolique. Oui, je suis complètement d'accord avec vous,

7:19
Sébastien Lecornu

c'est extrêmement symbolique, c'est absolument lunaire que ce ne soit pas le cas, que ça n'ait pas été le cas avant, que les gardiens de la révolution soient qualifiés, soient désignés comme une organisation terroriste au vu du sang qu'ils ont fait couler depuis 1979, ce serait quand même la moindre des choses. Après, oui, c'est extrêmement symbolique, et c'est un petit peu pour rejoindre ce que je disais sur Sébastien Lecornu, c'est que de toute manière, les Français et les Européens n'ont plus que des choses symboliques à apporter, donc voilà, je pense que ça n'a rien fait.

C'est vrai, au régime des Mollahs hier, d'apprendre que l'Union Européenne les avait classés comme organisation terroriste. Après, il y a la question de l'intervention qui reste une question extrêmement compliquée. Moi, quand je parle par exemple avec un certain nombre de personnes issues de la diaspora iranienne en France, ils sont très divisés sur la question de l'intervention, mais quand on regarde dans l'histoire, il n'y a aucun peuple opprimé qui s'est libéré d'un régime tyrannique sans aucune aide. La France s'est libérée du nazisme en 1944, notamment parce qu'il y a eu le débarquement des Américains en Normandie.

Sans ça, je pense que la situation n'aurait pas été la même et la fin du conflit n'aurait pas été la même. Et à l'inverse, il y a, dans l'exemple récent, que ce soit la Syrie, que ce soit la Libye, aucun pays qui a changé de modèle, est devenu une grande démocratie formidable, pacifiée, où ne régnait plus la violence et un régime tyrannique, qui l'a été après une intervention étrangère. Donc c'est compliqué.

8:38
Présentateur

C'est ça quand même, parce que Donald Trump reçoit souvent beaucoup de critiques et là, finalement, tout le monde espère un petit peu qu'il va s'attaquer à l'Iran. C'est la même chose qu'avec Israël. Neutraliser l'Iran, oui.

8:49
Sébastien Lecornu

On a attendu Donald Trump pour qu'enfin on puisse mener cette guerre.

8:52
Présentateur

Messieurs, je voulais qu'on avance et j'avais promis de vous faire réagir à cette décision du Danemark qui annonce un nouveau tour de vie. Alors eux, ils ne traînent pas, migratoires. C'est les étrangers condamnés à des peines d'au moins un an de prison seront automatiquement expulsés du pays. Je rappelle que c'est un gouvernement plutôt social-démocrate, plutôt de gauche. Pas plutôt, social-démocrate absolument. Comme vous. Social-démocrate comme vous. Comment ça comme moi ? Non mais Jules Torres.

9:19
Sébastien Lecornu

Non mais c'est un des pays...

9:21
Présentateur

Non mais pourquoi on a autant de mal à nous, nous, à faire les choses ? Je ne comprends pas.

9:24
Sébastien Lecornu

Non mais en plus c'est drôle parce que c'est la social-démocratie danoise qui a suivi en plus, qui avait commencé à enclencher la droite au début des années 2000. Alors après, le Danemark n'a pas les mêmes problèmes que nous. C'est un beaucoup plus petit pays. Il y a quelques millions d'habitants. Ils n'ont pas les routes des flux migratoires qui arrivent comme nous. Avec nous, on a le sud, on a le sud-est et on a le sud-ouest. Ils n'ont pas les relations que nous avons par exemple avec un certain nombre de pays du Maghreb. Donc ça facilite beaucoup de choses.

Après, ça fait maintenant 15 ans que le Danemark, moi pour m'y être rendu pour un reportage, je connais très bien ce pays-là parce qu'ils sont extrêmement répressifs, ils sont extrêmement fermes. Il suffit de voir qu'ils ne délivrent que quelques milliers de titres de séjour chaque année. C'est vraiment bas quand nous, on est à quasiment 500 000 entrées légales chaque année. Je ne vous parle même pas de l'illégal. L'immigration illégale au Danemark n'existe quasiment pas. Donc ça, c'est intéressant. Et puis par exemple, on en parle beaucoup des OQTF. Eh bien, vous savez qu'un demandeur d'asile refoulé, débouté au Danemark, s'il est considéré comme dangereux, il peut aller en prison.

Moi, je vous le dis parce que j'en ai vu.

10:28
Présentateur

Ah oui. Jonathan Sixou, ils ont quand même leurs problèmes, comme nous d'ailleurs. Respect des conventions internationales qui... Enfin, des problèmes qui viennent de l'extérieur en l'occurrence, qui protègent la vie familiale. Décidément, ces conventions internationales, on les retrouve dans chaque pays par définition, mais enfin, ça embête aussi le Danemark qui pourtant, on le sent, veut prendre des tours de vie concrets.

10:51
Locuteur non identifié

Mais peut-être que le Danemark arrivera à contourner ce droit dit international, enfin, c'est le droit de l'homme international. Vous vous demandiez pourquoi eux, arrivaient à avancer et pourquoi nous, on ne faisait que s'enfoncer. Maastricht. D'autant que la... Vous le soulignez, un gouvernement socialiste ou apparenté. C'est qu'en France, notre problème, la gauche n'est pas de gauche, elle est d'extrême gauche. Et donc, dans tous les domaines, les décisions qui sont prises sont des décisions idéologiquement d'extrême gauche.

Il n'y a pas ce pragmatisme, comme on l'a vu dans d'autres pays européens qui, sans remettre en cause leur conviction européenne, voire bruxelloise, sont revenus, mais des gauchis, des mouvements des gouvernements de gauche ou des sociodémocrates qui sont revenus. C'est un pragmatisme. Ils ont essayé, c'est un raté, on fait marche arrière. En France, on ne sait pas faire marche arrière, on ne sait pas dire je me suis trompé et on va réessayer autre chose. C'est aussi de ça dont nous pâtissons, c'est le refus et c'est ce qui fait qu'on s'enferme bien souvent dans de mauvaises décisions.

11:57
Présentateur

Et puis, quand on sait que la plupart des institutions comme le Conseil constitutionnel sont au moins des socialistes, ça n'arrange rien.

12:04
Sébastien Lecornu

Et si je peux me permettre en quelques secondes, il y a aussi un fait majeur pour le Danemark, c'est qu'ils n'ont pas voté au départ le Maastricht et donc ensuite, ils ont négocié avec l'Union Européenne ce qu'on appelle des opt-out, c'est-à-dire des droits dérogatoires, notamment sur la question de l'économie. C'est d'ailleurs pour ça qu'ils ne sont pas dans l'euro et qu'on parle de couronne danoise, mais surtout sur les sujets migratoires et sécuritaires qui leur permettent bien souvent d'être en contradiction totale avec les traités européens qui nous, nous sont imposés en France. Donc ça leur permet d'avoir toute la latitude sur la politique qu'ils entendent mener.

C'est pour ça qu'il faut absolument sortir de ces traités européens et notamment de Schengen pour reprendre en main notre immigration.

12:40
Présentateur

Messieurs, vous restez avec moi. On poursuit nos débats dans quelques instants. Il est 19h45 et c'est l'heure du journal, en tout cas du Point sur l'actualité avec vous, Maëlle Hassani. Europe 1, le journal permanent.

12:50
Invité

Donald Trump affirme avoir fixé un délai pour conclure un accord avec l'Iran alors que la menace d'une attaque américaine dans le pays semble plus élevée que jamais. Selon le président américain, Téhéran veut conclure cet accord sans plus de précision à ce stade. Un peu plus tôt, le chef de la diplomatie iranienne écartait toute réduction des capacités de défense de la République islamique. Nous sommes arrivés à un tel point d'insécurité et d'impunité que l'on n'a plus le choix. Les mots de Loïc Travers, secrétaire général adjoint d'Alliance, invité d'Europe un soir week-end alors que son syndicat appelle à une grande mobilisation citoyenne demain pour soutenir la police.

Des manifestations prévues dans une vingtaine de villes partout en France. À Paris, le cortège s'élancera des policiers excédés notamment par l'idéologie antiflique diffusée principalement par l'ultra-gauche. Une enquête ouverte pour outrage aux forces de l'ordre à Mulhouse après une mise en scène polémique à l'école d'art de la ville hier soir. Deux personnes aux yeux bandés démolissant une pinata en carton qui représentait une voiture de police. L'ex-employé de crèche qui avait tué un bébé en lui faisant avaler une dose massive de produits toxiques à Lyon en 2022, condamné en appel ce soir à 30 ans de réclusion criminelle. Une peine plus lourde qu'en première instance.

L'accusé dispose de 10 jours pour se pourvoir en cassation. Et puis une vigilance orange. Pluie, inondations déclenchées dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques pour la journée de demain. De nombreuses averses parfois accompagnées d'orages et de fortes rafales attendues dès la nuit prochaine.

14:09
Présentateur

Merci Maëlle Hassani. On se retrouve à 20h pour le Point sur l'actualité. Votre journal. A tout à l'heure. 19h, 21h, Stéphanie Demureux. Toujours en compagnie de Jonathan Sixou et Jules Torres. Jules Torres, c'est une journée politique au JDD. Je voulais vous faire réagir.

J'ai oublié de vous poser la question tout à l'heure parce qu'évidemment face à ce monde qui s'embrasse face à des dirigeants parfois imprévisibles comme Donald Trump ou Vladimir Poutine et bien il y a eu un sondage Opinion Way pour Politics pour demander aux Français finalement qui serait le plus crédible face à ces dirigeants qui sont quand même expérimentés et parfois on ne sait pas trop où ils vont et il faut être à la hauteur et bien c'est Jordan Bardella malgré son jeune âge 35% place le président du Rassemblement National devant Marine Le Pen 33% devant Edouard Philippe 30% et Bruno Retailleau 26% Gabriel Attal 23% c'est étonnant ? Moi je trouve ça intéressant

15:11
Sébastien Lecornu

parce que maintenant que Jordan Bardella est le favori de l'élection présidentielle toutes les qualités qui lui étaient attribuées il y a 2-3 ans c'est-à-dire sa vivacité son jeune âge le fait qu'il était dans la classe politique depuis peu de temps donc qu'il n'était pas forcément rompu aux exercices de la communication à outrance des éléments de langage de tout ça et bien maintenant ça lui est décrié et donc on entend beaucoup en tout cas moi dans le landerno politique en ce moment que bon bah quand même on ne peut pas confier les clés du pays à quelqu'un de 30 ans qui serait incapable d'avoir et bien une discussion franche avec Donald Trump avec Vladimir Poutine je ne dis pas que ce n'est pas une question mais je dis absolument mais c'est vrai qu'en ce moment on avait plutôt l'impression de manière complètement implacable qu'il y avait ce raisonnement moi je l'ai entendu dans les rédactions notamment les rédactions parisiennes dans lesquelles on travaille des gens qui vous disaient bon bah on écarte complètement Jordan Bardella d'un revers de main parce que de toute manière il est jeune il ne s'est jamais rendu dans tous ces pays là et donc voilà on peut l'écarter pardonnez-moi ce sondage je le trouve extrêmement intéressant parce qu'il montre d'abord que Jordan Bardella comme dans les autres instituts de sondage comme dans les autres études il est en tête et il est largement en tête quand on regarde les chiffres c'est extrêmement clair il arrive en tête avec 35% Edouard Philippe qui a été premier ministre il est à peine 30% Bruno Roteig 26% et Gabriel Attal 23% et Marine Le Pen évidemment est deuxième donc je trouve ça intéressant dans le décalage qu'il y a parfois entre les commentaires parisiens et ce que pensent les français

16:41
Présentateur

et c'est pour ça que je voulais vous faire réagir Jonathan c'est intéressant

16:43
Locuteur non identifié

parce que je souscris à ce que dit Jules mais je n'ai pas du tout fait la même lecture du sondage c'est à dire que certes Jordan Bardella arrive en tête ils sont tous décriés mais 35% c'est dérisoire comme soutien dirais-je moi la lecture que j'ai faite de ce sondage c'est que les français ne trouvent pas dans le paysage politique le fameux homme ou femme providentiel et c'est bien ça le problème c'est que que ce soit à 30 ou de 35% pour moi à un tel niveau c'est quasiment la même chose finalement dans le niveau de défiance et ce qui est inquiétant c'est ça c'est que finalement face à nos à nos à nos empires puissances qui nous entourent et bien vraisemblablement il n'y aurait personne pour pouvoir réaffirmer la voie de la France

17:27
Présentateur

alors c'est dommage pardon allez-y je te reste terminée termine-moi vous avez le droit je ne suis pas un dictateur

17:32
Sébastien Lecornu

vous avez parfois des envies dictatoriales mais en effet je partage parce qu'on on pourrait prendre ce sondage là prendre ces 35% ces 26% pour Bruno Rotaillot ces 30% pour Edouard Philippe pour aussi les sondages globaux de l'élection présidentielle quand on voit aujourd'hui qu'on peut être au second tour alors qu'on fait seulement 15% quand on voit que le Rassemblement National aujourd'hui peine énormément à arriver à 50% plus une voix ça nous montre peut-être qu'on est à la fin d'un régime qui mettait comment dire l'accent sur le fait majoritaire et peut-être qu'on a perdu ce fait majoritaire là peut-être que l'Assemblée Nationale qu'on a moi je l'exècre cette Assemblée Nationale parce qu'elle nous a donné depuis deux ans un spectacle absolument infligeant mais n'est-elle pas représentative de la complexité politique française je pense que oui et donc ça se ressent aussi chez ces Français quand on leur demande qui incarne le mieux qui pourra incarner le mieux et qui pourra être le plus crédible sur les sujets internationaux c'est peut-être aussi pour ça qu'il n'y a personne qui dépasse les 50% mais vous demandez sur tous les sujets je ne pense pas qu'il y ait beaucoup à plus de 50% donc ça traduit quoi ?

ça traduit qu'on a une société politique qui est polarisée plus que jamais

18:44
Présentateur

et si vous demandiez à Jean-Luc Mélenchon à mon avis s'il verrait à mon avis vous direz oui

18:50
Sébastien Lecornu

alors Jean-Luc Mélenchon il est au-dessus de 50% quand il s'agit de le qualifier de danger pour la République là les Français ils sont 75%

18:55
Présentateur

alors je voulais me faire une auto-transition pour m'amener à cette phrase lunaire quand même je n'ai vraiment pas eu de peau alors ça c'est Jean-Luc Mélenchon qui parle de lui-même en jugeant que le 7 octobre en gros en substance gâchée bon là je suis un petit raccourci mais quand même vous allez l'écouter la promotion de son livre il faut dire que j'ai vraiment pas eu de peau le livre est paru le 28 septembre ça vous dit rien mais après c'était le 7 octobre à partir du 7 octobre j'ai été blanche gardinisée c'est à dire que tout ce que je pouvais dire ou faire quick par un hasard c'est comme ça tout d'un coup tchouf vous disparaissez ah non mais bon enfin moi j'en perds mon latin quand même la victime vous voyez c'est le pauvre j'espère que

19:41
Locuteur non identifié

mon livre qui vient de sortir Trayomphé en festin va pas être éclipsé par une attaque en Iran même petite promo vous avez eu raison non mais non mais quelle indécence c'est au delà de l'indécence sérieusement c'est au delà de l'indécence parce que on sait le jeu que joue LFI depuis le 7 octobre c'est ça

19:59
Présentateur

les mines de pas s'en rendre compte

20:00
Locuteur non identifié

là il continue de tirer des ficelles de l'ambiguïté d'une façon outrancière voire obscène quand on sait tous les scandales que les députés LFI avec lesquels il s'illustre depuis tant de temps

20:14
Sébastien Lecornu

ce que je trouve dingue c'est que Jean-Luc Mélenchon a quand même récolté en 2022 si je ne me trompe pas à peu près 8 millions d'électeurs il a récolté 8 millions d'électeurs qui ont voté pour lui au premier tour n'étant pas loin d'ailleurs d'accéder au second tour et il se plaint Jean-Luc Mélenchon de ne pas vendre assez de livres mais c'est parce que c'est peut-être un problème c'est peut-être que ce livre qui d'ailleurs je crois 17 000 ce qui n'est pas mal pour un livre politique c'est pas mal il y a des livres politiques notamment celui de Madame Royal qui vend beaucoup moins mais il nous reste 2 minutes on va en parler mais ce qui est intéressant c'est quand même qu'il n'est pas réussi à convertir ces 8 millions d'électeurs en lecteurs c'est-à-dire que peut-être que le sujet c'est le livre le titre du livre d'ailleurs c'était Faites mieux vous vous souvenez c'était tiré de sa prise de parole au second tour au premier tour de l'élection présidentielle en disant bon bah électeur vous n'avez pas réussi à me placer au second tour faites mieux il a sorti un livre l'année d'après l'année qui a suivi bon bah peut-être que le livre n'était pas attendu par ses électeurs peut-être que les gens en avaient marre de voir Jean-Luc Mélenchon mais je doute que ce soit la seule résultante du 7 octobre qui ait provoqué l'absence de vente dans les librairies ça me paraît assez lunaire

21:24
Présentateur

vous avez cité Ségolène Royal je sais qu'on en a déjà parlé hier mais quand même je ne peux pas m'empêcher de vouloir vous faire réagir sur cette sortie c'est sûr elle appelle à faire respecter le président Tebboune Ségolène Royal qui est en Algérie qui est présidente de l'association France-Algérie qui a qualifié la France d'algérophobe alors ce matin on entendait le député Charles Ronwell parler de trahison d'Etat c'est à minima un but contre son camp pour les fans de foot Jonathan Sixou à quoi elle joue ?

21:56
Locuteur non identifié

allez savoir c'est pas la première fois qu'on se pose la question qu'est-ce qui se passe-t-il dans la tête de Ségolène Royal seulement là ce qui est très grave c'est que nous avons pour le coup un otage dans les geôles du président Tebboune alors elle est allée le visiter ça peut peut-être peut-être que ça lui a fait plaisir je ne sais pas elle a tenu des propos assez étranges sur la teneur des échanges qu'elle a eu avec Christophe Gleize vous dites un but contre son camp c'est je crains vu le climat dans ce pays et la nature des relations déplorables que nous entretenons avec lui que cela ne fasse que rajouter de l'huile sur le feu Jules Torres rapidement

22:35
Sébastien Lecornu

moi je me mets à la place de Christophe Gleize bon bah d'abord quand elle dit qu'elle va visiter Christophe Gleize elle est incapable de citer correctement et d'écrire correctement la bonne orthographe de son nom ça c'est la première des choses mais je me mets à la place de Christophe Gleize c'est à dire que ce pauvre homme qui est enfermé par le régime voyou de monsieur Tebboune parce que il a fait un reportage en Kabylie la première personne qui vient le voir en prison c'est Ségolène Royal c'est à dire que c'est pas simple quand même c'est pas très réconfortant donc évidemment je crains que ce soit un CSC un but contre son camp que ça n'aide pas à grand chose on peut quand même se féliciter qu'elle soit allée le voir parce qu'on aurait aimé par exemple que monsieur Barraud y aille aussi donc voilà je pense malheureusement que les mots qu'elle utilise ensuite en tant que présidente de l'association France Algérie qui a été créée par le général de Gaulle me paraissent complètement lunaires

23:24
Présentateur

Merci Jules Torres Merci Jonathan Sixou une petite annonce avant de se quitter la 51ème cérémonie des Césars c'est jeudi 26 février en clair en direct et en exclusivité sur Canal Plus et grâce à Europe 1 tentez de gagner vos invitations pour participer à deux à cette soirée de rêve à l'Olympia partager un moment inoubliable côté des stars de cinéma français vous n'irez pas vous êtes puni international puisque Jim Carrey sera là pour recevoir un César d'honneur donc vous pouvez vous inscrire dès maintenant sur Europe 1.fr rubrique Club Europe 1 la 51ème cérémonie des Césars c'est jeudi 26 février en clair et en direct sur Canal Plus on se retrouve dans quelques instants pour la deuxième heure d'Europe 1 Soir Weekend à tout de suite sur Europe 1