Karl Olive, député Renaissance des Yvelines | La politique et moi
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
-Il rêvait de devenir footballeur. Il a fini député après avoir été journaliste sportif, puis maire. Mon invité aime relever toujours de nouveaux défis, un peu à l'image d'un sportif de haut niveau.
Générique ...
Bonjour, Karl Olive. -Bonjour. -Il y a une constante chez le journaliste sportif et l'homme politique : vous aimez le show, faire le spectacle.
On va voir que ça remonte à loin. *-Je suis étudiant en communication. *-En communication. *-C'est un confrère. *-J'aime l'imitation.
Il imite Alain Decaux. *-Bonsoir. En 1789, Vincent Perrault n'était pas né.
Pourtant, Pierre Bonte, fidèle à lui-même, cherchait déjà la France, car il savait, chers téléspectateurs, que 200 ans après, il serait là, face à la caméra, prêt à bondir. *-Je te file ma place ou...
On échange ? Très bien. -Ca, c'était en 1989, sur FR 3, magnifique imitation d'Alain Decaux.
On l'a reconnu. Vous étiez étudiant en communication, et vous avez fait une trentaine de jeux télé. Vous aviez une idée précise. -L'idée, c'est exactement ce que vous venez de voir, c'était pas de gagner des machines à laver, des séjours, des voyages, c'était faire un métier public.
Il se trouve qu'à la fin de cette journée, Michel Péricard, qui était un des invités de l'émission, me propose de devenir pigiste d'une télévision locale, qui allait naître, Yvelines Première. J'ai démarré le 18 décembre 1989. Forcément, ces moments-là, vous les oubliez pas.
Je suis devenu directeur de cette télévision en 1994. -Cette stratégie vous a permis de mettre un pied dans le milieu de la télé, jusqu'à devenir patron des sports de Canal+. Ce qui est marrant, c'est que vous n'avez pas changé.
L'homme politique que vous êtes fait pareil. Vous aimez vous mettre en scène sur les réseaux sociaux, avec votre petit footing, qui se termine par un message politique. Vous postez ça sur Twitter.
Après chaque adoption de loi aussi, vous vous filmez, comme ici, dans la cour d'honneur, pour parler de la loi que vous avez votée. Est-ce que vous n'en faites pas un peu trop ? -Ce que je sais, c'est qu'en 2014, lorsque j'ai été élu maire de Poissy, l'idée que je ressentais du terrain, c'était de dire que les hommes politiques, une fois élus, ils bougent plus.
Moi, je suis parti sur l'idée du miroir et du service. Miroir : ce que nous faisons. Service : améliorer le quotidien des administrés.
Il y a le savoir-faire... -Ca prend pas le pas sur l'action ? -Il faut pas être toujours là-dedans.
J'ai la faiblesse de penser que si je suis réélu en 2020 avec 75 % au premier tour, c'est pas seulement de la communication. Quand vous êtes dans l'engagement local, il faut aimer les gens, et ça ne s'apprend pas dans le dictionnaire ou à travers les images. -C'est l'autre trait qui ressort de votre personnalité.
Dans votre carrière de journaliste ou dans celle de politique, vous êtes à l'aise partout, avec n'importe qui, dans n'importe quel milieu social. C'est un don qui est quand même très utile en politique. -Je crois qu'il vient de l'éducation que j'ai pu avoir avec mes parents.
Ma maman avait perdu les siens à 3 ans et 5 ans. On était huit dans la famille, donc, vous êtes toujours à la 1re personne du pluriel, pas au singulier. Quand vous êtes huit autour d'une table, qui est presque une table de ferme, que votre papa a fait 42 ans chez Simca-Chrysler, vous savez ce que c'est, la mobilité sociale verticale, que la mixité sociale, et ça, j'aime beaucoup.
Il faut surtout pas que ça change. Sinon, on perdrait son âme. -Ce don vous a permis de vous faire beaucoup d'amis et souvent bien placés, dans tous les milieux : de la télé, des patrons de chaînes ou des personnalités comme Michel Denisot, dans le milieu du sport, plein de footballeurs, de rugbymen, de judokas, avec David Douillet, qui a joué un rôle important dans votre carrière, au tout début, des patrons : Henri Lachmann, Claude Bébéar.
Vous êtes un homme de réseau. Parfois, c'est connoté négativement, mais vous l'assumez, d'être un homme de réseau ? -J'assume le fait d'être celui que vous avez indiqué, d'être sans contrôle, sans a priori, sans état d'âme.
On voit Claude Bébéar à l'écran, je dis souvent que les plus grands sont les plus simples. C'est vrai. Ca fait quelques années que nous nous connaissons. -Moi, j'étais chez iTELE quand vous étiez patron des sports. -Exactement.
J'ai un profond respect pour toutes celles et ceux que je croise. J'adore, le matin, une à deux fois par semaine, prendre mon café avec les éboueurs. J'ai autant de plaisir à faire cela sans aucun jugement.
Je pense que ça nous permet de rester en adéquation avec la réalité du terrain. -Vous avez fait une rencontre très importante, en 2014, vous étiez tout juste élu maire de Poissy. Une rencontre qui s'est faite dans des circonstances assez étonnantes. *"Crocodile Rock", Elton John *...
C'était pas Elton John, mais c'est directement lié. Racontez-nous ? -D'abord, Elton John, c'est un monstre de la musique. -Vous êtes passionné de chansons. -Oui, tout à fait.
Il se trouve que j'étais à Bercy avec Claude Bébéar, parce qu'il sait que j'aime la musique, avec mon épouse, et qui voyons-nous arriver ? Un jeune ministre de l'Economie qui avait été nommé 2 jours auparavant, Emmanuel Macron. On s'est retrouvés à chanter, à danser sur Elton John, avec madame Macron, mon épouse, et là encore, je me suis pas demandé si c'était le ministre de l'Economie, il s'est pas demandé si j'étais le jeune maire de Poissy.
En revanche, on s'est bien marrés à chanter sur Elton John, "Sorry Seems To Be "The Hardest Word", par exemple. -C'est le début de votre relation avec le couple Macron. Comment vous décririez cette relation que vous avez avec lui ?
C'est de la politique, de l'amitié, un peu des deux ? -Franchement, le président Macron est un homme vrai, celui qui met ses actes en face de ses mots. Il m'arrive de l'appeler pour lui dire : "Vous devriez appeler "l'arbitre de la finale de la Coupe du Monde de rugby, "qui est, 1re dans l'histoire "d'une Coupe du Monde, arbitrée par un Français." "Merde, je l'ai pas fait, trouve-moi son numéro." On a des relations particulières, mais simples. -Pendant la crise des gilets jaunes, Emmanuel Macron vous a fait venir avec un groupe d'élus... -Non.
Il ne m'a pas fait venir à l'Elysée. J'ai dit au président : "Les réformes "que vous voulez mettre en place, les Français les ont comprises, "mais la manière de faire est catastrophique. "Je vous propose "que vous veniez nous voir ici, à Poissy, pendant deux heures, "ça va pas vous plaire, mais ça va vous rendre service. "Tu vas en prendre plein la gueule." Il m'a dit : "Banco." Sauf que c'est le jour au Puy-en-Velay où il y a l'incendie d'une préfecture, où ça s'était mal passé. -Ca a été délocalisé. -Exactement. -On vous voit ici face à lui avec d'autres élus des Yvelines. -Avec Génération Terrain. -Vous avez tenu un langage assez cash pour qu'il comprenne la réalité ? -On lui a dit qu'il fallait venir sentir le cul des vaches, comme on dit en Bretagne, descendre sur le terrain.
Au sortir de cette réunion, quelques semaines après, il y a le grand débat qui se met en place, et le sentiment que nous avions, et je connais le président, entre 2017 et 2019, le sentiment que j'avais, c'est qu'il y avait une déconnexion entre les décisions prises, "je décide, vous exécutez". -Vous teniez à ce lien avec le terrain, mais vous l'avez perdu en renonçant à votre écharpe de maire pour devenir député, et tout cela était lié au non-cumul des mandats. Du coup, à peine élu, vous rédigez une proposition de loi pour changer les règles. *-C'est dommage, c'est l'ancien maire qui parle...
Oui, il y a en effet ces fantassins de la République, en prise avec le terrain, qui sont plébiscités par les Français, qui ne font plus partie du tout, de fait, des deux chambres. *-Macron vous a écouté ? *-Il est très bienveillant.
Il est très bienveillant. -Une majorité de députés était d'accord avec vous. Emmanuel Macron lui-même.
Le problème, c'est que votre proposition de loi, elle a été enterrée par vos collègues de la majorité. Ca vous a surpris, déçu ? -Non, c'est le cheminement normal.
Je pouvais comprendre que les collègues, élus sur une promesse de non-retour au cumul...
La vérité, c'est que c'est une vaste hypocrisie. -Vous étiez d'accord. -Mon petit doigt me dit que dans la réforme des institutions, ça reviendra.
Il suffit d'écouter Stéphane Séjourné, il y a quelques semaines. C'est important. On est passé de 250 députés dans l'hémicycle en 2012 à 0, aujourd'hui.
Il y a un juste milieu. -Des députés-maires. -Des députés-maires, bien sûr.
Il y a un équilibre à trouver par rapport à cela. On peut être, aujourd'hui, député et conseiller départemental, député et conseiller régional, on pourrait pas être maire et député sans être à l'exécutif ? C'est une hypocrisie.
La France en a besoin. La France a besoin d'un souffle de terrain. -Sur ça, cette proposition de loi enterrée, est-ce que ce n'est pas frustrant ?
Vous découvrez ce qu'est un député, par rapport à un maire, qui peut agir et prendre des décisions seul. -Ah ben oui, on est 100 % exécutif, PDG, c'est pas vraiment le mot, et on passe à auto-entrepreneur, à l'Assemblée. On a un rôle de législateur, mais quand je propose une loi sur le gaspillage, transpartisane, aux collègues LR, - transpartisane, lutte contre le gaspillage, qui doit transcender les bancs -, et on me dit non, parce que ça vient de la majorité.
Toute votre vie, vous parlez du pays, mais y en a que pour votre parti. -C'est l'heure de notre quiz, à présent, pour voir quelle sorte de député vous êtes. Je vais commencer une phrase et vous allez la compléter.
C'est bon pour vous ? "Etre député, "c'est comme au foot..." -"C'est toujours tenter", "même si on ne réussit pas." -Pas de jeu collectif ? "A chaque fois "que je vois un député sans cravate dans l'hémicycle..." "-Ca me donne des boutons." -Vraiment ? -Pas sans cravate, mais quelqu'un qui arrive presque en jean troué, à côté des huissiers, des administrateurs de l'Assemblée, qui sont toujours très élégants...
C'est pas un concours d'élégance, mais on représente... -Une question de respect ? -La représentation nationale, c'est quelque chose.
Etre député de la nation, c'est quelque chose. Je suis fier de mon pays. On doit l'incarner au plus haut niveau. -"Beaucoup me voient devenir ministre, "le souci, c'est que..." -"C'est pas une science." Le fruit tombera quand il sera mûr.
S'il tombe pas...
Je suis le plus heureux du monde. -On sent que vous avez toujours eu besoin de bouger. A chaque stade, vous aviez un autre objectif.
Ministre, ça peut en être un ? -C'est pas une fin en soi. Si on peut être utile... -Si vous devenez ministre un jour, vous continuerez à présenter vos voeux ? *"Les divorcés", Michel Delpech *-On pourra dans les premiers temps Donner l'info aux habitants -Ca, c'est les voeux que vous avez présentés, en député, au 1er janvier.
Vous avez quand même choisi une chanson un peu triste, non ? "Les divorcés". Pour raconter un peu le passage difficile de maire à député ?
Vous êtes malheureux ? -Non, c'est un bilan, que je fais. C'était plus facile avec "Les divorcés" sur ses allitérations et ses vers en 8 pieds que sur La Bande à Basile...
Vous voyez ? -Vous êtes triste ? Vous êtes heureux, à l'Assemblée ? -C'est ce que je dis dans la chanson, il faut aussi mastiquer, façonner le fait, effectivement, d'avoir eu à gérer un village dans lequel vous êtes né, avec 850 agents et 105 millions d'euros de budget au fait de devenir député, un 577e de l'Assemblée, mais c'est formidable.
C'est un bel engagement. -Merci beaucoup, d'être venu vous confier dans "La politique et moi". *-C'est arrivé un paquet de fois SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA Si on manquait de quoi qu'ce soit Il y a toujours le 49.3 Qu'Elisabeth peut dégainer On ne veut pas en arriver là L'opposition fait tout pour ça Et la majo doit avancer
Karl Olive