Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLa France insoumise (sur YouTube)· 22 juin 2025Autoproduit

🎙️ ENTRETIEN AVEC REVA VIARD : LE RETOUR DE LA FLOTTILLE

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le nouvel épisode de Touche pas à mon peuple, le podcast de la France Insoumise. Cette semaine, nous vous proposons un épisode spécial, un entretien avec Réva Viard, membre de l'équipage de la flottille pour la liberté, qui a été arrêté illégalement par Israël. Il nous racontera tout.

Petit retour en arrière pour en comprendre le contexte. Toute la semaine précédente, des mobilisations puissantes se sont organisées partout en France et place de la République à Paris pour exiger la libération immédiate et sans condition de l'équipage de la flottille. On écoute Jean-Luc Mélenchon le lundi 9 juin 2025 au lendemain de l'arrestation.

La France devrait s'enorgueillir de voir huit des chiens monter sur un petit bateau sans autre arme que leur conviction, sans autre force que leur courage, oui leur courage, que nous voulons saluer en face de gens qui sont capables du pire et qui l'ont déjà démontré, puisse cet instant rester gravé dans le cœur de chacun d'entre nous, comme le souvenir extraordinaire de ce que le courage peut faire. Gloire à la lutte ! Gloire à Rima !

Gloire à Greta et aux douze ! Rima Hassan, Réva Viard et Baptiste André ont été accueillis à leur retour en France par la ferveur populaire place de la République à Paris. On écoute Rima Hassan.

Notre action, tout le monde le sait, elle était symbolique mais elle était éminemment politique. Notre action visait à d'abord bien entendu livrer de l'aide humanitaire à Gaza, du moins ce qu'on pouvait au maximum faire avec ce bateau, mais aussi et surtout à dénoncer le blocus et à le briser. J'ai un prochain bateau et bientôt prêt à autant de bateaux !

Bonjour Réva, tu étais membre de l'équipage de la flottille de la Liberté nommée la Madeline. Tu as été arrêtée illégalement par Israël et détenue plusieurs jours. Tout d'abord, un grand merci d'avoir accepté de répondre à mes quelques questions.

Et donc pour commencer, peux-tu te présenter notamment en nous parlant de ton engagement antérieur à celui de la mission humanitaire ? Bonjour Claire, merci de me recevoir, de m'inviter. Alors, j'étais plutôt sur le volet environnemental dans le militantisme.

Je suis parti en bateau après avoir travaillé une dizaine d'années à Paris. J'ai voulu m'extraire de ce monde que je trouvais violent, injuste. Et voilà, je suis allé dans une quête un peu spirituelle, personnelle, voguer sur l'Atlantique notamment, principalement.

Et là, j'ai découvert tout simplement l'amour. J'ai eu l'impression d'avoir un voile qui s'était enlevé, ôté de mes yeux. J'en étais débarrassé et je comprenais, ressentais, voyais que toute forme vivante était une incarnation de l'amour.

Ça, c'était une énorme surprise, une grande révélation. Et de là, je me suis dit, OK, il faut que j'ai une chance gigantesque de le vivre. Il faut que je le partage et il faut que d'autres puissent le vivre, parce que je suis clairement privilégié.

Et donc, assez rapidement, j'ai fait une demi-tour. C'était aussi le Covid, donc moins de liberté pour naviguer et se déplacer. Et j'ai parlé un petit peu de ça autour de moi et les gens ne comprenaient pas forcément trop.

Donc, je me suis retrouvé dans une éco-anxiété. J'avais tous ces constats de destruction du vivant, d'injustice sociale. Et j'ai passé un bon moment à ne pas aller bien, à ne pas savoir comment faire, quoi faire.

Jusqu'à finalement rencontrer des grimpeurs, dont je peux le dire, Thomas Braille, qui m'a montré le chemin de la grimpe pour défendre les arbres. Et donc, par là, j'ai pu trouver un chemin de don, de générosité, un chemin du cœur, un chemin de justice et d'altruisme. Et on s'est beaucoup unis avec mes amis pour protéger justement la démocratie, le droit environnemental, la justice environnementale et le vivant de façon globale.

La santé également publique par rapport à ce projet funeste d'A69. Et c'est par là que je suis rentré, du coup, dans le militantisme. Ensuite, ma force...

En fait, je dois dire, je suis très reconnaissant de mes amis Lazade, parce que même s'ils incarnent, pour certaines personnes, une forme de radicalité, peut-être même parfois de violence, je dois dire que c'est une violence qui est une réponse à la violence terrible de nos modèles capitalistiques. Donc, ils m'ont appris notamment, ils m'ont fait comprendre, parce que je ne savais pas que tout était lié dans les combats, et que c'est notamment ces dimensions, que toutes ces oppressions, ces injustices, ces massacres, ils naissaient d'une idéologie de domination, d'une idéologie coloniale, une idéologie, peu importe comment on l'appelle, mais c'est le vol, l'accaparement, la soumission, la domination, le contrôle, l'expansion pour son propre confort, sa propre sécurité, en dépit du reste de l'humanité. Donc, voilà, ça, j'en ai pris conscience, et j'avoue que les premières fois que j'ai vu dans les arbres le drapeau palestinien, je me suis dit, oh là là, qu'est-ce qu'il se passe, ils en ont compris, ils mélangent tout, c'est la révolte contre tout, ben non, en fait, c'est la solidarité pour tous et toutes, et c'est la conscience d'être, c'est la conscience que ces mots, tous ces mots dont nous souffrons, dont ils souffrent, dont elles souffrent, au cadre de la planète, c'est beaucoup notre responsabilité, parce qu'on s'est partagé le monde, en fait, et notamment en Palestine, ça, je l'ai appris trop tardivement, mais les accords Saïs-Picot, ce sont, ils ont malheureusement permis de diviser tout ce Moyen-Orient, ben, pour nous, pour qu'on en jouisse, au détriment des populations locales, donc, oui, on a notre part de responsabilité, et ça, c'est vrai que moi, je ne m'y attendais pas, parce que je ne me sentais pas légitime, mais plus j'ai avancé, plus je me suis renseigné, plus j'ai compris, plus j'ai développé, évidemment, l'empathie, mais aussi la connaissance historique qui m'a permis de me dire que j'avais, moi, mes aïeux, qu'on avait une forme de responsabilité, et qu'il fallait qu'on joue notre devoir maintenant de ne pas réguler, mais juste assurer ce qui est de l'ordre de la justice et de l'intégrité.

Et donc, même si on voit un petit peu la ligne qui se décide, mais pourquoi et comment, du coup, s'est fait ton engagement sur la mission humanitaire de la flottille de la liberté ? Comment on est venu vers toi, en fait ? Et si tu peux revenir aussi sur les origines de ce projet, et notamment des dernières missions de ce type.

Alors, les dernières missions de ce type, ça a été un peu sanglant. Malheureusement, Israël s'est révélé être, une fois de plus, bourreau, et on s'est rendu compte que, sur la dernière opération, il y a eu, malheureusement, neuf morts, qu'il y a eu beaucoup de violence, et quand il n'y a pas eu de violence physique, il y a eu des entraves administratives pour tout faire, pour que ces bateaux ne partent pas. La dernière opération date de...

La dernière opération date de 2018. Ils avaient été interceptés à 100 000 nautiques des côtes de l'Aim, de façon complètement illégale. Et c'est en, je crois que c'est en 2009, si je ne dis pas de bêtises, qu'il y avait une opération sur le Mavimar Mara, qui avait fait, malheureusement, neuf morts.

Ça avait été terrible. Beaucoup de... voilà.

Beaucoup, beaucoup, beaucoup de violence. Et donc, nous, on a quand même été épargnés de cette violence, même si ça a été violent, que se faire kidnapper par des pirates en dehors international. Évidemment.

Ce n'est pas tout à fait ce qu'on espère comme journée. Mais comment moi, j'y suis arrivé ? Écoute, de la même façon, anxiété, qu'est-ce que je peux faire ?

Tous les matins, tous les midis, tous les soirs, toute la journée, je vois ces vidéos de personnes qui se font brûler, qui se font décapiter, qui se font rouler dessus. Et je me sens déchiré, je me sens anéanti. C'est toute mon humanité qui se fait éventrer.

Et qu'est-ce que je peux faire ? Et cette question permanente. Qu'est-ce que je peux faire ?

Je ne supporte pas, je ne cautionne pas, je condamne. Mais qu'est-ce que je peux faire à part ça ? Mais évidemment, il y a déjà en parler.

Il y a se renseigner. Et se renseigner auprès notamment et surtout de médias indépendants. Donc, finis les BFM, CNews et autres médias de propagande racistes et discriminatoires pour la haine et la peur, le rejet.

Et il y a, au-delà de ça, rejoindre des mouvements de résistance, de défense des droits humains, que ce soit sur l'aspect médical, que ce soit sur l'aspect de la communication, pour relayer ce qui peut se passer, que ce soit...

Et là, moi, j'ai trouvé, j'ai découvert la Freedom Floatia. En fait, j'étais...

Ça faisait un an à peu près que je pensais à...

Parce que j'ai fait un petit peu de voile, du coup, je me suis dit, mais il faut essayer par la mer. Ils ne sont pas tout le temps en mer en train de contrôler ce qui se passe. Donc, j'y pensais, j'y pensais.

Puis, je me suis toujours dit, mais non, mais le temps de trouver un bateau, de le préparer et de l'envoyer jusqu'à là-bas, de naviguer jusqu'à là-bas. C'est bon, il n'y aura plus de blocus. C'est bon, la guerre sera terminée.

Et...

Parce que je suis très positif de nature. Et en fait, ça traîne. Et ça traîne, et ça s'enlise, et ça s'empire.

Et du coup, j'ai...

Avec un ami Loïc, avec un ami de Sea Shepherd, on s'est dit, allez, c'est parti, on se lance. On trouve un bateau, on fait une levée de fond, on se débrouille, on y va. Et donc, on était en train de préparer tout ça.

C'est drôle, parce que même dans notre stratégie de communication, il y avait la volonté de se visibiliser énormément, comme on l'a fait dans les arbres sur la 69, de montrer ce qui se passait pour se mettre en sécurité. Et on avait prévu de faire venir à bord, enfin d'inviter en tout cas, Greta, qui était venue sur la 69 d'ailleurs, et qu'on avait rencontré dans les arbres. Et on prépare un petit peu tout ça, on planche dessus, on regarde ce qui existe comme bateau sur le marché, on fait des calculs un peu de ce qu'on peut amener comme marchandise, comme aide humanitaire, pardon.

Et là, mon ami m'envoie, Loïc m'envoie, une vidéo du bateau Conscience de l'Afri-Dum-Flotilla qui s'était fait bombarder par un drone israélien en plein milieu des zones internationales, à proximité de Malte. et moi, je trouvais ça violent, très violent, très injuste, et je n'ai pas voulu l'accepter. Je me suis dit, ok, ces gens-là ont déjà fait une partie immense du boulot, il faut que j'aille les rencontrer, il faut que j'aille les aider.

J'ai pris un petit peu de matériel de grimpe en me disant, puisqu'il n'était pas possible d'approcher trop le bateau, quand même, des vidéos que je voyais, il y avait moyen d'aller à une cinquantaine de mètres à peu près. Je me suis dit, super, on va essayer de trouver un voilier, je vais monter en tête de mât, je vais envoyer une tyrolienne, on va essayer de leur envoyer de quoi tenir, ou de faire un relais au niveau de l'équipage. Et en fait, je suis arrivé, et j'ai eu beaucoup de difficultés à les rencontrer.

Finalement, j'ai tourné, il y a plusieurs ports, vraiment, c'était tout un casse-tête pour découvrir cette association, ses membres, et sur un petit banc, j'ai rencontré deux vieux qui refaisaient le monde, et j'aurais dit, excusez-moi, je cherche désespérément les gens qui essaient de venir en aide à ce bateau qui a été bombardé, et ils m'ont dit, rentre dans l'église et demande à Antoine. Je suis rentré dans l'église, j'ai fait ma petite prière, et là, Antoine est arrivé, et il m'a donné l'adresse, il m'a éclairé, et j'ai pu rencontrer les membres de la Freedom Flotilla, coalition, ils m'ont fait passer quelques petits entretiens pour savoir qui j'étais, d'où je venais, pour savoir si je n'étais pas infiltré par... ils n'étaient pas d'infiltré par le Mossad ou autre, et ils m'ont fait confiance, et ils m'ont envoyé sur Madeleine, qui était en Italie, et on a fait le convoyage avec Marc, le capitaine que j'ai rencontré, on a préparé le bateau pendant plusieurs semaines, et puis après, c'était parti, pleine balle, j'avais trouvé, enfin, un moyen de m'engager pour venir un petit peu en soutien à nos amis en Palestine.

Et alors, c'était quoi les objectifs de la flottille ? Les objectifs, c'était faire parler son cœur de façon pacifique, parce que la violence engendre la violence, donc être dans un vrai mouvement de paix, solidaire, altruiste, pour communiquer sur ce qui se passe là-bas, premier objectif. Deuxième objectif, leur amener de l'aide humanitaire si possible, on savait que les chances étaient très limitées, quasi inexistantes, mal existaient, donc il y avait quand même cet objectif qui nous motivait plus que tout, de leur apporter matériellement ce soutien.

Et puis, voilà, de sensibiliser, surtout de sensibiliser, de montrer qu'il faut essayer des choses, et que c'est en essayant qu'on y arrive. C'est sûr que les discussions éternelles de est-ce que c'est un génocide ou pas sur un canapé en velours, en France ou ailleurs dans le monde, ça ne mène pas loin. Il faut essayer des choses concrètement.

Et alors, avant de revenir sur l'arrestation et la semaine sur la flottille, tu en as un peu parlé en introduction, mais toi, en tant que militant écolo, quel lien vraiment tu peux faire avec cette lutte ? Là-bas, ce qui se passe, c'est la destruction de tout ce qui est vivant. Ce n'est pas que les vies humaines.

Et déjà, c'est un drame. Mais... infini.

Mais c'est aussi tout le vivant, tout l'environnement qui est saccagé, tous les oliviers qui sont dessouchés, explosés, il y a une volonté de détruire tout ce qui est vivant et accessoirement. Donc ça, c'est vraiment de façon directe et intentionnelle, mais évidemment, par toutes ces averses, si on peut appeler ça comme ça, ces déferlements de bombes, c'est des quantités astronomiques de métaux lourds et de polluants qui souillent l'environnement. Et également, il y a cette volonté, on a pu voir dans les vidéos, il y en a assez pour être au courant, tous les puits, les sources, tous les cours d'eau sont régulièrement contaminés de façon volontaire par l'armée israélienne. donc il y a quelque chose d'absolument abominable et donc ça dépasse les droits humains, c'est tout le vivant qui est menacé là-bas et en ce sens, les défenseurs des droits humains comme ceux pour l'environnement, on leur place dans ce combat.

C'est un combat pour la vie. Rien de plus. Est-ce que tu peux nous raconter l'arrestation que vous avez subie par Israël, illégale bien sûr, et par ailleurs, la semaine jusqu'à, enfin les quelques jours, une semaine, une semaine de navigation jusqu'à cette arrestation ?

Ah, la semaine de navigation aussi ? Très bien, très bien. Écoute, on a eu l'équipage...

Est-ce que je précise, mais vu que tous les médias genre BFM parlaient de croisières s'amusent, bon, je pense que c'est aussi...

C'est marrant parce que dans leurs images notamment, ils utilisent un moment de baignade qui a eu lieu. C'est d'autres personnes que l'équipage qui se sont baignées à proximité du bateau et ce n'est pas du tout nous. C'est juste...

Ce n'est pas une demande de justification. Non, non, non, bien sûr. Non, non, mais je rappelle parce qu'on a été critiqués pour être joyeux, je rappelle que la joie, c'est un vecteur d'espoir, c'est un vecteur d'union, de solidarité.

Et que c'est une forme de lumière qu'il faut partager, cultiver. Première chose, après, la navigation, elle s'est merveilleusement bien passée. J'avoue que, avec Marc, on a essayé de militer pour avoir 10 personnes maximum parce que, étant donné la taille du bateau, étant donné la mission et du coup, les tensions qu'on allait gérer chacun individuellement et collectivement, on s'était dit que 10, c'était déjà suffisant.

On a construit des couchettes supplémentaires justement pour pouvoir avoir 10 personnes. Ce n'était pas le cas au début, ce n'était pas possible. Et déjà, à 10, ça faisait assez charger.

Et finalement, on a été 12. On a chargé tout ce qu'on pouvait comme équipage parce que, après, chaque personne, c'est un passeport, c'est un gouvernement qui est impliqué, c'est des compétences, c'est de la communication. Et donc, on a fait le max de ce qu'on pouvait faire là-dessus.

Et je me suis dit qu'il y allait y avoir certainement pas mal de petits problèmes à régler, d'affinité, parce que pas beaucoup d'intimité, pas beaucoup d'espace. Et en fait, il n'y a quasiment rien eu à gérer parce qu'on était vraiment tous animés par des valeurs extrêmement saines qu'il faut justement qu'on développe davantage dans nos sociétés d'altruisme, de respect de l'autre, on a tous pris vraiment soin les uns des autres. Et c'est vraiment au quotidien qu'il y avait cette volonté, cette dynamique bienveillante. et à chaque fois qu'on va en mer, on ramène une forme de sagesse.

Celle-là, j'aimerais vraiment la ramener, la partager. Et c'est difficile dans ces sociétés où on veut tout contrôler, où on pense qu'un coup de baguette magique avec un peu d'argent ou autre, on peut tout s'offrir, tout avoir et on est impatient. Mais on s'est rendu compte que là, il y avait un équipage assez hétérogène.

Mais, emprunt de ces valeurs, en fait, tout est possible et on n'a jamais eu de tension collective. Et les moments d'oppression, de violence, d'arrestation, ça s'est très bien passé. Parce qu'on était dans une forme de confiance, en fait, entre nous, on se faisait confiance.

Et vous étiez formé à différents scénarios, c'est ça ? Oui, alors, on avait, bien sûr, l'arrestation, l'abordage, on avait aussi le fait d'être bombardé, potentiellement aussi, de recevoir un objet enflammé, une bombe. Donc, oui, le feu, couler, l'abordage, tout ça, c'est des scénarios qu'on a préparés à de multiples reprises.

Tous les jours, on avait une session justement de préparation où on affinait un petit peu nos réactions. On les ajustait aussi parce qu'on avait au départ un protocole par rapport au survol de drone. Donc, dès qu'on voyait un drone, alarme, tout le monde se réveillait, on débarquait dans le cockpit, on mettait nos gilets de sauvetage et en fait, quand ça s'est arrivé assez vite et puis on avait deux, trois, cinq survols par nuit, en fait, ce n'est pas tenable d'avoir le même protocole.

Donc, petit à petit, les protocoles, on les a aussi fait évoluer pour justement que le jour où on allait peut-être se faire arrêter, on soit suffisamment reposé et qu'on ait les bonnes réactions parce que le manque de sommeil nuit à la sécurité. Donc, on était prêt et on était prêt à tout type de violence et ça a été violent mais ça n'a pas été violent physiquement. Là-dessus, on a beaucoup de chance parce que on remercie tous les gens qui ont relayé, qui se sont intéressés à notre navigation et notre tentative de rejoindre Gaza parce que ces gens-là nous ont réellement permis de nous mettre en sécurité. plus on avait Dieu sur nous et plus on était en sécurité et donc un réel remerciement pour ceux et ceux qui se sont sentis le devoir de nous suivre et d'alerter aussi par les mails notamment, je crois que ça a un peu emmerdé le gouvernement et je crois que 35 000 40 000 mails qui ont été envoyés donc c'est une victoire de plus c'est la preuve qu'en fait quand on s'unit on a un pouvoir qui est gigantesque donc 45 000 on est 60 000 en France peut-être un peu plus je ne sais plus où on en est mais c'est la preuve que oui si on s'intéresse au sujet et si on accepte notre responsabilité alors on s'engage et on peut radicalement changer les choses quand je dirais également c'est pas dans la violence ça veut dire du tout au tout pour la radicalité voilà et donc comment c'est après passé concrètement il y a un drone beaucoup plus gros que les autres qui est arrivé au-dessus de nous moi très bêtement je me suis dit il y a quelque chose de différent et de la même façon qu'on s'interposait dans les arbres sur la 69 pour protéger les arbres on se mettait entre les forces de l'ordre et nos couchages les arbres nos vivres pour les protéger j'ai voulu protéger le bateau et l'équipage et je me suis mis sous le drone en espérant qu'ils ne puissent pas du coup nous larguer quelque chose dessus c'était très certainement une erreur ils ont ouvert une trappe et là il y a un liquide qui m'est tombé dessus et alors on sait ce que c'est ce liquide ? on ne sait pas encore ce que c'est il y a des analyses qui sont en cours d'être faites donc à un moment je me suis dit c'est du phosphore qu'est-ce que je n'ai jamais vu ça va prendre feu qu'est-ce qu'il va se passer donc quand même un peu inquiet à ce moment là et puis en fait je vois qu'il ne se passe rien je m'étais dit que c'était une forme d'acide que ça allait me faire me brûler me fondre et puis rien donc je touche un petit peu je me rends compte que c'est blanc que plus je touche plus c'est gris plus je touche plus c'est noir et puis là ils vont reprendre mais partout sur le bateau partout le bateau était complètement couvert je me suis dit que peut-être c'était une matière inflammable et qu'ils allaient après mettre le feu et ça allait être terminé donc j'ai demandé à ce qu'on se prépare à un scénario de feu en fait sur le bateau mais c'était assez désorganisé parce que pas mal était pas apeuré mais pas mal était en train de communiquer et d'essayer de filmer et de visibiliser ça donc on s'entendait plus trop trop et c'était un scénario qu'on n'avait pas prévu de se faire repeindre comme ça en fait on s'est rendu compte quelques secondes après que c'était une façon de nous nous occulter tout ce qui se passait sur les deux bords sur le tribord le bas bord il y a d'un seul coup des lampes très puissantes qui se sont allumées et quelques secondes plus tard il y avait deux navires qui étaient en train de nous aborder ils étaient juste là ils étaient juste là et voilà le fait de recevoir autant de lumière et de se faire repeindre c'était une façon de nous souiller une façon de nous faire regarder en l'air alors qu'il fallait regarder sur les côtés et après c'est une armée ils sont expérimentés ils savent ce qu'ils font et ils sont très sournois et habiles donc là on était tous dans le cockpit moi j'ai reçu l'ordre de mon capitaine Marc de passer un mêlée à la VHF à la radio ce que j'ai voulu faire et ce qui n'a pas été simple parce qu'ils étaient en train de monopoliser le canal 16 donc il y a une personne qui à ce moment là sa mission évidemment un soldat israélien était en train de passer en continu 1, 2, 3, 4, 5, 6 1, 2, 3, 4, 5, 6 pour pas que ton message puisse passer en continu et ça tournait en boucle en boucle et c'était pas enregistré parce que j'entendais bien chaque séquence était légèrement différente donc il y a une personne qui était véritablement en train d'occuper le canal contre notre sécurité de façon dangereuse pour pas qu'on puisse alerter les autres navires de notre abordage par des pirates tout simplement parce qu'on était en eau internationale que c'était illégal que c'était pas notre volonté et on s'est fait du coup kidnapper voler le bateau et on a été dérouté vers vers Israël ce qui n'était pas notre volonté on voulait aller vers la Palestine voilà et alors pour ce qui est des conditions de détention ben l'arrivée déjà gros gros effectifs donc quand le soleil s'est levé on s'est rendu compte qu'il y avait un très gros navire de guerre qui était derrière nous qui coordonnait tout il y avait une dizaine de navires qui étaient sur cette mission il y avait trois commandos ils étaient très équipés très armés ils étaient assez agressifs et ce qui a été ce qui a été dur on n'a pas trop parlé mais ce qui a été dur c'est de il y a toute cette navigation donc qui a duré on avait 100 000 nautiques plus ou moins à ces pneus ça va faire à peu près 14 heures plus ou moins et bien à 14 heures on est arrivé proche des côtes et proche des côtes très proche du port on a fait demi-tour ils nous avaient tous enfermés à l'intérieur on n'avait pas beaucoup d'air c'était pas forcément très agréable et là on repart vers le large on s'est dit mince qu'est-ce qui se passe est-ce qu'il y a eu un couac dans les négociations avec la France et nos gouvernements est-ce qu'ils vont nous amener plus au large nous tuer nous jeter dans l'eau est-ce qu'ils vont juste nous jeter dans l'eau pour faire croire qu'ils nous ont sauvés donc là évidemment on se pose beaucoup de questions et puis ils sont retournés vers le port et puis ils sont repartis vers le large on a fait ça à peu près 3-4 fois pendant 3 heures à peu près 3-4 heures et donc là c'est des heures qui sont assez longues on se demande à quoi ça sert de toute évidence c'était fait pour nous déstabiliser pour nous fatiguer pour nous user parce que plus ils jouent avec nos nerfs plus on est fatigué plus potentiellement on cède à leur volonté mais en fait on s'est assez rapidement dit quand même que très certainement il y avait des médias peut-être du soutien je sais pas mais au moins des médias sur place et ils voulaient absolument éviter ça donc on est arrivé du coup de nuit assez tard au port et là voilà énorme dispositif intimidation ils nous ont fouillé et puis on a on nous a demandé de signer un papier donc ils étaient à ce moment là on était chacun isolé personne on était séparé et là très grosse pression pour qu'on signe ce papier qui nous faisait reconnaître qu'on était entré dans les eaux israéliennes de façon illégale et que du coup on était on devait être renvoyé vers nos pays d'origine et qu'on écopait d'une peine de 100 ans qu'on avait une interdiction de rentrer sur le territoire israélien pendant 100 ans on était un peu bousculé et malmené il y avait une violence verbale il s'était assez nombreux autour de nous à chaque fois pour qu'on signe ce papier papier que personne n'a signé à l'exception de Baptiste Greta et Sergio et Omar pardon le journaliste qui qui ont voulu ramener la vérité qui avait aussi peut-être des impératifs personnels mais ils ont voulu nous mettre en sécurité et nous visibiliser à travers des prises de parole des interviews des événements pour nous protéger et nous faire sortir parce que on avait convenu de ne pas signer ce papier on savait qu'on allait devoir le signer qu'ils allaient nous le présenter et nous mettre de la pression le consul après nous a représenté ce papier il nous a dit si vous voulez partir vous pouvez c'est maintenant vous pouvez le signer on a refusé parce que c'est toute notre intégrité qui était remise en question à travers ce papier et c'est le récit c'est l'histoire qui est modifiée de façon internationale et et c'est la et c'est la vérité la réalité qui qui était façonnée façon Israël et façon propagande et ça on ne pouvait pas l'accepter voilà donc on est parti en détention et il y avait une telle pression que je me suis demandé si si d'autres n'avaient pas signé je me suis dit mais quand même là ils sont hyper agressifs ça devient vraiment très chaud tu ne savais pas qui avait signé non je ne savais pas dans les couloirs la première fois je l'ai refusé et après dans les couloirs on était chacun pris avec nos consuls ambassadeurs avec après les avocats tous les tous les bureaux étaient remplis de militaires c'était super violent les regards étaient très violents il y avait une haine omniprésente c'était électrique je pensais que ça allait partir en bagarre vraiment tout le monde était sous pression d'autant plus qu'on avait écrit on avait les kéfier on avait écrit Flupalestine sur nos t-shirts donc il y avait il y avait une grande violence à ce moment là on n'était jamais laissé tranquille quand on faisait les entretiens les portes étaient laissées ouvertes ils criaient ils se mettaient devant les portes ils criaient ils hurlaient pour pas qu'on s'entende pour qu'on prenne de mauvaises décisions ils nous interrompaient mais toutes les allez 30 secondes à toutes les 2 minutes maximum quand on était avec nos avocats on était systématiquement interrompus tout était s'aborder systématiquement et puis dès qu'on entendait qu'il y en a un qui sortait d'une salle et qui était peut-être accessible d'une façon ou d'une autre on essayait de crier est-ce que t'as signé ? non non j'ai pas signé ok je signe pas non plus et comme ça j'ai été heureux de retrouver dans le petit camion qui nous a amené j'ai retrouvé du coup Tiago Rima Yanis Pascal les autres et on est parti vers le centre des détention où on a eu à nouveau ça faisait un moment qu'on était éveillé on n'avait pas dormi depuis assez longtemps au petit matin donc le lendemain on est arrivé dans ce centre de détention à nouveau fouille mis à nu voilà une petite intimidation humiliation permanente et on a on atterri dans cette cellule qui a été notre qui a été notre notre petit chez nous pendant deux jours deux trois jours qui n'était pas très propre du tout qui n'était pas très confortable du tout mais voilà je tiens à rappeler que c'est rien à côté de ce qu'endure et ce que vivent les palestiniens tous les jours et qui a surtout et plus que tout dix mille palestiniens palestiniennes qui sont incarcérées de façon arbitraire et injuste encore aujourd'hui qui a Georges Abdallah qui est toujours en France incarcéré depuis 40 ans et qui est libérable et ben tout ça il faut qu'on se bouge pour pour libérer ces gens qui ne sont pas des terroristes qui sont des gens qui veulent simplement vivre dignement et qui méritent donc donc voilà l'incarcération ben c'était c'était pas simple pour tout le monde parce que il y a des moments il y a des moments un peu de doute il y a des moments il y a voilà je pense qu'on était filmé il y avait une caméra cachée parce qu'à chaque fois qu'on était tous allongés ils arrivaient pour nous réveiller donc ils venaient parfois avec une grande barre et ils tapaient partout ils faisaient semblant de chercher s'il n'y avait pas quelque chose qui était caché et donc ils tapaient sur les fenêtres ils tapaient sur les murs sur le sol ils faisaient beaucoup de bruit tout le temps ils claquaient les portes extrêmement violemment on pensait qu'elles les avaient dégondées ou que les murs allaient tomber mais ça c'est vraiment c'est toutes les quelques minutes c'est en permanence ils venaient régulièrement dès qu'on s'assoupissait ils venaient et ils criaient ils hurlaient wake up wake up stand up stand up avec tout un grand comité comme s'il y avait quelque chose qui allait être dit quelque chose voilà et en fait une fois qu'on était tous debout et habillés parce qu'ils attendaient qu'on soit habillés ils demandaient qu'on soit habillés et bien là ils repartaient en claquant la porte hyper fort donc ça c'était non stop c'était fatigant mais on était bien conscients qu'à côté de Gaza c'est anecdotique donc je cherche pas à créer de compassion là dessus et à tirer de regard c'est intéressant de savoir comment ils fonctionnent justement oui oui c'est juste c'est juste par terre mais ils veulent ils ont toujours voulu contrôler contrôler notre sommeil contrôler nos émotions contrôler notre alimentation et à chaque fois qu'ils nous servaient à manger ils étaient prêts à prendre une photo à chaque fois qu'il y avait un traitement comme la fameuse image du sandwich et de la bouteille d'eau tout à fait et ce moment là il fait suite mais on le voit pas on le sait pas il fait suite à 10 tentatives de leur part de nous donner à manger 10 tentatives qu'on a à chaque fois on a refusé d'avoir leur nourriture et leur eau parce qu'on en voulait pas on veut pas être nourri par des pirates et et la dixième fois c'était agressif c'était intimidant ils sont quand même derrière on le voit pas mais ils sont derrière la caméra avec plein d'armes et c'est de plus en plus agressif du coup Baptiste a appris pour que ce soit plus un sujet il a appris les sandwiches et l'eau il les a posés au sol et on n'y a pas touché et ils ont quand même réussi à faire leurs photos et là dessus ils ont communiqué et ça derrière c'est une guerre de l'image bien sûr de la même façon que je te disais les images qui ont été faites la croisière s'amuse avec des personnes en train de se baigner c'est personne de l'équipage et c'est en Sicile alors que le bateau n'est pas encore en train de naviguer donc et de la même façon j'ai vu circuler sur les médias je crois que c'est sur je crois que c'est le gouvernement directement qui a israélien qui a communiqué dessus ils ont parce qu'on s'était mis en grève de la faim solidairement à Thiago qui était en isolement et dont on n'avait pas de nouvelles on s'est tous mis en grève de la faim et ils ont communiqué le lendemain parce qu'on a été libérés le lendemain ils ont communiqué ils ont publié une photo à l'aéroport où on est en train de manger des sandwiches en effet et ils disent ah en fait en gros vous n'étiez pas du tout en grève de la faim on vous a surpris en train de manger alors qu'on était libérés donc ils ont un peu antidaté la photo en faisant croire qu'on mentait et on se rend compte en fait du pouvoir des images auxquelles il faut faire très attention il faut prendre les choses avec des pincettes il faut vérifier les sources et en tout cas de manière certaine on ne peut pas se fier à ce que dit l'armée israélienne puisque c'est un tissu de mensonge et du coup justement que nous dit le silence de la France face à votre arrestation mais aussi le traitement médiatique qui a été fait sur l'arrestation le traitement médiatique j'en suis consterné encore une fois quand on regarde quand tu dis le traitement médiatique quels médias c'est sûr que si on regarde BFM et CNews on n'est pas prêt d'avoir une humanité qui vit en paix en harmonie et pourtant c'est ce c'est ce qu'on aimerait tous et toutes donc pour moi ce ne sont pas des médias ce sont et si ça devait être considéré comme des médias ce serait très certainement des médias de propagande consumériste et et raciste donc je pense qu'il vaut mieux s'en écarter le fond de en fait il faut rappeler notre action elle était pas seulement légitime mais elle s'est basée sur le droit et elle s'est basée sur notamment sur l'absence d'action de la part de la France et d'autres pays du coup l'absence d'action c'est peut-être la complicité moi je le vois de cette fait là comme beaucoup d'autres et on le voit le drapeau palestinien n'a pas le droit d'être bandit on le voit les manifestations sont réprimées systématiquement il y a une véritable complicité de la France évidemment le voilà Georges Abdallah toujours incarcéré qu'est-ce qui justifie ça alors qu'il est libérable de la même façon la France depuis longtemps aurait dû reconnaître l'état palestinien c'est toujours pas le cas alors que Macron fait de grands de grands discours systématiquement il est temps que il repousse tout le temps mais c'est systématiquement repoussé donc en fait il n'y a pas de réelle volonté de la part du gouvernement et c'est injuste et ça va à l'opposé de ce qui est dit donc il y a encore et toujours et je retrouve les mêmes éléments les mêmes procédés de manipulation que sur l'environnement les arbres c'est important les forêts primaires c'est important l'océan c'est important super Manu je t'adore mais en fait tu ne fais que dire et derrière tu fais tout l'opposé donc en fait c'est pour nous rassurer et qu'on ne se révolte pas trop parce que sinon ce serait trop dangereux mais derrière il y a non c'est une hypocrisie c'est une manipulation que nous ne devons plus accepter et par ailleurs j'ai trouvé pour revenir notamment à Yanis Mamedi Blas l'a dénoncé justement une détention plus longue en disant que c'était pour essayer d'empêcher d'autres journalistes de venir bah oui ça fait peur évidemment parce que les journalistes normalement ils ont le droit de faire le travail ils ne font que rapporter ce qui se passe sur le terrain la vérité et c'est pas et c'est pas des militants même s'ils peuvent l'être également n'empêche que là moi j'ai vu quelque chose d'assez symbolique et d'assez puissant dans ces détentions ces trois derniers qui ont été gardés il y a le journaliste ils ont quand même tué plus de 200 journalistes en fait pour eux ni chaud ni froid et c'est même des cibles particulières exactement c'est même des cibles pire que ça c'est pas qu'ils s'en fichent et que ça fait aucune différence c'est qu'ils ne veulent pas que l'information soit partagée je me souviens des images où ils bombardent l'AFP à Gaza enfin des premières semaines après le 7 octobre c'était ça ça va à l'encontre du droit international la liberté de la presse elle s'applique dans tous les pays Israël n'y échappe pas et donc oui l'idée c'est de dissuader évidemment il y a aussi le capitaine donc la tête entre guillemets le responsable de notre équipage qui a été gardé donc voilà ça je pense que c'était stratégique de leur part et puis il y a notre doyen oui voilà et ça c'est aussi le message fort que peu importe l'âge peu importe la vulnérabilité ou pas ils n'en ont que faire et ils avanceront coûte que coûte sur leur ligne et laquelle est de détruire tout et tout le monde peu importe l'âge le genre et l'orientation religieuse ou quoi que ce soit donc donc oui c'est grave c'est grave il faut il faut il faut le voir oui et sur une autre note est-ce que tu peux nous raconter ton retour en France avec notamment l'accueil Place de la République à Paris et est-ce que ce soutien que vous avez eu vous l'avez ressenti à ce moment là ou déjà avant alors moi j'étais vraiment très focalisé sur le bateau le bateau l'équipage que ça marche bien donc je je n'ai pas beaucoup regardé ce qui pouvait être dit communiqué dans les médias de façon générale pendant qu'on était sur la navigation et après j'avais plus accès à à à l'information donc je ne savais pas si ça avait marché ou pas si ça avait permis quelque chose ou pas à minima on avait été en contact avec ben justement des personnes en Palestine et j'avais voilà on avait senti que ça avait été une forme d'espoir de solidarité et donc déjà c'était merveilleux et c'était une forme de victoire après voilà savoir s'il y avait un article qui était paru ou 5000 aucune idée s'il y avait des gens qui se bougeaient ou pas aucune idée et donc là ben moi je descends de l'avion avec Rima il y avait des hostilités dans l'avion on a été exfiltré par le par la police pour notre sécurité donc là un peu l'opposé de ce qui se passait quelques heures plus tôt donc heureux de retrouver une forme de protection et là tout s'enchaîne très vite taxi on file et on arrive sur la place et là pas le temps de souffler boum on arrive sur cette estrade et il y a je sais pas combien de milliers de personnes ça fait un petit un grand écart certain et je ne m'y attendais pas j'étais très heureux très heureux de voir que les gens s'étaient mobilisés je n'attendais pas ça et j'étais très ouais ouais j'étais soulagé j'étais fier de ces gens fier de nous de ce qu'on avait fait mais surtout fier de ces gens qui avaient pris leur responsabilité au sérieux et qui s'étaient dit ok moi je peux faire quelque chose moi je dois dire quelque chose et j'y vais et ça merveilleux merveilleux et tous les soirs ils étaient là et tous les soirs ils étaient là mais ça je l'ai appris après et je me dis quoi il y a des gens tous les soirs c'est pas en fait c'est pour nous mais c'est pour le peuple palestinien encore et toujours et en fait c'est là où on se rend compte que c'est comme une chaîne et eux ont été solidaires de nous on a été solidaires ensemble du peuple palestinien et on est tous liés et en fait c'est toute cette humanité qu'on essaie de de de ranimer qui qui est partie à la dérive très certainement en grande partie pas tout le monde il y en a qui ont toujours su rester conscients intègres engagés mais de manière globale on a accepté ces vies individualistes ces vies consuméristes ces vies qui ne se soucient pas assez des autres et et là il y a quelque chose j'ai le sentiment je l'ai toujours il y a quelque chose qui se passe de cette flamme qui est ravivée cette flamme de l'humanité de cette flamme de la dignité de cette flamme voilà de l'altruisme et de la solidarité et ça fait chaud au coeur et derrière le samedi on a eu la marche le nombre de témoignages les gens qui venaient individuellement remercier en pleurant pas parce qu'on est alors il y en a qui disent qu'on est des héros je suis absolument pas d'accord avec avec ça parce que les héros on claque des doigts ils arrivent et ils font le boulot on a tous quelque chose à faire et personne n'est plus aucun autre aucune autre mais ces gens m'ont témoigné en fait de cette humanité qu'ils avaient retrouvé de cette foi en l'humanité et ils pensaient que tout était fini et d'un seul coup il y a une lueur d'espoir cet espoir c'est à nous tous et toutes de le faire grandir et le faire grandir c'est s'engager concrètement sérieusement au quotidien pour que la justice soit faite que ce massacre s'arrête que ce génocide s'arrête et que l'état de Palestine soit reconnu et qu'il y ait des solutions intelligentes de paix qui soient employées parce que ça dure depuis trop longtemps et c'est plus supportable et donc on continuera à se mobiliser bien sûr comme vous ouais toujours et j'en profite je suis content parce qu'à aucun moment dans l'interview avant et maintenant on m'a demandé de parler de la France insoumise de me positionner politiquement je remercie quand même la France insoumise d'avoir été là à chaque fois je dis bien à chaque fois que moi en tout cas j'ai été en situation de détresse de façon injuste sur des combats sur la 69 vous étiez là là sur le bateau vous étiez là et je vous vois beaucoup sur le terrain et j'aimerais rappeler que vous n'êtes pas même si vous êtes peut-être radicaux vous êtes surtout intègres et que vous êtes profondément humains voilà et je vous remercie pour ça bah merci à toi mais nous on lâchera pas superbe à bientôt à bientôt merci à toi merci à toutes et à tous de nous avoir suivis n'oubliez pas de vous abonner à notre podcast pour ne manquer aucun épisode on se retrouve très vite j'ai hâte de vous retrouver

🎙️ ENTRETIEN AVEC REVA VIARD : LE RETOUR DE LA FLOTTILLE — Gérard Israel · Pourquijevote