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Podcast / conversationFrance Inter (sur YouTube)· 17 janvier 2024 16 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & internationalCulture, médias & sport

Débat post conférence de presse de Macron : Vincent Martigny, Guillaume Roquette et Philippe Besson

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:07OuverteÉludée

    A-t-il été réussi ? Emmanuel Macron s'est-il donné les moyens de relancer son quinquennat ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Qu'avez-vous pensé du format ? Qu'avez-vous pensé de la forme du président de la République, Philippe Besson ?

  • 2:17OuverteRéponse directe

    Vous l'avez senti, ce petit parfum, Guillaume Roquette, de nostalgie ?

  • 2:59OuverteRéponse directe

    La couve de l'opinion, c'est une feuille de route présidentielle clairement à droite pour ce gouvernement.

  • 4:30OuverteÉludée

    Est-ce que la nouveauté, au fond, il voulait, il l'a dit, il a prévenu, son entourage l'avait dit dans les jours qui ont précédé, ce sera le grand rendez-vous, vous verrez, il y aura un changement dans le ton, il y aura...

  • 5:15RelanceRéponse partielle

    Est-ce que c'est peut-être ça, c'est peut-être là la nouveauté ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:28PrésentateurChiffre
    « Les audiences télé tombent à 9h pile. Je vous annonce donc qu'il y a eu un peu plus de 7,3 millions de téléspectateurs sur TF1 et France 2. »
  • 0:54PrésentateurFait
    « Nicolas Sarkozy, pardon, Emmanuel Macron parlait d'un grand rendez-vous avec la Nation. »
  • 1:53InvitéFait
    « En 2016, parce qu'effectivement, il y avait le côté « on va briser les tabous, on va sersauter les verrous, on va valoriser le mérite, le travail, l'effort. » »
  • 2:03InvitéFait
    « Il faut débureaucratiser. »
  • 3:11InvitéFait
    « Oui, évidemment, le coup de barre à droite, il semble assez net dans l'imaginaire. »
  • 3:25InvitéFait
    « Ce qu'a proposé Emmanuel Macron hier, c'est un discours de politique générale. »
  • 3:32InvitéFait
    « La seule dont il parle, c'est Rachida Dati, parce qu'il a une question nommément sur elle. »
  • 6:09InvitéFait
    « Ses premières phrases étaient pour dire, le monde d'hier est en train de s'effacer, c'est le retour de la guerre, il y a une crise du modèle démocratique. »
  • 6:44InvitéChiffre
    « Il y a eu une dizaine d'annoncières ou de confirmations qui vont plutôt dans le bon sens. »
  • 8:45InvitéFait
    « Il a dit « Moi, je lutte contre l'immigration illégale. » »
  • 8:55InvitéFait
    « Est-ce que l'électricité va augmenter de 10% le 1er février ? »
  • 9:08InvitéChiffre
    « Ce qu'on appelle le reste à charge, c'est-à-dire ce que les gens doivent payer quand ils sont complètement couverts, quand ils achètent une boîte de médicaments, ça part de 50 centimes à 1 euro. »
  • 12:26InvitéFait
    « il faut relever les seuils au-dessus desquels les patrons ont des obligations sociales supplémentaires. »
  • 12:36InvitéFait
    « il faut augmenter les fonctionnaires au mérite »
  • 13:56InvitéChiffre
    « La gauche, Épargne, c'est à peu près à 25. Le RN est à 30. »

Temps de parole

  • Invité29 %
  • Invité 227 %
  • Invité 322 %
  • Présentateur17 %
  • Présentateur 25 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Allez, on y va. Débat au lendemain de la grande conférence de presse du président de la République. C'était le rendez-vous avec la Nation, promis pour ce début d'année. A-t-il été réussi ? Emmanuel Macron s'est-il donné les moyens de relancer son quinquennat ? On en débat avec Vincent Martinique, qui est politologue, professeur de sciences politiques à l'université de Nice et à l'école polytechnique, avec Guillaume Roquet, directeur de la rédaction du Figaro Magazine et avec l'écrivain Philippe Besson. Bonjour à tous les trois et merci d'être avec nous ce matin. Les audiences télé tombent à 9h pile.

Je vous annonce donc qu'il y a eu un peu plus de 7,3 millions de téléspectateurs sur TF1 et France 2. Uniquement TF1 et France 2. On saura vers 11h les chiffres des chaînes d'infos. Bon, voilà, ça c'est pour l'audience. Je ne vais pas vous demander un commentaire sur l'audience. Nicolas Sarkozy, pardon, Emmanuel Macron parlait d'un grand rendez-vous avec la Nation. Il s'est donc exprimé pendant 2h20 hier à partir de 20h15 avant de parler du fond. Qu'avez-vous pensé du format ? Qu'avez-vous pensé de la forme du président de la République, Philippe Besson ?

1:06
Invité

Je l'ai trouvé plutôt énergique, volontariste sur la forme. Je l'ai trouvé très nostalgique, moi, sur le fond. Je trouvais qu'il y avait un parfum d'avant, d'antan, dans son expression. C'était donc une sorte de hiatus assez curieux. C'est-à-dire qu'on voyait qu'il avait envie de repartir au combat, de réarmer les choses, de voir de l'avant. Mais on n'était pas dans la start-up nation. On était dans à la fois la nostalgie d'une espèce de France qui a existé ou pas. L'uniforme, la natalité, la marseillaise, on fait attention aux écrans, etc. La nostalgie aussi de ce qu'il fut lorsqu'il était en campagne en 1900...

Entre vous qui parle de Nicolas Sarkozy et moi qui parle de 1900, là, décidément, on est très, très loin. Il va falloir qu'on remonte les montres, là. On est à côté, là. En 2016, parce qu'effectivement, il y avait le côté « on va briser les tabous, on va sersauter les verrous, on va valoriser le mérite, le travail, l'effort. » Il faut débureaucratiser. Donc, il y avait tout ça. J'étais cet homme d'avant et je reviens à ça, à ses fondamentaux. Et au fond, ça va assez bien avec ce que le gouvernement a créé.

2:14
Présentateur

Vieille France, titre Libération, ce matin. Vous l'avez senti, ce petit parfum, Guillaume Roquette, de nostalgie ? Peut-être qu'il vous a plu, Guillaume Roquette. Ah oui, plutôt, oui. C'est normal.

2:26
Invité

J'ai trouvé ça sympathique. Effectivement, il y avait dans le discours du président de la République hier, on va dire, un imaginaire de droite. Après, à mon avis, il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour, donc on pourra y revenir quand on arrivera au fond. Mais il est certain que c'était plutôt l'Emmanuel Macron côté droit, on va dire, qu'on a vu hier. Parce que la question, c'est de savoir, est-ce que c'est simplement une espèce d'atmosphère, une ambiance ? Ou bien, est-ce que ça va se traduire concrètement par l'action ?

2:59
Présentateur

Vincent Martigny, la couve de l'opinion, c'est une feuille de route présidentielle clairement à droite pour ce gouvernement. C'est aussi ce que vous avez entendu hier ?

3:08
Invité

Oui, évidemment, le coup de barre à droite, il semble assez net dans l'imaginaire. Il faut voir, en effet, la pratique, même si la loi immigration, elle allait déjà dans ce sens-là, donc ça ne vient pas de nulle part. Il faudrait quand même dire que la difficulté pour Gabriel Attal, ce sera d'avoir encore quelque chose à dire dans son discours de politique générale. Parce que ce qu'a proposé Emmanuel Macron hier, c'est un discours de politique générale. Et ce qui me frappe, c'est qu'elle marque sa conception de la pratique du pouvoir. Alors, il ne cite aucun ministre, même pas le nom du Premier ministre, il dit le ministre, la ministre.

La seule dont il parle, c'est Rachida Dati, parce qu'il a une question nommément sur elle. Mais sinon, il ne parle de personne d'autre finalement que de lui. Les différents commentateurs ont parlé de ce rendez-vous avec lui-même. Mais ça montre encore une fois que si Emmanuel Macron, il y a un an, a pu être tenté de changer de méthode, il avait dit « j'ai entendu ce que vous dites sur la présidence verticale », bon là, il semble complètement avoir abandonné cette dimension-là et de jouer à fond sur le côté vertical, le côté qui procède de lui. Sur la langue, c'est intéressant parce qu'il y a toujours un peu un côté kitsch de la politique avec Emmanuel Macron.

Il emprunte à Sarkozy, il emprunte à Pompidou, une espèce de même le parler, le relâchement. Il y a les différentes formules qu'on avait notées. Lui, c'est un drôle, dire des mots comme « naguère » plutôt qu'autrefois, etc. Il y a toute une série d'usage de la langue qui est intéressante parce que c'est comme une façon, un peu comme Tarantino dans ses films, il revisite l'histoire du cinéma, lui, il revisite presque l'histoire de la langue politique et à chaque fois, il s'adapte pour s'exprimer.

4:30
Présentateur

Est-ce que la nouveauté, au fond, il voulait, il l'a dit, il a prévenu, son entourage l'avait dit dans les jours qui ont précédé, ce sera le grand rendez-vous, vous verrez, il y aura un changement dans le ton, il y aura... J'ai même entendu, le quinquennat commence hier soir avec cette conférence de presse, c'est en tout cas ce qu'il nous disait. Est-ce qu'au fond, peut-être, il faut aller chercher dans son propos liminaire ce nouveau ton avec...

Je ne parle plus de grandes lois, je n'utilise pas plus des grands mots, mais je parle de ce dont parlent les gens au quotidien, c'est-à-dire les écrans, c'est-à-dire l'école uniforme, la marseillaise, c'est des choses concrètes que les gens comprennent. Est-ce que c'est peut-être ça, c'est peut-être là la nouveauté ?

5:15
Invité

Philippe Besson ? Oui, c'est vrai qu'il est allé au concret, il est allé au réel, et du coup, effectivement, ça fait de lui un super ministre de tout, c'est-à-dire qu'on a l'impression qu'il est rentré dans chaque domaine, et on voit d'ailleurs qu'il maîtrise ses sujets, il est très expert de tout, il a une réponse à tout, donc tout va bien, mais fondamentalement, ça manque de hauteur, ça manque de vision, ça manque de cap, on rentre vraiment dans le congrès, dans le matériel, bon.

D'ailleurs, ce qui est assez frappant, c'est qu'on nous avait annoncé ce rendez-vous avec la Nation, il y a eu un teasing depuis plusieurs semaines, etc., et il n'y a pas d'effet waouh, du tout, du tout, parce qu'il n'y a pas d'annonce fracassante. Il y a au fond la ressucée de choses qu'on avait déjà entendues avant, voilà, l'uniforme et tout le reste, qui sont explicités, du coup, on a un peu mieux compris, c'est un peu ordonné, il y met de la cohérence, mais fondamentalement, il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Donc oui, après, il dit, je rentre dans le concret, je rentre dans le dur.

6:01
Présentateur

Vous êtes resté frustré sur ce point, Guillaume Roquet ?

6:04
Invité

Alors oui, un peu, parce que le président de la République a commencé hier sur un registre très ambitieux. Ses premières phrases étaient pour dire, le monde d'hier est en train de s'effacer, c'est le retour de la guerre, il y a une crise du modèle démocratique. Et donc on s'est dit, après un constat d'une telle hauteur de vue, il va nous proposer quelque chose de fort. Or, effectivement, c'était plutôt une déclaration de politique générale, et s'il y a eu un effet waouh, il était la semaine dernière, avec la nomination de Gabriel Attal et de Rachida Latty. Il n'était pas hier soir.

Alors peut-être que le président de la République a trouvé, même dans son inconscient, que la lumière allait un peu trop sur son jeune Premier ministre et qu'il fallait qu'elle revienne sur lui. Mais sur le fond, effectivement, ensuite, il y a eu des mesures, peut-être il y a eu une dizaine d'annoncières ou de confirmations qui vont plutôt dans le bon sens, effectivement, qui ont une coloration d'une sorte de droite raisonnable, mais il n'y a pas eu de message fort. C'était plutôt un long rendez-vous avec la nation plutôt qu'un grand rendez-vous. Mais je pense que ça procède d'un diagnostic du président de la République qui est que la situation n'est pas si grave.

C'est-à-dire qu'il peut rester dans son droit, dans ses bottes, on va dire dans son sillon, alors plutôt du côté droit que du côté gauche, mais quand il parle du Rassemblement national, il est très pugnace, donc il est dans une confrontation, mais il ne ressent pas la nécessité d'un changement. Et hier, il n'y avait pas de changement de cap.

7:28
Présentateur

Vincent Martigny, vous êtes d'accord ?

7:29
Invité

Oui, je suis assez d'accord. Je trouve que sur l'extrême droite, je ne sais pas s'il a été si pugnace que ça. Moi, ce qui m'a beaucoup frappé dans la réponse qu'il fait sur le RN, c'est d'abord qu'il renvoie, comme d'habitude, dos à dos maintenant, la gauche radicale et l'extrême droite. Il dit même que l'extrême droite emprunte à l'extrême gauche son programme comme si c'était vraiment le pire du pire. C'est-à-dire qu'on a totalement effacé l'argument moral sur la question du RN.

Encore une fois, je rappelle qu'on n'est pas 5 ans après la dernière élection présidentielle, lors de laquelle il avait dit aux électeurs sociaux-démocrates que leur vote l'engageait sur la lutte contre l'extrême droite. On se souvient qu'en 2017, toute sa ligne était d'opposer les nationalistes à ceux qui étaient les progressistes, selon ses propres termes. On est très très loin de cette dimension-là. Là, aujourd'hui, il semble même accréditer la plupart des thématiques du RN en allant en permanence, comme Nicolas Sarkozy en son temps. C'est pour ça que le discours est assez sarkoziste.

Aussi dans la technique, c'est-à-dire la technique politique d'aller sur le terrain du RN justement pour essayer de récupérer les électeurs du RN. Guillaume, répondez, parce que je vous vois étudier. Je suis d'accord avec vous sur la forme. Mais sur le fond, sur les deux leviers fondamentaux qui alimentent le vote RN, il me semble qu'il a été relativement ferme. C'est-à-dire que les électeurs du RN, ils s'inquiètent d'une immigration légale qui, à leurs yeux, est en train de changer le pays. Et là-dessus, le président de la République a été très clair. Il a dit « Moi, je lutte contre l'immigration illégale. » Mais les 350 000 qui rentrent tous les ans, il n'en a pas parlé.

Le deuxième levier du vote RN, c'est l'inquiétude sur le pouvoir d'achat. Et là, quand on lui a dit « Mais alors, est-ce que l'électricité va augmenter de 10% le 1er février ? » Il n'a pas répondu « Oui, mais il a dit « Écoutez, c'est quand même moins cher que dans les autres pays européens. » Et il a dit aussi…

9:04
Présentateur

Même chose pour les médicaments.

9:05
Invité

Même chose pour les médicaments, absolument. Je voulais en venir là. C'est-à-dire que ce qu'on appelle le reste à charge, c'est-à-dire ce que les gens doivent payer quand ils sont complètement couverts, quand ils achètent une boîte de médicaments, ça part de 50 centimes à 1 euro. Ce n'est pas la fin du monde, mais c'est une façon de dire, pas de démagogie sur l'histoire du pouvoir d'achat. Oui, mais sur la question du RN, pour finir l'idée que je développais tout à l'heure, si on l'écoute, les seules raisons de ne pas voter RN, c'est que le RN proposerait la retraite à 60 ans et s'arrangera avec les traités européens. C'est les deux seuls arguments qui l'avancent.

Il y a quand même pire comme repoussoir.

9:34
Présentateur

Réarmement civique, comment recevez-vous le mot, Philippe Besson ? Réarmement, réarmement, réarmement.

9:40
Invité

Alors, moi, je n'aime pas le mot réarmement, mais j'aime bien le mot civique, en revanche. C'est-à-dire que, moi, je ne suis pas choqué qu'on dise qu'il faut remettre l'instruction civique à l'école, etc. Moi, je suis fils d'instituteur, je suis fils d'un héritier des Hussars Noirs de la République, j'ai grandi dans une école. Donc, si on met l'accent sur l'école et si on dit, effectivement, il faut revenir à ça, à ses fondamentaux, je ne suis pas fondamentalement choqué. Même qu'on chante la Marseillaise, ça ne me choque pas non plus particulièrement. Et qu'on rétablisse l'autorité du maître, là non plus, ça ne me choque pas.

Parce qu'aujourd'hui, on est quand même dans un système où ça part un peu n'importe comment, les parents décident de tout, les enfants font ce qu'ils veulent, etc. Donc, qu'on revienne à ses fondamentaux ne me gêne pas du tout. Après, ce qui est curieux, c'est que du coup, on est assez loin de la start-up nation et on est loin de la valorisation des écrans, etc. en disant, il faut que tout le monde apprenne. Parce que, pour le coup, les écrans, dont on sait les travers épouvantables, les effets, évidemment, sur le fait que maintenant, on s'informe sur ça et donc, toutes les théories du complotisme, toutes les saloperies, les fake news, on s'informe vraiment très mal à travers les écrans.

Mais en même temps, on se forme aussi pas mal du tout à travers les écrans. Il n'y a qu'à avoir les résultats de la Corée, par exemple. Ils sont en tête de Pisa parce que les enfants sont formés là-dessus. Donc, il faut trouver un équilibre qu'il n'a pas tellement trouvé hier soir.

10:53
Présentateur

Alors, maintenant, faisons de la prospective. Il reste trois ans de quinquennat. L'objectif, et il l'a redit, c'est que Marine Le Pen n'arrive pas au pouvoir en 2027. Avant, il y a les Européennes dans cinq mois. Alors, est-ce qu'il peut, à votre sens, avec ce qui s'est passé, mettons, la conférence de presse dans le cadre de ce nouveau gouvernement, dans le cadre de l'arrivée de Gabriel Attal, dans le cadre de Rachida Dati, de tout ça, est-ce qu'il peut reprendre la main ? Qu'est-ce qu'on retiendra de toute cette séquence politique dans un mois, dans deux mois, Guillaume Roquette ?

11:22
Invité

Alors, on retiendra qu'on ne se pose plus la question peut-il encore tenir jusqu'à 2027 ? On retient plutôt, et c'est le sens de votre question, Léa Salamé, que peut-il faire maintenant ? Donc, il y a eu quand même un changement d'état d'esprit, mais encore une fois, qui, à mon avis, relève plus de la nomination du nouvel gouvernement que de la conférence de presse d'hier. Maintenant, il reste une réalité politique toute simple. Le président de la République n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale. Et ça, ça ne change pas.

Ce qui est vrai, c'est que, si Emmanuel Macron et son gouvernement seront condamnés à trouver, pour chacune des lois, des « deals » ponctuels à l'Assemblée, on peut penser qu'il les trouvera plus facilement ou plus fréquemment à droite qu'à gauche. Je pense qu'on a beaucoup parlé de la nomination de Rachida Latty à juste titre, parce que c'est le signe de l'absence d'oxygène qu'a la droite du gouvernement, entre un RN et un parti macroniste qui assume de plus en plus son positionnement de centre droit, et notamment sur l'économie. Ça, c'est un point qu'on n'a pas encore parlé.

Moi, j'ai été intéressé hier quand le président de la République a dit, par exemple, il faut relever les seuils au-dessus desquels les patrons ont des obligations sociales supplémentaires. Ça, c'est une vraie mesure de droite libérale. Et quand il dit qu'il faut augmenter les fonctionnaires au mérite, alors là, c'est encore mieux. Philippe Besson ? Sur la question politique et sur ce qui va se passer aux européennes, le verre, il sera à moitié vide ou à moitié plein. Imaginons qu'il soit à moitié plein.

Effectivement, on peut se dire que dans ce qu'a dit le président de la République hier, il y a des choses qui sont à même de séduire l'électeur de gauche, éventuellement, c'est-à-dire le théâtre à l'école, l'éducation culturelle. Moi, ça me plaît beaucoup. Ça, je trouve ça plutôt pas mal. La notion de justice, de progrès. Et puis, justement, le combat contre le FN qui n'était pas seulement moral. Et ça aussi, moi, c'est la partie du discours qui m'a le plus galvanisé. Il est sorti de ses notes. Il est redevenu combattant. Il est redevenu politique. Ça, c'était sympa.

On peut dire aussi qu'il va séduire l'électeur de droite parce qu'il a tenu un discours très clairement libéral et conservateur. Et que, par ailleurs, le candidat de la droite, Bellamy, est plutôt un repoussoir pour les électeurs de droite traditionnels ou orthodoxes. Donc, ça peut passer. Et en même temps, une fois que j'ai dit ça, le en même temps fait qu'on peut dire aussi qu'on préférera toujours l'original à la copie. Le mot de la fin pour Vincent Martigny.

13:35
Présentateur

Non, le mot de la fin, ce sera juste une question très rapide sur Rachida Dati puisqu'elle a déclaré sa candidature à Paris là et Rachida Dati à la culture. J'aimerais bien entendre Philippe Besson.

13:44
Invité

En deux mots, ce que ça peut changer sur le plan national, pas grand-chose pour les raisons qu'a rappelé Guillaume Roquette. Pas de majorité à l'Assemblée. Sur la question des Européennes, on a du mal à voir quel porcentage de vote il pourrait gagner puisque Renaissance est à l'entour de 20. La gauche, Épargne, c'est à peu près à 25. Le RN est à 30. Et donc, il y a des équilibres qui sont, comme à l'Assemblée, tellement stables qu'on a du mal à imaginer une progression très importante du parti Renaissance à partir du moment où il y a une course en tête du RN. Donc après, ça ne changera rien comme le Conseil National de la Refondation avant, comme les rendez-vous de Saint-Denis.

Tout ça sont un peu des gadgets de communication qui font parler mais qui, à mon avis, n'ont pas un impact énorme. Le remaniement, à mon avis, sera aussi insuffisant.

14:21
Présentateur

Alors, Philippe Besson, je voulais vous entendre puisque vous sortez un livre. Vous êtes écrivain un soir d'été chez Julliard qui vient de sortir il y a une semaine où vous racontez notamment un souvenir de jeunesse et un ami qui disparaît. C'est un thriller. C'est aussi une part autobiographique de votre vie. Ça, c'était juste pour dire un mot de votre livre. Mais ce que je voudrais savoir, c'est comment vous avez réagi quand vous avez dit Rachida Dati à la culture.

14:41
Invité

Je l'ai surpris. Je ne m'y attendais pas pour tout vous dire. Je crois que personne ne s'y attendait. Pour le coup, moi, je ne ferai pas de procès d'attention et je ne veux surtout pas là non plus faire preuve de mépris de classe. L'expression qu'elle a employée, elle a eu raison parce que c'est vrai que certains l'ont accueillie en se bouchant le nez. Rachida Dati, on va voir, on va la juger sur pièce. L'avantage, c'est qu'elle est volontaire, elle est énergique, elle va secouer le cocotier et que le monde de la culture a peut-être parfois, avec ses baronis, besoin d'être secoué. Donc, on va attendre de voir ce qu'il en est.

Mais au-delà de ça, la question, elle est moins celle de Rachida Dati que de la politique culturelle de ce pays. On en est au cinquième ministre de la Culture en six ans et on a une politique culturelle qui est quand même plus tournée vers le patrimoine que vers l'art vivant. Donc, j'espère qu'elle changera un peu les choses et effectivement, la culture populaire, c'est très important.

15:25
Présentateur

Vincent Marti, d'un mot et Guillaume Roquette.

15:27
Invité

Le problème de Rachida Dati n'est pas là où on pense, c'est pas qu'elle ne connaisse pas la culture, le problème, c'est qu'elle vient d'annoncer que dans deux ans et demi, c'est fini, même voire deux ans. C'est-à-dire que la fallueuse malédiction des 20 mois à la tête du ministère ne va pas être brisée, dont parlait Rima Abdulmalak, c'est-à-dire un ministre ne fait jamais plus de 20 mois. Un ministre 20 mois, ça ne sert quasiment à rien quel que soit le ministre. Guillaume Roquette.

Je pense que si Rachida Dati peut essayer de faire sortir un peu ce ministère de la culture, de l'entre-soi, de faire en sorte qu'il soit un peu moins la machine de guerre de la gauche culturelle, ce serait un progrès. Ben voilà, merci Guillaume Roquette.

15:57
Présentateur

Merci à tous les trois. Vincent Martini, Guillaume Roquette, Philippe Besson.