Macron 2 : les reconduits... et les surprises ? #cdanslair 20.05.2022
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Bonsoir à toutes et à tous. Ça y est, on connaît le nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne. Alors parmi les nouveaux entrants, l'historien Papendiaï à l'éducation nationale, le républicain Damien Abad à la solidarité. Nouvelle tête également aux affaires étrangères, à la santé. En revanche, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, mais aussi Eric Dupond-Moretti restent en poste. Alors que penser de ce nouveau gouvernement ? Que dit-il de la politique qui sera menée ? Quels sont les messages envoyés ? Et puis, que dire des premiers pas d'Elisabeth Borne à Matignon ? C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air, intitulé ce soir « Macron 2, les reconduits et les surprises ».
Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Yves Tréhard, éditorialiste, directeur adjoint de la rédaction du Figaro, votre édito du jour sur ce nouveau gouvernement, « Les Français en rêvent ». Et puis je rappelle une certaine idée de la France, c'est l'ouvrage que vous avez dirigé aux éditions du Rocher. Caroline Michel-Aguirre, vous êtes grand reporter au service politique de l'Obs. Je rappelle votre livre « Les infiltrés » avec Mathieu Aron, c'est aux éditions Alary. Ève Roger, vous êtes directrice adjointe de la rédaction du Parisien Aujourd'hui en France.
Et enfin, Pascal Perrineau, politologue, professeur à Sciences Po, citons votre ouvrage « Le populisme » aux presses universitaires de France. Merci de participer à cette émission en direct. Alors, Yves Tréhard, le suspense est tombé à 16h51 précisément. D'une façon générale, à la fin, quand vous avez eu tous les noms, qu'avez-vous pensé de ce nouveau gouvernement ? Quel est l'adjectif qui vous est venu en tête ? Si vous voulez, on a presque envie de dire que c'est une seconde partie de mandat. C'est-à-dire que ce n'est pas des coiffants, ça reste dans la continuité du premier mandat quand même. Il y a une certaine stabilité avec des petites touches de diversité que je vais développer après.
Et puis, en équilibre droite et droite et gauche, puisque c'est quand même le mantra de M. Macron, j'ai l'impression qu'on est dans cet équilibre-là. Néanmoins, nonobstant une remarque qui fait que les premiers du casting sont quand même des gens de droite. Parce que Mme Borne est la numéro 1 du gouvernement, c'est la chef du gouvernement, mais les deux suivants sont quand même des figures qui étaient des figures républicains. Alors, ce qu'il faut préciser, c'est que c'est comme à l'école, il y a un ordre. Un ordre protocolaire. Voilà, un ordre protocolaire. Donc, numéro 1, c'est Bruno Le Maire et numéro 2, c'est Gérald Darmanin.
Et donc, c'est important de le dire quand même que le ministère de l'Économie est le numéro 1, c'est Le Maire. Le ministère de l'Intérieur, d'ailleurs les deux grands ministères quand même. Un gouvernement, ça se juge beaucoup à ces deux pôles-là et le ministère de l'Intérieur est à M. Darmanin. Après, je dirais de la diversité parce qu'il y a des entrants dont on ne s'attendait pas. Et à mon avis, ce qui marque le plus, si vous voulez, une audace, c'est le ministre de l'Éducation qui est numéro 5 ou 6 dans l'ordre protocolaire, qui est M. Pape Ndiaye, qui est un homme qui a des opinions très précises sur ce qu'est l'histoire de France. Alors, vous voyez, on a mis sa photo.
Nous, on le connaît bien assez dans l'air parce qu'il nous a fait plusieurs fois l'honneur de ce plateau. Mais en tant qu'historien spécialiste des États-Unis et des minorités. Exactement. Et donc, c'est quelqu'un qui est en rupture totale avec M. Blanquer, on peut le dire comme ça. Caroline Michel-Aguerre, c'est vrai que c'est la surprise, Pape Ndiaye, parce qu'il y avait des listes qui circulaient parmi les journalistes. On n'avait jamais vu son nom. Que penser de ce choix ? Pourquoi ce choix ? Pourquoi Pape Ndiaye ?
Alors, vous me demandez d'être dans la tête d'Emmanuel Macron, ce qui est une chose compliquée. On ne peut que constater, en effet, que c'est à peu près l'opposé de Jean-Michel Blanquer, à cette différence près que c'est aussi, non pas un politique, mais un profil ainsi que, je ne sais plus s'il y a les ministres délégués de l'enseignement supérieur, Mme Rotaillot, ils sont tous les deux issus du monde académique, ce qui était aussi le cas de Jean-Michel Blanquer. Donc, visiblement, Emmanuel Macron considère que c'est un ministère de spécialistes, et non pas un ministère de politique au sens interchangeable du terme.
Mais c'est à peu près l'opposé de Jean-Michel Blanquer sur ses convictions, sur ce qu'il défend, sa matière, l'histoire des minorités. Il dirige aujourd'hui le musée de l'immigration, donc c'est un message...
Sur la France de la diversité, qui a voulu être envoyé avec Pape Ndiaye, le musée de l'immigration spécialiste des minorités ?
Oui, oui, ça apparaît comme un message de rééquilibrage, et ça fait écho à sans doute... Vous savez, cette réunion qu'avait fait Jean-Michel Blanquer, je ne me souviens plus, c'était un forum, je ne me souviens plus quel était le terme...
Sur la déconstruction.
Sur la déconstruction, voilà, qui a peut-être précipité sa chute, parce qu'on avait considéré que, vu les urgences du ministère de l'Éducation, à ce moment-là, ce n'était peut-être pas la priorité.
Il avait fait un combat contre son idée, c'était que le wokisme...
Voilà, alors j'essayais de ne pas utiliser le mot, parce qu'il ne va pas le voir, on l'a définit.
Voilà, il était contre le principe de l'affirmation des minorités au sein de l'éducation de l'université.
Si on doit caricaturer, mais c'est vraiment un grand trait, je dirais Jean-Michel Blanquer, défenseur d'un républicanisme un peu égalitaire, tout le monde pareil, et M. Pape Ndiaye, plutôt pour la promotion des minorités...
La discrimination positive.
Voilà, la discrimination positive, telle qu'elle est pratiquée aux États-Unis depuis longtemps.
Ça peut être un message envoyé aux minorités qui pourraient se sentir parfois maltraitées par des propos de Jean-Michel Blanquer, ou mal interprétées.
En tout cas, c'est le, en même temps, Emmanuel Macron, chimiquement pur, parce que, bon courage pour savoir ce qu'il pense vraiment sur cette question-là.
Pascal Périneau. Oui, je vais prolonger, bon courage, parce que, plusieurs remarques sur, en effet, la nomination de Pape Ndiaye à la tête du ministère de l'Éducation. D'abord, il y a la question de faire diriger le monde enseignant par un enseignant. On a vu dans le passé que c'était parfois une bonne idée, parfois une assez mauvaise idée. Parce que c'est un enseignant, Pape Ndiaye. Oui, c'est un professeur des universités, spécialiste d'histoire sociale, et qui enseigne d'ailleurs dans ma maison, qui a enseigné pendant très longtemps dans ma maison, qui est Sciences Po. Donc, ça, c'est la première remarque que l'on peut faire.
Alors que Blanquer, oui, était issu du monde académique, mais c'était un homme qui avait occupé des fonctions extrêmement importantes dans l'appareil du ministère de l'Éducation nationale et qui avait une technicité, j'allais dire, sur la gestion des carrières. Et Dieu sait si c'est quelque chose, le monde enseignant. Rappelons que c'est la première bureaucratie en France. Ça, c'est la première remarque. La deuxième remarque, c'est qu'en effet, Pape Ndiaye est un homme qui a été très engagé sur le front, au fond, d'une conception plutôt multiculturaliste de la société française. Et en cela, je partage tout à fait l'analyse. C'est l'antithèse radicale de M. Blanquer.
D'ailleurs, ça sera intéressant de voir comment ils vont se transmettre le témoin.
Pour essayer de comprendre, parce que c'est compliqué, ces idées, il a une approche plus américaine de la société.
Oui, oui, oui, beaucoup plus sensible, en effet, au thème de la discrimination positive, au thème de la promotion volontariste des minorités. Au Black Lives Matter. Voilà, voilà, au Black Lives Matter, etc. Et c'est un homme qui, par exemple, sur l'opéra, a fait un rapport, qui est un rapport assez étonnant, sur la nécessité de promouvoir dans le corps de ballet les minorités, vous voyez, alors qu'on croyait que les danseurs étaient avant tout sélectionnés en fond de ton de leur expertise de danse, vous voyez. Ou alors, il a également, sur les violences policières, il a dit des choses, donc on verra comment, avec M. Darmanin, ça se passe.
Donc, il ne pourrait pas faire le flanc à des accusations en wokisme, pour reprendre l'expression... Alors, il récuse ce terme, hein, il récuse le terme. C'est vous qui l'avez utilisé. C'est moi qui l'utilise. Mais, par exemple, voilà, quand vous êtes dans un gouvernement, vous êtes obligés de pratiquer la solidarité. Et ça sera intéressant de voir, par exemple, ce que le ministre de l'Éducation nationale pense sur de la loi et de l'application de la loi sur le séparatisme, par exemple.
Alors, je peux rajouter un mot sur Papendia, c'est-à-dire qu'il ne faut pas oublier qu'il est là, au ministère de l'Éducation nationale, qui va être confronté à des chantiers énormes qui n'ont rien à voir avec ces sujets-là.
C'est un ministère très technique et très politique.
C'est ça. Et là, le premier sujet, ça va être le salaire des enseignants, puisque je vous rappelle qu'Emmanuel Macron n'a promis jamais moins de 2000 euros pour une carrière de débutant. Et là, aujourd'hui, on est quand même plutôt autour de 1700 ou 1800 euros par mois. Donc, il va y avoir quand même toute cette négociation-là. Et puis, il va falloir qu'il affronte, ce qui est encore un sujet, je pense, encore plus compliqué, qui est la crise des vocations.
On a vu à quel point il manquait de candidats pour certaines matières, les mathématiques, l'allemand et les lettres classiques, que les profs abandonnent, les profs changent de métier et n'ont plus envie de faire ce métier-là, qui est très, très mal considéré aujourd'hui par les parents, par la société en général. Et donc, je pense que Papendia, c'est un symbole pour le gouvernement, pour donner des gages aussi à cette communauté enseignante qui a une oreille, j'allais dire, intéressée par ces sujets-là. Mais ce n'est pas ça qui va faire un bon ministre de l'Enseignement national.
Ce qui est intéressant, c'est que depuis le début de cette émission, on ne trouve pas tellement d'aspérité et de... Bah oui, la surprise, c'était Papendia. Et que c'est ce mystère avec un homme, attention, parce qu'on a l'impression de dire comment ça va se passer. Un homme qui est normalien, agrégé de l'histoire, qui a beaucoup étudié aux Etats-Unis, qui est le frère d'ailleurs, qui est le frère de Marine Diaï, qui est le frère de Marine Diaï, qui est un grand écrivain. Qui est une femme puissante. Qui est une femme aussi avec beaucoup de qualité, attention.
Mais c'est sur le plan de la ligne politique qui est assez étonnante et qui en dit long d'ailleurs sur ces sujets-là de ce que pense Emmanuel Macron. Emmanuel Macron qui se fait souvent qualifier d'homme de droite par le, on va dire, le personnel politique, avec des réformes qui sont des réformes économiques plutôt de droite. Sur ces sujets-là, il ne peut pas être considéré comme un homme de droite classique. Et on peut dire que le choix de M. Ndiaye, qui n'a rien à voir avec M. Blanquer, est un choix qui est extrêmement, je dirais, identifiant.
Et qui montre que les phrases qu'il a pu dire et qui ont pu être considérées comme polémiques sur l'histoire de France, sur la culture française, sur les colonialismes, eh bien, correspond, ce choix correspond à ces propos-là. À cette sensibilité. Voilà, on y est. Caroline Michel-Aguerre, quand même un mot sur la forme. Papendia, il y a une semaine, peut-être qu'il ne savait absolument pas qui se retrouverait ce soir ministre de l'Éducation nationale. On peut s'improviser comme ça, passer de la société civile et une semaine après se retrouver à la tête d'un ministère. À la tête, je parle sous votre contrôle, il y a un million de personnes qui dépendent de l'Éducation nationale.
Il y a un million de profs et 12 millions d'élèves.
Voilà, donc, il se retrouve, Papendia, ce soir, c'est vertigineux, non ? Alors qu'il y a une semaine, il ne le savait pas, à gérer 13 millions de Français.
Alors, il n'est pas tout seul. Et c'est bien pour ça que c'est possible, parce que je rappelle que c'est le cas pour lui, mais c'est le cas pour tous les nouveaux entrants ou pour tous ceux qui ont changé de portefeuille, et ça depuis la nuit des temps. C'est bien pour ça qu'on a une administration en France extrêmement solide, extrêmement cortiquée, extrêmement stable, qui fait la continuité, c'est ce qu'ils disent, les directeurs d'administration entre les différents ministères et ceux qui, comment dire, attaquent cette administration, on appelle ça l'État profond, qui ne serait pas seulement le gage de stabilité, mais d'une certaine forme d'inertie.
Donc, il ne faudrait pas croire que c'est un bateau ivre en attendant qu'il prenne la dimension de son poste. Il y a une administration extrêmement solide, des rectorats, des directeurs d'administration, la dimension politique, puisque en fait, dans un ministère, on a vraiment une différence entre l'administration qui fait tourner la boutique et une dimension politique avec son cabinet qui est là pour impulser des changements ou des orientations. Donc, la boutique continue à tourner, il ne faut pas s'inquiéter. Néanmoins, il a des chantiers extrêmement urgents à gérer. Vous avez parlé de la question de l'enseignement, des vocations.
On pourrait parler globalement de la baisse de niveau de l'éducation française au niveau international. Il y a des choses très pratiques. Emmanuel Macron a dit qu'il allait remettre les mathématiques dans le tronc commun du baccalauréat dès la rentrée de septembre. Et ça, ça va venir très, très vite. Donc, il va avoir du temps et en même temps, des décisions à prendre très rapides.
Alors, il est 16h51 et le secrétaire général de l'Élysée, Alexis Collaire, met donc fin au suspense et dévoile la liste des nommés. On y trouve des promotions, des rétrogradations, des exclus et des nouvelles têtes. Marie-Laurent et Christophe Roquet nous présentent la nouvelle équipe ministérielle d'Elisabeth Borne.
Le secrétaire général de l'Élysée est apparu sur le perron à 16h30 pour annoncer le nouveau gouvernement. 26 jours après la réélection d'Emmanuel Macron, un record sous la Ve République. Sur la proposition de la première ministre, chargée de la planification écologique et énergétique, le président de la République a nommé. Tout d'abord, il y a les visages connus, ministre pilier du gouvernement, restés à leur poste. – Monsieur Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Monsieur Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur. – Clément Beaune conserve les affaires européennes, Éric Dupond-Moretti la justice.
D'autres bénéficient de la valse des portefeuilles. Sébastien Lecornu, jusqu'alors ministre de l'Outre-mer, remplace Florence Parly au ministère de la Défense. Agnès Pannier-Runacher passe de l'industrie à la transition énergétique. Olivia Grégoire laisse l'économie sociale pour prendre le porte-parole du gouvernement. Parmi les nouveaux visages, quelques surprises. Pape Ndiaye, historien spécialiste de la condition noire, directeur du Musée national de l'histoire de l'immigration, devient ministre de l'Éducation nationale en remplacement de Jean-Michel Blanquer. Rima Abdulmalak, jusqu'alors conseillère de l'ombre du président de la République, s'impose comme ministre de la Culture.
Au Quai d'Orsay, c'est la diplomate Catherine Colonna, ambassadrice de France à Londres, qui a été choisie. Ancienne ministre déléguée aux affaires européennes et porte-parole du gouvernement sous Jacques Chirac. Un retour aux sources. Le changement dans la continuité donc, un casting qui inspire déjà des critiques à l'opposition. La devise du nouveau Macron 2, dorénavant, c'est comme auparavant. Et même pire si possible. Des macronistes purjus reconduits malgré leur échec. Quelques mercenaires sans conviction, c'est un gouvernement de l'entre-soi, un gouvernement McKinsey, froid et techno. Le suspense aura donc duré toute la semaine.
Nommée première ministre depuis lundi, Elisabeth Borne, très attendue sur la composition de son gouvernement, avait choisi hier de parler égalité homme-femme au Mureau pour son premier déplacement.
Alors pourquoi j'ai gagné ça ? Au même moment, Emmanuel Macron, maître des horloges depuis la cour de l'Elysée, se montrait particulièrement détendu.
Ce n'est pas une chose légère. Elle requiert du temps, des échanges de fonds et c'est ce que la première ministre et moi-même faisons. Donc autant de temps qu'utile et que nécessaire car il s'agit du gouvernement de la France. Du temps, car les refus auraient été nombreux. Qu'il s'agisse de personnalités issues du privé ou de figures d'opposition qu'Emmanuel Macron aurait tenté d'approcher. Ah non mais j'ai déjà répondu non. Vous avez répondu non pour être premier ministre. Donc je répondrai également non pour être ministre. Je ne suis pas, Zavandre. Je n'approuve pas le projet d'Emmanuel Macron. Je suis contre la retraite à 65 ans.
Même l'ancien locataire de Matignon a choisi de couper court aux rumeurs dans cette interview tournée mercredi après-midi.
Moi j'ai fait un petit peu plus de 3 ans
premier ministre. J'ai adoré ça. Je pense qu'il y a des phases dans la vie où on est dans l'action très intense et puis il y a des phases dans la vie
où on est dans la réflexion, dans l'apprentissage de nouveaux thèmes, de nouveaux sujets, de nouveaux endroits. Et moi je suis plutôt dans cette phase-là. Écoutez, moi je veux dire,
on se parle là, on ne m'a rien proposé et ça me va très bien. On ne vous a pas proposé ? Non, non. Vous n'êtes pas vexé ? Même si vous auriez dit non ? Pas du tout.
Tout juste nommé,
le nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne
n'a plus une minute à perdre à trois semaines du premier tour des élections législatives. Alors, vu le contexte international, était-ce vraiment le moment de se séparer de Jean-Yves Le Drian, Pascal Perrineau, puisque aux affaires étrangères, c'est désormais Catherine Colonna. Jean-Yves Le Drian voulait partir.
Il faut savoir que Jean-Yves Le Drian a été le ministre des Affaires étrangères de François Lande. Ça fait... De la défense. Voilà, de la défense. Il s'est occupé de l'Afrique. Il s'est occupé de l'Afrique. Et ça fait donc dix ans qu'il est aux affaires, à des postes extrêmement exposés. Donc on comprend qu'après dix ans de loyaux services, voilà... Mais on est en pleine guerre contre l'Ukraine. On est en pleine guerre, mais attention... Enfin, pas contre l'Ukraine, enfin, en Ukraine. Catherine Colonna, qui rentre, c'est quelqu'un d'expérience. Alors, qui est-elle ?
Alors, c'est quelqu'un qui a été porte-parole sous Jacques Chirac et qui a été ministre des Affaires européennes, qui a été ambassadrice à Londres, qui a une véritable expérience internationale au plus haut niveau. Donc ça n'est pas, si vous voulez, j'allais dire une novice qui rentre au Quai d'Orsay. C'est quelqu'un qui a du métier et qui a fait ses preuves dans tous les postes qu'elle a pu occuper.
Yves Tréhard, il y a Éric Dupond-Moretti. Alors, pour le coup, lui, on l'avait donné par temps. On l'avait donné par temps parce qu'il est mis en examen, parce qu'il s'est mis à dos tous les magistrats et que c'est quand même handicapant quand on est censé gérer la justice. Alors là, je dirais, c'est un petit peu comme Pape Diagne, c'est que c'est le choix du président. C'est vrai qu'Éric Dupond-Moretti a eu du mal à s'installer dans le paysage politique. Il n'a pas été bien accueilli par les parlementaires. Il ne s'est pas fait que des amis. Les magistrats étaient assez mécontents et plutôt en colère contre lui. Et c'est de la vieille rivalité. En plus, un magistrat, un avocat.
Puis comme il y avait des affaires pendantes entre eux, tout ça a pris de l'ampleur. Ça a fait de la polémique. Ça a fait de la mousse. Et comme il n'a pas la langue dans sa poche non plus... Et puis les réformes n'ont pas été vraiment complètement au rendez-vous. C'est un ministère très compliqué, le ministère de la Justice, avec un manque de moyens flagrant. Il a eu un succès. C'est que le budget a quand même considérablement augmenté sous son magistère. On est passé grosso modo de 7 milliards à probablement 8 ou 9 milliards. Enfin, il a réussi à obtenir des choses. Mais le président de la République n'a pas voulu. Parce que c'était quand même le gros coup de la dernière fois.
Quand il avait nommé M. Castex, donc avec M. Dupond-Moretti, ça avait été quand même une belle prise de guerre, même si l'expression est un peu galvaudée. Et là, il ne voulait pas se dédire, si vous voulez. Parce que, bon, on continue avec quelqu'un qui est quand même un poids lourd du monde judiciaire, ce qu'il a de dire. Et donc, envers et contre tous, eh bien, le maître des horloges est aussi le maître des balances, si je puis dire, des balances de la justice. Et pour Éric Dupond-Moretti, ça a été un soulagement, on l'imagine, attendant son téléphone et le sourire... Parce qu'il ne voulait pas partir. Il ne voulait pas partir. Parce que pour lui, ça aurait été un échec. Pourtant, il...
C'est quelqu'un qui n'aime que gagner. Qu'est-ce que ça dit du pouvoir ? Parce qu'il gagnait, on le sait infiniment plus en tant qu'avocat à la Cour, grand avocat qui devait facturer l'heure, je ne sais pas combien, vous qui voulez laisser bien ce milieu, Ève Roger. Qu'est-ce que c'est sur le parcours d'Éric Dupond-Moretti ?
Éric Dupond-Moretti, il a été présenté il y a 5 ans comme étant vraiment, effectivement, la surprise du chef. Le coup de maître d'Emmanuel Macron et puis en fait, pendant 5 ans... Il y a 2 ans et demi. 2 ans et pendant 2 ans et pendant 2 ans et pendant 2 ans. Et pendant tout ce temps-là, finalement, il a sans arrêt été en but à des obstacles, que ce soit ses affaires personnelles, que ce soit les magistrats. Il y a eu une grève des magistrats, ce qui n'était jamais arrivé. Parce que les jeunes magistrats trouvent qu'ils travaillent trop. Et c'est vrai que c'était une révolte qui était assez inédite. Et en réalité, il n'a pas pu montrer, je pense, tout son panache.
Et d'une certaine façon, je pense que c'est une seconde chance qu'il lui est donnée là pour qu'enfin, Éric Dupond-Moretti, qu'on voyait dans les prétoires et qui impressionnait beaucoup de monde, on lui donne une seconde chance pour qu'il ait ce sentiment-là aussi de, j'allais dire, de toute puissance ou en tout cas de prestige.
Alors, sur l'ouverture à droite et à gauche, Caroline Michel-Aguia, il y avait les noms de Marisol Touraine qui circulaient. À droite, il y avait Éric Wörth. Finalement, il n'y en a qu'un qui a obtenu un strapentin. C'est Damien Abad qui a annoncé hier soir qu'il se mettait en congé de LR. Il a été obligé. Il va être ministre de la Solidarité. C'est le service minimum en termes d'ouverture. On est plus près du débauchage individuel que de l'ouverture.
Alors, ça m'inspire exactement ce que m'inspire l'ensemble de ce gouvernement. C'est tout ça pour ça, quand même. Parce que, je vais parler de Damien Abad et puis je vais faire un petit décalage sur l'ensemble des noms. Ça n'est quand même pas rien de la part de Damien Abad, après une campagne qui a été extrêmement dure pour son camp, d'un point de vue politique, d'un point de vue personnel pour Valérie Pécresse, d'un point de vue financier pour Valérie Pécresse, de dire, je quitte mon poste de représentant des députés LR à l'Assemblée nationale en pleine déroute pour passer au gouvernement.
C'est en effet une démarche individuelle puisque, rappelons-nous, en fin de campagne, on avait dit que cette espèce d'accord entre Nicolas Sarkozy qui n'a jamais soutenu officiellement Valérie Pécresse pour finalement soutenir au deuxième tour Emmanuel Macron, devait amener dans sa corbeille, on a dit 40, puis 30, puis 10, puis quelques-uns députés LR. Au final, cette tentative de débauchage est personnalisée par Damien Abad avec un ministère qui, pardon de le dire, malgré l'importance sociale de ce sujet, ne va pas peser sur l'orientation du gouvernement et c'est un choix absolument personnel.
Et je dirais que là, évidemment, parce que c'est l'exercice qui veut ça, on parle de ce qui a changé, mais je voudrais ajouter un petit point quand même sur ce qui n'a pas changé. Je voudrais rappeler ce qu'Emmanuel Macron a dit pendant la campagne à la fin du premier tour et à la fin du deuxième tour. Il a parlé d'agir, il a parlé de nouveau, nouveau tout, nouveau quinquennat, nouvelle méthode, nouvelle majorité. On a cru comprendre qu'il y aurait une espèce de démarche d'union, de compromis à l'allemande. On n'y est pas du tout, mais pas du tout.
Et quand vous regardez, comment dire, les ministères clés, que ce soit Bercy, que ce soit l'Intérieur, que ce soit la Justice, que ce soit une autre promesse de campagne majeure, la transition écologique et la transition énergétique, c'est tous des profils super fidèles, super loyaux, voire super techno pour Amélie de Montchalin et Agnès Pannier-Ruinaché. Et en termes de renouvellement, c'est sûr que ce n'est pas Damien Abad qui va apporter la cerise.
Yves Tréhard, ça veut dire que c'est vrai qu'on nous parlait à un moment d'une coalition avec un grand parti du centre qui allierait certains des Républicains, certains socialistes. Finalement, non. Le gouvernement, c'est de la Macronie pure et dure. C'est les Macron boys, là. Mais il ne faut pas trop s'étonner de ça. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, ce ne sont plus les partis qui comptent. Vous n'avez que trois personnalités dans le paysage politique aujourd'hui. Et tout s'organise autour d'elle. Et cet axe central qui tourne autour d'une personne qui s'appelle Emmanuel Macron et la politique qui va être jugée.
Et les Français, d'ailleurs, je ne vais pas être désobligeant avec les ministres, je ne vais pas être désobligeant avec la Première ministre, mais la seule personne qui compte dans cette histoire, c'est le président de la République. C'est lui qu'ils ont élu pour cinq ans, qu'ils ont réélu pour cinq ans. Et le quinquennat a tout changé, d'ailleurs. Ils ont réélu pour cinq ans qu'ils tiennent ses promesses. La feuille de route, on la connaît partiellement. On connaît les thèmes, on ne connaît pas le détail. Éducation, eh bien, voilà, M. Pape Diaye. La santé, avec une nouvelle personne qui s'appelle Mme Bourguignon. Tiens, là, il y a quelqu'un qui a été déclassé, c'est M. Véran.
Puisque maintenant, il est secrétaire d'État au porte-parole. Pourquoi ? Parce qu'il est trop marqué Covid et on ne peut pas... Non, non,
il est en relation avec le Parlement et vie démocratique, ce qui peut être un signe quand même de...
Oui, peut-être. Vous avez... Alors, attendez, j'étais en train de... Donc, à la santé, Bourguignon. L'éducation, la santé, les retraites, les écoles. Les retraites, ça va être très probablement M. Dussopt, qui vient de la gauche et qui était déjà ministre avant du budget. Et vous allez avoir l'Europe qui ne change pas. M. Clément Beaune. M. Clément Beaune. Et l'écologie. C'est ça qui... Et ce pôle écologie dont on va peut-être parler. Mais voilà, vous avez ces axes-là, maintenant, c'est à lui de tenir ses promesses et tout. Mme Borne est une superintendante et les ministres sont des intendants.
Moi, j'ai toujours en tête, et il l'avait d'ailleurs très très bien théorisé dans son discours de politique générale, M. Castex, quand dans son premier discours de politique générale, elle dit le problème en France, c'est que l'intendance ne suit plus. Je ferai en sorte que l'intendance suive. Et bien là, il faut que l'intendance suive parce qu'il va être jugé là-dessus. Quand vous dites que c'est un superintendant, ça veut dire que c'est fini la fable du chef du gouvernement, du Matignon qui gouverne. Le pouvoir, la direction, c'est Emmanuel Macron et tous les autres sont des collaborateurs, à commencer par... Exactement. Et quand on l'a envoyé ou non, c'est ce qu'ont été M.
Castex, évidemment, mais évidemment aussi M. Edouard Philippe. Ève Roger, l'écologie devait être l'alpha et l'oméga de ce Macron 2. On n'en a pas parlé depuis le début. Et ce n'est pas identifié avec une personne.
Même nous, c'est censé être. La France doit devenir une grande nation écologique ou ne sera pas avec ce gouvernement. On a attendu un quart d'heure pour en parler. Donc c'est bien qu'il n'y a pas eu l'effet waouh type Nicolas Hulot. Effectivement, mais ça, il n'en voulait plus parce qu'il a vu comment ça s'était terminé. Donc je pense que c'est normal qu'on n'ait pas Nicolas Hulot. Mais c'est vrai que d'avoir ces deux femmes qui sont extrêmement techniciennes, Amélie Monchalin et Agnès Pannier-Runacher, qui connaissent parfaitement leur dossier. Donc qui vont être rattachées au communiste. Qui vont être rattachées à Elisabeth Borne qui est chargée aussi de la planification écologique.
Et c'est-à-dire que sur ces trois femmes chargées de ce dossier majeur, il n'y en a aucune qui vient de ce milieu-là et qui a vraiment au corps. C'est-à-dire que tout le monde, y compris Emmanuel Macron, sont des convertis récents sur l'écologie. Et donc, d'une certaine façon, on peut imaginer que c'est lui encore, cette fois-là, sur ce triptyque, qui va donner le là de l'écologie. Et c'est ça qu'on peut avoir quelques doutes ou quelques inquiétudes sur la mise en œuvre de ce dossier majeur.
Vous avez dit l'écologie. Pardon, Ève, mais c'est difficile de trouver des experts de l'écologie qui ne soient pas des militants.
Ah oui, c'est vrai.
On avait parlé de Jean Covici à un moment.
Pascal Canfin, Philippe...
Mais est-ce que ça veut dire aussi que l'écologie ne peut plus être cantonnée à un ministère ? Elle doit être partout maintenant. Elle doit l'être. Donc, elle doit infuser dans tous les ministères qu'on le veuille ou non.
Bien sûr, et certainement qu'Elisabeth Borne va sur ses dossiers intervenir, bien sûr, au premier chef. Mais ce qui est frappant, c'est tout de même de confier ces dossiers à des gens qui ont un profil en fait de technocrate. C'est-à-dire qu'une fois de plus, et c'est peut-être une des limites de la Macronie, les technocrates sont en position dominante. Or, tout cela, c'est une dimension, et c'est le président lui-même qui... Alors, quelle est la limite ? Ça, c'est une dimension d'application dans les territoires. Et là, moi, je suis frappé de voir dans ce gouvernement que la dimension territoriale, les grands élus, par exemple, ben voilà, ils sont quasi absents.
Certes, il y a l'entrée de M. Béchut, le maire d'Angers, sur, d'ailleurs, comme ministre délégué, mais une fois de plus, et ça a été un des gros problèmes de la Macronie, l'absence de capacité à plonger des racines un peu fortes dans les territoires. Là, le moins qu'on puisse dire, c'est que le profil de ce gouvernement ne va pas du tout dans le sens d'une Macronie qui aurait compris la question territoriale. Qui tend la main aux Gilets jaunes.
Est-ce que ça ne veut pas dire aussi qu'Emmanuel Macron se méfie de fortes têtes qui pourraient d'ailleurs nourrir des ambitions en vue de 2027 ? On a vu Edouard Philippe, même dans sa gestuelle, il avait l'air de dire vous savez, j'ai été Premier ministre, maintenant, ce que je vise, c'est l'Elysée. Alors, ne me parlez pas d'un poste dans un ministère.
Alors, je n'apprendrai rien à personne en disant qu'Emmanuel Macron est très centralisateur, décide tout, vise tout lui-même. Le fait même, une personne dont on n'a jamais parlé et qui est pourtant ultra présente, qui n'est pas changé Alexis Colère, qui est en vérité le vrai Premier ministre de la France.
Pour vous, finalement, le Premier ministre s'est devenu Alexis Colère qui est le secrétaire général de l'Elysée ?
Alors, il n'est non seulement le Premier ministre de la France, mais il est aussi le chef de la majorité. Donc, il est un peu tout. Et Elisabeth Borne est la super collaboratrice du super Premier ministre qui est Alexis Colère. Je ne veux pas être désobligeante. C'est la façon dont Emmanuel Macron envisage le pouvoir au nom de l'efficacité que la politique qu'il aurait vu agir sous François Hollande n'aurait pas ou n'aurait plus. Quel est le danger fondamental de cette manière de gouverner, en tout cas ? C'est évidemment la déconnexion et ce que vous soulignez, la rupture avec les Français.
Les Français, pendant cinq ans, n'ont cessé de dire de manière parfois assez violente, un peu dans le désordre, on veut être écouté, on a l'impression qu'on nous méprise, la preuve, ils ne vont même plus voter, l'abstention est majeure, ils ne sentent plus les relais, le cumul des mandats, la fin du cumul des mandats, pardon, jouent un rôle aussi, se surajoutent à ce sentiment de déconnexion et vraiment, Emmanuel Macron continue dans son sillon en ne s'entourant pas. Alors, on verra la pratique. Va-t-il aller, comme pendant le premier quinquennat, sur le terrain, lui-même encore, corps du roi, se prêter au grand débat, etc. De toute manière, ce quinquennat-là sera son échec ou sa réussite.
Yves Tréhard, est-ce que de ce point de vue, Elisabeth Borne est l'incarnation de cette façon de faire ? Au fond, je veux des technos, Elisabeth Borne est très compétente, elle n'est pas très connue des Français, mais elle sait faire et c'est une ingénieure qui me sait me résoudre des problèmes et c'est ce que disait Cécile Duflo, le problème, c'est qu'elle n'a pas d'aura politique. Non mais, c'est évident, si vous voulez, elle est, c'est une technicienne hors pair, j'ai envie de dire, elle a d'ailleurs... D'ailleurs, elle fait peur au syndicat parce qu'elle connaît bien ses dossiers.
Oui, mais c'est une femme qui est à Poignes et j'ai trouvé que sa sortie d'hier était plutôt assez réussie d'ailleurs de ce point de vue et je trouve qu'elle donne des messages d'espoir, même si on peut trouver ça un peu naïf, un peu Jean-Jacques Goldman, vous voyez, quand elle dit... Réalisez vos rêves, allez au bout de vos rêves. Moi, j'étais une petite fille, j'ai fait de la science et ça m'amène là. C'est plutôt sympathique et on n'a pas beaucoup de Premier Ministre qui nous aient parlé comme ça depuis bien longtemps, donc pourquoi pas ? Ça, c'est bien. Néanmoins, je suis assez sensible à ce que disait Pascal tout à l'heure.
Le problème de la France aujourd'hui et le problème des hommes et des femmes politiques en général, c'est quoi ? C'est ce qu'on leur reproche d'être déconnectés et c'est la défiance qui s'installe. Et le problème qui s'est posé majeur à ce... On écarte le Covid qui n'a rien à voir mais avec ce quinquennat, ça a été quand même les gilets jaunes. Il ne faut pas l'oublier. Ça a duré deux ans. Et ces gilets jaunes, c'était justement cette déconnexion entre Paris et la province, une certaine province d'ailleurs, entre Paris et les centres-villes et les campagnes et entre, on va dire, le peuple en bas, le peuple d'en haut pour parler comme Raffarin. Mais comment on répond à ça ?
On répond à ça justement en tendant la main. Et là, c'est vrai qu'il n'y a pas... Et cette histoire d'ailleurs de non-cumul des mandats, je peux vous dire que la plupart des politiques... C'est-à-dire qu'un maire ne peut plus être député. La plupart des politiques, si aujourd'hui, ils pouvaient revenir en arrière, ils reviendraient en arrière. Ils ont vu qu'ils avaient fait une chottise totale sous la pression populaire parce que les gens, de façon démagogique, pensaient que c'était beaucoup mieux pour des régions financières.
Non, il y avait une raison qui s'entendait, c'était les baronies.
Oui, voilà, mais bon. Parce que quand on est maire, on est content de voir que son maire, il va se battre à Paris pour faire affiancer les dossiers. Celui, quand il est à Paris, il sait de quoi il parle. D'accord. Et voilà, il y a des relais d'opinion, il y a des relais de conversation, il y a des relais de tout ça. Et je pense que le grand problème, ça a été... Il y a des livres qui ont été écrits par centaines depuis, là-dessus, c'est cette déconnexion qu'il faut absolument réparer parce que le pays va en se lézardant. Alors, Elisabeth Borne saura-t-elle créer une connexion avec les Français ? Elle est assez peu connue. Hier, qu'avez-vous pensé de son déplacement dans les murs ?
Je voudrais venir au secours d'Elisabeth Borne. Moi, je trouve qu'elle est arrivée. On l'a présentée comme le troisième choix minimum, c'est-à-dire un choix par défaut. On a dit d'elle qu'elle était rugueuse, qu'elle était rude, qu'elle était techno, qu'elle avait des surnoms déjà, « born out », on l'a entendu. On l'appelle aussi « méchantat » dans le gouvernement. Le bon petit soldat qui oubliait à tout. Et puis moi, j'ai trouvé que finalement, depuis hier, sa sortie, elle s'est montrée extrêmement sereine. Il y avait de quoi être déstabilisée quand même de la façon dont elle a été présentée. Elle a été extrêmement sereine, extrêmement calme.
Elle a endossé les habits de Première ministre sans peur. C'est-à-dire que souvent, les petits soldats, vous savez, ils ont peur. Ils ont peur de faire mal et de se faire engueuler derrière. Moi, j'ai trouvé qu'elle était quand même assez droite dans ses bottes. Et donc moi, je dis que peut-être, peut-être d'une certaine façon, elle a parlé de ça, de son parcours. On le découvre. Elle était pupille de la nation. Elle était pupille de la nation puisque son père était un résistant. Il est mort quand elle avait 11 ans. Il s'est suicidé. Il s'est suicidé. Quand elle avait 11 ans, elle s'est retrouvée avec sa mère et sa sœur. Elle a été boursière.
Et c'est comme ça, petit à petit, elle a monté les échelons et qu'elle a fait polytechnique et l'école des Pongées-Sous-chaussées. Et elle dit quelque chose de très émouvant. C'est-à-dire qu'elle dit j'ai choisi les maths parce que moi, c'est oui ou c'est non. Il n'y a pas d'angoisse.
Quand on est une petite fille comme ça, on dit avec les maths, je ne serai pas jugé, j'aurai bon.
C'est ça.
Et elle dit, je crois, je n'ai pas fait polytechnique, elle dit, j'ai fait une école d'ingénieur. Pardon, quand on a fait polytechnique, un mec, il dit, j'ai fait Polytechnique. J'ai fait Lix. Voilà, c'est ça. Elle, non.
C'est ça. Alors, ça ne dit pas, mais elle n'est pas là où on l'attend. C'est-à-dire qu'on aurait pu la voir au journal de 20h, elle ne l'a pas fait depuis. Alors, elle le fait ce soir. Elle le fait ce soir, effectivement. Mais d'une certaine façon, peut-être que le poste va révéler cette femme de façon un peu moins petit soldat, un peu moins obéissante et peut-être qu'elle saura dire non de temps en temps à Emmanuel Macron.
Un mot sur notre nouvelle ministre Elisabeth Borne, Pascal Perrineau, sur ses premiers pas.
Oui, ses premiers pas sont plutôt encourageants par rapport à l'image de technocrate froide qu'elle véhiculait et qu'elle véhiculait depuis de longues années. Puis vous savez, quand vous rentrez à Matignon, vous vous révélez. Voilà, vous pouvez vous révéler. On a vu à plusieurs reprises dans l'histoire de la Ve République des gens qui étaient présentés un peu comme Palo, comme Techno, etc. Et qui, une fois qu'ils occupaient cette fonction, se sont révélés. On s'apercevait que c'était plus que des techniciens.
Est-ce qu'il a hésité avant la choisir, Caroline Michel-Aguerre ? On parle beaucoup des refus. Est-ce que c'est vrai qu'il y a des refus ? Est-ce qu'on peut refuser aujourd'hui un poste de ministère et qu'est-ce que ça traduit ? Un poste de ministre ?
Alors, oui, des gens refusaient. Je crois que Valérie Bédague, il n'y a pas beaucoup de doutes sur le fait qu'elle ait dit non au nom du fait qu'elle était très bien là où elle était, c'est-à-dire directrice générale de Nexity. Et réponse à votre question, est-ce qu'on peut refuser ? Oui, parce qu'il faut accepter d'être super collaborateur du super Premier ministre, du super Président. Donc, ça dépend, je dirais, là où...
Pour un salaire moindre.
Oui, il y a aussi, évidemment, la question du salaire, en particulier quand vous êtes dans le privé. et il y a aussi, je dirais, le périmètre de ce que vous pouvez faire. Parce que, dans un environnement mondialisé, européanisé, voilà, être Premier ministre de la France et beaucoup de responsabilités et pas toujours les leviers et le pouvoir qu'on imaginerait.
Alors, avec la nomination du gouvernement, l'attention va maintenant se focaliser sur les législatives. Et Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa volonté de remporter ces élections et d'être élu, comme il le dit à Matignon. Mais c'est sans compter sur de nombreuses dissidences déjà annoncées dans plusieurs départements. Reportage dans la seconde circonscription de l'Hérault, Laszlo Gélabert et Marion Devauchel. À Montpellier, ce jour-là, lancement de campagne pour les candidats
de la nouvelle alliance de gauche dans les rouges. Parmi eux, Nathalie Oziol, investie dans la deuxième circonscription, là où Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle. Si cette insoumise de la première heure y croit... Il y a une candidature de la NUPES sur cette circonscription. Nous la représentons. Elle doit pourtant affronter deux autres candidats de gauche qui ont refusé l'Union. C'est sûr que je préférerais que le rassemblement soit clair et bien identifié. Il l'est, en fait. Et c'est ça que je veux dire. Et je vais travailler à ce que ce soit martelé, répété. Toute candidature dissidente ne fait que favoriser l'élection d'un député macroniste.
Sur ce territoire, la bataille des législatives s'annonce sans pitié. Face à Nathalie Oziol, la députée sortante de la France insoumise Muriel Ressiguier a décidé de combattre seule. Pour elle, cette union n'est qu'une stratégie.
On n'est pas encore dans la reconstruction et la réincarnation de la gauche qui est nécessaire et que pour ça, on ne peut pas s'exonérer du respect des partenaires. Et pour moi, ça se fera dans un second temps et ce n'est pas ce qui est en train de se passer là.
Elle a préféré rester dans son équipe. Fatima Belarèj, une candidate soutenue par les poids lourds socialistes de la région. Comme le maire de Montpellier, mais surtout la présidente d'Occitanie, Carole Delga. Tous ont refusé de signer pour la NUPES. Fatima Belarèj plaide plutôt pour une union locale de gauche, une union sans la France insoumise.
Ce qui m'intéresse c'est cette union qui est celle que nous vivons aujourd'hui, qui est cette gauche de projet qui est en action depuis deux ans et qui est surtout la gauche et l'union des territoires. Vu depuis Paris, on a l'impression qu'il y a une méconnaissance totale. Moi, je suis prête à venir présenter ce qu'est la véritable union, celle qui va changer le quotidien des gens, des habitants de cette circonscription. Je vais même me permettre un geste. Voilà. La victoire est là. Voilà. les 12 et 19 juin.
Une gauche complètement divisée, raillée par la candidate du Rassemblement national.
Quand on voit le nombre de candidatures à gauche, je parle de façon large. Clairement, ça n'amènera pas très loin les idées politiques et le combat pour le peuple. Je pense que là, on est plus dans des petites gaillères d'égo.
Même critique pour Anne Brissot qui représente les républicains et les centristes.
Qu'ils soient 10, 20, 30 en face de moi sur cette circonscription, finalement, peu importe. Et en plus, surtout, c'est une sauce que les Montpellierains vont avoir du mal à comprendre parce qu'on parle d'union, mais on voit bien qu'ici, il n'y a pas d'union. Il n'y a pas d'union des gauches.
Pendant ce temps, Annie Yag, investie par la majorité de présidentielle, peaufine son programme. Très critique sur cette alliance des gauches, elle ne comprend pas comment le PS et la France insoumise ont pu s'entendre. France insoumise n'a jamais été pour une Europe unie, indépendante, qui permette d'allier tous les pays d'Europe vers les mêmes objectifs. Et le PS, par contre, lui, vraiment soutenait cette création de l'Europe avec la défense européenne. Je ne comprends pas qu'on puisse s'allier à des gens qui ont vraiment des vues complètement différentes de l'avenir de la France et de la place de la France à l'international.
Annie Iac devra
elle aussi affronter un candidat dissident, Mafoud Ben Ali, écarté par le parti présidentiel. Philippe Lechat du parti animaliste et Flavio Dalmo sans étiquette sont également en lice pour les élections législatives du 12 juin prochain.
Alors, Yves Tréhard, question téléspectateur. À force de répéter sur tous les tons qu'il sera Premier ministre, Mélenchon prépare-t-il déception et colère chez ses électeurs ? Cet après-midi, c'est vrai qu'il a commenté la nomination du gouvernement et je le cite « En toute hypothèse, cette équipe n'est là que pour un mois, ces gens ne font que passer » a-t-il dit au sujet de ministres qui viennent d'être nommés ? Vous savez, il y a une Première ministre qui nous a dit « Allez au bout de vos rêves ». Je crois qu'il va au bout de son rêve, M.
Mélenchon, et que malheureusement, son rêve va devenir cauchemar dans un mois parce que, sauf à me tromper, je parle sous l'autorité d'un grand professeur de sciences politiques, il n'y a aucune chance, quasiment aucune chance pour qu'il obtienne même une majorité relative à l'Assemblée nationale.
Donc, c'est un superbe coup de communication qu'il a fait, fort de ses 21% à l'élection présidentielle, et sur cette lancée-là, il a réussi à damer le pion à toute la gauche, il était en position de force, et toute la gauche, une partie de la gauche, en tous les cas, s'est rangée derrière lui, et il peut peut-être au mieux espérer, avec cette union de la gauche qui est compliquée quand même, on le voit localement, être le premier parti de l'opposition à l'Assemblée nationale, c'est-à-dire 80, 90, 100 députés, à condition que les républicains, qu'on a un peu vite intérêt sur un plan législatif, On va en parler des républicains. Eh bien, régressent beaucoup, et c'est pas sûr.
Caroline Michel-Aguire, l'ANUP, c'est vrai qu'on avait tous été fascinés par la capacité de Jean-Luc Mélenchon à mettre sous le même toit tous ces courants de gauche, néanmoins, on voit qu'il y a des craquements sur le terrain. Et cette semaine, on a entendu Laurence Rossignol, la vice-présidente socialiste du Sénat, l'ancienne secrétaire, ministre de la Famille de François Hollande, vent debout contre l'histoire du Burkini à Grenoble et dire au sujet du maire de Grenoble, Éric Piolle, quel crétin à tout point de vue. L'air de dire, ça n'est pas possible de cohabiter avec cette tendance, la branche, Éric Piolle.
Est-ce que c'est pas là aussi, ça montre que ce débat sur la question de laïcité, elle peut provoquer une rupture, c'est une rupture assez infranchissable pour la gauche ?
Pour l'instant, Jean-Luc Mélenchon, un très fin politique qu'il est, en plus d'être un grand communiquant, a réussi son union, ce qui est malgré tout, il faut quand même le souligner, un coup de force, de main de maître, ce qui n'avait pas été possible depuis cinq ans, mais au prix de contorsion et de mettre sous le tapis les sujets sur lesquels les désaccords sont quasiment irréconciliables. Ce qu'on appelle la laïcité, en tout cas, c'est comment on répond à des demandes communautaristes religieuses.
L'Europe, aussi le nucléaire, on sait que sur ces différents points, l'OTAN, il a dit, peut-être, bon, je suis moins ferme qu'avant sur le fait de sortir de l'OTAN, bon, c'est certain que sur un certain nombre de ces sujets-là, les gauches restent irréconciliables. Néanmoins, ça ne doit pas nous faire oublier les sujets, notamment sociaux, sur lesquels la gauche arrive à se réconcilier, sur les salaires minimales, sur la lutte contre la fraude fiscale, sur la retraite à 60 ans. Bon, il y a des sujets sur lesquels la gauche n'est pas d'accord et ça va être très dur de la réconcilier.
On pourra d'ailleurs souligner que l'initiative d'Éric Piolle au nom du progrès social, parce qu'il faut quand même écouter les noms, les mots qu'on utilise, on est en train de discuter un programme commun pour utiliser des mots qui font rêver la gauche d'une nouvelle union populaire, et le maire vert de Grenoble s'approprie le mot de progrès social pour faire la promotion d'un maillot de bain. Donc vraiment, je trouve que le...
Pour la gauche, le progrès, c'est le...
Non, pour M. Éric Piolle, le progrès social, il s'est approprié ce mot-là au moment où justement on était à gauche en train de discuter des mesures et de comment les financer qu'on considère comme le progrès social. Donc ce sujet-là est venu complètement mettre le couteau dans la plaie et parasiter quelque chose qui, en tout cas, on peut l'espérer, débouchera à terme, peut-être pas tout de suite, je suis d'accord, mais peut-être à terme sur une force nouvelle.
Mais je crois qu'il faut mettre tout de même... Les mots ont un sens. L'union de la gauche, il ne s'agit pas d'union de la gauche, ce qui se passe. L'union de la gauche, ça a toujours été, depuis la nuit des temps, l'union entre les socialistes, les radicaux qui acceptaient d'être les compagnons de route du PC et du PS et le Parti communiste. Et ça, ça arrêtait là. Là, cette fois-ci, ça va au-delà, ça va vers l'extrême-gauche, vers ce qu'on a pris l'habitude, voilà, d'appeler la gauche de la gauche. Mais ça n'est pas une union de la gauche au sens classique.
C'est pour ça que, véritablement, j'allais dire, la gauche historique, la gauche tripale, cette gauche du grand sud-ouest, que représente très bien du sud-est d'ailleurs aussi, une partie du sud-est, la présidente d'Occitanie, Carole Delga, et vent debout. Et puis, le mouvement est parti de l'Occitanie, vieille terre historique de la gauche, où en effet, mais on n'imagine pas ne pas avoir de candidat socialiste dans les circonscriptions. Il y a des tas de départements où les socialistes ont disparu, mais ils ne peuvent pas l'envisager. Et où ils voient un obscur militant de la France insoumise, complètement inconnu, arriver dans leurs circonscriptions.
Et maintenant, la fronde est une fronde nationale. Parce que le mouvement de Carole Delga, de contre-feu, par rapport à la mainmise au fond de la France insoumise sur l'avenir de la gauche, le mouvement de refus est un mouvement majeur. Et on voit maintenant, à l'ouest, au nord et à l'est, des socialistes dissidents qui vont se présenter. Et très souvent, ces socialistes dissidents sont des élus locaux. C'est des gens qu'on connaît sur le terrain, qu'on connaît plus très souvent que le candidat
de la NUP ou de la NUPES. Alors, à l'inverse, sur l'autre bord de l'échiquier politique, à l'extrême droite, le camp nationaliste par lui divisé pour cette bataille des législatives. Exemple dans le Var, où Éric Zemmour a choisi de se présenter en face d'un candidat rassemblement national. Sujet de Léa Dermidjian et David Lemarchand.
Cogolans, plage des marines, hasard du nom, c'est là qu'Éric Zemmour se lance dans la bataille des législatives.
Je ne me voyais pas mener le combat de l'arrière. Vous me connaissez, j'aime être à l'avant-garde, j'aime être en pointe quand il y a un combat et je le mènerai à la tête de mes 550 candidats de reconquête qui iront porter partout la bonne parole.
Une circonscription où il fait près de 15% à la présidentielle, presque deux fois plus que son score national, mais toujours en quatrième position et toujours derrière le RN. Éric Zemmour sans allié et son rêve de l'union des droits déjà enterré.
Il y a des candidats Rassemblement National partout. Le RN a refusé tout accord comme l'avait fait la gauche. LR aussi a refusé tout accord comme l'avait fait la gauche. Donc il est normal qu'il y ait 550 candidats de reconquête comme il y a des candidats du RN, comme il y a des candidats de LR. C'est la logique démocratique.
Un deuxième candidat à l'extrême droite dans une circonscription où Marine Le Pen arrive en tête au premier et au second tour de la présidentielle. Philippe Lothiot, candidat du RN, face à des électeurs qui ne savent plus trop où donner de la tête.
On va se chercher le candidat, alors.
Ah ! Cherchez Zemmour, il était... Mais, on n'est pas très loin, vous allez voir. Il faut aller vers le succès. Voilà.
Avec l'union des droites, ouais.
Ah, on pourra en parler longuement, j'en ai parlé tout à l'heure. On fera l'union au deuxième tour.
Ouais.
Bonne journée à vous.
Déjà candidat pour le RN en 2017, Philippe Lothiot est persuadé que la stratégie du chacun pour soi ne mènera pas à la défaite.
Je pense que si on se cantonne à l'union des droites, vous savez, Rick Zemmour doit savoir ça, lui qui est un historien, c'est pas en rassemblant des petites chapelles qu'on construit les cathédrales. Donc je pense qu'il faut aller un peu plus loin que l'union des droites. Voilà. Je vous dis, c'est quelque chose, moi qui viens de la droite, c'est quelque chose que j'aurais aimé entendre il y a 15 ans, il y a 20 ans. Mais aujourd'hui, je crois qu'en faisant ça, on fait un peu au final le jeu d'Emmanuel Macron.
À l'autre bout de la circonscription, la candidate LREM justement. La députée sortante en Assemblée Générale avec des acteurs du tourisme local. Sa stratégie, à l'image d'Emmanuel Macron, poursuivre son mandat jusqu'au bout. Sa crainte, voir les électeurs préférer l'extrême droite. Il y a aussi une colère peut-être qu'ils ont voulu exprimer contre le président de la République. Et je serais assez curieuse de voir comment ça va se passer justement au premier tour des législatives.
Voir si cette colère elle est aussi tournée contre moi ou si finalement ils font la différence avec une députée qui a été à leur côté sur le terrain que ce soit par la vaccination ou par mon activité de parlementaire. Inverser la tendance, faire mieux aux législatives qu'à la présidentielle. C'est aussi le défi de Marie-Christine Hamel, candidate Les Républicains, sans le crier trop fort. Je vous remets ceci, vous le lirez si vous le souhaitez. Non mais vous êtes de quel bord vous ? Moi je suis plutôt de droite. Oui. Donc d'une droite républicaine indépendante et populaire. Voilà. Et ça n'a rien à voir avec M. Macron qui a fracturé la France pendant 5 ans.
À peine 5% au présidentiel dans une circonscription longtemps aux mains de la droite. Dernière carte à jouer, la distinction avec la majorité. Je pense que l'échec au présidentiel n'aura aucun impact sur les législatives. Vous l'avez bien entendu, la déception vis-à-vis des 5 ans par rapport à la politique qu'a menée le gouvernement Macron. C'est cela dont il faut prendre la mesure à l'heure actuelle et je pense que c'est ce qui va se ressentir aujourd'hui dans les urnes. Quelques kilomètres plus loin à Vidoban, la candidate investie par la NUPES est issue de la France insoumise. Son espoir ? Que l'unité autour d'un même programme à gauche pèse sur la recomposition politique.
Cet accord autour de 10 points fondamentaux d'un programme et non pas autour d'une personne c'est quelque chose qui sera c'est une chose qui sera vraiment fédératrice. C'est comme ça que nous allons aller chercher les fâchés pas fâchaux que nous allons leur dire c'est notre programme qui vous permettra de vivre mieux plus tard. Dans la quatrième circonscription du Var en plus de ses 5 candidats deux autres sont en lice Pascal Morel pour lutte ouvrière Sabrina Ribeiro-Texera pour le parti animaliste.
Alors question téléspectateur Eve Roger comment expliquer que même les deux parties d'extrême droite n'arrivent pas à s'entendre ?
Alors je crois pas qu'ils n'arrivent pas à s'entendre c'est qu'ils ne veulent pas s'entendre en particulier Marine Le Pen ne veut pas prendre la main que lui a tendu Éric Zemmour parce qu'elle ne veut pas lui pardonner à l'extrême droite on ne pardonne pas les trahisons je vous rappelle Bruno Maigret quand il a fait sécession on n'a jamais été pardonné par Jean-Marie Le Pen là c'est la même chose elle préfère avoir un groupe Marine Le Pen préfère avoir un groupe même réduit à l'Assemblée l'important c'est d'avoir au moins 15 députés pour pouvoir avoir un groupe parlementaire même si elle espère 60 pour pouvoir saisir le Conseil constitutionnel elle préfère avoir un groupe réduit plutôt que de pardonner à Éric Zemmour qui a quand même effectivement qui l'a quand même un peu insulté tout le temps de la campagne électorale
c'est là pour la 8ème fois le nom Le Pen
et puis sur ces façons qu'elle ne gagnera jamais elle n'est pas en mesure de gagner c'est vrai qu'il a été fort et c'est vrai qu'eux-mêmes ne comprennent pas pourquoi elle ne veut pas mais je crois que c'est vraiment quelque chose pour le coup de très très profond on ne pardonne pas
l'union des droites que rêvait de faire Éric Zemmour est-ce que ça risque de faire pchit ou il peut encore réussir son non non je pense que ça va faire pchit complètement parce que si vous voulez cette droite c'est là où la réponse de Mme Le Pen a été bonne sur un plan électoral à mon avis elle dit moi ce n'est pas l'union des droites qui m'intéresse c'est de faire l'union des français ça porte beaucoup plus c'est beaucoup moins compartimentant première chose deuxième chose cette droite elle est partie dans tous les sens c'est à dire que vous avez une grande partie de la droite qui a été aspirée par Emmanuel Macron et vous en avez une autre partie petite partie qui est allée vers Mme Le Pen et un petit peu vers Éric Zemmour Éric Zemmour a raté cette élection présidentielle dans les dernières semaines de cette élection il s'est fracassé il faut le dire sur l'affaire ukrainienne c'est ça qu'il a complètement désarçonné et il a négligé à mon avis le problème tous les problèmes d'ordre social sociaux qui se posaient à notre pays et donc là ça va être très difficile pour lui dans le cadre d'une élection législative où il n'a pas d'enracinement local de rattraper le coup si vous voulez donc l'union des droites c'est pas lui qui pourra la faire c'est peut-être le successeur ou celui qui trouvera le bon je dirais le bon tempo et les bons thèmes de campagne des républicains à venir et oui c'est de ce côté-là et qui est déjà voqué exactement c'est probablement là si vous voulez comme en 2017 monsieur Macron ne pourra pas se représenter vous allez avoir ce grand texte central qui va probablement se déliter et là la droite pourra reprendre ses ouailles allez tout de suite on revient à vos questions Pascal Perrineau c'est Maria dans l'héros qui dit qui constate le maire Darmanin Dupond-Moretti Attal Véran elle est où ?
la renaissance
c'est une très très bonne question c'est une très bonne question et on s'aperçoit que comme souvent il y a eu de multiples effets d'annonce il y a eu une politique présidentielle qui est une politique d'un grand communicant il fait de la communication il a parlé de présidents nouveaux de méthodes nouvelles de peuples nouveaux ça ça ne dépend pas de lui et puis je crois que le peuple français si vous voulez a une pesanteur des traditions des réflexes il ne suffit pas que le président appelle au peuple nouveau pour qu'on ait un peuple nouveau et vous allez voir assez vite ce peuple français ressurgir au premier plan de la scène parce que comme on le disait tout à l'heure c'est un gouvernement qui ne doit pas beaucoup parler j'allais dire du moins au peuple dans ses catégories populaires ouvriers employés qui se sont retrouvés massivement au second tour en particulier sur Marine Le Pen donc il y a là un malentendu et attention aux effets de communication comme ça répétés parce qu'à juste titre voilà où est la nouveauté on continue
et on recommence Caroline Michel-Aguire en quoi est-ce scandaleux que Macron veuille s'entourer de gens qui lui sont fidèles pensent comme lui et sont compétents c'est vrai que François Hollande lui il s'était entouré de Montebourg qui le challengeait comme on disait c'était plus stimulant peut-être plus foisonnant plus déstabilisant
alors il n'y a rien de scandaleux au sens strict du terme il y a quelque chose de potentiellement dangereux dans l'uniformité et l'incapacité à entendre ou à faire émerger je ne parle même pas de contre-pouvoir mais des voix différentes c'est ce qu'on n'arrête pas de dire de manière différente les uns des autres depuis tout à l'heure c'est-à-dire que quand vous êtes entouré de gens qui sont comme vous qui pensent comme vous et qui sont là pour appliquer ce que vous avez décidé à moins de penser et c'est peut-être ce que cette personne pense mais que monsieur Macron est omniscient au-delà de toute autre personne en France on peut quand même par moment avoir besoin d'entendre des voix différentes de ce que vous pensez donc il n'y a rien de scandaleux il y a quelque chose de l'ordre du danger ou en tout cas de la fragilité il y a une chose
qui s'est perdue dans la composition des gouvernements on a tous connu ça ça a cessé avec Jacques Chirac après Jacques Chirac mais la composition d'un gouvernement c'était aussi une composition géographique il fallait l'Alsace il fallait la Bretagne il fallait toutes les régions non seulement alors on était très faible dans le rapport homme-femme ça c'est clair mais sur les régions là c'était pesé au trébuchet c'est un signe de l'indifférence du territoire aujourd'hui c'est plus le cas Yves Roger et si on parlait de la santé monsieur Véran n'a pas été reconduit pourquoi est-ce qu'il y a une dimension état de la crise sanitaire dans le choix de ne pas reconduire Olivier Véran
il y a une mention Covid évidemment qui n'est pas qu'il a mal géré la crise bien au contraire mais son visage est trop marqué par le Covid c'est-à-dire que dès qu'on voit Olivier Véran on se dit oh il va nous enfermer quel est l'Omicron le BA4 le BA5 dont il va nous parler et je pense que c'est vrai que ça a été difficile de faire ce choix-là de dire qu'Olivier Véran ne pouvait plus être le ministre de la santé donc Brigitte Bourguignon a été nommée à sa place elle s'occupe des maisons de retraite des personnes âgées de l'autonomie avant donc il y a une forme de continuité aussi mais je vous fais remarquer qu'Olivier Véran est ministre de la vie démocratique et la vie démocratique ça veut dire la réforme institutionnelle que le président Macron nous a aussi promise pendant la campagne et qui devait aussi faire partie du renouveau alors effectivement ce soir on reste un peu sceptique
donc c'est pas forcément une punition
et disons que c'était il aurait pu ne pas être au gouvernement pendant longtemps il n'était pas au gouvernement ça a été une façon de le rattraper
Caroline Michel-Aguir peut-on s'attendre à ce que les relations entre les professeurs et Papendiaï soient meilleures que celles avec Jean-Michel Blanquer est-ce que l'éducation nationale est intrinsèquement un ministère très dur et la seule façon de s'en sortir c'est de ne rien faire question provoquante
il y a plusieurs questions dans votre question alors est-ce que ça va aller mieux ça va être difficile d'aller pire plus mal donc d'aller plus mal donc on peut espérer que ça va aller mieux est-ce qu'on va reprocher à monsieur Jean-Michel Blanquer son volontarisme qui serait la cause de son échec c'est ce qui est sous-entendu dans votre question je ne dirais pas que c'est-à-dire que quand monsieur Blanquer arrive en effet il a la volonté de renverser la table il l'a renversé mais en manquant de préparation sur beaucoup de sujets et il ne faut pas oublier que la République française dans ce qu'elle promeut sur l'égalité des chances mais aussi sur la fraternité compte énormément dans son unité dans ce qu'elle est dans son histoire dans la transmission de son histoire non pas sur des valeurs religieuses non pas sur des valeurs communautaires a priori mais sur son école donc l'enjeu est majeur en fait pour l'avenir de notre nation
avec cette idée que le parcours d'Elisabeth Borne qui pupille de la nation petite fille qui disait moi je n'étais rien et j'ai fait de la science et je suis polytechnique Matignon que ce parcours aujourd'hui serait plus difficile à réaliser
c'est exactement ce que j'allais vous dire à la 61 ans est-ce qu'aujourd'hui
une petite Elisabeth Borne aurait les mêmes chances
j'espère que oui mais je dirais plutôt sur ce qui nous unit au-delà de l'exemple individuel il en existe on en connaît tous des exemples individuels mais je dirais que sur ce que l'école est capable de faire comme socle social issu de on va pas refaire de l'histoire mais de cette révolution française qui nous a enlevé de Dieu enlevé du roi normalement c'est l'école c'est ce socle commun et là aujourd'hui ça se délite je crois que je pense que tout le monde de droite de gauche est d'accord sur ce constat
ce qu'il faut ajouter quand même c'est que l'école
on a beaucoup parlé souvenez-vous dans la pré-campagne présidentielle du problème de l'intégration qui est un vrai problème en France si vous voulez quand l'école n'intègre plus on peut être très inquiet or on voit que l'école primaire secondaire intègre de moins en moins bien et qu'il y a des effets délétères sur la manière dont ensuite on fait on fait France on fait communauté nationale et c'était un des grands défis une des grandes questions que se posait le ministre Blanquer il n'a pas réussi à inverser le courant on se demande si vous voulez dans quelle mesure Papendiaï va être plus performant même s'il est tout à fait sur d'autres lignes que Blanquer dans ce défi majeur de l'école comme puissance intégratrice parce que vous regardez il n'y a plus beaucoup d'autres instituts qui contribuent à l'intégration service militaire
ce qui est quand même étonnant c'est que Jean-Michel Blanquer est depuis un ministre d'éducation je crois que c'est Belac sous De Gaulle est le seul à avoir fait 5 ans alors que les ministres de l'éducation ils passent les uns à les autres et je trouve que le jugement est assez rude sur lui parce que je trouve qu'il n'y a pas eu de grandes manifs de profs il n'y a pas eu de grands mouvements c'est assez injuste je trouve merci beaucoup d'avoir participé à cette émission et de nous avoir commenté presque à chaud ce nouveau gouvernement qui venait de tomber vous restez évidemment sur France 5 puisque tout de suite c'est à vous avec Anne-Elisabeth Lecmoine bonsoir Anne-Elisabeth qu'y a-t-il au programme de C'est à vous ce soir ?
bonsoir chère Axel c'est un gouvernement qui ressemble plus à un bouclier pour protéger le président qu'à un sabre pour trancher en bref un gouvernement sage voilà pour la première réaction à ce nouveau gouvernement d'un sage du journalisme politique l'éditorialiste Alain Duhamel est ce soir notre invité il développe son analyse et ses commentaires à chaud
et bien on sera au rendez-vous merci beaucoup Anne-Elisabeth vous restez sur France 5 à suivre c'est à vous bonne soirée à demain
Emmanuel Macron