Nicolas Sarkozy face à la justice - Nicolas Sarkozy - C à vous - 06/09/2023
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 25 %Défensif 5 %
Temps de parole
- Nicolas Sarkozy85 %
- Présentateur14 %
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On a appris quelques ongons d'avant le début de cette émission que vous alliez être convoquée en vue d'une mise en examen dans l'affaire de la rétractation des Yad Prakédine qui avait porté de graves accusations sur le financement libyen de votre campagne en 2007 et vous êtes soupçonnée d'avoir bénéficié en connaissance de cause de manœuvre entreprise par plusieurs protagonistes pour qu'ils reviennent sur ces déclarations. Quelques jours après l'apparition de votre livre, on apprenait que vous serez jugée en 2025 pour ces soupçons de financement libyen.
Dans deux mois, vous allez comparaître en appel dans le dossier de Big Malion et en mai dernier, vous avez été condamné en appel à un an de prison ferme dans l'affaire dite des écoutes. Vous vous êtes pourvu en cassation, cours de cassation devant laquelle vous vous exprimez, c'est en janvier 2009, en tant que président.
Je veux dire ma totale confiance dans la justice de notre pays. Qu'on m'entende bien. Il ne s'agit pas là de la figure de style obligée. Et franchement, ce n'est pas mon genre. De celui qui, ayant affaire à elle, adopte cette posture prudente et vaguement hypocrite. J'ai réellement confiance dans la justice. Au risque d'être mal compris, je dirais même que j'ai confiance en elle car je n'en ai pas peur.
Aujourd'hui, est-ce que vous avez encore une confiance totale dans la justice de votre pays ? Est-ce que vous n'en avez pas peur ?
Alors, mon caractère ne me pousse pas spontanément à la lâcheté. Mais je vais vous expliquer les choses. Et là aussi, c'est un sujet... On ne peut pas ouvrir les dossiers. Je ne sais pas. Je crois pouvoir dire que depuis 12 ans, je fais l'objet d'un harcèlement tout azimut. Mes comptes sont analysés. Je suis interrogé, perquisitionné. Des dizaines d'enquêteurs ont enquêté. Et c'est intéressant. Qu'est-ce qui reste ? L'ordonnance de renvoi dans l'affaire dite libyenne. L'affaire a commencé pour me faire battre entre les deux tours de la présidentielle de 2012. C'était le fameux document de Mediapart selon lequel Kadhafi m'aurait donné 50 millions.
Ce document est un faux et c'est tellement vrai que dans l'ordonnance de renvoi, on n'en parle plus. Ça avait servi à déclencher l'enquête. Mais c'est comme si on n'en parlait plus. Plus personne n'attache la moindre importance. Il y a eu une enquête depuis. Oui, oui. Il y a eu une enquête qui a montré que c'est un faux. Plus personne n'a la moindre importance là-dessus. C'est curieux, on n'en parle pas. Deuxième élément dans l'ordonnance de renvoi. La juge dit, on a enquêté. Il faut que vous sachiez que sur les 14 dernières années, tous mes comptes, ceux de ma femme, ceux de mes enfants, ceux de ma mère, ont été faits, laserisés. Et qu'est-ce qui dit l'ordonnance de renvoi ?
Il n'y a aucun soupçon d'enrichissement personnel de la part de Sarkozy. C'est vrai ou ce n'est pas vrai ? Oui, c'est vrai. Mais là, on parle de fiancé en campagne. Non, non, mais attendez. Vous me faites penser à Sarkozy, vous. Attendez. Attendez que ça fasse mal avant de répondre. C'est une impatience. Mais c'est plutôt sympathique, d'ailleurs. Aucun enrichissement personnel. Aucun. C'est un progrès. A dit, oui, mais il y a de l'argent dans sa campagne. Extraordinaire. Il y a de l'argent dans ma campagne. Combien ? La magistrate, depuis 10 ans d'enquête, 54 commissions augatoires, ne peut pas, ne peut pas dire combien.
Je suis donc accusé d'un financement illégal par Kadhafi sans qu'après 10 ans d'enquête, il soit foutu de dire combien. C'est combien le financement Kadhafi ? 100 000 ? 2 millions ? 10 millions ? 20 millions ? Non. On n'a pas pu. Et dans son ordonnance, c'est de dire, c'était difficile de prouver. Un soir, vous prouvez, soit vous ne pouvez pas. Donc, il n'y a pas d'argent sur mes comptes. Et dans ma campagne, il n'y a pas d'argent, puisqu'ils ne l'ont pas chiffré. Mieux que ça. Dans l'affaire Bettencourt, le juge gentil, j'avais été mis en examen, puis j'ai eu un non-lieu, a laserisé les comptes de ma campagne de 2007. Dans l'ordonnance de non-lieu, qu'est-ce qu'il dit, le juge gentil ?
Sur cette campagne, il n'y a pas un centime de liquide dans les comptes de Sarkozy. Donc, pour moi, il y a une première enquête de gentil qui dit, il n'y a rien. Il y a une deuxième enquête de M. Tournaire et de sa consœur, où ils ne trouvent rien. Mais je suis donc renvoyé pour soupçon. Alors, elle dit, ah oui, mais... Procès en 2020. Mais, oui, attendez, attendez. Oui, mais elle dit, mais M. Takédine, M. Takédine a déjà été condamné deux fois pour faux témoignages, si vous n'avez que ça comme témoin de moralité contre moi. Alors, je voudrais dire que... Vous nous aviez dit, on ne va pas ouvrir les dossiers. Non, non, mais... Vous le faites par le menu. Je pourrais... C'est ce que vous...
Mais ma question, c'était la confiance en la juge. Non, non, non.
La question était plus large. Non, mais je vais vous répondre. Parce qu'on va... On n'est pas juge et... Je vais vous dire... Non. M. Cohen, non. Vous ne faites pas meilleur que vous l'êtes. Non. Et après tout, vous pourriez l'être si vous voulez. Mais, je vais vous dire autre chose. Il y a beaucoup de gens qui me disent, mais comment vous faites pour tenir ? C'est un chemin de croix. Mais je suis honnête. Et j'irai jusqu'au bout. C'est-à-dire... Et si le bout, c'est la Cour européenne des droits de l'homme, dans l'affaire Bismuth, ce qui s'est passé... C'est inadmissible. Inadmissible. C'est ce qu'on a appelé l'affaire des écoutes pour lesquelles vous avez été condamné.
Non, non, non, mais attendez. Vous pouvez dire prison ferme. Vous savez très bien que dans ces conditions... Ils n'ont pas dit ça. Ils ont dit que ce n'était pas pour aller en prison. C'était pour avoir... Que je reste à mon domicile. Bon. Mais... Mais peu importe. Moi, vous savez, l'humiliation, je ne connais pas ça. Parce qu'on n'est humilié que par ce qu'on considère comme humiliant. Mais je me bats.
Ça veut dire que...
Et je ne baisse pas la tête. Ah, non, non, non, non, j'accepte tout, moi. Je ne suis pas M. Mélenchon. Je vais aux convocations, je réponds, je m'explique. Mais je suis propre. Et vous devriez vous poser la question. Après 10 ans d'enquête, ils n'ont rien trouvé. Moi, je serais venu ici, on m'avait dit à monsieur, vous êtes accusé d'avoir accepté 300 000 euros, 400 000 euros de M. Kadhafi. Vous ne pouvez pas le dire, puisque la juge ne l'a pas trouvé. Vous avez pris, vous avez fraudé le fisc. Vous avez pris de l'argent. Vous ne pouvez pas le dire, puisqu'elle dit le contraire. Donc, tout ceci, c'est un combat. Comme tous les combats, je les mène à fond.
Et vous savez, ce n'est pas parce que vous n'avez rien fait que vous n'avez pas d'ennui. Mais c'est quand même plus confortable de vous battre quand vous n'avez rien fait.
Vous êtes dans le combat. Mais est-ce que vous maintenez vos propos, je crois que c'était le mois de mai dernier, que les magistrats sont certains, sont dans un combat politique ?
Mais madame, la personne qui...
Au risque de discréditer la justice dans laquelle vous avez confiance.
Mais non, mais non, bien sûr, ne confondez pas l'institut judiciaire. Un de vos confrères a révélé, a révélé, ce n'est pas moi, que la personne qui m'avait jugé en appel avait prononcé des paroles d'opposition quand j'étais président extrêmement violentes. C'est le contraire de la jurisprudence à la Cour européenne des droits de l'homme. C'est le contraire. C'est un de vos confrères qui l'a dit. C'est la présidente de la Cour d'appel qui avait, dans le monde, déclaré que j'étais quelqu'un d'épouvantable, que je mettais en cause la liberté de la justice. C'était opposé à l'une de vos réformes. Non. C'était opposé à l'une de vos réformes.
Mais monsieur Cohen, quand vous êtes jugé, vous devez être jugé par quelqu'un dont vous pensez qu'il n'a rien contre vous. Parce que si au démarrage, c'est quelqu'un qui ne partage pas, vous devez dire, si le juge qui m'avait jugé avait été un de mes amis politiques, vous en auriez fait tout un truc. C'est un de mes ennemis politiques. Ça, je dois vous le resservir. Mais de toute manière, je vais vous dire un autre chose, monsieur Cohen. Moi, je ne baisse pas la tête. J'assume mes responsabilités. Si j'ai fait quelque chose, je ne suis pas quelqu'un à fuir. Donc, peur, non. Souffrance, oui. Confiance, on verra. Combat, toujours. On verra. On verra à quel...
Vous êtes ancien chef d'État, on parle de la justice de la France. Mais vous connaissez l'Iranchi ? Vous savez qu'au-dessus de nos institutions, dans la norme juridique, je vous le rappelle, il y a une norme. On est dans un État de droit national et européen. Vous le savez, ça. Bon. Mais on verra. En tout cas, en tout cas, jamais, jamais, je n'accepterai l'injustice. Je n'ai pas eu le дань.
Bon. Bon. Bon. Bon. Bon. Bon.
Nicolas Sarkozy