Jeanne Moreau derrière la caméra - L’Oeil de Pierre Lescure - C à Vous - 26/01/2023
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Temps de parole
- Présentateur52 %
- Invité26 %
- Invité 214 %
- Invité 35 %
- Invité 44 %
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Le festival Premier Plan s'achève le week-end prochain à Angers. Cette année, on y a découvert pour beaucoup les trois longs métrages réalisés par Jeanne Moreau. La comédienne s'est souvent arrêtée à Angers, qui présente ce festival destiné aux jeunes cinéastes. Les trois films que Jeanne Moreau a réalisés entre 1976 et 1984 ont été restaurés tout récemment, ce qui fait que très peu de gens les avaient vus jusqu'ici. Son premier long, comme on disait, en 1976, elle lui a donné le joli nom de Lumière. Elle a décidé cette année-là de sauter le pas, après que tout simplement Orson Welles lui ait dit « Il faut que tu y ailles ». Lumière, ce sont...
C'est l'histoire de quatre comédiennes qui dialoguent, réfléchissent à leur métier. C'est sensible, c'est intelligent, c'est beau souvent et c'est drôle aussi.
Non, mais attends, la première fois qu'un garçon n'est allant dans ma bouche pour m'embrasser, j'avais 11 ans, là. Et tu sais ce que ça m'a fait ? J'ai vomi, là. Alors, pas moi, moi, j'ai trouvé ça excitant, mais les gars, ils me plaisaient beaucoup, beaucoup, beaucoup. C'était un Parisien en vacances. J'avais à peu près, je sais pas, 15 ans. Ben, moi, je devais avoir 14 ans, tu vois. C'était l'été, j'étais chez ma grand-mère, c'était le moment des moissons. Moi, je fleurtais et le garçon a pris ma main, il l'a mis sur le bas de son ventre, ça s'est mis à bouger. J'étais sidérée, c'était son sac. J'ai jamais voulu le revoir. Enfin, le garçon, je veux dire.
Regarder Jeanne expliquer son envie d'utiliser alors chaque parcelle de son talent et de son énergie.
Je dois avoir un trop-plein d'énergie qui correspond à des périodes de la vie. Et tout d'un coup, comme on organise la vie d'une maison, j'ai eu envie d'organiser la vie d'un film. Je fais du cinéma depuis 1948. J'ai toujours été très attentive aux humeurs et au travail que les gens faisaient autour de moi. Je savais très bien qu'il n'y avait pas seulement la représentation de l'acteur, mais qu'il y avait cette machine, cette caméra qui est une machine magique qu'on a là.
Deuxième long-métrage de Jeanne Moreau, trois ans après Lumière, Jeanne réalise l'adolescente, l'histoire d'une petite fille de 12 ans qui rend visite à sa grand-mère dans un voyage où sa féminité naissante la transforme. Là encore, très jolie réalisation et un casting construit autour de Simone Signoret.
« J'ai des choses à dire que je peux transmettre plus directement en faisant de la mise en scène. » « Et là, et fais voir comme ça, Simone. » « Une fois comme ça, oui, que je vois. » « Mais plus proche. » « Parce que c'est un plan sérieux. »
Troisième long-métrage, quelques années plus tard, Jeanne Moreau consacrera un portrait pour le grand écran à une actrice mythique, Liliane Guiche, star du Moet, née en 1893, qui a joué dans le premier blockbuster hollywoodien, naissance d'une nation de Griffiths en 1915.
« Je suis née avec ce truc qui s'appelle la curiosité. » « Et j'étais curieuse sur la caméra. » « J'ai voulu savoir tout ceci et j'ai appris de ça. » « J'ai pu faire une caméra. » « J'étais curieuse sur ce qu'ils ont développé et printé ça. » « Et bientôt, Griffiths m'a fait venir et prendre des takes quand ils ont pris des choses plus d'une fois. » « Dans le début, chaque scène a été pris une fois, pas de secondes takes. »
Les trois films sont donc projetés jusqu'à dimanche à Angers au Festival Premier Plan. Vous n'aurez pas le temps d'y aller puisque vous allez à Istanbul, Salvatore. Mais ils seront visibles en salle un peu partout à partir du 15 février. On les doit à la Fondation Jeanne Moreau et à Carlotta, l'une des meilleures maisons françaises des films de patrimoine français et étranger.
Merci beaucoup, Pierre.