L'accord sur les fins de carrière à la SNCF était "de notoriété publique", assure Fabien Villedieu
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:39OuverteRéponse directe
Comment est-ce que vous prenez la colère du ministre de l'économie ?
- 2:40RelanceRéponse partielle
Cet accord va être financé en interne par l'entreprise, ça ne vous fait pas peur ?
- 4:09OuverteRéponse directe
Vous ne profitez pas du moment des JO pour décrocher des avantages ?
- 4:53FerméeRéponse directe
Votre syndicat appelle encore à la grève le 21 mai, est-ce qu'une grève est écartée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:52Invité politiqueFait
« M. Farandou a une pleine page dans le monde le 22 février en disant « je vais négocier un accord avec l'organisation syndicale de départ anticipé ». »
- 1:11Invité politiqueFait
« C'était un accord qui était annoncé depuis le 8 février. »
- 1:32Invité politiqueChiffre
« C'est un coût de 35 millions d'euros. »
- 1:36Invité politiqueChiffre
« On fait 1,3 milliard de bénéfices. »
- 1:55Invité politiqueChiffre
« Nous, on n'a pas de déficit de 5%. »
- 2:25Invité politiqueChiffre
« L'État a repris 35 milliards d'euros. »
- 3:20Invité politiqueFait
« Quasiment toutes les entreprises ferroviaires européennes perdent de l'argent. »
- 4:58PrésentateurChiffre
« La SNCF propose 50 euros bruts par journée de service. »
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Et le premier invité de cette matinale avec vous, Marion Lourdes à 6h20 et membre du bureau fédéral Sud Rail SNCF.
Bonjour Fabien Vildieu.
Bonjour.
Votre patron, Jean-Pierre Farandou, patron de la SNCF, est attendu de pied ferme au ministère des Finances dans les tout prochains jours. Convoqué parce qu'il doit rendre des comptes sur un accord sur les fins de carrière qui a été trouvé formé. Alors c'est un peu technique, mais en gros il s'agit d'atténuer les effets de la réforme des retraites pour les cheminots avec un certain nombre de mois payés à 75% non travaillés qui pourraient avoir lieu en fin de carrière, plus ou moins selon la pénibilité du métier, pour un coût de 30 à 40 millions d'euros. Vous, vous avez signé cet accord fin avril. Comment est-ce que vous prenez la colère du ministre de l'économie ?
Par la même colère en fait. Parce qu'il fait le surpris alors que mon patron, M. Farandou, a une pleine page dans le monde le 22 février en disant « je vais négocier un accord avec l'organisation syndicale de départ anticipé ». Alors peut-être qu'il a, lui, il ne lit pas forcément le monde, mais j'espère qu'il a des conseillers qui le lisent. Donc en fait, j'ai l'impression qu'il était au courant. Enfin, c'était de notoriété publique, ce n'a pas été un accord qui a été négocié en cachette et qu'au dernier moment on l'aurait sorti. C'était un accord qui était annoncé depuis le 8 février.
Il y a un communiqué de presse de la SNCF le 8 février, je suis très précis, qui dit « on va négocier un accord avec l'organisation syndicale justement pour éviter un conflit avec les contrôleurs ». Donc ce n'est pas quelque chose de caché. Donc ils sont au courant de tout, sauf que là, ils font genre « on est surpris ». Parce que c'est un coût. C'est un coût de 35 millions d'euros.
On est en train de chercher plusieurs milliards pour les quêtes de la France.
On fait 1,3 milliard de bénéfices. Donc je me dis que quand on fait 1,3 milliard de bénéfices, on peut absorber ce coût de 35 millions. Par ailleurs, nous on a plutôt une gestion assez saine. Parce qu'il y a quand même, monsieur le maire, excusez-moi, je me bloque un peu là-dessus, mais j'ai un peu la moutarde, mais un peu moté au nez. Nous on n'a pas de déficit de 5%. Quand on a un ministre de l'économie, le déficit de la France est de 5%. Nous, on a un excédent. Quand je dis « nous », c'est la SNCF, parce que les gens ne le savent pas. Mais la SNCF et l'entreprise ferroviaire la plus, tout simplement et tout modestement, la plus rentable d'Europe.
Alors attendez, l'État a quand même repris un certain nombre de milliards de dettes SNCF il n'y a pas longtemps, donc c'est une entreprise publique, vous lui devez peut-être des comptes quand même.
Oui, mais qu'on ait des explications, mais qu'il ne fasse pas semblant de ne pas être au courant. C'est ça qui nous agace un petit peu. Et par ailleurs, pour parler des 35 milliards, l'État a repris 35 milliards d'euros. C'est tout simplement ce qu'a coûté la construction des lignes à grande vitesse en France, qui, je rappelle, le réseau français n'appartient pas à la SNCF, il appartient à l'État. Donc il a repris une dette qui lui revenait, c'est tout à fait logique.
Ce que dit le ministre des Transports, c'est que cet accord, en plus, il va être financé en interne, donc par l'entreprise elle-même, par ses gains de productivité. Ça ne vous fait pas peur ? Il y a vraiment des pistes d'économie à la SNCF ? Ou c'est les prix des billets qui vont augmenter ? Qu'est-ce qui va se passer ?
Vous savez, les pistes d'économie, il y en a beaucoup, il y en a tout le temps. Et souvent, d'ailleurs, les organisations syndicales, on les combat parce qu'on fait des pistes d'économie sur notre tête.
Il va falloir en faire pour financer cet accord.
Mais comme je vous l'ai dit tout à l'heure, la SNCF est une entreprise qui rapporte de l'argent, qui rapporte beaucoup d'argent, qui en a rapporté l'année dernière, qui en a rapporté encore plus en 2022, qui est d'ailleurs une entreprise... Moi, j'invite les gens à regarder un peu ce qui se passe dans le ferroviaire, dans les autres pays européens. Quasiment toutes les entreprises ferroviaires européennes perdent de l'argent. Nous, on a de la chance, on a une entreprise publique qui, quoi qu'on dise, est suffisamment bien gérée pour rapporter de l'argent.
Donc, cette entreprise qui rapporte de l'argent, elle est suffisamment solide pour pouvoir négocier un accord pour qu'au niveau des métiers pénibles, on puisse partir plus tôt. Et aussi, parce que c'est un accord dans le cadre d'une mobilisation, vous n'étiez pas sans savoir, il y avait un préavis au mois de mai, et c'était pour éviter ce préavis que cet accord a été négocié. Donc, ce qui prouve que le dialogue social, finalement, fonctionne. Et il y a un moment donné, je ne comprends pas, c'est que quand on fait grève, on gueule parce qu'on fait grève. Quand on trouve un accord, et du coup, on ne fait pas grève sur les ponts du mois de mai, on gueule parce qu'on a trouvé un accord.
Donc, à un moment donné, quoi qu'il arrive, il faut faire du chemino bashing. C'est ce qu'a fait le ministre de l'économie.
Vous ne profitez pas un peu du moment, de ce moment, des JO qui arrivent, des ponts de mai, pour arriver à décrocher des choses que vous n'auriez pas en temps normal, juste parce que tout le monde a intérêt à la paix sociale ?
Sûrement. Mais vous savez, la vie, c'est un rapport de force. Et j'invite beaucoup de professions à profiter de ce moment pour essayer de négocier sur les salaires. Et il y a aujourd'hui plein d'entreprises qui se posent la question et qui font des mobilisations. Il y a des collègues de Keolis qui sont en grève depuis 10 jours. Société de transport aussi. Transport en Ile-de-France sur des histoires de salaires. Donc je les invite, effectivement, on se rend compte que finalement, on a besoin de nous, les fameux salariés de la première et deuxième ligne, dont on avait complètement oublié après le Covid. Et bien là, avec les JO, on se rappelle de nous.
Et bien, on profite de cette situation pour avancer sur des questions de salaire et de conditions de travail.
Justement, il y a aussi cette question de la prime JO. Votre syndicat et la CGT appellent encore à la grève le 21 mai en Ile-de-France pour peser sur les négociations. Pour l'instant, la SNCF propose 50 euros bruts par journée de service. Est-ce qu'une grève est encore totalement écartée à ce jour ?
Écoutez, on propose un préavis de grève le 21 mai, qui est un mardi, je précise bien.
Oui, je parlais d'une grève pendant les JO. Est-ce qu'il y a encore un risque là-dessus ?
Pour l'instant, nous, ce qu'on veut, c'est négocier au mois de mai pour ne pas avoir à négocier au mois de juillet. Et très honnêtement, mieux vaut ça. Mieux vaut que les conditions, les compensations financières, parce que nous, on a 5 000 trains supplémentaires au mois d'août. Et c'est normal, on attend entre 15 millions et 20 millions de personnes dans les JO. Donc, il faut qu'il y ait des compensations. La négociation sur les compensations, c'est au mois de mai, pas en juillet, et c'est tant mieux.
Donc, il peut y avoir encore une grève ? Ce n'est pas complètement écarté ?
On va trouver une solution.
Fabien Vildieu, membre du bureau fédéral Sudra et SNCF, merci beaucoup d'être venu ce matin sur Inter.