Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : "Il faut appliquer la loi qui existe déjà", estime Rodrigo Arenas
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Bonjour Rodrigo Arenas. L'actualité est évidemment en Corse, marquée ce matin par les suites de l'incendie meurtrier de Cran-Montana en Suisse. On rappelle le bilan, une quarantaine de morts, au moins 115 blessés, dont 9 Français. La France, par la voix d'Emmanuel Macron, a dit sa profonde émotion. Sa solidarité aussi, c'est important évidemment.
C'est évidemment important parce qu'on est tous concernés, on est tous touchés par ça. On projette tous les fêtes de fin d'année avec des amis, des proches, des familles qui peuvent être dans ces situations-là. Et voilà, il y a une solidarité qui s'est exprimée, c'est tant mieux. Et je pense qu'elle va continuer dans les jours à venir puisque le bilan, malheureusement, risque de s'alourdir. Et en tout cas, ce n'est pas ce que je souhaite. Donc vraiment, toutes nos pensées, je pense, nationales vont vers l'érection des victimes, qu'elles soient françaises ou pas d'ailleurs. Voilà, c'est une bien mauvaise façon de commencer l'année.
La France a déjà accueilli trois blessés de cet incendie. Le Quai d'Orsay annonce à l'instant que huit blessés supplémentaires vont arriver dans nos hôpitaux. Il faut aller encore plus loin, il faut faire tout ce qu'on peut faire ?
Aller encore plus loin, ça, ce n'est pas à moi de le dire. C'est aux médecins, c'est aux forces suisses qui prennent en charge cette situation. Oui, il faut être solidaire pleinement, comme nous le faisons d'ailleurs quand des drames de cette ampleur prennent le champ sur l'actualité. Ou comme quand vous avez des séismes ou des catastrophes naturelles, la France a toujours répondu présent. C'est notre honneur, c'est notre dignité. Et il faut mettre tout en œuvre. C'est là le quoi qu'il en coûte que nous devons mettre en œuvre.
On verra ce que dit l'enquête, évidemment, sur les circonstances de cet incendie meurtrier. C'est encore tout frais dans les esprits des uns et des autres. Mais dès ce matin, par exemple, sur France Info, le président de Luminuit disait « En France, ça ne peut pas arriver dans une discothèque. » Est-ce que pour autant, il faut redoubler de vigilance en ce début d'année sur les normes de sécurité, les normes incendies, ce que vous appelez tout le monde, évidemment, à la prudence ?
En tout cas, ce qui est certain, c'est que si les normes existent, il faut les respecter. Je ne crois pas qu'en France, il les entrave à ces normes-là. S'il faut les renforcer au regard de la malheureuse expérience en Suisse ou dans d'autres endroits du monde, oui, il faut le faire. Moi, je fais partie d'une génération de quinquagénaires qui a connu ces drames-là en France à l'époque. Les discothèques ou les lieux de rassemblement festif ont évolué sur les normes. 5-7, notamment, en Isère. Qui a marqué une génération complète, en tout cas la mienne. Donc, il convient d'évoluer avec les évolutions techniques.
Mais avant tout, les pensées sont au deuil aujourd'hui et à l'accompagner des victimes.
Est-ce qu'il faut aller jusqu'à, par exemple, interdire ces fameux feux de Bengale, ces bougies enflammées qui, là encore, beaucoup de prudence quant aux premiers éléments de l'enquête qui nous parviendront, mais qui pourraient être à l'origine de cet incendie meurtrier terrible dont on parle ce matin beaucoup ?
Je pense qu'il ne faut jamais être dans les réactions à brûle pour point, dans l'émotion. Il faut que la justice fasse son travail, que les enquêtes policières fassent les leurs et qu'après, on adapte les choses. Mais en tout cas, ce qui est certain, c'est qu'on ne va pas interdire de faire la fête à toute l'humanité parce qu'il y a un accident aussi malheureux et aussi difficile à assumer, à supporter que celui qui a eu lieu en Suisse. Donc oui, dans un premier temps, l'émotion est là. Il faut évidemment être solidaire des familles qui accompagnent les victimes, celles qui sont en deuil. Et ensuite, viendra le temps de la raison, j'ai envie de vous dire.
Mais ce n'est pas le lieu aujourd'hui et le moment d'avoir ces réflexions-là.
Rodrigo Arenas, on va se projeter un petit peu sur l'année qui arrive et sur les annonces qui ont été faites par Emmanuel Macron lors de ses voeux il y a quelques jours. Maintenant, un projet de loi sera prochainement examiné en Conseil des ministres, puis débattu au Parlement en début d'année pour interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans, interdire les téléphones portables au lycée. Est-ce que vous y êtes favorable, vous ?
Je pense que la France, aujourd'hui, a tous les arsenaux juridiques et légaux pour pouvoir le faire, notamment à travers les directives européennes, qui doivent faire la preuve, notamment pour les mineurs de 13 ans, de pouvoir y être.
Donc vous voterez contre ce projet de loi ?
Ce n'est pas ce que je suis en train de vous dire. Ce que je suis en train de vous dire, c'est qu'on a plutôt tendance à s'attaquer aux victimes des réseaux sociaux, à ces grandes plateformes, qui reposent justement sur un phénomène d'addiction, sur un phénomène d'engagement, et qui d'ailleurs véhiculent beaucoup de fake news dans les jeunes esprits, et d'ailleurs des esprits un peu moins jeunes parfois. Donc il y a aujourd'hui un arsenal juridique qui permet de le faire. Il ne s'agirait pas de criminaliser les parents comme un amendement qui va être déposé et que je combattrai à l'Assemblée nationale.
Il s'agit au contraire de s'attaquer aux vrais responsables qui reposent sur un modèle qui est un modèle financier aussi, qui nous volent d'ailleurs nos données personnelles, collectives et privées, qui sont les plateformes. Je pense au groupe Meta avec Facebook, Instagram, etc.
L'interdiction pure et simple pour vous, c'est oui, c'est non ?
Aujourd'hui, ce que je vous dis, c'est qu'il faut appliquer la loi qui existe déjà, qui permet de protéger les jeunes et les moins jeunes. Et cette loi n'est pas appliquée. Nous sommes plutôt pronts dans notre pays à taper sur les victimes de ces plateformes qui créent encore une fois de l'addiction et qui font leur modèle économique, leur modèle de faire du fric en fait sur le dos des gens, plutôt que de taper constamment sur les enfants et sur les parents parce que j'entends cette petite musique arriver.
Pardon ? Comment vous contrez les plateformes ?
Mais vous avez aujourd'hui un arsenal juridique qui existe pour éviter le harcèlement en ligne, pour éviter les fake news, pour faire en sorte que la vie privée des personnes soit respectée. Aujourd'hui, le fait de contrôler que vous êtes d'accord pour donner vos données personnelles, ce n'est pas assez restrictif. Donc, il y a des façons de lutter contre ça. Et aujourd'hui, ce n'est pas appliqué.
Il y a des contournements aussi pour les enfants. Les contournements existent aussi. Il y a des contournements. Il y a des contournements, mais comme pour tout.
Et moi, je pense, puisque vous allez peut-être aborder la question du budget, que les moyens qui sont donnés à l'école de la République aujourd'hui pour lutter justement contre la désinformation, la lutte contre les fake news encore une fois, et faire en sorte que les enseignants puissent faire le moyen, n'est pas au rendez-vous dans le budget qui est annoncé aujourd'hui et qui va revenir du Sénat.
Benjamin, vous parlez des contournements aujourd'hui qui peuvent être en place les mineurs. On sait que les portables sont interdits au collège, que c'est difficile à faire respecter. Est-ce que l'éducation nationale, vous, ancien président de la FCPE, Association de parents d'élèves, qui connaissait bien ces sujets, a les moyens aujourd'hui de faire respecter ces interdictions ou ça demande des moyens trop colossaux ? Et la vague est déjà trop importante.
Elle a les moyens, j'ai envie de vous dire, en termes de formation d'enseignants pour le faire. Elle n'a pas les moyens budgétaires pour le mettre en œuvre. Donc, vous voyez, quand on demande à l'école de faire, mais sans lui donner des moyens de le faire, c'est un peu compliqué. Vous savez, c'est un peu comme l'accueil des enfants à besoins particuliers. Théoriquement, tous ces enfants-là ont le droit d'aller à l'école, mais on sait qu'il n'y a pas d'AESH pour les accompagner. Donc, vous voyez, c'est déjà aujourd'hui que le bas blesse. Mais vous savez, c'est un peu comme tous les phénomènes où il y a des addictions, où la publicité est faite pour l'engagement.
Je pense à l'alcool, je pense au tabac. Aujourd'hui, la législation de la publicité sur ce tabac est interdite, mais celle sur l'alcool est autorisée dans certains lieux. Je pense, par exemple, dans les supermarchés, dans lesquels les enfants ont accès de façon visuelle à l'alcool sans que les mesures soient prises pour lutter contre cela. Donc, vous voyez, c'est un phénomène plus global. Une loi permet d'agir sur des comportements en interdisant, en autorisant, mais elle n'agit pas sur les mentalités.
Donc, il est temps aujourd'hui que l'ensemble de la société française comprenne que les grandes plateformes numériques, en fait, provoquent l'engagement et créent des addictions et sont capables du meilleur, mais aussi parfois le pire. Et les enseignants, ce n'est pas à eux qu'il faut jeter la pierre, ce n'est pas aux parents qui ne sont pas des criminels et ce ne sont tellement pas aux enfants qui sont des victimes. Il faut s'attaquer aux plateformes qui sont des dealers d'addictions pour les enfants sur des questions de la plateforme.
Même si on a aussi un rôle, nous, en tant qu'adultes, Rodrigo Arenas, la sensibilisation dans les familles, ça compte aussi, parce qu'on est les premiers peut-être à être un peu addict à ces téléphones portables. On vise les jeunes, mais les adultes aussi le sont.
Mais c'est ce que je vous dis, les parents aussi sont addicts. C'est d'ailleurs le modèle, encore une fois, de ces plateformes qui ne sont pas attaquées, comme il se doit d'ailleurs. Quand la France a voulu le faire, vous avez vu que Donald Trump...
Mais vous parlez de l'éducation aussi, ça peut concerner aussi les parents.
Évidemment que ça contribue, l'éducation est centrale dans tout ça, mais j'étais en train de vous dire que quand la France a voulu un peu hausser le menton, Donald Trump a tout de suite intervenu en mettant des sanctions et finalement nous avons reculé. Donc vous voyez, il faut avoir du courage politique là-dessus.
Sur les réseaux sociaux, justement, on trouve aussi beaucoup de faux comptes aujourd'hui qui relaient une certaine propagande. Lors de ses voeux aux Français, Emmanuel Macron a alerté contre les risques d'ingérence étrangère lors de la prochaine présidentielle, des prochaines élections. Une menace à vraiment apprendre au sérieux, pour vous ? Elle est absolument à apprendre au sérieux.
D'ailleurs, nous avons vu La Poste, dernièrement, qui s'est fait hacker ses comptes, donc la question des données personnelles des gens. Donc oui, aujourd'hui, l'Europe et la France n'est pas au niveau de ce nouveau lieu de l'affrontement géopolitique.
Par contre, dans le cas de La Poste ?
Ce n'est pas une question seulement de sécurité, c'est de la prise en compte de ce qu'aujourd'hui les réseaux sociaux, nous venons d'en parler, mais l'espace numérique d'une façon générale, et le nouveau lieu d'affrontement à l'échelle internationale, qui se retrouve à la fois sur les réseaux, mais aussi sur le terrain. Je pense à l'Ukraine notamment, et à l'Amérique latine aujourd'hui, avec clairement les démarches très offensives et contraires au droit international qu'entreprend Donald Trump sur le sous-continent américain.
Pour parler très franchement, est-ce que vous pensez que la Russie et la Chine peuvent jouer un rôle des interférences dans la prochaine campagne présidentielle, qui va, dès cette année 2026, commencer à se dessiner ?
Je pense qu'effectivement, il y a la Russie, la Chine, les Etats-Unis qui sont des puissances étrangères, mais il y a aussi les faux-comptes dont vous parliez qui sont en France. Je pense à tous ces faux-comptes qui ont beaucoup d'abonnés, qui véhiculent des fake news, qui véhiculent des propos racistes, qui véhiculent des propos antisémites, qui proposent des véhicules suprémacistes et qui harcèlent notamment les femmes et les personnes qui ont la peau noire. Je pense à certains députés qui sont victimes de cela. Donc vous voyez, c'est un problème international, mais c'est aussi un problème national.
La démocratie est en péril de ce point de vue-là, si nous ne prenons pas la mesure que l'Internet n'est pas le lieu du n'importe quoi et qu'il faut arrêter que les victimes doivent faire la preuve de leur innocence.
Ça veut dire aujourd'hui que la France n'est pas une démocratie assez solide justement pour faire face à ces ingérences ?
Je pense qu'aujourd'hui, le champ démocratique que vous abordez sur les réseaux sociaux et sur l'espace numérique d'une certaine façon est attaqué. Je pense que les médias ont un rôle très important pour être les régulateurs justement, de ne pas être les véhicules des fake news, mais au contraire, de rétablir la vérité et l'information parce que vous avez un rôle, messieurs déontologiques, que c'est là la liberté de la presse. C'est d'informer la population pour qu'elle puisse se faire sa propre opinion.
Et moi, je constate qu'il y a beaucoup de rédactions qui cèdent aujourd'hui à des comptes qui ont beaucoup de followers plutôt qu'à vérifier les informations et faire en sorte que les citoyens soient éclairés. C'est ça l'enjeu démocratique, c'est d'éclairer les citoyens.
Benjamin, vous posez la question de la solidité de la démocratie. Dans ce cadre-là, Emmanuel Macron a semblé se poser en garant, en tout cas, de la stabilité institutionnelle face aux ingérences, en promettant que le pays serait à l'abri des ingérences étrangères pour la campagne présidentielle. Est-ce qu'au moins de ce point de vue, vous lui donnez le point et vous lui faites confiance pour mener cette mission ?
Je ne donne pas le point à Emmanuel Macron, je donne le point à toutes celles et ceux dont moi, qui sommes des lanceurs d'alerte depuis longtemps, qui expliquons que les réseaux sociaux sont devenus un lieu compliqué et qui est une atteinte à la démocratie. Pour autant, c'est au président d'être le garant. Si vous parlez de stabilité démocratique, je pense qu'Emmanuel Macron n'est pas le mieux placé pour en parler.
Toujours avec Rodrigo Arenas, député de la France Insoumise de Paris, on va parler du budget qui va revenir en discussion dès lundi d'ailleurs, le 5 janvier à l'Assemblée nationale après le vote des lois spéciales. Je rappelle que les fils étaient abstenus, ce qui était votre cas lors de ce vote. Est-ce que vous dites d'ores et déjà qu'importe la teneur des discussions, peu importe l'ambiance à la reprise des débats, nous voterons contre et l'objectif est de censurer et renverser Sébastien Lecornu ?
Nous n'avons jamais dit que nous votions contre a priori, nous déçons toujours la place au débat démocratique. En revanche, ce qui est certain, c'est que contrairement à des cassandres, il y a un budget pour la France qui s'appelle les lois spéciales, c'est-à-dire la reconduction du budget 2025. Maintenant, le budget 2026 va revenir du Sénat, vous l'avez indiqué, et nous allons défendre le programme et les valeurs et les engagements que nous avons auprès des électeurs.
Mais après vous êtes abstenus sur la loi spéciale, vous nous dites que finalement elle est peut-être mieux, le budget 2025, qui était mieux que ce qui va être discuté pour 2026. Je ne peux pas vous préjuger
de ce qui sera le budget 2026 après les discussions qui vont commencer en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Il y a une deuxième lecture qui arrive, donc il y a l'espace démocratique qui va s'ouvrir. Mais si le budget 2026 est le même que 2025, c'est-à-dire qu'il s'attaque à l'école, qu'il ne prend pas soin des hôpitaux, qu'il ne prend pas soin du service public d'une façon générale et ce sur quoi les députés de la France Insoumise se sont engagés auprès des électeurs lors de leur élection à l'époque du Nouveau Front Populaire, eh bien évidemment ils n'auront pas nos voix. Nous considérons, nous, que la parole donnée a un sens. Nous parlions tout à l'heure de la question démocratique.
La démocratie, ça commence par des élus qui tiennent parole. Donc nous, il n'y a pas de mystère sur ce que nous allons voter et il n'y a pas de mystère sur ce que nous allons défendre. Donc à la fin du débat budgétaire en 2026, eh bien il est probable que nous voterons contre s'il est la reconduite en pire de celui de 2025.
Et en cas de recours au 49-3, ce sera quoi la censure ?
Mais comme à chaque fois qu'une censure est mise en place, qui nous paraît un exercice démocratique qui pour le moins n'est pas très respectueux des chambres parlementaires, nous déposons le mot sans censure. Nous sommes assez coutumés du fait, non pas parce que nous habituons à cela, parce que c'est le seul outil institutionnel dont l'Assemblée nationale est dotée pour marquer à des accords profonds avec une orientation gouvernementale. Et moi, je suis assez surpris d'avoir des groupes qui ne la voteraient pas, alors que précisément, le budget risque de se traduire.
En tout cas, je ne veux pas préjuger, mais il me semble que c'est l'orientation qui est prise par Sébastien Lecornu qui est contraire aux engagements qu'ils ont pris quand ils ont été députés aux dernières élections législatives.
Ça, ça vaut pour le Parti socialiste, ceux qui ne la voteraient pas et qui ont d'ailleurs voté le projet de loi de finances de la Sécurité sociale, le budget de la Sécu. Ils ont trahi les socialistes en faisant ça ?
Alors, ça vaut pour des députés du Parti socialiste, mais ça vaut aussi pour d'autres députés qui ont pris des engagements qui ne sont pas de gauche, pour le coup, et qui ne trouvent pas...
Ils ont trahi vos anciens amis socialistes ? Pardon ? Ils vous ont trahi vos anciens amis socialistes ?
La France insoumise ? Ah non, ce n'est pas la France insoumise qui trahissent. Ce sont, pour le coup, les engagements qu'ils ont pris auprès des électeurs en tant que députés de l'ONFP. Voilà. C'est auprès des électeurs qu'ils vont donner des explications. Ce n'est pas par rapport à nous. D'ailleurs, je vois que ça rame un peu pour expliquer à la population le bien-fondé de leur attitude ces derniers temps. Mais la démocratie tranchera dans cet ordre-là. Pour ce qui nous concerne, moi, je n'ai pas à me prononcer sur le Parti socialiste. Ils ont leurs instances, ils ont leurs députés. Moi, je vous réponds en tant que député insoumis.
J'entends honorer le mandat qui est le mien et l'engagement que j'ai pris auprès des électrices et des électeurs.
Rodrigo Arenas, votre parti La France insoumise On va commencer par celle qui vous concerne. Votre nomination au Conseil supérieur des programmes scolaires, c'est une instance consultative qui peut donner son avis sur la construction des programmes scolaires. L'essayiste journaliste Alexandre Devecchio, dans le Figaro, il voit votre entrée comme une entrée de l'islamo-gauchisme au sein de l'éducation nationale. Ce sont ses mots, une traduction de ses mots, en tout cas. Vous revendiquez, vous, des positions communautaristes ?
Moi, je trouve intéressant que vous me posiez cette question de cette façon-là parce qu'à un moment donné, jusqu'à quand les rédactions françaises vont se laisser imposer des thématiques par des comptes d'extrême droite, des comptes suprémacistes ou alors des journaux qui sont clairement d'extrême droite et racistes comme je pense au JDD, à Europe 1, le groupe Bouloré et à CNews. Je pense qu'à un moment donné, il y a une liberté de la presse qui est attaquée par le fait qu'il y a une sorte de réaction moutonnière à des thématiques qui sont imposées par cette frange que je combats et que je conteste dans notre pays.
Ce qui est certain,
c'est que je ne sais pas de quelle émotion vous parlez parce qu'en l'occurrence, le Conseil super des programmes est une instance démocratique dans laquelle est représentée l'ensemble de la société civile et des personnalités nationales qui sont des députés et des sénateurs. La gauche y est minoritaire contrairement à ce qu'on dit et en l'occurrence, ça n'est mieux personne qu'une députée d'extrême droite du Rassemblement national qui prône le grand remplacement et d'autres théories d'extrême droite qui sont très très bien connues n'est suscité l'émotion de personne, en tout cas très peu.
En revanche, ce que je peux vous dire, c'est que oui, cette façon de concevoir l'information qui n'est pas une information qui est de la désinformation, aujourd'hui envahit les plateaux, envahit les médias qui sont censés informer et même votre groupe, je suis désolé de vous le dire, il n'y a pas si longtemps que ça, si vous me permettez de finir sur France TV Info, l'invitation pour parler du voile à l'école. Mais il n'y a pas de voile à l'école. L'école publique, le voile est interdit grâce à la loi de 2004. Donc pourquoi est-ce qu'on traite d'une information qui n'existe pas ? Et c'est là où nous avons un problème quand vous demandez de me prononcer sur des fake news.
Mais justement, Alexandre Devecchio,
vous allez pouvoir répondre. Il vous reproche quelque part
d'avoir... Un journaliste qui raconte n'importe quoi,
excusez-moi. On vous donne cette opportunité, en tout cas, est-ce que vous voulez la prendre parce qu'il vous reproche de vouloir revenir sur l'interdiction de la baïa à l'école ?
Mais M. Devecchio, c'est très bien puisque j'ai fait modifier les articles qu'a écrit le JDD, j'ai fait modifier les articles qu'a écrit l'Europe 1 qui n'ont pas supprimé les vidéos en ligne dans lesquelles ils font ce mensonge. Et c'est-à-dire que je dois venir sur votre plateau perdre du temps à me justifier sur quelque chose qui est faux et qui est public et qui est connu. Je me suis déjà prononcé sur ce sujet-là. Donc vous voyez, c'est panique morale que les réseaux d'extrême droite, que les médias d'extrême droite essayent de mettre dans la tête de nos concitoyens et qui du coup sont une manipulation de l'opinion et qui sont un danger pour la démocratie.
Je pense qu'on doit appartir d'autre chose. En tout cas, oui, la loi de 2004 est respectée dans notre pays et je viens me prononcer sur le fait que la baïa n'a pas à être dans l'école, que la loi de 2004... Vous voyez, je dois répondre sur des choses fausses et sur des dingueries qui en fait sont l'expression du racisme dans notre pays. Ce n'est pas acceptable et je suis désolé qu'on perde 5 minutes à parler de ce journaliste qui est un menteur et qui n'a pas fait son travail parce qu'il n'a pas vérifié ses informations.
Sans mélanger tous les sujets, la polémique vient parfois aussi de vous. C'est le cas de Carlos Martin-Sbilongo par exemple, ces derniers jours qui, dans l'émission diffusée sur YouTube, la librairie africaine a notamment insulté... Qui a été retirée depuis. Exactement. Rachida Dati, ministre de la Culture, candidate à la mairie de Paris qui a estimé que les gens du Nord avaient des problèmes intellectuels et que ça liait tout ça au racisme. Est-ce que finalement vous n'accréditez pas quand même avec ce type de polémique ? Je pourrais aussi citer la photo publiée sur l'Instagram par le député Adrien Clouet d'un livre qui prétend dénoncer les liens entre LFI et l'islamisme.
Livre disposé sur un tas de granules à bois prêtes à aller au feu à la cheminée. Est-ce que vous n'alimentez pas quand même la possibilité pour les uns et les autres vos détracteurs de dénoncer LFI comme une secte ?
Sur ce que dit Carlos Martin-Sbilongo, il aura l'occasion de s'en exprimer lui-même. Il y a beaucoup de manipulations de cette vidéo qui ont été faites et des montages qui sont faits à dessein. Maintenant, encore une fois, je suis désolé de vous le dire parce que vous êtes journaliste d'un service public, vous remettez encore... Monsieur, vous venez d'utiliser le mot secte, mais qu'est-ce qui vous autorise à dire que la France Insoumise est une secte ? Je vous pose la question, je ne sais pas. Est-ce que vous utilisez les termes, les raisonnements qui sont ceux qui vous sont véhiculés sur les réseaux sociaux ?
Donc, voilà, excusez-moi, je suis quelqu'un qui est un citoyen éclairé, qui est sur les lumières, qui est universaliste, qui est humaniste. Parlons des vrais sujets de l'école. Parlons, puisque vous me parlez de ça, parlons des enseignants qui sont mal payés. Quand un de vos collègues tient des propos racialistes et suprémasistes, la réponse est non. Mais bien sûr, et sur ce plateau, c'est même tous les jours. Si vous comptez, monsieur, excusez-moi, je ne remets absolument pas en question votre liberté de la presse. Non, pas du tout, au contraire, je ne remets pas en question votre déontologie.
En revanche, ce que je peux remettre en question, parce que ce n'est pas moi qui le dit, ce sont y compris des études de certains de vos confrères, de vos consoeurs, c'est que le temps consacré, le harcèlement qui est fait sur les députés de la France Insoumise est sans commune mesure aux journaux et aux thématiques qui sont développées sur les députés d'extrême droite. Et ça, je suis en droit de le faire remarquer.
Donc pas de problème sur les propos tenus. qui ont été faits sur les députés RN qui ont eu quelques problèmes. On en a fait de nombreux aussi. On a eu l'occasion de poser des questions sur le sujet aux députés du Rassemblement National. Alors,
sur quelles questions précisément ? Allons-y, puisque vous voulez absolument parler de la France Insoumise à long terme ?
Non, non, justement, ce que vous demandez, Paul, sur les propos de Carlos Martins-Bilongo. Je vous ai répondu,
il y a dans ce qu'il dit des vidéos qui ont été montées qui ne sont pas la vérité de l'ensemble de ce qu'il dit. Ce sont des morceaux choisis et ce sont des pratiques sur les réseaux sociaux qui sont une atteinte à la démocratie. Libre à lui de mettre en place les actions en justice qui lui appartiendront. En revanche, ce qui est certain sur la question de Mme Dati dont vous avez prévenu, le mouvement a été très clair, il s'est désolidarisé de ses propos.
Carlos Martins-Bilongo a présenté ses excuses et je pense qu'il a dans son activité parlementaire toute ma confiance pour faire en sorte qu'avoir une discussion de potage, ce n'est pas sérieux et qu'à partir de là, il s'est excusé pour cela. Maintenant, faites ce même travail en nombre et en quantité sur les députés du Rassemblement National et là,
ce sera crédible. On ne vous inquiétez pas, on le fait. Merci beaucoup, Rodrigo Arenas, député L'AFI de Paris d'avoir été avec nous. Merci, Paul. Très bonne journée. Interview à retrouver en intégralité en vidéo sur franceinfo.fr
Rodrigo Arenas