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Podcast / conversationFrance Inter (sur YouTube)· 4 juin 2026 4 minComplaisantDivertissement

Mauvaise graine - La drôle d'humeur de Mélodie Fontaine

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Présentateur

Voici Mélodie Fontaine ! Vous n'auriez pas raconté les jardins et les parcs comme ça ? Mais non, mais comment vous avez deviné ? Oh, vous avez eu du bol, hein ? Maggie-Boll ? Allez, bon, il y a beaucoup trop de douceur dans ce bouquin, tous ces beaux sentiments, ça m'énerve, ça ! Comment on retrouve ce monde de zinzin après ces balades bucoliques ? Heureusement, tout n'est pas rose, tout n'est pas vert. À propos du marché aux fleurs et aux oiseaux, vous écrivez, on comprend alors que le chant des oiseaux, les feuilles, les fleurs ou les arbres, n'inventez qu'une illusion éphémère de jardin, pour que l'on puisse croire au jardin, il faut qu'il y ait des racines.

Ça, avec la chanson derrière et tout, vous voulez que je chiale ? C'est ça ? J'ai pleuré devant les tuches, vous voulez ma mort, Hervé ? Alors, il faut préciser que Sylvain Mauser illustre musicalement vos mots, d'ailleurs, il est possible de lui écrire à Sylvain, pour lui demander de nous envoyer la partition par mail. Alors moi, j'ai demandé parce que j'adore tout ce qui est gratos, moi, j'adore l'écriture, même si je ne sais pas du tout lire une part. Je fais tout à l'oreille, moi, vraiment tout. Demandez à Oldelaf, c'est pour ça que j'ai le conduit auditif large et le lobe lâche.

Quand juste fini jardin sauvage, adjectif du subjonctif pluriel, j'ai voulu m'y rendre, pardon, j'avais oublié un mot, j'ai voulu m'y rendre dans les jardins sauvages. J'adore les parcs, tous les parcs, Jurassic Park, South Park, Park Chan-wook, Parkinson, Park-Trick-Sébastien, tu es moi, tu es moi, Rosa Park, j'arrive plus à Maradès. Comme les hommes, les parcs m'emplisent de vie. Oh, j'essaye d'être romantique. Dans le livre, il y a même un plan. Alors, j'ai cherché le plus proche de chez moi, c'était le cimetière de Montmartre. Je risquais de croiser Nagui ou Leila parce qu'ils aiment s'y promener à la tombée de l'anis.

Ils allument des bougies, ils enfilent une toge et ils invoquent l'esprit des anciens. Donc, j'ai choisi un parc absent du livre, direction mon parc de quartier, le square Clignancourt, que vous connaissez bien, si je ne m'abuse. Le square Clignancourt, pour ceux qui ne survivent pas à Paris, c'est très cool, mais c'est mieux d'y aller après 11h du matin. Et avant, je veux dire, avant, pas après. Et il faut aimer l'herbe fraîche, celle qu'on roule. Et c'est, comment dire, on est loin des peintures d'Alexandre de Broca. Je pousse la grille rouillée, les barreaux rombissent comme ceux d'une cellule. Quel plaisir de se sentir prisonnière à l'extérieur.

Ici, Hubert, que l'on surnomme Saint-Huberculose. Salut Hubert, ta gueule ! Il est charmant. Là, Hubert enfonce sa pipe à craque dans ses molaires et ses babines. Et un enfant passe en suce au temps son pouce. Les deux se regardent, ils ont chacun quelque chose dans la bouche. L'odeur d'urine vient me frapper au visage. Ce n'est pas une image, de l'urine me gifle, littéralement. C'est assez désagréable, mais moins que le ballon d'un gosse insupportable qu'il m'envoie dans la tronche. Je l'empale sur les grilles du parc et il se dégonfle, puis je m'occupe du ballon. Sur un banc, une vieille personne semble heureuse d'être encore là, simplement.

J'éprouve une grande tendresse et puis je me dis que c'est peut-être une connasse, on ne sait pas. C'est vrai, on considère toujours les vieilles dames des bancs comme des espèces de sages, mais elle est peut-être fan de Goebbels et adore couper les oreilles des chatons, on n'en sait rien. Si elle sourit, c'est peut-être en pensant à Sarko, on ne sait pas. Dans le doute, je l'insulte. Là, une litière, enfin pardon, un bac à sable. Malgré tout l'esprit est puissant, j'arrive à éprouver de l'amour pour cet endroit piégé entre deux crottes. Et ça, c'est grâce à votre bouquin, monsieur le tellier. Monsieur le tellier de Lapin. Ah, le tellier Fonson, ah, ça me reprend, arrêtez-moi.

Je l'ai lu comme un livre sur la résistance, une résistance de la vie et des souvenirs qui ne veulent pas crever. Comme le petit bout d'herbe qui pousse et repousse entre deux dalles, les racines sont là. Donc non, je n'aurais pas fait ça comme ça, mais c'est très bien que vous, vous ayez fait ça comme ça. Bravo, Mélopi !