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interviewSud Radio· 30 mai 2026 23 min

"Les partis d'extrême droite attaquent délibérément l'audiovisuel public" : Nathalie Sonnac

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La Caisse départne [musique] île-defrance fière de soutenir toutes les femmes, vous présente [musique] Sud Radio Parlons femmes, Judith Beller. Il est 13h30 sur Sud Radio. Bienvenue dans Parlons Femme, l'émission qui célèbre les femmes qui osent tout simplement très heureuses de vous retrouver.

Nathalie Sonac est professeur en sciences de l'information et de la communication à l'université [musique] Paris Panthéon à spécialiste de l'économie des médias et ancien membre du CSA. Quel pédigré ! Bienvenue Nathalie.

Merci beaucoup. Alors vous nous venez avec votre dernier ouvrage. Qui veut la peau de l'audiovisuel publique ?

C'est tout juste publié aux éditions de l'observatoire et ça ça va y aller hein. Ça y va. Ça y va.

Allez c'est parti. Parlons femme. Sud radio parlons femmes.

Juditth Beller. Alors parlons femme vous pose des questions. Nathalie la première.

Quelle femme vous inspire une force radicale ? Je crois vraiment Giselle Limi. Ah oui !

Ah oui ! Ah oui. Son combat, la liberté, euh la défense des droits des femmes, évidemment une très grandes avancées sur le plan de la la justice.

Ouais, c'est une grande grande femme puis dans l'époque où elle était où c'était vraiment pas simple quoi. Non, c'était pas simple. Elle s'est vraiment battue et les résultats sont assez extraordinaires et on continue en fait de s'appuyer, d'avancer grâce à elle.

Oui, bien sûr. C'est vrai qu'on a tendance à plutôt citer Simon Ve d'habitude. Oui, c'est évidemment celle à laquelle je pensais naturellement dans tout ça ne serait-ce pas un peu madame Alimi ?

En tout cas, toute compte et les deux comptent vraiment. H euh trop ambitieuse, trop visible, trop directe. Vous l'avez entendu ça, Nathalie ?

Euh peut-être trop direct dans mon jeune temps. [rires] Ouais. Trop visible peut-être maintenant.

Non, pas vraiment. [rires] Euh est-ce que c'est pas ce trop qu'on dit aux femmes toujours en général vous êtes trop dès qu'on est un peu autrement ? Oui oui, moi on m'avait déjà dit mais qu'est-ce que tu veux de plus ?

Et je crois avoir répondu plus. Voilà. [rires] Si vous pouviez offrir un super pouvoir à toutes les femmes de de la planète, qu'est-ce que vous leur offrirez ?

Certainement la confiance. Ouais. C'est peut-être ce dont en tout cas moi j'ai le plus manqué.

Hm hm. Euh et qui continue toujours de me de me manquer ou en tout cas sur lequel vraiment j'essaie de m'appuyer. Ouais.

Je cache bien mon jeu. [rires] Est-ce que finalement c'est pas quand on est un peu timide et tout ça qu'on doit forcer le trait et et qu'on va peut-être plus loin parfois aussi. Oui, mais c'est aussi je pense culturel. dépend aussi de là où on a été élevé, donc quel milieu dans lequel on a été élevé et puis ensuite dans le milieu dans lequel on grandit où on essaie d'évoluer et ça prend du temps.

En tout cas, moi ça m'a pris beaucoup de temps. Bien sûr. Alors votre livre he que je rappelle qui veut la peau de l'audiovisuel public, c'est sorti à l'observatoire.

Vous y décryptez les attaques politiques, économiques, idéologiques qui visent le service public audiovisuel français. euh à partir de cette récente polémique médiatique avec les journalistes Thomas Land, Patrick Cohan qui est devenu aussi une affaire d'état et puis euh vous pousser un peu le trait en disant que c'est vraiment le symptôme d'une fragilisation plus profonde du service public audiovisuel et du coup une polarisation du débat public en fait. Donc en fait, grosso modo, si on vous écoute, les journalistes peuvent plus difficilement faire leur travail aussi, hein.

En tout cas, nous sommes depuis plusieurs années dans un espace public au sens général du terme qui est totalement déstabilisé. Déstabilisé parce qu'on a de nouveaux usages, parce que aujourd'hui, on s'informe majoritairement sur les réseaux sociaux via notre téléphone portable, on passe d'une information à une autre. Il y a une très grande déstabilisation de cet espace public.

On est quand même dans un une crise internationale. C'est un peu bateau de le dire comme ça, mais néanmoins, c'est ça participe d'un contexte de grande déstabilisation, de mise en risque aussi de la part des des journalistes, une crise institutionnelle, des médias, des politiques en général. Tout ça tout de même aggloméré, conduit à ce que on constate bien, une polarisation du débat, mise en risque du service public.

Et puis aujourd'hui, c'est vrai que c'est ce que je voulais dénoncer particulièrement dans cet ouvrage, c'est qu'on constate en France, on l'a pu le constater à l'heure de cette commission d'enquête, mais en Europe de façon générale, une attaque idéologique hein de l'extrême droite à l'encontre des services publics et et je souhaitais le le dénoncer parce que c'est un combat qui est pas simplement vis-à-vis du service public et en défense du service public, ça bien entendu, mais de cet espace commun qui est déstabilisé et qu'on qui fait que qui nous empêche en fait de de vivre ensemble. Or, d'un point de vue démocratique, on a besoin de ces médias, de l'ensemble des médias. On a besoin de Sud Radio comme on a besoin de du service public pour pouvoir échanger, pour pouvoir voter en toute conscience.

Exactement. Le pluralisme, la diversité et ça c'est terriblement attaqué. Alors, on peut en parler 2 secondes.

Il y a Vincent Boloré à travers le groupe Vendy qui a profondément transformé des médias comme Canal Plus, c'est news, Europin et cetera, le JDD aussi. Euh il y a ces détracteurs qui dénoncent une ligne éditoriale idéologique et une concentration du pouvoir médiatique entre ses mains. Et puis il y a ses soutiens qui d'une diversification de l'offre médiatique et d'une réponse à une demande du public pour des médias d'opinion plus affirmés.

À l'inverse, vous avez aussi Mathieu Pigas. Mathieu Pigas qui vient d'une génération d'investisseurs, d'actionnaires issus du monde de la finance et des élites économiques hein et qui lui est à la à la tête du groupe Le Monde des incorruptibles de Libération de Radio Nova et qui affirme vouloir influer sur le paysage politique français au même titre. Euh, on peut se poser des questions dans les deux sens.

Finalement, c'est la raison pour laquelle vous voyez bien, ça on est tout de suite polarisé. Finalement, c'est blanc, c'est noir, c'est j'aime ou je n'aime pas, je veux, je veux pas. C'est exactement ce dont on n pas besoin dans une démocratie, c'est de cette polarisation.

Donc, je crois que qu'est-ce que c'est la solution ? faudrait la solution c'est en en aucun cas en tout cas alimenter ces ces polémiques mais être capable de reposer les conditions de débat démocratique. Aujourd'hui le fait que nous parlions de la puissance de frappe de ces deux acteurs, que ça soit Mathieu Picass ou Vincent Boloré nous conduit aussi et devrait nous conduire aussi à la place qu'a pris aujourd'hui des réseaux sociaux des acteurs comme un Facebook, un Twitter ou un TikTok qui sont en dehors du choix informationnel et qui pourtant nous font remonter l'information.

C'est sur eux, c'est sur ces acteursl et à partir de ces acteursl que j'accède à d'autres informations, on voit bien que le débat va au-delà de celui qui est euh circonscrit à uniquement une une guerre entre deux pôles qui aujourd'hui c'est complètement en fait dépassé. Pour moi, c'est un débat de l'ORTF, le débat qui a eu exactement comme cette commission d'enquête n'ont pas pris en compte euh l'algorithmie, euh les usages, les jeunes, comment ils s'informment, comment ils vont voter, à partir de quelle info on va voter, la place de la désinformation, la place de la manipulation de l'information, la place de l'ingérence étrangère et j'ose ajouter la place aujourd'hui de l'intelligence artificielle où finalement les élections présidentielles c'est dans un an. Et la [grognement] première question que les gens vont poser à un chat du PT, à un CL ou un Jini, c'est pour qui je vais voter ?

Et là quand même, il y a un vrai débat démocratique. Donc il faut absolument que nos politiques, c'est la raison moi pour laquelle j'ai aussi écrit ce livre, c'est que nos politiques doivent absolument être au-dessus de cette mêlée, changer, sortir de ce débat facile d'État voulait dire et enfin prendre la place d'hommes d'état. Je crois qu'on en a besoin [rires] peut-être des femmes d'état, il faudrait qu'elles se réveillent un peu.

Voilà. Euh est-ce qu'on peut garantir une vraie indépendance éditoriale selon vous quand on a des grands groupes financiers comme ça qui et industriel he d'ailleurs qui contrôlent bah les principaux médias parce que c'est les principaux. L'important c'est d'avoir un cadre régulatoire qui nous permet nous citoyens d'accéder à un pluralisme d'information.

Ce qui est important, c'est que le pouvoir ne soit pas concentré entre les mains de quelquesuns. Ce que l'on observe aujourd'hui, c'est effectivement le groupe Boloré occupe une place non négligeable dans cet espace informationnel, mais finalement relativement, certains vont le critiquer, mais peut-être un un si vous me permettez l'expression par rapport à à un Twitter ou ou un Facebook. Donc, il faut qu'il puisse avoir la place mais de la même façon qu'il faut que l'audiovisuel public puisse avoir sa place.

Il faut que l'ensemble de ces acteurs puissent être présents et ça c'est le cadre réglementaire qui qui devrait poser ça, qui devrait imposer ça. Or, ce cadre réglementaire est complètement à côté de la plaque, c'est-à-dire qu'il ne fait là encore les les transformations, les votes de la loi par le parlement et bien n'a pas eu lieu au bon moment et ce qui fait qu'on se retrouve aujourd'hui avec un espace informationnel qui est complètement dérégulé. Pourquoi ? parce que finalement nos acteurs français eux le sont dans un cadre qui existe pour la presse, la télévision et la radio mais en dehors duquel et bien finalement tous les autres acteurs étrangers américains ou chinois bah eux n'y sont absolument pas.

Ils sont régulés, permettez-moi d'y revenir. Sauf quand Thomas le Grand et Patrick Cohen sont filmés à leur insu lors d'une discussion dans un café parisien avec des responsables du Parti socialiste. Il y a quand même un problème parce queil y a Thomas le Grand qui a dit "Nous, on fait ce qu'il faut pour Dati, Patrick et moi".

Et [grognement] alors ça a été beaucoup discuté. le point de départ d'une grande grande polémique après que des journalistes éditorialistes euh spécialistes de l'actualité et aille au plus près de l'information une information de première main d'hommes politiques pour pouvoir savoir ce qu'ils ont eux dans leur tête, quel est leur programme à un nom duction présidentielle en vrai ça ne me choque pas. Ouais mais qu'il l'influence c'est un peu moins bien quand même.

Évidemment mais est-ce qu'on pourrait dire la même chose ? On va suivre tous les journalistes. Vous voyez le le fait de participer à ça fait que ça remet en cause finalement.

Donc le problème c'est les réseaux sociaux là, c'est pas les journalistes. Non, je crois que le problème c'est d'avoir actionné ça uniquement sur le plan de la suspicion. D'accord.

Moi ce qui serait très intéressant de savoir c'est quel est le rôle des médias, quel est le rôle du journaliste, quel est le rôle de l'éditorialiste ? Est-ce que la question c'est de savoir si Thomas le Grand est plus à gauche ou à droite ou est-ce que Thomas les grand lorsqu'il traite un sujet, il le traite en ayant à cœur toujours en tête et dans son cœur ? Exactement l'impartialité.

Exactement. Vous avez entièrement raison. D'ailleurs, tous les journalistes sont éduqués normalement pour apprendre à l'impartialité.

L'impartialité qui est qui est jamais à 100 % possible hein. Évidemment parce que l'impartialité, vous avez raison, l'impartialité en fait c'est vraiment un aboutissement, c'est un idéal. L'important finalement c'est que on revienne au fait et qu'on ne parle pas aujourd'hui face à deux micros dont si on disait qu'ils étaient ils étaient bleus alors qu'ils sont rouges.

C'est ça en fait. C'estàd qu'on qu'on ait la certitude que les faits soient relatés, explicités, analysés et puis ensuite quand on a un éditorialiste, bah oui, on a un point de vue et c'est pas un problème. C'est pas une question de point de vue du coup.

Et du coup non, ça peut-être [rires] alors si c'est un éditorialiste, ça peut-être quand même une question de point de vue, mais c'est pas une question de ligne éditoriale en tout cas. Bien sûr. Est-ce que vous pensez parce qu'on en a parlé 2 secondes tout à l'heure, que la place des femmes évolue dans le milieu des médias assez que vous qui avez un regard plus global en fait que moi d'ailleurs tout simplement.

En tout cas, la représentation euh des femmes à l'écran, euh ça fait quand même une bonne dizaine d'années qu'avec des indicateurs, on tente finalement euh que ça soit poussé, c'est-à-dire qu'on ne retrouve pas euh les rôles des femmes toujours à la même place, au même endroit, mais qu'au contraire, on retrouve autant des femmes flics euh dans des fictions que qu'on est des femmes qui soient clochard ou balayant la rue. Donc, on voit bien, ça quand même des représentations de l'image des femmes dans l'imaginaire. Ouais, ça c'est dans effématique se retrouve exactement comme l'ensemble des grandes entreprises la grande difficulté à ce que les femmes accède au pouvoir et aujourd'hui on a quand même des règles.

On a la loi Rixin qui tente que dans le société du CAC 40 on ait une juste représentation des femmes et ça y va mais tellement doucement. Mais tellement doucement. C'est vrai que c'est très long.

Qu'est-ce qu'il faudrait pour que ça aille plus vite à votre avis ? Loi une fois encore he le cadre indispensable déjà. Pourquoi faut les appliquer peut-être tout simplement ? et puis augmenter le montant des amendes.

Je pense que ça peut [rires] calmer. C'est ça. Allez, parlons femmes.

C'est l'émission qui donne la parole à celles qui n'attendent plus qu'on leur donne la permission d'exister. Vous l'aurez compris, on est sur Sud Radio avec Nathalie Sonac, professeur en sciences de l'information de la communication à l'université Paris Panthéon Assas, spécialiste de l'économie des médias, anciennement du CSA et son livre qui veut la peau de l'audio de l'audiovisuel public. J'en perd mes mots et oui qui c'est aux éditions de l'observatoire.

Restez avec nous. La [musique] Caisse d'épargne île-de-france fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio Parlons femmes. Judit Beller. [musique] Quand les femmes parlent vraies, les lignes bougent sur Sud Radio aujourd'hui c'est avec Nathalie Sonac que j'échange.

Professeur en sciences de l'information de la communication à l'université Paris Panthéon à SAS spécialiste de l'économie des médias ancien membre du CSA et son dernier ouvrage qui veut la peau de l'audiovisuel public sorti aux éditions l'Observatoire. Mais qui veut la peau de l'audiovisuel public ? Nathalie Sonac.

Je crois que la réponse est est assez claire aujourd'hui. C'est ce sont les parties d'extrême droite et pas simplement en France. On constate que dans toute l'Europe, il y a une attaque délibérée en Angleterre, en Suisse, ça avait été le cas en Grèce d'une attaque délibérée à l'encontre de l'elie public à la fois parce que c'est on voit bien que nos démocraties sont sont fragilisées et c'est le symptôme en fait hein et le symbole d'une fragilisation de nos démocraties.

Et c'est la raison pour laquelle moi j'ai mené à la fois je mène ce combat euh pour un un audiovisuel public présent indispensable mais pour un écosystème informationnel qui soit à la hauteur de nos ambitions, c'est-à-dire avoir des vraiment des médias qui soient des vecteurs de démocratie. Et aujourd'hui, il y a une crise économique profonde qui touche les médias en général et le service en particulier lorsque l'État ne finance pas à la hauteur de ce qu'il devrait faire ou en tout cas annonce des baisses drastiques de financement. Alors, j'entends ce que vous dites mais nous on est un média privé par exemple sur Sud Radio.

Euh notre investisseur, il peut pas constamment non plus venir boucher les trous. Faut aussi qu'on fasse monter les auditeurs. Faut aussi qu'on fasse notre boulot en fait pour que ça soit finançable.

Bien sûr, mais on voit bien la difficulté en fait à la fois. On sait pas trop où il va l'argent. Donc vous dirait oui mais bon on donne beaucoup d'argent déjà.

Oui. Alors beaucoup d'argent tout est relatif. Là c'est effectivement un montant de de 4 milliards mais c'est pour le groupe France Télévision Radio France France Méia monde é TV5 monde.

Donc on voit bien que c'est pas simplement un acteur une chaîne de de télévision et c'est tant mieux et c'est important de le préciser. C'est important aussi de dire que eux aussi doivent participer à cet effort de guerre si vous me permettez cette expression. à l'instar finalement de l'ensemble des autres catégories et autres secteurs d'activité du pays et qu'ils doivent rendre des comptes évidemment et il il en va du c'est le rôle en fait hein des des parlementaires que de que de bien vérifier que les entreprises publiques remplissent leurs missions.

Mais de façon plus générale, on voit bien que radio privé comme public, télévision privée comme public se trouve face aujourd'hui à des nouveaux usages avec une baisse de l'audience. Il faut repenser les manières de faire Exactement. Il faut complètement on voit une baisse des ressources publicitaires terrible égal énorme pour pour le secteur privé une baisse des audiences et et surtout des annonceurs qui courent vers les investissements de de plateforme et préfèrent investir de plus en plus sur des médias digitaux plutôt que sur les médias dit traditionnel parce qu'ils sont plus libres aussi finalement ils ont pas les mêmes lois non plus hein par exemple la loi c'est un bon exemple la loi sur l'alcool nous on n pas le droit de parler d'alcool à la radi comme ça c'est interdit parce que ça peut pousser à la consommation ce qui n'est absolument pas le cas sur les plateformes en général.

Oui, je crois que je dis vous avez vraiment vous faites bien de de pointer du doigt cette asymétrie réglementaire qui peut y avoir entre finalement ces deux espaces informationnels qui n'en forment qu'un mais qui est d'un côté régulé par l'Arcom pour les médias audiovisuels et puis d'un autre effectivement où on a l'impression que finalement c'est le Far West et on comprend, on peut comprendre en tout cas que les annonceurs se dirigent et préfèrent investir de plus en plus vers ces nouveaux acteurs. Et alors, pourquoi est-ce que c'est c'est pourquoi tout ce que tout ce que vous nous racontez, cet affaiblissement des médias finalement provoque un affaiblissement durable d'institutions républicain ? J'en en tout cas ça y participe.

C'est-à-dire que le de la même façon qu'on qu'on constate une véritable défiance à l'égard des institutions, à l'égard des politiques, beaucoup les phrases en sont prononcées de tous pourris. Et bien les mé les journalistes de façon générale sont embarqués he moi j'ai rencontré beaucoup de journalistes qui m'ont dit que c'est de plus en plus difficile d'exercer leur leur job. plus en plus difficile parce que on voit bien cette polarisation touche aussi les affectes et finalement la répin d'opinion quoi.

Oui parce que pas simplement l'info d'opinion c'est parce que justement parce que les gens semblent être en attente d'un oui non d'une réponse facile. On est dans un contexte très compliqué extrêmement difficile à saisir et c'est par 280 caractères qu'on arrive toujours à expliquer les choses. Voyez on prend du temps pour expliquer. et ce tempsl on dit qu'on a de moins en moins qu'il faut parler de plus en plus vite finalement une petite vis que que 4 minutes cette réussion de temps oblige finalement à terriblement simplifier et on se retrouve face à une polarisation bah j'aime j'aime pas je suis pour ou je suis contre et finalement je lève le pouce ou je le descends et ça c'est complètement le contraire de ce dont tu as besoin une démocratie alors on est bien d'accord avec vous mais c'est très difficile d'aller à contre-courant comment faut faire alors je suis pas certaine que ça soit si difficile d'aller à contre-courant parce qu'on constate constate lors des et c'est assez contradictoire ou en tout cas c'est paradoxal aux États-Unis lors de la campagne des élections présidentielles au lors de Donald Trump 2 et bien on constate qu'il y a un podcast Oui, c'est vrai.

Un podcaster qui a cartonné et qui ne raflait pas simplement 17 millions d'auditeurs mais plus de 50 millions ont écouté ce podcast. C'est Joe Rogan pour ne pas le citer euh qui avec une interview du président de la République du futur président de la République à l'époque de plus de 3h. Donc en fait c'est vrai qu'on va vers des formats courts et c'est ceux qui sont privilégiés verticaux courts, rapide.

Ah il y a des podcasts qui sont très longs hein. Mais il y a des podcasts. Exactement.

Et ça le podcast que vous demandez en tout cas lorsque moi je demande à mes étudiants. Est-ce que vous écoutez la radio ? La radio peut-être pas, mais les podcasts oui.

Donc ça ne veut pas dire que donc la radio n'est pas morte, elle se repense, elle se réinvente et bien la télévision doit faire exactement la même chose. Les médias traditionnels et bien doivent se réinventer parce que eux ont quand même des missions. Ceux de produire une information de qualité, ce qui n'est absolument pas le rôle d'un Twitter ou d'un TikTok.

Vos travaux en général, il porte Nathalie Sonac sur la concentration des groupes de presse, l'impact des plateformes numériques, les gars femmes, mais aussi l'éducation aux médias et la défense du pluralisme démocratique. Sur l'éducation au médias, vous vous avez des des étudiants qui ont 20 ans quoi à peu près. C'est vrai que par exemple pour les jeunes collégiens euh ça manque.

On aurait envie qu'ils aient un cours où on leur apprenne à aller chercher l'information, travailler. Bon, ils ont ils ont ils commencent à avoir des des petites infos sur ce que c'est une fake news et cetera. Ils en parlent en classe, mais c'est pas encore vraiment valorisé au même titre que les autres matières alors que ça le devrait quand même.

Vous avez raison. Moi, c'est ce que vraiment je travaille là-dessus depuis depuis 3 ans, je pilote le COP, conseil d'orientation et programmation du Clémi, hein, qui est un conseil qui dépend de l'éducation nationale, qui travaille depuis une quarantaine d'années sur à l'éducation au médias, mais on voit bien que cette éducation au médias aujourd'hui n'a rien à voir avec l'éducation au média il y a 40 ans. Donc, il faut former nos jeunes, mais il faut également former les professeurs, les professeurs des écoles.

Et finalement, si on regarde également les chiffres, ceux qui reforwardent le plus les fake news, ce sont pas les plus jeunes pour le dire de façon polie. OK. C'est pas les profs quand même.

Non, mais disons qu'il faut monter un peu en âge. En tout cas, les seigneurs ne manquent pas de reforwarder des des fake news. Sont pas éduqués, c'est ça ?

Oui, bien sûr. Parce que aujourd'hui, l'éducation au médias et à l'information et de façon générale à citoyenneté numérique, on en a besoin en fait de la crèche à l'PPAD. Helligence artificielle, on peut en parler 2 secondes ?

Ah oui, on aurait besoin de plus de temps, mais vous avez bien raison. Voilà encore ce qui participe hein d'une fragmentation de cet espace informationnel qui expose vraiment façon euh puzzle euh l'intelligence artificielle hein euh vient ici euh saper de nouveau comme un seconde tsunami euh après l'arrivée du numérique où le l'écosystème était à peine stabilisé qu'on a cette nouvelle vague bien plus profonde bien plus large qui change complètement les les usages de tout le monde. Bien sûr, on se demande comment on faisait avant.

Parfois. Oui, parfois alors que chatt n'a pas 3 ans. Donc oui, il faut absolument ralentir le système.

Je suis pour le pap qui a fait un appel à au ralentissement de l'intelligence artificielle ou en tout cas à son contrôle. Quand la religion vient se mêler de de d'intelligence artificielle, qu'est-ce que vous avez envie de dire vous Nathalie ? Ah ben écoutez, en moi qui prône la laïcité, la République [rires] et notre défense de démocratie, tout ça m'inquiète terriblement.

Mais néanmoins, une partie du du voilà, une partie du message et c'est important aussi que les plus sages d'entre nous puissent quand même tenter de ramener à la raison et de reposer les termes de l'éthique, de la déontologie. On a quand même, on peut le dire en en souriant et et c'est nécessaire aussi, mais de se dire que on est quand même à 1 an d'une élection présidentielle en France H et que si notre pays basculer à l'extrême droite, ce sont toutes nos libertés qui tomberaient. C'est tout un pays qui tomberait.

Donc je pense que il faut absolument que tout le monde de là où il est réfléchisse bien à son action, à ce qu'il fait, à sa façon de projeter et se rendre compte que c'est notre commun aujourd'hui qui est fragilisé. C'est notre commun qui est en danger et c'est notre démocratie et nos propres libertés individuelles comme collectives qui sont en train de basculer. Alors forcément, je vais vous dire quelle liberté ?

La liberté d'expression, la liberté de communication, la liberté d'entreprendre. Je pense que quand on a la chance de voyager et quand on va dans des pays qui n'ont pas cette chance d'avoir une organisation démocratique comme la nôtre ou républicaine, et bien vite on se rend compte des avantages et de la chance que nous avons de pouvoir il bon il faut bon de pouvoir s'exprimer, il faut bon de pouvoir inviter qui nous souhaitons. Il fait bon de pouvoir exercer notre libre arbitre pour pouvoir exercer notre liberté, notre libre arbitre pour pouvoir exercer finalement et nous forger une opinion.

Il faut que nous puissions accéder à un pluralisme d'opinion. Il faut que le secteur ne soit pas concentré entre les mains de quelques-uns. Il faut que nos acteurs des extrêmes aux autres.

Il faut que nos acteurs euh politiques euh prennent la mesure de ce qui est en train de se passer aujourd'hui. C'est-à-dire que euh cette polarisation, elle est dangereuse. On est à un an des élections.

C'est ça que voulais dire Nathalie. Je pense que c'est vraiment important que nous toutes et tous prenions la mesure de de ce moment. Nous avons 12 mois devant nous pour nous forger une opinion, pour écouter l'autre, pour nous rassembler, pour poser les débats, pour être capable pas simplement de se renvoyer la pierre en permanence et les extrêmes surtout parce que le temps va passer vite.

Euh il faut que il faut que nous prenions conscience de ce que voudrait dire de mettre l'extrême droite ou l'extrême gauche, mais en l'occurrence l'extrême droite semble être les plus fortes dans les sondages au pouvoir. Merci beaucoup Nathalie S. C'est moi qui vous remercie.

Merci. Je vous recommande à toutes et à tous évidemment qui veut la peau de l'audiovisuel public. C'est un livre au choc, c'est un livre important.

C'est sorti aux éditions de l'Observatoire et c'est un livre de Nathalie Sonac. Merci d'avoir partagé ce moment avec nous. Rendez-vous samedi prochain à 13h31 pour une nouvelle rencontre inspirante d'en parlons femmes.

Retrouvez-moi également demain à 19h pour cette excellent. Merci à l'équipe en régie Julien ici présent. Surtout continuez d'oser à toutes.

Sud Radio Parlons femmes. Judit Beller avec la Caisse d'épargne île defance. Fier de soutenir toutes les femmes.