Crise politique : le plus dur arrive ? (avec Benjamin Morel)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
A priori, si ça passe environ un mois, on peut arriver à une période où il sera compliqué pour des raisons de divers et variés de 10 fin novembre, mi-novvembre, bah à partir de fin octobre, on va vraiment rentrer dans le dur du budget. le budget, il va arriver devant l'Assemblée nationale et à ce moment-là et bien les socialistes risquent de voir que la réforme des retraites c'est pas tout à fait une évidence qu'elle puisse être suspendue et à ce moment-là on va avoir une pression sur le Parti socialiste et il est possible qu'à ce moment-là le Cornu 2 aura tenu plus longtemps que lors que le corn 1 mais c'était pas très difficile et à ce moment-là on verra s'il y a un le corn 3 un le cornu 4 un le corn 5 c'était 19h hein le cornu 1 exactement c'est un record toute république confondue et quand même ça c'est beau vous parlez du budget et vous lui vous avez inventé un mot pour ce budget cette semaine. Budget que Benjamin Morel le constitutionniste appelle le budget Frankenstein.
Un budget Frankenstein. Une copie Frankenstein. Frankenstein.
Frankenstein. On a dit Frankenstein. Frankenstein.
Frankenstein. Un budget Frankenstein. C'est un budget Frankenstein.
Ce budget Frankenstein. Ça a bien marché hein. Ouais, ça a bien marché.
Je suis pas sûr que je suis à l'origine de la chose mais visiblement oui. En tout cas en vous explication pourquoi un budget Frankenstein ? Bah parce qu'en fait d'habitude quand vous avez un budget, le gouvernement arrive et a dit "Regardez ça c'est mon budget et ce budget là et ben il apprend à laisser 49 aliné à 3 vous tenez votre truc là pour le coup on va avoir des amendements croisés à l'Assemblée nationale entre la gauche, le RN et cetera et il est probable que cette copie et bien elle ne ressemble à pas grand-chose.
Et là ça va être très très compliqué parce que si vous avez un budget qui ne tient pas vraiment la route infin il doit quand même être voté. Parce que si vous renoncez au 49 à 1 à 3, le gouvernement peut pas faire le grand ménage en disant ça ça va pas, ça ça va pas, ça ça va pas, renversez-moi ou accepter mon budget. C'est l'objectif d'un 49 Aina 3.
Là, on va avoir des socialistes qui certes vont devoir euh adopter le budget parce que bah dedans, il y a la suspension de la réforme des retraites, mais derrière, il y aura d'autres choses dans ce budget. Il y aura notamment bah par exemple la hausse des franchises médicales compliqué à avaler la couleœuvre. Du côté DLR, ben il va y avoir probablement la suspension de cette réforme des retraite.
C'est pas non plus gagné. Difficile d'avaler la couleœuvre également. Infineré, est-ce que ça pourrait être adopté ?
Telle est la question. Et vous dites qu'il est tranquille pendant un mois, mais il va se passer quoi pendant ce mois ? Bah, on va examiner le budget.
Tout le monde va faire comme si ce budget pourrait être adopté. Mais pour les raisons que j'ai donné, etth bien ça va être très très difficile. Votre budget va arriver à l'Assemblée nationale.
Est-ce que les socialistes et les LR pourront l'adopter dans les mêmes termes ? Parce que le fait de renoncer au 49 à 3 signifie que il faut pas que les groupes s'abstiennent en disant "Bon, il y a des trucs que j'aime, il y a des trucs que j'aime pas." Il faut que les deux groupes politiques votent le budget.
Vous savez quand on s'amuse à faire des choses bizarres en sciences politiques, par exemple à se demander si un parti dans l'opposition ou dans la majorité, le critère qu'on retient, c'est est-ce que vous votez le budget ? Si les socialistes votent le budget, théoriquement il rentrent dans la majorité. Ça c'est dur à assumer et évidemment la pression va être lourde.
Jean-Michel qui trépigne. Il y a deux budgets en fait. Il y a le budget de l'État.
On va commencer par d' le Frankenstein. Non, il y a deux budgets. Il y a le budget de l'État et il y a le budget de la sécurité de la protection sociale.
Donc ce sont deux choses différentes. Le premier budget que l'Assemblée examine c'est le budget de l'État des services publics. Et donc le premier vote du budget, c'est ça là.
Le le vrai péril pour le cornu il est là. C'est vers la mi-novembre. C'est le vote en séance publique sur les recettes, c'est-à-dire les impôts.
Enfin et là euh il y aura déjà un problème parce qu'il y aura pas de majorité en fait. Ouis. Et donc là, je sais pas comment le cornu va gérer ça et et ça va être le début du chaos parce que après va venir le budget de la sécurité sociale.
Après le début du caillot, juste le début du cha. Oui, parce que là c'est un an. Non mais là c'est concret là.
Si le premier ministre a pas de majorité pour le budget de l'État, qu'est-ce qu'il fait ? Quelle est sa légitimité pour continuer à travailler là ? Emmanuel Macron devra se poser des questions différemment et ce que vous disiez me paraissait assez juste et intéressant, c'est que en même temps à un moment on peut plus dissoudre l'Assemblée nationale à cause des municipales à cause il y a un calendrier janvier c'est ça c'est la oui mais désavant calendrier sur les municipal savez la dernière fois on n pas eu de budget non plus avec Michel Barnet en tout cas pas avant le 31 décembre qu'est-ce qu'on a fait on a voté ce qu'on appelle des lois spéciales passe quoi bah on vote des lois spéciales les lois spéciales c'est ce qui vous permet de continuer à prélever les impôts.
Ces lois spéciales, faut les voter au mois de décembre. Donc si à partir du mois de novembre tout part en cacahuète et qu'on dit sous l'assemblée, il y a plus d'assemblée. Vous souvenez la dernière fois, elle s'est évaporée l'assemblée, plus de députés et cetera.
Vous pouvez pas faire de loi spéciale. Et là même le constitutionnaliste, rassurant, vous m'invitez, je vous dis il y a des solutions, des ordonnances et cetera. Là même moi je panique et donc ce faisant qu'on se panique, c'est pas bon en règle générale.
Et donc mais il faut quand même qu'on ait une assemblée au mois de décembre pour voter les lois spéciales si on narrive pas à avoir de budget. Ensuite, bah vous l'avez dit, il y a s'il y a pas de loi spéciale, on peut toujours exécuter les dépenses. Il y a pas de shutdown en France.
En revanche, on peut plus prélever les impôts. Et ça c'est en kikquinant parce que si vous voulez financer les dépenses, vaut mieux quand même avoir des ressources en face. Derrière, il y a les élections municipales, c'est-à-dire que si on arrive pas à avoir de budget au 31 décembre, très bien, on peut tourner avec des lois spéciales, mais LR, LPS, c'est les deux grands parties d'élus et donc ils peuvent pas se permettre une dissolution à ce moment-là.
Donc la dissolution compliquée et ensuite B on rentre en élection présidentielle et si on a un président qui dissous après les mois de mars mai et bien euh il devient compliqué pour son successeur en toute l'égalité constitutionnelle de dissoudre quand il arrivera au pouvoir en 2027. Donc si Sébastien Lecnu passe le mois, ça pas son gouvernement à Ditam eternam mais ça nous évite peut-être une dissolution avant 2027. Qui a le pouvoir aujourd'hui sous la 5e République ?
On a toujours l'impression que le président a tous les pouvoirs. C'est pas vrai. Celui qui a le pouvoir sous la 5e République, c'est celui qui dispose d'une majorité.
Si c'est le président, bah on a la présidence impériale, Macron, Hollande, SarkoZi et cetera. Si c'est le Premier ministre et qu'il est pas de la couleur du président, bah on appelle ça une cohabitation. S'il y a pas de majorité, on dit beaucoup de pouvoir est revenu à l'Assemblée, en fait c'est personne qui a le pouvoir.
Mais sur la journée d'aujourd'hui, le il y a un parti qui a le pouvoir, c'est le PS, un parti qui a fait 2 % à la présidentielle. Oui et non. C'est eux qui tiennent le gouvernement.
C'est quand même éton ils tiennent le gouvernement. Oui et non parce que comme on l'évoquait tout à l'heure, ben ils ont réussi à obtenir de Sébastien Lecornu le fait que la réforme des retraites pourrait être suspendue. Mais pour arriver à obtenir ça, il vous faut une majorité pour voter l'amendement.
Elle est pas encore gagnée hein parce qu'il est pas certain que les insoumis et que le RN décident de voter l'amendement. Et quand bien même ce soit le cas, bah il faut quelqu'un pour voter le texte à la fin. Or, même eux vont avoir du mal.
Si jamais bah vous n'êtes pas en capacité de voter le projet de loi de financement de la sécurité sociale, la suspension de la réforme des retraites, c'est juste une vague promesse. Actuellement, il est assez probable que cette suspension de la réforme des retraites, elle ne voit jamais le jour, contourne avec des ordonnances ou des lois spéciales, ce qui serait les palliatifs pour un budget. Bah, ça inclurait le fait que deux suspensions il n'y auraient pas.
Pourquoi on a cru que tout était réglé alors hier ? Bah, par naïveté, peut-être, par volonté de s'en sortir parce qu'on a quand même envie d'être un peu heureux en pleine crise politique et qu'on a eu envie de s'acheter une pause. Mais aujourd'hui en tout cas, ce qui est certain qu'on a toujours un gouvernement, c'est un progrès, cela l' dit, mais qu'en revanche bah le budget bah il apparaît très lointain.
Il a même jamais été aussi lointain. Mais ce qui est frappant, c'est qu'il y a pas d'anticipation. Il y a pas de la part d'Emmanuel Macron parce que c'est de lui que ça doit partir, une vision du problème et d'une solution pour régler le problème.
Il ne sait pas quoi faire. Donc derrière, ça s'agite un peu vainement. Euh le cornu fait des promesses qu'il ne peut-être pas tenir.
Euh ceux qui euh acceptent la promesse peuvent redouter qu'elle ne soit pas tenu et c'est très chaotique comme ça. Mais c'est Emmanuel Macron qui devrait avoir une stratégie de sortie de crise, il n'en a aucune. Mais Emmanuel Macron a une peur bleue de la dissolution parce que si vous avez une dissolution, il se passe deux choses.
Soit vous avez pas de majorité du tout. Là on doit construire des majorités de de leur renvoquer à Olivier Fort. C'est compliqué.
Si jamais on des solutions, ce dont on est à peu près sûr c'est qu'on aura plus de députés RN. Donc Infiné, vous devrez construire des majorités de Laurent Voquier à Jean-Luc Mélenchon. Là, ça devient vraiment la quadrature du cercle.
Ou bien vous avez une majorité ARN et si jamais vous n'avez pas de majorité du tout, il va y avoir une pression pour la démission. Si jamais vous avez une majorité Arienne, on sera en cohabitation. Et donc Emmanuel Macron en cas de dissolution, bah ça finit soit par la dissolution, soit par la démission, soit par la cohabitation.
Donc il veut à tout prix éviter ça le fait qu'il tente de céder un peu sur la réforme des retraites. Sauf que comme il ne contrôle plus aucune de ces troupes, bah il est tout sauf évident que ça débouche aujourd'hui. Et dans ce cadre-là et ben on est en effet à une nouvelle échelle si ce n'est en terme de chaos, en tout cas en terme de crise.
Est-ce qu'on peut sortir par le haut de cette situation ? Oui. Vous connaissez tous les textes.
Alors la question, je vais vous la reformuler si vous le voulez bien, c'est est-ce qu'on peut en sortir ? D'accord. C'estàdire dos est-ce qu'on peutessortir par le haut ?
La réalité c'est que pas vraiment. C'estàd que sûr. Non.
Oui. Non mais si vous avez la démission, il démissionne demain Emmanuel Macron. 21 jours plus tôt 35 jours plus tard le premier tour de l'élection présidentielle ensuite le deè tour de présidentielle jour ça.
Il dissous tout de suite l'Assemblée nationale le nouveau président il a une majorité et la mécanique repète. Le ou là nouvelle présidente. Le ou là.
Oui oui bien sûr. Là où j'ai là où j'ai un désaccord avec Jean-Michel, c'est que quand on regarde aujourd'hui les cartes électorales, il est tout sauf évident que il y ait une majorité absolue. Le mode de scrutin majoritaire à de tours, il produit des majorités si et seulement si vous avez une bipolarisation de la vie politique.
C'était le mode de scrutin de la troisème il produissait il produisait jamais de majorité. Actuellement on a une tripolarisation très ancrée. Le seul groupe politique qui peut espérer avoir une majorité parce qu'il a une géographie électorale très avantageuse c'est le RN.
En revanche, une majorité du centre aujourd'hui vous regardez les cartes, ça existe pas. La gauche a un électorat mais il est très concentré géographiquement. Je vais pas rentrer dans la technique, mais ça veut dire qu'obtenir une majorité est pour l'instant quasiment impossible pour elle.
Et donc si on demain, on a une démission du chef de l'État, il est pas certain que ça règle le problème. On peut avoir, je sais pas moi, Édouard Philippe, président de la République qui dit la retraite à 67 ans et un assemblée qui ressemble à peu près à ça. Et là, bah évidemment, on a retiré un billet pour nouvelle étap de la Voilà.
Je voulais vous laisser le mot de la fin. Est-ce que vous est-ce que vous est-ce que vous êtes optimiste ? Est-ce que ça est-ce que en tant que constitutionnaliste, cette période, elle vous intéresse ou alors alors on va être tout à fait franc, on est comme des gamins devant une panoplie du petit chà la plupart du temps, on nous pose des questions sur les ordonnances.
Par exemple, actuellement, on pourrait passer le budget par ordonnance. On les a jamais utilisé les ordonnances. Les ordonnances, c'est une grande première et donc c'est hyper intéressant.
Le problème, c'est que vous voulez, on est un peu dissocié. Le constitutionnaliste se dit qu'il y a plein de précédents et que les cours vont changer. Ça c'est chouette.
Le citoyen est un peu évidemment paniqué parce que derrière bah il y a l'avenir du pays et qu'aujourd'hui il s'inscrit de manière très très difficile, très très compliquée. Si on veut relativiser relativiser les choses, l'ensemble des pays occidentaux aujourd'hui et vous en témoignez souvent dans votre émission sont en crise. Cette crise, c'est pas qu'une crise du régime de la 5e, même si elle est pas parfaite la 5e, he j'ai pas de tabou là-dessus, mais c'est une crise beaucoup plus globale des espaces public de la politique dans le monde occidental dont on peut tenter de sortir, dont on va tenter de sortir mais qui ne on y arrivera, je pense qu'on y arrivera.
Vous savez la démocratie, les démocraties sur les crises des démocraties, elles sont extrêmement fréquentes et on arrive toujours entre guillemets à les surmonter. par mois ou on parle en année, on parle minimum en année et encore une fois on n'est pas dizaine d'années, une petite décennie peut-être. Alors, on peut avoir des phases de stabilisation, mais ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, on est dans une crise qui est structurelle et que euh et bien, on va passer par des nouveaux sous-bressous à minimage jusqu'en 2027, voir même après si on comme on le disait, bah, il y a pas nécessairement de majorité après.
Yeah.
Louise Morel