Budget 2026, Nouvelle-Calédonie, perquisition...L'interview de Sébastien Chenu (RN) en intégralité
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Merci d'être avec nous, je suis ravi de vous accueillir dans ce Face à Face. Mon invité ce matin c'est Sébastien Chenu, bienvenue, vous êtes député, vice-président du Rassemblement National. Alors est-ce que vous savez qui Sébastien Chenu ?
Qui quoi ? Qui va payer ? Est-ce que ce sont les retraités, tous les Français, les Français les plus aisés, les entreprises, qui va payer la note ?
En général il n'y a pas de mystère, c'est toujours vers les Français que ceux qui ont créé les situations les plus intenables, les situations budgétaires, économiques, sociales les plus difficiles pour les Français, c'est toujours vers les Français que ceux qui ont créé ces difficultés se tournent. Parce que la situation budgétaire de notre pays, les mille milliards d'euros de dettes qu'a fait Emmanuel Macron avec son gouvernement, parce que je pense que le point de départ c'est quand même celui-ci, c'est que nous avons été gouvernés par des gens totalement incapables, qui ont ruiné le pays, qui ont créé mille milliards d'euros de dettes, alors que c'était soi-disant des super managers, c'était des économistes hors pair, le taux de pauvreté, en tout cas le nombre de pauvres qui a augmenté, aujourd'hui on a plus de 9 millions de pauvres dans notre pays, c'est le gouvernement de Macron, les smicards aussi. Je regardais, je me souvenais que Gabriel Attal disait, il faut des smicards, disait la France, le nombre de smicards, de travailleurs, c'est-à-dire qui gagnent le smic, il a augmenté aussi.
Donc cette situation, c'est la leur. On va rentrer dans le détail de ce qui pourrait être mis sur la table, mais déjà sur le constat, est-ce que vous êtes d'accord, oui ou non, est-ce qu'il faut faire 40 milliards d'euros d'économies ? Il faut faire bien entendu des économies parce que sinon, évidemment, les intérêts de notre dette vont tellement s'envoler.
Et vous, vous chiffreriez à combien ? Vous seriez au pouvoir, vous feriez combien d'économies ? Mais ce n'est pas comme ça qu'il faut prendre les choses.
D'abord, c'est une dette, ça se paye. Donc nous sommes très endettés, nous devons donc payer notre dette. Pourquoi ?
Parce que si nous ne la payons pas, nous ne pourrons plus emprunter sur les marchés à des taux convenables. Je vous rappelle qu'aujourd'hui, nous empruntons déjà à des taux qui sont moins intéressants que ne le font par exemple la Grèce, l'Italie, c'est-à-dire l'Espagne, des pays qui avaient quand même des économies moins robustes que la nôtre. Donc ils ont réussi, ces gouvernements, à nous faire passer dans une situation où il est moins intéressant d'emprunter pour l'État français que pour l'État grec.
Avant même la prise de parole du Premier ministre, est-ce que vous dites, ça, ce sont des lignes rouges pour le RN ? Quelles sont vos lignes rouges ? Les lignes rouges, c'est ne pas s'attaquer aux dépenses taboues de l'État, ne pas ouvrir les dossiers tabous, c'est-à-dire la contribution à l'Union européenne, la suradministration, l'immigration.
Et nos lignes rouges, c'est faire contribuer les Français, demander aux Français des efforts qu'ils font déjà matin, midi et soir. Je vous ai parlé du nombre de pauvres, je vous ai parlé des SMICards, du nombre de travailleurs français qui gagnent le SMIC. C'est-à-dire que les Français font déjà de nombreux efforts tout au long de l'année.
Eh bien, si vous demandez des efforts supplémentaires aux Français, quelles que soient les catégories, travailleurs, retraités, jeunes, fonctionnaires, eh bien nous dirons non. Alors Sébastien Cheny, on va prendre dans le détail quelques-unes des mesures qui sont évoquées. Par exemple, cette fameuse année blanche dont on parle, ça veut dire que l'ensemble des prestations sociales pourraient être gelées, c'est-à-dire qu'on ne les revalorise pas au niveau de l'inflation.
Oui ou non à cette année blanche ? Mais non, parce qu'en fait, l'année blanche, c'est là aussi un impôt déguisé. D'abord, ça ne rapporte pas énormément. 5 milliards. 5 milliards, voilà.
Ce n'est pas, on en cherche 45. Il faut bien trouver quelques milliards quand même. Il faut commencer quelque part.
Ce que je veux dire, c'est que cette année blanche, elle touche les plus pauvres, car ce sont les prestations sociales qui sont évidemment gelées, donc elle touche les plus pauvres. Donc c'est une façon, évidemment, tout à fait injuste de commencer le travail. Et puis, vous allez pouvoir peut-être lister des mesures possibles, mais ce n'est pas comme ça qu'il faut faire. – Je n'ai le barème de l'impôt sur le revenu, oui, non, mais non plus… – Ça concerne ceux qui nous écoutent, donc quelle est votre position ? – Non mais d'accord, mais je vais vous dire ensuite, on peut lister les mesures, mais ça n'est pas d'important.
Je n'ai le barème de l'impôt sur le revenu, non plus, vous aurez des gens qui vont changer de tranche, évidemment d'ailleurs, c'est fait pour ça, et qui vont se retrouver à payer des impôts ou plus d'impôts, alors qu'ils n'en payaient pas ou qu'ils en payaient peu. Donc c'est évidemment un impôt déguisé. Mais Guillaume, je sais que vous allez me lister toutes les idées… – C'est ce que va probablement évoquer le Premier ministre cet après-midi. – Le concours de l'épine de la mauvaise idée pour faire payer les Français.
Il faut changer de paramètres, il faut changer de dispositifs, c'est-à-dire qu'il ne faut pas passer des coups de rabot, il ne faut pas aller chercher 5 milliards ici, 2 milliards par là, 3 milliards ici, parce que vous ne changez pas le périmètre, il faut au contraire regarder l'état de votre pays et vous attaquer aux dépenses taboues. Je vous l'ai dit, la suradministration, l'Union européenne, l'immigration, quand vous pensez que le taux d'emploi des étrangers, des travailleurs étrangers est si faible dans notre pays qu'il coûte 100 milliards d'euros par an. C'est-à-dire que vous avez des gens qui arrivent du bout du monde, qui sont très consommateurs de services publics et qui contribuent très peu, parce qu'ils travaillent très peu, finalement, aux finances de notre pays. – Ça ramène 40 milliards, ce que vous dites, ce que vous mettez sur la table ? – Ah ben, je viens de vous parler de 100 milliards d'euros. – Au total, c'est des chiffres qui sont parfois contestés sur la… – Non mais d'accord, mais même si on ne va pas à 100 milliards d'euros, vous voyez que déjà, en faisant une partie du chemin, on ramène beaucoup d'argent dans les caisses. – Le crédit d'impôt pour les particuliers, vous me dites que c'est un certain nombre de murs, mais là c'est… – Non, mais c'est catastrophique, le crédit d'impôt. – Ça concerne ceux qui nous regardent. – Le crédit d'impôt pour les particuliers, c'est-à-dire ceux qui emploient des nounous, des… – C'est catastrophique, parce que ce sont souvent beaucoup de personnes qui sont employées, qui ont des petits salaires, qui ont des petits jobs, qui aident au quotidien d'autres Français.
Là encore, on va aller non seulement impacter les Français financièrement, mais on va les impacter socialement. – Supprimer un certain jour férié sur le modèle du lundi de Pentecôte ? – Écoutez, on peut tout faire, tout ça… – Donc vous dites nom d'office à tout ce qu'on pourrait mettre sur la table, François Bayron ? – Ce que vous me listez là, ce ne sont que des mesures qui demandent des efforts aux Français.
Pas une mesure d'ailleurs ne demande des efforts à l'immigration. On a un pays qui accueille 500 000 personnes par an, on ne demande pas un effort, c'est-à-dire qu'on ne demande pas que les contributions, que les aides sociales, les allocations, les aides de logement soient réservées aux Français. Nous on demande que, voyez-vous, sur ça, on puisse faire des économies.
Parce que là, sans demander des efforts aux Français, mais en demandant des efforts à ceux qui arrivent du bout du monde, il y a de quoi aller chercher. – À l'inverse, est-ce que vous seriez d'accord pour prolonger la contribution sur les très hauts revenus ? Ça fait partie des possibilités, faire contribuer davantage les personnes les plus fortunées.
On sait que c'est 250 000 euros pour une personne seule, 500 000 pour un couple. C'était normalement juste pour cette année. Si le gouvernement souhaite prolonger cette contribution exceptionnelle, oui ou non ? – Mais ça ne rapporte rien, c'est un milliard de mémoire, c'est un milliard de… Donc je veux dire, c'est du symbole.
En réalité, ils agitent ça en disant, regardez, on va demander aux plus hauts revenus de contribuer, alors que ça ne rapporterait qu'à côté, toutes les mesures que vous avez citées vont faire passer à la caisse les Français qui travaillent dur. Donc tout ça, c'est une question encore une fois de périmètre. Je note que dans toute la liste que vous avez proposée, pas une seule fois on a parlé de la contribution à l'Union européenne qui va augmenter de 7 milliards.
Là, on pourrait faire une année blanche. C'est-à-dire qu'on pourrait dire cette année, on ne sort pas des traités, on ne sort pas de l'Union européenne, pas de panique pour ceux qui pensent tout ça. Cette année, tout simplement, on ne donne pas plus d'argent des Français à l'Union européenne.
Demandez aux prises de geler. Là, c'est une belle année blanche. Vous dites pourquoi pas une année blanche, mais il faut geler aussi la contribution à l'Union européenne.
Je ne dis pas pourquoi pas une année blanche. Je dis une année blanche pour la contribution à l'Union européenne. C'est tout.
C'est-à-dire que l'argent des Français ne sera pas davantage dépensé au profit de l'Union européenne cette année. On ne donnera pas plus cette année. Quand on vous entend, est-ce qu'on n'a pas le sentiment, et vous allez nous le dire, est-ce que François Bayrou est aujourd'hui sur le chemin de la censure ?
S'il veut faire les poches des Français, oui. C'est ce qui est arrivé à Michel Barnier. Michel Barnier avait voulu désindexer les retraites des retraités des Français.
On l'en a empêché. C'est-à-dire qu'on a permis aux retraités d'avoir leur retraite indexée sur l'inflation. Eh bien, il a été censuré, ce qui a permis aux retraités de voir leur retraite indexée.
Eh bien, si François Bayrou veut faire les poches des Français, on l'en empêchera. Et on verra qui l'en empêche à l'Assemblée nationale à travers la censure. Et puis, eh bien, nous protégerons ainsi le pouvoir d'achat des Français.
Il faut bien comprendre que nous, derrière, on a une logique. Les Français contribuent beaucoup. On prélève beaucoup sur le dos des Français.
La France qui travaille, la France qui a travaillé, la France qui voudrait travailler. Ils sont mis à contribution toute l'année. Eh bien, nous, nous avons pour mission de protéger cette France qui bosse ou qui a de bosser.
En l'État, si c'est ce budget qui est maintenu, est-ce que vous voteriez une motion de censure ? Est-ce que vous dites en l'État ? En l'État, on va attendre que François Bayrou nous propose ses mesures.
Il faut regarder les choses. Et on va voir ce qu'on fait bouger. On avait fait bouger des choses, notamment sur le déremboursement des médicaments sous Michel Barnier.
On avait pu faire bouger un certain nombre de lignes. Et puis, il a voulu maintenir, lui, la désindexation des retraites. Donc, on l'a sanctionné.
On va voir ce que François Bayrou propose. Et c'est sur quoi il bougera en tout cas. Il est prévenu.
Nous sommes loyaux. On ne le prend pas de façon déloyale. Nous lui disons, si vous voulez faire les poches des Français, leur demander des efforts sans en demander à d'autres, Union européenne, immigration, sur administration de l'État, eh bien, vous tomberez sous le coup de la censure.
C'est la mise en garde du Rassemblement national ce matin. Oui, c'est la mise en garde parce que nous, notre mission, et nous avons été élus pour ça, on a été élus sur un programme, on a été élus sur des idées, c'est de protéger le pouvoir d'achat des Français. Rappelez-vous, la campagne électorale de Marine Le Pen, elle avait mis en avant la protection du pouvoir d'achat des Français.
Eh bien, nous maintenons cette idée majeure. Nous avons été élus sur cette idée majeure portée par Marine Le Pen. Nous continuons à la porter.
L'inconvénient, quand on a des adversaires comme le Rassemblement national, pour un gouvernement comme François Bayrou, c'est que nous, on ne change pas de cap. On a dit qu'on maintenait nos positions pour protéger le pouvoir d'achat des Français. On le fait. 40 milliards d'euros d'économie à trouver pour François Bayrou.
En même temps, Emmanuel Macron a annoncé le 13 juillet au soir devant les armées. 3 milliards et demi de plus dès l'an prochain pour le budget des armées. 3 milliards supplémentaires encore en 2027.
Est-ce que vous soutenez cette hausse du budget des armées ? Est-ce que vous la voterez ? Bon, d'abord, on a toujours soutenu les hausses de budget pour les armées.
Marine Le Pen, elle-même, avait proposé que le budget de la défense soit porté à 3% du PIB, du produit intérieur brut. La situation économique actuellement ne peut probablement pas le permettre à ce niveau-là. Mais une hausse majeure du budget des armées, nous l'avons toujours soutenu.
En revanche, il y a plusieurs choses. Quand Emmanuel Macron présente les choses d'une certaine façon, et je pense qu'il y a des idées derrière qui, moi, me gênent. D'abord, sa parole, elle est très démonétisée.
Quand il dit qu'il faut être craint, il faut...
Enfin, est-ce que...
Pour être respecté, il faut être craint. Pour être respecté, il faut être craint. Enfin, Emmanuel Macron, est-il craint ?
Enfin, je veux dire, l'Algérie craint la parole de la France ? Quand il nous dit que la menace est aux portes du pays, la menace, la menace, elle est d'abord intérieure. Jamais la peine a été aussi menacée depuis 1945, c'est ce qu'il a expliqué.
Oui, oui, moi, je suis d'accord. Jamais la peine a été aussi menacée à l'intérieur de notre pays. La menace, elle est d'abord intérieure.
C'est ce qui se passe dans notre pays. C'est les violences, c'est l'insécurité, c'est l'immigration. Ça, c'est la menace intérieure.
Celle-ci, elle est très menacée. La paix civile intérieure est très menacée. Emmanuel Macron regarde ailleurs.
Quand vous entendez le chef d'état-major dire que la Russie a fait de la France son premier adversaire, ça vous semble justifié ou démesuré ? Je crois que ses propos n'ont pas été vérifiés, visiblement. Ils servent probablement à alimenter la paranoïa dans laquelle Emmanuel Macron essaie de nous faire vaciller.
Attendez, je vous arrête. Vous dites qu'Emmanuel Macron, par ses propos, tente d'alimenter une paranoïa ? Oui, absolument.
Oui, Emmanuel Macron essaye de faire peur. C'est le fameux effet drapeau. Tout ça, c'est de la technique.
Il n'y a pas de menace russe ? Je vous dis qu'il y a une menace à l'extérieur. Elle existe, mais elle n'est pas uniquement russe d'ailleurs.
Je pense que la menace islamiste coordonnée par des pays à l'extérieur ou par des organisations terroristes à l'extérieur, elle existe. La menace russe sur la France aujourd'hui, je n'y crois pas tellement. La Russie est-elle une menace pour la France ?
Elle est une menace parmi d'autres. Elle n'est pas la première des menaces. Je vous le dis, la première des menaces, elle est intérieure.
La seconde, c'est celle du terrorisme islamiste pour notre pays, téléguidé depuis des organisations étrangères. Que la Russie soit une menace, c'est probable. Ça existe, ce n'est pas la première des menaces.
J'en viens quand même à autre chose. Emmanuel Macron, il nous a fait perdre beaucoup de temps en matière de défense. Rappelez-vous, il y a huit ans, lorsqu'il Limoges, ou plutôt lorsque parle le général de Villiers, c'est parce qu'il dénonce la baisse des crédits en matière de défense.
Finalement, il lui donne raison. Emmanuel Macron n'a pas de vision. Il y a eu des présidents de la République qui ont une vision sur la transformation de l'outil de l'armée.
Il a toujours défendu la construction d'une défense européenne, quand même, d'une coordination européenne. Mais ça, c'est autre chose, c'est sa vision fédéraliste. Vous avez des présidents qui ont, par exemple, Chirac avait fait l'armée de métiers, De Gaulle avait fait la dissuasion nucléaire.
Emmanuel Macron n'a jamais eu aucune vision sur la défense. Une réserve professionnalisée, telle que la propose Sébastien Lecornu, vous dites c'est bien, c'est une bonne idée ? Je ne sais pas ce que ça veut dire.
J'ai entendu le service universel, j'ai entendu des tas de choses sur lesquelles ils ont d'ailleurs abandonné. En réalité, il n'y a pas de vision. Il n'y a pas de vision ni stratégique de l'outil, ni budgétaire de l'outil.
Aujourd'hui, ils en sont, Emmanuel Macron a augmenté les budgets de la défense très bien, mais, et c'est l'idée que je crains que le président puisse avoir derrière la tête, j'espère que ce n'est pas simplement pour faire plaisir à Donald Trump, qui demande aux Européens d'armer l'Ukraine en payant eux-mêmes l'industrie américaine qui fabriquera les outils d'armement. Ce que vous nous dites, c'est que vous vous opposez à ce que la France ou d'autres pays achètent des armements aux États-Unis pour fournir et armer l'Ukraine ? Nous, on souhaite les produire nous-mêmes.
Non, mais nous, ce qu'on demande, c'est que l'Union européenne, et c'est là où Emmanuel Macron serait bien inspiré, c'est qu'il fasse pression pour que nos partenaires européens demandent, achètent, fassent produire l'armement en France. On sait le faire. Le problème, c'est qu'on a beaucoup de nos partenaires, je pense à l'Allemagne ou d'autres d'ailleurs, qui, parce qu'ils sont liés aux Américains à travers l'OTAN, etc., parce qu'ils n'ont pas la dissuasion nucléaire eux-mêmes, vont acheter aux Américains.
Mais Donald Trump qui annonce hier qu'il va envoyer des armes à l'OTAN, vendre des armes à l'OTAN, qui serviront à réarmer l'Ukraine. C'est une bonne nouvelle pour vous ? Non mais protéger l'Ukraine, faire en sorte que l'Ukraine soit armée, si le président Trump le souhaite, c'est à lui de payer.
L'idée de dire aux Européens, vous allez payer, et nous on va fabriquer des armes qu'on va envoyer à l'Ukraine, me semble être un peu iconoclaste, voyez-vous. C'est-à-dire qu'en fait, on demande aux Européens de payer, on demande à l'industrie américaine de produire, c'est-à-dire aussi de s'enrichir, de vendre son armement pour protéger l'Ukraine. Je pense que, évidemment, ceci me paraît un peu iconoclaste.
Je pense que, là encore, on aimerait entendre Emmanuel Macron pouvoir faire des propositions, prendre la main sur des solutions diplomatiques pour mettre les gens autour d'une table et pas être l'éternel suiveur. Sébastien Chouenu, le président de la République, justement, s'est félicité ce week-end de l'accord qui a été trouvé sur la Nouvelle-Calédonie, qui acte la création notamment d'une citoyenneté calédonienne, avec des habitants qui vont répondre à des critères de citoyenneté, qui vont partager les deux citoyennetés, nationalité française et calédonienne. Il y a un état de la Nouvelle-Calédonie qui sera inscrit dans la constitution de la République française.
Il faudra donc une modification, effectivement, de la constitution. On a senti le Rassemblement national, sinon critique, au moins extrêmement réservé. Ça veut dire quoi ?
Vous vous opposez à cet accord sur la Nouvelle-Calédonie ? Vous savez, Marine Le Pen est probablement celle qui connaît le mieux la Nouvelle-Calédonie, et elle a ce respect aussi des entités, des histoires, et celle de la Nouvelle-Calédonie en particulier. D'abord, il y a un volet qui n'existe pas dans ce domaine, c'est le volet économique.
Le volet économique, Marine Le Pen l'avait indiqué. Il y a un aspect sur le nickel quand même. Oui, d'accord, qui est très faible, qui est très minime.
Marine Le Pen avait dit qu'on ne relèvera pas et on ne réunifiera pas la Nouvelle-Calédonie sans traiter le volet économique. L'idée d'un État calédonien, c'est-à-dire de larguer la Nouvelle-Calédonie vis-à-vis de la France, est une idée que nous ne pouvons pas accepter. Alors on va prendre du temps...
La Nouvelle-Calédonie restera française. Oui, mais ça c'est sur le papier, ça c'est le terme. Mais créer un État calédonien avec une citoyenneté calédonienne, c'est en réalité dire bye bye à la France.
Donc on va regarder ce texte lorsqu'il viendra, on va essayer de l'améliorer, on va essayer de le faire évoluer, parce qu'on respecte les Calédoniens dans toutes leurs dimensions, dans toutes leurs origines, mais l'idée de larguer la Nouvelle-Calédonie de la France, ce n'est pas notre idée. C'est-à-dire qu'en l'État, vous ne le voteriez pas ? En l'État tel qu'il est, c'est difficile de voter un texte pareil, évidemment.
Le Rassemblement National a été la semaine dernière la cible d'une nouvelle perquisition, le siège du Rassemblement National. Jordan Bardella a dénoncé, je cite, une nouvelle opération de harcèlement, c'était une perquisition dans le cadre d'une enquête de soupçons de financement illicite. A ce micro, en fin de semaine, il y avait Xavier Bertrand, vous le connaissez bien, il est de votre région.
Écoutez ce qu'il disait justement à propos de ces plaintes, si j'ose dire, des élus du Rassemblement National. – Mais quand est-ce qu'ils vont arrêter de jouer les pleureuses ? Les dirigeants du Rassemblement National ?
Le Rassemblement National, ces dirigeants, ont un problème avec le financement public, avec l'argent public. Ils ne sont pas aptes à gouverner notre pays et ils ne sont pas dignes de confiance. – Qu'est-ce que vous répondez à Xavier Bertrand ?
Vous n'êtes pas aptes à gouverner le pays et dignes de confiance ? – Bon, M. Bertrand est frustré parce qu'on l'empêchait de devenir Premier ministre, donc il nous poursuit de sa vindicte depuis des années.
M. Bertrand n'a pas de leçon à donner, sincèrement, vu l'État du pays, lui qui a participé à tous les gouvernements de droite pendant des années, il n'a quand même pas de leçon à donner, qui a été ministre du Travail, qui a été ministre de la Santé. On voit l'État de l'emploi dans notre pays, on voit l'État de la santé dans notre pays, on ne va pas prendre des leçons de Xavier Bertrand.
Quand vous voyez l'État de la région des Hauts-de-France qui a les indicateurs les plus mauvais parmi les régions françaises, en matière de santé, en matière de chômage, M. Bertrand n'est pas qualifié pour donner des leçons. Donc qu'il garde sa mauvaise humeur, qu'il garde ses frustrations, nous on pense à l'intérêt du pays. – Arrêtez de jouer les pleureuses, c'est le message qu'il vous adresse, vous êtes dans une victimisation permanente. – Non mais c'est toujours insultant avec Xavier Bertrand, il ne sait pas faire de la politique autrement.
Ce n'est pas ça, c'est que les Français ont bien vu, et je crois que c'est assez visible, qu'il y a une espèce d'harcèlement qui est fait contre le Rassemblement national. Toutes nos données sont sur la table, tous nos prêts ont été validés, il n'y a pas d'histoire d'argent public. – Vous n'êtes pas la seule partie qui a fait l'objet de perquisition. – Je n'ai pas dit ça, je n'ai pas dit ça.
Je vous dis que dans la même semaine, rejet par la CEDH de la requête de Marine Le Pen, ouverture d'une enquête au Parlement européen sur notre communication, justice, ce spectacle, à travers cette perquisition, pour essayer de porter préjudice au Rassemblement national, la ficelle est un peu grosse, ça commence à se voir que le Rassemblement national gêne. Pourquoi on est-ce qu'on gêne ? – Parce que Jordan Bardella a fait le meilleur score aux élections européennes, parce qu'il a failli devenir Premier ministre s'il n'y avait pas eu l'accord des Républicains de Gabriel Attal avec l'extrême-gauche pour nous empêcher d'avoir une majorité.
On gêne parce que nous sommes les plus hauts électoralement, les plus hauts en matière d'intention de vote, les plus hauts dans les sondages, les plus hauts à chaque élection européenne ou législative et que parce que donc nous pouvons arriver au pouvoir. – Donc c'est quoi, il y a un complot, c'est ce que vous nous dites ce matin ? – Non, on ne nous combat pas à la loyale, on essaye de nous piéger autrement. « Allons dans le débat public, combattons-nous à la loyale sur nos idées ». – Il n'y a pas que vous, rappelez-vous François Fillon pendant la campagne de 2017 ? – Mais je ne vous ai pas dit que certains n'avaient pas été combattus à la loyale, peut-être qu'à l'époque, François Fillon aurait pu peut-être gagner. – Il y aurait qui derrière tout ça ? – Nos adversaires politiques ont choisi de ne pas nous combattre à la loyale parce qu'ils savent que nous pouvons gagner et ils savent qu'effectivement, ces rassemblements nationaux gagnent. – Mais c'est qui, c'est l'Élysée, c'est Matignon ? – C'est le système. – Aujourd'hui, vous faites partie du système ? – Vous avez plus de 100 députés à l'Assemblée nationale ? – Ce n'est pas ça le système.
Ce sont des gens qui disent qu'ils n'ont pas les mêmes opinions politiques et qu'ils sont toujours prêts à se donner un coup de main pour privilégier leurs propres intérêts sur le dos de l'intérêt des Français. C'est-à-dire que ce sont ces gens qui, le pire de la droite, le pire de la gauche, s'unissent depuis des années de façon officielle ou non officielle pour privilégier leurs intérêts. – Est-ce que ça vous inquiète ? – Bien sûr que ça m'inquiète. – Bien sûr que nous sommes inquiets de voir l'état démocratique de notre pays.
La vilaine pente, imaginez-vous bien que dans d'autres pays, on aurait regardé ça dans d'autres pays, on se serait dit mais enfin quand même, quelle façon de malmener la démocratie. – Mais est-ce que vous vous dites, vous êtes inquiet aussi, parce que vous vous dites finalement, on ne réussira pas à accéder au pouvoir ? – Ah non, parce que je vais vous dire, j'ai confiance dans Marine Le Pen, dans Jean-Dan Bardella, dans les Français qui ne nous ont jamais fait reculer à une élection et qui ont tellement envie d'un changement, tellement envie d'une rupture démocratique pour mettre fin à ce système et aux conséquences de ces politiques qu'ils savent que le Rassemblement National sera le seul pour le faire. – Merci.