Iran/USA : Trump confirme un accord de paix - 15/06
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On passe à l'actualité internationale avec cette question. Est-ce l'attaque de trop aujourd'hui, celle qui pourrait faire capoter l'accord que Donald Trump assurait vouloir signer ce dimanche, jour de ses 80 ans, avec l'Iran, le président américain qui a exclu en tout cas sa colère après les frappes israéliennes sur Beyrouth qui ont fait trois morts ? Ces frappes n'auraient pas dû avoir lieu, voilà ce qu'écrit Donald Trump sur son réseau social. Direction Washington, on vous retrouve.
Antoine Ellard, le président qui a également confié aux médias AXOS avoir vivement réprimandé Benyamin Netanyahou, mais qui maintient ce soir qu'un accord sera bien signé avec l'Iran dans les prochaines heures, c'est bien ça ? Oui, exactement. D'abord, il faut voir que Donald Trump est en colère, c'est le moins qu'on puisse dire. Il a découvert les frappes israéliennes ce matin en se réveillant et il a immédiatement appelé Benyamin Netanyahou pour l'anguirlandais. C'est en tout cas le récit qu'il en fait auprès de plusieurs médias, notamment AXOS et Fox News. Je vous cite ce que le président déclare avoir dit à Benyamin Netanyahou. Qu'est-ce que tu fous, putain ?
Tu n'avais pas besoin de lancer cette putain d'attaque. Tu n'as plus aucun putain de jugement. Donc beaucoup de grossièreté de la part de Donald Trump signe à l'évidence que le président persénaire, il craint par-dessus tout que ces frappes israéliennes viennent torpiller l'accord qu'il voulait absolument signer avec l'Iran aujourd'hui. Trump qui a aussi le sentiment d'être pris pour un idiot par Benyamin Netanyahou. Ça fait des semaines qu'il lui demande d'arrêter les bombardements sur le Liban et en particulier sur Beyrouth, manifestement sans succès. Trump a également le sentiment que le premier ministre israélien vient gâcher sa grande fête d'anniversaire.
Trump fait ses 80 ans aujourd'hui. Il organise un combat, une soirée de gala de MMA, ce sport de combat. Il y a des dizaines de milliers de personnes qui s'attendent dans la fanzone ici où je me trouve. Trump voulait ce soir être un président triomphant, celui qui a mis fin à la guerre, qui a gagné la guerre. Et puis ce combat de MMA, c'était une façon pour lui de projeter la puissance, la force de l'Amérique. Sauf que voilà, il n'a toujours pas d'accord et c'est un président un peu impuissant qui va s'installer en tribune d'honneur ce soir. Impuissant face à son allié israélien, toujours un peu embourbé dans ce conflit en Iran qu'il n'arrive pas à régler.
Alors malgré tout, malgré ce rebondissement, Trump, vous l'avez dit, veut toujours croire qu'un accord est possible. Il évoque même une signature aujourd'hui. Il indique que les frappes israéliennes ont simplement retardé le processus de signature de quelques heures. Sauf qu'il a fait ses déclarations il y a déjà quelques heures et pour l'instant, on ne voit toujours rien venir. Antoine Ellard, en direct de Washington pour BFM TV, merci à vous. Ulysse Gosset, on va revoir ce que nous dit Barack Ravid qui tweet ce soir. Le président Trump m'a dit pourquoi Bibi a-t-il dû faire une putain d'attaque ? J'étais tellement en colère, je le lui ai dit.
Il n'a aucun putain de jugement, je le lui ai dit. Est-ce que les relations ce soir entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou ont atteint un point de non-retour ? On a appris, c'est CNN qui le dit, citant un officiel israélien, qu'il avait demandé à Benjamin Netanyahou une réunion de toute urgence avec Donald Trump après le G7.
Oui, ils veulent s'expliquer très certainement, mais Donald Trump partant pour la France et pour Evian dans la nuit de dimanche à lundi, où il doit arriver à Evian en milieu d'après-midi, il aura d'ailleurs un entretien avec Emmanuel Macron en tête à tête avant le grand dîner, il n'aura pas le temps de voir Netanyahou, mais ils se sont parlé ce soir quand même, c'est important.
Évidemment, ils ne sont pas d'accord, on pourrait, vous savez, Evian est connu pour les fameux accords d'Evian, et là on parle des désaccords d'Evian, parce qu'effectivement, il y a beaucoup de dossiers en souffrance, il y a évidemment le dossier iranien, la situation du détroit d'Hormuz, il y a la question de l'Ukraine, c'est les deux grands conflits internationaux, et donc dans ce contexte-là, Trump voulait arracher une trêve aux Iraniens, et à l'heure qu'il l'est, il ne l'a pas. Ça peut changer dans la nuit, parce que là, il est 22h à Paris, dans une demi-heure, Trump a un dîner familial à la Maison-Blanche pour célébrer son anniversaire, avant les fastes, le match de MMA.
Donc, si vous voulez, il a très peu de temps pour gérer cette crise, et pourtant, il ne pense qu'à ça, parce que ce qu'il voulait, c'était arriver à Evian, en ayant pu conclure un mémorandum qui permettrait d'organiser pour 60 jours des négociations, et surtout permettre d'annoncer une potentielle réouverture du détroit d'Hormuz. Et ça, tout le monde l'attendait, pas simplement Trump, mais aussi tous les dirigeants du G7. Ça ne sera pas possible, sauf si dans la nuit, quelque chose bouge, etc. Et l'intérêt de l'attente, c'est que comme il s'agit non pas d'une rencontre...
– Alors, Sergei n'y croit pas, Sergei me fait non-non.
– Sergei n'y croit pas depuis déjà le début, ça, c'est pas très... – Il n'y a jamais cru. En réalité, il y avait une vraie perspective d'accord. La preuve, c'est que la frappe israélienne a tout remis en cause. S'il n'y avait pas eu la frappe de Beyrouth, il y aurait eu une signature, même si c'est une signature numérique, digitale. – Le Pakistan l'avait dit d'ailleurs. – Et donc, Sergei n'a pas toujours raison.
– Mais ça, vous êtes tous d'accord pour pourrir ?
– Mais néanmoins, j'ajoute une chose, c'est que le fait que ça soit une signature digitale, ça veut dire que ça peut arriver presque n'importe quand, jusqu'à demain soir. On ne peut pas l'exclure, même si ça paraît assez incertain.
– Trump dit dans les prochaines heures, donc on pourrait envisager qu'après son combat de MMA, il a signé quelque chose.
– Dans la nuit, il peut se passer beaucoup de choses, mais il faut aussi rappeler qu'en Iran, il y a aussi eu des divisions au sein du régime. Il y a clairement un président du Parlement qui veut signer, avec le président de la République lui-même, et le ministre des Affaires étrangères, mais il y a aussi des gardiens de la Révolution qui n'en veulent pas.
– Et notamment Vaidi, le chef des gardiens de la Révolution, qui lui joue...
– Donc si vous voulez, il y a des divisions en Iran, il y a des divisions en Israël, il y a une opposition israélienne qui pousse Netanyahou à bombarder à nouveau, quoi qu'il en coûte, et on est dans un contexte extrêmement difficile.
– Justement, on va peut-être revoir ce message de Donald Trump, qui a suivi justement, le premier message de la journée, qui a suivi cette attaque israélienne. L'attaque à laquelle répondait Israël était très petite et sans signification. Il ne devrait plus y avoir d'attaque d'Israël nulle part, il ne devrait pas non plus y avoir d'attaque d'autres parties, y compris le Hezbollah, contre Israël. L'attaque de ce matin n'aurait pas dû se produire, dit Donald Trump. Guillaume Ancel, il semble rejeter la faute, en tout cas, sur Israël ce soir, et même dénoncer un usage disproportionné de la force, Donald Trump. – C'est clairement le cas.
D'ailleurs, je rappelle qu'aujourd'hui, non seulement Israël a bombardé Beyrouth, mais a bombardé Gaza. Alors qu'on est en cessez-le-feu, il y a plus de 1000 morts. Donc, je veux dire, les réponses de Netanyahou sont toujours démesurées. Mais ce n'est pas le seul. Parce que le Hezbollah aussi, tous les jours, provoque Israël. Pourquoi ? Parce qu'en fait, le Hezbollah est agité par la partie la plus dure des gardiens de la Révolution. Et on voit bien que contre ce protocole, qui, Sergueï, existe ce protocole, eh bien, il y a trois opposants qui sont extrêmement pénibles. Le premier, c'est du côté iranien. Il faut que là, Maneli l'explique.
Ce sont les plus durs du régime qui vont tout faire pour faire chuter ça. Parce qu'ils veulent rester dans la résistance contre l'ennemi américain. Sinon, ils savent qu'ils vont exploser en vol. Du coup, le Hezbollah va être insupportable et va continuer à provoquer Israël. Et Netanyahou, lui, on a l'impression que s'il n'a pas une guerre sous la dent, il risque de se faire bouffer par sa propre société qui va lui demander des comptes. Donc, les trois rassemblés, là, ce sont les pires ennemis de la paix aujourd'hui.
Antoine Basbouze, comment vous voyez ces relations entre Trump et Netanyahou actuellement ? Il y a des responsables israéliens. C'est la presse israélienne qui s'en veut l'écho. Seraient abasourdis par cette critique publique à l'égard du Premier ministre Netanyahou. Un ou est responsable, la qualifiant de gifle retentissante.
Israël se rebelle. Et Israël est accusé par les Américains d'espionner les dirigeants américains. Le fait de faire fuiter cela est un signe très important. Mais le contexte, il est quoi ? C'est qu'au sein du régime iranien, il y a une partie qui refuse ce projet de mémorandum. Et c'est à quoi avec les États-Unis ? Et ceux-là ont manifesté hier contre Araqji, le ministre des Affaires étrangères, contre Kalibaf. Et aujourd'hui, on demandait au Hezbollah de tirer des missiles, des drones sur Israël. Parce qu'ils veulent relancer la guerre. Et le Hezbollah savait, tout le monde savait, que tirer sur Israël des missiles et des drones, ça provoque des réactions sur Beyrouth Sud.
Et donc, tout ce qui est dans le périmètre du Sud-Liban, la guerre est ouverte. Les destructions, les évacuations sont de tous les jours. Mais Beyrouth Sud, c'était une ligne rouge. Donc voilà, le contexte est celui-là. C'est-à-dire qu'il y a une partie chez les Iraniens qui commande les pass-dans qui sont au Liban, qui ont ordonné au Hezbollah d'attaquer. Alors, je voudrais attirer l'attention de ceux qui nous regardent sur un point. Il y a un élément nouveau, c'est que le gouvernement libanais est aujourd'hui totalement engagé pour le désarmement du Hezbollah. Ce qui n'était pas le cas depuis 30 ans.
Et ce gouvernement, aujourd'hui, veut reprendre la main sur son dossier et refuse que le Liban figure dans les accords entre Américains et Iraniens comme une colonie de l'Iran reconnue par les États-Unis. Ça, c'est très important. Le Hezbollah n'est plus un poisson dans l'eau au Liban. Le Hezbollah, il a contre lui le gouvernement et énormément de gens, y compris au sein de la communauté chiite qui s'est rebellée, qui, il y a deux semaines maintenant, il y a eu des pétitions à tir, à nabatillé, pour dire ville ouverte, pas de milicien du Hezbollah, pas de passe-dans chez nous. Il faut que l'armée libanaise vienne rétablir l'ordre. Donc voilà, c'est ça le contexte qu'il faudra comprendre.
On a compris que Benjamin Netanyahou ne voulait pas de cet accord, mais il est important aussi de revenir sur ce que disait Guillaume Ancel, Maneli Mirkan, sur le fait qu'en Iran aussi, il y a des gens qui ne veulent pas de cet accord et qui feront tout pour le faire échouer.
Tout à fait. Écoutez, ce matin, avant que ces frappes israéliennes aient lieu, les Iraniens ont annoncé qu'ils n'étaient pas encore en mesure de signer. Pourquoi ? Parce que depuis hier soir, la virulence de ceux qui sont contre cet accord, qui traite Al-Archi d'un infiltré et d'un vendu, et vraiment la virulence des mots de ces manifestants est à la hauteur du tiraillement au sein du régime. Ce soir, le président iranien est obligé d'annoncer que le Conseil national de sécurité valide les pourparlers, valide le fait qu'on négocie, mais ils ne peuvent pas encore, ils n'ont pas encore la force... En disant priorité au dialogue, n'est-ce pas ?
Oui, par contre, ils n'ont pas encore la force pour aller contrer, par exemple, en disant que des frappes israéliennes, ça ne change rien aux pourparlers. Non, parce que les mêmes disent qu'il y aura une réponse.
Les mêmes disent qu'il y aura une réponse.
Les gardiens de la révolution disent qu'il y aura une réponse. Pour l'instant, le corps diplomatique, ceux qui négocient, l'exécutif reste très prudent, il dénonce sans vraiment dire que les pourparlers sont mis à mal. Je reviens sur ce que vous disiez, il y a un élément très important du côté libanais, quand le président libanais a prononcé pour une des premières fois le mot ingérence, après le riposte des gardiens de la révolution, il y a 3-4 jours, quand ils ont riposté par rapport aux attaques, il a qualifié ça d'ingérence en disant que le Liban ne nous appartient pas.
Et ça, c'est un changement majeur et il faut que ce soit de plus en plus vocal pour que les gardiens de la révolution ne puissent pas saboter davantage ce processus qui suit son cours. Le problème en Iran, c'est que où est Moustaba, celui qui arbitre ? Alors, ça fait trois mois et demi qu'il a été soigné, mais alors pourquoi il n'est pas présentable ?
On se pose la question tous les jours.
Pourquoi on n'a pas entendu savoir ? Généralement, Walei Il-Farri, c'est le guide suprême, donc Moustaba doit traiter, doit trancher. Et c'est lui qui doit signer, normalement, c'est lui qui doit signer. Une signature de l'exécutif n'a pas de valeur juridique du point de vue constitutionnel. Sauf s'il délègue la signature, sauf qu'on n'a pas de ces nouvelles, est-il encore vivant ? Pourquoi il n'arbitre pas, il ne dit pas comme son père en son temps ? Et Khomeini qui avait signé une armitis avec l'Irak en 88 en disant « Je suis obligé de boire la tasse de poison ». C'est le guide qui prend ce genre de décision majeure. Vous savez, dans ces situations…
Je n'ai même pas posé ma question, mais allez-y.
Je réagis déjà par rapport à ce qu'il m'a dit. C'est une situation paradoxale. Ça veut dire que vous avez deux ennemis jurés, donc les gardiens de révolution en Iran et les Israéliens, qui sont tous les deux pas contents de cet accord et qui sont tous les deux en train de saboter cet accord. Et ça, c'est la situation paradoxale.
Mais comment vous voyez la situation évoluer ? On nous dit que ce soir, l'Iran suspend tous ses vols dans la partie ouest du pays. Il y a des menaces, on a le doigt sur la gâchette, disent les Iraniens. Est-ce que vous voyez la reprise des frappes ce soir ?
Je vois toutes les issues.
Mais pas la signature dans les prochaines heures.
Je n'exclus rien du tout. Je n'exclus rien du tout. Mais je ne vois pas pourquoi les gardiens des révolutions, qui ont d'ailleurs publié sur les réseaux, qu'ils n'allaient pas faire cadeau à Trump pendant le jour de son anniversaire d'un accord. Et donc, par principe, vous savez, c'est vraiment le principe, c'est qu'on ne va pas l'honorer pour ses 80 ans. Donc, à la limite, on signera, mais on signera demain, après-demain, etc. S'il n'y a jamais quelque chose, le texte qui pourrait être signé. Mais, vu la réaction de Trump, peut-être qu'il y avait quelque chose qui était quand même assez prêt à être signé. Parce qu'il était vraiment furieux.
Il était vraiment furieux. Est-ce qu'on peut imaginer, pardon, Michael Benhamou, en poussant la réflexion un petit peu plus loin, que ces frappes, aujourd'hui israéliennes, le jour de cet accord qui devait être signé, le jour de l'anniversaire de Donald Trump, c'est presque une manière de saboter cet accord ?
Oui, pour Israël, il y a à la fois, je pense, quand même un certain succès tactique, en vérité, au Sud-Liban, puisque l'effort actuel qui est mené au Sud-Liban est assez calibré, il est progressif, il est appuyé par une logistique qui est assez bien organisée, d'un point de vue très froid opérationnel, j'entends. Et donc, il y a quand même une réussite tactique, en tout cas bien meilleure qu'en 2006 ou qu'en 1982, je parle sous votre contrôle. Mais effectivement, sur le plan régional stratégique, la situation est très mauvaise pour Israël, puisque cet accord dont on parle là, tout sur le plateau, quand même, est une forme de victoire pour les Iraniens, si on vient entre les lignes.
Avoir des gelés, lever partiel des sanctions, enfin, tout ça va redonner du jus au régime iranien. Et puis, par ailleurs, les Israéliens sentent bien que les Américains sont en train de quitter la zone, d'un point de vue militaire. On est passé de 250 000, 300 000 soldats américains au Moyen-Orient à 30 000 aujourd'hui, et qu'est-ce qui va se passer demain ?
Et donc, Israël, d'un côté, gagne quelques territoires au Liban actuellement, détruit, affaiblit le Hezbollah, quand même, il faut dire que cette situation au Liban est permise par Israël, par des victoires tactiques d'Israël, et c'est ça qui crée un espace politique pour les différents partis libanais, pour se révolter contre le Hezbollah. Mais effectivement, dans la région, Israël est en train de perdre ce cadre protecteur américain, et ça, Netanyahou va le payer aux élections du mois d'octobre. Mais non, mais c'est justement pour ne pas avoir à payer le prix aux élections qu'il a été quasiment contraint de faire des frappes contre le Hezbollah.
Parce que qu'est-ce qui se passe en Israël aujourd'hui ? Il n'y a pas que Netanyahou dans la balance, il y a son opposition qui est farouchement hostile à tout accord proposé par Trump, et il y a l'extrême droite israélienne qui est dans le gouvernement de Netanyahou, dont les ministres fustigent également cet accord. Et donc, d'une certaine manière, si Netanyahou veut survivre politiquement aux prochaines élections, il doit continuer à frapper le Hezbollah, et il doit continuer la guerre, même si Trump arrivait à conclure un protocole d'accord. Donc c'est une situation extrêmement dangereuse, et quand vous posez la question « Est-ce qu'il peut y avoir des frappes ? », la réponse est oui.
L'Iran peut frapper ce soir, dans la nuit, à nouveau, de façon, en tout cas, au minimum symbolique, et peut-être plus. Les Israéliens disent que les Iraniens n'ont plus de missiles, mais ça reste à démontrer, on verra. Et cela peut entraîner une riposte des Israéliens, et donc une reprise d'hostilité, ce que Trump veut absolument éviter. C'est là le grand dilemme de Donald Trump. On voit bien qu'il est, je ne dirais pas impuissant, mais qu'il est incapable de mener vraiment une diplomatie qui réussit. La preuve, c'est qu'à commencer par le fait qu'il annonce « Je vais signer, nous allons signer dans les prochaines 24 heures, dans les 4 heures.
» Les Iraniens doivent regarder ça avec délice, si vous voulez. Trump se piège chaque jour de la même manière, et il ne semble pas comprendre. Mais pourquoi ? Parce qu'autant Netanyahou est piégé par son opposition, autant Trump, lui, veut obtenir un accord avant le G7, il reste 24 heures, avant les prochaines élections de novembre, il ne reste que quelques mois à peine, et avant les festivités du 4 juillet. Vous imaginez quand même, on est en pleine coupe du monde de football. Le G7, ça paraît compliqué en 24 heures. Côte d'Ivoire, France, Sénégal, etc. Et c'est le moment où la guerre n'est pas réglée.
C'est un contexte absolument terrifiant, où malheureusement, comme ça vient d'être dit, c'est très imprévisible.
Maneli Mirkan, s'il y a frappe ce soir, qui les décide ? Est-ce que c'est ce Ahmad Vaidi, donc on dit c'est le dur des durs, le chef des gardiens de la révolution, celui qui, c'est ce que nous disait le Wall Street Journal aujourd'hui, a mis en place cette sorte de doctrine, l'unité des territoires ? C'est-à-dire qu'à un moment donné, si nos alliés, les Houthis au Yémen, le Hezbollah est frappé, nous on répliquera. Est-ce que c'est lui qui va décider des frappes ?
Alors c'est lui, c'est Vaidi à la tête, mais il y a quand même une autonomie dans les provinces. C'est 35 corps des gardiens de la révolution qui ont reçu les ordres, la doctrine de défense et d'attaque qui était reçue par le guide suprême à l'époque, Ali Khamenei lui-même. Ils ont une certaine autonomie, c'est-à-dire que la décision viendra de Vaidi, mais dans son application, dans ces parties différentes, ils ont quand même un certain nombre de directives qui datent d'avant. Je pense que la riposte sera là, ils ne peuvent pas, ne serait-ce que pour... Vous pensez que ce soir, il peut y avoir des tirs ? Pas ce soir, forcément. Parce qu'ils ont dit qu'on est en préparation et qu'on pourra...
Mais comme on a eu il y a trois jours, c'est-à-dire que de manière très mesurée, de manière très ciblée...
Celle dont on parlait dimanche dernier, c'était il y a une semaine, par exemple.
Il y a une semaine, il y a eu des échanges. Israël a riposté effectivement aussi. Donc ça pourrait être ça dans les prochains jours. Mais ça n'a pas remis en question l'avancement sur le mémorandum, le protocole d'accord. Donc on en est là. C'est-à-dire que c'est comme si le front vis-à-vis d'Israël s'était séparé du front vis-à-vis des Américains. D'un côté, on veut faire la paix. Et de l'autre, on se tape dessus à chaque occasion pour contenter chacun leur base de dur.
Essayons nous projeter. Ce soir, l'Iran suspend tous ses vols dans la partie ouest du pays. Le Conseil suprême de sécurité nationale, plus haute instance de sécurité en Iran, avertit d'une réponse imminente. On va voir leur communiquer. Regardez, la réponse des combattants de l'islam est imminente. Le Liban est notre ville. Tout à l'heure, on parlait d'unité justement des territoires. Le Liban est notre ville. La violation des lignes rouges de la République islamique ne sera pas tolérée. Est-ce qu'il faut s'attendre à une riposte ? Est-ce qu'il faut s'attendre à une riposte graduée, une riposte puissante, ce soir, de la part des Iraniens ?
C'est une ingérence insupportable dans les affaires du Liban. Ils le déclarent comme étant une colonie qui dépend de Téhéran. Et c'est là, c'est insupportable pour les Libanais.
Oui, mais au-delà du fait que ce soit insupportable pour les Libanais, moi, ma question, c'est à quoi faut-il s'attendre dans les heures qui viennent ? Est-ce que l'Iran va décider de répondre de manière puissante et massive ?
C'est l'anniversaire de Trump. Je crains qu'il frappe cette nuit juste pour l'embêter.
Ce ne soit pas le feu d'artifice qu'il espérait,
mais au contraire, pour l'embêter pendant ses célébrations. Et Trump, d'ailleurs, est en train de détourner l'attention aux États-Unis. Il vient de publier, il y a une demi-heure encore dans son réseau social, une attaque contre un sénateur, John Reed, Jack Reed, qui est un démocrate. Et donc, il dit encore, ce sénateur a qualifié l'accord qui vient avec l'Iran comme un très mauvais accord. Et donc, il dit, mais Obama a conclu le pire accord de tous les temps, etc. Et donc, en fait, il dit encore que mon accord, c'est la parade suprême contre l'arme nucléaire de l'Iran. Et en fait, il rajoute une couche. Et à mon avis, ça va barder.
Lieutenant-colonel Guillaume Ancel, comment déjà Israël peut se protéger ? On a parlé ce soir, si Adetti, on a parlé souvent avec vous du dôme de fer, mais il y a d'autres possibilités pour Israël de se protéger.
Oui, mais il faut se rappeler qui a déclenché cette guerre contre l'Iran. C'est Donald Trump qui décide d'en sortir.
Vous répondrez à ma question après.
Mais j'y réponds. Merci. Ça veut dire que, pour moi, cette guerre contre l'Iran, elle est terminée. Là, ceux à quoi on assiste, c'est les sous-bressons, en particulier des gens autour, qui veulent essayer de faire chuter cet accord, parce que ce sera coupé.
Enfin, les tirs de missiles balistiques, on ne disait pas ça dimanche dernier, quand même. On ne disait pas de petits sous-bressons.
Le Hezbollah, typiquement, c'est très bien que si l'Iran l'abandonne à son sort, dans le cas d'un accord global avec les États-Unis, ils sont finis. Ils n'ont plus la Syrie. Ils n'ont plus l'aide de l'Iran. Ils sont seuls face à un gouvernement libanais qui, pour la première fois de son histoire, va dire « maintenant, on va vous désarmer ». Et ça, c'est la fin de la milice du Hezbollah, pas des chiites, bien sûr, au Liban.
Donc, ce qui se joue, pour moi, c'est la fin de cette guerre, et le fait que Netanyahou, pour beaucoup de raisons personnelles et politiques, parce qu'il a besoin d'entretenir la guerre, s'est permis de bombarder Beyrouth, alors qu'il savait que c'était une ligne rouge dans les négociations, provocation ultime pour que les Iraniens ripostent. Bien sûr qu'on va avoir droit à des échanges de coups de feu, mais qui seront incroyablement limités. Bien sûr qu'il leur reste des missiles aux Iraniens, personne ne sait combien ils en avaient, donc qui peut dire qu'ils n'en auraient plus ce soir ?
Vous vous dites que ce sera limité, là, ce soir ?
Bien sûr que ce sera très limité. Pourquoi ? Parce que les Iraniens ne veulent pas faire capoter non plus ce protocole, et Netanyahou ne peut pas le faire. S'ils se mettaient le président américain à dos, mais c'est fini pour lui. Donc, on est dans un jeu de dupe, pardon, mais ils jouent leur dernière danse de la mort, en expliquant aux autres qu'ils vont faire une guerre totale, globale, puis on entend les extrémistes de tous les côtés qui viennent nous expliquer qu'ils vont tout mettre à feu à sang. Mais la réalité, c'est qu'on est en train de sortir de la guerre, et tant mieux.
Et ça serait uniquement le dôme de fer ce soir s'il y avait des missiles ?
Non, en fait, les Américains ont déployé le système qui permet aux Israéliens de ne pas être touchés par les missiles, mais sachant que la dernière vague, la semaine dernière, ne visait pas de grandes villes israéliennes. En fait, les Iraniens, dès le départ, avaient décidé que même si des missiles traversaient le dôme, en réalité, ils s'exposeraient dans des endroits sans intérêt, et d'ailleurs, les frappes qui ont eu lieu du Hezbollah ces derniers jours, à chaque fois, ont touché des endroits absolument sans... Enfin, pardon, ils ont fait zéro victime. C'est de la pure provocation.
Oui, il y a eu des soldats israéliens. Il y a le Benhamou sur ce point-là.
Et pour compléter, les Américains maintiennent ainsi, rappelons-le, trois destroyers près d'Israël, pour justement protéger Israël contre des frappes, notamment balistiques iraniennes, et aussi pour appuyer ce que vous dites, souvent, historiquement, on constate qu'avant la paix, ou en tout cas avant une paix temporaire, il y a une dernière escalade, on a vu ça avec le Vietnam en 73, la guerre de Kipour, même la guerre Iran-Irak, vous avez toujours un moment comme ça un peu extrême, avant une négociation finale, tout en sachant qu'à mon avis, dans ce conflit, on est sur une réconciliation temporaire de quelques mois.
– Oui, on est loin de la négociation finale.
– Oui, parce que les problèmes de fonds n'ont pas été traités, en fait. – On en a pour au moins un demi-siècle, parce que signer avec ce gouvernement, ce régime iranien, ça veut dire le renforcer, le reconnaître, alors que le 28 février, il y avait la volonté de le défaire.
– Attendez, je vous coupe parce qu'une dernière minute, pardon, une dernière minute vient de nous parvenir, on parle du Premier ministre pakistanais, voilà ce qu'il dit, regardez à l'instant, suite à des pourparlers intensifs, nous sommes heureux d'annoncer que l'accord de paix entre les États-Unis d'Amérique et la République islamique d'Iran a été atteint. Il est 23h16 ce soir, heure française, et le Premier ministre pakistanais a dit ça à Ulysse Gosset, est-ce qu'on peut lui faire confiance ?
– Alors, confiance, je ne sais pas, mais ce qui est vrai, c'est que c'est le principal négociateur depuis le début, qu'il est en lien avec les deux parties, avec les Iraniens et avec les États-Unis. Il faut rappeler aussi qu'il y a actuellement à Téhéran une délégation du Qatar, de négociateurs qataris, qui ont fait au cours des derniers jours beaucoup d'efforts pour sauver ce fameux memorandum qui était parvenu à le faire.
– Et Ulysse, je vous coupe aussi parce qu'il ajoute, la cérémonie officielle de signature aura lieu le vendredi 19 juin en Suisse.
– C'est ce que… – 19 juin ? – Oui. – Alors en tout cas, non mais donc, vendredi prochain, mais ça ne fait conforter le scénario selon lequel le Pakistan joue un rôle majeur, avec le Qatar, qui a, pour éviter un nouvel embrasement de la région, a fait le forcing et s'est même rendu à Téhéran à deux reprises et ils y sont à nouveau. Donc si vous voulez, il y a maintenant des efforts très importants de ces deux pays. Alors le Premier ministre pakistanais, il est au cœur de la négociation.
– Il ne peut pas dire ça sans avoir eu l'accord des deux parties ce soir.
– Mais si vous voulez, remplaçons-nous 24 heures en arrière, s'il n'y avait pas eu la frappe israélienne et puis la frappe du Hezbollah, suivie d'une frappe israélienne, on aurait aujourd'hui probablement une signature électronique. Donc ce que dit aujourd'hui le Premier ministre du Pakistan, c'est qu'après les deux frappes, après la colère de Trump, après l'engueulade de Netanyahou, il y a eu une nouvelle discussion avec les Iraniens et il est tout à fait possible qu'il y ait un nouvel accord qui soit atteint. Alors cela dit, la date annoncée de la signature, c'est le 19 juin, c'est-à-dire au lendemain, le sommet commence demain, c'est-à-dire après le G7.
– Mais Ulysse, ça viendrait confirmer les informations de Patrick Sos qui nous disait, attention, après le G7, il y aura une réunion de très haute sécurité, ce qu'on lui avait dit à un officiel à Genève.
– C'est exactement ça, parce qu'en fait ça a été annoncé hier. D'ailleurs c'est le même Premier ministre de Pakistan qui hier, avant-hier avait publié sur son compte Twitter que dans les 24 heures, donc ça sera signé. Et Patrick Sos hier a annoncé en exclusivité en fait les bruits qui couraient comme quoi au milieu de la semaine prochaine en Suisse, dans la Suisse alémanique très probablement, et non pas à Genève, ça va être signé. et pourquoi Vendredi ? Parce que Donald Trump doit partir de l'Europe et c'est J.D. Vance qui va revenir signer le document. Parce qu'ils ne peuvent pas être hors du pays en même temps. C'est la tradition de sauvegarde de l'exécutif qui l'interdit.
Et que Donald Trump ne veut pas être celui qui signera cet accord, parce qu'il sait que le protocole n'est vraiment pas terrible. Donc il va le faire signer à J.D. Evans, qui a toujours critiqué cette guerre contre l'Iran.
– Il le sait mais il s'en réjouit quand même depuis plusieurs jours.
– Il va tirer les lauriers à lui, et quand il commencera à être sérieusement critiqué sur ce qu'il y avait dans le protocole, il dira, « Ah bah J.D. Evans, il a peut-être signé trop tôt. » – Il voulait le signer avec Moustaba, sauf que Moustaba s'est évaporé. Le niveau de Trump, c'est Moustaba. Et Moustaba, on ne sait pas ce qu'il devient, on ne sait pas où est-ce qu'il devient.
– Vous nous dites que c'est le seul à pouvoir signer l'accord, Manélie, non ?
– Constitutionnellement, c'est uniquement le guide suprême qui doit prendre cette décision et doit signer. – Sauf si vous délègue à l'exécutif, c'est ce que vous disiez. – Il ne peut pas constitutionnellement. – S'ils font ça, ça veut dire qu'il y aurait eu une révolution constitutionnelle sous la République israélienne.
– Donc théoriquement, c'est J.D. Evans qui signe côté américain et c'est Moustaba côté iranien ? – Non, pas du tout. – Alors là, c'est avec J.D. Evans, c'est avec Al-Ibar.
Mais dans ce cas-là, ça veut dire que ça reste vraiment un protocole d'accord. Ce n'est pas un accord entre deux pays.
– Ulysse, j'ai une question. Pourquoi c'est le Pakistanais qui communique avant tout le monde ? On attend la confirmation des deux parties.
– Non, mais si vous voulez, le Pakistan a tout intérêt à paraître comme le faiseur de paix, en tout cas le médiateur qui a permis à Donald Trump et aux Iraniens de se mettre d'accord. Ce que je trouve intéressant dans cette déclaration, c'est qu'en fait, il y aurait une signature physique. Donald Trump, pour accélérer les choses et pour arriver à obtenir un mémorandum avant son anniversaire et avant le sommet du G7, avait dit, ce n'est pas grave, on le fera de façon électronique. Ce qui était déjà assez incroyable, mais bon, c'est comme ça. Là, on parle d'une réunion en Suisse, donc, a priori, le 19, c'est-à-dire vendredi prochain.
Ça donne une semaine pour mettre au point tous les détails techniques de la signature. Ça donne une semaine pour éventuellement affiner le mémorandum lui-même et ça donne le temps aux Iraniens d'envoyer une délégation en Suisse dans les conditions de sécurité qui s'imposent et en même temps au vice-président G.D. Evans d'arriver lui-même en Suisse alors que Trump, lui, il quitte la France après un dîner à Versailles qui a lieu mercredi soir. On peut penser qu'il prendra l'avion dans la nuit de mercredi à jeudi pour être de retour à Washington jeudi et donc ça permettrait effectivement au vice-président de se rendre à jeudi.
Alors, entre nous, soit dit, ce n'est pas la première fois que le Premier ministre du Pakistan annonce qu'un accord est proche. Donc, soyons tout de même...
Oui, mais là, il donne la date.
Si, si, là, je lis sa publication sur Twitter. En fait, il a dit, l'accord a été... A été atteint. Là, il dit qu'il est. Il a été atteint. Et en fait, la phrase sûre, c'est que les deux parties ont décidé ensemble l'arrêt immédiat et permanent de toute opération militaire sur place. À partir de quand ? De maintenant. À partir de maintenant. Là, il y a 5 minutes. Avant la signature, donc. C'est maintenant. Donc, c'est le feu à partir de maintenant. Y compris au Liban.
On est en train de vérifier tout ça. Quels que soient les deux parties qui signent, c'est quand même historique d'imaginer une délégation iranienne, une délégation américaine qui signe le même bout de papier dans la même pièce, alors que ces deux pays se haïssent depuis 1979. C'est historique. C'est historique.
C'est le début de la troisième manche. En fait, là, ce à quoi on assiste, c'est la fin de cette guerre américaine contre l'Iran qui a débuté en février. 40 jours de guerre intense, presque 60 jours de négociations, de discussions, dont on voit bien qu'elles ont été très difficiles. À mon avis, surtout pour ce qu'a expliqué M'Analy, c'est-à-dire au sein du pouvoir iranien, des dissensions très très fortes entre est-ce qu'on négocie ou on ne négocie pas. Et là, ce soir, ce qu'on annonce, c'est que cette guerre-là, elle est terminée. Elle va se terminer. Mais la troisième manche va être compliquée. La troisième manche, elle reposera sur deux choses.
D'abord, la discussion autour d'un accord dont le nucléaire sera central et le détroit d'Hormuz compliqué, puisque dans l'esprit des Iraniens, il n'y aura pas de contrôle du détroit d'Hormuz, mais simplement, ils manderont des frais de service pour emprunter le détroit d'Hormuz, qui représente globalement un système de péage-raquette. Et puis, d'autre part, sur le nucléaire, évidemment, tout reste à faire, après avoir dit que les uns et les autres ne voulaient surtout pas, mais qu'ils aimeraient bien garder le nucléaire. Et puis, d'ailleurs, ils aimeraient bien avoir le droit d'enrichir. Et puis, dans la troisième manche, je pense qu'il va y avoir une partie très intéressante.
C'est quand le régime des gardiens de la Révolution va se retrouver seul face à sa population. Parce que là, désormais, ils n'auront plus de pays agresseurs pour dire qu'il faut qu'on se lie contre les États-Unis. D'ailleurs, c'est interdit de venir manifester. Et comment est-ce qu'ils vont faire face à une population qui voit leur pays ravagé par le jusqu'au-boutisme des gardiens de la Révolution ? Un pays qui est ruiné, alors que ça devrait être un des pays les plus riches de la région, et un pays qui n'a plus un rond, parce que le dégel se fera de leurs avoirs. Mais c'est quelques dizaines de milliards de dollars, alors qu'il leur en faudrait des centaines.
– Allez, on va partir tout de suite aux États-Unis pour vous retrouver. Antoine, on n'a pas encore confirmation par Donald Trump. On attend aussi la confirmation côté iranien de ce que vient nous annoncer le Premier ministre pakistanais. Mais en tout cas, si cet accord intervient là, bientôt, et que Donald Trump le confirme, c'est tout bénef pour lui en ce jour anniversaire. – Oui, exactement. On imagine que Donald Trump est satisfait, très satisfait et aussi soulagé, parce qu'aujourd'hui, on a bien cru, en tout cas du côté de la Maison-Blanche, que cet accord allait voler en éclats après les frappes israéliennes sur Beyrouth.
Il a fallu que Donald Trump décroche son téléphone en Guirlande, avec beaucoup de grossièreté, Benjamin Netanyahou, pour lui dire d'arrêter tout de suite, pour que finalement les choses rentrent à peu près dans l'ordre. Alors Trump avait quand même affiché une forme de confiance aujourd'hui, malgré ce rebondissement, malgré les frappes israéliennes. Il avait indiqué que la signature interviendrait aujourd'hui. Alors manifestement, la signature, ce n'est pas pour aujourd'hui, c'est pour le 19, donc milieu de semaine prochaine. Mais si on en croit, en tout cas le Premier ministre pakistanais, l'accord est atteint. C'est exactement ce que voulait Trump.
Trump, ce soir, fête son anniversaire en grande pompe. Il organise un gala de MMA, ce sport de combat, dans les jardins de la Maison-Blanche. Il y a une installation gigantesque, une arène gigantesque qui a été installée. Il y a une fanzone, l'endroit où je me trouve, qui a été également installée, avec des dizaines de milliers de personnes qui sont là. Tout ça pour permettre à Donald Trump de savourer cette victoire. Parce que ce soir, Donald Trump veut se présenter triomphant, vainqueur de la guerre en Iran. C'est en tout cas comme ça qu'il va présenter les choses, au milieu de ses partisans.
Et donc c'est évidemment un Donald Trump conforté, en tout cas de son point de vue, qui va pouvoir fêter son anniversaire ce soir. Surtout que ce combat de MMA, c'était une façon pour lui de projeter un peu la force, la puissance des États-Unis. Sans accord, tout cela serait tombé complètement à plat. Alors il faut s'attendre à ce que Donald Trump évidemment réagisse. Et il faut s'attendre aussi à ce que Donald Trump fasse déjà le service à prévente de cet accord. Parce que vous en avez parlé en plateau, c'est un protocole d'accord en fait. Quelque chose de très modeste pour le moment. Simplement, on s'est mis d'accord sur l'arrêt des combats et la réouverture du détroit d'Hormuz.
Toutes les questions qui concernent le nucléaire sont envoyées à des discussions ultérieures, des discussions techniques, disent les Américains, pour s'assurer, pour voir comment est-ce que les États-Unis vont récupérer l'uranium enrichi. Trump dit que les États-Unis vont le récupérer, mais on ne sait pas comment. Et également pour savoir comment s'assurer que l'Iran n'obtiendra pas la bombe nucléaire. Pour l'instant, il n'y a aucun mécanisme de contrôle concret qui soit prévu dans le cadre de cet accord pour atteindre cet objectif. Antoine Lelard, depuis Washington. Si vous nous rejoignez, c'est l'information évidemment de la soirée. Un accord de paix a été atteint.
Le mot est écrit en majuscule dans le message posté sur X par le Premier ministre pakistanais. Ce sont les termes utilisés. Un accord de paix a été atteint. Aucune confirmation côté américain pour l'instant. Y a-t-il ou pas confirmation côté iranien ? On va le savoir tout de suite avec vous. Bonsoir Syavosh Ghazi. Que nous dit-on à Téhéran sur cet accord de paix qui aurait été atteint entre l'Iran et les États-Unis ?
Pour l'instant, c'est le silence. Il n'y a aucune déclaration iranienne pour confirmer l'entrée en vigueur de cet accord. Une première chose, c'est qu'il est 1h du matin à Téhéran. On n'est plus le 14, on est déjà le 15. Donc ce n'est plus selon le fuseau horaire en Iran, la date anniversaire de Donald Trump. Donc on est passé déjà au 15. Mais ensuite, plus sérieusement, depuis plusieurs heures, les déclarations se multiplient des responsables politiques et militaires iraniens pour dire qu'il y aura une réponse à l'attaque qui a été menée contre la banlieue sud de Beyrouth. Ensuite, la réponse viendra à déclarer, par exemple, le chef de la commission de la sécurité nationale du Parlement.
La même déclaration du chef de la force droite, c'est le gardien de la Révolution, va dans le même sens. Un autre responsable des gardiens a affirmé également qu'il y aura une réponse de Téhéran. Est-ce que malgré l'annonce du Premier ministre pakistanais selon lequel l'accord est conclu, est-ce que l'Iran va frapper au moins symboliquement pour dire qu'il a le dernier mot dans ce conflit ? C'est une possibilité qu'il ne faut pas écarter.
Merci à Vosh Ghazi, en direct de Téhéran. Merci à vous. Si vous nous rejoignez, sachez que le médiateur pakistanais, le Premier ministre, a annoncé qu'un accord a été conclu entre les États-Unis et l'Iran. Ça sera signé le vendredi 19 juin. On attend encore la confirmation des États-Unis et notamment du côté iranien. Mais il est intéressant de relire la déclaration, justement, Ulysse Gosset, puisqu'il remercie donc les États-Unis, la République islamique d'Iran, mais il remercie aussi les pays du Golfe, l'État du Qatar, l'Arabie Saoudite pour leur contribution.
Oui, et la Turquie également. Et la Turquie. Alors le Qatar, c'est très important parce que c'est l'autre médiateur et les Qataris insistent sur leur rôle.
La grande direction de l'État du Qatar, dit-il.
Oui, donc c'est un hommage appuyé à leurs efforts. Mais le Pakistan, en annonçant le premier qu'il y a un accord possible, veut, je dirais, en récolter tout le bénéfice. Mais il y a un autre point qui est très intéressant. Alors, effectivement, il y a l'Arabie Saoudite, évidemment, pays majeur dans la région. Mais l'autre événement intéressant, c'est qu'il signale qu'il y a un cessez-le-feu immédiat. Non pas en attendant le 19 juin, mais immédiat. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si c'est le cas, il ne peut pas y avoir de riposte iranienne.
C'est ce que disait Siavosh Gajou tout à l'heure. Alors lui, il essaie la porte ouverte.
Est-ce qu'il pourrait y avoir une première réponse ? Si c'est le cas. Si c'est le cas. Si l'accord a vraiment été atteint. Et je note également qu'il parle d'un accord et pas simplement d'un mémorandum ou d'une feuille de route, si vous voulez. Donc, il va très, très loin, le Premier ministre de Pakistan. C'est pour ça que je suis...
Mais il ajoute qu'il y aura une série de réunions tout de même cette semaine, des discussions préalables à la mise en œuvre.
Oui, c'est-à-dire que tout n'est pas réglé. Et on sait, comme toujours, on le répète sur ce plateau, que le diable se cache dans les détails. Mais si vous voulez, ça permettrait, si c'était confirmé, et attendons de voir si Donald Trump en parle. Vous savez qu'il doit s'exprimer. Le vice-président de Geneviève est arrivé à la Maison-Blanche dans l'après-midi. Donald Trump doit s'exprimer également au cours d'un discours après le match de MMA. Et donc, si on a cette confirmation, je dirais que ça permet à Donald Trump de sauver la face avant le sommet du G7 et d'arriver en disant « j'ai obtenu un cessez-le-feu ».
Parce que qu'est-ce que tout le monde attend en dehors de la fin de la guerre qui est déjà annoncée et sur laquelle il faut être prudent, je dirais, par certains ? Mais qu'est-ce qu'attend le monde entier, et l'Europe en particulier, et nous la France ? C'est la reprise du trafic dans le détroit d'Hormuz. C'est la réouverture du détroit, c'est la baisse du prix du pétrole, c'est la baisse du prix de l'essence à la pompe. Donc, il faut qu'il y ait une dynamique, si vous voulez, qui soit sérieuse, durable, qui permette de détendre l'atmosphère dans la région et qu'il y ait des conséquences positives pour l'économie mondiale.
Et à l'instant, le président américain Donald Trump réagit, voilà ce qu'il dit, l'accord avec la République islamique d'Iran est désormais finalisé. Félicitations à tous, point d'exclamation. J'autorise par la présente l'ouverture sans péage du détroit d'Hormuz, j'autorise, et simultanément la levée immédiate du blocus naval des Etats-Unis. Navire du monde entier, mettez vos moteurs en marche, nouveau point d'exclamation. Que le pétrole coule à flot, dernier point d'exclamation, signé président Donald Trump. C'est intéressant ça. J'autorise par la présente l'ouverture du détroit d'Hormuz.
Parce que chacun va essayer d'expliquer, comme a dit Ulysse tout à l'heure, de tirer la couverture en soi. Est-ce que les Iraniens, sans péage, vont l'accepter ? On verra.
Alors justement, de ce qu'on comprend dans la presse américaine, effectivement, les Américains ont réussi à ce que les frais de service iraniens ne soient pas inclus dans l'accord. Parce que les Iraniens demandaient il y a quelques jours des frais de service équivalents à un péage, et apparemment, ça a été retiré il y a quelques jours. Ce qui reste dans l'accord et qui est favorable au régime iranien, ce sont des fonds de reconstruction, la levée partielle des sanctions et le dégel des fonds à hauteur de 12 milliards, a priori, depuis le Qatar.
Donc pour vous, les Iraniens, accepteraient.
Voilà le cadre pour que les flux Hormuz puissent être rétablis dans les semaines et les mois à venir.
Donc là, il a raison, Donald Trump, quand il dit ça. Le détroit d'Hormuz va mourir.
Il a raison, mais en même temps, si vous voulez, le mémorandum favorise le régime iranien dans une large mesure.
Avec une large reconstruction, un dégel des avoirs, effectivement. Mais sur la question précise du détroit d'Hormuz, Antoine Bassebouze, est-ce qu'il peut rouvrir sans péage ?
Écoutez, faisons la synthèse de ces trois derniers mois et demi. Les États-Unis et Israël sont rentrés en guerre pour défaire le régime, pour récupérer ou briser le programme nucléaire, le balistique et les proxys. Et on se retrouve aujourd'hui avec un succès sur la réouverture du détroit d'Hormuz, qui était ouvert avant la guerre. Est-ce que cela peut être synonyme d'un succès, malgré le barouf médiatique qui est fait ? Non, c'est une défaite stratégique que la région va payer très cher. La dissuasion a changé de camp dans cette région. Et les pays, les monarchies du Golfe vont être vassalisés par l'Iran.
C'est une réalité que nous percevons avec le résultat de trois mois et demi de guerre et la défaite des États-Unis.
Alors je vous donne la parole à tous les deux dans quelques instants, à tout le monde d'ailleurs, mais on voudrait repartir aux États-Unis pour vous retrouver, Antoine Eulard, en direct de Washington, où aura lieu d'ailleurs dans les prochaines heures ce combat de MMA. Ça y est, on a la confirmation de Donald Trump lui-même. Que nous dit-il sur son réseau social préféré, Trousse Social ? Écoutez, quelques lignes de Donald Trump pour confirmer effectivement que l'accord a été trouvé. Il a été finalisé, précise Didi exactement, Donald Trump. Félicitations à tous. Et Donald Trump qui, dans la foulée, annonce la réouverture du détroit d'Hormuz sans frais de péage, dit-il.
Et en parallèle, il indique qu'il leur donne la levée du blocus américain, vous savez ce blocus sur les ports iraniens, pour empêcher les Iraniens d'exporter leur pétrole. Donald Trump qui conclut son message en disant « Navire du monde entier, démarrez vos moteurs, laissez couler le pétrole, laissez-le couler à flot ». C'est intéressant, cette dernière phrase de Donald Trump, on voit que la priorité pour lui, c'est que la reprise du commerce du pétrole reprenne au plus vite, pour faire baisser les prix à la pompe, parce que Donald Trump a des élections qui approchent bientôt. Vous savez que les prix aux Etats-Unis comme ailleurs ont flambé depuis la guerre en Iran.
Et Trump a promis aux Américains que dès que la guerre serait terminée, les prix allaient immédiatement baisser et baisser rapidement. Donc Donald Trump espère vraiment pouvoir tenir la promesse pour pouvoir aborder ces élections qui s'annoncent déjà difficiles de façon un peu plus sereine. En tout cas, pour Donald Trump, le timing de cette annonce tombe vraiment à pic. Vous l'avez dit, c'est son anniversaire aujourd'hui. Il organise un grand gala de MMA dans les jardins de la Maison-Blanche. Il y a une énorme structure qui a été installée, une énorme arène, plus cette fanzone dans laquelle, où je me trouve, des dizaines de milliers de personnes sont attendues.
Et Donald Trump, ce soir, comme il l'avait prévu, va pouvoir triompher. Il sera là, dans le costume d'un président qui a mis fin à cette guerre et qui a vaincu. C'est en tout cas comme ça qu'il va présenter les choses. Il faut s'attendre d'ailleurs dans les prochaines heures à ce que Donald Trump fasse service à prévente de cet accord, qu'il déclare que c'est un très bon accord, meilleur que celui qu'Obama avait signé il y a une dizaine d'années. Ce qui ne correspond pas d'ailleurs tout à fait à la réalité, parce que pour le moment, la seule chose sur laquelle les deux parties se sont mises d'accord, c'est d'arrêter les combats et de rétablir la navigation sur le détroit d'Hormuz.
Toutes les questions concernant le nucléaire sont envoyées à des discussions ultérieures, des discussions techniques. Donc pour résumer les choses, finalement, Donald Trump, ce soir, a réglé un problème qu'il avait lui-même créé, puisque rappelons qu'avant le début de la guerre, le détroit d'Hormuz n'était pas fermé. Merci Antoine Eulard. Ça y est, il a raison Antoine Eulard, Sergei, il arrivera demain, Donald Trump au G7, et puis il pourra dire, ça y est, le détroit d'Hormuz est ouvert. Il va parler aux plus grandes puissances de la planète en disant, allez-y, ce qu'il dit ce soir, préparez vos bateaux, navires du monde entier, préparez-vous, démarrez vos moteurs.
Vous savez, je me souviens toujours de cette phrase qu'il a écrite sur le même réseau au mois de janvier, iranien, attaquer les bâtiments administratifs, l'aide arrive. Et en fait, ça me fait penser exactement à la même chose. Ça veut dire que, vous savez, il veut aller, il a tellement envie d'aller très très vite, il est tellement content que ça arrive le jour de son anniversaire, que là, c'est un énorme cadeau. C'est le cadeau suprême, le cadeau suprême qu'il a eu, mais il faut regarder les détails. Et tant que les bateaux ne commencent à réellement circuler dans le détroit, moi, je suis très prudent.
Vous êtes comme ça, Thomas, vous attendez d'y voir pour y croire. Manélie Mirkan, vous qui scrutez les médias d'État iranien en ce moment, est-ce qu'on se dit, ça y est, allez, hop, on oublie les frappes ce soir ou pas du tout ?
Non, c'est vraiment un questionnement ce soir. Tout le monde se pose parce qu'il n'y a pas eu d'annonce sur cette nouvelle. Les télévisions d'État étaient même en train de parler d'une directive, a priori, de Mojtava Khamenei et du Conseil National de Sécurité pour riposter ce soir sur Israël. Ah oui, ils ont donné l'autorisation de frapper, donc. Oui, quand la bannière apparaît avec cette nouvelle venant des Pakistanais. Donc, je pense que de part et d'autre, Trump s'est offert son cadeau d'anniversaire. Les Iraniens n'ont pas offert le cadeau d'anniversaire le 14. Pour l'instant, tout le monde est couvert vis-à-vis de sa base.
Moi, j'attends d'avoir une réaction des gardiens de la Révolution ou d'avoir complètement leur silence d'ici les prochaines 24 heures pour voir la véracité de cet accord, enfin, le protocole d'accord. Attention, parce que dans la guerre, il y a ce fameux brouillard. Et puis surtout, il y a un moment où on est pris, on est enlisé par tout ce qui se passe autour. Moi, ce que je retiens ce soir, c'est que cette guerre américaine contre l'Iran est terminée. On va passer à autre chose. Certainement. D'abord, il y a une négociation qui s'ouvre pendant au moins deux mois.
Je rappelle que Barack Obama, aujourd'hui, communiquait sur le fait que ça le fait bien rigoler de voir ce que Trump pourra sortir comme accord sur le nucléaire, qu'il soit plus précis que ce que lui-même a abandonné et qu'avait négocié, bien sûr, Barack Obama. Donc, il y aura toute la question du nucléaire. La suite sera compliquée, on le voit très bien avec le détroit d'Hormuz, pardon, mais on est face à une partie de poker menteur. Chacun dit, on a libéré le détroit d'Hormuz, mais il y aura peut-être des frais de service. Il faudra escorter les bateaux à cause des mines dont on ne sait pas si on a.
Oui, d'ailleurs, au passage, il ne parle plus des mines dans notre même place ce soir.
Et du coup, bien sûr qu'on va assister à plein de difficultés. Mais cette guerre est terminée. Si je me laissais être grossier, je dirais cette putain de guerre est terminée. Et pour un homme qui a participé à quatre guerres, chaque fois qu'une guerre se termine, pardon, je m'en réjouis, même si je ne suis pas assez prudent. C'est la fin de la guerre pour vous ? J'aimerais bien, j'aimerais bien. Mais en fait, je suis beaucoup plus prudent par rapport à ça. Je suis vraiment beaucoup plus prudent parce qu'il y a autre chose. Vous savez, déjà par rapport au Premier ministre pakistanais, lui, il n'a jamais parlé de remémorandum. Dans ses publications, il utilisait toujours le mot « deal ».
Et donc, en fait, tous les autres qui disaient « non, il n'y a pas de deal ». En fait, il y a un remémorandum qui nous ouvre la voie au vrai deal. Ça veut dire qu'en fait, côté américain et côté européen, enfin, pour le reste du monde, ce n'était absolument pas ça du tout. Et là, en fait, ce langage de deal qui a été conclu, c'est le Premier ministre pakistanais qui, à mon avis, vous savez, c'est, Guillaume, « wishful thinking », on aimerait tellement croire à la fin de cette guerre que moi, je serais prudent et je suis foule. La télévision iranienne vient d'annoncer la fin de la guerre et l'accord avec l'Amérique, selon une agence régionale.
– Oui, et surtout, l'Iran vient d'annoncer qu'ils avaient annulé l'attaque qui était planifiée pour répondre à la frappe iraniennes. – Ça, c'est intéressant.
– Ça nous disait Manélie, là, c'est oublié.
– C'est-à-dire, c'est pas oublié, mais en tout cas, pour l'instant, selon trois officiels iraniens cités par le New York Times, cette attaque qui avait été programmée a été annulée. Il y a eu des discussions au sein du pouvoir iranien, dans les cercles du pouvoir, pour, effectivement, retenir les avions ou les tirs de missiles qui étaient prévus. Et donc, si vous voulez, c'est l'appel à la retenue qu'avait lancé lui-même Donald Trump lorsqu'il s'était inquiété et, comment dire, lorsqu'il avait protesté contre les frappes israéliennes, il avait appelé toutes les parties à la retenue, le Hezbollah, Israël et l'Iran. Et donc là, visiblement, l'Iran aurait décidé de suspendre...
– Et j'ajoute qu'Emmanuel Macron, qui vient d'arriver à Evian, dit ce soir, enregistre une petite vidéo, il dit, voilà, on va parler de l'Iran et de l'accord qui se signe ce soir, l'objectif sera de voir les conséquences de cet accord. Il parle aussi d'un accord, donc ça sent bon quand même. Pardon, si on se place du côté de la paix.
– Là, les médias iraniens viennent de dire que, d'ici quelques minutes, les responsables iraniens parleront à la population de ce protocole d'accord. Donc évidemment, juste pour compléter, si vous me permettez, Guillaume, la guerre chaude, elle est terminée avec la République islamique. Mais moi, je reste persuadée qu'une guerre froide reste de mise. Une guerre froide, tant que ce régime, avec son idéologie, reste en place, avec cet aspect hégémonique dans la région, et tant que, j'allais dire, la reconnaissance d'Israël n'est pas sur la table...
– Et on attend d'ailleurs la communication ce soir de Benjamin Netanyahou. – On attend aussi la communication du Premier ministre israélien ce soir aussi. Comment ça va se dérouler, Ulysse Gossé, jusqu'au vendredi 19 juin ? Le Premier ministre pakistanais nous dit que ça ne sera pas fini, il va y avoir une série jusqu'à vendredi de discussions, d'entrevues.
– Oui, mais alors d'ici vendredi, je pense qu'il faut quand même s'attendre à ce qu'il y ait une publication, au moins des grandes lignes. Parce que, comme ça a été dit tout à l'heure autour de la table, pour l'instant, personne n'a vu ce mémorandum. Et quand le Premier ministre pakistanais parle d'un accord de paix, je suis quand même très surpris, parce qu'un accord, ce n'est pas possible. On sait très bien que les questions de fonds n'ont pas été réglées sur l'uranium enrichi, sur l'enrichissement de l'uranium à venir, sur la question aussi des soutiens aux proxys, comme le Hezbollah, etc.
Donc il y a mille choses qui sont à régler, et ça prendra, comme le disait Antoine Blasbousse, il a dit un demi-siècle, c'est une bonne façon de nous faire réfléchir, mais au moins des semaines, au moins 60 jours, comme le prévoirait le mémorandum. – On dit même deux fois 60 jours. – Mais sans doute des mois entiers, si vous voulez. Et tous les négociateurs qui ont déjà eu le dossier en phase 2, ont dit que ça prendrait des années pour arriver à un vrai accord. Donc si vous voulez, qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Il faut effectivement que Trump et les Iraniens confirment de façon officielle, et pas simplement par un message sur les réseaux sociaux. Donc il faut un texte.
Et là, il faut attendre peut-être une communication, peut-être de Marco Rubio, côté américain, peut-être du ministre des Affaires étrangères iranien. – Il n'y en a pas pour l'instant. – Ensuite, il va y avoir des délégations techniques, entre guillemets, qui vont effectivement préparer le travail, côté pakistanais évidemment, américains et iraniens, et tout ce monde-là va préparer donc la rencontre de Suisse. Alors on ne sait pas si ça sera à Genève ou dans une autre ville suisse, mais en tout cas, il faut préparer les choses, un peu comme il y a eu, je ne sais pas si vous vous en souvenez, de la première négociation à laquelle avait participé le vice-président J.D.
Vance, au Pakistan, à l'Islamabad. C'est le Pakistan qui avait mis un palais à disposition, et on n'a jamais su d'ailleurs si J.D. Vance avait serré la main des négociateurs iraniens ou pas. Ça a été totalement secret. Là, s'il y a une signature, il faudra qu'il soit dans la même pièce et que l'accord soit écrit. Et là, c'est une demande, si vous voulez, avant d'aller plus loin, qui, je pense, doit venir de toutes parts, que l'on ait l'accord, que l'on sache de quoi il s'agit, qu'est-ce qu'il stipule, et notamment sur l'ouverture du détroit d'Hormuz, dans quelles conditions, qu'est-ce que vont dire les Iraniens.
– Il sera intéressant de guetter aussi ce soir la réaction de Benyamin Netanyahou, puisque des sources… – Pour le moment, il n'a pas réagi. – Non, justement, des sources israéliennes nous disaient cet après-midi qu'il souhaitait une rencontre urgente avec Donald Trump. Peut-être sentait-il le vent tourner. On a commencé cette émission en disant qu'il ne pourrait pas arrêter ses frappes. Là, ce soir, on annonce la fin, en tout cas le Premier ministre pakistanais annonce la fin des combats, de tous les combats. – Surtout les fronts.
– Surtout les fronts. – Surtout, ils citent le Liban. – Ils citent le Liban. – Le Liban. Donc, pour Israël, c'est effectivement quelque chose de très important, de capital, et donc, à mon avis, ils sont en train de s'assurer. – Attention, parce que pour le Liban, pour que la guerre s'arrête, techniquement, je veux dire tactiquement d'un point de vue militaire, il faudrait qu'Israël se retire du Liban. Parce que sinon, il y a des confrontations quotidiennes, bien sûr.
Et par conséquent, là, Netanyahou doit vouloir négocier avec Donald Trump la manière dont il faut interpréter cet accord, c'est-à-dire qu'on arrête sur le front actuel ou on arrête définitivement, ça veut dire qu'Israël se retire. Et là, pour Netanyahou, il sera très compliqué d'expliquer à ces extrémistes qui forment l'essentiel du gouvernement israélien aujourd'hui qu'il a été obligé de se replier parce que Donald Trump a dit que c'était fini.
– Antoine Basbouze, vous le voyez accepté facilement, Benjamin Netanyahou ?
– Écoutez, la question du Liban reste centrale dans toute cette affaire. Il y a un nouveau chantier qui a été ouvert il y a maintenant deux mois à Washington, au département d'État et au Pentagone. Des délégations libanaises et israéliennes se retrouvent directement dans la même pièce, négociées entre elles, en présence des Américains. Et ça, l'objectif est le suivant, désarmer le Hezbollah, remettre le soldat libanais, le déployer jusqu'aux frontières. Mais en revanche, Israël a déjà frappé très fort, déjà en mars, et il y a plus de 60 villages frontaliers qui sont mais totalement rasés comme à Gaza. Et puis Israël a établi une ligne jaune qu'il a repoussée et continue à avancer.
Donc là, les enjeux sont les suivants. Il faudrait que le Liban maîtrise son espace et que le Hezbollah n'existe plus, ne soit plus l'armée de l'Iran en Méditerranée.
– Et ça, ça ne sera pas dans la prochaine semaine, Antoine Baljouz ?
– Obéissant au pass d'Aran, rappelez-vous que l'ambassadeur d'Iran à Beyrouth a été expulsé, mais il se maintient toujours dans son ambassade, qu'il y a deux jours, vendredi dernier, le Conseil des ministres a dit « Il faut arrêter les officiers pass d'Aran et les renvoyer chez eux ». Bref, le vrai enjeu, c'est celui-là, que le Liban maîtrise son destin, maîtrise son territoire, maîtrise sa souveraineté, et que ça ne se joue pas à Téhéran.
– On peut imaginer aussi, Maneli, que si l'Iran accepte cet accord, en tout cas si on estime ce soir qu'un accord a été atteint, c'est que toutes les parties sont d'accord pour qu'il y ait quelque chose qui ressemble en tout cas à un protocole d'accord, y compris le Hezbollah par exemple.
– Alors, le Hezbollah, c'est les gardiens de la Révolution. En fait, si les gardiens de la Révolution acceptent, le Hezbollah n'est rien d'autre que les gardiens de la Révolution. Et je pense que l'enjeu majeur, il est là. On vient d'apprendre dans les médias iraniens qu'aujourd'hui, ce qui s'est joué côté iranien, c'est Qalibov, qui à la suite des frappes israéliennes, a annoncé la fin pour parler avec les Qataris, que suite à ça, il a préparé, avec les gardiens de la Révolution, une attaque imminente sur Israël.
Et en contrepartie de toute cette surenchère, il aurait obtenu un lever de blocus immédiat des Américains et non pas dans un délai de 30 jours, comme c'était prévu dans le protocole d'accord. Donc, là, ils sont en train de... Pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'ils sont en train de jouer avec les gardiens de la Révolution en disant que c'est en contrepartie de quelque chose qu'on va signer et en contrepartie de quelque chose qui est très important pour les gardiens de la Révolution, le blocus par rapport à ce qu'ils vont pouvoir recevoir des Chinois et par rapport aux ventes de pétrole. Et ça a un effet immédiat.
C'est-à-dire, au même moment que le Détroit s'ouvre, il n'y a plus de blocus, vous pouvez faire ce que vous voulez.
Maneli, est-ce que ces gardiens de la Révolution accepteraient qu'il n'y ait plus de frais de service ? Oui, s'ils obtiennent quelque chose ou d'autre ?
Moi, depuis le début, je pense que les frais de service, c'est un effet d'annonce. Ce n'est pas ce qui compte. C'est la gestion de ce Détroit. Et d'ailleurs, personne n'en parle. Tout le monde dit que ça va s'ouvrir. Mais personne ne va dire est-ce qu'il faudra quand même annoncer son passage à une autorité iranienne ou pas ? Personne n'en parle pour l'instant. On ne sait pas comment ça va s'ouvrir, en fait. Avec une question militaire qui va rester, puisque les Iraniens et certains Américains ont dit qu'il y avait des mines. À mon avis, il n'y en a pas. Mais n'empêche qu'il y a cette incertitude et c'est très agréable pour les compagnies maritimes de faire naviguer. Pour les assureurs, oui.
Je rappelle qu'un super tanker, ça vaut plus de 100 millions de dollars.
Vous ne prenez pas le risque de vous aventurer dans le Détroit, là ?
C'est-à-dire qu'ils voudront avoir la garantie qu'eux. On se souvient que Donald Trump avait dit qu'il parlerait de ça avec les pays européens au moment du G7.
En fait, il va probablement demander pour rassurer les assureurs et les compagnies maritimes que les Européens déploient une force navale qui ne servira à rien, si ce n'est à montrer à tout le monde qu'il n'y aura pas d'un côté un bateau moustique, un drone qui se serait échappé dans une saisoue et qui viendrait frapper un de ces bateaux horriblement coûteux ou une mine, simplement pour s'assurer que, vous savez, un peu comme les gendarmes, après un accident, c'est eux qui sécurisent un carrefour pour dire maintenant plus personne ne bouge et les gens circulent normalement. Donc le rétablissement, il ne se fera pas par la force, mais avec une présence de force militaire.
Mais donc, ça veut dire que les Iraniens vont plus et plus vite bénéficier de cet enlève-en-blocus que nous tous, du détroit d'hommes, ça va prendre... Vous êtes d'accord avec ce que dit Guillaume ? Ce qu'on prend du dispositif américain naval, quand même, on voit que les Américains, là, en mer d'Arabie, ont trois dragueurs de mines, en fait. Et nous, Européens, c'est-à-dire Français et Anglais, apparemment, n'avons pas ces dragueurs de mines puisque les Italiens, je crois, ne sont pas passés. C'est ça ? Non. En fait, Miguel, depuis plusieurs années, il n'y a plus vraiment de dragage de mines. Ce sont les Américains qui vont faire ce travail-là.
En réalité, les bateaux comme les destroyers emportent des systèmes sous-marins, de drones, qui font le déminage tout seuls. Il n'y a plus de bateaux spécialisés. Pourquoi ? Parce que c'est des bateaux qui sont trop petits et qui sont relativement fragiles. Donc, les Américains savent, bien sûr, assez facilement déminer, comme d'ailleurs les bateaux européens qui sont là.
La seule chose, c'est que même quand c'est un espace réduit comme le détroit d'Hormuz, le risque, c'est qu'à un moment, il y a des gardiens de la Révolution qui a échappé au contrôle de certains pouvoirs iraniens et qui effectivement émis des mines et la hantise de tout le monde, c'est qu'il y a des mines qui dérivent à l'intérieur du Canada. Mais au fond, les marines militaires vont pouvoir très vite éclaircir, on appelle ça ouvrir le passage, mais en réalité, c'est donner un feu vert pour dire a priori, il n'y en a pas. S'il y a un accident, il y a un bateau qui sera caché par une mine.
Ce ne sera pas la fin du monde quand on voit le nombre de bateaux qui ont quand même été détruits lors de cette guerre.
Et est-ce que nous, la France, on va pouvoir aider à la fin du blocus ? Est-ce qu'on va pouvoir
apporter notre solution ? Oui, probablement en sécurisant justement le détroit d'Hormuz en montrant que c'est ni la marine américaine parce que ce serait un acte de quasi-guerre si tu aurais toujours le risque à un accrochage avec un navire américain ni bien sûr les Iraniens qui assurent le libre passage. Donc le fait que ce soit une force tierce qui vienne dans le détroit d'Hormuz
avec les Britanniques
et d'autres pays européens. Au total, il y a 50 pays qui ont annoncé qu'ils étaient prêts à participer. Parfois, la participation, c'est d'avoir un équipage de des mineurs sur un navire français ou britannique puis pour d'autres c'est vraiment d'envoyer des unités navales. Mais à partir du moment où ces forces seront présentes, en fait, vous verrez, on ne parlera plus de ça. On ne se concentrera plus sur le rétablissement de la navigation maritime qui par contre, elle, sera longue parce que les compagnies maritimes ont montré depuis longtemps qu'un flux logistique qui est interrompu pendant trois mois est très long et compliqué à remettre en place.
Vous savez, par rapport à votre question par rapport au rôle de la France, il y a le ministre des Affaires étrangères français qui a dit, qui a laissé quelque chose qui est assez particulier parce qu'en fait, il nous a rappelé que la signature d'un accord entre les États-Unis et l'Iran n'enlève pas les sanctions unusiennes parce qu'il y a encore les sanctions de l'ONU qui sont là. Et pour les enlever, ce n'est pas cet accord-là qui les enlève. Et donc, il doit y avoir une discussion aux Nations Unies et il a rappelé aussi que la France est un membre permanent du Conseil de sécurité avec le droit de veto et qu'il faudra consulter aussi la France par rapport à ça et pas que la France.
Ça veut dire qu'il y a tout un pan encore des nouvelles négociations internationales à New York au siège des Nations Unies qui sera dans le deuxième temps.
Ulysse, la signature de l'accord doit intervenir le 19 juin, donc vendredi prochain. D'ici là, plusieurs réunions. Demain démarre le G7 et ce soir, Emmanuel Macron nous dit qu'il sera question. On va parler de cet accord qui se signe en ce moment. Ça veut dire qu'on peut s'attendre à des réunions entre Donald Trump qui sera là, on parlait des Britanniques, des Français dans les jours qui viennent ?
Le Détroit d'Hormuz et sa réouverture, ça va être le cœur de la négociation pour tout le G7 parce que tout le monde a intérêt à la réouverture. Toutes les grandes puissances de la planète. Du Japon au Canada en passant par la France, les Américains, etc. Donc, en fait, c'était prévu dans l'ordre du jour. Il y avait deux grands sujets internationaux, le Golfe, l'Iran et l'Ukraine. Zelensky, le président ukrainien, sera d'ailleurs là-bas. Mais moi, ce soir, si on essaie de résumer, ce que je ressens, c'est qu'on n'a pas encore un véritable accord de paix. Il va falloir du temps pour qu'il soit négocié et que les grandes questions comme par exemple est-ce que l'Iran peut enrichir de l'uranium ?
Est-ce qu'il va détruire celui qui est déjà enrichi ? Quels sont les soutiens qu'il apporte ?
Au bout des 60 jours, c'est ça ?
On en parlera plus tard. Mais ce soir, ce qui est annoncé par le Pakistan et surtout par Donald Trump, c'est sa volonté de réouvrir le détroit d'Hormuz et finalement d'avoir un nouveau cessez-le-feu pour une période de 60 jours qui permettra éventuellement de traiter les grandes questions. Et dans son message vidéo qu'Emmanuel Macron a enregistré en arrivant à Evian, au pied de l'avion, il dit effectivement que c'est une question qui va être débattue avec non seulement les membres du G7 mais il ajoute avec l'Arabie saoudite, avec le Qatar qui seront présents.
Donc ça va se transformer demain et peut-être dès demain soir au dîner par une discussion si vous voulez entre chefs d'État pour savoir comment on assure que cette réouverture du détroit qui est annoncée soit effective et dans quelles conditions.
Alors je vous donne une info qui nous parvient de l'agence iranienne Fars. Il a été décidé que le trafic maritime à travers le Golfe sera régulé par l'Iran en coordination avec Oman. C'est ce qu'il se disait
les trois, quatre derniers jours. Et il y a Marc Robiot qui vient de réagir sur son réseau. En fait, lui, il a dit l'Amérique est heureuse d'avoir un grand leader et donc en fait il sire les pompes de l'un de France et il ratez pas. Une des questions de long terme c'est qui va sécuriser aussi le Golfe Persique. Il faut rappeler aux téléspectateurs que ça fait 200 ans pour résumer les choses que le Golfe Persique est sécurisé par Anglais, Français et Américains. Et là, on a une France qui a des moyens navals de moins en moins importants même si elle est quand même là. L'Angleterre, c'est encore pire et les Américains ont des difficultés dans la zone.
Donc qui va sécuriser le Golfe Persique sur le long terme ? Et là, les Iraniens disent maintenant vous allez devoir gérer ça avec nous et on va devoir le gérer de façon régional. En fait, on assiste à une régionalisation du Moyen-Orient et à une sortie progressive des acteurs historiques qui ont un point important dans cette zone depuis deux siècles.
On est en train de se réjouir ce soir aussi parce que justement vous le disiez Ulysse, un accord a été atteint. Ça, c'est ce que dit le Premier ministre pakistanais et doit être signé le 19 vendredi prochain. Est-ce que d'ici là, il y a un risque que cet accord qui a été atteint ce soir puisse capoter et qu'il n'y ait pas de signature ? Est-ce qu'il y a toujours un risque ?
Bien sûr, bien sûr. C'est une région explosive. On le voit depuis le début de la guerre. Ça fait 109 jours, c'est ça ? Donc oui, ça peut arriver. Il peut y avoir des provocations des deux côtés. Il peut y avoir un ordre, par exemple, des très durs des gardiens de la Révolution qui demandent au Hezbollah de tirer quelques roquettes sur Israël, ce qui entraînerait une riposte d'Israël, une nouvelle colère de Donald Trump et peut-être l'arrêt des négociations. Oui, bien sûr, il ne faut pas l'exclure. Néanmoins, je crois qu'il y a une volonté affichée ce soir que les choses avancent. Alors, soyons prudents. Regardons si demain, effectivement, il y a un cessez-le-feu.
Le fait que l'Iran annonce suspendre ses frappes, c'est un élément important. On va voir ce que dit Israël aussi ce soir. Est-ce qu'Israël va applaudir et en disant tant mieux, effectivement, ou pas ? Et puis, on va voir ce qui se passe dans le détroit d'Hormuz parce que concrètement, on a l'impression qu'on revient à la situation d'avant-guerre, c'est-à-dire Oman d'un côté, l'Iran de l'autre qui gère les passages. Dans quelles conditions ? Vous savez que l'Iran a demandé une taxe, par exemple, écologique pour la gestion du détroit. Donc, tout ça, évidemment, a fait beaucoup sourire. Mais dans quelles conditions concrètement, ce trafic pourrait reprendre ?
Est-ce que les bateaux américains vont peu à peu progressivement quitter la zone ? Vous me demandez qu'est-ce qui va se passer ? L'un des signaux forts qui pourrait démontrer qu'effectivement, il y a un accord et qu'il est réaliste, c'est que les ports iraniens ne soient plus soumis à la fermeture imposée par l'armada américaine et que cette armada, elle-même, se retire dans le golfe d'Oman pour laisser passer les pétroliers. Il faudra surveiller ce qui se passe concrètement dans le golfe.
Il y a deux informations importantes, puisque c'est une déclaration ce soir du vice-ministre des Affaires étrangères, Gary Babadi. Le texte du memorandum d'accord a été finalisé, et ça, il le confirme. La signature officielle aura lieu vendredi en Suisse. Mais il dit aussi, et ça aussi, c'est important, ce protocole d'accord ne signifie pas que nous faisons confiance à l'ennemi. Les mots sont choisis. Il a été rédigé malgré notre méfiance. Nous surveillerons la mise en œuvre des engagements pris par les États-Unis. Ça reste ce soir très fragile, Sergei.
Très fragile, mais vous avez remarqué qu'il emploie le mot mémorandum. Donc là, c'est juste quelque chose qui nous ouvre vers le pourparler. Et d'ailleurs, même dans le texte du Premier ministre pakistanais, il a dit « technical talks », les pourparlers techniques. Vous savez, les pourparlers techniques, des fois, ça... C'est très important parce que par rapport au premier message du premier pakistanais, on parle d'un accord de paix et là, on revient au mémorandum. On a obtenu cette signature et on a pu aboutir. Ce n'est pas grâce à l'effort diplomatique, mais c'est grâce à l'effort des gardiens de la révolution à maintenir une pression militaire sur l'ennemi.
Donc, ce qui veut dire aussi que si on veut que les négociations aboutissent dans les 60 jours, tout l'effort de maintenir cette pression, j'allais dire, militaire de la part des gardiens de la révolution doit être là parce que c'est ça qui nous aide. Ils veulent les garder contents, les gardiens de la révolution, mais jusqu'où est-ce qu'ils peuvent se permettre ? Et tout va dépendre aussi de la réaction d'Israël ce soir.
On va tout de suite partir aux Etats-Unis parce que ce soir, il y en a un qui se réjouit, c'est Donald Trump. Nous sommes le 14 juin encore à Washington et il a 80 ans aujourd'hui et il annonce Antoine Hollard un accord de paix, cet accord qu'il attendait depuis plusieurs semaines avec l'Iran. Oui, l'accord est finalisé. Voilà ce que dit Donald Trump qui ne donne pas beaucoup de détails d'ailleurs sur ce qui a été convenu sur le détail de ce texte, mais il explique que le détroit d'Hormuz va rouvrir et ce, sans frais de péage de Donald Trump.
Le président américain annonce qu'en échange, il ordonne la levée du blocus américain, ce blocus sur les ports iraniens qui empêchait depuis début avril les Iraniens d'exporter leur pétrole. Trump qui conclut son message en disant navire du monde entier, démarrez vos moteurs, laissez couler le pétrole, laissez-le couler à flot. Intéressant, c'est la dernière phrase de Donald Trump parce que le président américain le sait, ici aux Etats-Unis, les Américains attendent avant tout une seule chose, c'est que les prix à la pompe baissent et Donald Trump leur a promis que les prix à la pompe allaient baisser rapidement après la fin de la guerre.
Trump espère donc que la reprise rapide du trafic des pétroliers va lui permettre de tenir cette promesse alors que les élections de demi-mandat approchent à grands pas. Ce sera début novembre. Il sait que ces élections vont se jouer en grande partie sur les questions de pouvoir d'achat. Donald Trump, en tout cas, vous l'avez dit, est satisfait. Le timing de cette annonce pour lui est parfait. Dans quelques heures, il va fêter en grande pompe son anniversaire, ses 80 ans. Pour l'occasion, il a fait monter une arène géante dans la Maison-Blanche pour accueillir un gala de MMA, ce sport de combat.
Il y a aussi cette fanzone où je me trouve où des dizaines de milliers de personnes sont attendues. Donald Trump, ce soir, va pouvoir triompher parmi ses partisans, se présenter comme celui qui a gagné la guerre, qui a mis fin à cette guerre et qui en est le vainqueur. Le sport de combat, le MMA, n'a pas été choisi par hasard non plus pour Donald Trump. C'est une façon pour lui d'afficher sa puissance et sa force, en tout cas la puissance et la force des Etats-Unis. Et tout cela, évidemment, sans accord ce soir, serait tombé complètement à plat. Il faut s'attendre aussi à ce que dans les prochains jours, Donald Trump fasse le service à prévente de cet accord.
Il va sûrement dire que c'est un très bon accord, meilleur que l'accord conclu par Obama. Ce qui reste encore à prouver puisque pour le moment, rien n'a été convenu sur le nucléaire. Simplement, la seule chose sur laquelle les deux parties sont mises d'accord, c'est d'arrêter les combats et de rouvrir les détruits d'Hormuz. Par la suite, les questions du nucléaire sont reléguées à des discussions ultérieures, des discussions techniques, disent les Américains, pour régler notamment la question de l'uranium enrichi ou encore pour savoir comment faire pour que les Iraniens ne se dotent pas de l'arme nucléaire comme l'a annoncé Donald Trump.
Finalement, ce soir, Donald Trump a surtout réussi une chose, c'est réparer ce qu'il avait lui-même, le problème qu'il avait lui-même créé puisqu'on le rappelle, avant le début de la guerre, les détruits d'Hormuz étaient ouverts et les bateaux circulaient librement. Antoine Hollard, en direct de Washington. Merci à vous, Antoine Basbouz. Et d'ailleurs, au sujet du nucléaire, il continue. Les Américains à déclarer que cet accord de paix garantit que l'Iran n'aura jamais accès à l'arme nucléaire. C'est G.D. Vance, interviewé sur la chaîne Fox News, qui le dit. Antoine Basbouz, G.D.
Vance, qui dit qu'il prévoit d'être à Genève pour une cérémonie de signature, mais dit qu'il est possible que Donald Trump y soit, toujours en train de régler la logistique, visiblement. Est-ce que vous vous dites, ce soir, on a fait un grand pas en avant ?
Je dis que la dissuasion a changé de camp, que les Iraniens ont le ton triomphaliste, qu'ils ont roulé dans la farine, M. Trump, que le visage de la région va changer. Les Iraniens revendiquent leur proxy et veulent les protéger, les confirmer et la reconnaissance des Américains qu'ils ont des proxys et qui dépendent de Téhéran, des colonies en quelque sorte. À vrai dire, la situation est un peu dramatique pour le camp occidental, pour les États-Unis. C'est une défaite majeure en un temps record. Ah oui,
vos mots sont forts ce soir. Ça veut dire qu'on est revenu à une situation pire qu'avant la guerre.
Mais évidemment, évidemment. Le seul soulagement, c'est un soulagement économique. Ah, pas Guillaume Ancel. Un soulagement économique parce que le G3 va peut-être s'ouvrir. Le transit va être dans les deux sens et accéléré. Mais le fait que les Iraniens continuent à dire nous allons régler ça avec nos voisins au Manet en pensant à la privatisation au payage, eh bien, c'est ça le premier résultat concret de ce conflit qui s'est mal terminé pour les Américains et pour les Israéliens. Guillaume Ancel. On vit quand même une soirée historique.
Alors, je respecte tout à fait l'analyse stratégique d'Antoine, mais régler les problèmes du Moyen-Orient, on se doutait bien que ce ne serait pas en une soirée ni en deux mois de négociation. Par contre, certes, on n'a pas trouvé un accord de paix. Ce n'est pas un accord de paix qui a été atteint ce soir. C'est un protocole qui permet de sortir de la guerre. Et sortir de la guerre, pardon, c'est précieux. Donc moi, je pense que ce soir, on peut se réjouir. On a mis fin à la guerre américaine contre l'Iran sans avoir réglé tous les grands problèmes qu'a rappelés Antoine à l'instant.
Mais on a bien un accord qui permet de mettre fin à cette situation qui a quand même eu des conséquences sur le monde entier en commençant par le prix à la pompe jusqu'au Liban. Le Liban sera peut-être le plus compliqué à régler.
Oui, ça prendra du temps. Quand Julie Vance dit que Donald Trump pourrait se rendre vendredi à la signature, il émet l'hypothèse qu'on sait, Ulysse, qu'il dîne Donald Trump avec Emmanuel Macron à Versailles mercredi soir. Il n'est pas impossible qu'il soit en Suisse 24 heures après ?
Oui, mais pour des raisons de sécurité,
il faudra que l'un
rentre aux Etats-Unis ou pas. Et si c'est G.D.Vance, il faudra que Trump soit à la Maison-Blanche. Donc, on va voir. Déjà, le problème de Trump est chargé. Il y a son anniversaire ce soir. Il prend l'avion. Il arrive à Evian. Il rencontre le président français. Il y a un grand dîner avec tous les chefs d'État. Il y a ensuite deux jours de négociations intenses sur l'Iran, bien sûr, mais aussi sur l'Ukraine, aussi sur les déséquilibres économiques, les sanctions et les accords sur les droits de douane, sur l'intelligence artificielle. Ça fait beaucoup.
Et mercredi, 15h, fin du sommet, il reprend l'avion sans doute à Genève, hélicoptère Evian, Genève, Genève, Paris, Paris, Versailles pour un dîner avec Emmanuel Macron. Ensuite, est-ce qu'il décide de rester en Europe ? Moi, je n'y crois pas. Mais on verra, tout peut arriver. En termes diplomatiques, je pense que, par prudence, les conseillers de Trump vont lui recommander de laisser Djiliba signer. D'abord, parce que l'accord n'est pas conclu. Pour des raisons protocolaires, il ne peut pas signer avec le chef du Majlis. Il lui faut Moustaba. Ce qu'on disait au Moustaba. Oui, mais le président de la République iranienne, au niveau protocolaire, pourrait être là.
Il n'est pas sur l'image, Pesach. Pour l'instant, pour l'instant. Oui, mais les négociateurs sont connus. Mais surtout par sécurité, parce que si ça capotait encore, et c'est tout à fait possible, eh bien, Trump ne veut pas mettre lui-même la signature du président des États-Unis sur ce mémorandum. Par contre, Don J.D. Vance, le vice-président, peut le faire. Et donc, c'est pour ça que le scénario le plus probable, ça serait la signature par le vice-président des États-Unis. Maneli ? Alors, plusieurs choses. Évidemment, prudence. Évidemment, ceux qui étaient dans les rues de Téhéran ces dernières nuits, on ne sait pas ce qu'ils vont faire. Comment est-ce qu'ils vont réagir à ça ?
Quel soutien armé ils ont au sein des Bassij ? Est-ce qu'il peut y avoir une montée de tension dans les rues de Téhéran contre ces négociateurs ? Tout ça, ça reste dans les prochains jours à voir comment les Iraniens vont gérer ça. Ensuite, est-ce qu'on peut se réjouir d'un protocole d'accord ? Moi, je pense qu'on doit être assez honnête pour reconnaître que ça renforce quelque part sur cette période de deux mois les gardiens de la Révolution et toute la pression qu'on a pu exercer sur les gardiens de la Révolution va s'effondrer quelque part parce qu'ils vont toucher leur argent et ça va aller directement dans leurs capacités militaires. Il ne faut pas se voiler la face.
En revanche, je me réjouis d'une chose, c'est qu'on sorte de cet état de ni guerre ni paix parce que, ne serait-ce que pour la population qui doit décider à un moment donné de ce qu'elle doit faire, l'hémorragie interne en Iran ne s'arrête pas. On peut arrêter ce qui se passe autour et les frappes, mais ce pays qui est en train d'avoir une hémorragie interne avec ce massacre, je pense que la population va revenir à elle-même en se disant qu'est-ce qui se passe, sachant que la levée des sanctions va prendre du temps. ils ne peuvent pas provoquer cet effet d'euphorisant de la levée des sanctions et d'une reconstruction dans les mois qui viennent.
Donc, tout n'est pas noir ou blanc ce soir et je pense qu'on peut se réjouir d'un certain nombre de choses, mais aussi être désolé pour ce qui est devant nous.
Effet euphorisant, il y a dans la communication iranienne, on verra qui s'exprime, l'Iran d'y avoir remporté de grandes victoires durant cette guerre. Voilà comment communique l'Iran ce soir.
Et en plus, les gardiens de révolution précisent que pendant les 60 jours, la période de 60 jours de peu parler, ils restent la voix sur la gâchette et donc, en fait, qui sont très attentifs et donc, moi, je suis très prudent.
Il y en a qui se réjouissent, en tout cas ce soir, c'est ceux qui ont besoin du pétrole puisque le Bren chute actif, 83 dollars. Rappelons qu'il était monté jusqu'à 120 dollars au moment plus fort de la crise, 83 dollars. Il était à 65 quand même. Oui, bien sûr. Mais depuis le début de cette guerre, 83 dollars, ça, c'est un premier effet. Aussi, de l'annonce par Donald Trump, rappelons-le, ce soir, de la réouverture du détroit d'Hormuz sans frais. C'est Donald Trump qui l'annonce.
Et on est seulement dimanche soir, mais il est clair que si l'accord est confirmé demain, enfin, si le mémorandum est confirmé demain, la bourse de New York va revenir au vert, le prix du baril de pétrole va baisser et le prix à la pompe, l'essence va baisser. C'est la bonne nouvelle, en fait, pour les consommateurs d'essence, pour les automobilistes du monde entier.
À quelques semaines des vacances d'été,
pas mal. Oui, mais imaginez quand même qu'il y a des pays où c'est dramatique ce qui est en train de se passer. Les pays d'Aisie, notamment, ne sont plus possibles. Les gens n'ont plus d'essence, n'ont plus les moyens d'acheter l'essence. Donc, le trafic, si vous voulez, le plus important, c'est le trafic, la reprise du trafic sur les étroits d'Hormuz. Parce que ça veut dire acheminer le pétrole, acheminer les engrais, acheminer tout ce dont l'économie mondiale a besoin.
Mais juste un petit rappel historique, quand Obama a signé avec les États-Unis en 2015 l'accord sur le nucléaire, il a fallu, c'était en juillet 2015, le 14 juillet 2015, vous voyez, on est en juillet presque maintenant, il a fallu attendre 2016 pour qu'il entre vraiment en application. Et là, il était signé, cet accord, après des années de négociation. Donc ça veut dire qu'il y a encore énormément de travail et c'est vrai que l'espoir, c'est de sortir de cet état de ni guerre ni paix.
L'espoir ce soir, c'est quand même la cessation des combats. C'est-à-dire que ce que disait Maneli, c'est-à-dire le cessez-le-feu, ce soir, il est acté et les combats s'arrêtent.
Mais les cessez-le-feu sont faits pour être violés, comme vous le savez, on l'a vu au Liban. Donc prudence et surtout, combien de temps va-t-il falloir, même s'il y a un accord de principe sur la réouverture des Détroits pour que les pétroliers, les quelques 900 à 1 000 pétroliers et autres navires qui sont dans le Détroit puissent sortir et recommencer à pouvoir... Il y a 900 navires
encore dans le Détroit, on parle de 20 000 marins toujours bloqués, c'est ça, qui ont été pris au piège depuis le début de cette guerre.
Donc il faut parler ce soir d'une dynamique de sortie de la guerre et c'est ça qui est important. C'est-à-dire que, voilà, on sort de ce conflit armé qui a quand même été particulièrement meurtrier, plus de 3 500 morts en Iran, 3 700 au Liban, il y aura forcément des violations de cessez-le-feu comme le rappelait Ulysse, malheureusement, un cessez-le-feu s'est toujours violé, mais ça restera très sporadique. Ce sera sans doute lié au Liban, à mon avis, mais par contre, pour Hormuz, la complexité de la remise en place de ce flux logistique, je voudrais dire un mot quand même sur ce qui va se passer à l'Iran.
Juste sur la complexité, à l'instant, le G7 va évoquer la réouverture d'Hormuz dans la durée, donc on va s'inscrire dans le temps.
Bien sûr, et au G7, en fait, le président américain va être obligé de discuter avec les Européens de deux choses, de la réouverture du détroit d'Hormuz, donc ce sera la participation des Européens à la sécurisation, en fait, à rassurer les compagnies maritimes, mais ce sera surtout la reprise des négociations sur l'Ukraine, parce que là, les Européens savent qu'il faut faire quelque chose pour sortir de ce conflit, et finalement, on a été un peu hypnotisés par ce conflit contre l'Iran, alors que la guerre en Ukraine dure depuis plus de quatre ans, qu'aujourd'hui, il y a eu des changements très importants, et par conséquent, il y a vraiment un revirement, c'est-à-dire que ça fait partie des guerres qui sont à front renversé, et ça va être un des gros sujets à Evion de dire comment est-ce qu'on termine la guerre en Iran et comment est-ce qu'on essaie de mettre fin à la guerre en Ukraine.
Michael Bédamou, quand Emmanuel Macron dit le G7 va évoquer la réouverture de Hormuz dans la durée, ça va prendre combien de temps selon vous ? Est-ce qu'on a une estimation de combien prendre de temps ce que Donald Trump disait immédiat et rapide ?
On n'a pas vraiment d'estimation aujourd'hui, mais par contre, ce que je trouve assez fascinant, c'est la nouvelle relation France-Amérique en fait, dans le Golfe Persique. Ça, ça va être quelque chose d'assez incroyable, c'est-à-dire que j'étais au téléphone avec un général américain il y a peu de temps, et il me disait moi je préfère avoir des navires français plutôt que des navires chinois. Donc ils en sont à ce niveau de... de résignation les Américains quand même.
Donc en fait, ils sont assez contents de voir les Européens arriver, anglais et français, parce qu'ils savent qu'ils vont pouvoir quand même s'appuyer sur nous dans les mois à venir pour garder une petite présence dans le Golfe Persique, parce qu'eux ne pourront pas avoir de porte-avions maintenant dans le Golfe Persique. Il n'y aura plus dans les mois et les années à venir de porte-avions américains dans le Golfe Persique. En fait, moi je ne vois pas les Américains envoyer un navire de 330 mètres maintenant pour aller sécuriser les Émirats et le Bahreïne. C'est fini tout ça. Et donc les Européens maintenant sont là pour garder un minimum de présence occidentale dans cette zone en fait.
Et ça, ça a changé la relation entre les Européens et les Américains au Moyen-Orient je pense. Ce soir en tout cas, ce que l'on peut dire, c'est que finalement ce G7 aura déjà eu un résultat. C'est-à-dire que le fait que le sommet ait lieu a permis d'exercer une pression sur tous les acteurs du conflit. et Trump en a joué assez avec son style non pas finement mais assez habilement parce qu'il a réussi si vous voulez. Il y a eu une dynamique compte tenu du calendrier qui a fait que Trump tenait absolument à pouvoir annoncer une trêve et c'est ce qu'il est en train de réussir. Et le jour de son anniversaire.
Et il y a eu une tentation israélienne de saboter l'accord clairement mais qui finalement ne fonctionne pas. Donc ce G7 restera peut-être comme le sommet qui a permis de préparer l'avenir et de reconstruire la confiance dans l'économie mondiale qui a été sacrément abîmée au cours des derniers mois.
Et on continue ce soir de découvrir les déclarations des uns et des autres les précisions sur cet accord ce protocole d'accord en tout cas qui a été atteint avec le vice-ministre iranien des affaires étrangères Garibabadi qui déclare que des négociations intenses se sont poursuivies jusqu'à il y a seulement une heure pour s'assurer que toutes les exigences étaient satisfaites. Nous n'avons pas accepté voilà ce qu'il dit le mémorandum d'antan tant que nos points finaux et nos exigences n'ont pas été intégrés au texte.
On a parlé du détroit d'Hormuz Manéli on a compris que l'Iran s'apprêtait à le co-gérer avec Oman on n'a pas parlé Donald Trump non plus du nucléaire mais on imagine que des points essentiels ont dû être aussi discutés et que l'Iran n'a pas cédé sur ces lignes rouges.
On ne sait pas il reste très prudent il précise que le mémorandum ne sera pas partagé avec la population tant que n'est pas signé en revanche dans les prochains jours il va y avoir un travail de pédagogie pour discuter et expliquer chaque point et son importance dans l'aspect où il a été traité dans ce protocole d'accord. Donc on ne sait pas
C'est-à-dire qu'on peut imaginer que le même protocole d'accord soit signé des deux parties ce soit la même feuille sauf qu'elle n'est pas expliquée de la même façon aux Etats-Unis ou en Iran. Voilà
c'est l'explication et l'interprétation que les uns et les autres vont mettre dessus qui va faire la différence parce qu'ils doivent répondre à leur base. Je note aussi à l'instant un interview de G.D. Vance sur Fox News où il parle c'est une manière intéressante il a une manière intéressante de présenter les choses en disant cet accord c'est le début d'un nouvel ère où la population américaine va avoir accès à du pétrole à bas prix et va impacter durablement notre économie et où la population iranienne a échappé à un chaos durable dans la région etc.
Donc ils sont en train de présenter les choses comme si il y a une espèce de gain mutuel pour la population américaine et pour la population iranienne Quand on sait que la population
américaine est très opposée à cette guerre le fait de dire vous allez avoir du pétrole pas cher
On sait que la population iranienne se retrouve avec le même régime pour l'instant il n'y a pas eu la connaissance de changement qui devait arriver en janvier Oui effectivement Il y a autre chose vous savez demain lundi ce sera intéressant de regarder les réactions dans le domaine politique américain parce que les américains en fait qui sont déjà dans les élections parce qu'il y a déjà plein de primaires qui sont à droite et à gauche dans les états et nous savons très très bien parce que je vous ai dit tout à l'heure Trump a attaqué encore un sénateur démocrate qui le contredisait qui disait que cet accord n'était pas génial et je suis persuadé que le camp démocrate va dire que finalement Trump n'a rien gagné il a tout perdu parce que finalement il revient à la situation d'avant la guerre mais avec les pertes et les concessions qui sont énormes par exemple la levée de sanctions le dégel des avoirs des Iraniens et donc on n'est pas fini il n'y a pas encore la réaction des Israéliens
allez voir tout de suite repartir à Washington vous retrouvez Antoine Lard puisque ça y est il l'avait dit Donald Trump il voulait cette signature pour ses 80 ans alors la signature ce sera vendredi prochain mais il a en tout cas visiblement l'accord à une signature d'un protocole d'accord donc de la part des Iraniens oui l'accord est finalisé voilà ce qu'écrit précisément Donald Trump sur son réseau social il ne donne pas beaucoup de détails sur le contenu de ce texte mais Donald Trump annonce la réouverture du détroit d'Hormuz sans frais de péage précise-t-il en échange de quoi le président américain ordonne la levée du blocus américain ce blocus sur les ports iraniens qui depuis début avril empêchait l'Iran d'exporter son pétrole Trump qui conclut son message en disant pétrolier du monde entier préparez vos moteurs laissez le pétrole couler à flot très intéressant que Donald Trump évoque cela parce qu'il le sait Donald Trump en fait les américains n'attendent qu'une seule chose après la fin de cette guerre en Iran c'est que les prix à la pompe baissent et Donald Trump leur a promis justement que les prix allaient baisser rapidement une fois que la paix serait revenue Trump veut tenir cette promesse Trump veut tenir cette promesse parce que c'est quelque chose de très important en vue des élections de mi-mandat qui arrivent à grands pas ce sera début novembre prochain des élections qui vont se jouer en grande partie sur des questions de pouvoir d'achat le timing en tout cas de cette annonce tombe vraiment à pic pour Donald Trump il fête ce soir ses 80 ans à la Maison Blanche en grande pompe il organise pour cela un grand gala de MMA ce sport de combat il y a une arène géante qui a été installée dans les jardins de la Maison Blanche il y a cette fanzone où je me trouve où des dizaines de milliers de personnes sont attendues et Donald Trump va donc pouvoir savourer cette soirée au milieu de ses partisans il va aussi pouvoir se présenter comme le vainqueur de cette guerre comme celui qui a mis fin au conflit et qui en sort donc vainqueur parce que c'est probablement le récit qu'il faut attendre de Donald Trump dans les prochaines heures ou dans les prochains jours il va faire le service après-vente de cet accord le présenter comme un très bon accord meilleur que l'accord de Barack Obama ce qui reste encore à voir parce que pour le moment les questions du nucléaire ne sont pas du tout réglées les deux parties à ce stade se sont mises d'accord pour d'abord mettre fin au conflit et ensuite pour rouvrir le détroit d'Hormuz à la circulation à la navigation des navires mais les questions nucléaires sont renvoyées à des discussions ultérieures des discussions techniques disent les américains il y a encore beaucoup de choses à régler Trump assure que les iraniens vont restituer l'uranium enrichi comment ça pour l'instant ça n'est pas réglé Trump dit que les iraniens n'auront pas la bombe à tonique comment on fait pour s'en assurer quel mécanisme de contrôle ça encore ça reste à régler en tout cas les américains sont satisfaits G.D.
Vance tout à l'heure un journaliste de Fox News explique qu'il envisage de se rendre lui-même le 19 juin en Suisse pour conclure pour signer formellement cet accord il évoque aussi la possible participation de Donald Trump pour l'instant les questions de logistique sont toujours en train d'être discutées à la Maison Blanche mais effectivement c'est une bonne nouvelle pour Donald Trump qui s'envolera tout à l'heure aussi pour le G7 et qui grâce à cet accord va pouvoir arriver un peu en position de force face à ses homologues du G7 Sous-titrage Société Radio-Canada
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