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interviewSud Radio — L'invité politique· 25 juin 2026 20 min

L'invité politique Sud Radio - Avec Manon Aubry, députée européenne La France Insoumise

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili. L'invité politique Manon Aubry, eurodéputée de la France Insoumise. Elle est l'invité de Jean-François Aquili. Madame, monsieur, c'est à vous. Bonjour Manon Aubry. Bonjour.

0:15
Invité

C'est devenu un sujet de société. Faut-il un grand plan de climatisation pour faire face à la canicule ?

0:22
Manon Aubry

Je pense qu'il faut partir du début. On est à cinquième, sixième jour d'affilée. On suffoque littéralement au sens propre comme figuré. Chaque jour, un peu plus les records. Je crois que la nuit dernière a probablement battu encore un nouveau record. Et prendre la question de la canicule par le bout de la lorgnette de la clim, je pense que c'est se tromper de débat.

0:46
Invité

Vous allez dire ça aux gens qui crèvent de chaud chez eux ? Non, c'est ce que j'allais dire. Laissez-moi finir.

0:50
Manon Aubry

J'allais dire, évidemment, tout le monde rêve d'avoir la clim chez soi. Tout le monde rêve de pouvoir mieux dormir la nuit. Mais on ne va pas se raconter d'histoire. Penser qu'on va répondre à la crise climatique avec une solution technologique qu'est la clim, c'est se fourvoyer. En attendant, bien sûr qu'il faut climatiser les EHPAD, il faut climatiser les écoles, il faut climatiser les hôpitaux. Mais la question climatique doit se prendre dans son ensemble, dans son intégralité.

Il y a la question du droit du travail, le droit de retrait pour les travailleurs qui sont soumis à des conditions climatiques dantesques, la question de la réquisition des logements vincants pour les sans-abri, et plus généralement la question de la rénovation thermique des logements. Je veux dire, on peut se poser la question de la clim autant qu'on veut, mais le même jour hier, le gouvernement a quand même proposé de remettre en location des dizaines de milliers de passoires thermiques. C'est ça la proposition du gouvernement ? Ça va être quoi l'étape d'après ? On va nous proposer un numéro vert pour régler la question climatique.

1:54
Invité

Jean-Luc Mélenchon au salon Vivatec dit, il ne faut surtout pas faire ça, c'est ce que vous dites ce matin, climatiser partout, ça veut dire augmenter les dégâts, dit-il. Je ne mets pas mon gosse là où il y a de la clim ou du matin au soir, ça vous détruit les sinus. Ce n'est pas un sujet léger quand même. Quand vous voyagez beaucoup, vous êtes députée européenne, passez votre temps à voyager, dans des pays, la clim est généralisée, ça ne pousse pas de problème. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est un sujet de religion chez nous à chaque fois que l'on compte.

2:20
Manon Aubry

Non, justement, moi j'essaie d'avoir une approche assez pragmatique quand je vous dis qu'il faut climatiser les écoles, les EHPAD, les hôpitaux, là où il y a le plus besoin.

2:31
Invité

Pas les gens chez eux.

2:32
Manon Aubry

Je dis juste qu'on ne va pas régler la question de cette manière-là. Penser aujourd'hui qu'on peut continuer comme dans le monde d'avant avec le bon produit, c'est se tromper. Est-ce que si on met des clims de partout, il n'y aura plus d'épisodes climatiques dantesques ? Non.

2:50
Invité

Qu'est-ce que vous faites quand les gens crèvent de chaud chez eux ? Je veux bien, j'entends, je suis comme vous, je suis d'accord avec vous, on peut mettre de la clim partout. Mais qu'est-ce qu'on fait quand les gens crèvent de chaud chez eux ?

2:58
Manon Aubry

Il y a plein de trucs qu'on peut faire et qui ne sont pas faits et pas aidés par le gouvernement. C'est bête, je viens du sud de la France. Dans le sud de la France, il y a des volets dans quasiment tous les logements. Ce n'est absolument pas le cas, par exemple à Paris ou dans le nord de la France.

3:18
Invité

Vous baissez vos volets à Paris et vous crevez de chaud, ça ne marche pas.

3:21
Manon Aubry

Vous gagnez deux ou trois degrés, par exemple. Et ensuite, il y a un vrai truc, les bouilloires thermiques. C'est le fruit de quoi ? C'est le fruit de logements qui ne sont pas rénovés. Et je le dis, les politiques du gouvernement en matière climatique de ces dernières années ont été criminelles. Quand vous avez divisé par quatre le montant du fonds vert qui sert à rénover notamment thermiquement les écoles. Quand vous avez baissé de 800 millions d'euros ma prime rénove. Oui, le gouvernement a mené des politiques climatiques qui sont aujourd'hui mortifères.

3:55
Invité

Mais ces programmes de rénovation ne suffiront pas à faire en sorte que les gens puissent supporter la vie chez eux.

4:03
Manon Aubry

Il est là le problème. Ça contribue à y participer. Ça contribue à y participer. Quand vous vivez aujourd'hui sous les combles d'un appartement à Paris. Ou quand vous vivez dans un appartement qui est largement rénové. La différence de température peut aller de plusieurs degrés à presque dix degrés.

4:21
Invité

Vous êtes défavorable à une climatisation générale comme ça existe à Singapour, aux Etats-Unis, comme vous voyez ça en Espagne, en Italie, partout.

4:28
Manon Aubry

Je dis que quand bien même on ferait ça, on ne réglerait pas le fond du problème. Parce que vous devriez quand même sortir dans la rue et il ferait super chaud. Vous auriez quand même des transports qui tomberaient en panne au vu de la chaleur. Et donc il y a deux choses à faire face à l'urgence climatique. Il y a les mesures immédiates à prendre pour pouvoir survivre. Et puis il y a ensuite comment on lutte plus généralement contre le réchauffement climatique. Et là, pardon de le dire, là aussi les politiques du gouvernement n'ont absolument pas été à la hauteur. Quand on a investi dans les énergies fossiles et qu'on a refusé d'investir dans les énergies renouvelables.

Quand on a refusé de rénover thermiquement les logements. Et je peux vous faire une liste qui est extrêmement longue. Parce qu'on n'est pas tous égaux face au réchauffement climatique. Et parce que la responsabilité n'est pas la même du monsieur tout le monde. Et des personnes les plus riches dans notre pays.

5:17
Invité

Le nucléaire source d'énergie électrique pour vous n'est pas la solution non plus ?

5:21
Manon Aubry

Comment on fait le nucléaire quand on a aujourd'hui des cours d'eau qui sont réchauffés comme jamais ?

5:26
Invité

Alors s'il n'y a pas de nucléaire, s'il n'y a pas de...

5:28
Manon Aubry

Je ne dis pas qu'il n'y a pas de nucléaire. Je vous pose juste une question très pragmatique. Là aussi vous voyez, face à l'urgence climatique, il faut être pragmatique. Comment on fait quand on a des cours d'eau qui sont réchauffés ? Et qu'on doit mettre des réacteurs nucléaires à l'arrêt ? Parce que pour que tout le monde comprenne bien, comment marchent des réacteurs nucléaires ? Ça prend de l'eau dans des cours d'eau et ça les rejette. Et ça rejette de l'eau qui est réchauffée.

5:52
Invité

On n'a pas trop le temps, mais ce que je vous pose comme question... Oui, pour le mix énergétique, nous sommes d'accord. Mais vous dites non à beaucoup de solutions ? Non, au contraire. Non au nucléaire ? Non à tout ? Non, non, non.

6:03
Manon Aubry

Je pense que vous n'avez pas bien compris ce que je dis ce matin. Alors on va faire de la pédagogie et je peux le répéter. Mais ce que je dis, c'est beaucoup de solutions qui sont extrêmement concrètes et pratiques. Pour la rénovation thermique des logements. Pour le bâti qui est ancien. Il faut avancer sur tous ces sujets. Pour l'énergie. On doit avancer vers les énergies renouvelables. A fortiori quand on voit la dose de soleil qu'on a eue ces dernières années et qui est beaucoup plus fiable que l'énergie nucléaire. Est-ce qu'on va en sortir du jour au lendemain l'énergie nucléaire ? La réponse est non. Évidemment qu'on ne peut pas sortir de l'énergie nucléaire du jour au lendemain.

Et en même temps, dans les jours qui viennent, on va devoir mettre à l'arrêt des centrales nucléaires.

6:43
Invité

Manon Brie, vous avez évoqué le droit de retrait climatique pour les salariés. Déclaration de Jean-Pierre Farandou. On ne va pas mettre le pays à l'arrêt parce qu'il fait 30 degrés, a dit le ministre du Travail. Il faut s'adapter, dit-il. Il y a des préfets qui peuvent prendre des dispositions localement sur les chantiers et autres. Vous voulez, vous, un droit de retrait climatique ? Dans beaucoup de pays chauds, les gens travaillent. Est-ce qu'il ne faudrait pas plutôt s'adapter à la chaleur plutôt que de s'arrêter de travailler ?

7:09
Manon Aubry

Monsieur Aquilie, vous avez le privilège, et c'est tant mieux, de pouvoir travailler dans un studio qui est climatisé. C'est le cas aussi pour beaucoup de salariés dans le privé, dans des bureaux. Mais ce n'est pas le cas pour beaucoup de travailleurs. Et je voudrais avoir une pensée ce matin, par exemple, à Daniel, qui est mort sur un chantier il y a quelques semaines, la première vague de canicule. Et c'est le résultat d'une impréparation en matière de droit du travail. Et donc, oui, quand il fait un certain nombre de degrés, les salariés devraient pouvoir avoir le droit de se retirer et que le travail soit adapté.

7:45
Invité

Qui nous appelle tous les jours, ils travaillent plutôt très tôt le matin, ils s'arrêtent en journée, ils s'adaptent.

7:50
Manon Aubry

Que des types de métiers arrivent à s'adapter, c'est tant mieux. Mais vous avez aussi des métiers qui travaillent à l'extérieur. Vous pouvez penser, je ne sais pas, des serveurs qui sont en train d'aller sur les terrasses et servir dans ces conditions-là, jusque dans le monde du bâtiment, où parfois les préconisations ne sont pas toujours respectées.

8:13
Invité

On travaille très tôt le matin, et on s'arrête ensuite sur les charpentes et couvertures.

8:18
Manon Aubry

Combien d'accidents du travail vous avez eus ces dernières semaines liées à la chaleur ? Je vous redis, il y a eu plusieurs décès sur des chantiers et ça, ce n'est pas normal. Et donc, c'est bien la démonstration que le droit du travail n'est pas encore suffisamment adapté aux conditions climatiques.

8:32
Invité

Manon Brie, tout autre sujet...

8:33
Manon Aubry

Vous aviez m'appelé Martine, hein ?

8:34
Invité

Non, c'est sérieux ? Manon Brie, non, non, je ne pense pas. Tout autre sujet à présent. Je voudrais revenir ce matin sur l'hommage à Marc Bloch. Il y a cette photo au Panthéon de Suzette Bloch, la petite fille de Marc Bloch, avec Jean-Luc Mélenchon, une partie de l'appareil à des filles, tout sourire. Ma question ce matin, c'est quel est le sens de cette photo ? Est-ce que c'est une sorte de brevet de respectabilité ? Est-ce que cette photo, prise à ce moment, à cet endroit, après l'hommage, devant les portraits de Marc Bloch et Simone Vidal, est censée... Vous l'avez de tout soupçon d'antisémitisme ?

9:10
Manon Aubry

Que vient faire de l'antisémitisme là-dedans ? Est-ce que nous avons été condamnés une seule fois dans notre vie pour un antisémitisme ? Nous étions là, comme de nombreux parlementaires d'ailleurs étaient là, pour rendre hommage à Marc Bloch, qui est un résistant. Un résistant qui fait honneur à la France et à qui la patrie est désormais reconnaissante avec sa panthéonisation. Nous sommes là aussi à l'invitation de la famille. Et donc, je ne vois pas ce que cette polémique indécente vient faire ici.

9:42
Invité

C'est un peu une captation politique. Pourquoi ? Parce que, si vous voulez, c'est une...

9:47
Manon Aubry

Rendre hommage à un résistant, c'est une captation politique pour vous ?

9:49
Invité

Qu'un parti politique s'affiche en groupe, devant la photo du résistant en question, c'est une forme de détournement politique, d'un instant qui est censé être universel. Un hommage au Panthéon est une image universelle.

10:02
Manon Aubry

Ou peut-être c'est une façon de lui rendre hommage aux côtés de la famille qui nous a invitées et qui a souhaité que nous soyons présents ?

10:08
Invité

Donc, pour vous, c'est tout à fait normal ? Bien sûr.

10:12
Manon Aubry

Pour être honnête, je ne comprends même pas le sens de la polémique. Et je pense qu'elle est indécente parce qu'aujourd'hui, elle vient précisément polluer un hommage qui devrait être national. Je comprends que le Rassemblement national ait été un peu vexé de ne pas avoir été invité... Vous, vous n'aviez pas été invité pour l'hommage à Bonnaterre, de la même façon. ... à cet hommage. Et je crois que la famille n'a pas la mémoire courte et se souvient de qui le Rassemblement national sont les héritiers, à savoir les héritiers des Waffen-SS qui ont créé le Rassemblement national.

10:46
Invité

La panthéonisation de personnalité n'a pas vocation universelle. Il faut qu'un parti politique s'affiche à ce moment-là.

10:54
Manon Aubry

Non, là, en l'occurrence, vous savez comment marche la panthéonisation. La petite fille de Marc Bloch l'a raconté. Elle a été contactée par les services du protocole de l'Élysée. Il faut l'accord de la famille. Et la famille a donné son accord à certaines conditions en disant bien sûr que l'hommage, la patrie, la nation peut rendre hommage à Marc Bloch, mais elle ne peut pas le faire aux côtés de ceux qui l'auraient fusillé hier. C'est aussi simple que cela.

11:15
Invité

Manon Aubry, vous êtes députée européenne de la France Insoumise. Parlons d'immigration. Il y a ce phénomène de la création de hubs de retour. Sarah Knafo, vous avez écrit sur X, Sarah Knafo ne fête pas la Coupe du Monde. Elle fête la déportation massive de familles et d'enfants. Vous dites, c'est la honte, parce qu'au fond, la décision prise au niveau du Parlement européen a été saluée par partie de la droite européenne, de l'extrême droite européenne. Ce mot, déportation, il n'est pas un petit peu superflu, non ? Là encore, pardonnez-moi, mais déportation, nous pensons tous à la choix.

11:49
Manon Aubry

Vous savez de quoi on parle avec ce texte, ce règlement retour qui a été en effet célébré tel la Coupe du Monde par la droite et l'extrême droite au son de « send them back », ce qui veut dire « renvoyer-les chez eux ». Donc, on a des parlementaires qui s'esclavent dans l'hémicycle, qui chantent « renvoyer-les chez eux » parce que ce texte crée de ce qu'on appelle des centres de retour dans lesquels pourront être envoyés des enfants, des mineurs non accompagnés dans des pays dans lesquels ils n'ont jamais mis les pieds. Vous prenez par exemple une jeune afghane qui fuit les talibans pour être envoyée en Albanie sans avoir jamais mis les pieds dans ce pays.

C'est contraire au droit international, c'est contraire aux conventions de Genève et ce texte, je le dis en toute solennité, fait de l'arsenal européen l'arsenal le plus répressif et le plus inhumain en matière migratoire et pire encore, il prend modèle sur l'ice américain en ouvrant la possibilité de raide dans des écoles. On va aller arrêter des enfants dans des écoles. Voilà de quoi ce texte est réellement le nom.

12:52
Invité

Madame Brie, d'accord, mais le retour des clandestins, c'est la Shoah. A vos yeux, ce mot « déportation » me titille.

12:58
Manon Aubry

Le mot « déportation » est un mot qui est utilisé en anglais « déportation » c'est le mot exact

13:03
Invité

qui est utilisé dans le texte.

13:06
Manon Aubry

C'est le mot exact qui est utilisé dans le texte et donc il est utilisé dans une forme de franglais « déportation » en anglais, « déportation » en français. Ce qu'il faut bien comprendre et ce qui devrait davantage vous scandaliser, Jean-François Lachilly, ce matin, c'est pas tant l'utilisation de ce mot que le fond de ce texte.

13:24
Invité

Vous savez que le Président de la République est opposé à ce que la France mette en place des centres de retour.

13:31
Manon Aubry

Sauf que les parlementaires, ces parlementaires l'ont voté. Nathalie Loiseau a commencé par elle.

13:35
Invité

Mais vous saluez quand même la position de la République.

13:37
Manon Aubry

Non, je ne salue pas la position du gouvernement qui à aucun moment n'a bataillé contre ce texte qui est inhumain et dont ces parlementaires, une grande partie de ces parlementaires l'ont voté au Parlement européen. Donc non, je ne salue pas un texte qui est inhumain contraire au droit international.

13:51
Invité

Et vous ne saluez pas la position du Président de la République là-dessus

13:53
Manon Aubry

qui est la même que la vôtre ? Moi, ce que je saluerais c'est si demain ces centres de retour n'existaient pas. Si demain, des enfants n'étaient pas arrivés dans les écoles et il se trouve que le gouvernement n'a rien fait contre cela.

14:03
Invité

2027, Marine Le Pen fixé le 7 juillet. Est-ce qu'elle serait pour vous un adversaire plus difficile ? La question a été posée ce matin sur l'antenne de Sud Radio. Est-ce qu'elle serait pour vous un adversaire plus difficile si d'aventure elle n'était pas empêchée de se présenter que Jordan Bardella ?

14:17
Manon Aubry

Pour moi, c'est la même chose. Ils défendent le même programme qui est un programme raciste et xénophobe. Vous avez peut-être vu ces images qui ont assez peu fait parler dans les médias et je suis assez surprise de jeunes qui crient Marine au pouvoir les Arabes à l'abattoir. Voilà l'état d'esprit, la philosophie globale.

14:34
Invité

C'était condamné par hier Julien Audoul qui était à votre place ici. Il a totalement condamné la chose. Il a dit que ce n'est pas nous, c'est une condamnation totale.

14:41
Manon Aubry

J'entends bien mais c'est la banalisation des idées racistes par ce parti d'extrême droite qui aujourd'hui conduit à ce type de slogan. Vous n'auriez jamais ce type de slogan avec Jean-Luc Mélenchon.

14:53
Invité

De la même façon, vous avez été accusé vous à LFI de votre action pour en soutien à Gaza d'avoir libéré si vous voulez une forme d'antisémitisme.

15:01
Manon Aubry

À quel moment certains de nos partisans ont défendu l'antisémitisme ? Je pense qu'il faut être précis et qu'en politique, chaque acte...

15:10
Invité

Non, vous dévoquez un climat. Je vous évoque. Non mais de nouveau,

15:14
Manon Aubry

laquelle de mes paroles ce matin, comme à chaque fois que vous m'avez entendu, a développé l'antisémitisme ? Et je vous le dis, ce deux poids deux mesures est insupportable.

15:22
Invité

D'un mot, d'un mot.

15:22
Manon Aubry

Donc, le Rassemblement National véhicule ces idées qui divisent la société. Véhicule des idées qui divisent la société tant par l'origine que l'origine sociale.

15:33
Invité

Vous et reprochez-vous la même chose sur l'antisémitisme ?

15:35
Manon Aubry

Mais par qui ? Mais par qui ? Laquelle de mes paroles ? C'est trop facile de jeter à la vendicte populaire un mouvement politique comme le mien quand vous n'avez absolument aucun fait pour l'étayer. Vous voulez que je vous cite la liste des paroles racistes qui ont été tenues par des responsables du Rassemblement National ? Donc, vous voyez, c'est un peu facile de dire « Ah non, surtout pas » quand je vous donne des exemples précis et ensuite de mettre un signe égal entre la France insoumise et l'antisémitisme. Ce que vous faites, je vous le dis, ça porte un nom.

16:03
Invité

C'est insupportable. Vous parlez d'action atmosphérique. On vous reproche de façon atmosphérique par l'antisémitisme.

16:12
Manon Aubry

Laquelle de mes paroles ?

16:13
Invité

Mais je ne parle pas de vous, je parle de la France insoumise en général.

16:16
Manon Aubry

Laquelle des paroles de mes collègues de la France insoumise ? Laquelle ?

16:18
Invité

Je vous parle du climat politique dans ce pays. Et donc laquelle ? Vous voyez,

16:22
Manon Aubry

vous êtes un petit peu à court quand on vous dit « Soyez précis » et arrêtez de relayer cette espèce de campagne qui est menée contre la France insoumise.

16:29
Invité

Vous avez un responsable politique à votre place hier qui condamne la chose de prendre les actes

16:34
Manon Aubry

de la condamnation. Mais quand le Rassemblement National prône une hiérarchie entre les Français, par exemple, entre les Français qui sont binationaux et les Français d'origine, vous ne croyez pas que ce type de comportement-là, de position-là, ne conduit pas des comportements racistes ? Moi, ce que j'aspire en 2027, c'est à faire campagne sur le fond et sur un programme.

Sur le fond et sur un programme et je vais faire campagne contre le Rassemblement National précisément sur leur volonté de trier les Françaises et les Français en fonction de leur origine, en fonction aussi de leur niveau de patrimoine parce que je n'oublie pas que Jordan Bardella en particulier est celui qui défendra les plus riches dans notre société et qui sera une forme de relais du macronisme en la matière. On le voit sur la réforme des retraites où tout d'un coup le Rassemblement National est pour la retraite à 64 ans. On le voit sur leur opposition à l'augmentation du salaire minimum.

Vous voyez, cette bataille, on va la mener front contre front, projet contre projet et j'espère sans les anathèmes que j'ai pu entendre ce matin encore.

17:34
Invité

Et le RN sera votre principal adversaire ?

17:37
Manon Aubry

De facto, dans les sondages, ce sont ceux qui sont les plus élevés aujourd'hui mais nous sommes prêts à affronter n'importe quel candidat au second tour, que ce soit un candidat issu du bloc macroniste ou du Rassemblement National mais je pense que pour notre pays, ils sont le plus grand danger. Merci à vous.

17:53
Présentateur

Merci Manon Brie, vous étiez l'invité de Jean-François Aquili mais je voudrais vous poser une question parce qu'on a beaucoup parlé canicule au début de cet entretien et vous aviez l'air de dire bah oui, il faut climatiser. Maintenant, on sent quand même une évolution dans le discours de votre camp même si vous dites que ça n'est pas la seule réponse à ce qui se passe et à la canicule et ça, on l'a bien compris mais en juin 2017, Jean-Luc Mélenchon rejetait totalement l'idée de climatiser les salles de classe avec les mêmes arguments qu'aujourd'hui. Est-ce qu'il a évolué sur cette question-là ?

Les jeunes, c'est une bonne partie de votre électorat et en ce moment même, les jeunes vont passer des examens. Vous préférez qu'ils passent les examens suants ou quand même avec quelques appareils climatisés pour qu'ils puissent réfléchir sereinement ?

18:37
Manon Aubry

Le problème, c'est que depuis 2017, on a perdu un temps fou et notamment... Pardon,

18:42
Présentateur

Manon Brie, vous ne répondez pas à ma question. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon avait raison de dire ça en 2017 ?

18:47
Manon Aubry

Je vous explique pourquoi il a dit ça en 2017. Nous sommes maintenant un certain nombre d'années plus tard, neuf ans plus tard et en l'occurrence, on a perdu un temps flou à la fois dans la lutte contre le changement climatique qui fait que la vitesse à laquelle le réchauffement climatique s'opère est beaucoup plus rapide. Moi, quand j'étais petite...

19:06
Présentateur

On aurait peut-être moins de problèmes aujourd'hui si on avait décidé il y a dix ans et notamment une bonne partie de la classe politique de climatiser. On est très en retard en France.

19:13
Manon Aubry

Et si on avait décidé il y a dix ans de mettre les moyens pour lutter contre le changement climatique parce qu'il y a dix ans, on avait un épisode de réchauffement climatique tous les deux ans et maintenant, on en a quatre par an. Donc, quand je vous dis que la politique et l'abandon du gouvernement macroniste en matière climatique est absolument... Vous ne parlez que

19:27
Présentateur

du gouvernement macroniste mais vous ne voulez pas parler de la phrase de Jean-Luc Mélenchon.

19:30
Manon Aubry

Pardon, mais je n'ai pas été au pouvoir. Oui,

19:32
Présentateur

mais je vous pose la question sur Jean-Luc Mélenchon.

19:33
Manon Aubry

Si Jean-Luc Mélenchon avait été au pouvoir en 2017, un, il aurait agi pour limiter le réchauffement climatique et qu'on ne connaisse pas ces épisodes. Deux, il n'aurait pas divisé par quatre les fonds et notamment le fond vert qui sert à la rénovation thermique des bâtiments. Et aujourd'hui, ces bouilloires thermiques, c'est aussi la responsabilité de celles et ceux qui n'ont pas voulu faire les investissements dans ces écoles. Et ensuite, là, à l'instant où on est face à des bouilloires thermiques, des bâtiments qui ne sont pas rénovés, bien sûr qu'il faut climatiser tous les bâtiments qui sont... Donc le discours a un petit peu évolué quand même. Donc le discours

20:07
Présentateur

depuis le 17 a évolué.

20:08
Manon Aubry

Pardon, mais les macronistes nous ont fait perdre un temps fou en ne prenant pas à bras le corps la question climatique.

20:12
Présentateur

Ce sera le mot de la fin. Merci infiniment, Manon Aubry, d'avoir été l'invité de Jean-François Aquilier. Jean-François, vous revenez tout à l'heure justement pour parler de climatisation parce que c'est aussi un sujet politique, on l'a bien compris. 8h36 sur Sud Radio.