Le vélo est-il un truc de bobos ?
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C'est le débat de midi à bicyclette aujourd'hui. Alors n'imaginez pas que je vous emmène sur les routes du Tour de France, non. On parle du vélo du quotidien, celui qu'on utilise pour se déplacer, pas pour se promener ou faire du sport. 4% des trajets aujourd'hui, l'objectif est de plus que doubler pour passer à 9% des trajets en 2024. Mais voilà, même si la pratique a largement augmenté depuis la crise sanitaire, on part de très loin d'abord et le vélo n'est pas accessible à tous et partout. Les aménagements se développent, mais restent encore minoritaires au royaume de la voiture et pas toujours bien fait. La peur liée à la sécurité en freine plus d'un.
Les cyclistes, justement, là non plus, c'est pas donné à tout le monde d'enfourcher le biclou, qu'il soit à l'ancienne ou même électrique. Enfin, la pratique est bien différente, qu'on soit en milieu urbain, périurbain ou à la campagne. C'est tout le système de mobilité qu'il faut revoir pour certains, parce que le développement du vélo ne peut se faire sans celui des trains, des bus et repenser les territoires en fonction. Mais comment financer et harmoniser tout ça ? L'enjeu est grand, apprendre à se déplacer autrement pour préserver notre planète et notre santé. La question du jour, volontairement provocante, en ouvre bien d'autres, vous l'aurez compris. Le vélo est-il un truc de bobo ?
Allez, on selle, on est ensemble jusqu'à 13h. Camille Cronier, le débat de midi, sur France Inter.
Dites-donc, Maman Gange, je prends votre vélo jusqu'à l'indice avant de service. N'oubliez pas de freiner, ça, ça vous risquez d'en redescendre.
Quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins, à bicyclette.
Vive le vélo, mais en ville, il ne faut pas qu'il y ait trop de vélo. Hé, t'es content que t'avais quelqu'un, toi ? Il n'y a pas un mieux. Ici, les Marseilliers, ils ne peuvent pas se séparer de leur voiture, c'est impossible.
Pour changer, effectivement, il faut donner du confort et de la sécurité aux cyclistes. Les lettres affranchies à 2 centimes seront acheminées à vélocipède. Ils ne respectent souvent pas le code de la route, ils brûlent les feux rouges, ils se poivent un peu tout permis.
On est un peu oublié, quoi. Il ne faut pas trop attention, les automobilistes.
Le vélo, c'est fantastique.
Vous allez prendre vos bicyclettes d'autre fois et user vos gros godillons. Vous allez voir si on peut se passer de pétrole.
Et que vous soyez adeptes du vélo ou au contraire pas du tout. Écrivez-nous, témoignez, posez vos questions sur l'application France Inter ou par mail comme tous les jours. En étant, par contre, s'il vous plaît, un petit peu synthétique parce que sinon c'est très difficile à lire en direct. Pendant les échanges avec mes invités, merci donc d'avance. Invité cycliste et pas qu'un peu, Annie-Claude Thiola, bonjour. Bonjour. Vous êtes présidente de l'association Place au vélo à Nantes, vice-présidente de la FUB, la Fédération des usagers de la bicyclette. Vous faites, vous, presque tout à vélo ? Je fais presque tout à vélo.
Qu'est-ce qui vous freine de temps en temps ? Éventuellement des très longues distances.
Bon, ok. Bonjour Sylvie Landrieve. Bonjour. Vous êtes directrice du forum Vimobile, institut qui réfléchit à tous nos modes de déplacement. C'est bien ça, le principe ?
Alors vraiment, notre sujet au forum Vimobile, c'est la place que les déplacements ont dans les modes de vie, donc en gros dans notre quotidien, et dans une perspective où ça va changer, pour des raisons écologiques, mais aussi pour des raisons, je dirais, démocratiques, parce que ce qui nous intéresse, c'est aussi ce que les gens veulent, comment ils peuvent participer, ce qu'ils souhaitent, en fait, pour faire advenir, je dirais, un nouveau système de mobilité. Et le vélo, de temps en temps ? Alors, le vélo, j'en fais un petit peu, mais plutôt à la campagne, et pas tellement en ville, en fait.
Bonjour Michel Fournier.
Oui, bonjour.
Vous arrivez, vous, droit des magnifiques Vosges, vous êtes maire de la commune des Voivres, président de l'association des maires ruraux de France. Vous en faites du vélo aux Voivres ?
Pas vraiment, non.
Non ? Pas vraiment. Bon. Et enfin, bonjour à Sébastien Corradini.
Bonjour.
Alors, vous n'êtes pas en studio avec nous, et c'est fait exprès, parce que vous êtes sur la route des vacances à vélo. Vous êtes rédacteur en chef du magazine Vélotaf, dont le premier numéro est sorti fin mai. Vélotafeur, c'est trajet de domicile travaillant en pédalant, depuis 27 ans en ce qui vous concerne. Et donc là, vous êtes où précisément ?
Là, je suis arrivé à Adreux tout à l'heure.
Vous êtes parti ce matin, vous allez où, jusqu'où ?
Je suis parti ce matin de Conflans-Saint-Honorin, et je pars en Vendée. Et là, j'ai fait 80 kilomètres à peu près ce matin, il me reste une centaine de kilomètres à faire aujourd'hui.
Et c'est quand l'arrivée ? Vous allez où exactement en Vendée ?
Alors, j'arriverai vendredi soir à Noirmoutier.
D'accord. Mais donc, il y a des aménagements partout, ça va ? C'est pas trop dangereux ?
Alors, j'utilise une application qui me dirige en fait sur des voies qui sont adaptées aux cyclistes. Excusez-moi. Et donc, beaucoup de pistes cyclables, et sinon des petites routes. Donc, je suis pas vraiment embêté par la circulation.
Alors, je dois pas être la seule à me poser la question, mais comment vous faites pour les bagages ? Parce que j'imagine que vous partez pas pour deux jours.
Je pars pour trois jours, là, en l'occurrence. Ah bon ? Oui, j'ai un porte-bagages, j'ai deux sacoches à l'arrière, une sacoche à l'avant. Enfin, j'ai ce qu'il faut pour transporter toutes mes petites affaires.
Bon, donc une pause, le temps de cette émission avant de repartir. Michel Fournier, sympa quand même, non, de faire les trajets des vacances à vélo ? Ça pourrait vous tenter ?
Oui, ça pourrait, ça aurait pu me tenter, il y a quelques années. La différence, elle est peut-être là. C'est-à-dire que je n'ai pas, et je n'ai plus la possibilité, et physique d'une part, et également, vu un emploi du temps tellement chargé que le vélo, pour moi, à titre personnel, n'est certainement pas la solution.
Un peu trop lent sur un certain aspect. Dans votre commune des Voivres et dans l'agglomération d'Épinal, où elle se trouve, est-ce qu'il y a beaucoup d'aménagements pour les vélos ?
Alors, il faut distinguer, et je pense que ce sera un peu les échanges qui le feront apparaître, il faut distinguer ce qui peut se passer dans la centralité que représentent Épinal, et les Golbech entraînent, enfin, les agglomérations autour, où là, il y a une volonté affichée, aujourd'hui, forte, que le vélo soit, effectivement, une des réponses, mais une vraie réponse par rapport à... Je suis dans la com' d'agglomération d'Épinal, d'accord ? Et, par contre, dans tout ce qui est autre, on a 80 kilomètres de distance, d'un bout de la com' d'agglomération à l'autre. Donc, vous voyez, 80 kilomètres, la partie centrale, ça fait quand même 40 kilomètres. Donc, ces trajets-là, il n'y a pas...
On peut considérer qu'il n'y a personne qui les fait en vélo.
On va voir en détail, évidemment, tout à l'heure, les difficultés réelles sur certains territoires, dont le vôtre. Mais d'abord, Annie-Claude Thiola, on va faire un petit panorama de la situation avec vous, qui avez forcément toutes les données, puisque vous êtes à la Fédération des usagers de la bicyclette.
Combien de cyclistes en France, aujourd'hui, en 2022 ? On n'a pas le chiffre du nombre de cyclistes. Vous parliez de 4%. C'est peu par rapport à notre objectif national.
Quel pourcent de trajet, hein ?
Oui, oui, de trajet. On n'a pas... Aujourd'hui, on ne sait pas quantifier, puisqu'il faudrait cumuler tous les compteurs, et il n'y a pas des compteurs partout. On sait les parts modales, on sait les déplacements, là où, effectivement, ils sont comptés, mais on ne peut pas vous dire, aujourd'hui, le nombre de cyclistes du quotidien en France. Mais la pratique a augmenté, ça c'est certain. La pratique a augmenté. Ça, vous avez des chiffres là-dessus ? Alors, elle a augmenté de 24% depuis la sortie du premier confinement, et la campagne, le vélo, mon geste barrière, a été un fabuleux accélérateur, parce que c'était effectivement...
On maintenait la distance, on maintenait la forme, et puis surtout aussi l'économie, parce que tout a commencé aussi à se poser en termes d'économie, en termes de pollution. Donc, on a cette augmentation...
24%, c'est une augmentation générale ?
Alors, c'est une augmentation sur les secteurs où il y avait déjà des habitudes de pratique du vélo assez fortes. Si on prend les compteurs de cette année, les chiffres de cette année de vélo et territoire, on est à plus 14%.
Et ça dépend justement de si c'est la ville, si c'est le périurbain, si c'est le rural ? Vous avez des détails là-dessus ?
Tout à fait. On a une augmentation, en gros, de plus 12% en milieu urbain, et plus 2% en milieu rural. Donc, ça augmente partout,
même si ce n'est pas exactement la même dynamique ?
Voilà, ça n'augmente pas assez vite, mais ça augmente.
Sylvie Landriev, l'objectif dont parlait Annie-Claude Ciola, de passer de 4% des trajets à 9% en 2024, donc dans vraiment pas longtemps, est-ce que ça vous paraît atteignable ?
Alors, comme toujours, tout dépend des moyens, des politiques et des désirs des gens pour passer à ce nouveau système. Mais malgré tout, ce qui est un peu gênant, c'est de parler toujours de trajets, de parts modales. Parce qu'à la limite, plus on se déplace, plus on fait de trajets, plus il y a de possibilités pour augmenter le nombre de trajets en vélo. Et pour rejoindre ce que disait M. Fournier, la question, c'est qui peut faire du vélo pour des longues distances, en fait ? Pour vraiment, si on veut vraiment passer à un autre système. Aujourd'hui, quand même, je dirais, qui fait du vélo ? Et d'ailleurs, M.
Fournier disait, oui, peut-être précédemment, plus jeune, j'aurais peut-être fait du vélo. En fait, effectivement, qui fait du vélo ? C'est surtout des hommes et des jeunes hommes, des jeunes hommes en pleine santé, et qui veulent aller vite. Et donc, en fait, qui s'inscrivent complètement dans le système de la vitesse, et ils veulent aller vite où ? Le plus souvent dans les métropoles, où, en fait, ils font concurrence à la... Où, en fait, ils estiment pouvoir aller plus vite que la voiture. Donc, en fait, c'est vraiment... Aujourd'hui, c'est un peu ça le dilemme.
C'est comment on élargit la pratique à d'autres populations que les jeunes hommes en bonne santé, c'est-à-dire, bien sûr, plus de femmes, les personnes âgées, les ados, les pré-ados, peut-être un jour les enfants. Comment on élargit, comment, je dirais, à beaucoup de pratiques, et comment on élargit au territoire. Donc, on y reviendra sans doute.
Alors, Sébastien Corradine n'est pas d'accord avec vous, Sylvie Landriev.
Alors, oui, effectivement. Moi, je peux témoigner qu'aujourd'hui, la pratique du vélo urbain... Alors, c'est vrai que là, je parle spécifiquement du vélo urbain, parce que c'est celui que j'ai observé. Vous n'êtes pas un homme jeune en bonne santé ? Alors, oui, mais justement, je ne voulais pas parler de moi, en l'occurrence. Moi, ça fait 27 ans que j'en fais. Effectivement, il y a quelques années, je ne croisais pas grand monde sur les trajets quand je faisais mon trajet vers mon travail. Depuis quelques années, ça a énormément progressé. Et énormément de personnes que je croise le matin sont des femmes.
Et parmi les gens qui s'intéressent au vélo pour aller travailler aujourd'hui autour de moi, et pas seulement autour de moi, je veux dire, il y a énormément de femmes. Je pense qu'il ne faut pas minimiser du tout le fait que les femmes aussi s'approprient le vélo comme moyen de transport.
Mais Sébastien Corradini, vous êtes quand même, j'imagine, vous le savez, une exception. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est quand même très peu répandu que, par exemple, on parte en vacances à vélo, même si c'est très honorable, ou qu'on aille tous les jours depuis 27 ans travailler à vélo.
Oui, bien sûr. Bien sûr. Non, mais ça, après, moi, je ne suis pas là pour parler de moi en tant que référence, parce que je ne suis pas une référence. Je veux dire, j'ai ma façon de pratiquer le vélo. Je suis passionné par ça, mais je m'y intéresse de plein de façons. Et c'est vrai que j'observe ce qui se passe. Moi, je suis pour que les gens se mettent au vélo de toute façon, parce que je pense que c'est la meilleure solution pour tout le monde à terme. Alors après, bien entendu, il y a des gens qui ne pourront pas le faire. Je ne m'oppose pas du tout à la voiture. Je ne suis pas du tout dans une démarche d'opposer les uns par rapport aux autres.
Au contraire, moi, ce que je pense, c'est qu'il y a de la place pour tout le monde. Mais je trouve que le vélo est une solution à un certain nombre des problèmes qui se posent aujourd'hui en termes d'environnement, même en termes de comportement, simplement. Je pense que ça remet aussi un petit peu les idées en place de temps en temps.
On va en parler. Annie-Claude Chola sur le profil des cyclistes.
Oui, tout à fait. Je partage les propos, puisque le dernier baromètre des villes cyclables faisait ressortir que les utilisateurs sont 47% des femmes, 53% des hommes. Donc, il y a une légère majorité hommes, mais on va pouvoir les gagner. Et puis, je suis aussi peut-être un exemple. Je suis retraitée. Je suis en bonne santé grâce au vélo. Je suis vélo-tafeuse depuis 15 ans. Et ce n'est pas venu parce que j'avais une culture vélo. C'est venu parce que j'ai eu la chance de croiser des personnes qui m'ont fait partager l'envie et la facilité de se déplacer à vélo.
Vélo-tafeuse, je précise. Donc, c'est bien d'aller à vélo, du travail à son domicile, et vice-versa. Michel Fournier, on a un message de Claire sur l'application France Inter qui nous écrit « Je vis en Bretagne. Ici, on a peu de transports en commun. » C'est un sujet, d'ailleurs, sur lequel on reviendra avec vous. Beaucoup de personnes âgées, de plus en plus de familles se déplacent à vélo. Est-ce que vous voyez, vous, quand même, sur votre territoire, des gens qui commencent à prendre le vélo, qui ne s'y mettaient pas ou vraiment pas ?
Oui. Alors, au début de l'émission, vous avez bien précisé le vélo-travail. Donc, il faut bien distinguer. Beaucoup de gens pratiquent le vélo dans nos secteurs, dans nos ruralités, pour le loisir. Ça, c'est clair. Avec, aujourd'hui, la potentialité de l'assistance électrique, ça n'a fait qu'exploser, même si on sait que le coût d'un vélo à assistance électrique représente quand même quelques difficultés d'accès.
C'est quelques milliers d'euros. Ah, ben, quand même.
On a une entreprise dans les Vosges qui s'appelle Moustache Bike, qui est vraiment une entreprise haut de gamme et qui permet, effectivement, d'avoir des vélos de bonne qualité.
Mais c'est un investissement.
Mais c'est un investissement. Et cet investissement-là, premièrement, il limite la potentialité. Et puis, il faut le savoir, quand on est dans les Vosges, alors, je veux dire, il faut imaginer que ça monte et que ça descend. Donc, il y a quand même beaucoup de territoires où il y a du relief. Et là, à ce moment-là, ça présente d'autres difficultés parce que c'est couplé, quand même, avec les distances. Et cette notion de distance, elle est comme ça. Elle existe. et elle existera toujours. Et à mon sens, ça va être très difficile. Alors, j'ai entendu, notre collègue qui part en vacances, on ne veut pas opposer les uns et les autres. Mais il y a une réalité.
Je crois qu'il y a une place importante pour le vélo dans l'urbanité. Elle peut progresser encore énormément. Elle progressera dans la ruralité. Mais d'une façon, il ne faut pas s'attendre non plus.
Pour vous, les 9%, les fameux 9% 2024 de trajet en France, ça peut être envisageable ?
Là, franchement, on dise 9 ou 10 ou 8, c'est difficile parce que je ne vois pas à quoi ça correspond. Simplement, je dis que dans la ruralité, je pense qu'on en parlera également, il y a aussi le déplacement en tant que tel présente aussi quelques risques par rapport à l'utilisation du même espace qui est la route.
On va l'aborder. Message de Jérôme sur Twitter. Tout le monde ne peut pas se payer le luxe d'habiter à 15 minutes de vélo de son lieu de travail et commencer ses journées à 9h30. Et un mail d'Emmanuel aussi pour qui le vélo est devenu un moyen de transport à Marseille depuis 3 ans. Elle fait 14 km par jour. Sur le piste, on se prend les branches en pleine tête ou alors elles sont sur des chaussées impraticables ou occupées par des voitures garées de travers, etc. Nous sommes toujours montrés du doigt comme étant des bobos. Mais honnêtement, c'est bien souvent de la bravoure que d'utiliser ce mode de transport. Donc le vélo, truc de bobo ou pas ?
On va répondre dans un instant avec aussi les limites à sa démocratisation. On a commencé à en parler. Et les bonnes pistes. Attention, c'est un jeu de mots. Il y en a aussi. L'émission, en tout cas, a été préparée par Anaïs Poncin et Colin Gruel, réalisée par Théo Raison. C'est Marie Potier qui est à la technique avec Loïc Frapsos. Et Claire dans la playlist France Inter. Tout est dans la tête.
Arrête des conneries, viens jouer avec moi.
Couper la tête, fais-toi couper quoi.
C'est déjà pas mal.
Un mois, c'est devenu un super briseur de grève et un bon symbole d'individualisme. Ma femme de ménage, elle refuse de prendre un vélo. C'est peut-être qu'elle n'est pas très sportive ou qu'elle habite à suci en brie. Je ne sais pas. Le vélo, en revanche, c'est un art de la simplicité et de la sobriété.
Même si je les nique tous avec ma selle en cuir, mais j'entends un liage et mon système de freinage ABS. Il m'a même mis un chopage.
Bon, l'isolation n'est pas top, mais ça reste moins énergivore qu'une Tesla.
Voilà, moins énergivore qu'une Tesla, parodie de Bertrand Husklad en Brout. C'était début 2020, avant la crise sanitaire et en pleine grève en Ile-de-France. À peine caricaturale, il a quand même misé assez juste. Annie-Claude, tu l'as quand même rassuré. Moi, tous les cyclistes ne sont pas comme ça.
Non. Non ? Il y en a quand même, on peut le dire. Les cyclistes, comme les automobilistes, comme les piétons, on a tous nos 20% d'incivilité. On a des mails, Antoine. C'est la représentation de la société.
Antoine nous écrit « Il faut vraiment que les cyclistes respectent le code de la route au même titre que les automobilistes ou motocyclistes. Trop de feu rouge ou de priorité, entre autres grillés. On a un autre message. Le vélo est devenu un cauchemar pour les piétons à Paris. Ce sont les nouveaux chauffards en toute impunité. Comportement dangereux. À Paris, ça a fini par nous les faire détester. Sylvie Landrieff, vous pouvez comprendre cette espèce de détestation de certains cyclistes ?
Disons que c'est vrai qu'au Forum Vie Mobile, ce qu'on veut mettre sur la table, c'est qu'il faut faire un bon diagnostic pour élargir le potentiel et la pertinence du vélo. On rejoint Sébastien Corandini pour dire que le potentiel est énorme et que le vélo fait partie des solutions. Après, je pense que dire qu'aujourd'hui, c'est facile pour tout le monde, ce n'est pas vrai. C'est pour ça que je disais que c'était surtout, certainement pas un truc de bobo, mais un truc d'homme jeune en bonne santé. Et quand on donne les chiffres qui disent que comment il y a autant de femmes que d'hommes, on n'est plus sur le vélo du quotidien, mais on prend effectivement, comme disait M.
Fournier, la pratique de loisirs. Et on oublie aussi la mobilité dans le cadre du travail. Par exemple, les livreurs. Regardez les livreurs, ils sont exactement comme les vélotaffeurs, ils veulent aller vite. Et pourquoi, en fait, on se fait livrer les pizzas en vélo ? C'est parce que c'est la façon de concurrencer la voiture. Donc ça, c'est pour dire que c'est ça le diagnostic aujourd'hui. Et effectivement, en centre-ville, aujourd'hui, la question peut se poser en termes de territoire si c'est vraiment le meilleur endroit pour le développer. Parce qu'on se dit c'est le meilleur endroit parce que les distances à parcourir sont plus faibles.
Et c'est aussi là que les investissements sont faits. Mais par contre, c'est là aussi qu'on met en concurrence finalement le vélo, la marche et les transports collectifs. Puisque là, en fait, il y a plein d'autres façons de se déplacer. On a des transports collectifs, on peut marcher, on a des trottoirs. Donc en fait, à nouveau, il y a une question de diagnostic. Nous, on se dit que si on veut élargir le potentiel du vélo, élargir la pratique du vélo, il faut en particulier élargir les pistes cyclables qui aujourd'hui sont faites pour aller vite et qui sont très étroites.
C'est-à-dire qu'il y en a 18 800 aujourd'hui en France des aménagements cyclables. L'objectif, c'est 25 000 en 2030. Vous dites en fait que finalement, ça ne sert à rien de multiplier des pistes cyclables comme ça un peu partout si elles ne sont pas bien pensées et qu'il faudrait même couper certaines routes au profit du vélo à 100% par exemple.
Nous, ce qu'on dit, c'est qu'on a des atouts incroyables. Alors en particulier en France, il se trouve que le vélo ça se fait sur la route et en France, on a deux fois plus de routes que dans des pays de taille ou de densité comparable. Donc en fait, comme pour une bonne pratique du vélo, il faut un réseau vélo, il faut une infrastructure qui ne s'arrête pas d'un seul coup parce qu'on doit laisser passer les voitures, on pourrait imaginer d'extraire d'une partie du réseau routier, de dédier une partie du réseau routier aux modes actifs.
On a un message de Rosen qui nous écrit justement là-dessus les pistes cyclètes sont souvent ineptes comme si ceux qui les avaient mis en place n'étaient jamais montés sur un vélo. Philippe nous écrit également par mail, il dit attention il y a une infinité de pratiques de la bicyclette, moi je voudrais donner des idées pour rendre la pratique du vélo moins conflictuelle et moins dangereuse et donc il dit notamment que les infrastructures spécifiques ne sont pas la solution. Sébastien Corradini est-ce que vous êtes sur cette ligne également ?
C'est vrai qu'aujourd'hui il y a des pistes cyclables qui sont quand même très très pratiques et dans certaines parties de villes ça peut être effectivement une solution dans d'autres endroits ça n'a absolument aucun sens même ce matin en circulant j'ai vu des endroits où il y a des pistes cyclables sur des routes où il n'y a absolument aucun passage il n'y a pas d'intérêt finalement particulier à avoir une piste cyclable à cet endroit-là c'est vrai aussi que parfois elles sont mal faites il y a beaucoup beaucoup de choses qu'on peut remarquer et qu'on peut dire par rapport à tout ça sauf qu'aujourd'hui c'est révélateur d'une démarche qui va vers le cyclisme et qui fait plaisir parce que pendant des années l'hégémonie de la voiture faisait qu'on n'avait pas notre place sur le réseau routier donc j'aurais tendance à dire oui il y a du bon et du mauvais à prendre dans tout ça maintenant moi je suis assez satisfait quand même de l'évolution et je trouve que c'est très bien après moi je ne suis pas du tout dans le conflit et je ne veux pas forcément encore une fois j'utilise la voiture aussi de temps en temps je suis comme tout le monde et je veux dire je ne m'oppose pas complètement à l'usage de la voiture loin de là et je ne suis pas si jeune que certains ont l'air de le dire depuis tout à l'heure dans l'émission puisque j'ai plus de 50 ans et ça ne m'empêche pas de faire du vélo alors certes je suis en forme mais voilà
d'ailleurs on a un message de Fabienne qui nous dit pour revenir sur ce point-là je détestais faire du vélo jusqu'à ce que je découvre le vélo à l'assistance électrique j'ai investi l'an dernier depuis mes réflexes ont changé je vais chez le dentiste à vélo 40 km aller-retour pendant mes vacances je fais des petits périples de 250 km pourtant j'ai 53 ans et je suis en surpoids Michel Fournier au sujet des aménagements quelles difficultés précises vous font remonter les mers ruraux que vous représentez
oui alors avant de parler des difficultés dans la ruralité je voudrais quand même faire une remarque je viens régulièrement à Paris et je me rends compte je me rends compte très simplement qu'il y a certaines rues où vous avez la possibilité d'un stationnement dans cette rue de véhicules vous avez un seul sens de circulation et pourtant vous voyez au sol que les vélos peuvent venir à contresens alors ça il faudra m'expliquer comment on peut c'est une atteinte c'est une provocation je veux dire c'est une provocation c'est une provocation à l'accident c'est pas possible parce que ces rues sont étroites donc on permet effectivement à un système de mobilité de pouvoir faire à l'encontre du code de la route tout simplement ça je suis un peu surpris ça c'est pour ce que j'ai constaté en ville et notamment je l'ai vu en cours récemment
alors maintenant
dans la ruralité la difficulté c'est le lien on sait que dans certains pays si on va de l'autre côté de la frontière les liens existent les pistes cyclables sont à côté souvent des chaussées utilisées par les véhicules et donc le lien existe aujourd'hui en ruralité la multiplication simplement par rapport même à l'aspect loisir fait que alors les problèmes de discipline vous avez raison les indisciplinés sont partout quel que soit le mode de véhicule mais on s'aperçoit quand même que ça représente forcément on peut rouler à 80 ou 90 km heure et tout d'un coup vous avez une obligation de freiner brusquement parce que vous avez un cycliste et vous avez bien entendu en face également une voiture qui se croise ça veut dire que
mais là ça veut dire pardon Michel Fournix c'est pas aménagé
non mais ça veut dire tout simplement que les chaussées alors vous avez évoqué madame tout à l'heure le fait de dire peut-être qu'il faudrait réserver exclusivement certains accès je pense qu'il faut avoir une réflexion beaucoup plus pragmatique par rapport à cette coexistence sur le réseau routier en milieu rural
oui mais encore une fois de façon précise les maires encore sans opposer les deux partout en France vous font remonter quel type de difficulté c'est que ça coûte cher c'est que c'est pas possible de couper la route en deux c'est que c'est pas possible de bitumer un espace naturel très concrètement qu'est-ce qui freine finalement l'aménagement de certaines zones
premièrement déjà le coût la voirie en France à l'heure actuelle c'est un coût énorme pour les communes rurales parce que nous avons des kilomètres de voirie qui enfin on ne maîtrise pas d'où la nécessité je le dis en passant que l'on souhaiterait que le regard de l'état tienne compte de l'espace et de justement la valorisation de cet espace et non plus uniquement la population mais le territoire que l'on représente et donc ce coût là il est important et si on veut un aménagement particulier lié à la piste cyclable ou lié à l'utilisation d'un autre je veux dire les communes les communes rurales ne pourront tout simplement pas le faire ou à la marge
il y a de l'argent qui a été débloqué je crois 215 millions d'euros par l'état et seuls 3 millions d'euros sur ces 215 je crois ont été utilisés à Nicolas c'est les fonds vélo
le fonds vélo les appels à projets mais je crois que c'est compliqué en fait pour que les communes rurales aillent chercher les financements sont des démarches qui sont d'abord souvent ils ignorent l'existence de ces fonds vélo de ces financements et s'ils ne sont pas aidés par le département ou la préfecture c'est vrai que ça devient compliqué je voulais aussi répondre ça va se faire au centre du bourg mais ça ne va pas se faire sous les extérieurs alors ça peut se faire sur les extérieurs mais je rejoins la proposition de Sylvie de Sylvie tout à l'heure c'est qu'effectivement on a un réseau routier en France qui est exceptionnellement riche en nombre de routes de kilomètres des petites routes départementales et peut-être que certaines c'est pas majoritairement mais certaines pourraient être consacrées il y a des départements qui l'ont fait et ça marche très bien pourraient être consacrées à du déplacement à vélo ce qui ne nécessite pas de nouvel équipement de nouvelles infrastructures et donc de nouvelles dépenses et en plus un équipement dédié au vélo à l'usage coûte moins cher parce qu'il s'entretient plus facilement la voiture détériore particulièrement rapidement les installations vous en servez sûrement quelque chose pour entretenir un réseau routier et puis mais il y a les voies vertes par exemple par exemple il y a les voies vertes qui sont exclusivement utilisées par le vélo donc ça c'est intéressant quand on a un canal quand on a du linéaire comme cela effectivement ça c'est réservé il y a déjà des choses qui existent alors il y a des choses qui existent et qui développent surtout la pratique touristique du vélo maintenant on sait que quand un aménagement touristique est très bien fait et qui relie des bourgs ou qui relie des lieux des bassins d'emploi et des bassins de vie il est utilisé à 25% pour du déplacement quotidien c'est le cas des grandes euro-vélos la Loire à vélo la Vélodyssée qui sont des grandes infrastructures qui traversent la France entière 25% de leur utilisation sont du déplacement domicile-travail du quotidien ou du déplacement utilitaire on parlait de déplacement vélo-taf il n'y a pas effectivement que ça en dehors de l'aspect loisir il y a aussi je vais chez le médecin je vais à mon sport je vais au cinéma à vélo et ça peut se faire aussi par le biais de ces aménagements en voie verte
on a un message de Gilles à Saint-Chamond qui nous parle des pistes cyclables il s'agit de quelques pointillés sans aucune continuité s'arrêtant contre une bordure de trottoir alors en obé souvent en piteux état conçu pour ne surtout pas déranger le moins du monde les automobilistes Noémie dans la Loire aussi nous explique qu'elle s'est acheté un vélo électrique d'occasion fière comme une papesse sur mon biclou équipé de mon casque et d'un gilet bien fluo j'ai pris la départementale et je me suis rendu compte de ma vulnérabilité face aux voitures aucun équipement de voirie pour les vélos et mode de déplacement doux Sylvie Landrieff 76% je crois aujourd'hui des français utilisent encore la voiture pour se rendre au travail évidemment l'idée n'est pas de s'opposer parce qu'il y a des gens qui ne peuvent pas se passer de leur voiture mais comment est-ce qu'on réussit à combiner tout ça dans un pays qui aujourd'hui effectivement est basé
sur l'utilisation de la voiture alors pour nous c'est vrai que l'idée c'est vraiment de penser un système alternatif c'est-à-dire pas une addition de modes de pratiques où effectivement on ne fait que regarder les parts modales et quelle est la part des trajets qui est faite avec tel mode mais vraiment regarder en fait comment le maximum de gens pourraient se passer de voiture y compris quand il y a des distances importantes à parcourir et donc effectivement comme la moyenne des kilomètres parcourus par un français c'est 60 kilomètres par jour c'est évident que demain on ne va pas faire 60 kilomètres en vélo quelle que soit la personne d'ailleurs je ne sais pas s'il y a beaucoup de gens qui peuvent le faire tous les jours
mais comment on harmonise ? alors nous en fait ce qu'on se dit
on dit voilà d'abord on a des atouts 30% des français quel que soit le territoire en ville dans les petites villes dans les métropoles à la campagne vivent au quotidien en grande proximité c'est-à-dire qu'ils arrivent à déployer l'ensemble de leur programme d'activité à moins de 9 kilomètres et pourtant deux tiers de leurs déplacements sont faits en voiture donc là en fait c'est vraiment une question de transformation on peut passer une grande partie de ces déplacements pour être fait en vélo ou en marchant quasiment deux mains par contre il n'y a pas beaucoup d'endroits en fait qui sont cyclables et aisément en particulier pour des raisons de sécurité comme disait l'auditrice mais par exemple pour les distances plus longues il faut forcément que le vélo la pratique du vélo soit articulée avec les transports collectifs en particulier que les transports collectifs
soient cadencés pour ça il faut qu'il marche justement
il y a quand même un problème de fond il faut regarder les choses on a aménagé le territoire d'une façon où on concentre et on a concentré l'activité pour faire simple dans les gros centres je ne parle même pas mais c'est quand même cela c'est les métropoles c'est etc etc et en fait on oublie que 33% des gens vivent sur des territoires d'yevo 33% 88% du territoire et donc on est à l'obligation et c'est ça l'erreur on essaie de régler enfin ça se paradrasse un peu on essaie de régler une meilleure mobilité en disant oui il serait souhaitable de pouvoir se rendre effectivement et on accuse un peu l'automobile par rapport à ça mais la plupart des gens n'ont pas le choix donc ce choix là il est fait parce que l'obligation c'est de se rendre dans la centralité pour avoir son activité si on avait réfléchi un peu autrement et fait en sorte que certaines activités puissent être localisées autrement on aurait peut-être aussi anticipé cette problématique là c'est quand même un problème de fond ça
mais c'est peut-être pas trop tard Sébastien Corradini sur cette nécessité d'intermodalité on va le dire comme ça
oui moi je pense que c'est effectivement pas trop tard il y a quand même beaucoup beaucoup de choses à prévoir et à imaginer on est vraiment au début de l'histoire parce que bon c'est vrai que ça a quand même pas mal piétiné pendant des décennies mais là on revient sur quelque chose on va dire d'un petit peu plus effectivement positif pour le vélo moi je n'ai pas encore une fois je ne m'oppose pas du tout à la voiture et on n'est pas en train de la culpabiliser de quoi que ce soit encore qu'on pourrait quand même malgré tout puisqu'on se rend compte qu'il y a quand même des problèmes de pollution à cause de ça mais au-delà de ça c'est vrai que même même dans les territoires ruraux je pense qu'il y a effectivement des choses à faire et je pense que encore une fois le vélo n'est pas forcément c'est pratique pour tout le monde je veux dire effectivement un parcours de 7 km c'est un parcours de 7 km qui soit fait en ruralité ou en région parisienne c'est la même chose effectivement il y a des problèmes de sécurité c'est ça qu'il faut effectivement essayer de faire avancer et puis aussi il faut essayer de faire de l'accueil parce qu'aujourd'hui les gens qui vont travailler sur leur lieu de travail quand ils arrivent sur leur lieu de travail il faut qu'ils puissent se rafraîchir se changer éventuellement sécuriser leur vélo
il y a beaucoup de messages justement d'auditeurs notamment Adrien qui nous explique par exemple il n'y a pas de douche sur les lieux de travail donc comment on fait quand on arrive et qu'on est en sueur après ça te fait 10-15 km de vélo ça c'est un souci à Nicolas Tchola il y a aussi pardon je continue sur les messages des auditeurs Jean-Baptiste qui nous écrit sur les transports il dit le problème c'est que même si on arrive à la gare avec notre vélo il n'y a pas de place dans les trains donc comment on fait enfin il n'y a pas suffisamment de place tout ça c'est des problèmes concrets et réels
alors ce sont des problèmes concrets et réels pour reprendre les chiffres de Sylvie on est aujourd'hui en France il y a 90% des français qui vivent à moins de 10 km d'une gare donc déjà effectivement ça plaide pour cette complémentarité oui mais encore une fois
une fois qu'on arrive à la gare il faut qu'il y ait le train au bonheur une fois qu'on arrive
à la gare il y a aujourd'hui la FUB est quand même le défenseur de l'ensemble de ces programmes et de ces questions puisqu'on se bat au quotidien à la fois sur l'emport du vélo dans les trains et l'augmentation la modification du matériel il y a eu des décisions européennes qui ont été prises mais il faudra malheureusement attendre le renouvellement des parcs de matériel pour que ça puisse entrer vraiment en application ça c'est la première chose on a ensuite alors il y avait effectivement plusieurs réactions qui étaient qui étaient en chaîne notamment par rapport aux services le programme notamment que défend la FUB aujourd'hui et qui va démarrer prochainement qui s'appelle Alvéo Le Plus qui finance du stationnement en gare du stationnement de proximité sur l'espace public qui peut aussi être un service pour qu'on aille au moins jusqu'à la gare et qu'on stationne son vélo parce que tous les vélos n'ont pas besoin d'être emportés si on a multiplié les services et que là où on arrive il y a un service de location et bien on peut combiner ou s'il y a un autre mode de transport on est dans la combinaison ça c'est une première chose et moi ce que je voudrais pardon
je voudrais juste demander par rapport au train à Sylvie Landrieff évidemment que sur le fond l'idée peut être respectée respectable et bonne mais encore une fois c'est ce que disait aussi Michel Fournier les trains ne circulent pas toujours les trains peuvent avoir du retard les trains peuvent ne pas passer les trains peuvent être bloqués donc tout ça
et les gares ne sont pas forcément ouvertes
et les gares ne sont pas forcément ouvertes parce que toutes les lignes que l'on ouvre
on fait des distances d'un point à un autre et les points intermédiaires on les négligent alors voilà il faut peut-être aussi alors moi pour le coup je rejoins tout à fait ce que dit monsieur Fournier il y a vraiment une question d'aménagement du territoire c'est à dire que penser il faut non seulement penser le vélo dans le système de la mobilité donc en articulation avec la marche et les transports collectifs mais aussi il faut revoir l'aménagement du territoire sinon en fait c'est un vœu pieux aujourd'hui les politiques sont un peu je dirais elles sont contradictoires puisque d'un côté on dit il faut moins polluer il faut moins utiliser sa voiture mais il faut quand même en acheter par ailleurs et en même temps on va dire il faut toujours se déplacer plus pour aller travailler plus pour aller en vacances etc donc il y a une sorte d'incohérence en fait en termes de politique il faut réellement penser le territoire pour pouvoir permettre de vivre en plus grande proximité au quotidien Annie Clothiola tout à fait là je partage complètement d'autant que cette question d'aménagement curieusement l'histoire se répète puisque en 73 première crise premier choc pétolier les Pays-Bas ont pris drastiquement le problème à l'envers et ont tout de suite répondu à cette question d'aménagement du territoire pour faire face à une crise énergétique on est 50 ans plus tard nous on connait là encore de nouveau la même question et si on ne saisit pas l'opportunité de revoir fondamentalement les questions d'aménagement d'ouvrir des gares intermédiaires enfin le nombre de gares qui existent et qui sont fermées et où les trains ne s'arrêtent plus alors que ça permettrait de desservir un maximum de population et de combiner train et vélo ou marche et vélo ou voiture et vélo je veux dire on ne s'oppose pas à cette combinaison mais faire la plus grande distance dans un autre mode que la voiture pour justement ne pas polluer garantir le pouvoir d'achat la loi du pouvoir d'achat c'est le plus d'actualité le déplacement c'est entre 14 et 16% du budget d'aménage donc c'est aussi à considérer Sébastien Corradini est-ce que
par exemple d'aller sur votre lieu de vacances en Vendée à vélo ça vous coûte moins cher que sur est-ce qu'en gros le vélo vous fait faire des économies par rapport à la voiture ou même par rapport au train
à l'évidence si on ne considère que cette partie-là oui bien sûr après j'ai une famille qui se déplace aussi et ma femme et mes enfants sont déjà partis sur mon lieu de travail avec la voiture
donc pardon mais c'est preuve que par exemple vos enfants et votre femme ne peuvent pas encore faire le trajet à vélo par exemple je ne vais pas le focus sur vous c'est pour illustrer quelque chose de plus général
ce trajet-là ce trajet-là évidemment ce trajet-là évidemment après il aurait tout à fait été faisable et ça se fait régulièrement enfin je sais mais j'ai des grands enfants donc qui viennent nous rejoindre quand ils sont pour aller en vacances en train et en utilisant les transports en commun tout basiquement mais non ce trajet-là effectivement à vélo ce n'est pas ouvert à tout le monde et c'est évident je veux dire je n'ai pas du tout la prétention de dire que ce que je fais là aujourd'hui c'est quelque chose qu'il faut conseiller à tout le monde en revanche le trajet quotidien les petits trajets pour aller faire ses courses pour aller au sport pour aller effectivement au travail ça oui je milite absolument pour ça quand c'est possible
et Julien nous écrit par mail il conviendrait de casser l'image injustifiée fatiguante de ce mode de déplacement au bout de 3 semaines de pratique quotidienne 10-15 km nous dit-il par jour donc je ne fais c'est plus du tout un effort pour moi au bout de 2 mois c'est même addictif continuer de nous écrire on poursuit le débat dans un instant avec le rôle des pouvoirs publics et des entreprises aussi c'est important
les soeurs
I'm a lost track Valentin Chedebois fait la programmation musicale
nous avons fait
cette manifestation pour protester contre l'abondance des voitures dans Paris tant au point de vue circulation pollution par le bruit que par les gaz d'échappement
ils ne sont pas contre
l'automobile en tant que fait en tant que moyen individuel de circuler d'une ville à une autre mais à l'intérieur des grandes villes et surtout dans les centres ça nous paraît ne pas être cohérent
ce qu'on demande ce qu'on demande surtout c'est la régionalisation de la circulation dans Paris la mise à disposition de vélos communautaires pour les parisiens qui les paierait qui les paierait
le gouvernement voilà manifestation c'était en 1972 à Paris au son de pas de vélos pas d'auto pardon mais des vélos archives de l'INA où vous avez entendu l'idée des vélibs finalement des 72 étaient évoqués vélibs qui viennent de fêter leurs 15 ans à Paris on parle vélo aujourd'hui avec la vice-présidente de la FUB la fédération des usagers de la bicyclette Annie-Claude-Tiola Sylvie Landriev directrice du forum Vie Mobile Michel Fournier président de l'association des maires ruraux de France et Sébastien Coradini sur la route des vacances à vélo rédacteur en chef du magazine Vélo-Taf dont le premier numéro est sorti au mois de mai dernier Michel Fournier je vais revenir sur le point de quand même effectivement ce que vous soulignez tout à l'heure le fait que tout est un petit peu centralisé dans les grandes agglomérations pour vous ça concerne aussi les services c'est-à-dire qu'aujourd'hui il y a un problème de répartition sur le territoire y compris des services et du travail
encore une fois il y a un mot qui est important et qui est fondamental c'est le mot proximité et en fonction de la proximité des choses peuvent se réaliser des usages peuvent exister et le vélo peut être une réponse et une augmentation de la réponse on est quand même dans un drôle de pays on a fait une loi qui s'appelle la loi Notray qui est une connerie immense
c'est quoi cette loi ?
c'est la loi la plus idiote qui a été votée qui recompose l'organisation territoriale et je vais vous prendre un seul exemple on a voulu faire des grands cantons puisqu'il fallait faire grand il faut tout faire grand donc on a voulu faire des grands cantons et les cantons auparavant avaient un chef lieu de canton et le chef lieu de canton c'était une centralité qui finalement était à portée de vélo pour faire simple aujourd'hui on a éloigné cela on a fait des cantons qui sont très grands et les réponses de services se font dans le nouvel organisation ce qui fait vous ne pouvez plus faire un papier quelconque vous avez les maisons France Service qui existent qui essaient de remplacer ce système là qui essaient d'apporter ce service mais ce qui est important c'est que malgré les politiques mises en place par ce gouvernement aujourd'hui notamment dans la politique petite ville de demain mais vous avez les banques les banques fermes la poste ferme ce qui fait que les réponses qui sont données aux usagers c'est de dire ah mais nous on essaie de rationaliser donc si vous voulez et si vous avez un besoin vous devez vous déplacer plus loin ça veut dire qu'on augmente les distances et on empêche on empêche l'utilisation simple du moyen qui pourrait être le vélo
donc Sylvie Landrie vous qui réfléchissez finalement à nos déplacements du futur et donc à nos vies quotidiennes au delà même du système de mobilité que vous évoquiez tout à l'heure c'est carrément tout qu'il faudrait revoir mais donc ça paraît absolument titanesque
je dirais oui et non puisque de toute façon on n'a pas toujours vécu dans un système extrêmement métropolisé comme aujourd'hui où en fait on veut toujours concentrer plus de choses dans quelques grandes villes et où on demande aux gens d'aller de trouver un emploi quel que soit son emplacement et de faire je dirais par exemple un truc très simple aujourd'hui il n'est plus possible pour un chômeur de refuser un emploi parce qu'il est trop loin du domicile donc en gros on a une politique publique qui favorise la distance à parcourir c'est un non-sens écologique c'est un non-sens en termes d'aménagement du territoire et c'est un non-sens en termes de bien-être de la population mais d'où l'idée
effectivement de tout revoir de fond en comble
disons qu'en tout cas il faut changer de direction aujourd'hui pour l'instant on va dans la direction de l'augmentation des distances à parcourir il faut au moins passer le braquet pour aller de l'autre côté faire une grande bifurcation et effectivement favoriser une vie en plus grande proximité il y a plein d'endroits où c'est possible
vous Annie-Claude-Thiola à la FUB évidemment vous l'avez répété c'est pas du tout vous dites pas haro sur la voiture vous comprenez que des gens ont encore besoin de la voiture je crois que vous vous adressez c'est ce que vous dites il faut qu'on arrive à trouver les cyclistes
qui s'ignorent j'adore cette expression tout à fait je crois que sans parler de part modale si aujourd'hui je pense qu'on a fait le plein des cyclistes relativement volontaires ou qui ont décidé d'eux-mêmes ou parce qu'ils ont été influencés de se mettre au vélo et pour arriver à la masse de cyclistes dont on a besoin pour répondre à nos impératifs des réductions des émissions pour les problèmes de santé pour les problèmes de pollution on a besoin de bien plus de cyclistes et ce sont des cyclistes qui s'ignorent donc il faut les draguer si je puis m'exprimer ainsi il faut les charmer et comment le faire il faut les attirer par des aménagements sécures parce que on a lancé une enquête Opinion Way juste avant les élections présidentielles puisqu'on avait un grand plaidoyer 79% des français ont répondu favorablement à l'élargissement du plan vélo et 49% se disent près 53% même se disent près à faire du vélo si on leur offre des conditions sécures pour le faire et quand on dit des conditions sécures c'est effectivement des aménagements distincts de la voiture et distincts des trottoirs parce qu'il faut qu'on arrête d'aller se confronter sans cesse aux piétons parce que les aménagements nous y ont contraint et ça nous on y est opposé donc il y a vraiment on sent qu'il y a voilà les esprits sont prêts mais aujourd'hui il faut complètement rassurer et séduire ceux qui pourraient s'y mettre
Sébastien Goradini pour rebondir sur ce que disait aussi Sylvie Landriev sur la nécessité aujourd'hui effectivement on ne peut plus refuser un boulot parce qu'on habite trop loin les entreprises doivent aussi faire leur part et même aller encore plus loin parce qu'aujourd'hui il y a déjà des aides à la mobilité mais il faudrait peut-être aller encore plus loin de la part des entreprises
oui je vais dire complètement à ce qui a été dit là-dessus effectivement moi je pense que c'est important que les entreprises effectivement accueillent les gens qui se déplacent venir à vélo aujourd'hui ce n'est pas forcément toujours le cas il y a des entreprises qui le font très bien d'autres pas et je trouve que ça pourrait faire partie des choses qu'on pourrait leur imposer c'est d'avoir un minimum au moins un cabinet de toilettes ou une douche un petit vestiaire pour que les gens qui se déplacent à vélo puissent poser leurs affaires de vélo se changer quand ils arrivent
à ce sujet Nicolas nous écrit le regard des clients et des collègues quand ils me voient en vélo ils se demandent si je suis sérieux dans mon travail Annie Clotciola c'est à priori
la FUB a un très beau programme qui s'appelle Objectif Employeur Pro Vélo qui aide et finance les employeurs à devenir des employeurs pro vélo et qui permettent à leurs salariés d'avoir toutes les bonnes conditions aujourd'hui les salariés qui viennent à vélo ils sont plus en forme plus productifs deux jours et demi d'arrêt maladie en moins que la moyenne des salariés donc ça devrait plaire à des employeurs
Michel Fournier vous parliez tout à l'heure du coup que représente l'aménagement notamment de pistes cyclables ou de voies totalement pour les cyclistes est-ce qu'aujourd'hui il y a des choix qui sont faits parce que bon ça coûte cher aussi de faire des voies pour les voitures n'est-ce pas ? Aujourd'hui est-ce que vous comprenez qu'il y a encore des choix qui sont faits plutôt pour la voiture que pour le vélo ?
Oui, non, non, mais attendez ce que je disais aussi c'est que la voirie municipale ou la voirie communale et bien cette voirie-là elle a beaucoup de difficultés à l'heure actuelle d'entretien tout simplement ce qui veut dire quand même que cette voirie tente de plus en plus à se détériorer parce que les coûts et les budgets communaux n'arrivent plus à financer cela et on sait encore une fois malheureusement il est plus facile avec un véhicule de rouler sur une route dégradée qu'un vélo tout simplement Oui, mais ce que vous disiez tout à l'heure c'est que vous racontiez
qu'on n'avait pas anticipé est-ce que là il n'y a pas un moment où il faut dire stop et maintenant il faut complètement réaxer tous les choix qui sont faits finalement ?
Certainement qu'il faut peut-être effectivement faire table rase de nos habitudes
Et ça vous allez pousser là-dessus à l'association des maires euro de France
dont vous êtes le président ? On peut le pousser si encore une fois en face on y met des moyens spécifiques Alors vous avez parlé de certaines potentialités de financement je ne sais pas qu'est-ce que ça pourra représenter par rapport aux réseaux routiers qui seraient nécessaires pour arriver il faut toujours la continuité
Sylvie Landriev il faudrait combien ? Il y a le budget qui a déjà été je crois qu'il y a 500 millions d'euros si je ne me trompe pas programmés par l'Etat est-ce que ça peut suffire ?
Alors vraiment ce n'est pas du tout à la hauteur de ce qui est nécessaire pour concevoir un système complet alternatif à la voiture nous on l'a fait chiffrer donc je rejoins aussi ce que disait M. Fournier disant que en gros le bassin de vie ce serait le canton donc nous on s'est calé sur le département avec l'idée que le département c'était le territoire qui était accessible comme dans le chef lui était accessible avant l'arrivée de la voiture donc en gros c'est quelque chose qui coûterait à peu près un milliard par département donc c'est à la fois énorme
un milliard au total ?
un milliard par département pour avoir un système complet alternatif à la voiture c'est à la fois énorme malgré tout il faut se dire que le Grand Paris Express pour que seulement une partie des habitants de l'île de France c'est 42 milliards donc c'est quand même le coût comment c'est un coût donc qu'on peut qu'on peut imaginer donc en fait quand même pour
un investissement aussi finalement
oui c'est un investissement et vraiment c'est une façon de prendre au sérieux le fait qu'on va basculer dans un autre système un système articulant vélo, transport collectif et marche un aménagement du territoire en proximité et plein de produits intermédiaires qui peuvent être inventés autour du vélo ça, ça permettra effectivement la transition écologique et de répondre au désir des gens de vivre en plus grande proximité
un petit mot avant de terminer quand même sur le coût de l'équipement Laetitia nous écrit j'habite en montagne il y a très peu de transport en commun j'ai plus les moyens de circuler en voiture et pas les moyens d'acheter un vélo électrique adapté le vélo redevient un luxe c'est dommage est-ce que vous êtes d'accord avec ça
par rapport à la voiture non je ne peux pas être d'accord parce que même un vélo à assistance électrique si on n'utilise pas sa voiture on l'amortit très très vite dans la mesure où le coût d'une voiture c'est environ entre 6 et 8 000 euros par an mais on met plusieurs personnes dans une voiture pas sur un vélo en France il y a quand même plutôt une personne dans chaque voiture que plusieurs c'est assez rare de voir d'ailleurs on voit bien que les systèmes de covoiturage ont énormément de mal donc pour vous c'est finalement un avantage économique aussi à se mettre au vélo en moins d'un an on amortit on paye le vélo Michel Fournier
ça ne vous tente pas ?
c'est pas premièrement physiquement ça me serait difficile pour X raisons mais ce que je veux dire par là c'est que même notre collègue qui part en vacances et bien lui il utilise le vélo il le dit régulièrement mais il a aussi précisé que son épouse ses enfants ils étaient avec le véhicule etc etc ça veut dire que les deux le besoin souvent il n'est pas uniquement du vélo il y a besoin des deux
Sébastien Corradini d'ailleurs à ce sujet Pascal voudrait bien savoir le nom de l'application que vous utilisez pour votre trajet
jusqu'en rendez-vous l'application c'est c'est Géo Vélo
Géo Vélo ok alors on avait lancé un petit sondage nous aujourd'hui sur Twitter pour savoir si c'était plutôt vélo normal vélo électrique ou pas de vélo résultat c'est vélo normal qui l'emporte 63,6% en deuxième position le vélo électrique 22% et pas de vélo pour terminer 14,4% donc finalement en tout cas ceux qui votent se sont pas mal mis au vélo merci beaucoup Annie-Claude Ciola de la FUB Sylvie Landrieff Forum Vie Mobile Michel Fournier Mère des Voivres dans les Vosges et Sébastien Corradini donc bonne route soyez prudents surtout et puis nous on se retrouve demain avec Elon Musk au programme non pas en studio au programme jusqu'où peut-il aller bon après-midi les amis Sous-titrage Société Radio-Canada