Immobilier : "C'est un énorme problème de financement qui pèse en ce moment sur le marché", selon Corinne Jolly, PDG de PAP
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Questions et réponses
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Quel est l'état réel du marché immobilier ?
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Y a-t-il un effet des événements récents sur les réservations ?
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Est-ce que ça va détendre un peu le marché locatif ?
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Est-ce que ça, ça va représenter un ballon d'oxygène pour les primo-accédants notamment ?
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Donc ce que vous dites, Corinne Joly, c'est que le financement, ça reste un des problèmes majeurs aujourd'hui qui explique la tension sur le marché de l'immobilier.
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Mais justement, le nombre de transactions, il a baissé de combien sur votre plateforme ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Donc plutôt une hausse des réservations, environ plus 10%. »
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« En ce moment, les banques exigent 20% d'apport personnel. »
- 2:45InvitéChiffre
« En janvier prochain, on sera certainement à 5% de taux d'intérêt moyen. »
- 3:57InvitéChiffre
« on vise à peu près 800 000 à 900 000 transactions. »
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« on était à plus d'un million l'année dernière, mais qui était une année record. »
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« PAP, un tiers d'acheteurs qui achètent comptant. »
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« Là, on est aux alentours de moins 3% à l'échelle nationale. »
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« Paris est plutôt aux alentours de moins 5%. »
Temps de parole
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Bonsoir à toutes et à tous, quel est l'état réel du marché immobilier ? L'invité éco ce soir est la patronne de PAP, particulier à particulier. Corinne Jolie, bonsoir. Bonsoir. PAP, plateforme immobilière spécialisée dans la vente, la location longue et courte durée. Première question, les vacances de la Toussaint commencent à la fin de la semaine. Y a-t-il un effet des événements récents sur les réservations ?
Les vacances de la Toussaint de cette année seront plutôt bonnes. Donc a priori non, pas vraiment d'effet récent. Il y a surtout eu un effet météo. C'est vrai qu'on a eu un beau mois de septembre assez ensoleillé. Et ça, ça a donné envie à pas mal de monde de prolonger l'été. Donc plutôt une hausse des réservations, environ plus 10%. Notamment dans le sud, qui avait un peu pâti cet été de la crainte de la canicule. Le sud se rattrape là.
Donc 10% par rapport à la Toussaint de l'année dernière. Alors venons-en maintenant au contexte global du marché de l'immobilier. Très tendu, on le sait. La première partie du projet de loi de finances a été adoptée hier avec un 49.3 du gouvernement. Elle contient cette partie, un amendement qui concerne les locations touristiques type Airbnb. L'abattement fiscal dont bénéficie une partie des meublés touristiques va être raboté. Est-ce que ça va détendre un peu le marché locatif ?
Je pense pas. Je pense que ça va vraiment jouer à la marge. Parce que ça changera pas grand chose au fait que de manière générale, la location touristique bénéficie d'un cadre réglementaire beaucoup plus souple que la location d'habitation. Je vais notamment par exemple parler des questions sur les passoires thermiques, où c'est très contraignant en location d'habitation. Alors qu'en revanche, en location touristique, aucun problème. Vous pouvez louer un logement F ou G sans aucune contrainte. Pas d'encadrement des loyers. Donc il y a plein de raisons qui poussent certains propriétaires à favoriser la location touristique. Ça se limite pas aux abattements fiscaux.
Et du coup, ça ne changera rien.
Alors autre mesure à un contenu dans ce budget. Le PTZ, le prêt à taux zéro, va être musclé, élargi à 6 millions de Français de plus potentiellement. Est-ce que ça, ça va représenter un ballon d'oxygène pour les primo-accédants notamment ?
Alors c'est toujours une aide et on ne va pas cracher dessus dans le contexte actuel. Évidemment, ça ne va pas compenser toutes les difficultés actuelles des primo-accédants. Je rappelle qu'ils ont quand même deux gros problèmes. Le premier, c'est les conditions d'accès au crédit. En ce moment, les banques exigent 20% d'apport personnel. Donc ça veut dire que si vous voulez emprunter 200 000 euros, il faut posséder 40 000 euros. Pour un primo-accédant, c'est quand même énorme.
Alors là, le PTZ peut justement régler ce problème-là.
Ça peut les aider sur ce point. Et donc ça, c'est déjà un bol d'air. Mais vraiment, l'idéal, ce serait quand même que les conditions s'assouplissent parce que l'apport personnel, c'est vraiment bloquant. Et puis évidemment, il y a le contexte de hausse des taux. Et ça, là, on a commencé à dépasser les 4%. En janvier prochain, on sera certainement à 5% de taux d'intérêt moyen. Donc ça, c'est un énorme problème de financement en ce moment qui pèse sur le marché et évidemment qui ne va pas être complètement contrebalancé par ça.
Donc ce que vous dites, Corinne Joly, c'est que le financement, ça reste un des problèmes majeurs aujourd'hui qui explique la tension sur le marché de l'immobilier.
Le financement est le problème numéro 1 parce que ce n'est pas un manque d'appétence pour l'immobilier. L'immobilier reste quand même assez sécurisant. Donc il y a une envie d'être propriétaire, y compris chez les jeunes, histoire de préparer l'avenir et notamment la retraite. Donc l'envie peut être là, mais il y a un vrai problème financier. Il y a des prix qui ont énormément monté au cours des 20 dernières années et ils ont notamment monté parce que les taux d'intérêt étaient bas. Maintenant, les taux d'intérêt ont remonté, ont bien remonté en un an, mais les prix ont à peine baissé. Donc oui, il y a un équilibrage du marché à faire.
Nous, on ne croit pas trop à l'effondrement parce qu'il y a toujours un manque d'offres.
Mais justement, le nombre de transactions, il a baissé de combien sur votre plateforme ?
Alors cette année, on va viser, alors là je vous le dis à l'échelle nationale globale, mais on vise à peu près 800 000 à 900 000 transactions. Sachant qu'on était à plus d'un million l'année dernière, mais qui était une année record. Voilà, c'était des records. Donc il faut quand même l'avoir en tête. Là, on est grosso modo à 20% de ventes en moins, mais par rapport à des années qui étaient des records historiques. Vraiment, c'était très, très élevé. Donc c'est assez normal qu'on n'y reste pas. Maintenant, voilà, le marché est quand même plus ralenti. Surtout, on ne voit pas forcément le bout du tunnel en ce moment.
C'est-à-dire que l'année 2024, ça va continuer encore un peu, justement parce que les taux vont rester élevés. Donc il faut le temps que le marché s'équilibre. Maintenant, il n'est pas bloqué parce qu'il y a toujours des gens qui ont besoin d'acheter. Il y a toujours toutes les contraintes liées à l'immobilier, divorce, naissance, mariage, décès. Donc tout ça fait quand même tourner le marché.
Donc il n'y a pas cette paralysie dont parlent certains professionnels ? Vous ne la constatez pas, vous ?
Non, il n'y a pas une paralysie, mais il y a un ralentissement, c'est sûr. Et puis la paralysie, elle ne peut jamais vraiment avoir lieu. Il ne faut pas oublier qu'il y a toute une partie de la population qui n'est pas forcément concernée par les difficultés d'accès au crédit. Je vous donne un chiffre de la dernière étude qu'on a faite sur PAP. PAP, un tiers d'acheteurs qui achètent comptant. Cash. Voilà, cash. Pourquoi ? Parce que ce sont des gens qui achètent en ayant revendu leurs biens précédents. Vous voyez, quand vous avez 60 ans, vous n'achetez plus avec un crédit. Vous revendez votre bien, vous rachetez. Donc cela continue de faire tourner le marché.
Donc un tiers.
Un tiers.
Juste, dernière question, parce que le temps passe vite. Vous avez dit que vous commenciez à constater une baisse des prix de Calandre.
Là, on est aux alentours de moins 3% à l'échelle nationale. Ce sont les métropoles les plus touchées. Notamment Paris est très touchée. Paris est plutôt aux alentours de moins 5%. C'est moins 7%, je crois. Nous, on est aux alentours de moins 5%. Donc oui, on la constate, la baisse de prix. Il y a des zones épargnées aussi. La Bretagne. Voilà. Les zones qui partent de plus bas, c'est un peu un rééquilibrage. C'est pour ça que pour nous, ce n'est pas alarmant, ce n'est pas un crash. C'est un rééquilibrage du marché. Les zones qui baissent le plus sont celles qui avaient le plus monté.
Et les zones qui continuent de progresser, quelque part, ce sont celles qui avaient un peu de retard et qui aujourd'hui sont prisées parce qu'elles offrent des meilleurs prix.
Merci beaucoup Corinne Jolie, PDG de PAP, invité éco de France Info ce soir.