Marine Le Pen : L'interview face cachée (Présidentielle 2022)
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Aujourd'hui dans le cadre de l'interview face cachée que je fais avec les candidats à l'élection présidentielle, j'interview Marine Le Pen. Marine Le Pen est la candidate du Rassemblement National et c'est déjà la troisième fois qu'elle se présente à cette élection. En 2012, elle était arrivée en troisième position avec près de 17% des voix. Et puis en 2017, il y a 5 ans, elle s'était qualifiée pour le second tour en récoltant 21,3% des voix. Un second tour où elle a été battue par Emmanuel Macron qui avait obtenu 66% des voix. Marine Le Pen s'est engagée dès ses 18 ans dans le parti d'extrême droite cofondé à l'époque par son père Jean-Marie Le Pen.
Ça s'appelait donc le Front National, un parti qui a changé depuis 2018 pour s'appeler le Rassemblement National. Elle a été élue à plusieurs fonctions depuis 1998, conseillère régionale, députée européenne. Et aujourd'hui, elle est députée depuis 2017. Le principe de l'interview face cachée, je vous le rappelle, Marine Le Pen fait face à un écran géant sur lequel défilent des émojis. Plusieurs fois pendant l'interview, elle appuie sur le buzzer pour s'arrêter sur un émoji dont la face cachée va révéler différents éléments qui seront à chaque fois, vous allez voir, le point de départ de questions de fond concernant son programme et concernant sa vision de la France.
Alors c'est parti, n'hésitez pas en tout cas à vous abonner à cette chaîne YouTube pour ne pas rater les différentes interviews qui vont arriver dans les prochains jours ainsi que les présentations des programmes. Et je vous laisse du coup avec l'interview. Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Merci d'avoir accepté mon invitation. Est-ce que les règles générales sont claires ? Je pense que j'ai tout compris. Jusqu'ici du coup, tout va bien. Je vous propose pour commencer d'appuyer sur le buzzer et on va pouvoir débuter avec la première question ou le premier élément. C'est donc un émoji qui représente une silhouette. On va voir concrètement ensemble ce qui se cache derrière.
C'est une carte d'identité. Je précise qu'elle est fictive évidemment. C'est une carte d'identité d'une personne. Je vous invite à voir notamment la date de naissance. Elle est née le 16 février 1992. Ça fait écho à quelque chose dans votre programme. Sa date de naissance et son année de naissance plus précisément. Est-ce que vous arrivez à avoir ?
Oui, bien sûr. Elle a donc moins de 30 ans.
Elle a 30 ans désormais. Et c'est quelque chose d'assez important par rapport à votre programme puisque vous proposez dans votre programme qu'en dessous de l'âge de 30 ans, aucun Français ne paie d'impôt sur le revenu. Le principe général de l'impôt sur le revenu, c'est qu'aujourd'hui, c'est un impôt qui est progressif. Donc, plus vous gagnez d'argent, plus vous payez en théorie. Là, avec une telle mesure, ça vient un petit peu changer tout ça. Est-ce que c'est quelque chose de juste selon vous ?
Oui, parce que c'est juste. C'est qu'en réalité, tous ceux qui ont moins de 30 ans ne payent pas d'impôt. Moi, ce que je veux, c'est que les jeunes Français restent en France. Je veux qu'ils construisent leur vie ici. Je veux qu'ils puissent engager, par exemple, des investissements, s'ils pensent que c'est nécessaire. Et donc, j'ai dit, tous les moins de 30 ans ne paieront pas d'impôt sur le revenu. Je vois trop de jeunes aujourd'hui qui disent, moi, je ne pense qu'à une chose, c'est, si je suis mieux payé, c'est de partir à l'étranger. Je pense que c'est une déperdition totale d'énergie, de vitalité. J'ai besoin que les jeunes restent en France, travaillent en France.
Et accessoirement, d'ailleurs, montent aussi leurs entreprises en France. C'est pour ça que j'ai également exonéré d'impôt sur les sociétés tous les jeunes créateurs d'entreprises. Alors, il y a des conditions pour éviter les abus de moins de 30 ans pendant 5 ans parce que je pense qu'ils apportent énormément de richesse. Et le fait qu'ils s'en aillent, c'est une très mauvaise nouvelle pour le pays.
Mais du coup, ce n'est pas bizarre que quelqu'un qui a deux ans de moins, mais qui gagne beaucoup plus, ne paye pas d'impôt.
C'est vrai, mais à partir du moment où la règle est connue de tous, si vous voulez, chacun sait que jusqu'à 30 ans, on ne paye pas d'impôt. Il y a cette règle qui sait. Et c'est aussi le moyen de pouvoir se projeter dans l'avenir, de se dire que oui, effectivement, à partir d'un certain âge, je vais payer l'impôt. Mais en attendant, j'en profite pour éviter d'être un jeune précarisé parce qu'on parle toujours de ceux qui gagnent très bien leur vie. Mais honnêtement, les moins de 30 ans qu'ils gagnent, comme j'ai pu entendre, des milliers de 100, c'est quand même 0,00001%.
L'immense majorité des gens qui ont moins de 30 ans, ils payent des impôts sur le revenu parce qu'à partir d'à peu près 1300 euros, on paye des impôts sur le revenu quand on est célibataire. Même si c'est peu, il n'en demeure pas moins que c'est le cas. Et donc, ils sont une immense majorité à payer un impôt sur le revenu dont ils pourraient faire autre chose.
Et sur cette mesure, justement, je le disais à l'instant, le principe de l'impôt sur le revenu aujourd'hui, c'est qu'il est progressif et beaucoup de juristes estiment qu'une telle proposition d'exonérer d'impôt sur le revenu les moins de 30 ans serait contraire à la Constitution avec ce principe notamment d'égalité fiscale et ce principe de redistribution des richesses avec l'impôt. Comment est-ce que vous comptez faire ?
Non, parce qu'en fait, le Conseil constitutionnel réclame que la différenciation qui est faite corresponde à un objectif qui soit un objectif précis. Moi, mon objectif précis, c'est précisément d'éviter l'expatriation des jeunes. Vous savez, l'expatriation des jeunes, ça nous coûte très cher en réalité. Ça coûte très cher à la société parce que d'abord... Ça coûte combien ? Ça coûte une fortune parce que, par exemple, tout ce que nous avons payé pour former des jeunes, un lycéen, ça coûte 5 500 euros par an à la collectivité. Un étudiant, ça coûte entre 12 000 et 14 000 euros par an à la collectivité.
Tous ces gens qui, après avoir fait leurs études, s'en vont, eh bien, c'est ce qu'on appelle une perte en capital humain. Et puis, il y a aussi tout ce que nous perdons, le manque à gagner, des cotisations, notamment sociales, des gens qui ne travaillent plus en France mais qui travaillent en français.
Et c'est quelle ampleur ce phénomène aujourd'hui de jeunes qui quittent la France ?
En tout cas, les expatriés, de manière générale, ont doublé dans les 20 dernières années.
Les jeunes dont on parle ici, les jeunes qui quittent la France pour aller chercher des meilleurs salaires ou autres, vous serez d'accord avec moi pour dire que c'est une infime minorité des jeunes. La grande majorité des jeunes restent en France, font leurs études en France, puis travaillent en France. Et le problème chez beaucoup de ces jeunes-là, c'est un problème de précarité qui est très important. Précarité notamment lors des études, forcément, sur le financement des études, sur le fait de devoir travailler à côté pour financer ces études-là. C'est un sujet qui est important pour nous.
On en a beaucoup parlé, notamment sur la chaîne, notamment dans le cadre du Covid, pour faire comprendre cette détresse et cette précarité de nombreux étudiants et de jeunes d'ailleurs, plus généralement. Comment est-ce que vous comptez répondre à cette urgence-là ?
J'ai répondu dans mon projet, car j'ai beaucoup de mesures à destination des jeunes dans le projet. Les jeunes sont vraiment considérés pour moi comme une des priorités des années qui viennent. Donc, la première réponse, c'est le complément de revenu que je vais accorder aux jeunes étudiants qui travaillent. Ça ira jusqu'à... Ça sera 20% de leur salaire, du salaire qu'ils gagnent en faisant un travail à côté de leurs études, jusqu'à 200 euros et 30% jusqu'à 300 euros pour les boursiers. Ça, c'est déjà la première chose.
Donc, si quelqu'un, c'est un étudiant, travaille à côté de ses études, l'État vient augmenter le salaire de cet étudiant.
Exactement, de jusqu'à 200 euros s'il n'est pas boursier jusqu'à 300 euros s'il est boursier. De la même manière, si vous voulez, il n'y a pas que des étudiants à l'université, il y a aussi des apprentis, il y a aussi des alternants. Eh bien, de la même manière, je considère qu'il faut augmenter les moyens qui leur sont accordés d'indemnisation au moment de leur formation. Donc là, c'est une augmentation de 230 euros par mois qu'ils pourront toucher en plus de leur indemnité d'alternants ou en plus de leur indemnité d'apprentis.
Donc, c'est vraiment une incitation importante, d'abord au travail, et puis une forte lutte contre l'injustice qui fait que les jeunes sont aujourd'hui dans une situation de précarité qui est difficile. Il y a aussi un autre aspect dont on ne parle plus qui est le logement, notamment le logement étudiant. Il n'y a pas assez de logements étudiants dans notre pays. Donc, je souhaite construire 100 000 logements étudiants sur le quinquennat, c'est-à-dire 20 000...
Sur les cinq prochaines années, si vous êtes élue présidente.
Exactement. Et parce que je pense qu'il faut donner un contenu, un avantage aux jeunes Français en France, je mets en place la priorité nationale à l'accès au logement social pour les jeunes étudiants en France.
On va sûrement en reparler de cette question de la priorité nationale, sachant que ce sont des mesures que vous n'aviez pas annoncées jusqu'ici, il me semble, parce qu'elles n'étaient pas présentes dans votre programme.
Oui, j'en ai présenté une ou deux, mais pas toutes, c'est vrai.
On va passer à la question suivante. Je relance du coup la roue et je vous laisse arrêter avec le buzzer quand vous le souhaitez pour découvrir le prochain sujet, la prochaine question. En l'occurrence, c'est un emoji, une bulle. Vous le voyez, une citation va s'afficher à l'écran. C'est une phrase qui a été prononcée par une ou un autre candidat à l'élection présidentielle. Est-ce que vous arrivez à savoir déjà qui a prononcé la phrase suivante ? C'est un exemple d'Éric Zemmour. C'est effectivement une phrase qui a été prononcée par Éric Zemmour. Marine Le Pen est une femme de gauche. Ça a été prononcé par Éric Zemmour le 27 octobre 2021 lors d'un déplacement à Biarritz.
Pourquoi est-ce qu'il a dit ça, déjà, selon vous ?
Parce qu'Éric Zemmour, il a un projet qui est très néolibéral et qu'il considère que quand on s'intéresse à la justice sociale, on est de gauche. Il ne peut pas concevoir qu'il puisse en être autrement. Moi, je suis désolée, j'ai toujours eu une fibre sociale. Je considère que le rôle d'un président de la République, ce n'est pas seulement d'être au chevet de ceux qui n'ont pas besoin qu'on les aide, c'est-à-dire les grandes entreprises du CAC 40, les gros salaires, les gros moyens, comme l'a fait d'ailleurs Emmanuel Macron en supprimant l'ISF, mais c'est surtout...
L'impôt sur la fortune.
Voilà, mais c'est surtout de venir au soutien, en aide, de ceux qui sont dans une situation de précarité ou de vulnérabilité. Donc, c'est une vision, effectivement, radicalement différente qui nous sépare.
Donc, vous voyez une différence, vous, d'un point de vue économique. Ce qu'on voit aussi, c'est qu'il y a quand même un certain nombre de points communs. Et d'ailleurs, il y a eu un certain nombre de départs ces derniers jours de cadres du Rassemblement national qui sont partis rejoindre Éric Zemmour, ce qui montre qu'il y a une proximité sur certains sujets, notamment sur l'immigration, où vous partagez énormément de choses, la fin du regroupement familial, la suppression du droit du sol, le durcissement des conditions de naturalisation. Il y en a beaucoup comme ça qui sont en commun. Il y a quand même beaucoup de proximité, du coup, entre vos programmes aussi sur certains aspects.
C'est vrai. D'ailleurs, la vraie question, c'est pourquoi est-ce qu'il s'est présenté ? Puisque l'offre politique qu'il considère, lui, comme prioritaire, c'est-à-dire l'offre politique sur l'immigration, est déjà présente et je l'incarne. Et je l'incarne depuis très longtemps, parce que sur ces sujets-là, on a travaillé depuis très longtemps.
Vous vouliez proposer une alliance ?
Quelle plus-value ? Non, mais il ne veut pas. Je veux dire, il veut être président de la République.
Vous en avez discuté avec lui ?
Oui, j'en ai discuté avec lui au mois de mars dernier. Il veut être président de la République. Vous savez, il y a un moment donné, bon, je ne vais pas essayer de le convaincre d'autres choses. Mais je veux dire, la vraie question, c'est quelle plus-value il apporte, alors que non seulement nous défendons ses idées depuis longtemps, mais surtout, nous sommes beaucoup plus avancés dans la mise en œuvre de ces idées. Parce que vous le savez, moi, je veux faire un référendum sur l'immigration, c'est-à-dire que je vais soumettre un projet de loi et ce sont les Français qui vont voter.
Pour bien comprendre, juste sur ce sujet-là, vous voyez des points communs sur un certain nombre de sujets, notamment sur les sujets d'immigration, mais une différence majeure sur les sujets économiques. Pour comprendre en deux mots là-dessus, cette différence, comment est-ce qu'elle se situe selon vous ? Vous définissez, vous dites qu'Éric Zemmour est un néolibéral. Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? Et comment est-ce que vous vous opposez à cette vision ?
Concrètement, c'est que son projet économique ressemble beaucoup plus à celui d'Emmanuel Macron qu'à un projet national. Là, la proposition... Je vais vous donner juste un exemple. Il fait une proposition en disant, plutôt que d'augmenter les salaires comme je souhaite le faire, dans un rapport gagnant-gagnant avec les entreprises, lui, ce qu'il veut, c'est permettre que l'entreprise puisse verser trois mois de prime sans charge. Bon, tout ça, c'est bien gentil, mais en réalité, à terme, qu'est-ce qui va se passer ? À terme, les chefs d'entreprise vont embaucher des gens à des salaires 20% inférieurs en disant, vous inquiétez pas, vous aurez trois mois de prime.
Mais pour vivre, on ne peut pas vivre avec un salaire inférieur de 20% à ce qu'ils sont déjà aujourd'hui, alors qu'ils sont déjà très bas.
On va passer à la question suivante. On relance la roue et je vous laisse appuyer quand vous le souhaitez. C'est l'émoji cadeau. Alors, ça peut faire plaisir comme ça, mais derrière ce cadeau, vous allez le voir, c'est une question qui vient d'un ou d'une autre candidate à l'élection présidentielle. Je vous propose d'écouter cette question et ensuite, évidemment, d'y répondre.
Marine Le Pen, je pense que ceux dans les classes populaires qui regardent de votre côté se trompent parce que vous n'êtes pas dans le camp des travailleurs, vous n'êtes pas dans le camp des ouvriers, parce que vous n'avez jamais rien à dire contre l'exploitation, contre les cadences infernales, parce que vous n'êtes pas contre la propriété privée capitaliste. D'ailleurs, vous n'êtes pas contre le fait qu'on puisse faire des profits avec la vie humaine puisque vous êtes pour les brevets sur les vaccins.
Alors moi, ma question, comme j'ai vu que vous aviez abandonné l'objectif de revenir à la retraite à 60 ans, la question que je me pose, c'est quelles promesses faites aux travailleurs que vous allez encore abandonner pendant cette campagne ?
C'était donc pour donner le contexte, c'était Nathalie Arthaud, la candidate du parti d'extrême-gauche, Lutte Ouvrière, qui vous a posé du coup cette question.
Oui, mais Nathalie Arthaud, il ne faut pas qu'elle prenne les Français pour des idiots. Vous savez, si aujourd'hui, je suis en tête du vote des ouvriers, c'est parce que les ouvriers depuis longtemps...
Près de 40% au premier tour en 2017.
Je pense qu'ils ont parfaitement compris qu'en réalité, le seul programme véritablement applicable à les défendre, c'est le mien. Notamment en luttant contre la concurrence déloyale, notamment en luttant contre les délocalisations, et notamment en proposant, encore une fois, d'améliorer la vie quotidienne des Français. Parce que c'est ça que je veux faire, moi. Améliorer la vie quotidienne des Français. Vous voyez, quand elle parle du brevet sur les vaccins, c'est bien, mais c'est utopique, en réalité, cette histoire.
C'est porté par, pour préciser, le brevet sur les vaccins, c'est un laboratoire comme Pfizer qui pose un brevet, qui dit que ce vaccin, la recette, pour le dire, est très en ligne, lui appartient, alors que certains candidats, à gauche notamment, proposent la levée des brevets pour permettre une production par tous les laboratoires.
Mais le problème, c'est que ce n'est pas tellement le brevet, c'est la production qui pose un problème, justement. Et beaucoup de pays, qui sont des pays pauvres, n'ont pas les chaînes de production pour pouvoir produire les vaccins. Donc, ça ne règle pas le problème. Deuxièmement, si demain, il y a un nouveau variant qui arrive, il faut éventuellement qu'il y ait un nouveau vaccin qui puisse être différent. Et je suis désolé, mais moi, je n'ai pas confiance dans les laboratoires. Ce ne sont pas des organismes humanitaires. Si vous leur dites, vous allez faire des recherches et en fait, on va vous prendre vos vaccins. Ils ne feront plus de recherche. Donc, il n'y aura plus de vaccins.
Donc, c'est vraiment le prototype, si vous voulez, des fausses bonnes idées. Concernant la retraite à 60 ans, elle se trompe, Nathalie Arthaud. Parce que précisément, la réforme que j'ai présentée ce matin, d'ailleurs, est une réforme qui vise précisément à permettre à ceux qui rentrent jeunes sur le marché du travail de pouvoir sortir jeunes. Moi, le résumé est clair. Plus on travaille jeune, plus on travaille dur, plus on part tôt. C'est-à-dire que tous ceux qui sont entrés sur le marché du travail entre 17 et 20 ans partiront à la retraite à 60 ans avec 40 annuités. Aujourd'hui, je vous signale qu'on est à 42 annuités, 62 ans et bientôt 43 annuités, 63 ans.
C'était donc votre réponse à Nathalie Arthaud sur ce sujet-là. De la même façon, je vous propose de poser une question à un autre candidat, en l'occurrence à Jean-Luc Mélenchon, le candidat de gauche de la France Insoumise. Pour ce faire, vous avez une caméra juste ici, celle à droite. Je vous invite à poser votre question.
Jean-Luc Mélenchon, vous exprimez un intérêt non dissimulé pour l'environnement et nous le concevons tous parce que c'est notre planète dont il s'agit. Mais pour le coup, je ne comprends pas du tout votre position sur le nucléaire. Le nucléaire est aujourd'hui précisément l'élément de production d'une énergie décarbonée. C'est même l'énergie la plus décarbonée. Donc pourquoi s'opposer à ce point au nucléaire qui est peu cher, qui permet justement de l'électricité peu cher et qui est une industrie qu'on maîtrise sur le bout des doigts ?
On va passer à la prochaine question. Pour cela, du coup, la roue se relance et vous pouvez l'arrêter quand vous le souhaitez. On va tomber sur un émoji. L'émoji vidéo. D'ailleurs, cet émoji vidéo face cachée. Logiquement, on va découvrir une vidéo. On va donc la regarder ensemble et pareil, on en parle juste après.
L'Europe sera au cœur de la prochaine campagne présidentielle. Comme vous le savez, j'appelle depuis 2013 à un référendum du même type que celui qui a eu lieu au Royaume-Uni. Ce référendum sur l'appartenance de la France à l'Union européenne est une nécessité démocratique. Les Français doivent pouvoir choisir eux aussi cette voie de liberté qui rendra à la France sa pleine et entière souveraineté.
Cet extrait, c'est ce que vous disiez en 2016, au moment de la campagne pour la dernière élection présidentielle. Vous étiez favorable à l'époque à une sortie de la France de l'Union européenne. D'abord, c'était une sortie. Ensuite, en 2017, vous avez proposé un référendum pour la sortie de la France de l'Union européenne. Un Frexit, en quelque sorte, parle bien d'un référendum un peu comme l'ont fait les Britanniques avec le Brexit. Aujourd'hui, en 2022, vous ne voulez plus que la France quitte l'Union européenne ni même organiser de référendum sur une éventuelle sortie. En tout cas, ce n'est pas dans votre programme aujourd'hui. Pourquoi ce revirement sur l'une de vos positions majeures ?
Simplement parce que je pense que l'Union européenne déjà a abandonné toute une partie de ses dogmes, notamment les critères de Maastricht. C'est fini, on n'en parle plus, les politiques d'austérité qui en étaient des conséquences. C'est fini, mais parce que c'était inapplicable, tout simplement. Donc, on avait raison de le critiquer. Mais je pense qu'aujourd'hui, avec les alliés que nous avons en Europe, on a la possibilité de changer l'Union européenne pour la transformer en alliance européenne des nations. C'est-à-dire, on a la possibilité politiquement, en s'organisant, de retirer des pouvoirs à l'Union européenne, qui en a beaucoup trop, pour les rendre aux nations et donc au peuple.
Par exemple, sur quel type de choses peuvent revenir au pays plutôt qu'à l'Union européenne ?
Typiquement, par exemple, sur l'immigration, l'Union européenne est en train de s'attribuer des pouvoirs dans ce domaine. Je pense que c'est aux nations de les conserver. En matière de santé, on a vu ce que l'Union européenne a fait, c'est-à-dire n'importe quoi avec les vaccins qui ont coûté une fortune et c'est nous, encore une fois, qui payons. La politique agricole commune, par exemple, est en train, en partie, de se renationaliser, c'est-à-dire que ce sont les pays qui déterminent les priorités qu'elles donnent à leur politique. Donc, on va plutôt dans le bon sens, ce n'est pas suffisant.
Je suis encore extrêmement critique à l'égard de l'Union européenne, mais je pense qu'il y a vraiment le moyen aujourd'hui de pouvoir faire changer totalement cette construction européenne.
Donc, vous voyez une évolution, selon vous, à l'échelle de l'Union européenne, ce qui fait que vous souhaitez rester au sein de l'Union européenne, essayer de la changer, on va dire, de l'intérieur, d'une certaine façon, avec des alliés et d'autres pays, notamment, on peut penser à la Hongrie, vous avez un allié là-bas avec Victor Orban. Sur un sujet plus précis, il y avait la question de l'euro aussi, qui avait été un sujet majeur, l'euro comme monnaie. Vous aviez déclaré notamment aux Parisiens le 30 avril 2017, donc lors de la dernière élection, moi, je pense que l'euro est mort, il faut maîtriser la monnaie et l'adapter à l'économie parce qu'aujourd'hui, la monnaie unique est un boulet.
Elle est en grande partie responsable du chômage de masse. Même question, pourquoi ce revirement ? Parce que maintenant, vous ne souhaitez plus sortir de l'euro.
Mais ça ne vous a pas échappé que, encore une fois, l'ensemble des carcans qui étaient posés sur cette monnaie ont sauté. Par exemple, ils ont commencé, pour sauver l'euro d'ailleurs, parce que l'euro était en difficulté, et pour sauver l'euro, qu'est-ce qu'ils ont été obligés de faire ? Ils ont été obligés de faire de la création monétaire énormément, puisqu'on en est presque à 3 000 milliards de créations monétaires, et qu'ils ont abandonné en fait les politiques d'austérité. Donc, si vous voulez, cette monnaie aujourd'hui, bon, elle n'est pas parfaite, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle continue à avoir des inconvénients, notamment dans la compétition avec l'Allemagne, etc.
Mais elle ne représente plus le même niveau, si vous voulez, d'inconvénients qu'elle ne l'était à l'époque. Bon, en plus, les Français ont dit qu'on ne veut pas. Je veux dire, à un moment donné, la démocratie, c'est aussi de se soumettre à ce que les Français ne veulent pas. Ils ne veulent pas sortir de l'euro, ça leur fait peur. Donc, j'ai aussi tenu compte de ça en disant, écoutez, si vraiment vous ne voulez pas sortir de l'euro, alors on va faire avec, et je pense honnêtement qu'on peut faire avec.
On va passer à la question suivante. Pour cela, on relance la roue et je vous laisse à nouveau arrêter cette roue sur un emoji, un chronomètre. Vous le voyez ici, face cachée derrière cet emoji. On va découvrir tout simplement une série de questions que je vais vous poser. C'est un exercice, en général, que les candidats n'aiment pas forcément. J'en suis bien conscient puisqu'il consiste à répondre en une minute à un maximum de questions en répondant par oui ou par non. Atroce !
C'est souvent frustrant puisque, effectivement, ça ne permet pas forcément de développer les idées, mais ça me semble un bon complément au-delà des autres questions et aussi du décryptage du programme qu'on fait sur une autre vidéo comme pour tous les Kansda, de comprendre certains points précis de votre programme. Est-ce que vous êtes prête ? Oui. Doit-on supprimer le permis à points ?
Euh... Rapidement. Non. Sauf pour les tout petits avec cette vitesse.
Y a-t-il suffisamment de policiers en France ?
Non.
Faut-il rétablir l'uniforme à l'école ? Oui, pour les petits. Faut-il rétablir la peine de mort ?
Faudra faire un référendum et après chacun dira oui ou non.
Les violences policières existent-elles ? Non, systémiquement non. Le pass vaccinal doit-il être supprimé ? Oui. Éric Zemmour pourrait-il être votre Premier ministre ? Non. Les éoliennes sont-elles utiles ? Non. Comptez-vous abroger la loi sur le marge pour tous ? Non. Êtes-vous favorable à la PMA pour toutes ? Non. Est-ce utile d'aller sur Mars ? Vous pouvez la passer.
Non, je ne sais pas.
Emmanuel Macron est-il selon vous le pire président de la Ve République ? Oui. On a eu l'occasion d'en faire. Oh, il me restait une seconde on va en poser une dernière. Une dernière. Faut-il construire de nouvelles centrales nucléaires ? Oui. Et une ou deux pour terminer faut-il supprimer Erasmus ?
Non.
On a dépassé un petit peu le temps pour compenser les hésitations du début. Vous êtes favorable éventuellement à un référendum sur la peine de mort, sur le rétablissement de la peine de mort en France ?
Non, je suis favorable à ce que les Français puissent, par l'intermédiaire d'un référendum d'initiative populaire, déclencher des référendums. Et j'ai dit, s'ils veulent le déclencher là-dessus et interroger les Français, qu'ils le fassent. Mais moi, je ne le ferai pas comme présidente de la République.
Et très concrètement, comment ça se passerait ce référendum d'initiative ?
Très clairement, comme en Italie, quand il y a 400 000, ça se discutera, 400 ou 500 000 signatures, le projet de loi qui est soumis à un référendum est organisé, le référendum est organisé à la demande des citoyens pour permettre à l'ensemble du peuple français de se positionner.
Et c'est une option qui vous semble possible que 400 000 citoyens provoquent comme ça un référendum sur la peine de mort
en France ? Oui, pourquoi pas ? Il ne faut pas avoir peur du peuple. Si le peuple a des choses à dire, qu'ils les disent. moi, je pense que le peuple doit toujours avoir la possibilité d'intervenir dans la politique pour faire entendre sa voix. Je veux dire, moi, je suis désolé, mais vous êtes très jeune, mais en 2005, le fait que les Français aient voté non à la Constitution européenne et qu'on nous l'ait imposé, je considère que c'est un acte antidémocratique majeur.
Et à titre personnel, vous êtes favorable au rétablissement de la peine de mort ?
Non, j'ai répondu tout à l'heure.
On va passer à la question suivante. Et pareil, je vous laisse du coup arrêter ce 7 euros. qui va s'arrêter sur un émoji. C'est une date, en l'occurrence, enfin, un calendrier. On va voir concrètement ce qui se cache derrière. On peut l'afficher tout de suite. Ces quatre dates. Alors, c'est une première petite question et j'invite aussi ceux qui regardent à essayer de deviner quatre dates qui ont un élément en commun. Est-ce que vous arrivez à trouver le point commun entre ces quatre dates, un événement qui se serait déroulé à ces quatre dates ? Ce sont des dates auxquelles il y a eu des référendums en France. On parlait d'ailleurs de 2005 à l'instant.
Pourquoi est-ce qu'on en parle ici
puisque le dernier référendum en date est de 2005 et si vous êtes élue présidente de votre côté, votre première mesure, ce serait de proposer un référendum sur l'immigration. Pourquoi faire ?
Parce que ça fait 40 ans que les Français n'ont pas été interrogés sur l'immigration. Or, ce sont des gens qui viennent. Quelles sont les conditions pour qu'ils viennent ? Quelles sont les conditions pour qu'ils restent ? Quelles sont les conditions pour devenir Français ? Je pense que tout ça, ça appartient en fait aux Français. Comment est-ce qu'on vient et comment est-ce qu'on vit dans la maison commune France quand on est étranger ? Je pense que c'est aux Français de décider.
Et concrètement, ça consistera en quoi ce référendum ?
Ça consiste en un projet de loi parce qu'en fait, c'est jamais une question. Les gens pensent qu'un référendum, c'est une question oui ou non, non. Ça commence avec un projet. Voilà, c'est un projet de loi sur lequel on vote oui ou sur lequel on vote non. Et donc, c'est un projet de loi dans lequel je rends aux Français la maîtrise de la politique migratoire. Je rends l'immigration plus difficile, plus exigeante. Je rends l'accès à la nationalité plus exigeante parce que je pense qu'on a bradé tout cela alors que c'est évidemment important.
Et très concrètement, au sein de cette loi dont vous parlez, qu'est-ce que vous envisagez en termes de mesures très concrètes sur ce sujet de l'immigration ?
Par exemple, très concrètement, on va renvoyer chez eux les délinquants étrangers ou les criminels étrangers. À la sortie de prison, ils repartiront.
C'est une mesure dont on parlait tout à l'heure ?
Par exemple, je vais mettre en place la suppression du droit du sol parce que je pense que la nationalité française, elle s'hérite par l'intermédiaire de ses parents ou d'un de ses deux parents ou elle se mérite. Mais elle ne peut pas devenir une acquisition automatique de la nationalité au motif qu'on est né quelque part, on aurait la nationalité automatique. C'est aussi une manière de rendre du contenu à la nationalité française parce qu'il y a beaucoup de jeunes qui ont la nationalité française, ils ne voient pas la différence ce que ça leur apporte de plus que ceux qui ne l'ont pas.
et c'est aussi donc la mise en oeuvre de la priorité nationale au logement social et au travail qui est intégré dans ce référendum.
Sur ce sujet-là, il y a concrètement l'article 11 de la Constitution aujourd'hui en France qui explique sur quoi peut porter un référendum en France et cet article 11 indique qu'il doit porter sur l'organisation des pouvoirs publics ou sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation. Par ailleurs, certains principes énoncés, de nombreux juristes estiment qu'ils sont contraires au traité européen.
Il y a donc un doute sur la possibilité de faire un référendum sur le sujet de l'immigration avec cette Constitution mais aussi un doute sur l'incompatibilité de certaines mesures notamment sur la priorité nationale par rapport au traité européen qui sont existants aujourd'hui. C'est une question qu'opposent de nombreux juristes sur un tel référendum et sur certaines de ces mesures.
Qu'est-ce que vous ?
Allez-y.
Je vais leur répondre d'abord pour leur dire que la politique d'immigration c'est également une politique économique une politique sociale parce que l'immigration est contestée sur notre système de protection sociale. Il n'y a aucun doute sur la légitimité juridique de ce référendum et quant à... Certains juristes en doutent. Oui, enfin, pas certains, un certain nombre de juristes doutent de ça.
Les certains juristes qui nous expliquent c'est qu'ils n'ont pas lu le projet de loi parce que dans le projet de loi il est indiqué précisément qu'il y a toute une série de règles qui sont constitutionnalisées justement c'est-à-dire c'est une réforme constitutionnelle donc et dont un qui est très important qui est un article qui vient dire le droit international ou européen qui est contraire à la constitution sera inapplicable en droit français. Donc voyez... Ça inverserait selon vous
là pour bien situer un peu le débat sur ce sujet qui risque d'ailleurs de revenir dans cette campagne présidentielle aujourd'hui on est dans une situation où les lois européennes priment sur les lois françaises c'est-à-dire que s'il y a une loi qui est adoptée à l'échelle européenne elle doit ensuite s'appliquer dans tous les pays de l'Union Européenne et notamment en France. De votre côté votre objectif donc ce serait de pouvoir inverser cela si je comprends bien ce que vous dites ?
Oui c'est-à-dire que je rends à la constitution française sa primauté sur le droit européen c'est-à-dire si le droit européen ou international est contraire à la constitution française qui a donc été validée par référendum par le peuple français alors les dispositions qui sont contraires ne s'appliquent pas en droit international.
Certains estiment que ça exploserait la France à des sanctions on voit le débat d'ailleurs avec d'autres pays européens aujourd'hui d'avoir une incompatibilité entre les changements et la constitution française et ce droit européen la question s'est posée notamment en Pologne récemment.
Oui mais la question qui se pose c'est quelle est la légitimité des juges européens pour imposer à un peuple des choses qu'ils ne souhaitent pas c'est une vraie question On en revient
mais on en revient à la question de l'appartenance à l'Union européenne du coup Non pas obligatoirement
on en revient à la question de la souveraineté des nations et à la question principale de l'Europe est-ce que ceux qui ont créé l'Europe ont voulu supprimer au peuple leur capacité à être souverains et à décider de leur avenir et de la maîtrise de leur destin moi je ne le crois pas je crois que c'est une dérive si c'est bureaucrate on leur a donné un pouvoir et puis au fur et à mesure ils grignotent des pouvoirs ils grignotent des pouvoirs au point qu'ils cherchent à contrarier la volonté du peuple qui ne peut plus décider pour lui-même pour moi cette situation n'est pas admissible donc à partir du moment où les français auront voté ce référendum la constitution française sera supérieure en droit au texte européen et ce sera comme ça et si ça déplait à l'Union européenne tant pis
Et tant pis mais il y aura des sanctions
Oh super il y aura des sanctions ça tombe bien parce qu'on paye 9 milliards de plus chaque année que ce qu'on touche vous voyez donc ils peuvent toujours mettre des sanctions il n'y a aucune difficulté on les paiera en déduisant ces sanctions de ce que nous versons à l'Union européenne en supplément de ce que nous touchons parce que nous sommes contributeurs nets au budget de l'Union européenne dans des proportions qui sont de plus en plus importantes par ailleurs
Donc tu vois clairement on le voit sur cette mesure et d'ailleurs sur d'autres qu'on a pu évoquer tout à l'heure des vrais enjeux d'un point de vue juridique et de droit par rapport à l'Union européenne et ça risque de revenir aussi dans le débat ici par ailleurs pour terminer sur ce sujet-là vous avez évoqué la notion de priorité nationale c'est un terme que vous utilisez souvent très concrètement selon vous qu'est-ce que ça veut dire et comment est-ce que ça se traduit en deux mots
par exemple pour le logement social très concrètement s'il y a des demandeurs français de nationalité française à un logement social et qu'il y a des demandeurs étrangers à un logement social c'est celui qui est français qui a la priorité d'accès au logement social
c'est partie justement de ces mesures qui sont contestées comme étant possible à ajouter dans un référendum puisque certains disent que ces éléments-là ne peuvent pas être soit son contraire au traité européen soit son contraire à la constitution
c'est une réforme constitutionnelle donc ils ne seront plus contraires à la constitution puisque le référendum a vocation à changer la constitution
donc il faut modifier la constitution et pour modifier la constitution en tant que telle il faut soit faire un référendum soit avoir l'accord du parlement donc ça se fera en deux temps si je comprends bien il y a d'abord la réforme de la constitution
non non pas du tout le projet de loi sur l'immigration qui sera voté par référendum comporte une partie de réforme constitutionnelle
d'un coup on change la constitution et on change le on change la loi sur l'immigration bien sûr on aura les détails sur tous ces éléments-là
mais tout est rédigé vous pouvez d'ailleurs vous pouvez d'ailleurs la trouver sur notre site vous avez l'intégralité du projet de loi qui est déjà rédigé
on s'est bien renseigné sur votre programme on va passer à la question suivante du coup on relance la roue et je vous invite à appuyer une nouvelle fois et c'est un graphique c'est pas l'émoji le plus drôle vu vu comme ça ce graphique mais concrètement derrière ça on va voir un graphique et on va essayer de le lire ensemble c'est un graphique qui indique les préoccupations des jeunes de 18 à 29 ans c'est issu d'une enquête d'Ipsos réalisée pour France Inter en octobre dernier on a demandé donc à des jeunes de 18 à 29 ans quels étaient les enjeux leurs principales préoccupations les enjeux les plus importants selon eux qui les préoccupaient le plus à titre personnel alors vous le voyez on a caché la deuxième préoccupation selon cette enquête est-ce que vous arrivez à deviner quelle est la deuxième préoccupation majeure des jeunes selon cette enquête on voit donc en première position pouvoir d'achat et ensuite d'autres d'autres sujets quel est le second
c'est pas comme ça je dirais l'emploi parce que je le vois nulle part et que c'est quand même une préoccupation des jeunes mais
c'est vrai j'imagine qu'il est regroupé sur la question du pouvoir d'achat d'une façon d'une autre est-ce que vous voyez autre chose
parce que le pouvoir d'achat c'est pas exactement le même problème que l'emploi alors il y a la question de l'emploi
en l'occurrence c'est pas celui-ci mais ça pourrait l'être effectivement surtout qu'on en a parlé tout à l'heure le second sujet en l'occurrence c'est l'environnement selon cette enquête qui de fait est un enjeu qui est majeur pour beaucoup de boxe français et pour la France en général je me suis plongé forcément dans votre livret programme qu'on peut retrouver du coup sur votre site internet
vous n'avez pas pu l'avoir parce qu'il n'est pas encore sorti celui sur l'écologie
alors c'est justement une question que j'allais vous poser sur votre livret programme principal disons qui est celui disponible sur votre site internet en plus des livrets thématiques vous avez 22 mesures portées pour 2022 sur votre site internet et sous un format PDF sur ces différentes pages et ces différentes mesures le mot environnement ne figure pas le mot écologie non plus le mot climat non plus le mot biodiversité non plus tous ces mots ne figurent pas dans ce livret principal avec vos 22 mesures principales on voit pourtant que c'est une préoccupation majeure des jeunes pourquoi est-ce que ces mots ne sont pas dans ce programme
parce qu'en réalité c'est transthématique l'environnement c'est-à-dire qu'on ne parle pas environnement environnement mais on parle environnement quand on parle de relocalisation de l'activité parce que par définition avoir une activité le plus près produire plus près et retraiter sur place c'est de l'environnement lorsqu'on parle de la lutte contre les importations frauduleuses par exemple on parle environnement on parle d'ailleurs santé alimentaire parce que quand on ne respecte pas quand il y a des importations qui ne respectent pas les normes que nous nous sommes choisies qui sont des normes de santé publique et bien c'est évidemment notre sécurité sanitaire qui est en jeu on parle environnement quand on parle des métropolisations par exemple on parle environnement quand on parle énergie il y a des mesures sur l'énergie qui sont à mon avis les meilleures mesures pour protéger l'environnement
ça peut paraître étonnant que ces mots-là ne figurent pas même symboliquement que sur vos 22 principales mesures et le détail que vous en faites sur chaque une d'entre elles sur ce programme ces mots-là environnement biodiversité écologie climat ne figurent pas dans votre programme
vous voyez vous avez beaucoup de responsables politiques qui ne cessent de balancer ces mots comme ça dans le débat mais qui en réalité font des propositions qui n'ont aucune vocation à régler le problème de l'environnement et moi je considère que le problème de l'environnement c'est le problème du modèle économique je veux dire tant qu'on ira acheter à 10 000 km pour venir consommer 10 000 km plus loin tant qu'on enverra des cargos monstrueux qui polluent comme c'est pas possible et bien et qu'on n'aura pas changé l'intégralité de ce modèle-là on ne réglera pas le problème de l'environnement donc commençons à regarder ce qui est sous nos yeux si vous voulez l'environnement c'est un peu le magasin c'est un peu l'éléphant au milieu de la pièce tout le monde le voit mais en réalité en quelque sorte on l'ignore parce qu'on le détache des choix économiques non c'est la conséquence de choix économiques
et sur ce sujet justement et sur vos prises de position là-dessus le 9 mars 2021 vous êtes donc c'était il y a tout juste un an dans la foulée de la convention citoyenne pour le climat vous aviez formulé une proposition l'idée d'un référendum avec 15 questions à poser aux français portant justement sur l'environnement il y avait des questions sur le nucléaire des questions sur les éoliennes donc beaucoup le sujet des énergies la question des grandes surfaces aussi qui était évoquée un référendum donc où les français allaient décider sur ces questions-là aujourd'hui ce référendum il est absent de votre programme en tout cas des 22 principales mesures vous n'en parlez plus beaucoup voire plus du tout aussi aujourd'hui est-ce que vous portez toujours cet objectif d'un référendum sur l'environnement ?
Mais bien sûr on ne peut pas tout mettre si vous voulez on est en train de parler de toutes les mesures que nous devons faire pour changer la situation de la France on ne peut pas tout mettre dans les 22 mesures
on peut faire le choix de faire figurer les questions environnementales et ce sujet-là par exemple
Oui mais encore une fois les sujets environnementaux vous les retrouverez partout partout à chaque fois quand on parle localisme on fait de l'environnement c'est de l'environnement quand on parle aménagement du territoire on fait de l'environnement quand je propose que par exemple les jeunes aient des places gratuites dans les trains aux heures creuses vous voyez qu'ils puissent de 18 à 25 ans voyager comme ils veulent gratuitement sur tous les trains de France mais aux heures creuses ça je suis désolé mais c'est par exemple une mesure environnement donc je voulais on en fait peut-être moins de publicité que d'autres mais je pense que nos mesures pour l'environnement sont extrêmement sérieuses parce qu'elles vont avoir une conséquence concrète
Et un petit mot sur ce référendum dont vous aviez parlé il y a un an parce que c'est forcément un sujet majeur sur ces questions-là quelles seraient les grandes questions posées dans le cadre de ce référendum sur l'environnement quand est-ce que vous êtes président quand est-ce qu'il serait mis en place
on l'a rédigé il y a un an c'est toujours le même mais quand est-ce
qu'il serait mis en place
donc il est toujours il est toujours d'actualité moi je pense que c'est intéressant d'interroger d'ailleurs y compris en termes de consultation d'interroger les gens sur qu'est-ce qu'ils pensent de tel ou tel sujet d'abord parce que quand on met en place un référendum c'est comme pour la constitution européenne ça permet d'avoir un débat c'est-à-dire que les français s'attribuent en fait ces sujets et qu'on puisse en débattre pourquoi je vous dis ça ? parce qu'il y a beaucoup de jeunes qui pensent par exemple que le nucléaire c'est une énergie qui crée du CO2 beaucoup
elle en crée très peu
voilà oui mais d'accord mais ça veut dire que si on ne pose pas ce sujet là et bien le débat n'a pas lieu et alors les jeunes par exemple ne peuvent pas savoir précisément ce qu'il en est scientifiquement du nucléaire et je pense que c'est très important qu'ils le sachent parce que beaucoup sont anti-nucléaire parce qu'ils pensent que c'est une énergie polluante
on va passer à une dernière question vous arrêtez la roue directement avec le buzzer on va voir sur quoi ça tu fais bien sur quoi ça s'arrête c'est le drapeau français alors sous forme d'émoji du coup il n'est pas en rectangle il y a une autre une autre forme mais c'est en l'occurrence une question qui est posée à chaque fois pour tous les candidats que je reçois ici à l'occasion de cette élection présidentielle derrière cet émoji vous allez découvrir en fait des phrases à compléter ces phrases à compléter elles sont inspirées d'un discours que vous connaissez sans aucun doute c'est le discours de François Hollande qui avait été prononcé face à Nicolas Sarkozy lors du débat d'entre-deux-tours en 2012 le fameux « moi-président » qui a ensuite été complété par François Hollande à l'époque je vous propose donc de lire les phrases qui vont s'afficher à l'écran et de compléter en une phrase à chaque fois avec évidemment vos propres mots on va commencer avec la première phrase « moi-président » je vous laisse compléter
les jeunes seront la priorité de mon quinquennat
la suivante
mon premier ministre sera vous le serez le lendemain du second tour
c'était efficace c'est une phrase
mon premier ministre est que c'est comme Emmanuel Macron et dans le coffre de la voiture parce que vous vous souvenez qu'il avait mis Edouard Philippe dans le coffre de sa voiture
le suivant dans le coffre de la voiture pour ceux qui n'ont pas le contexte
il avait mis oui oui il s'était rencontré il s'était caché dans le coffre de la voiture pour aller rencontrer Emmanuel Macron
je n'ai pas la référence
moi-présidente mon ennemi sera l'islamisme
la suivante
ma première visite officielle sera à Bruxelles pour leur expliquer que ça ne va pas être pareil qu'avant
et la dernière
moi-présidente la France est ma passion
merci beaucoup Marine Le Pen d'avoir accepté cet échange pour mieux comprendre votre programme et votre vision de la France c'est un format qu'on fait du coup avec tous les candidats à l'élection présidentielle et de la même façon d'ailleurs comme pour tous les candidats en plus de cette interview on a eu l'occasion de passer en revue un certain nombre de sujets ça vient accompagné d'une autre vidéo on va décrypter votre programme sur cette même chaîne YouTube on suivra donc tout ça merci encore Marine Le Pen très bien merci à vous d'avoir accepté mon invitation et c'est donc la fin de cette vidéo-là merci d'avoir été aussi nombreux à suivre jusqu'au bout évidemment n'hésitez pas à vous abonner à cette chaîne YouTube si jamais ce n'est pas encore le cas pour ne pas louper toutes les interviews qui suivent tous les décryptages aussi des programmes qui suivent on continue à suivre l'élection présidentielle en plus des autres contenus qu'on fait au quotidien sur d'autres sujets prenez soin de vous prenez soin de vos proches et on se dit à très vite
on continue à suivre
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Marine Le Pen